Catégorie : le Blog de Suppaiku, Tôkyô

Journal d’un Solitaire Sociable et Moderne de Paris et Londres à Tôkyô et …

  • Le destin d’une Reine…


    Supermarché Jusco près de chez moi, hier… Fromage Lorrain Marie-Antoinette et pseudo-camembert Lorrain Jeanne d’Arc en solde… La vie tient à peu de choses…

    Etrange passion que cette passion pour les destinées tragiques des têtes courronées et autres soldats… Depuis Yoshitsune, les Japonais cultivent un goût prononcé pour les fins tragiques. Ainsi, il n’est pas rare que mes élèves connaissent mieux Marie-Antoinette et Jeanne d’Arc que des personnages de l’histoire du Japon. Cette connaissance est toutefois une connaissance “romantique”. On aime cette Reine délaissée par son mari et haïe par son peuple, cette mère arrachée à ses enfants, livrée aux bras d’un amant nécessaire et finalement bafouée, guillotinée. Aucune pitié pour Louis XVI, seule Marie-Antoinette est adulée : la bande dessinée Lady Oscar / La Rose de Versailles n’a rien fait pour le roi, seule la reine compte dans cette saga à l’eau de rose… (adaptée au cinéma et mise en scène, au passage, par Jacques Demi en 1977). Même sort pour la “petite” Jeanne. Les Japonais aiment qu’elle ait entendu la voix d’un ange, cela la rend sainte, et les Japonais aiment les saintes. Je n’ai jamais vu autant de personnes me parler de l’église de la médaille miraculeuse, à côté du Bon Marché. Une église dont j’ignorais jusqu’ici l’existance… Les Japonais ne sont pas chrétiens mais ils cultivent la superstition prudente : on ne sait jamais. Enfin, le Japonais… plutôt les Japonaises…

    Fushimi, août 2005. Il faut marcher au moins 2 heures pour en faire le tour. Les escaliers montent, montent, montent… La fatigue efface le temps, ne reste qu’un temps qui passe, la fatigue, la transpiration et l’effort. Et cette odeur de forêt, l’humidité, le chant des oiseaux, le soleil qui filtre ici ou là. Ici, le Renard veille et épie les gestes, il est partout. Sur son dos, vous franchissez les ostacles…

    Je vais donc passer mes premières fêtes de Noêl au Japon… Noël à Tôkyô, le Nouvel An à Kyôto. Trouver un hotel n’a pas été facile du tout, tous plein entre le 30 et le 2 décembre, mais j’ai contacter mon hotel habituel qui m’a, finalement, trouvé une chambre. J’espère qu’il neigera…
    J’ai acheté un magazine/guide de Kyôto, le seule qui parle d’autre chose que de promenades déjà pensées et de restaurants tous meilleurs les uns que les autres… Revoir ces lieux visités il y a un an, il y a 2 ans, il y a 3 ans… Je garde avec Kyôto une affinité particulière, comme une entente personnelle qui ne s’explique pas. C’est à Kyôto que j’ai commencé à me reconstruire, que j’ai commencé à souffler, et que j’ai enfin, pour la première fois, pleuré pour ce qui me semblait être alors une injustice… C’est à Kyôto que j’ai compris, l’année suivante, que ce n’était pas une injustice, que c’était ma vie, et c’est à Fushimi que je me suis promis de ne plus me plaindre. Je m’y suis perdu dans la fraicheur humide le premier jour et j’ai mis du temps à retrouver mon chemin, il faisait presque nuit en sortant de la forêt… Et le dernier jour, j’y ai évacué mes dernières tristesses, j’ai apprécié cette marche au soleil. On était le 20 novembre et la brume s’était finalement levé comme spécialement pour moi. A Fushimi, je suis chez moi et il me tarde de revoir Kyôto. Comme l’an dernier, en arrivant, épuisé, et malgré la chaleur, c’est à Fushimi que j’ai réservé ma première visite. La beauté de Kyôto est le plus puissant médicament que je connaisse : il guérit du mal de vivre… Tout est consigné dans ce blog…
    Kyôto me manque.


    Shimokitazawa, un train passe vers 21 heures, samedi dernier. Un visage, figé, émerge…

    Mon quartier actuel, mon appartement me reposent. Mais c’est en visitant fréquemment l’ouest que je retrouve l’énergie. Dimanche dernier, j’ai retrouvé mon amie Joelle qui visite le Japon en ce moment.
    Après avoir dîné d’un カレーライス dans 銀座/Ginza, je l’ai emmenée à 下北沢/ Shimokitazawa où nous avons pris un coctail après avoir marché dans les rues et pris l’atmosphère.
    Chacun sait comme j’aime ce quartier, sa jeunesse. Ici, je ne me sens pas étranger, peut-être juste un peu vieux, mais cela, ce n’est pas grave, c’est normal.


    Passage à niveau à 下北沢.
    Rendu célèbre en France avec le film Tokyo Eyes.

    J’aime de plus en plus l’ouest de Tôkyô. Ainsi, vendredi dernier, le soir, Kaikai et moi nous sommes retrouvés à 渋谷/ Shibuya. Ici, c’est jeune, les visages sont souriants. La vie n’a pas encore standardisé les comportements. Les looks sont parfois surprenants. Je me demande souvent comment ils seront dans 10 ans, ces jeunes, s’ils travailleront ou s’ils ne deviendront pas à l’instar de leurs équivalents Anglais de la fin des années 70 des marginaux “routards” exclus du système. Un “système” particulièrement brutal au Japon… Ces jeunes ont beau être superficiels et souvent bien ridicules (ces filles hyper-bronzées en ce moment avec le visage reblanchi/ chromé et leurs cheveux blonds… ces garçons aux cheveux gris longs gonflés laqués…), ils sont jeunes, ils sont drôles et ils s’amusent. Mais l’enchainement des petits boulots pour vivre “sa” liberté a une limite : le Japon n’aime pas les marginaux, et un CV trahit puis anihile toutes les ambitions…
    A Shimokitazawa, pas de marginaux de ce type. Plutôt une ambiance de 11ème/ 20ème arrondissement au milieu des années 90… Sympa, quoi.

    Ici, c’est déjà Noêl. Jeudi dernier, à Ebisu.

    Voilà. Je m’arrête ici, je veux sortir : il fait vraiment très beau. Au fait, passez donc voir mon site sur la bulle… J’ai enfin de nouveau envie de raconter des conneries et parler pour ne rien dire…

    De Tôkyô,
    bien au chaud dans son “loft”
    Suppaiku

    PS : pour Nicholas, au Texas. Toutes mes excuses si je t’ai appelé Eric dans le précédent post…

  • 5 minutes et quelques de Bulle

    Qu’est-ce qui a changé depuis 15 ans ? On nous parle de décennie perdue, comme si une crise économique gelait le temps. Foutaise ! Le Japon s’est profondemment transformé. Les Japonais ont encore du mal à parler de ces 3 ans de folie, elle leur semble lointaine et presque honteuse…
    Prenons donc le dorama Tokyo Love Story produit par Fuji Television et diffusé pendant l’hivers 1990-91. A ce moment, le Japon ne sait pas encore que la partie est terminée… 


    Cheveux longs, sourcils un peu épais, la beauté “bulle” est très différente de la beauté de nos jours. Les manteaux ont une apparence luxueuse, ample. Cheveux long bouclés et de couleur naturelle. (Tokyo Love Story, FujiTV 1991)

    Le cinéma, les magazines et la télévision sont de fantastiques créateurs de “condensé” d’époque. Revoir un film, revoir un vieille couverture, se replonger dans une ancienne série… La kitschisation à outrance des époques passée jette un voile en tentant de réduire la distance qui nous en sépare. On arrive ainsi à ce que de jeunes gens regretttent les “années 70”, par exemple sans les avoir, bien entendu, vécues.
    Or, ce qui est le plus intéressant, dans une époque révolue, c’est justement le degré de répulsion qu’elle peut provoquer, car c’est là peut être que peut s’éveiller un certain degré de sympathie, aiguisé par l’humour. Oui, “nous” avons été comme ça. Je me souviens dans le milieu des 80’s, cette attirance pour les 70’s dans mon petit groupe d’amis. A cette époque, tout le monde détestait. Nous étions fascinés par ces pantalons à taille ultra haute en tergal et pli permanent qui moule les fesses et ne font pas de plis au genoux que de vieux catalogues de vente par correspondance nous vantaient, les fibres “élastane”, cette décontraction cool et modernes des classes moyennes enfin rentrées dans l’histoire et revendiquaient leur part d’élégance. Il est impossible de comprendre ce que nous ressentions quand on ne l’a pas vécu… Nous riions de ces chaussures compensées en liège, ces chemises à grand col. Tout le monde détestait, à commencer par ceux qui se sont rués dessus quand c’est redevenu à la mode. Moi, cette mode m’a littéralement fait gerber. Comment peut on, sérieusement, aimer de tels vêtements… ?


    L’élégance masculine au temps de la bulle. Pas de cheveux longs comme maintenant. Les jeunes cadres ont les cheveux bien coupés, bien coiffés, gominés. Le costume est carré, ample. (Tokyo Love Story, FujiTV 1991)

    L’époque de “la bulle” provoque en moi des sentiments étranges. Tout d’abord parce que c’est l’époque de ma jeunesse. Ensuite parce qu’habitant Paris, je les ai vues, ces jeunes Japonaises encore plus fin d’années 80 que chez nous, allure bourgeoises avec des épaules de camionneuses.
    Si vous jetez un coup d’oeil “expert”, vous reconnaîtrez un bippeur (appareil qui envoyait un message avec un numéro de téléphone à rappeler… d’une cabine téléphonique), une cabine téléphonique (en reste t’il encore tant que ça ?), un téléphone de voiture à fil et un téléphone portable NTT pesant environ 800 g… Vous constaterez (malgré l’encodage sévère) que les cheveux sont tous bruns, que l’épilation des sourcils est différente de celle en vigueur aujourd’hui, bref, que les Japonaises n’ont pas la même tête maintenant. Les épaules carrées complètent le tout. Je ne sais pas si c’est une idée, mais la manière de parler me semble moins naturelle que dans les doramas de maintenant, plus guindée…
    Et il y a ces longs imperméables…
    (à suivre)

  • Levé à 7 heures ce matin…


    Samedi dernier, 小石川後楽園/ jardin Koishikawa… c’est l’automne… et ce n’est que le début, les érables ne sont pas encore rouges, à Tôkyô…

    Ciel radieux sur Tôkyô, il devrait faire environ 21° aujourd’hui… On en a pour une semaine il semblerait… J’avais suggéré à mon ami Alain de venir vers cette période. Il en a été empêché, c’est dommage. Je vous confirme tout de même que novembre est un mois idéal au Japon. Très frais la nuit (environ 12/13°, ce qui reste convenable) et doux dans la journée, presque “printanier”, finalement. Tôkyô attend désormais que les feuillages de ses érables virent au rouge. Et en fond de cette attente, les illuminations de Noêl… Partout au Japon, dès septembre, il est question de 紅葉/momiji, les érables. Ils sont le comput de la saison, le symbole de la marche du temps, de l’automne. Mais quand arrive le moment où 紅葉 vire au rouge, c’est que déjà, quelque part, l’hiver est désormais commencé : fraicheur de plus en plus prononcée des nuits, amoncellement des feuilles mortes dans les jardin et, petit à petit, alternance de grisaille et de soleil. Samedi dernier, nous nous sommes promené dans 小石川後楽園/ jardin Koishikawa dans 文京区/ Bunkyô-ku (M° 飯田橋/Iidabashi ou 小石川/koishikawa). Ciel de plus en plus bleu au fur et à mesure de la promenade et, comme la semaine précédente pour le Palais Impérial, température quasi-estivale quand le soleil est au Zénith. Par endroits, désolation automnale… Fantastique.
    Je continue mes scans. J’en ai, de toute façon, pour un bon moment. Ce travail m’a fait réaliser un changement majeur dans l’organisation de l’espace, chez moi. Mon “loft” n’est plus la chambre mais devient un espace de travail : écriture, lecture et donc, scan. Cela apportera toute la tranquilité nécessaire, ne pas être obligé de “ranger” toujours, c’est à dire, bien souvent, désorganiser. Alors que, de toute façon, il faut faire son lit tous les jours donc… Me voilà donc avec un bureau… Il y a mes livres, le disque dur et le scanner, bientôt l’imprimante, etc. Et il restera bien la place d’en faire une chambre d’amis. Je trouve ce studio décidemment bien organisé, bien pratique.
    Hier soir, visite de Mr NHK… Ca m’a coûté 2,790円 pour deux mois… Eh oui, il y a une redevance, au Japon. J’attendais sa visite, de toute façon. Au passage, si ça intéresse quelqu’un, mes charges “lissées” sur un mois sont les suivante :
    mon appartement a une superficie de 20m2 + 5m2
    électricité : env. 2,600円
    gaz : env. 1,500円
    eau : env. 1,600円 (en fait 2,400円 du 15/9 au 07/11)
    internet + tel. : env. 6,000円
    NHK : env 1,350円 (j’ai payé hier la “pénalité” de collecte à domicile, soit 100円)
    Un total de env. 13,000円, ce qui représente environ 6% de mes revenus et reste donc par conséquent très abordable (je ne supporte plus les comparaisons € qui ne veulent rien dire, et préfère le pourcentage qui donne, lui, une idée réelle du coût). Comme mon loyer Sakura House était de 85,000円 tout compris, je paie 8,000円 de plus. Pour ce degré de confort, ça le vaut vraiment. Qui a dit que le Japon était si coûteux ? A noter que j’inclus NHK alors que Sakura House est en infraction à ce sujet (ou pour être exact, les habitants Sakura sont en infraction).
    Mon appartement possède, au passage, une réelle qualité : il est plein sud, avec des fenètres et un vasistas : le soir, malgré le froid, il reste encore la chaleur de la journée, le soleil tapant en plein sur la grande porte fenètre réchauffant toute la pièce. Et, je l’ai testé, le rideau métallique est très efficace pour arrêter la chaleur en été. Bref, je n’ai toujours pas utilisé l’air conditionné… On verra cet hiver, et on verra l’été prochain…
    J’ai regardé le débat des Socialistes. Pas mal, intéressant. Les Américains qui pouvaient le regarder en direct ont du avoir une image nouvelle de la France, aux antipodes des mensonges Républicains. J’avoue être heureux de constater que c’est de la gauche que vient une image positive de notre pays. Vu d’où je suis, cela m’a fait vraiment plaisir. Ségolène est battante, Strauss Kahn est intelligent, autant dire que c’est là mon “ticket”. Fabius est bon mais, on a déjà donné avec Mitterrand… En tout cas, les Socialistes ont donné une image moderne et nouvelle de la France, ils ont montré qu’ils ont bien plus d’idée qu’une droite qui ne cherche le pouvoir que pour continuer à donner à ses amis les entreprises rentables (autoroutes, gaz, électricité et, n’en doutons pas, demain la SNCF et la Poste ou pour le moins ses services financier ou la Caisse des Dépôts). La France n’est plus qu’un prétexte, une coquille creuse, pour la droite, un lustre de Pouvoir et ds intérêts financiers. C’est, plus que jamais la gauche qui donne corp à cette “idée” auquel même De Gaulle se référait autrefois.
    Bon, je vous laisse. Il est 9h30. Un peu de ménage et une lessive et une ballade.
    De Tôkyô,
    matinal,
    Suppaiku

    PS : bonjour au “gros point rouge” au Etats-Unis, le message m’a fait plaisir ! Alors, salut Eric !

  • Pourquoi “la bulle” ?

    Pourquoi “la bulle” ?

    “The Moritaka”… 1989, en pleine bulle.
    La Bulle, c’est l’éclosion d’une incroyable bulle spéculative dans l’immobilier ainsi qu’à la bourse sans aucune mesure avec les Etats-Unis ou l’Europe à la même époque. Un phénomène plus comparable à ce qui s’est passé dans les années 20. La “Bulle” a ainsi été à l’ère de la dérégulation ce que “les années folles” ont été à la société de masse naissante des années 20.
    Au Japon, ainsi, on se mit à s’endetter pour placer en bourse en hypothéquant sa maison dont, théoriquement la valeur devait doubler dans les 6 mois… Ainsi, au bout de 6 mois, on avait non seulement doublé sa mise en bourse mais en plus doublé sa capacité d’endettement. Et ainsi de suite, et tout cela durant 3 ans… La santé florissante du Japon (car ce phénomène dopait la croissance au moment où celle des USA s’applatissait après le krach de 86) aspirait les capitaux en entrainant la survalorisation de la bourse et en surenchérissant le Yen. Début 90, le PIB Nippon dépassait le PIB américain. Du jamais vu.
    Autant dire que c’est un sentiment de richesse qui s’est répendu alors à toutes les couches de la société, comme dans les Années Folles. En regardant des photos de l’époque, ce qui me vient à l’esprit est une impression de sublimation extrème des idéaux esthétiques des 80’s. La Bulle, c’est les 80’s dans les 80’s, en quelque sorte.
    Ca mérite un blog spécialisé. Non ? (Ce blog a été supprimé en 2008, les articles intégrés, 8 fév. 2008)

  • Entre soleil et pluie

    Entre soleil et pluie

    Période Pelleport, 1997. Siouxsie est encore jolie. Amaigrie et certainement malade, mais encore jolie. J’aimais la prendre en photo, un exercice banal de mise au point : ouverture maximale pour “flouter” le plus possible, isoler cette tête, ce “visage”. Elle se prêtait au jeu avec patience…

    Tôkyô, Japon, novembre 2006. Depuis hier soir le temps défile sous mes yeux. Visages et lieux. Siouxsie ma chatte, qui m’a accompagné pendant près de 15 ans avant de disparaître, malade, souffrante, malheureuse. J’ai ressenti en la revoyant sur la fin de sa vie la même souffrance en moi, la même blessure que quand elle mourût devant moi. Je m’en souviens comme si c’était il y a 2 minutes. Elle avait comme d’habitude été faire ses besoins et comme d’habitude avait vômi… Je la voyais pourtant continué à chercher quelque chose, à tourner. Elle s’est mise sous un meuble, j’ai voulu l’attrapper elle a soufflé très timidement. Alors je l’ai attrappée, ai préparé un coussin sur le canapé et je l’ai caressée. J’ai compris que c’était la fin, je crois que nous avons pleuré tous les deux. Sa petite vie s’est éteinte doucement, organe par organe jusqu’à ce qu’elle ne respire plus. J’étais épuisé. J’ai pleuré. Je ne me suis jamais senti aussi seul qu’à cet instant, je n’avais jusqu’alors jamais regardé ni la maladie ni la mort ni les êtres comme je l’ai fait à ce moment là. Siouxsie…
    En Siouxsie était renfermé un pan entier de ma vie. Je n’ai pas tardé à faire mes bagages, à partir. Il y a eu Londres, puis Paris de nouveau, et puis mes premiers voyages au Japon et ce départ pour plusieurs années, toujours qui sait…
    Mes photos ne sont pas des chef d’oeuvres, je n’ai jamais cherché ce résultat. Elles sont des traces, traces de mes promenades, traces de nos bavardages et de mes rencontres, du temps qui a passé (j’utilise sciemment l’auxiliaire “avoir”). Mes amis et moi même y vieillissons sans nous en appercevoir, sous mes yeux.
    J’ai simplement, comme naguère quand j’écrivais tant, omis de montrer, de développer, d’exposer, de révéler. Le choc est immense.

    Période post-Londres, Bonne Nouvelle. Je mitraille en me balladant à vélo. Cela va durer jusque 2003. 2003… Paris va progressivement ne plus m’intéresser, et ma vie avec… Pourtant, la nuit, un peu saoûl, à vélo, en revenant de chez Nicolas et en bifurquant par le Pont Alexandre III, que de plaisir à retrouver cette lumière, ces murs… L’ombre d’Asnières… En quittant Asnières, je ne me rendais pas compte à quel point je quittais un endroit où j’avais été heureux.
    Paris ne m’est jamais parue aussi belle que depuis hier soir. Jamais Tôkyô ne m’offrira ces coucher de soleil, en hiver, au dessus des invalides, quand la Tour Eiffel qui pointe au delà de Saint Dominique s’illumine et donne à Paris son centre de gravité. Paris, Lumière du Monde… Et ces rues que je retrouve au gré de ces promenades que je reconstitue, intactes en ma mémoire, ces rues mystérieuses chargées d’histoire visible.
    Je scanne depuis ce matin, j’attends le pluie qui, parait-il va finir par arriver. J’ai scanné 5 films… Ce soir, Kaikai va venir me retrouver. Tout à l’heure, je pensais à Siouxsie qui m’avait finalement retenu 15 ans, m’empêchant tout voyage. Mais aussi auquelle j’étais attaché. Et je me demandais s’il y avait un tel délai d’attachement à un Kaikai, si de nouveau j’aimerais durant 15 ans… Ca vous parait bizarre, si je me demande si je suis au Japon pour 15 ans ? Relisez donc Le Petit Prince, s’il vous plaît…


    Asnières. Septembre/octobre 1998. Tarika en avait assez de me voir en colocation à Pelleport quand elle avait un logement vide invendable (c’était la fin du krach) à Asnières. Après quelques travaux de rafraîchissement, j’y emménage. S’ensuivent 1 année de profonde transformation. Je quitte le lycée où je travaillais pour un salaire de misère à faire du secrétariat, je renonce à l’histoire et je commence à travailler dans la finance. Parallèlement, libéré de soucis financiers immédiats pour la première fois de ma vie, j’achète des livres que je dévore, j’écris beaucoup et je refais beaucoup de photos. Je n’habitais plus Paris mais jamais je n’en avais profité autant… Je devais pourtant quitter cela pour réaliser un rêve, vivre en Angleterre. J’ai quitté ce bonheur de trentenaire installé pour une nouvelle marginalité, qui me permettrait toutefois de me ressentir “jeune” comme jamais auparavant… En rentrant à Paris, j’avais tout perdu…

    Ciel gris au dessus de moi. Il faudra bien que je sorte de chez moi, je dois rendre mes livres à Iidabashi. Je pense ensuite filer à Ebisu à la Maison Franco-japonaise où je ne suis encore jamais allé mais qui, paraît-il, est intéressante. Ce soir, je retrouve Kaikai car demain est un jour de congé, ici. Qu’allons-nous faire demain matin avant que je ne parte travailler… Mystère…
    De Tôkyô,
    occupé,
    Suppaiku

  • Je me suis acheté un scanner…

    … une chaise que j’avais trouvé dans la rue, vers 1998, quand j’habitais Asnières… Elle a du finir où je l’avais trouvée, après mon départ pour Londres. Asnières ou un Paradis perdu, un temps lointain. Une sensation que je commence à retrouver ici…

    … et ça fait mal… mais ça fait beaucoup de bien. Revenir jusque 20 ans en arrière…
    Je revois beaucoup de monde, de lieux, mes auto-portraits, quelques amants et mes expérimentations. La photographie m’accompagne depuis 20 ans, j’aimerais partager. Je me raconte ici, il me manque l’oeil, 50mm. Pas le truc digital comme maintenant. Non, l’oeil. Je n’aime que la pellicule.
    Je dois bien avoir avec moi, ici, près de 2/3000 photos à scanner. Paris, Londres… Un peu la Bretagne ou la Sarthe bien entendu. Mes yeux…
    J’ai écris ce matin à mon ancienne collègue et un peu amie O., que
    “J’ai rêvé de vous la semaine dernière, vous vous demandiez ce que je faisais là, et moi aussi. Bien sûr, il n’y avait pas de place pour moi. Le lendemain, mes appartements successifs à Paris étaient peuplés de bêtes étranges, inconnues, et je tentais, en vain, d’y rentrer. Depuis, mes rêves sont au Japon. Un Japon avec des immeubles parisiens, cette nuit, mais je m’y sentais au Japon, il y avait une bonne boulangerie, il fallait que j’y achète du pain : j’étais dans le quartier français, une “rue montorgueil de mes rêves” que je ne cesserais désormais de visiter dans mes moments de nostalgie. Mais si mes rêves m’y conduisent parfois, c’est, je crois, que je suis bien installé ici. Mon cerveau a compris que je n’ai plus ma place en France, en tout cas pour le moment.
    Je me remets doucement à écrire, à faire de la photo…”
    Rien mieux que cela ne me raconte.


    Frédérique.
    Depuis près de 30 ans. Ici, en 1998.

    De Tôkyô
    où il est tard,
    Suppaiku

  • En attendant que mon riz soit prêt…

    Et voici le plus beau : mon cuiseur de riz, le premier objet que j’ai acheté spécialement pour mon nouvel appartement. San’yô. Il est petit. Je l’ai acheté d’occasion car le cuiseur de riz japonais est cher. Le miens, neuf, vaut environ 10,000 円, soit environ 70€… Je l’ai payé 6,300円. Il est équipé d’un programmateur, on peut choisir différent types de cuissons (riz complet, riz blanc, yaourt, etc…), il garde la chaleur sans brûler et l’御釜/ okama/ récipient (au passage, okama veut aussi dire “folle”, “tante”, “pd”…) est dans une espèce de fonte épaisse, lourde et anti-adhésive… On n’arrête pas le progrès et je suis bien loin de mon cuiseur “Tiger” chinois à 20€ chez Tang Frères…

    Je me prépare du riz (du 新米/shinmai/riz nouveau). Je vais le manger avec du カレー/karee/le curry japonais. Connaissez-vous l’origine du カレー? L’Inde, me répondrez-vous ! Eh non, l’Angleterre, mes chers Watson ! A la fin du 19ème siècle, lors de la guerre Nippo-chinoise, les soldats Japonais mangeaient des ration de curry anglaises. Bref, une adaptation industrielle à des fins strictement militaires du célèbre assortiment d’épices indien. Les Japonais ont adoré et on a rapidement préparé des curry, alors appelés “karé”, à l’anglaise. Le kare japonais a donc une texture épaise très éloignée de la texture crémo-liquide du curry indien, et le goût du kare “traditionnel” est plutôt doux, un peu sucré. Pourtant, le goût pour le voyage et l’exotisme ont conduit les grandes marques et “la” ville du kare, Yokohama (il y a un musée du kare…), a proposer de plus en plus de variétés toutes plus ou moins influencées par le grand cousin Indien. Ainsi, les kare “ordinaires” sont ils désormais vendus moins de 100円 quand on trouve ces “nouveaux” kare pour plus de 300/400円… Je parle bien entendu des kare “tout prêt” en sachet. C’est d’ailleurs jusque la manière de préparer le kare qui se modifie puisqu’on trouve de plus en plus de “poudre スパイシー, épicées” à la place de ces espèces de tablettes de chocolat à rajouter à l’eau.
    Le miens, assez épicé, je vais l’accompagné de トンカツ/tonkatsu/ porc pâné. On dit alors カツカレー/ Katsukare. C’est un grand classique. Certains joueront au fines bouches, il n’empêche : il y a plétore de restaurants de kare et certains proposent des カツカレー véritablement délicieux. Moi, j’adore le カツカレー…

    Couverure du troisème tome de journal de Fabrice Néaud.

    Mon collègue Martin m’a prêté des bandes dessinées : des BD de Chaland, dont je ne me souvenais plus mais dont les graphismes ont, avec ceux de Floc’h et de Serge Clerc, bercé mes 16/17 ans; et le journal de Fabrice Neaud. J’en parlerai ultérieurement quand j’aurai achevé la lecture du tome III, un véritable pavé. Une oeuvre qui, comme mon blog, explore les voies difficile du récit à la première personne, sans tomber dans le piège de l’auto-fiction. Ce n’est pas un roman, c’est un journal intime partagé, dessiné. Ca dose Guillaume Dustand (c’est toujours facile, utiliser un pseudo, quand on est fils de grand bourgeois et de jouer à la victime qui assume…). C’est un récit fragile. C’est une homosexualité douloureuse, celle de la province. Une homosexualité dans la marge et loin des strass et de la reconnaissance. C’est intelligent, c’est bien raconté et je ne peux en le lisant m’empêcher de penser à mon ancien voisin Guillaume. Je suis différent de Fabrice Neaud, je vois les choses différemment, ma psy m’y a d’ailleurs vraiment aidé, je me suis libéré de ce dégout de moi-même que de nombreux gays peuvent avoir en eux. Mais ces albums sont de grands récits, et je reconnais des personnes, une époque. Ces années 90 grises que nous avons traversé, de Bérégovoy en Balladur, la crise et le chômage. Au point où j’en suis de la lecture, il n’y a pas le SIDA, et cette absence me fait craindre le pire dans la suite de l’histoire. J’ai en effet appris avec mon analyse n’est pas ce qui est dit, mais ce qui est tu (intéressant pour des récits à la première personne…). IIIème tome et pas un mot. Juste des allusions (un énorme ganglion ici, des capotes par là)…
    Bon, à par cela, j’ai un peu modifié ce blog : remis les liens, corrigé une erreur pour mes albums photos et créé un nouveau blog qui accueillera mes recherches sur l’époque de “la bulle”.
    De Tôkyô,
    avant de me régaler en écoutant Hamasaki Ayumi (ha ha ha ha…)
    Suppaiku

  • Un autre post, un autre podcast

    Il n’y a pas très longtemps, le Monde Diplômatique titrait sur le Japon en le présentant comme un pays qui avait su sortir de la crise sans appliquer les recettes de la mondialisation libérale. Je dédie ce cliché à l’éternel tétard Ignacio Ramonet et à son fils qui n’est pas un pistonné ni un fils de, mais qui s’est fait lui même, sans aucune relation…

    Je reçois ce matin un mail de Dul qui déplore à mots couverts mon absence sur ce blog. Je lui dédis ce post !
    Dul, comme bien d’autres, est devenue à croc aux doramas. C’est drôle, j’ai lu son mail et j’ai repensé qu’il y a encore peu de temps, c’est par la petite lucarne de mon ordinateur que je gardais, entretenais, développait le contact avec le Japon. Bien du temps est passé, et c’est encore très présent, ne serait-ce que quand je constate l’écart, logique, entre les fictions et la réalité de ce pays à l’histoire si lointaine, aux traditions si différentes sur lesquelles se plaquent des pans entiers de modernité parfois encore très mal digérée dans un climat général d’indiférence à la culture et à l’histoire de ce pays et d’intérêts aiguisés pour tout ce qui touche aux autres pays…
    Tenez, cette photo de “poussin” au carrefour 109 (prononcer Tokyu/十九/ときゅ/10-9 et non hyaku-kyû : Tokyu est une ligne de chemin de fer/ grands magasins…) à Shibuya. Vous avez vu Kimi ha petto avec Koyuki (la jeune universitaire perdue de Kairô/回路 de Kurosawa Kyôshi et également jeune femme dans The last machin-choz keujépavu) et Matsumoto Jun (chanteur du groupe “janizu” Arashi) ? Koyuki en nounours au parc d’attraction… Hehehehe….


    Puisque je parle Shibuya, autre carrefour, le 渋谷交差点, quasi-mythique celui là avec son chien Hachiko au point que l’abréviation de ce sus nommé Shibuya Kôsaten est 八交 (croisement Hachi), mais qui n’en est pas moins dominé par un 109-2. Une foule fantôme, nombreuse, pressée et compacte s’y croise anonymement dans le vacarme incessant des 3 grands écrans qui le dominent. J’ai toujours du mal à mettre des images sur ce que mes étudiants les plus âgés me racontent de cet endroit il y a une quarantaine d’années. Des champs, de petites maisons…

    L’automne est désormais installé. Au Japon, c’est une saison bien marquée : on bascule quasiment d’un coup dans un temps frais certe, mais sec essentiellement. Cela ressemble un peu à l’automne en France mais je pense que c’est sans le risque d’averse qui caractérise cette saison chez nous, dans le nord pour le moins. Nous sommes allés nous promener samedi matin dans le parc du Palais Impérial, au coeur de Tôkyô.

    Arbres en fleurs, essences variées…

    Un parc magnifique, un réel poumon dans cette Capitale mais finalement, comme Gosho à Kyôto, certainement pas l’endroit le plus intéressant à visiter. Les essences d’arbres sont certes variées et composent de véritables festivals de couleurs mais on est loin de la richesse d’un Koishikawa kôrakuen/小石川後楽園, à Suidôbashi/水道橋, par exemple. Malgré cette réserve à caractère “esthétique”, il fut très agréable de traverser ce parc sous un soleil chaud tempéré par un vent frais. On est loin des grandes suées de l’été.
    Mes week-ends ont changé depuis un certains temps puisque mon planning a changé lui aussi. Beaucoup de nouveaux changements, d’ailleurs. Un téléphone fixe, la sécurité sociale, un appartement… Me voilà bien dans mes murs, bien chez moi et qui s’interroge : ne serait-il pas le moment de partir travailler à Shibuya, Kichijôji ? J’aime garder ces portes ouvertes. Et n’en déplaise aux détracteurs, NOVA n’est pas le grand méchand loup et beaucoup de choses sont toujours négociables en matière d’horaires, de lieu de travail. Ainsi, concernant un enseignant, on m’a dit qu’il avait ses samedis et dimanche (les 2 ! rare chez NOVA) car il avait une vie de famille. Peu d’entreprises se montrent aussi conciliantes. Je ne dis pas que c’est un paradis, non, mais pour une entreprise qui utilise une main d’oeuvre étrangère “flexible”, il y a quand même une pointe d’humanité. J’ai entendu des choses bien pires sur d’autres écoles…


    Nouveaux week-end. Je quitte le vendredi plus tôt, vers 17h40 et ne reprends que vers 13h20 le samedi. Je quitte en revanche plus tard le samedi soir, à 21 heures. Samedi, nous sommes alés dîner de Gyôza -raviolis grillés- à Kanda. Ce fut difficile, toutefois, de trouver un restaurant ouvert à cette heure là. Les Japonais sont des couche-tôt. Ou en tout cas, les gouvernements réactionnaires ont veillé à maintenir les horaires de la société rizicole : lever du soleil à 3 heures et coucher à 19h en été… Imaginez en hivers…

    Ces nouveaux weeks sont un peu “déphasant” car j’ai un lundi plein : auparavant, mes journées pleines me synchronisaient avec le week-end, du vendredi au dimanche, si bien que la semaine commençait par des demi-journées, je me sentais en phase. Mon lundi est désormais une journée pleine. C’est un peu bizarre, comme sensation. Cela étant, je gagne une soirée de vendredi et un samedi matin, ce qui permet de belles promenades avec Kaikai. C’est moi qui ai négocié : il fallait une personne le samedi en soirée, j’ai donc demandé cette soirée du vendredi. Le responsable du Kantô est une personne réglo.
    Sinon, la vie dans mon quartier est agréable, même si je suis loin de tout. Je peux découvrir la ville tranquillement. J’ai trouvé une belle occasion avec cet appartement, vraiment. Son “loft”, ses 5 mètres de hauteur sous plafond, un beau volume. Et même si c’est un peu loin, cela reste Tôkyô.


    Quelques traces du Japon, ici, un joli ensemble automnal dans le métro, ce week-end…

    Je suis allé à la mairie la semaine dernière. J’ai pris la Sécurité Sociale d’Etat, puisque NOVA ne donne pas facilement la Sécurité Sociale d’Entreprise, la réservant au personnel “fixe”. Certains se bagarrent pour l’avoir… J’ai opté pour une solution plus individualiste, la Sécu d’état, puisque cette possibilité existe, et qu’elle est moins coûteuse. Hormis le chômage et les congés maladies qui ne sont pas couverts, la couverture maladie est, elle, quasi identique. La première année est peu coûteuse (30,000 円), proportionnelle aux revenus par la suite. Je pense que je paierai environ 20,000円 par mois. Ca le vaut…
    A chaque visite à la mairie, on me forçait la main. Je trouve rétrospectivement que j’ai été idiot de ne pas le faire avant, mais on entend tellement de choses contradictoires à ce sujet.
    Bien, c’est l’heure de me préparer.
    J’espère, Dul, que ces quelques lignes t’auront fait plaisir. Merci, au passage, à mon fidèle lecteur Mulgon Melta, qui est devenu papa il y a un mois maintenant, et merci pour ses commentaires. Merci à TB et Rasen qui réagissent au quart de tour à ma moindre réapparition, merci à Nicolas, bien sûr, et à AtomicDog le Lillois. Merci à Jean François “Capgran” qui m’a laissé un message qui m’a fait très plaisir. Et merci à mes fidèles lecteurs posteurs, comme Jean-Pierre de Tôkyô. Merci à JM du site lejapon.org parcequ’il a créé le site pivot, le site référence quand on veut vraiment parfaire sa connaissance de ce pays, et qu’il est un carrefour. Merci au passage au fidèle lecteur Maruchan !

    Merci et bonne chance à Tarikavalli qui entame sa carrière au Portugal.

    Bon, à demain ! Promis, je reposte plus souvent… !
    De Tôkyô, reconnaissant

    Suppaiku

  • Un deuxième podcast vidéo en ligne

    Dimanche dernier, mon premier dimanche libre depuis mon arrivée au Japon… J’ai ressorti la caméra vidéo et je vais ainsi vous faire quelques petits films que j’incluerai dans un flux RSS. De petits podcasts vidéo en quelque sorte ! ごゆっくりどうぞ (goyukkuri, dôzo) comme on dit par chez moi.
    Nous sommes allés nous promener vers Enoshima et Kamakura. La vidéo vous présente une maison traditionnelle du Kantô (la région de Tôkyô) à Fujisawa. Je l’ai trouvé intéressante, l’ai filmée et je vous la présente. On peut trouver de telles “maisons musée” un peu partout finalement. C’est important qu’il y en ait car comme je l’ai déjà écrit, les Japonais sont assez ignorant concernant leur propre histoire, soit simple désintérêt, soit difficulté à la saisir tant celle-ci est invisible : les tremblements de terre et la guerre ont entrainé des pertes irréparables, la croissance économique ayant comme partout ailleurs “fait le reste”.
    Le film est réalisé à partir de la cuisine. On peut voir cette grosse bouilloire suspendue à un gros poisson en fonte : ici de l’eau chaude permettait de servir du thé tout au long de la journée, de tenir une soupe chaude. Le grand feu quand à lui permettait de cuisiner, préparer le riz. La maison, quoi qu’ancienne, porte les traces du temps et des “modernisations successives”, comme l’électricité (les abats-jours de style années 30 par exemple).
    Hier, je me suis acheté une vraie poêle, une cocotte minute (appelé ici un cuiseur rapide de nabe) et un aspirateur. Passionnant, non ?
    Bon, je vous laisse, je travaille aujourd’hui.
    De Tôkyô,
    occupé
    Suppaiku