J’ai écrit un très long post au sujet de la présidentielle. Nous dirons, une bonne introduction au sujet (la présidentielle ou moi, c’est au choix). C’est ici. Ou là, sur mon site Le petit monde de Suppaiku. Il y en aura d’autres.
J’ai reçu aujourd’hui mon nouveau visa : 3 ans ! J’en ai profité pour demander mon re-entry permit. Il faisait très beau, un ciel bleu limpide et des températures assez clémentes. J’ai commencé la lecture du Voyage au Japon que Carlos m’a envoyé. C’est passionnant. Je m’apperçois à quel point c’est facile de faire des généralités, de tirer des conclusions et à quel point moi même je tombe dans le panneau. On est humain et, comme je l’avait écrit un jours dans une dissertation, la vérité (en histoire) n’existe pas, il est préférable de parler d’honnèteté. C’est en effet cette honnèteté qui conduit à adapter, réviser une opinion, un jugement émis parfois un peu trop hâtivement.
Je suis donc retourné à Shinagawa. Cette gare est immense, très très grande. Absorbé par mon envie de régler l’affaire au plus vite, je n’ai pas une seule fois pris de photo. Ca a été très rapide : j’ai pris mon courrier vers 13h, filé sous la douche à 13h05, et j’étais dans le métro à 13h30. A 16h, je me promenais à Shibuya, mon nouveau visa en poche.
Shibuya sous le soleil, c’est vraiment agréable. Je suis allé déjeuner (un peu tard…) chez Little Spoon et, assis le long de la vitrine à l’étage, j’ai regardé faire un de ces rabatteurs à cheveux décolorés et teint bronzé. Les filles ne répondent même pas. Le gars faisait des aller-retour. Mardi, je travaillais à Ikebukuro et il n’y en a pas un seul. J’aime cette foule grouillante de Shibuya : c’est jeune et le quartier est tordu sans tous les sens. Il n’y a pas ce côté rectiligne de Shinjuku. Il faut dire que c’est beaucoup plus petit, aussi. Je voulais faire quelques courses, j’ai pris l’Enokashira et j’ai filé à Shimokitazawa. J’adore le quartier mais je doute avoir envie réellement d’y habiter… Je commence à m’habituer à la tranquilité de Kasai. Je suis allé chez Uniclo. C’est incroyable : pour 16,000円 (100 EUR), j’ai acheté 3 pantalons, une veste, deux pulls en laine, un pardessus imperméable. Des fringues de demi-saison idéales pour le travail où on me voit depuis un an toujours avec les mêmes vêtements… Le mieux, c’est que tout est bien coupé.
Shimokita est un quartier jeune, une sorte de mélange des puces, de Ménilmontant… C’est sympa mais trop petit. J’y étoufferais. Je persiste à croire que l’est me convient mieux et Ueno continue de me plaire, surtout de l’autre côté du Parc vers Yanaka (la tranquilité et les maisons en bois, les promenades dans le grand cimetière), ou alors vers Akihabara, le long de la Yamanoto vers Okachimachi, en direction de Asakusa.
Cela étant, je ne suis guère resté, mon excursion avait pour but de faire quelques courses en une brève promenade agréable rythmé par le dingdingding des passages à niveau.
Je suis rentré il devait être a peu près 20h40 : j’ai juste eu le temps de réchauffer du riz et faire griller une viande que j’ai arrosé de Shôyû et accompagné du reste de soupe de légume d’hier soir. Je cuisine de plus en plus. Et je consomme désormais 4 kilos de riz minimum par mois… J’ai suivi mon dorama de la saison, avec Nakama Yukie, “j’ai attéri dans une famille importante” (traduction grossière et approximative).
Il est l’heure d’aller dormir. J’ai énormément écrit aujourd’hui comme vous pourrez le constater sur Le petit monde de suppaiku.
おやすみなさい
De Tôkyô,
pas trop fatigué
Suppaiku
Catégorie : le Blog de Suppaiku, Tôkyô
Journal d’un Solitaire Sociable et Moderne de Paris et Londres à Tôkyô et …
Fin de week end…
De Lionel Jospin et de Ségolène Royal
1986, amphithéatre N, Tolbiac. Nous avons été plus d’un millions à descndre dans la rue. Ici, Muriel avec qui j’ai composé mon premier tube, sur l’ai d’Ellie Medeiros : De-de- vaquet, De-de-dedevaquet…Ce blog devient à ce jour mon “blog de campagne”, même s’il ne sera pas consacré uniquement à celle-ci. Mais avant tout, je ne voulais pas encombrer inutilement mon blog “historique”, Le Blog de Suppaiku. Je réserve à celui-là mes pensées, mes idées, mes doutes comme je le fais depuis… 2 ans et demi. Ici, je n’ai jamais beaucoup écrit, c’est donc l’espace nécessaire : je l’avais un peu prévu pour ça…
Lionel Jospin. Ségolène Royal. Ou comment l’une a supplanté aussi facilement l’autre…
J’ai longtemps milité au Parti Socialiste. Je me souviens ces marées humaines chantant “la liberté”, leur voix couvrant Mireille Matthieu, un dimanche matin où à peine remis d’une “fête” et les yeux à peine ouverts, j’allais acheter mes croissants et je tombais nez à nez sur “eux”. Les Dedroite. Ils réclamaient le départ de celui qu’ils voyaient comme un usurpateur, Mitterrand. Ils voulaient la peaux du “partageux”, Mauroy, leurs affiches éditées par l’UNI et le MIL reproduisaient le ministre Alain Savary pris en ligne de mîre. Des bonnes soeurs passaient et se déssolidarisaient de celle qu’elles appelaient “l’avorteuse”, Simone Veil, pourtant en tête de cortège. La grande communion de la droite et de l’extrème droite trouvait ce jour là son expression ultime sous mes yeux hagards. Je n’y croyais pas. On était en juin 2004. Mitterrand était au pouvoir depuis mai 1981, et une odeur de coup d’état flottait sur Paris. J’avais déjà croisé ces cortèges où les militants d’extrème droite flirtaient avec ceux de droite, comme cette manifestation de 1983 : je sortais du métro Concorde (je “fréquentais” les Tuileries…). Une fille habillée comme en 1940 (cheveux mi-long ondulés avec coque à l’avant et boucles sur les épaules, veste carrée noire à ceinture, jupe à grand pli noire) vendait un journal dont je n’avais jusqu’alors entendu que le nom : L’Action Française. On y dénonçait les juifs, les communistes… Pour la première fois de ma vie, j’ai éprouvé une vraie peur politique. J’en ai cauchemardé. Quand je dis que ce n’est pas Mitterrand qui a joué avec l’extrème droite, c’est à cette époque que je pense : c’est la droite, qui a utilisé l’extrème droite contre Mitterrand. Mitterrand a juste ensuite dénoncé cette alliance que la droite ne pouvait rendre officielle… Mais sur le “terrain”, ils étaient bien ensembles. Comme au sein de ce magazine Magazine Hebdo (vous verrez ce qu’était la ligne de ce journal en lisant cet article sur le GRECE) à l’époque dirigé par Jean Jacques Aillagon (avant qu’il ne se donne des allures d’homosexuel présentable et centriste, ministre de la culture).
1986, Amphi H, Tolbiac. Occupation de l’université. Nous avons beaucoup dansé et beaucoup rit. Cette photo est une des plus belle photos que j’ai jamais prise…. Je l’adore.La semaine précédente, au scrutin Européen pour lequel je n’avais pas voté), le Parti Socialiste avait réalisé 19% et le Parti Communiste 11%. Du jamais vu… (en 1981, respectivement 37% et 15%). Pire, le Front National perçait de 1% à 11%… Et les beaux quartiers de Paris lui donnaient des 17, 18%…
J’ai décidé d’adhérer au Parti Socialiste à cette époque là. Comme des milliers de ma génération : nous n’avions pas le choix, la question ne nous semblait plus être “le socialisme”, mais simplement “comment empêcher cette droite là” de prendre le pouvoir. C’est facile de critiquer aujourd’hui ceux qui également foncèrent à SOS Racisme. Mais en fait, notre génération se trouvait véritablement désemparée. Mitterrand nous a fait gagner du temps en nommant un jeune premier ministre de 36 ans qui a du coup ringardisé les “jeunes” de Chirac, tous de 10 ans plus agés, les Juppé-Noir-Toubon. Leur programme était clair : faire du Reagan, privatiser tout, même l’école. Il doit bien y avoir des Magazine-Hebdo à la BN… J’ai par la suite manifesté contre le FN, on était pas nombreux au début, et je m’y suis fait mes premières rencontres avec de purs “anti-racistes” dont certains ont rejoint par la suite des groupes plus radicaux. Je ne leurs cracherais jamais dessus car je respecte leurs opinions comme ils ont su respecter les miens. Nous n’étions qu’une centaine devant le meeting de Le Pen à Balard en 1984. Ca créé des liens, une forme de respect. Et je me souviens y avoir croisé un petit bout de bonne femme qui deviendrait par la suite la meilleurs amie de ma meilleurs amie. Je n’ai absoluement pas ses idées, mais vous ne pouvez imaginer comment je respecte le militantisme et la rectitude de cette femme. Si elle lit ce blog, on ne sait jamais, qu’elle apprenne que j’ai toujours apprécié la croiser sur mon chemin dans les manifestations. Et que son absence en 2002 aurait du m’inspirer : on n’aurait jamais du voter Chirac ! Freddie, si tu la vois, tu lui donne le bonjour !
Voilà pour ma “génèse” en politique. J’ai beau avoir un certain âge, cela fait 20 ans que cette problématique subsiste : l’extrème droite occupe le centre de la vie politique française et déporte les débats dans sa direction. Beaucoup de jeunes ont fait depuis comme moi en 1984 : en 2002, ils ont manifesté puis ils ont adhéré.
Certains vont se dire : mais Jospin, mais Royal ils sont où, là dedans ?
Piètre culture… Ils sont là ! Jospin était premier secrétaire du Parti Socialiste; et Royal s’apprétait à signer au sein du PS en 1985 une contribution “trans-courant” téléguidée par Jacques Attali. Tous les thèmes de la campagne à venir y figuraient ! Dépasser les clivages anciens au sein de la gauche socialistes (la “vieille gauche” et la “deuxième gauche”) pour réaliser une synthèse qui allie volonté de transformation et prise en compte des réalités économiques et des contraintes internationales. Qui s’inspire des réalisation en Europe du Nord, qui s’engage plus avant dans la réalisation de l’intégration Européenne et qui soit plus libérale (le mot n’était pas utilisé, la France n’est pas mûre pour cela) en matière politique en s’ouvrant plus aux questions de sociétés. Les Rocardiens (dont j’étais) étaient furieux qu’on vienne ainsi marcher sur leurs plate-bandes. Les Jospiniens et les Fabiusiens étaient outrés que ces jeunes technocrates leurs piquent des voix. Mauroy était lâché quand à lui par son fidèle Delebarre et son ami Delors. Parmi les signataires, un certain François Hollande, une certaine Martine Aubry… Mitterrand semait l’avenir. Les autres, eux, allaient s’entre-déchirer au congrès de Rennes en 1990.Je suis resté 4 ans au PS, et puis je me suis éloigné. De Jospin, je garde d’abord le souvenir d’une Fédération de Paris verrouillée mais qui militait beaucoup. Des trans-courants, une comète qui n’aura duré que l’espace d’un congrès raté, le congrès de Toulouse, en 1985. De cette époque et de notre militantisme, je garde le souvenir d’un très bon score en 1986, 32,5% qui a permis de préparer la réélection de Mitterrand en 1988 en empêchant Chirac de gouverner : les Français ne voulaient pas de sa politique ultra-libérale, nous avions gagné sur ce point. On l’a finallement battu dès la fin 1986 avec la “loi Devaquet” (je vous réserve une surprise pour bientôt). Il avait mis un million de Français dans la rue en juin 84, nous sommes descendus à 1 million de jeunes dans la rue rien que pour Paris et nous avons entrainés les adultes salariés à se joindre à nous : il y a eu des coupures d’électricités, des grèves de métro cet hivers là.
Ils ont l’argent, nous avons le vrai pouvoir.
En 92, aux Régionale, ni la droite ni la gauche ne se sont imposés. Waechter créait la surprise avec “Les verts” : 11%. Le soir de l’élection, les plateaux avait un air de nouveauté : beaucoup de femmes (Ségolène, Aubry entre autre) et de têtes nouvelles à gauche et chez les écologistes. Les mêmes à droite. J’ai toujours pensé, et je pense toujours que Mitterrand a loupé quelque chose à ce moment là. Quelque chose de grand. Rompre avec le PC et foncer avec les Verts. C’est toutefois à la suite de ce score qu’il a été le premier chef d’état à stopper les essais nucléaires (que Chirac a repris en 95). Et Ségolène promue ministres de l’environnement s’est signalé en manifestant avec les verts et Greenpeace contre le retraitement des déchets à La Hague.
J’ai réadhéré en 1993, l’espace du “big-bang” de Rocard. J’ai fuit car les dinausores ont vite ressurgi. Sauf Jospin, qui avait disparu. Ségolène, elle, a été la seule député socialiste a être réélu dès le premier tour en progressant. De 290 députés, le groupe avait fondu à une cinquantaine pourtant… Les pourfendeurs de Ségolène m’amusent beaucoup quand ils disent qu’elle n’est pas populaire… Sur le plateau télévisé, je me rappelle les larmes de M.N.Lienemann…
Les dinausores ont putsché Rocard en 1994 en votant en cachette pour Bernard Tapi. La nouvelle équipe a décidé de “mettre la barre à gauche” : ils ont supplié Delors d’être leur candidat (il a renoncé) et Emmanuelli a voulu être un candidat “de témoignage”, disant qu’il se désisterait pour Barre contre Chirac, si Barre se présentait. “Mettre la barre à gauche”… Jospin s’est présenté au suffrage des militants qui, bien entendu, ont voté pour lui contre cet appareil si prompt à “témoigner”. Je n’étais plus au PS, et je me rappelle mon frère me disant que ce serait Jospin. “Il va y avoir des affiches et des auto-collants”, que j’ai répondu. Il y en a eu.
Immédiatement, la droite a dit qu’il n’avait pas de programme, que “14 ans de socialisme”, et gnagnagna, et gnagnagna… Jospin a été invisible pendant un mois. Il faisait des meeting. Il est réapparu tranformé, souriant, terriblement “américain” comme on les aime, sur fond turquoise. Une campagne simple, pas chère. Jospin ne répondait pas à Chirac, il nous parlait à nous. Je m’apprêtais à voter LO, comme d’autres, lassé par ce Parti en fin de course, parti de témoignage. Avec l’amertume aussi que c’était trop bête, envoyer Mitterrand comme ça. Aujourd’hui encore, quelque chose me lie à Mitterrand, quelque chose qui se noue pour moi entre 84 et 88. J’ai revu cette semaine le film de Depardon Une partie de campagne, réalisé en 74 pendant la campagne de Giscard. On y apperçoit Mitterrand. C’est incroyable comme il y apparait comme un intrus face à cette machine qui s’appelle l’Etat et qui toute comme un seul homme était derrière Giscard. Quand vous critiquez Ségolène, pensez bien qu’aujourd’hui tout l’Etat, tous les médias (Lagardère, Seillière, Bouygues, Vivendi, Suez) sont acquis à Sarkosy.
C’est arrivé vers 21 heures, après que la police ait commencé à charger plus de 500 000 jeunes. On nous a balayé dans Paris, balayé ici, balayé par là. Il y eu beaucoup de blessés, une jeune fille a été défigurée par une lacrymo tirée à bout portant. Le lendemain, nous avons passé notre tamps à essayer de contrôler les lycées enragés qui ne comprenaient pas ce qui leur était arrivé. Le soir, la police a remis ça, encerclé le quartier Latin. C’est ce soir là que Malik Oussekine a été tué. Le Premier Ministre s’appelait Jacques Chirac.J’ai choisi Jospin début Avril, et alors mon choix m’a semblé évident, naturel. Mon meilleurs souvenir de meeting, c’est Bercy. On le sentait, la dynamique était de notre côté : il a manqué 15 jours, j’en suis sûr encore aujourd’hui. Il était terriblement beau. Le local de campagne, rue du Cherche midi, était ouvert, plein de militants qui bossaient comme des malades : l’appareil ne contrôlait rien. J’y entrais et j’y photocopiais mes auto-collants. “J’apprends la salsa en attendant la victoire de Lionel Jospin”. “Nouveau, Moderne, Intéressant. Lisez le programme de Lionel Jospin”. “35 heures, indépendance de la Justice, L’ABC de l’AN 2000”. etc…
Par la suite, j’ai donc créé la Section de la Sorbonne avec quelques amis. Il y a eu les auto-collants, les tracts, les manifestations. Et la victoire en 1997. Une belle victoire.
Je l’ai vécu de l’intérieur : l’appareil a rapidement repris la main. Sur Paris, l’objectif était la conquète de la ville. Je crois que la vraie raison de “2002”, c’est d’abord cette modernisation interrompue par la victoire de 97. Les cadres socialistes croyaient, et ils croient encore, que la prise du pouvoir par un PS est un fait de l’alternance, un coup à gauche un coup à droite. Ils ont oubliés que NOUS SOMMES DES INTRUS, comme Mitterrand ne cessait de le rappeler quand il expliquait que sa plus grosse déception à l’égard de Rocard est de ne pas avoir profité de la victoire en 88 pour faire voter le droit de vote des étrangers. Concernant les lois difficiles, “Ce qu’on ne fait pas dans les 3 mois, on ne le fera jamais”. Dixit Mitterrand. En 81 la peine de mort, les nationalisations, la décentralisation, les hausses massives des prestations sociales, les droits nouveaux dans l’entreprise, l’indépendance de la télévision (eh oui, avant, l’état contrôlait même le contenu du Journal télévisé) et les radio libres. Et rapidement après, le remboursement de l’IVG par la sécurité sociale.
Bref, en 2002, c’est un appareil rigide qui a pris en main la campagne. Moi, j’avais laissé tombé en 99. Je raconterai bientôt… mais c’est pas triste !
2002. Le plus fantastique ratage de la gauche française. Comment un aussi bon premier ministre a t’il pu se faire avoir comme ça. Vaincu par un appareil rigide imbu de lui même. Et vaincu par sa propre intelligence.
Pendant 3 ans j’ai espéré qu’il me demande pardon, et nous sommes certainement des milliers, des dizaines de milliers à attendre de lui des excuses. Nous aurions pu alors nous aussi nous excuser. Mais si nous avons été si nombreux à n’être pas là au RdV (j’ai voté Taubira), c’est que Jospin n’étais pas là. Je me souviens le Fax : le lendemain, j’arborais ma petite rose à la boutonnière. Je ne milite plus mais j’ai toujours répondu “présent”. J’étais prêt à lui faire bouffer, à Chirac, ses “14 ans de socialisme”. J’avais dans le ventre mes haines de 84, ma rancoeur encore chaude du débat de 95, Jospin était honnète, il avait été le meilleurs et cette conclusion de Chirac, “les français veulent rompre avec 14 ans de socialisme”. Oui, Jospin avait le truc pour le battre à plate couture. Et puis rien. J’ai essayé d’aller à l’Atelier, c’était à côté de chez moi. Des vigiles à oreillette et costume noir genre Pulp Fiction, une pétasse à l’entrée genre “vous avez un carton d’invitation”. J’ai passé mon chemin. Jospin n’avait visiblement pas besoin de moi, le militant bénévole. Comme disait Ferré “Faut laisser faire les spécialistes”. Il y a eu tous ces documentaires après le 21 avril : les spécialistes étaient occupés à se partager les postes…
Pourquoi Jospin ne m’a pas demandé “pardon”. On aurait tout oublié. Il était LE candidat naturel mais ce n’était qu’à cette condition. C’est de sa faute si nous avons voté Chirac.
A la place de quoi, il s’est mûré comme un Mendès : je suis le meilleurs, donc je vaincrai. Il a oublié cet adage Mitterrandien : ce n’est pas le meilleurs qui gagne, c’est celui qui veut gagner. Ca ne sert à rien d’avoir raison si on perd. Regardez Mendès, regardez Rocard. Admirez Jospin.
Jospin est un homme bien, de cette génération qui a milité. Pourquoi n’a t’il pas reconnu qu’il était trotskyste ? Et alors : nous y sommes tous plus ou moins passés… C’est quand même plus honorable qu’avoir été stalinien ou pire, facho, non ? Il a milité pour l’Algérie indépendante : c’est une qualité énorme, c’est un vécu à l’image de l’anti-racisme nécessaire dans notre époque. Il a ces mots sévères sur la droite que plus personne n’a le courage d’avoir : oui, historiquement, la droite a été royaliste, esclavagiste, putschiste et bonapartiste, collaborationniste et pétainiste, elle a fusillé les communards et a organisé la boucherie de 1914. Oui, la gauche a été du côté de la Démocratie, de l’Abolition, de la République, de la Grève Générale contre la guerre, Léon Blum a été autant houspillé par la droite pour sa judéïté que pour avoir été socialiste et De Gaulle, homme de droite, a du composer avec les communistes, les socialistes et les radicaux tant il y avait peu d’hommes de droite autours de lui à Londres pour s’opposer à Pétain et restaurer la République, la “vérolée” comme ils l’appelaient. Je partage avec Jospin cette culture aujourd’hui en voie, hélas, de disparition devant le consensus. En attendant qu’un Bush Français ne nous rafraîchisse la mémoire.
Exit Jospin, qui ne comprendra jamais que c’est le peuple qui fait les Présidents, surtout de gauche, et pas les Partis. Pourquoi ne nous as tu pas demandé Pardon, Lionel…
Ségolène s’est imposée progressivement. Elle a un côté rigide et réac, certes, mais en même temps elle est réglo, franche et aux gouvernements auquels elle a participé, elle a fait du très bon travail. Moi, je la voyais bien dans un ticket avec Jospin, après les Régionales dont elle fut le symbôle. Jospin n’avançant pas et jouant avec notre “désir”, on a tous commencé à rêver non plus à un ticket, mais à une audace. Et pourquoi pas Ségolène, tout simplement ? Quand Jospin a rouvert la porte, c’était trop tard : nous, tous les comme moi, nous avions commencé à rêver. Les journaux dirigés par la droite ont relayé : comme ils la prenaient pour une potiche, ils ont foncé tête baissé et ont créé une bête médiatique dans le but de ringardisé Jospin. Ca a marché mais ils n’avaient pas prévu, et qu’elle n’était pas une potiche, et qu’elle correspondait exactement à ce dont la gauche rêve sans le savoir depuis près de 20 ans : une alternative à Mitterrand. Un autre Mitterrand. Un autre moment fort de la gauche, l’entrée de la gauche et de la France en Parité.
Vous connaissez la suite : nous sommes à 3 mois et demi du scrutin. La droite se soude derrière Sarkosy, l’appareil du PS doute de Ségolène, la presse tape comme elle peut sur Ségolène, son “incompétence”, ses “bourdes”, ses “mots” voir ses problèmes de couple. Et bien sûr son manque d’idées (les mêmes journaux la présentaient pourtant comme une femme de conviction à l’époque où ils voulaient faire dans le coup médiatique).
C’est bien fait pour la droite. Pour couler Jospin et ridiculiser Hollande, ils ont créé Ségolène.
Ségolène est engagée dans une course contre la montre. Elle a décidé de prendre ce pouvoir que la droite l’invitait à envisager. Ses troupes, comme pour Mitterrand, c’est nous. C’est sûr, il lui manque beaucoup. Elle n’aura jamais cette poêsie de Mitterrand qui parfois faisait monter les larmes. Elle n’aura jamais ce vécu militant d’un Rocard, d’un Jospin.
Elle est simplement une femme de notre époque. Elle n’est pas mariée, comme beaucoup d’entre nous. Elle a une fibre écologique forte comme beaucoup dans les classes moyennes cultivées. C’est elle qui a signé le protocole de Kyôto. Elle a continué sa carrière en élevant ses enfants, comme tant de femmes. Elle sait être séduisante sans être potiche : elle a gagné sa circonscription, elle ne se l’ai pas faite offrir.
On la dit autoritaire car on oublie souvent que les femmes doivent être plus volontaires face à des hommes qui souvent n’acceptent pas vraiment leur pouvoir. Beaucoup de femmes vivent cela. Pour un homme, on se contente souvent juste de dire qu’ils sont fermes.
J’aurais l’occasion de revenir sur son programme, même si j’en ai une vague idée : la droite dit que le PS n’a pas de projet, pourtant, si vous cliquez à gauche, vous pourrez sur leur site télécharger les 300 et quelques pages d’analyses et de propositions…
La seule ambition de la Social-Démocratie est celle là : tranformer graduellement, mais transformer toujours. Je ne souhaite pas que Ségolène soit élue en 2007. Je souhaite qu’elle soit réélue en 2012. C’est le seul programme que je lui demande.Week end à Tôkyô
Kasai, la semaine dernière. Je passe la gare et j’apperçois ce parapluie. Vous en connaissez beaucoup, vous, de endroits où vous pouvez oublier quelque chose sans avoir trop peur de vous l’être fait voler ? Il m’est arrivé de partir en oubliant de fermer ma porte à clef : j’ai trouvé cela ennuyeux mais cela ne m’a pas plus inquiété… Quelle tranquilité !J’ai décidé de vous ficher la paix au sujet de l’élection présidentielle, en tout cas dans ce blog et sous réserve d’un évènement vraiment important : elle occuperait en effet une grande place dans ma vie si j’habitait en France mais ici cela semble très lointain. Vous trouverez en revanche mes réflexions sur le sujet sur mon blog Les petits Mondes de Suppaiku où elles ont toutes leur place ! À suivre…
Il fait froid, ici, mais nous n’avons pas de tempête. En tout cas pas encore. J’ai reçu quelques voeux qui m’ont vraiment fait plaisir : Nicolas, bien sûr et je vous en ai parlé ici. Mais aussi Carlos, un ancien camarade de l’INALCO, joint à un exemplaire du livre paru chez Bouquin Le voyage au Japon. Ca m’a fait très plaisir et mes collègues à qui j’ai montré l’ouvrage l’ont feuilleté et trouvé très intéressant. Carlos m’a par ailleurs téléphoné dimanche soir et nous avons longuement bavardé. Dommage qu’il ne se décide à venir travailler au Japon… J’ai reçu les voeux de Dulci, la cousine de Tarikavalli et ça m’a fait fichtrement plaisir. Ce sont les choses que l’on n’attend pas qui touchent souvent le plus : Dulci et moi nous connaissons finalement assez peu mais elle aussi est tombée dans le Japon quand elle était petite. Tiens, c’est marrant, Carlos, Tarikavalli, Dulcinia… Le Portugal est en force autours de moi ! Alain, bien sûr n’a pas été en reste et m’a envoyé ses voeux le premier, à l’anglaise…
Je pense à ces aventuriers qui partaient loin, autrefois. Pas de courrier ou alors épars, rare… Maintenant nous sommes loins et proches à la fois.
La rouille envahie tout, au Japon. Ici, cette petite borne (il y en a tout le long de cette rue), rongée. Il pleut beaucoup au Japon, et l’huminité domine de juin à septembre. Comment conserver intacts les métaux ?J’ai vu défiler une année complète, désormais, et je connais les rythmes de ce pays. J’ai mis le temps, mais j’ai compris enfin que j’y étais un étranger, qu’un étranger, seulement un étranger. Et j’ai appris à me séparer de la rage de mon père devant la situation qui lui était faite : ce n’était pas évident, être Algérien, en France, dans les années 60. Les Français n’avaient pas encore pris conscience de ce que peut être le racisme banal, au quotidien. Et mon père en avait lui une conscience nettement supérieure à celle de ses compatriotes : il ne se taisait pas, il était syndiqué. Il luttait pour son droit à être un Homme. Quand je suis arrivé il y a deux semaine au grand bâtiment sus à Shinagawa où le maire de Tôkyô le bien-aimé Ishihara parque les étranger qui vont faire leurs papiers (dans le quartier du Port, bien loin de sa mairie pharaonique de Shinjuku où ils fairaient tâche), j’ai croisé des Africains, des Pakistanais et des Indiens, des Chinois et des Philipains, quelques Euro-Américains… Être étranger et finallement bien le vivre, pour un Euro-Américain,c’est reconnaître que dans le pays où il est, il est l’égal d’un Ivoirien qui par un hazard que lui seul connait a attérit au Japon. Après tout, les Arabes et les Noirs mais aussi les Asiatiques doivent ressentir cette “différence” que nous leur rappelons nous même sans y faire attention, dans nos “pays développés”. Ce comportement est universel, il est simplement humain.
Bref, je constate que je cale de plus en plus mon comportement dans le métro sur celui de mes voisins. Je veille scrupuleusement à ne pas me coller à eux et, si possible, je libère une place entre nous : tout le monde fait ça.
L’énorme promiscuité au quotidien a du créer cette culture de la haine de toute promiscuité : au Japon, on ne se touche pas. De toute façon, se toucher revient à pénétrer l’intimité, amicale ou sexuelle. J’étais frappé autrefois par ces doramas où l’on voit une personne qui pleure, et une autre qui assiste au chagrin sans s’approcher, en silence. Cela, je l’ai vu sous des formes très variées. Il y a certainement de la xénophobie dans les comportements quotidiens des Japonais, mais il doit y avoir aussi une forte crainte que nous ne brisions ces barrière tacites entre les les individus (en parlant fort, en bougeant les mains, en croisant les jambes et pire que tout, en demandant un renseignement dans une langue inconnue…). Bref, je fais comme tout le monde et ne m’offusque pas quand on ne s’assoie pas à côté de moi. Et je fais comme tout le monde pour sortir du wagon à bestiaux appelé métro aux heures de pointes : je bouscule, force le passage sans demander pardon (les transports sont l’espace le plus contradictoire de la société Japonaise : politesse y est exacerbée mais y est en même temps totalement inexistante; je crois que tout le monde déteste ces trains bondés où les corps se frôlent : certains d’ailleurs ne s’y contrôlent pas et de plus en plus de lignes réservent un wagon pour les femmes aux heures de pointes…).
Le jeunesse a sa journée, le 8 janvier : c’est le jour de la majorité, 20 ans. Traditionnellement, on revêt des kimonos. Je n’en ai pas vu tant que ça.J’ai dit que je venais de changer de téléphone. En fait, je vais également garder l’ancien, en tout cas durant un certains temps. En y supprimant toutes les options, il ne me coûte pas cher du tout. Mais je voulais un NEC, or NEC ne travaille que pour Docomo ! Au Japon, on ne choisit pas un téléphone, on choisit un opérateur et puis seulement le téléphone. Les forfaits comme il y a en France n’existent pas : c’est globalement plus cher au Japon et le système est compliqué à outrance. La concurrence est très limité car ce qui est moins cher ici est généralement compensé là (c’est le cas notamment de Softbank -ex Vodafone- qui propose des forfaits attractifs entre Softbank mais prohibitifs pour les appels et mais en dehors). Je dirais que le meilleurs opérateur, le plus transparent est AU, comme le dit la publicité. Le tarif est plus clair que Softbank, le support client est honnète et le tarif est plus avantageux que Docomo. Mais bon, je voulais un NEC et un téléphone qui puisse marcher en France durant mes congés…
Il y a quelques jours, je faisais un cours avec une élève de niveau très avancé. Opposer 2 idées. Je me suis appuyé sur les différences entre la droite et la gauche en France pour faire ma leçon, puis sur les singularités de Ségolène Royal et Nicolas Sarkosy dans leur camps respectifs (Ségolène et les militaires, Sarko et la discrimination positive). Bref, comment utiliser “cependant”, “en revanche”, “quand”, “par contre”, “tandis que”… Ne riez pas, ça vous semble facile mais ça ne l’est pas tant que cela… Exercice puis “application” (bref, la conversation si chère à NOVA.Je ne comprends pas ceux et celles qui continuent de voir dans la Tour de Tôkyô une copie de la Tour Eiffel… Quel la tout parisienne ait donné l’idée d’un bâtiment de son genre pour abriter les émetteurs de la télévision japonaise naissante au sortir de la guerre est évident. Mais cela s’arrête là car la Tour de Tôkyô a un aspect beaucoup plus “technique”, ressemble à un mécano et sa structure est à lévidence bien plus légère. Elle se devait d’être le symbole de la santé retrouvée d’un pays dévasté par la guerre en étant la tour la plus haute du monde, ce qu’elle fut jusqu’à l’inauguration des tours jumelles à New-York en 1976. Haute de 335 mètres (je crois aujourd’hui 355 m), elle dominait l’Empire State Building et la Tour Eiffel. Elle sera remplacée en 2012 par la Sumida Tower, haute de 660 mètres, qui remprendra toutefois son allure). Dans cette ville en manque de monuments incarnant l’histoire, elle raconte mieux que tout ce Japon de l’après-guerre, 戦後/sengo.
Pendant 20 minutes, l’étudiante m’a fait un portrait de la vie politique japonaise comme je la connaissais mais, venant d’une bouche Japonaise, ce portrait était véritablement effrayant. L’étudiante elle même m’a confié qu’elle ne parlait comme cela que parce que je n’étais pas Japonais, et que généralement les Japonais ont peur. Que l’obsession de la droite Japonaise est de faire croire aux Japonais que leur constitution démocratique avait été imposée par les Américains et remplacer ce qui semblait être pour la gauche et les démocrates une victoire de la résistance Japonaise au pouvoir militaire nationaliste des années 30. Que récemment encore on avait incendié la maison d’un membre du Parti Démocrate du Japon car il avait critiqué le nationalisme de monsieur Koizumi. Elle m’a rappelé l’assassinat du leader du Parti Socialiste en 1960, attribué à un assassin isolé, aux meurtres d’historiens. La falcification de l’histoire et surtout cette idéologie du concours dans les écoles qui a remplacé la réflexion. Une autre étudiante m’a d’ailleurs dit que le système de QCM généralisé expliquait le manque d’imagination de la jeunesse et des Japonais en général. Le plus étonnant est que cette femme n’est pas une gauchiste : “la droite gouverne pour ceux qui ont de l’argent quand la gauche prétend gouverner pour les plus démunis, mais ce n’est pas possible”. Non, une démocrate… J’ai orienté la discussion sur 大正/Taishô, mon époque favorite (1912/1925) et en effet elle voyait dans Taishô la preuve que les Japonais aspiraient à la démocratie : on créait des journaux, des syndicats, des clubs politiques, les écrivains redoublaient d’audace, le peuple débordait de créativité (c’est au passage une des meilleurs “application” que je n’ai jamais faite car elle a opposé d’elle même avec 明治/Meiji(1868/1912), 昭和/Shôwa(1925/1989) et 平成/Heisei(1989/…).
Et c’est vrai que les Japonais sont amnésiques de leur propre histoire. Le débat sur DJ Ozuma (voir vidéo), un chanteur qui s’est produit le soir du 31 décembre sur la NHK avec des danseuses dont le body reproduisait leur anatomie (bref, elle paraissaient être nues) a été consternant et révélateur. On a reproché à la NHK son obsénité, il y avait des enfants devant la télévision, etc… Jugez-vous même (la surprise est à la fin).
De Tôkyô
en week end
SuppaikuDe sur mon sofa, à 葛西, bonjour !
Ma connection YahooBB ADSL commence à m’énerver un peu… Je crois que je vais passer à la concurrence !
Ecrire un blog n’est pas très évident, parfois. J’avoue ne pas en ressentir la nécessité en ce moment. Et pourtant j’en aurais des choses à raconter. Les élèves, Kyôto dont je ne vous ai quasiment pas parlé, les ballades à droite à gauche, mon sentiment sur la campagne électorale en France, mon incapacité à me mettre sérieusement à étudier le japonais…
Pour commencer, c’est à bord d’un 777 JAL que je vais retrouver la France… dans moins d’un mois ! Ca me fait tout drôle… Je suis arrivé en février l’an dernier, tout était バレンタインデー(la Saint Valentin), et voilà que partout de nouveau c’est la Saint-Valentin et son overdose de chocolat ! Le Japon ne vit plus qu’artificiellement au rythme de la nature, une perfusion de momiji forcément “kirei” ici, une touche de cerisier par là, mais le commerce a ritualisé des temps forts dans l’année qui typent très fortement chaque moment de l’année. Et c’est finalement pas si désagréable que ça : je sens le temps qui passe ici plus qu’à Paris. Je vais partir à peine digérés les chocolats de la Saint-Valentin, je reviendrai prêt pour avaler de délicieux sakura-mochis… Ayant suivi tous les rites le long de l’année écoulée je suis bien décidé à les observer le long de cette nouvelle année. Je veux me gaver de sakura-mochis, me rouler dans les cerisiers et ressentir la sève qui comme chaque année au printemps fait reverdir la nature, ici plus qu’ailleurs encore… Je veux revoir ce soleil de l’été entrevu l’an dernier en passant l’Arakawa la première fois où je suis venu à Kasai, pas encore décidé à y emménagé -c’était le début du mois d’août- mais pourtant déjà conscient que c’était de cette lumière dont j’avais besoin. Il y a de la lumière, en été, à Kasai. Beaucoup de lumière.
En me promenant à Fushimi Inari Taisha (Kyôto) l’après-midi de mon retour à Tôkyô, je me arrêté à l’un des multiples petits sanctuaires et je me suis amusé avec un Kitsune qui gardait les lieux après avec salué l’endroit, expliquant que j’aimais bien cet endroit et que j’apprèciais Kitsune et mon ami le cheval. Une vieille dame est alors arrivé nous expliquant que ce sanctuaire était le sanctuaire du Soleil du matin, qu’il ne fallait pas se moquer. Elle s’appelait Mme 朝日/Asahi, soleil du matin. Gentille. Je suis reparti serein de Fushimi.
Aruban a laissé un message concernant mon portable. Il a choisi Willcom. Et c’est vrai que Willcom c’est incroyablement pas cher : 2,990円 par mois, mails illimités… mais hélas, c’est une société du fond d’investissement Carlyle (Georges Bush père, la famille Ben Laden…) pour lequel je n’ai aucune sympathie, loin de là. Mon portable me rappelle mon portable français de naguère, un NEC aussi, et i-mode. Mais il est vrai, en bien plus sophistiqué.
En parlant de sophistication de portable, avez vous suivi le Keynote de Steeve Jobs et le iPhone ? Allez donc y faire un petit tour… Là, c’est le plus beau coup depuis l’invention du mac en 84 : l’iPod n’était qu’un gadget, en comparaison. Moi, ce qui me fait craquer, c’est le “zoom”.Ma facture électrique a doublé. C’est normal, il fait froid et j’appartiens au groupe frileux qui chauffe l’appartement 24h/24. J’ai regardé le taux de changes et je constate à quel point on n’a pas besoin de faire grand chose pour s’appauvrir : depuis mon arrivée ici, j’ai perdu plus de 15% de pouvoir d’achat en France ! Avec la taxe de 30,000円 sur les carburants, le billet est un vrai coup de massue. Bref, je suis fauché et va falloir être très prudent durant ce bref séjour en France.
Je prèfère pas imaginer en revanche les corrections de parités qui s’annoncent, elles risquent d’être violentes.
J’ai commencé à suivre de plus près la campagne électorale, particulièrement la campagne de Ségolène Royal. Les socialistes ne changeront jamais. Voilà les loosers de 2002 qui donnent des conseils sur comment gagner une élection à une femme qui jusqu’ici, chasse d’eau de 1993 comprise, n’en n’a jamais perdu aucune ! Je suis content de ce “trou d’air”. Elle prend non pas son temps, mais son rythme, son tempo. Les sondages passés montrent le potentiel qu’elle représente, l’attente que sa candidature suscite : il est nécessaire désormais de calmer cette machine à gagner. Ce temps réservé au débats dans toute la France est une chance formidable de renouer avec le militantisme de masse (ça, les éléphants, ça fait longtemps qu’ils ont oublié ce que c’est…). Ce n’est pas d’un parti dont nous allons avoir besoin, mais d’un courant profond aussi puissant que celui qui, en 1981, a emporté la gauche vers la victoire. Le travail est considérable car il nous faut accomplir un travail de 10 ans en quelques mois. Ségolène a raison, donc, de calmer cette machine : le moteur est rôdé, il faut lui donner désormais le temps de prendre sa vitesse. C’est une petite armée de gens convaincus, associés à cette aventure qui va alors pouvoir progressivement, comme je le fais ici, prendre position, relayer des propositions.
Dans son obstination à garder son rythme je perçois la force d’une vraie femme d’état, d’une volonté plus forte que l’air du temps dans laquelle on l’a si souvent rangée. La droite ne s’y trompe pas, qui multiplie les sites internets avilissants, haineux : on n’avait pas vu ça depuis Mitterrand, cette haine contre une personne de gauche. Alors si comme moi vous voulez la victoire de la gauche, n’ayez aucune crainte, éteignée cette télévision acquise à Sarkosy et si vous êtes pris de doutes, visitez donc, en cliquant dans mes liens, sur le site Désirs d’Avenir (site de Ségolène Royal) et sur le site du Parti Socialiste : des idées, ce n’est pas ce qui manque et pour ma part, les références permanentes de Ségolène aux social-démocraties du nord de l’Europe ne sont pas sans me ravir… On va gagner, je vous dit !
Bon, je vous laisse ici.
De son sofa, allongé,
rassurant,
SuppaikuLe téléphone de mes rêves… (ha ha ha…)
Un brun profond assorti à la décoration de mon studio. J’aime mon NEC902iS.J’adore les gadgets, et le Japon est le pays des gadgets. A nouvelle année, nouveau téléphone, donc.
L’année dernière, sitôt arrivé il me fallait un nouveau téléphone. Après avoir étudié le problème pendant une semaine, je m’étais décidé pour un modèle un peu ancien, un Casio W31CA chez AU. Lecteur de documents word/pdf et excel, de sites webs, haut débit WIN 2,4 méga, appareil 3,1Mpix autofocus et format 16×9, mini-sd, etc… Gris, ils avait un côté robuste, solide… Mais en fait, il y a toujours eu quelque chose qui me dérangeait, peut être un certain manque de design, de douceur, de couleur, de sensualité, de féminité dans ce téléphone.
Alors j’ai craqué ! Je viens de m’offrir un modèle d’il y a 6 mois (le nouveau n’est guère différent). Un NEC plus fin, plus mince, moins lourd, qui fait un joli son de clapet quand on le ferme.Me voilà passé chez DOCOMO et de retour à NEC et à imode comme en France. Et hormi des réserves sur les émoticons niveau zéro de chez Docomo, j’avoue que c’est vraiment rapide, imode, malgré un débit moindre sous Foma 3G (364 k). J’ai pris un “packet hôdai”, le forfait mail/imode illimité.
Que fait mon téléphone… Des photos 2Mpix avec autofocus et enregistrement 4Mpix, de la vidéo 30 images secondes VGA. Il envoie des mails bien sûr, et des photos jusque 500 ko. Il surfe et lit les pdf. Il fait talky-walky (push/talk). Il peut servir de passe dans le train, de ticket d’avion (genre Navigo) et servir aussi de carte de crédit DCMX (on passe le téléphone devant une borne pour payer). J’avoue surtout apprécier son desing. J’aime les téléphone NEC, leur navigation et je retrouve tout ce que j’aimais dans mon bon vieux N31 de chez Bouygues… Bref, il a un côté un peu moins Hi-Tech que mon Casio AU, mais celui-là, je sais que je vais le garder un bon moment.
Faut être un peu bête, pour poster sur un truc pareil, à une heure du matin… Non ?
De Tôkyô,
Bonne nuit,
SuppaikuC’est la rentrée !
promenade hier à Chôfu, le pays de “ゲゲゲ幾多郎”Bonjour! Cela faisait longtemps que je n’avais pas posté, me revoici, brièvement.
Pour moi, une nouvelle année qui commence, comme pour vous d’ailleurs, mais aussi de nouveaux objectifs, de nouvelles certitudes. Et le soleil au dessus de moi, le soleil du matin. Mon préféré.
Après cette année d’installation -me débarrasser du superflu, vider mon appartement et dire au revoir aux collègues, revoir une dernière fois les amis, prendre l’avion, m’installer en guesthouse et prendre mon poste, trouver un appartement correct puis finalement le meubler – où j’ai rencontré mon partenaire et pris quelques habitudes, cette semaine de vacances a mis un point final à tous ces changements et amorcé ce qui sera le thème de la nouvelle année : ma vie au Japon. Nous avons passé Kaikai et moi 6 jours à Kyôto et hier nous sommes allés nous promener vers 調布/Chôfu à l’ouest de Tôkyô. Nous nous sommes quittés hier soir comme une journée normale : les vacances étaient terminées…belles de Kyôto…
Ninna-ji, à Kyôto
Les années 50 aiment Kyôto !
A Chôfu près de Kyôto
Souvenir de Kyôto
De Tôkyô
avant de reprendre le travail,
Suppaiku新年あけましておめでとうございます Bonne année
J‘étais à Kyôto prndant une semaine. Je vous en rapporte ces 12 minutes et quelques d’images (cliquez sur le titre, ou ici, ou retrouvez les en flux RSS, sous forme podcastée.)
A bientôt,
de Tôkyô comme toujours
SuppaikuNicolas
J’ai reçu un cadeau de Noël, aujourd’hui 25 décembre. Versailles Rive Gauche. Je crois qu’aucun film ne raconte mieux ma génération que ce film qui sort enfin en DVD. Un vrai cadeau de Noël… sous mon sapin pour la photo, et rapidement consommé avant de blogger.C’est étrange, peut-être, donner un prénom à un post sur un blog. Les “consommateurs de Japon” seront peut-être déçus mais, comme je l’ai mainte s fois expliqué, je ne réalise pas un blog sur le Japon. Je vis au Japon, c’est différent.
Pour la première fois depuis plus de 25 ans, il y avait où je vivais un sapin. J’en avais envie. Un truc de gosse. Mon sapin. Au Japon certe je l’ai fait en plastique. Je suis allé chez ドンキホーテ/Don Kihôte/Don Quichotte (un magasin plein de trucs importés, meubles, casserolles, électro-ménager et nourriture, à prix souvent discountés), j’ai acheté le sapin de 90 cm vendu avec quelques décorations minables. J’ai jeté le “merry Xmas”, le “gros ruban”, gardé les 2 boules et “la” guirlande ainsi que la guirlande électrique. Et j’ai acheté plein de boules rouges, une guirlande rouge et or, des petites boîtes dorées ainsi que du papier vert “métalisé”. Mon sapin n’est pas le roi des forêts, il est juste un rêve réalisé. Cette année je n’ai pas organisé de réveillon, je travaillais dimanche, je travaillais lundi et Kaikai également. Mais ça m’a fait plaisir d’en avoir un. Car après l’appartement, je me suis (ré)équipé : un nouveau lit, du linge de maison, des rideaux… ce qui vous explique mon silence ces dernières semaines. J’ai été très occupé chez moi à réorganiser tout cela, aller chez Ikéa. Ce cycle d’achat s’est achevé par l’achat du sapin et du lecteur Divix de salon.
J’ai donc maintenant un vrai chez moi. C’est un peu petit, 24 m2 en tout mais c’est très bien agencé. Je fais beaucoup la cuisine, gâteaux, petits plats et dernièrement des soupes de légumes à la crème fraîche. Je n’ai pas fêté Noël, ici, on n’en ressent pas du tout la nécessité. Comme je l’ai écrit ce matin à des amis, c’est un peu comme une “sortie de chrétienté”, vivre ici.
C’est Noël, et à Noël, au Japon, on mange du Poulet. Je suis gentil avec mon blog, je lui épargne la version des magasins de hamburgers….Noël est réduit à une simple fête commerciale pour les amoureux qui vont en couple au restaurant manger du poulet rôti. Ca sent le poulet partout, et c’est l’âge d’or de KFC qui vend des barquettes de pilons de poulet frits. MacDonald, Lotteria et MosBurger ne sont pas en reste et proposent eux aussi leur Variation sur le thème de la friture de poulet… Bien entendu, on peut également acheter du poulet de Noël à Seven Eleven ou AM/PM et autres Family Mart…
J’ai travaillé pour la première fois de ma vie un 25 décembre. On s’y fait très bien.
Ce soir, en rentrant du travail, ma boîte aux lettes débordait. Je ne crois plus au Père Noël depuis longtemps. Pour être exact depuis le cours préparatoire. J’avais été très rapide en écriture et j’avais donc élaboré une liste de 3 pages de cadeaux. Les 3 magnifiques cadeaux que je reçu cette année là (un théatre de marionnettes, un mini projecteur d’images et un train électrique ainsi que des chocolats) n’y purent mais : le compte n’y était pas et ce que les rumeurs qui circulaient à l’école devaient être vraies : le Père Noël n’existait pas.
J’ai entendu cette semaine une émission passionnante sur le sujet, dans l’émission La Nouvelle Fabrique de l’Histoire, sur France Culture (les Podcasts, c’est fantastique). Et c’est vrai que le Père Noël avec son habit rouge est un produit américain, une image destinée à Coca Cola…
Autrefois, il y avait par exemple Saint-Nicolas.
Nicolas, hiver 2002/2003, un café-bar à côté de chez moi à Bonne Nouvelle. Pour les accrocs de Photoshop et de numérique, le “flou” n’est pas du flou mais une pellicule TriX 400 poussée doublée d’une vitesse très lente car il faisait très sombre. J’aime pousser le TriX car cela accentu son côté moelleux, ce fameux “flou”. Regardez le grain… Juste une petite erreur de focale mais dans le noir, sans auto-focus… Moi, je le trouve très beau, Nicolas, sur ce portrait.C’est mon Saint Nicolas qui m’a fait mon cadeau de Noël : ai-je été si sage, l’ai-je donc tant mérité ? Je ne l’attendais pas, mon cadeau, qu’est-ce que ça m’a fait plaisir…
Nicolas, comme tous mes amis, c’est un peu un morceau de ma vie. C’est un bon “bout de chemin”, comme on dit.
J’avais très mal vécu la fin de ma “première jeunesse” et dès 1991/92, à la faveur de la dépression économique, j’avais commencé à m’enfermer chez moi. Je ne travaillais plus, je fumais beaucoup, je ne sortais que le soir et j’érais dans des lieux de drague où je m’ennuyais à mourir le plus souvent. Cela dit, ces leux représentais l’un de mes derniers liens avec le réel. Le reste du temps, j’allais chez mon frère à Bondy, où nous avions grandi. Là, je crois que nous formions une belle paire, tous les deux…
En 1992, je pense que j’étais suffisament mûr pour le suicide. Je ne m’aimais plus. Je n’avais plus d’argent et je vendais tout ce que j’avais pour manger et donner à manger à Siouxsie. Plus de disque, plus d’appareil photo, plus de livres. A-social et désocialisé, je m’étais enfermé dans l’urgence et j’étais donc incapable d’envisager d’en sortir. Plus de téléphone, une coupure d’électricité, les huissiers, l’interdit bancaire. Je n’ai évité la rue que grace à Bonne Nouvelle… J’ai toujours eu un ange pour veiller sur moi : j’ai énormément de chance. J’ai juste du apprendre à me donner la main et ne pas attendre qu’on me la tende, ce qui fut fort long… C’est moi qui m’en suis sorti, tout seul.
Ce qui ne veut pas dire qu’on ne m’a pas aidé. Mais cette aide, j’ai du apprendre à la demander, ce qui n’a pas été facile, recroquevillé au fond de moi comme je l’étais.
Je suis allé voir Madame Salamon. Je n’oublierai jamais cette femme, cet appartement, ce salon, ce petit cabinet où, assis face à une porte fenêtre juste derrière elle je lui ai parlé, parlé, parlé, et où elle a pris le temps de m’écouter afin de m’aider à dénouer moi même les noeuds que j’avais fait et sur lesquels je commençais à tirer. Une année entière entre l’automne 92 et l’automne 93 où j’ai senti l’énergie se libérer, m’envahir et la vie me remplir comme jamais auparavant. Pour la première fois peut-être j’ai ressenti alors vraiment ce que veut dire “vivre”. Je me suis remis à lire, et à écrire, et à écouter de la musique, plein de musique. Je suis devenu RMiste, ce qui était un énorme progrès, et puis j’ai pris mon travail CES dans le cirque Barbarie, pas un truc ringard mais en fait une compagnie théatrale…
Et c’est ainsi que revivifié après de vacances où j’ai arrêté de fumer et où j’ai écouté France Culture en permanence, j’ai pris la décision de reprendre mes études.
Non, ce n’est pas ma photo qui est belle, ce sont les Japonais qui savent mettre le nature en scène…La rentrée à Tolbiac fut une immense douche froide. Militants ringards, étudiants amorphes, graphitis anti-sémites dans les toilettes. Et c’est ainsi que “Spont’Ex” est né. Une première manifestation contre un truc sans intérêt de Balladur et des regards qui se croisent, une chanson vite écrite, comme des esquisses de quelque chose à venir : j’avais 28 ans. Un jour, j’arrivais en retard au cours de Moderne en amphi N, je suis monté à l’étage. Mon désir de réussir me tranformais en sténographe : d’une fine écriture, sur de petits carreaux je parvenais à écrire presque mot pour mot ce que disait le professeur. Certains trouvent cela inutile, ce que je sais c’est que grace à cela je n’ai quasiment jamais relu mes cours car je les connaissais en fait déjà par coeur… A côté de moi, je remarquais la même écriture, et un garçon frêle, fragile. Je le trouvais “séduisant”. Non pas d’une séduction charnelle, plutôt une attirance pour une fragilité, une tension sous jacente que peut-être alors je partageais. C’était Nicolas, “mon” Saint Nicolas. Plus tard, lors d’une manifestation je croisais le regard d’une jeune “petite” fille de 1,45m vaguement rockeuse mais avec des couleurs… C’est Aurélie. A Nous trois nous avons formé un attelage aléatoire. Je ne sais qui supportait la fragilité des 2 autres mais je pense que nous nous sommes fait mûrir réciproquement tous les 3. Il y eu certainement entre nous des sentiments variés (je n’aime pas ambigu car je ne pense pas qu’il y eu de l’ambiguité, plutôt des sentiments variés qui nous dépassaient) mais qui nous apprirent à mieux nous connaître et à forger des amitiés solides. Nous ne voyons plus Aurélie partie vivre à Montpelliers mais j’avoue garder pour elle des sentiments intacts, un peu comme une cousine proche. Je suis heureux d’avoir de ses nouvelles.
Nicolas et Aurélie ont de suite accroché à Spont’Ex. Nous partagions le même désir de lutter politiquement tout en pensant, ce qui dans le paysage de 1993 était fort rare mais marque en même temps ceux qui dans notre génération ont décidé de faire de la politique. Nous parlions de Sartres, Camus, Beauvoir. Nous avons fini par être un petit groupe, varié, divers, différents. Et réussir à étudier, parfois brillament !
Je raconterai un jour quand le Président Nicolas scannera la production Spont’ex…
Il y a eu Spont’Ex, et il y a eu Montesquieu. Il y a eu Bonne Nouvelle, Pantin, Pelleport ou Asnières, Lewisham et Bonne Nouvelle, il y a eu Iidabashi et désormais il y a Kasai. Et il y a toujours Nicolas. Que son cadeau arrive le 25 décembre dans ce pays où Noël n’existe pas me touche profondément. A travers ce geste, ce sont mes amis que je reçois. J’ai des amis d’une qualité que vous ne pouvez pas imaginer. Les plus anciens ont accompagné ma convalescence nerveuse avec une fidélité remarquable, et ils ont tous eu les mots que je pouvais attendre d’eux quand en 2003 j’ai du leur annoncer la “tuile” qui me tombait dessus… Je me permettrais donc de célébrer, en ce jour de Noël, ces amis qui malgré la distance sont bel et bien là. Ces jours sombres de dépression nerveuse sont loin. J’ai trouvé en chemin Nicolas qui m’accompagne encore, et avec qui j’ai refait le mon, l’ai défait, me suis saoulé, me suis amusé. Et puis ces denières années il s’est fait plus rare et nous l’avons tous vus, ravis et un peu étonnés, grandir, mûrir et comme se bonifier, quittant cette fragilité d’avant. Nicolas a rencontré celle avec qui il vit.
Dans mon groupe d’amis presque tous ont cette année vécu un évènement important… Ce Versailles Rive Gauche du bout du monde est un petit morceau d’eux, un petit morceau d’une mauvaise année, 1992, embellie par les ans et l’amitié.
Joyeux Noël
De Kasai,
Suppaiku
Imprégnation
William Sheller, Epures, 2004
(en écoute, mon hôtel , cliquez sur le titre de ce post)
Comme une lente maturation. Un album qui se digère avec le temps, au rythme d’une lente imprégnation de textes (cruellement) justes. Le plus bel album de chanson française que j’ai entendu depuis des années.
東西線、2006年火曜日12月13日9時10

















