Leur hommage à Noahm, pédé assassiné

En tant que pédé, j’ai un gros problème avec cette minute de silence à l’Assemblée Nationale pour Noahm, jeune pédé de 19 ans assassiné par des hétéros radicalisés.

1- Tout d’abord, elle fait écho à la minute de silence de la honte pour le néo nazi mort le 14 février 2026 à Lyon après avoir participé à un guet-apens destiné à provoquer des AntiFas.

Cette minute de silence pour Noahm n’efface pas la honte de celle dédiée à un fasciste. On attend d’ailleurs toujours la déclaration officielle d’excuses des parlementaires qui se sont inclinés devant un nazi. Cette minute de silence était anticonstitutionnelle puisqu’elle concernait une personne qui revendiquait son attachement à l’abolition de la forme républicaine de gouvernement (article 89).

2- Ensuite, cette minute de silence a été accordée dans une sorte de paquet cadeau avec deux autres personnes.
Y avoir inclus Dorian Larigaudrie (décédé dans un accident d’hélicoptère) transforme le meurtre de Noahm (ainsi que celui de Lyhanna) en une sorte de fait divers. Décidément, c’est bien triste, mourir, déclare l’Assemblée Nationale.

Il y a là une négation totale de la spécificité du crime homophobe (ainsi que celle de la prédation sexuelle et pedophile dont a été victime Lyhanna).
Avec un tel refus d’en reconnaître la spécificité, on ne s’étonne pas que finalement si peu soit fait pour les éviter. On attend toujours une vraie loi sur les féminicides ainsi qu’une véritable législation sur les violences faites aux enfants doublées des moyens humains et matériels destinés à leur application.

3- Chaque année, des crimes racistes sont commis. Allez, au hasard de Google Search, celui de Hichem Miraoui, assassiné en 2025. Allez, de mémoire, Zineb Redouane, victime collatérale de la répression sanglante du mouvement des gilets jaunes. Aucune minute de silence, au contraire, des familles qui en plus du deuil doivent affronter le déni voire constater les promotions des auteurs de ces crimes.

À ce sujet, la famille de Noahm doit affronter le même déni puisque pour le moment la justice ne retient pas la réalité du crime homophobe.

4- Noahm n’est pas mort « parce qu’on s’aime » ou « parce qu’il était différent », il est mort parce qu’il aimait les bites, et j’en ai marre qu’on ne nomme pas les choses, comme j’en ai ras le bol qu’après un crime raciste on entende du « parce qu’il n’était pas comme nous », pour ne pas prononcer « noir », « africain », « musulman ».

Les hétéros radicalisés n’ont rien à faire du maquillage, il suffit de les voir se maquiller sur TikTok, exhiber leurs pecs et transformer leurs mâchoires! Non, ce qui les gêne, c’est qu’un mec aime les bites. C’est ça leur gros problème. Être pédé, c’est être en infraction avec l’ordre hétérosexuel qui veut qu’un « mec », ça aime les chattes.

Comme je l’écrivais hier en repostant sur Facebook ce billet écrit en 2019, nous, les pédés, on est votre variable d’ajustement. L’assemblée a décidé de rendre hommage au « pauvre » Noahm avec autant d’aplomb qu’elle refuse de reconnaître la réalité des crimes racistes. L’Assemblée Hétérosexuelle choisit les bonnes victimes, nul doute elle changera d’avis quand le vent tournera.

Si je regarde cet hommage et ce crime d’un point de vue radicalement pédé, je ne suis pas touché, je vois juste la horde des hétéros nous jeter leur compassion misérabiliste à la figure. On n’a rien à attendre d’eux.

Qu’ils commencent d’abord par démanteler l’ordre hétérosexuel et avoir le courage de dire qu’en 2026, nul mec ne devrait être tabassé à mort parce qu’il aime les bites. Alors, peut-être, on pourra commencer à discuter.

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