Catégorie : le Blog de Suppaiku, Tôkyô

Journal d’un Solitaire Sociable et Moderne de Paris et Londres à Tôkyô et …

  • WINK

    WINK

    WINK : les vraies ancètres des Morning Musume, mais à 2. Bref, c’est archi-mauvais, mais ça vous signe une époque comme personne. Une bonne grosse tranche de Bulle.

    La célèbre “Voyage-voyage” par WINK… Vive la Bulle !

  • DES PUBS DES PUBS DES PUBS DES PUBS DES PUBS…

    Eté 89 : on est en plein dedans, la bulle…

  • 花見フィヴァーになった

    今年も桜が咲いてカイカイと一緒に見に行った。金曜日夕方上野公園と土曜日朝小石川後楽園にいった。今週鎌倉に行くかな。。。
    今回写真だけ
    Eh oui cette année encore le Japon a vécu (vit encore) la folie des cerisiers ! Kaikai et moi avons cédé à leur charme et nous sommes promenés vendredi soir au Parc de Ueno et samedi matin à Koishikawa Kôrakuen. Irai-je à Kamakura cette semaine… ?
    Bref, cette fois, que des photos!

  • Répartir les richesses

    Les entreprises gagnent de l’argent, les actionnaires l’encaissent. Les travailleurs travaillent, leurs salaires stagnent et leurs contrats sont précaires. Ce n’est pas du Marx, c’est la France aujourd’hui…
    Rompant avec l’attitude hautaine de Lionel Jospin en 2002, Ségolène est allée rendre visite aux salariés Peugeot en grève depuis un mois. Elle leur a expliqué sa manière de voir le conflit, sa méthode. Certains pourront contester sa “vision” social-démocrate basée sur le disalogue social préventif. Il n’en reste pas moins que cela faisait 20 ans que les leaders socialistes dédaignaient les grèves dures et que, s’ils s’y rendaient, c’était pour faire dans la démagogie (un discours auquel ils ne croyaient pas).
    Nicolas Sarkosy est le candidat du capital, des fonds de pensions.
    VOTEZ SÉGOLÈNE ROYAL

  • Confessions d’un soir de semaine…

    Il y a et il y aura toujours une différence entre la gauche et la droite : à gauche, on est auto-critique. C’est parce que les politiques menées depuis 1981 ont provoqué désillusion et lassitude que le lien qui unit le “peuple de gauche” et ses représentants est ténu, fragile. Un rien peut le casser. Car ce n’est pas gérer que l’on demande à la gauche, c’est faire “autre chose” que la droite. Je vote donc socialiste parce que leur politique est, même de peu, différente, et que leur rapport aux libertés fondamentales n’est pas circonstancié mais qu’il repose sur une véritable conviction. C’est déjà une bonne raison. C’est la seule me soit restée, parfois.

    J’ai cessé de rêver à une révolution il y a plus de 20 ans quand le Front National a fait plus de 11% aux élections européennes de 1984. Et je maintiens, pour avoir vécu cette période, que c’est la droite qui a sorti Le Pen de son trou pour précipiter le départ de François Mitterrand, en parlant d’insécurité, en parlant d’immigrés (une régularisation massive avait été lancée en 1981).

    Il s’agissait de mettre fin à “l’expérience socialiste”, comme ils disaient. Ils hurlaient à la “dictature” à tout bout de champs, voyaient la “bureaucratie” “étouffer l’initiative”. Le modèle de Chirac, à l’époque, c’était Reagan, le libéralisme. Madelin voulait privatiser l’école… C’est à cette époque que la droite a trouvé l’énergie de vaincre, qu’elle a déplacé les débats, se nourrissant des désillusions nées dans la crise, le chômage et des solutions forcément réformistes d’un gouvernement socialiste. Faute d’impréparation et d’inadaptation, d’audace aussi, les socialistes ont renoncé à leurs vieilles recettes (qui avaient marché dans les autres pays sociaux-démocrates jusque dans les années 70, nationalisations et relance par les salaires entre autre) sans pour autant élaborer de nouvelles stratégies. Seul Rocard proposait autre chose : admettre le réformisme pour s’autoriser de nouvelles audaces, comme de nouveaux contre-pouvoirs dans la société et dans les entreprises.

    Il a fallu attendre 1995 et la candidature de Lionel Jospin pour avoir enfin un réel discours social-démocrate assumé. Son programme se résumait en 5 points. C’est très peu, mais c’étaient là des points majeurs d’une politique de profonde transformation. Baisse du temps de travail, réforme des institutions -indépendance de la justice, quinquénat…-, nouveaux droits “sociétaux” -parité homme femme, droits des gays…- politique économique d’”activation des dépenses passives” (notamment pour les aides à l’emploi)… J’ai oublié le 5ème point ! C’est peu, mais cela contrastait avec la vison libérale de Chirac. On notera au passage que Jospin, devenu premier ministre a globalement tenu cette feuille de route malgré les empêchements répétés venant de l’Elysée (indépendance de la justice et réformes institutionelles notamment) et des privatisations. Si Jospin a perdu, c’est que, s’il avait bien validé la “social-démocratisation du programme”, il n’avait guère eu le temps de transformer l’outil : le Parti Socialiste lui même! Le spectacle offert par la diffusion de documentaires sur le QG de campagne de 2002 est affligeant.

    Mais Jospin avait il en fait réellement envie d’être président ? Je suis arrivé à la conclusion que non. Et c’est presque à son honneur : je suis contre l’élection au suffrage direct ! Mais alors pourquoi y être allé, aussi “honnètement” en 1995, aussi mollement en 2002, et en tire au flanc en 2007 ? Est-ce si honteux, être premier ministre, qui plus est le moins mauvais (le meilleurs?) premier ministre socialiste ? Il était pas mauvais, ce bilan… Pourquoi ne pas avoir poussé Rocard ou Delors, et continué à excercer le pouvoir ?

    On reproche à Ségolène son ambition. C’est ce qui me plaît le plus ! Pour gagner face à la droite, il en faut.

    Son programme me semble bien “calibré” et surtout sa réflexion sur le syndicalisme de masse ne me laisse pas insensible : pas de social-démocratie sans syndicalisme de masse. Parce que face aux entreprises, le syndicalisme est le seul réel contre pouvoir. Dire ça, ce n’est pas du gauchisme, c’est du socialisme de base (n’en déplaise à ceux qui parle de social-democratie en permanence). L’état est alors un arbitre engagé. La social-démocratie, c’est cela. C’est un outil, pas un programme. Et ce qui compte est le résultat. La priorité de la social-démocratie, aujourd’hui, c’est le plein-emploi, la construction européenne et des politiques de régulation financières, énergétiques et d’approvisionnements en eau.

    Sans plein-emploi, il ne peut y avoir de syndicalisme de masse, de citoyenneté pleine. Et qu’importe si réussir le plein emploi passe par des “adaptations”. C’est pour cela que je suis partisan depuis longtemps du modèle suédois de flexibilité / sécurité. Le chômage n’est un problème que parce qu’on ne gagne plus d’argent. Si en perdant son emploi on reçoit le même traitement le temps d’en retrouver un nouveau, ce n’est plus un problème. Ainsi les pays scandinaves ont “offert” des années sabbatiques à 100%. La réactivation du marché du travail a été très forte. Parallèlement, les entreprises sont été encouragées à investir par des politiques fiscales ciblées dans de nouveaux secteurs. Au niveau Européen, cela serait l’idéal, mais même en un seul pays, ça marche. Ségolène Royal a énormément cité la Suède comme une référence.

    C’est au nom de cette logique que je ne comprends pas bien ce nouveau “contrat première chance”. Travailler n’est pas une chance, c’est une nécessité. Ensuite, c’est un contrat aidé, et je suis contre les aides à l’emploi. 70 milliards d’euros pour toutes les aides, quel gachis ! On ferait mieux de les donner aux chômeurs ! J’aime Ségolène quand elle parle de cibler les aides. Mais là, je ne comprends pas ! Pour tout dire, c’est même du PS que je déteste, le PS de l’époque Bérégovoy.

    J’aurais préféré qu’elle reprenne l’idée de Michel Rocard sur la réduction de temps de travail à 32 heures : Sarkosy aurait hurlé, mais face à Rocard, il n’aurait pas fait le poids ! Vous ne vous souvenez plus ? Il faudrait peut être adapter la on est depuis passé à 35 heures mais…

    On divise par deux les cotisations de 0 à 32 heures, on quadruple la part de 32 à 39 heures. Coût pour l’entreprise : 0 euros. Mais en revanche, il devient possible d’embaucher 1 personne pour 4 salariés à coût nul pour l’entreprise. La perte de pouvoir d’achat liée au passage à 32 heures serait compensée par l’état pendant une période transitoire, le temps que la baisse du chômage et l’augmentation des rentrées d’impôts et de cotisations qui en résulterait ne permettent de baisser les cotisations des salariés. Par ailleurs, les gains de productivités obtenues permettrait d’augmenter les salaires… La compétitivité des entreprises ne serait pas menacée non plus car ce système reposerait essentiellement sur la négociation…

    Quand il développait ce système, Rocard n’avait qu’une préoccupation : comment baisser fortement et rapidement le chômage, de manière quasi mécanique. Car pour lui, à cette époque déjà, c’était il y a 10/12 ans, c’était le chômage qui, en nous repliant chacun sur nous même, nous conduisait à l’égoïsme social et au libéralisme.

    Ca y est, on y est.

    Je vous écris cela, tout cela car, je ne suis pas militant, et j’avais envie de confier mes doutes. Ségolène pourrait gagner si… Mais je ne vois pas le “si”… Je doute qu’elle gagne malgré un programme correct. Je doute qu’elle gagne malgré la visible mobilisation. Je doute qu’elle gagne malgré la relative correction des autres candidats de gauche à son égard qui lui épargnent du social-traitre pour se concentrer sur la droite et la bourgeoisie triomphante. Je doute qu’elle gagne malgré sa progressive transformation physique : elle fait présidente, maintenant, elle en a le coffre, la solidité. Je doute qu’elle gagne malgré ses audaces, ses drapeaux et ses camps encadrés, malgré le fait que des millions se disent “pourquoi pas, pourvu que les gamins qui naitront demain aillent dans de meilleurs écoles, que leurs parents aient un travail et que celui-ci soit bien rémunéré, pourquoi pas pourvu qu’on ait investi massivement là où il faut, alors ce drapeau, pourquoi pas, ce n’est pas si important que cela, c’est juste son côté kitsch, et puis de toute façon, Le Pen, qui l’utilise si souvent, dans son coeur, en déchire le rouge, se torche avec le blanc pour ne garder que le bleu!).

    Je doute qu’elle gagne parce que je la sens très proche de gagner. Car le PS reste à ré-inventer avec les ruines que la gauche laissera dans ces élections, qu’elle soit victorieuse ou perdante. Car le syndicalisme français n’est plus qu’une coquille vide rongée par 30 années de chômage de masse et de mort du communisme “réel”. Car la société française est une société fatiguée d’elle même, qui ne se supporte plus comme elle est.

    Parce qu’un rien peut briser ce si léger capital de sympathie, cette petite bulle de tendresse qui nous lie à elle, nous qui la portons depuis plus d’un an dans ce combat contre une droite qui tient les journaux, la télévision, la radio. Contre des médias qui pointent ces moindres travers pour mieux encenser les qualités de Sarkosy. Ils ont tellement peur que les grands groupes multinationaux, les Vivendi, les Suez, les LVMH, les Pinaud-Printemps et autres Bouygues leurs coupent les crédits de la publicité s’ils ne protègent pas leur Nicolas chéri. Le Monde est devenu le roi de ces nouveaux torchons de campagne.

    Nous sommes nombreux je pense, au fond de nous, à savoir que Ségolène Royal est un miracle. Parce qu’après le 21 avril 2002 et pire, le plébicite de Chirac en mai, qu’après le déchirement du PS au référendum de mai 2005, on en prenait pour 10 ans au moins. Si Fabius avait gagné la primaire, le PS explosait. Si DSK gagnait, Fabius recommençait ses petits jeux… Ségolène seule disjonctait cette mécanique de la polarisation. Elle est portée par des adhérents jeunes qu’il faudra former mais qui sont à la meilleur école qui soit, celle des tracts, des affiches et des arguments de campagne. Eux seuls peuvent balayer ces traines savates des années Cresson-Bérégovoy (fallait être culotté, comme Eric Besson, pour adhérer au PS à cette époque, quand le PS faisait une vraie politique de droite).

    Ségolène est un miracle. Alors je doute. Et comme je ne suis pas de droite, je vous confie mon doute. Parce que je n’aime pas ce contrat débile pour les jeunes. Que je me dis que c’est pas si grave MAIS…

    Nous avons en nous tous la crainte de voir déferler sur nous cette vague portée par les fonds de pensions, la haute finance, ces grands bourgeois qui se délocalisent pour mieux habiter dans une de ces îles artificielles de Dubai, cette vague qui nous appauvrira, qui n’aura rien à faire de nos vies quand le soleil sera trop chaud, l’air irrespirable et l’eau trop chère pour nous permettre de survivre. Ils nous laisseront mourir sur la planète qu’ils auront épuisée comme leurs ancètres les riches du XIXème siècle laissaient crever les enfants au fond des mines et comme on laisse aujourd’hui des continents entiers aller à la dérive. Dans une indifférence totale.

    Ce sont les luttes sociales passées qui ont amélioré nos vies, fait nos sécurités sociales, nos congés payés et tous ces “avantages acquis” que le libéralisme veut désormais nous reprendre.

    Alors je doute car nous doutons. Mais nous tiendrons.

    Vivement le 22…

    De Tôkyô

    Suppaiku

  • Excusez moi…

    Je vais parfois vous saoûler parfois avec ces élections…
    C’est ma première campagne hors de France… Je dois y trouver ma place !
    De Tôkyô,
    Modeste,
    Suppaiku

  • Sous le grand soleil… enfin !

    Si vous venez au Japon, si vous prenez un téléphone, évitez DOCOMO : cher et interface extrèmement pauvre. J’ai résilié mon abonnement. Bref, j’ai gardé mon téléphone environ deux mois et il ne m’aura au final servi qu’à recevoir des mails quand j’étais en France ! Heureusement, je n’avais pas résilié chez AU. Après avoir résilié DOCOMO, j’ai utilisé mes points AU et j’ai acheté un nouveau téléphone. Un Sony-Eriksonn, le S44W.
    Mon nouveau joujou a un écran 3 pouces. Je suis heureux de revenir à l’interface AU, à ezweb et aux émoticons colorés et animés (ceux de i-mode/docomo sont d’une tristesse…). J’avais pris l’habitude d’utiliser le lapin pour “Kaikai” (ceux qui connaissent Murakami Takashi comprendront), mais il n’y a pas de lapin avec DOCOMO. Bref, dès le départ, mon NEC m’a mis mal à l’aise… Ca tient à peu de choses, hein !

    Ca y est, c’est vraiment le printemps, et cette année j’ai plus de chances que l’an dernier : mes week-end sont ensoleillés. Je n’en ai guère profité hier, préférant rester à la maison : ça fait beaucoup de bien, aussi.
    La grande aventure de la dernière semaine, ça a été la réinitialisation de mon ordinateur. J’ai été, je crois avec certitude, haqué et “colonisé”. J’ai donc patiemment fait un “grand ménage” puis tout réinstallé. Vous savez quoi ? J’ai gagné 10 Go ! Bref, mon disque dur était squatté. Il faut se méfier du Wifi… J’ai donc nettoyé puis installé un pare-feu pour limiter les dégâts à l’avenir…

    A part cela, mercredi la semaine dernière était férié : nous sommes allés nous promener à Kamakura. Il a fait très beau (je vous préparerai un album… patience…). Nous avons visité encore un autre quartier de la ville et découvert de nouveaux temples. Cette ville à proximité de Tôkyô est une merveille et je ne peux que conseiller sa visite quand vous passez par chez nous.
    Les cerisiers n’étaient hélas pas encore en fleur : c’est cette semaine que cette grand-messe recommence. Moi-même j’attends cela et c’est encore une surprise quand j’apperçois ces ciels de fleurs blanches et roses. C’est vraiment très joli. Les cerisiers passés, la ville deviendra verte jusqu’à cet automne et nous nous orienteront irrésistiblement vers les températures et le climat humide de l’été japonais. Avril est une saison de rêve, bordée de fleurs et de douceur.

    Le grand truc de mon Sony c’est la télé “one-seg”, c’est à dire la télé numérique. Pas par internet, non, la vraie TV, en 16/9 et en stéréo, qu’on peut enregistrer sur le disque dur du téléphone. Gratuite. La radio FM bien sûr, mais aussi “one-seg”, la radio du futur. Il y a aussi tous les gadgets habituels, comme le lecteur de documents, le lecteur de vidéos et de musique, les cartes de crédit et de transport intégrées, deux vrais haut-parleurs et une prise casque stéréo, un navigateur web, 3 megapixels et l’auto-focus… Ordinaire, quoi ! Je l’aimais vraiment pas, mon NEC… AU est moins cher tant pour les “packets” que pour les communications. Quelqu’un a posté une fois à propos de Willcom. Mais je ne donne pas mon argent aux familles Bush et Ben Laden (Carlyle Investissment).

    Je suis la campagne électorale, le soir tard, principalement.

    De Tôkyô,
    avec Ségolène,
    Suppaiku

    Post scriptum : les paroles de la Marseillaise
    Note : les “étrangers” de cette chanson sont les Français qui, (un peu comme Johnny Hallyday et quelques autres…) ont quitté le territoire car ils refusaient la révolution et ont de l’étranger préparé la guerre contre la République. Cette chanson est le chant de l’armée de Marseille qui part au front défendre la Révolution.
    Il y a même un couplet de la fraternisation : Français, en guerriers magnanimes, Portez ou retenez vos coups ! Epargnez ces tristes victimes, A regret s’armant contre nous.
    Les responsables des guerres ne sont pas les peuples, “réduits à l’esclavage” mais “Mais ces despotes sanguinaires”.

    Paroles et musique de Rouget de Lisle (1760-1836)

    Allons enfants de la Patrie,
    Le jour de gloire est arrivé !
    Contre nous de la tyrannie,
    L’étendard sanglant est levé, (bis)
    Entendez-vous dans les campagnes
    Mugir ces féroces soldats ?
    Ils viennent jusque dans vos bras
    Egorger vos fils et vos compagnes !

    Refrain
    Aux armes, citoyens,
    Formez vos bataillons,
    Marchons, marchons !
    Qu’un sang impur
    Abreuve nos sillons !

    1
    Que veut cette horde d’esclaves,
    De traîtres, de rois conjurés ?
    Pour qui ces ignobles entraves,
    Ces fers dès longtemps préparés ? (bis)
    Français, pour nous, ah ! quel outrage
    Quels transports il doit exciter !
    C’est nous qu’on ose méditer
    De rendre à l’antique esclavage !
    (au Refrain)

    2
    Quoi ! des cohortes étrangères
    Feraient la loi dans nos foyers !
    Quoi ! ces phalanges mercenaires
    Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis)
    Grand Dieu ! par des mains enchaînées
    Nos fronts sous le joug se ploieraient
    De vils despotes deviendraient
    Les maîtres de nos destinées !
    (au Refrain)

    3
    Tremblez, tyrans et vous perfides
    L’opprobre de tous les partis,
    Tremblez ! vos projets parricides
    Vont enfin recevoir leurs prix ! (bis)
    Tout est soldat pour vous combattre,
    S’ils tombent, nos jeunes héros,
    La terre en produit de nouveaux,
    Contre vous tout prêts à se battre !
    (au Refrain)

    4
    Français, en guerriers magnanimes,
    Portez ou retenez vos coups !
    Epargnez ces tristes victimes,
    A regret s’armant contre nous. (bis)
    Mais ces despotes sanguinaires,
    Mais ces complices de Bouillé,
    Tous ces tigres qui, sans pitié,
    Déchirent le sein de leur mère !
    (au Refrain)

    5
    Amour sacré de la Patrie,
    Conduis, soutiens nos bras vengeurs
    Liberté, Liberté chérie,
    Combats avec tes défenseurs ! (bis)
    Sous nos drapeaux que la victoire
    Accoure à tes mâles accents,
    Que tes ennemis expirants
    Voient ton triomphe et notre gloire !
    (au Refrain)

    6
    Nous entrerons dans la carrière
    Quand nos aînés n’y seront plus,
    Nous y trouverons leur poussière
    Et la trace de leurs vertus (bis)
    Bien moins jaloux de leur survivre
    Que de partager leur cercueil,
    Nous aurons le sublime orgueil
    De les venger ou de les suivre
    (au Refrain)

  • Vous savez quoi ? J’écoute Vivaldi !!!

    Vous savez quoi ? J’écoute Vivaldi !!!

    Un peu tard le matin, le soleil brille sur Tôkyô, il fait doux. Dans mon quartier les cerisiers fleurissent et j’ai découvert que la rue qui mène à la maison en est bordée : quelle chance cela va t-être dès ce milieu de semaine !
    La semaine commence bien. Je suis en train de prendre mon petit déjeuner, assis sur le tapis devant mon canapé. En fond sonore, des concertos de Vivaldi, Carmignola au violon avec l’Orchestre Baroque de Venise.
    Depuis l’enfance, Vivaldi a été comme un refuge, sa musique m’exprime mieux que moi même je ne le ferai jamais. Il est bavard, cassant, terriblement vivant, débordant. Dedans l’enfance, les “saisons” achetées au hazard sur les boulevards avec ma mère, j’avais alors peut-être 9 ans, et que nous lisions sur l’espèce de mammouth à lampe que mes parents avaient acheté d’occasion pour avoir un peu de musique à la maison et qui fut remplacé un peu plus tard par un électrophone stéréo : il m’arrivait de m’installer religieusement au milieu des deux enceintes pour essayer de saisir quelque chose en plus, je rêvais devant les chaînes “hifi” du Conforama et un jour je tombai sur une brochure avec des photos d’un matériel qu’il n’y avait pas au Conforama et qui parlaient d’”audiophilie”, de matériel qui permet de mieux retrouver la sonorité des instruments… J’ai commencé à faire de la flûte traversière à 11 ans avec monsieur Labvros Caravassilis. On m’a offert pour un noêl les concertos Op. 10 et le noêl d’après les concertos pour Piccolo, les deux interprétés par Maxence Larrieu. Monsieur Caravassilis me reprochait de trop bouger quand je jouais. C’est moi pourtant qui avait raison, mais ça, à l’époque, je ne pouvais pas le savoir…
    La musique de Vivaldi, à l’époque, c’étaient quelques enregistrements, souvent interprétés par I Musici ou I Solisti Veneti. Karajan aussi s’y était essayé. Une musique élégante. Pourtant, ce que j’y aimais n’était pas cette élégance et cette douceur des violons. C’était plutôt la présence d’une guitare cachée au milieu de l’orchestre et, si souvent, cette cassure d’une mélodie pleine d’entrain, ces 10 à 15 secondes de fragilité ou de tristesse profonde qui m’arrachait des larmes : je sentais au coeur de cette musique une infinie violence de sentiments que pourtant l’interprétation s’efforçait de gommer…
    Jamais je n’ai fait mal à quelqu’un comme j’en ai fait à Monsieur Caravassilis qu’en ne me rendant pas au concert de fin d’année. Je jouais en trio, il a attendu jusqu’au bout : il me faisais confiance. Jamais moi-même je ne me suis fais aussi mal que ce jour là, mais je ne l’ai compris que plus tard. Ce qui m’est arrivé depuis n’est rien en comparaison, peut-être même cela est il l’effet de cela… Allez savoir… J’allais avoir 18 ans…
    Le jeune rocker a au tournant de ses 20/21 ans, vers 1986, mis la main sur une chaîne “hifi” des années 70. J’habitais seul. Il n’étais plus très rocker et avait envie de varier ses plaisirs.
    Je me suis acheté des disques parmi lesquels des concertos de Bachs (2, 3 et 4 clavecins). Une interprétation en béton : Raymond Leppard ! Faisant la rencontre d’un gars qui aimait la musique, je l’invite chez moi et je mets le disque sur la platine. Il me demande de retirer immédiatement le disque, me dit qu’il préfèrerait encore que ce soit du piano. J’allais rentrer de plein pied dans une guerre qui faisait rage et dont j’ignorais tout vu mon jeune âge et mon origine socio-culturelle.
    Le lendemain, je m’aventurais chez Joseph Gibert décidé à trouver, d’occasion, un de ces enregistrements “sur instruments anciens”, assez sceptique. J’achetais un disque avec une couverture vulgaire, argentée, un Éole soufflant son vent dévastateur. Trevor Pinnock, The English Concert. Il y avait un Diapason d’Or, un Choc de la Musique, un R de Répertoire. C’était l’oeuvre que je connaissais le mieux dans ma piètre culture musicale : les 4 saisons, Vivaldi.
    Je mis le disque sur la platine. Ma première réaction a été de détester, vraiment. Non, mais qu’est ce que c’est que ces sagouins qui accélèrent à tout bout de champs (32 minutes le tout au lieu des classiques 50 minutes…), et ces sons qui grinçaient dans tous les sens… Pourtant, alors que je raccrochais mon téléphone après une conversation où je faisais part de ma déception après un mauvais achat, quel ne fut pas mon choc en découvrant que l’on pouvait exprimer un orage, le vent, la chaleur et la violence. Je restais sans voix, je me mis à pleurer, j’étouffais vraiment : pour la première fois, j’écoutais ce que j’avais toujours entendu dans cette musique et que les interprètes s’étaient évertués à me dissimuler dans tant d’interprétation édulcorées.
    Vivaldi était un compositeur violent.
    Voilà, j’avais mis un pied dans un territoire nouveau qui allait donner un sens à ma vie. C’est de ce choc que j’ai puisé d’abord une curiosité vague pour une époque, puis l’énergie de reprendre des études à l’Université, quelques 7 ans plus tard, après m’être imprégné de cette culture du 17ème et du 18ème siècle, la culture Baroque.
    Aujourd’hui, des oeuvres de Vivaldi, j’en ai plus que de raison ! C’est qu’il en a écrit, de la musique, et c’est que les interprètes baroques ne se privent pas. C’est ainsi que le label Opus 111 enregistre une “intégrale Vivaldi”, un projet ambitieux qui coure sur pas moins de 10 ans : concertos, sonates, opéras, oratorios et messes…
    Vivaldi est aujourd’hui ma maison. Il continue de me surprendre. Il était à la fois farceur, tendre et cruel et, comme le veut le style de son temps, inattendu. Très loin de cette “élégance” de répondeur téléphonique. Les instruments anciens, mais aussi l’interprétation “à l’ancienne” restituent ces sentiments à merveille, ce qui est assez logique, finalement.
    J’écoute Vivaldi, du dehors rentre un grand soleil. J’ai ouvert la fenêtre, le bruit du métro et des voitures emplit la maison, le vent fait bouger les rideaux. J’écris. Un violoncelle gambade allègrement en racontant ses histoires à ses copains les violons qui ne manquent pas de répondre, objecter et parfois soulever quelques questions hardues. Ce n’est pas grave : c’est un concerto et c’est donc le violoncelle qui aura le dernier mot !
    De Tôkyô,
    le disque terminé,
    Suppaiku

  • Pour le plaisir d’écrire…

    … et de vous poster encore quelques photos prises ces derniers jours…
    Je vous rappelle que je travaille mon album photos, ICI (site disparu, hébergé par mac.com, 10 février 2016)
    … et que vous pouvez cliquer sur les photos ci-dessous pour en avoir un agrandissement (inactivé)

    Visite à Tôkyô de TB (lejapon.org) pour sa première fois. A la découverte de Shibuya… Il est arrivé à Sapporo puis est passé à Aomori. Il a quitté Tôkyô dimanche pour Nagoya (il y a retrouvé Icebreak) avant de continuer par Kyôto jusque finir ce week-end vers Miyajima… Peut dépaysé disait-il… Les doramas, ça vous blase un homme ! Cela étant, il remarquait fort judicieusement que s’il connaissait le Japon par les images, les sons et encore plus les odeurs ne lui étaient pas familiers. Je lui ai dit, et Heiho son acolite de voyage a confirmé, c’est souvent au moment où le Japon semble le plus ordinaire (entendre, toutes les apparences d’un pays occidental développé) qu’on a des chances d’être le plus surpris…

    Elle est partout, à Shibuya. Une horreur. Non seulement on a le sentiment que le chirurgien esthétique a abusé du bistouri pour “ouvrir” l’oeil, mais sa présence (subie) dans le métro, sur les immeubles et dans les oreilles lui donne un aspect de “big brother” (euh… big sister) qui vous précipite au bord de l’écoeurement. Ayumine se contente pas de ne pas avoir de voix : elle n’a pas de visage. Vous la voyez là, la mine “rajeunie” par un maquillage, des scalpels et une coupe de cheveux ainsi qu’une pose qui “suggèrent” plus qu’ils ne rappellent son premier album, et dans une semaine elle apparaîtra avec une autre visage, ici “vamp”, là “putain” ou encore caissière de supermarché, star de cinéma hollywoodien, le visage sans cesse recomposé. Blonde cinq ans, elle a été brune l’an dernier avant de poser chatain ici et reblonde par là… Elle ne m’est pas antipathique; je la trouve juste effrayante…

    Ginza. Exit le grand panneau Vodafone, la société ayant quitté le Soleil levant après le rachat du réseau par le conglomérat financier SoftBank (propriétaire entre autre de Yahoo…). Bienvenue à Ricoh! Ginza reste Ginza. Un quartier finalement sans trop d’intérêt, qui tourne en rond sur lui même entre restaurants et boutiques de luxe. Pourtant, j’aime finalement y travailler. Le dimanche y est agréable et j’aime le côté “élégant”. Ca me repose un peu de la foule grise, morne et sans sourire du métro de Tôkyô.

    Tôkyô-Dôme, sa “grande roue”. Simplement le truc le plus spectaculaire que je connaisse. Pour 1,000 yen, une chute verticale de 80 mètre dans le vide ! Waouw… Temps globalement ensoleillé sur Tôkyô.

    Izakaya jeudi dernier avec Heiho, TB et Capray (lejapon.org). Oden : des oeufs et divers sortes de boulettes et légumes cuits dans un bouillon, que l’on mange avec de la moutarde. Le plat d’hivers par excellence. Léger comme tout, mais qui réchauffe. Un de mes plats préférés au Japon avec les sobas. J’ai loupé mon dernier train !

    Rabatteurs à Shibuya. Ca fait parti du fond sonore et du paysage, ces gars et ces filles qui vous proposent restaurants, bars, discothèques, verres de contact et autres karaoke à la sortie des gares ! Ils vous sautent dessus avec leur sourire charmeur, leurs formules de politesses toutes les mêmes et vous accompagnent quelques pas le temps de détailler le package (boisson ou repas à volonté, réduction, etc…). Un peu plus loin, en rentrant dans le quartier proprement dit, d’autres rabatteurs parfois moins sympathiques apparaissent : rabatteurs africains pour les peep shows, jeunes gars en costard et cheveux long décolorés qui suivent les filles en proposant soit un bar à Hosts, soit du travail dans un bar à Hostess… Et puis les éternels rabatteurs des magasins, ici pour les téléphones portables, là pour un fournisseur internet, plus loins pour les 100 yens de rabais sur le menu Hamburger special de chez … ! Un pays de sons, bruyant. On s’y fait… Je trouve même un certain charme à toute cette animation. Je prends le métro et en 20 minutes je retrouve la tranquilité reposante de mon quartier.

    Au Japon, peu de risques de se faire voler son porte-feuille. Alors il n’est pas rare de voir un salarié qui, après avoir un peu trop bu à la sortie du travail avec ses collègues, s’avachit sur un banc voire même par terre et commencer à dormir. Moi, ça m’amuse beaucoup. Quand j’étais petit, ma mère me disait que c’était mal élevé de dormir devant les gens. Les Japonais sont extrèmement mal élevés !!!!!

    De Tôkyô,
    regonflé,
    Suppaiku