Catégorie : le Blog de Suppaiku, Tôkyô

Journal d’un Solitaire Sociable et Moderne de Paris et Londres à Tôkyô et …

  • Le train-train qui s’installe : bonheur japonais


    Première soirée avec Kaikai dans mon appartement, ambiance camping, le soir de mes 41 ans. juste après être allé visité le IKEA de Funabashi.
    Incroyable comme IKEA est ici une sorte de délivrance face à ces objets de qualité médiocre que l’on trouve chez MUJI. Je crois même pouvoir affirmer sans me tromper qu’IKEA est moins cher au Japon qu’en Europe.
    Mon quartier me plaît bien, mon appartement aussi. Même si Kasai est excentré, cela reste très raisonnable et je peux me rendre à mon travail en 45 minutes de vélo ce qui reste somme toute raisonnable. Ce que j’aime le plus, à Kasai, c’est revoir le ciel. Cela me faisait un peu cette sensation, à Londres. Je crois que le manque de beauté architecturale, ces néons omniprésents le soir (qui sont au demeurant un des chermes de Tôkyô), tout cela créé une sorte de fatigue nerveuse que seul la tranquilité des quartiers excentrés apaise véritablement.

    IKEA, à Funabashi. Une révolution, ici ! Les foules s’y pressent et lors de ma visite en pleine semaine, à la foule ravie, enchantée qui se pressait de “kawai” en “chou kawai”, je ne doutais pas qu’il s’agit bel et bien d’un succès à l’opposé de l’échec retentissant de Carrefour. Ici, on trouve tout ce que l’on peut attendre de l’Europe. C’est ce que les clients recherchent. Chez Carrefour, la déception fut grande car l’organisation du magasin “à l’Européenne” se doublait d’une “quasi” absence de produits Européens. Les Japonais n’ont pas bien compris. IKEA est le symbôle même de la tentation du Japon : être un pays occidental comme un autre.
    J’eu certe préféré l’ouest, plus jeune, mais mon quartier est agréable, près de la baie de Tôkyô. Ainsi, franchissant le grand pont suspendu qui passe sur la rivière Ara, je profite du vent marin, de son odeur et de sa vigueur. Cela aussi, ça m’a aidé à choisir d’habiter ici. Ma première sensation fut ainsi le métro, devenant aérien, puis la baie, fantastique ouverture, clarté.
    Depuis un mois, il n’y a pas grand chose de changé, hormis, donc ce déménagement qui m’installe un peu plus dans mon nouveau pays. J’y trouve mes repères et mes habitudes, mon train-train quotidien, tout ce qui m’est nécessaire pour crééer. C’est intéressant de voir à quel point la gaijin house ne me correspondanit pas, je m’y sentais en transit, provisoire. Je suis et je reste un fils d’immigré : c’est important, pour moi, au fond, de me sentir posé, installé, même si c’est aussi quelque chose que je me suis longtemps refusé.


    Nouveau quartier, nouvelles promenades. En fait, l’éloignement a du bon. Je saute sur mon vélo et me voilà traversant tous ces quartiers délaissés de l’est. Par ici, la mer se fait plus présente. Les rivières, les canaux sont nombreux, la ville basse, celle des marchants et même des pêcheurs est encore visible par endroit. C’est moins riche mais plus tranquille et des morceaux du Japon d’après guerre sont encore visibles. Il y a aussi de fantastiques parcs, immenses comme celui qui borde le Musée d’Art Contemporain.
    J’ai tout fait moi même, pour m’installer ici. Electricité, gaz, internet. Il a fallu appeler la Hotline de Yahoo (mon fournisseur ADSL), ce fut un peu difficile (c’est un call center, le gars répétait tout au moins trois fois pour une fois répéter (particule finale : ne), puis une autre fois pour la vraie validation (fini par deshou ka) puis, après validation il a tout répété. J’avoue qu’à la troisième validation, j’ai patiné et je lui ai demandé de répéter (je ne comprenait pas ce qu’il voulait, à tout répéter comme cela). Il s’est excusé de ne parler que japonais (sic) et il a tout recommencé. Je me suis alors rappelé de CORTAL et j’ai acquiessé à tout ce qu’il demandait. J’ai pu raccrocher), mais j’y suis arrivé. Un agent du gaz est venu et j’ai enfin reçu hier ma première facture d’électricité qui me confirme que Sakura House sont vraiment des voleurs.


    Promenade à Enoshima et Kamakura, dimanche. Mon premier dimanche libre depuis mi-février. Une promenade agréable (album à venir)

    Dans mon quartier, il y a plein de supermarchés et même une sorte d’hypermarché, JUSCO. Je dis une sorte car c’est très différent tout en étant similaire. Hormis le fait que c’est bruyant (des magnétos diffusent des pubs dans chaque rayon, en boucle, une horreur !), il y a des magasins dans le magasin. Cela étant, passé un certain étonnement, cela ressemble quand même à un supermarché de chez nous, bref, on y trouve tout. C’est moins cher qu’à Kagurazaka, et les promos sont un peu à l’anglaise : des lots avec une partie de “gratuit”. J’ai un congélateur, cela est donc intéressant. Ceux qui me connaissent le savent, je suis un malade des supermarchés. J’adore mon JUSCO !
    L’actualité française me semble lointaine. Vers chez nous, c’est l’essai nucléaire de la Corée du Nord qui nous inquiète le plus. C’est que c’est 500 kilomètres de chez moi… Ou alors le nouveau premier ministre, Abe Shinzô. Nos tremblements de terre, réguliers ces temps-ci (j’ai pu tester le côté “élastique” de ma maison il y a trois jours) ou ces typhons immenses qui heureusement dévient tous vers le nord en nous frôlant.
    Cela étant, si je puis me permettre et comme la campagne interne au Parti Socialiste a commencé, je vous reconfirme mon choix avec ma première “affiche/fond d’écran” (cliquez pour agrandir) . Je réitère mon soutien à Ségolène Royal. La fleur n’est pas un hazard bien évidemment, je l’ai photographié dans un magnifique jardin de Kamakura.
    Bonne journée, de Tôkyô
    Suppaiku

  • C’est reparti ! De Edogawa-ku !

    C’est reparti ! De Edogawa-ku !

    Bonjour à vous. En exclusivité, moi, qui frappe sur mon ordinateur et qui boit du café!
    Vous ai-je manqué ? Désolé, il y a eu ce mois de septembre qui m’a empêché d’écrire sur ce blog : je n’avais plus le net ! Et ça, je peux vous l’assurer, ce n’est pas facile tous les jours : on s’y habitue, à ces petites choses là !
    Pourtant, j’ai pensé à vous, comme vous pouvez le voir sur cette vidéo, là, réalisée le 20 septembre alors que je venais tout juste de rendre les clefs de Kagurazaka. Sentiment de solitude (finie la colocation, bonjour les factures) et de joie devant ce studio qui semblait n’exister que pour moi, avec son parquet, son “loft” et ce soleil si fort (exposé plein sud) que je suis obligé de baisser les stores. Ne croyez pas que ce soit un défaut, pour moi, baisser les stores dans un appartement, c’est une qualité essentielle, celle-là même qui m’a de suite fait tomber amoureux de l’endroit. Je baisse les stores et soudain, je regrette, je regrette que mes amis ne soient pas là avec moi à cet instant, on ouvrirait un rosé bien frais, on mangerait des fromages. Je repense à ces soirées chez Nicolas, chez Stéphane, la terrasse Porte de Bagnolet, Alain que l’on va chercher Gare de Nord, mes courses à vélo à travers Paris, Alésia, Gambetta, Strasboug-Saint-Denis, et ces litres et ces litres de rosé que l’on a pu boire au moindre rayon de soleil qui nous faisait baisser les stores, fenêtre ouverte, juste ce qu’il faut pour s’imbiber du sud nécessaire… Tout cela n’existe plus puisque chacun a déménagé depuis, qui dans le nord, qui en banlieue, et jusque Tarikavalli partie vivre au Portugal. Fidèles à leur maison Fredérique ici, et Alain là, à Londres. Mais je pense à tous et ma mémoire les réuni, stores baissés, soleil filtré qui entre et réchauffe le parquet. Nous sommes tous des enfants du sud, dans ma bande.
    J’ai eu 41 ans le 21 septembre, après avoir passé ma première nuit chez moi, à Kasai. Amusant, non ? L’an dernier, je passais la nuit dans un hotel d’Osaka, avec une accélération folle du temps, comme une promesse d’avenir à l’aube de ma vieillesse (j’aime être honnète avec ce que représente réellement mon âge : à 40 ans, on est mûr). L’année s’est donc achevée à Kasai, dans un certain désordre, celui d’un déménagement/ emménagement. En un an, j’avais accompli une révolution totale. Le train train s’était installé mais je m’étais déplacé entre temps de façon vertigineuse. En me couchant le soir, j’ai eu un sentiment de travail bien fait, de chemin parcouru, de promesse tenue. Et j’ai compris alors que mes 41 ans seraient l’âge d’un travail important sur moi-même et sur ma place, sur mon travail et mes désirs. Vivre au Japon pour de vrai, cela commence par un appartement et un travail, et je les ai. Mais cela n’a de sens que si je réalise quelque chose avec. J’y travaille mais c’est certainement la part la plus difficile. J’ai beaucoup à faire cette année, donc. Après la promesse vient le temps de la fidélité avec moi-même… A 41 ans, la jeunesse est passée. On n’a plus de compte à rendre à personne, ce que l’on fait seul parle, il n’est plus question de s’illusionner sur quoi que ce soit. Je me content de ce que j’ai donc, et je ne fais que ce que je fais.
    Je vis à Tôkyô, j’enseigne le français, j’ai un petit ami. J’écris, je photographie : je capte les traces du temps qui passe.
    Je m’emporte parfois contre les gens ici. On ne se refait pas ! Je suis et je reste un français rouspétard, lucide. Les “amoureux transis” du Japon sont soit des fachos qui s’ignorent, soit des aveugles ou encore des touristes enchantés. Ce pays est blindé de défauts et, comme il est peu démocratique, ceux-ci ne disparaissent que très lentement. Un exemple :l’absence de chauffage dans les appartements sous prétexte qu’ici il n’en est pas besoin (donc, on se les gèle de décembre à avril, on se ruine en climatisation qui ne chauffe rien et provoque des allergies, en kotatsu qui ne chauffe que les pieds et provoque des incendies, chauffages d’appoint que l’on finit par acheter et qui donne à de modernes appartements une touche “années 60″…). Mais que veut on, le Japon n’est pas l’Occident, donc il n’y fait pas froid (vérité officielle rabachée par mes étudiants).
    Je suis gentil, j’ai choisi un exemple mignon.
    Mon copain croyais que j’aimais les gaijin house… Il a été surpris que je veuille déménager, mais il a avoué qu’il n’aimerais pas habiter dans une maison de ce genre qu’il réserverait plutôt à de vieux hommes célibataires…
    Bon, ma lucidité rouspétarde passée, je vous avoue aussi que je n’imagine même pas pouvoir rentrer en France pour le moment.
    Le Japon est bardé de défauts, il est aussi rempli de qualités. Ils sont 50 à faire le travail qu’une seule personne pourrait faire, ils s’y affairent avec des allures de Titanic, et c’est parfois pesant. Mais ils le font avec le sourire et il m’arrive souvent même de sentir une gentillesse non feinte mais dissimulée comme hier soir cette jeune fille à la boulangerie d’un centre commercial de Yokohama visiblement ravie, enchantée de vendre une baguette à un Français. Ou ce monsieur, hier encore à Yokohama, à l’entrée d’un jardin rempli de roses et me baragouinant dans du japono-anglais que les roses étaient écloses et que c’était magnifique à regarder. J’en oublie alors ces tétards qui ne veulent pas s’assoir à côté de moi dans le métro aux heures de pointe et qui préfèrent rester debout ! Et ces deux monsieurs à l’agence immobilière, surpris que je parle japonais, et encore plus que je l’ai appris en France et qui, quand je sortais, se sont tous les deux levés et se sont inclinés pour me dire au revoir, politesse japonaise rarement servie aux étrangers quand ils ne sont pas des touristes.
    Bref, si dans ce blog il m’est arrivé d’être très virulent, je rappelle aussi que c’est d’abord parce que j’y aime beaucoup de choses que je suis critique avec les Japonais. Je suis Français, et en France on dit que “qui aime bien châtie bien”. Les post-ados qui trouvent super tous ces jeunes qui font des baitos sous payés sans se plaindre ni rechigner à mettre parfois des costumes débiles n’ont qu’à commencer eux même à travailler dans des macdo pour payer leur voyage plutôt que se plaindre du coût élevé des billets d’avion ! Mais c’est si facile de trouver du charme à la vie des autres, aussi minable soit-elle, pour combler l’absence de vie dans sa propre existence. Vivre par procuration. J’ai vu Tôkyô ces jeunes occidentaux de 20/30 ans habillés cosplay. Ridicule. Le beurre et l’argent du beurre. Rentrés en Occident, le retour au terne et à leur vie d’Otaku. Mais bosser à Macdo, ça jamais…
    Incapable de voir les difficultés de ces jeunes qui n’ont d’autre choix ici que ces boulots mal payés. Le Japon est une société très dure avec les Japonais. Tout le monde ne vit pas dans les classes moyennes et les jeunes comme les plus agés se sont réellement appauvris avec la crise, la précarité s’est réellement installée.
    Le vrai miracle est qu’il gardent encore le sourire, et que celui-ci soit même teinté de sincérité. Alors mon coeur s’emballe, et je pardonne beaucoup à ces idiots qui ne s’assoient pas à côté de moi dans le métro aux heures de pointe.
    De Tôkyô,
    de retour,
    Suppaiku

  • Ouf ! J’ai enfin internet !

    Fin des travaux ! J’ai le net ! A bientôt !
    Comme je le disais à des amis dans un mail,
    “Rapidement (il est tard ici) pour signaler que je vais bien !!! J’ai enfin internet depuis cet après-midi dans mon nouvel appartement. Je ne savais pas à quel point on pouvait s’accoutumer à un truc pareil… ! Enfin, me voici revenu à la civilisation.
    Je ne tarderai pas à vous recontacter avec de plus amples nouvelles, ainsi que revenir sur mon blog qui “poireaute” depuis près d’un mois.
    Comme le temps passe… Entre temps, me voilà à 41 ans…
    Bise à tous !”
    Passe fichtrement vite, le temps…
    De 江戸川区
    Suppaiku

  • ブルーライト横浜

    (trad. Les lumières bleues de Yokohama, chanson des années 60)


    La célèbre tour sur la baie, nouveau symbole de cette ville riche, prospère, à la longue tradition d’ouverture à l’occident.
    A ses pieds, des promenades, des restaurants. Au delà du parc de loisir, à droite, une baie, une ouverture sur la mer où entrepots et usines, bien que présentes, n’apparaissent que comme des éléments du décors et s’effacent derrière l’odeur de l’océan, les arbres tropicaux et un rythme qui n’est pas sans rappeler le rythme méditerranéen. Un grand charme…

    Avec Kaikai, samedi soir, comme tous les samedis, nous nous sommes retrouvés vers 18 heures sur Ginza. Que faire à cette heure ? Certains foncent sur Shibuya. Nous, nous avons foncé sur Yokohama, comme d’autres. Nous sommes arrivés vers 18 heures 45, nous ne sommes repartis que vers 23 heures 15.
    Entre temps, nous avons fait des tours de manèges “qui font peur”. J’avoue avoir eu eu mal au coeur au deuxième, Kaikai aussi.
    Nous avons longé la baie, avons visité le IKEA box. La chaîne Suédoise ouvre par ici sont deuxième magasin. Insensiblement, le Japon s’ouvre au monde, toujours un peu plus et, à bien des égards, il me fait penser à notre vieille France des années 70. Les Japonais qui visitaient l’endroit pouvaient voir, qu’à prix équivalent ou moins cher, IKEA apporte un design, des couleurs, une qualité et des audaces que MUJI leur refuse obstinément. Les chambres pour enfant, notamment, les épatent assurément. La France a eu le même “choc” à l’ouverture du 1er IKEA au début des années 80. Enfin, le kitch rustique des Conforama et autre Monsieur meuble était détrôné au profit d’un style de son temps… Kaikai a pris un catalogue, un peu étonné, je crois.
    Non, en occident, nous ne vivons pas dans du Louis XV imitation…


    Yokohama a gardé des traces de son passé, rescapées des tremblements de terre et bombardements du 20ème siècle. Cette immeuble date de la fin du 19ème siècle, ce n’est pas du toc comme partout ailleurs. La rue 馬車道/ bashamichi, très agréable…

    Nous sommes allés au restaurant après notre longue promenade du samedi soir, sur le port. Restaurant italien dans un grand centre commercial, décors de “Sicile”. Dans ce cadre veritablement universel et caractéristique de la culture mondiale des classes moyennes fort bien décrit dès les années 60 par Baudrillard, nous avons mangé une excellente pizza et des spagghettis vraiments très bon, ce qui est là la marque particulière du Japon. Pâte croustillante où il faut, pas épaisse mais bien lévée, cuisson all’dente des spagghettis et richesse de saveurs de la sauce… Ca, la plupart des trucs à middle classe ne le réussissent pas forcément. Le prix, environ 9 EUR par personne (2600 円 au total…), ça défie toute concurrence. Nous avons pris une pizza “bi-goût” (environ 30 cm de diam.) et un plat de spaghettis.


    Une rue au delà de la gare 桜内駅/ Sakura uchi, où subsistent aussi un grand nombre d’immeubles anciens. Ici, la façade du マツザカヤ, Matsuzakaya. Ce n’est pas du kitsch, là non plus, mais un témoignage de l’architecture du 20ème siècle, ici probablement les années 20/30.
    Nous nous sommes encore promenés. J’aime la patience de Kaikai quand je m’arrête pour regarder quelque chose. Lui-même est parfois surpris par ce qu’il voit et il me dit parfois que telle ou telle chose lui échappait habituellement. Les Japonais ne savent plus regarder, ils passent dans la rue, se dirigent le regard fermé vers les centres commerciaux, avides de bonheurs artificiels. Pourvu que nous ne devenions jamais ainsi…
    Depuis peu, il cherche sur internet des lieux de promenade riches en patrimoine. Il est content de découvrir, lui aussi.
    Il habite dans Chiba pour raison professionnelle, n’aime guère Tôkyô dont il préfère l’ouest, 自由が丘/Jiyûgaoka et 世田谷区/le arrondissement de Setagaya, et plus loin, 横浜/ Yokohama, 神奈川県/la préfecture de Kanagawa. Il a bien raison…
    Dimanche, travail, fini à 19 heures.
    De Tôkyô,
    Sous le soleil
    Suppaiku

  • 関東大地震の日

    17h18, la nature s’est rappelée à nous à la veille de la journée du tremblement de terre (titre) par un seïsme force 4,8 dans la baie de Tôkyô. A Shibuya, je l’ai bien senti, comme tout le monde autours de moi. Bah, c’est la vie… document Centre de Météorologie Nationale)

    Aujourd’hui est la journée du grand tremblement de terre du Kantô. Eh bien hier, alors que j’étais à Shibuya dans un café avec Jean-Philippe, ex-collègue d’Inalco, eh ben, ça a secoué. Etrange ambiance. Je l’ai senti tout de suite, nos voisines aussi. Tout le monde se regarde. Doute. Ca ressecoue. Silence de 2 secondes dans ce lieu auparavant ultra bruyant. Chacun évalue ce qu’il a ressenti, et puis vient le mot libérateur, 地震, jishin, “tremblement de terre”, le mot qui donne un nom à la peur enfouie. J’ai fait comme tout le monde, regardé les lampe, regardé autours de moi. Je les ai vu, ces regards qui cherche l’abris au cas où, dans ce lieu qui en est totalement dépourvu, cet excelsior qui fait face au 109… Et puis on cause, on rit, le bruit revient, ce n’était qu’UN 地震. Tiens, c’est comme ça que je devrais expliquer l’article indéfini. Ce n’est qu’UN tremblement de terre, ce n’est pas LE tremblement de terre.
    La vie reprend. Le soir, ça a du alimenter les bavardages, comme entre Kaikai et moi, “t’as vu, il y a eu un tremblement de terre”. J’ai pas eu peur, je suis habituer, j’ai compris tout de suite que ce n’était pas grave. Secousse horizontale. Bon, dans une tour, pas marrant mais bon. Force 4,8 (3 échelle du Japon : on tient debout, le verre ne déborde pas, les lampes bougent un peu, on le sent. Je crois qu’à 2, on peut même ne pas le sentir mais les lampes bougent un peu).
    De Tôkyô,
    habitué,
    Suppaiku
    (j’ai ajouté des photos à mon post précédent)

  • Construire au Japon

    Je vous parlais hier de ces vendeurs de sommeil qui, pour des prix exorbitants, vous logent dans ce que les Japonais estiment être des taudis. Je montrais mon blog à Kaikai hier soir, ainsi que les photos de Sakura House, il était stupéfait du prix. Où j’habite, pour lui, à tout casser, ça vaudrait 20,000 円, mais pour autant il n’aimerait pas y habiter. Je paie 85,000 円 ! Et encore, j’ai la “chance” d’être dans un quartier agréable et nous ne sommes “que” 3, et ma “pièce” est grande et claire, d’aspect propre. Même si depuis 15 jours, j’ai réalisé que, normalement, on doit nettoyer les tatamis régulièrement, les retourner… Je ne préfère pas imaginer dessous.
    Bon, j’arrête là. Il faudrait refuser cela, contraindre un peu plus les Japonais à louer leurs appartements, veiller un peu plus aux normes (prix et solidité). Et peut être avoir recours à la colocation, voulue, comme en pays anglo-saxons. Mais là, c’est toucher au marché très lucratif des vendeurs de sommeil et à toute la spéculation immobilière de ce pays où la propriété du sol est primordiale.


    Voici ce qui sera caché une fois la maison (un immeuble de 2 étages) : des piliers métalliques, des croisées souples, de la laine de verre et un habillage céramique résistant à une température de 1500°. (maison Sekusui House, Kagurazaka)

    J’avoue être ébahi par les techniques de construction au Japon et l’incidence de ce “big one” imminent sur celles-ci. Je crois que dans mon choix de maison, c’est un élément déterminant.
    Je vais habiter en アパート, en “appartement”, c’est à dire dans un petit immeuble de structure légère, généralement construit en bois ou en tube de métal. L’アパート s’oppose au マンション, “mansion”, c’est à dire à l’immeuble construit en béton renforcé. Chacun a ses qualités et je me suis un peu documenté sur la question. C’est drôlement intéressant.
    L’アパート est finalement une modernisation, par les matériaux comme par les études sur la contrainte des matériaux, leur résistance, l’absorbion de l’énergie, etc, dela maison tradionnelle japonaise. On creuse le sol où on bâtit, en béton renforcé, une sorte de structure. Dessus, on fixe une deuxième structure, elle aussi en béton renforcé et qui délimite le contour de la maison. La première ressemble, elle, à un socle, un peu profond. Cela étant fait, on voit dépasser de grosses vis un peu partout, ainsi que des coussinets à divers endroits. La maison consiste en un sorte de charpente, en métal ou en bois, fixée à ces grosses vis. J’ai vu se bâtir ici une maison de marque Sekusui-House, c’est très impressionnant, cette maison qui n’est pas solidaire de ses fondation, mais juste rivée à celles-ci. On pose ensuite des croisillons, certains un peu lourds et d’autres très légers. On comprend aisément : en cas de forte secousses, la multiplication des “jeux” dans la structure est sensée absorber une partie de l’énergie et diminuer, ainsi, les risques de cassures et d’éffondrement. Cette structure est, enfin, véritablement habillée: ce n’est pas une image, c’est la vérité ! On voit dans les publicités ces maisons résister à un grand nombre de secousses et de contraintes et on peut imaginer aisément que même si la secousse violente, la maison ne s’effrondrera que très partiellement. Bref, c’est calculer pour dissossier le plus de parties possibles, jouer au maximum, absorber, et lâcher si nécessaire là où il faut sans entrainer le bâtiment avec.

    fondations de la même maison, désolidarisées. La maison est “attachée” aux fondations, donc elle peut “jouer”.

    Le マンション, l’immeuble, est lui réalisé en structure lourde. Il y a eu un scandale au début de l’année à ce sujet, un cabinet conseil ayant réalisé des coupes d’environ 30% de ladite “lourdeur” de la structure, construisant ainsi des immeubles incapables de résister à des secousses supérieures à force 5+ japonaise (on tient difficilement debout, le verre déborde et bouge sans se renverser, les étagères se vident de leur contenu mais ne tombent pas obligatoirement, la table bouge et les objets qui s’y trouvent tombent petit à petit; Niigata automne 2004). A Tôkyô, on attend force 7 (on tombe, les étagères tombent, le verre se renverse, les lustres mal fixés tombent, les enseignes tombent…).
    Les マンション doivent être construits en béton de haute densité (peu de sable ni cailloux) et contraints (cables de différentes dimensions que l’on tend à l’aide de grosses vis à des points de tension déterminés par étude de la résistance de la structure). Ils sont généralement construits autours de pilônes porteurs en béton et d’armatures poutres en acier traité contre la corrosion. La durée de vie optimale d’une telle structure est de 10 ans (le béton laisse rentrer l’air, quand même et l’acier fini par oxyder). Bien sûr, les immeubles administratifs, les musées, bien que construits selon les mêmes techniques, sont bien plus résistant et leurs imposants pilônes et l’épaisseur des murs les garanti pour plus longtemps – environ 30 ans. Les hautes tours sont souvent équipées de “balanciers”…
    Car le マンション doit aussi absorber. Et si ce n’est la lourdeur des matériaux -surtout pour les immeubles prestigieux-, leur construction est identique aux アパート. Fondations très profondes, théoriquement la moitié de la hauteur de l’immeuble, mais désolidariées, croisillons légers, murs préfabriqués qui “jouent”… Tout est fait pour absorber l’énergie sans atteindre la structure porteuse. Le vrai risque, quand on habite en hauteur, seraient donc plus les étagères qui se renversent, les bris de verre consécutifs, qu’un écroulement de l’immeuble.
    Ces techniques sont, hélas, assez récentes et on estime que les immeubles construits avant les années 80 sont dangereux (surtout les immeubles de 4 à 6 étages, légers mais non renforcés…). Alors imaginez les immeubles des “gaijinhouses”, à la structure défraichie, jamais entretenue… J’ai vu ainsi un immeuble sakura house, composé “d’appartements” à 100,000, au nord de Tôkyô près de Saitama : murs lézardés partout, rampes rouillées, écoulements fissurés le long des canalisation : je préfère ma maison en bois; cette immeuble s’écroulera immédiatement.

    la même maison : habillage de laine de verre et céramique haute résistance, croisée, structure métallique. Tout pour “jouer”, absorber l’énergie.

    La contrainte rend ingénieux. Le Japon en est la preuve. Si je récrimine les marchands de sommeil, cela ne m’empêche pas d’admirer les efforts de constructeurs, des hommes qui y travaillent dans leurs bureaux d’étude pour réduire au maximums les risques encourus en cas de séisme violent. Qu’on ne se mésentende donc pas : je critique les marchands de sommeils (race universelle et de tous pays) mais ne critique en rien la société sur ce chapitre. Je pense que beaucoup de gaijins acceptent ces conditions autant que la société japonaise les créé, que beaucoup prennent le risque de tremblement de terre à la légère, et que ces étrangers ne voient finalement que la réalisation d’un rêve, être au Japon, sans regarder le pays réel, un pays qui vit, gère une situation critique imminente, s’y prépare, compose avec. Nous devrions être plus exigeant avec nous même. Et apprendre au Japonais à nous regarder autrement. Vaste débat, vaste sujet. Je découvre au hazard qu’ici et là des étrangers s’y essaient, avec respect pour les Japonais, et cela force mon admiration.
    Allez, demain, c’est la “journée du tremblement de terre” : le 1er septembre 1923, vers 12h00, un tremblement de terre de force 7 a frappé le Kantô, tuant d’abord 40,000 personnes avant que l’incendie qui s’ensuivit n’en tue 100,000 autres… et que les scènes de violence xénophobe anti-coréennes n’en fassent encore quelques milliers supplémentaires.
    Vous voyez, parler de logement, c’est parler d’une société. C’est valable au Japon mais… la France n’est pas en reste, loin de là…
    De Tôkyô,
    commémoratif sous le soleil,
    Suppaiku

  • Déménagement en vue…

    une maison “artistique”, peinte en jaune vers Kôrakuen, c’est à dire une bicoque des années 50 peinturlurée, une chambre de 3 tatamis – 160×260 -, “pas d’hésitation (sic)”, 55,000 (EUR 380) c’est The wind site !

    Je vous avoue, je suis heureux de très bientôt déménager. Je ne vais pas habiter un quartier “à la mode”, loin de là. Je vais me fondre dans la masse anonyme de “la vie de tous les jours”, celle qui s’agglutine dans le métro tous les jours pour se rendre au travail. Je vais quitter mes bourgeoises élégantes un peu défraichies de Kagurazaka, les jeunes pêteuses qui les imitent et courent de restaurants français en Instituts de même origine pour finir dans une célèbre crèperie pour dépenser l’argent gagné par papa. Bof, on en a d’équivalentes en France, qui mangent macro-bio en passant leur temps au Cours Florent, ou un truc dans le genre.


    7,4 m2 la chambre à Harajuku (à côté de Shibuya), dans un appartement de 2 pièces (la 2ème chambre fait 8,3m2 et coûte le même prix) de cet immeuble d’âge aléatoire, 99,000 yen (700 EUR): c’est Sakura House ! Si elle vous branche, elle est libre !

    Je vais d’abord quitter le plus célèbre arnaqueur : Sakura-House. Je vais retirer toutes ces sociétés de mes liens car je suis en fait maintenant de toute la part de mépris qu’il peut y avoir vis à vis des étrangers à travers l’existence même de ces sociétés. Quand on sait que les Japonais aiment déménager tous les 5 ans dans un appartement neuf à cause des tremblements de terre, ces “gaijin houses” où, en colocation, s’entassent des étrangers dans des surfaces de 10 mètres carrés ou souvent moins, dans des bâtisses en béton lézardé de plus de 30 ans d’âge, dans des maisons en bois qui, comme celle où je suis, grincent à la moindre secousse de force 2, tout cela pour des prix exorbitants (je paie 85,000 円, nous sommes 3 soit 250,000 円 l’étage pour une surface de 45 mètres carrés environ et une maison de au moins 40 ans pour laquelle, les 2 étages réunis, un Japonais ne paierait pas plus de 60,000 円… faites les comptes…).

    dans cette maison datant d’environ 40 ans, à 10 mn en train de Ikebukuro, 6 tatamis pour 75,000, c’est encore ThewindSite : “Share a 2 story wooden building, only 7 rooms. A guest house with the size of a shared appartement.”(sic)

    Il existe au Japon une véritable institution des marchands de sommeil, savamment entretenue tant du côté des Japonais (les gaijins sont sales, ils ne parlent pas “notre langue” – Japonais xénophobes -, ou bien, pire, de la part des Japonais “évolués”, “les gaijins aiment bien vivre dans les vieilles maisons”, “ils aiment bien vivre en groupe”, “ils aiment bien les échanges culturels”, etc…) que du côté des “gaijins” (habiter au Japon coûte horriblement cher, “vous devrez payer 2 à 3 mois de caution, un à deux mois de cadeau au propriétaire, un mois à l’agence, le mois en cours et le mois suivant, faire vos démarches avec l’électricité et le gaz vous même dans un pays où personne ne parle anglais, acheter des meubles, installer une ligne téléphonique hors de prix”… L’apothéose est atteinte sur le site du premier marchand de sommeil, Sakura-House qui, aidé d’un photographe professionel, transforme l’exploitation en théorie de la beauté et de l’art de vivre.
    une chambre vaste, 13,1 m2, dans un immeuble d’une quarantaine d’année d’une une rue en pente dans le quartier le plus inondable, Shinagawa, en cas de tremblement de terre à Tôkyô, pour 75,000 (550 EUR) seulement : une aubaine de Sakura-House. Remarquez ce desing raffiné et savouré la clarté de ce rez de chaussé.
    C’est honteux car on entretient l’image du gaijin qui aime bien ça. Regardez ces photos : des piaules minuscules, une salle de bain minuscule pour 5, 6, 7 personnes, regardez les parties extérieures, les tuyaux rouillés et les murs lézardés de ces immeubles qui n’ont été rachetés que pour leur faire des fortunes avant de les démolir pour réaliser quelque juteux projet immobilier. Pensez au prix payé par ces “gaijin-san”, démesurés par rapport au prix du marché. Pensez aussi à la complicité de nos ambassades devant de telles pratique qui expose la vie de leurs ressortissants au moindre tremblement de terre de grande ampleur. Au Japonais les jolies maisons qui bougent comme il faut, aux fondations robustes. Aux étrangers les vieux machins payés au prix du neuf, “ils aiment bien”. Le pire, ce sont les étrangers qui trouvent ça “cool” (sic, genre une conne croisée pas loin de chez moi). Je les vois d’avance avec leurs têtes de victimes, leurs tête d’attentat à Bali, leurs baskets et leurs sacs à dos de freaks des classes moyennes, en train de pleurer devant les caméras du monde entiers parce que leurs immeuble s’est cassé la gueule à 2 heures 37, personne ne les avait prévenu, les autres sont morts, même James qu’était trop sympa, i’s sentait pas bien alors il a quitté Roppongi avant les autres, si on avait su…
    Pour avoir discuté avec des “étrangers” un tant soit peu intelligents, aucun ne regrette d’avoir quitté les “gaijin house”, d’avoir retrouvé leur intimité, ni surtout de se sentir bien sous un vrai toit. Je critique ici Sakura-House, mais ils ne sont pas les seuls. Il y a les “Samurai-house”, les Fontana et autre Wind-site, etc… Tous proposent de bonnes affaire, c’est à dire des piaules de 6 m2 à partir de 60,000 円 (450 EUR) dans d’anciens bureaux reconvertis, des vieilles maisons, etc… J’ai même vu 10 m2, seul “un studio”, sans douche ni cuisine, “une affaire, à Nakano, 70,000 円 seulement”…
    J’ai toujours eu honte des taudis qui sont loués aux Africains, en France, des marchands de sommeil, du racisme des propriétaires. Je réagis, je le pense de la même manière donc, en y étant passé.


    hier matin, après être passé à l’agence, je me promène dans mon futur quartier…

    Je vais aller vivre dans un quartier qui respire le bonheur japonais. Le jour, les rues sont remplies des vélos, il y a peu de voiture. C’est encore Tôkyô même si Chiba n’est pas très loin. C’est encadré par deux fleuves et la baie, plus au sud. Les supermarchés ne sont pas chers…
    Mon agence fait essentiellement dans la vente, les programmes immobiliers mais loue aussi des appartements aux étrangers. Le système est le même, les cautions sont beaucoup moins chères mais le loyer est réajusté, plus haut que la moyenne environnante. Ce n’est donc, pour moi, qu’une solution intermédiaire. Mais la grande différence est que ma maison est une vraie maison, bâtie en 2001 (octobre, je crois). C’est petit mais en très bon état, bien ajusté. Je paierai mes charges, mon assurance. Cela va me coûter un peu plus cher qu’ici mais le gain est inestimable. L’interphone vidéo et la splendide hauteur sous plafond rajoutent une touche. Je quitte mes tatamis sans aucun regrets.
    Vivant au Japon et n’y étant pas passagèrement pour les vacances, je reviens de l’idée de centralité, de proximité des quartiers à la mode. Maruchan a définitivement raison : la gare est plus importante. Je vais donc habiter à l’est le temps de mettre de côté l’argent nécessaire à un déménagement à l’ouest. Et qui sait, Edogawa-ku finira peut être par me séduire. En tout cas, pour m’y être promené déjà 3 fois, je ne regrette pas du tout mon quartier “central”.
    De Tôkyô,
    satisfait, content, heureux,
    Suppaiku

  • Et voilà la rentrée…

    Et voilà la rentrée…

    J’ai visité cet appartement, ce matin vers 10h30, dans l’est de Tôkyô (Edogawa-ku). Une première, pour moi, la visite d’un appartement au Japon… C’est petit, vous imaginez bien -21 mètres carrés en tout !- mais du parquet, un “loft” -entendre par là mezzanine au dessus de la cuisine et la salle de bain, avec un très beau vassisdas-, très clair, un balcon, un emplacement pour la machine à laver… A vingt cinq minutes du travail en métro… Un immeuble de 2001… un interphone vidéo… Le quartier est calme, très excentré dans l’est mais son prix me laissera la possibilité de faire des économies et de re-déménager dans un an, à l’ouest cette fois… En attendant, ce sera un bon compromis, pas trop cher, et je serai vraiment chez moi…
    Autant dire que je ne pense qu’à cela…

    Pour le reste, ma semaine de “pénitence” (sans congés) s’achève. Je suis assez content de moi, ça s’est bien passé. Hier, soirée d’adieux pour Chiyô (ancienne responsable administratif de l’école) mais aussi d’au revoir pour 2 collègues… Ambiance qui va changer… Bah, on se fait à tout mais…
    Bon, bref, j’aime bien mes collègues. On a passé une soirée alcoolisée très très arrosée, avec pas mal d’alcool en plus, et, comme pour couronner le tout, on a pas mal bu et que la bière coulait à flot, on s’est tous dit qu’on pourrait peut être se saouler un peu… Bref, non seulement on était pêté comme des coins, mais en plus on était super saoûls !!! J’ai visité mon appartement, tout frais, et j’ai bossé sans problème ! Mon secret ? J’ai évité les mélanges, bu beaucoup d’eau en rentrant. Eh ben, ça fait vraiment du bien, une bonne biture. Ca destresse. Et comme c’était une soirée d’au revoir, que les grillons chantent seuls désormais, que les cigales disparaissent, c’est, insensiblement, un sentiment de rentrée, de neuf, qui s’installe et que viendra compléter, demain, la signature d’un contrat avec une agence immobilière.
    Il en faut bien peu, pour être heureux… Samedi soir, Kaikai et moi avons passé la soirée à la maison, tous les deux. Dans un mois, certainement encore, mais ce sera vraiment chez moi…
    De Tôkyô,
    automnal,
    Suppaiku

  • Une semaine sans congés


    フランスノオルネスブワ...間違った!新浦安、千葉県.団地だ...間違った!マンションだ!Aulnay-sous-Bois, France, euh…Chiba-ken, Shin-Urayasu. Une barre de HLM, euh… une Résidence.

    On est jeudi…
    Comme vous l’aurez remarqué, j’ai bien bossé : j’ai rédigé le contenu de cette petite semaine de congés depuis lundi, faisant albums, recoupant et montant -rapidement- les vidéos, rédigeant les textes et les illustrant. Ca ne m’était pas arrivé depuis Kyôto, il y a deux ans… J’espère que les albums vous ont plu, et si vous ne les avez pas lus, je vous invite à lire les post précédents qui contiennent les liens.
    Je pense aussi réaliser un album “6 mois” dans les jours qui viennent. Une sélection de photos, la plupart inédites, non pas choisies pour leur valeur “touristique” comme celles de mes albums que pour ce qu’elles peuvent raconter 6 mois de séjour au Japon. La suite logicielle iLife 06 est très bien faite pour cela : j’ai donc choisi une sorte de mini-blog photo. Patience…


    Un des rares “détail” de style Taishô dans ce Onsen de Shin-Urayasu, samedi soir dernier.

    Après ma semaine de congés, me voici dans la semaine de travail non-stop!
    NOVA permet en effet de s’échanger des jours de congé avec ses collègues. C’est grace à cela que j’ai pu avoir 4 jours consécutifs quand Kaikai avait sa semaine de congés pour Ôbon. Si j’avais prévu cela en avance, nous aurions pu partir un peu loin, mais les échanges de congés ne se formalisent qu’au dernier moment. Je m’arrangerai autrement à l’avenir.
    Bref, ce système très pratique a un prix : il faut ensuite “rendre” la pareil, c’est à dire remplacer le collègue qui vous a remplacé ! Cette semaine, donc, pas de congés. Mais ce n’est pas trop grave : ma semaine a une dominante de mi-temps. Je travaille cet après-midi de 13h20 à 17h40, ce n’est pas la mer à boire… En revanche, je risque d’être assez fatigué en fin de week-end. Je veille à bien dormir et le matin, je ne me lève que vers 8h30.


    Je n’ai pas vu Kaikai depuis dimanche dernier. Il a été très occupé par son travail, lui aussi.

    J’ai donné pas mal de temps à ce blog et je vais reprendre mon rythme habituel dès aujourd’hui ou demain. Lire, écouter la radio. Comme je n’ai cessé de le faire pour ce qui concerne le programme de Michel Onfray qui, tout en étant particulièrement brillant en ce qui concerne sa connaissance de philosophes oubliés (que je connais toutefois pour les avoir survolés quand j’étais étudiant à la Sorbonne, et je suis très heureux qu”il aboutisse à ma conclusion : tout un pan du 18ème doit être étudié car il n’y a rien dessus… d’où ma noyade…), n’en est pas moins complètement crétin quand il parle du régime politique d’ancien régime et cède aux clichés de type “on mourrait de faim”, “c’était la féodalité”, “le roi et sa classe de nantis”, “c’était la dictature”, “il n’y avait pas de liberté”, etc… digne des images d’Épinal bourgeoises du 19ème siècle et des manuels scolaires à la Ferry ! Mais bon…
    Allez, je vous laisse, je dois me préparer.
    Bonne journée de Tôkyô,
    Suppaiku