Un autre post, un autre podcast

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Il n’y a pas très longtemps, le Monde Diplômatique titrait sur le Japon en le présentant comme un pays qui avait su sortir de la crise sans appliquer les recettes de la mondialisation libérale. Je dédie ce cliché à l’éternel tétard Ignacio Ramonet et à son fils qui n’est pas un pistonné ni un fils de, mais qui s’est fait lui même, sans aucune relation…

Je reçois ce matin un mail de Dul qui déplore à mots couverts mon absence sur ce blog. Je lui dédis ce post !
Dul, comme bien d’autres, est devenue à croc aux doramas. C’est drôle, j’ai lu son mail et j’ai repensé qu’il y a encore peu de temps, c’est par la petite lucarne de mon ordinateur que je gardais, entretenais, développait le contact avec le Japon. Bien du temps est passé, et c’est encore très présent, ne serait-ce que quand je constate l’écart, logique, entre les fictions et la réalité de ce pays à l’histoire si lointaine, aux traditions si différentes sur lesquelles se plaquent des pans entiers de modernité parfois encore très mal digérée dans un climat général d’indiférence à la culture et à l’histoire de ce pays et d’intérêts aiguisés pour tout ce qui touche aux autres pays…
Tenez, cette photo de “poussin” au carrefour 109 (prononcer Tokyu/十九/ときゅ/10-9 et non hyaku-kyû : Tokyu est une ligne de chemin de fer/ grands magasins…) à Shibuya. Vous avez vu Kimi ha petto avec Koyuki (la jeune universitaire perdue de Kairô/回路 de Kurosawa Kyôshi et également jeune femme dans The last machin-choz keujépavu) et Matsumoto Jun (chanteur du groupe “janizu” Arashi) ? Koyuki en nounours au parc d’attraction… Hehehehe….


Puisque je parle Shibuya, autre carrefour, le 渋谷交差点, quasi-mythique celui là avec son chien Hachiko au point que l’abréviation de ce sus nommé Shibuya Kôsaten est 八交 (croisement Hachi), mais qui n’en est pas moins dominé par un 109-2. Une foule fantôme, nombreuse, pressée et compacte s’y croise anonymement dans le vacarme incessant des 3 grands écrans qui le dominent. J’ai toujours du mal à mettre des images sur ce que mes étudiants les plus âgés me racontent de cet endroit il y a une quarantaine d’années. Des champs, de petites maisons…

L’automne est désormais installé. Au Japon, c’est une saison bien marquée : on bascule quasiment d’un coup dans un temps frais certe, mais sec essentiellement. Cela ressemble un peu à l’automne en France mais je pense que c’est sans le risque d’averse qui caractérise cette saison chez nous, dans le nord pour le moins. Nous sommes allés nous promener samedi matin dans le parc du Palais Impérial, au coeur de Tôkyô.

Arbres en fleurs, essences variées…

Un parc magnifique, un réel poumon dans cette Capitale mais finalement, comme Gosho à Kyôto, certainement pas l’endroit le plus intéressant à visiter. Les essences d’arbres sont certes variées et composent de véritables festivals de couleurs mais on est loin de la richesse d’un Koishikawa kôrakuen/小石川後楽園, à Suidôbashi/水道橋, par exemple. Malgré cette réserve à caractère “esthétique”, il fut très agréable de traverser ce parc sous un soleil chaud tempéré par un vent frais. On est loin des grandes suées de l’été.
Mes week-ends ont changé depuis un certains temps puisque mon planning a changé lui aussi. Beaucoup de nouveaux changements, d’ailleurs. Un téléphone fixe, la sécurité sociale, un appartement… Me voilà bien dans mes murs, bien chez moi et qui s’interroge : ne serait-il pas le moment de partir travailler à Shibuya, Kichijôji ? J’aime garder ces portes ouvertes. Et n’en déplaise aux détracteurs, NOVA n’est pas le grand méchand loup et beaucoup de choses sont toujours négociables en matière d’horaires, de lieu de travail. Ainsi, concernant un enseignant, on m’a dit qu’il avait ses samedis et dimanche (les 2 ! rare chez NOVA) car il avait une vie de famille. Peu d’entreprises se montrent aussi conciliantes. Je ne dis pas que c’est un paradis, non, mais pour une entreprise qui utilise une main d’oeuvre étrangère “flexible”, il y a quand même une pointe d’humanité. J’ai entendu des choses bien pires sur d’autres écoles…


Nouveaux week-end. Je quitte le vendredi plus tôt, vers 17h40 et ne reprends que vers 13h20 le samedi. Je quitte en revanche plus tard le samedi soir, à 21 heures. Samedi, nous sommes alés dîner de Gyôza -raviolis grillés- à Kanda. Ce fut difficile, toutefois, de trouver un restaurant ouvert à cette heure là. Les Japonais sont des couche-tôt. Ou en tout cas, les gouvernements réactionnaires ont veillé à maintenir les horaires de la société rizicole : lever du soleil à 3 heures et coucher à 19h en été… Imaginez en hivers…

Ces nouveaux weeks sont un peu “déphasant” car j’ai un lundi plein : auparavant, mes journées pleines me synchronisaient avec le week-end, du vendredi au dimanche, si bien que la semaine commençait par des demi-journées, je me sentais en phase. Mon lundi est désormais une journée pleine. C’est un peu bizarre, comme sensation. Cela étant, je gagne une soirée de vendredi et un samedi matin, ce qui permet de belles promenades avec Kaikai. C’est moi qui ai négocié : il fallait une personne le samedi en soirée, j’ai donc demandé cette soirée du vendredi. Le responsable du Kantô est une personne réglo.
Sinon, la vie dans mon quartier est agréable, même si je suis loin de tout. Je peux découvrir la ville tranquillement. J’ai trouvé une belle occasion avec cet appartement, vraiment. Son “loft”, ses 5 mètres de hauteur sous plafond, un beau volume. Et même si c’est un peu loin, cela reste Tôkyô.


Quelques traces du Japon, ici, un joli ensemble automnal dans le métro, ce week-end…

Je suis allé à la mairie la semaine dernière. J’ai pris la Sécurité Sociale d’Etat, puisque NOVA ne donne pas facilement la Sécurité Sociale d’Entreprise, la réservant au personnel “fixe”. Certains se bagarrent pour l’avoir… J’ai opté pour une solution plus individualiste, la Sécu d’état, puisque cette possibilité existe, et qu’elle est moins coûteuse. Hormis le chômage et les congés maladies qui ne sont pas couverts, la couverture maladie est, elle, quasi identique. La première année est peu coûteuse (30,000 円), proportionnelle aux revenus par la suite. Je pense que je paierai environ 20,000円 par mois. Ca le vaut…
A chaque visite à la mairie, on me forçait la main. Je trouve rétrospectivement que j’ai été idiot de ne pas le faire avant, mais on entend tellement de choses contradictoires à ce sujet.
Bien, c’est l’heure de me préparer.
J’espère, Dul, que ces quelques lignes t’auront fait plaisir. Merci, au passage, à mon fidèle lecteur Mulgon Melta, qui est devenu papa il y a un mois maintenant, et merci pour ses commentaires. Merci à TB et Rasen qui réagissent au quart de tour à ma moindre réapparition, merci à Nicolas, bien sûr, et à AtomicDog le Lillois. Merci à Jean François “Capgran” qui m’a laissé un message qui m’a fait très plaisir. Et merci à mes fidèles lecteurs posteurs, comme Jean-Pierre de Tôkyô. Merci à JM du site lejapon.org parcequ’il a créé le site pivot, le site référence quand on veut vraiment parfaire sa connaissance de ce pays, et qu’il est un carrefour. Merci au passage au fidèle lecteur Maruchan !

Merci et bonne chance à Tarikavalli qui entame sa carrière au Portugal.

Bon, à demain ! Promis, je reposte plus souvent… !
De Tôkyô, reconnaissant

Suppaiku

À propos de moi

Madjid Ben Chikh
Madjid Ben Chikh

Madjid Ben Chikh, auteur, bloggueur. A Tokyo depuis 2006.
Ce Blog, journal d'un solitaire sociable et moderne de Paris et Londres à Tokyo, depuis aout 2004.

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