Hors coût sanitaire en cas d’accident.
Catégorie : le Blog de Suppaiku, Tôkyô
Journal d’un Solitaire Sociable et Moderne de Paris et Londres à Tôkyô et …
La forêt de Tchernobyl…: 15 avril
Je n’avais pas vu passer l’information: la forêt autour de Tchernobyl est en feu depuis deux semaines.C’est comme cette pandémie. Ça fait 10 ans que je lis régulièrement une alarme sur un possible grand incendie de forêt. Pas à cause du sarcophage qui protège la centrale, certainement très solide. Mais à cause du lit de feuilles sèches accumulé sur des années et gavé d’éléments radioactifs ainsi que des décharges de saloperies laissées sur place après l’évacuation de la zone, remplis de trucs hyper radioactifs.Ça n’a pas l’air d’être pour cette fois-ci, le feu est contrôlé et la radioactivité dégagée reste minime.Cela étant, pour la populations avoisinante…La prochaine fois qu’on vous dit que l’électricité nucléaire n’est pas chère, pensez aux 700 milliards de dollars ensevelis en 30 ans pour « sécuriser » la centrale sans pour autant y être totalement parvenu (ici, un risque d’incendie).Songez au prix du stockage des déchets (site de Bure, 35 milliards d’Euros hors frais de transport et dépôts du combustible).Le second sarcophage seul de Tchernobyl a coûté 1,5 milliards de dollars, multipliez par le nombre de réacteurs en service (on « sécurisera » certainement nos centrales comme ça, on n’a pas la technologie pour les démonter et ça coûterait aussi cher que pour Tchernobyl), soit 54 et vous obtenez le prix réel du nucléaire, hors coût de construction et de production.Bientôt le mois de Ramadan: 15 avril
Dans une semaine est la nouvelle lune et avec elle commencera le mois de Ramadan.Il y a 2 ans, je faisais Ramadan pour la première fois et pour dire merci à mon père. Ça a été une expérience unique et sensible à laquelle je ne m’attendais pas.L’an dernier, j’attendais Ramadan comme un enfant gâté, avec impatience, et j’ai été déçu car j’attendais quelque chose qui n’est pas venu, mais j’ai tenu.Cette année je n’attends rien. Je vais accueillir ce mois pour ce qu’il est, le cœur ouvert comme l’avenir. Qu’importe ce qui adviendra, j’ai confiance.Bonne journée à toute et à tous.
Discours « Churchilien »? 13 avril
« Le » discours « churchillien » d’Emmanuel Macron a donc été un interminable et insupportable gloubiboulga insipide, verbeux, et qui d’un strict point de vue rhétorique ne dépassait pas le niveau d’une rédaction d’un élève de CE2 s’essayant parfois, au début et vers la fin, à « faire du Elisabeth » avec des trémolos et sans jamais s’empêcher d’en remettre une ou deux couches juste histoire de bien nous faire comprendre que « je » compatit.C’était décousu, et au milieu de ce vide, ça a dû créer de la panique chez les enseignants à qui Jean-Michel Blanquer avait annoncé que les écoles seraient fermées jusqu’en juin et qui ont appris au détour d’une lamentation que les écoles rouvriraient le 11 mai.
Et revoilà à n’en pas finir ce « je » protecteur permanent, celui avec lequel il a commencé à inonder Tweeter et dont la seule référence historique que je connaisse soit Pétain, avec des élans de trémolos et des tartines de compassion qui faisaient le plus bel effet avec son bronzage.
Au delà du verbiage imbuvable, avec des énumérations insupportables de professions devenant pour l’occasion des premières, deuxièmes et troisièmes lignes pour coller à sa vision martiale pseudo-militaire, au delà d’une fausse reconnaissance des défaillances aussitôt assaisonnée d’un « c’est comme ça dans le monde entier » et de « on ne pouvait pas prévoir » destinés à le dédouaner et le déresponsabiliser de tout, juge et partie à la fois, voilà un « on en tirera les leçons » aussitôt pondéré par le rappel que c’est lui qui s’en chargera le moment venu.
Un discours imbuvable, donc, un brassage de vide total destiné avant tout à combler son propre vide, à tenter de reprendre la main en tentant de se placer pour un après qui aura les contours des préparatifs pour l’élection présidentielle.
La seule vraie annonce finalement, c’est la façon dont la fin du confinement va se passer. En demandant aux personnes âgées de rester chez elles, en annonçant un retour à la normale dès le 11 mai ainsi qu’une politique de tests « ciblée sur les personnes présentant des symptômes et les personnes à risques » et non pour toute la population qui le souhaite, Emmanuel Macron annonce sans le dire sa décision de laisser circuler le virus pour atteindre une immunité de groupe en pariant que si seuls les moins âgés et les jeunes sont contaminés les hôpitaux pourront faire face. Ce faisant, il permettra le redémarrage de l’économie, une petite musique qui a ponctué ce « discours » à plusieurs reprises.
Un redémarrage qui, toutefois, se fera « dans le respect des gestes barrière », ce qui veut dire sans manifestations, bien entendu.
Pour moi, cette stratégie non dite de l’immunité de groupe, c’est la seule annonce que j’ai entendue.
Tout le reste, c’étaient 24 insupportables minutes, la montagne qui accouche d’une puce.
Décidément, n’est pas Churchill ni Elisabeth qui veut.
L’actu du 9 avril 2020
10.869 (données sujettes à caution, les remontées des chiffres des EHPAD n’étant « pas remontées »)
Les nouvelles du jour.
– Mauvaise nouvelle. Chine. Le R0 du Sars-cov2 semble avoisiner 5,7 et non 2,8 comme reporté avant. C’est donc un virus hautement contagieux. En l’absence d’un vaccin, il faudrait que 80% de la population soit contaminée pour que le virus disparaisse.
– Bonne nouvelle. Chine. Il semblerait d’après des modèles statistiques utilisant les données de l’épidémie que le nombre de personnes contaminées asymptomatiques soient fortement sous-estimées, peut être dans un rapport de 80%. Le WHO en conclut qu’il est fondamental de tester.
– Mauvaise nouvelle. Corée. La Corée rapporte 53 cas de personnes déclarées guéries qui ont ont fait l’expérience d’une résurgence du virus, certaines retombant malades jusqu’à la mort. Les médecins et épidémiologistes continuent leur recherches pour savoir s’il s’agit d’une résurgence du virus ou d’erreurs de diagnostics.
– FMI. Le Fond Monétaire International estime que l’impact de l’épidémie sur l’économie mondiale pourrait être plus fort que le krach de 1929 et qu’au cas où l’épidémie s’estompait à l’automne il faudrait attendre au mieux le premier semestre 2021 pour que s’amorce un début de reprise économique sur lequel planera la crainte d’une résurgence de l’épidémie.
– Subsistance. La menace alimentaire doit être prise au sérieux. Cette année, de nombreuses parties du globes ne devraient pas pouvoir atteindre leur subsistance: commerce mondial entravé, baisse des récoltes, tensions sur les prix, guerre commerciale pour mettre la main sur les stocks etc
– Marchés interbancaires. Le plus gros risque est le risque sur les marchés de crédits (immobilier, entreprises, cartes de crédits et les crédits dérivés liés). Cette fragilité pousse la FED a multiplier les achats de titres toxiques et à inonder le marché de liquidités pour éviter une contraction du crédit qui entraînerait des faillites bancaires et un effondrement total du système financier.
Bonne fin de journée.
(In Bloomberg).Irresponsabilité: 9 avril 2020
10.869 (données sujettes à caution, les remontées des chiffres des EHPAD n’étant « pas remontées »)
Divergence de vues entre la gouverneure de Tokyo, Mme Koike et le gouvernement du premier sinistre Abe. Mme Koike veut limiter les ouvertures d’établissements aux strict minimum et demander la fermeture des salons de coiffure, des bars, cafés, restaurants, écoles de soutien scolaire etc.
Le gouvernement et le premier sinistre Abe freinent des quatre fers car ils ont peur pour l’économie et parce que ça coûterait cher. En effet, leur « plan de relance » merdique de 20% du PIB est avant tout un saupoudrage destiné à sauver les copains en faisant couler le cash à gogo, mais n’aidant en rien les petits commerces, les petites entreprises et leurs employés. Aucune garantie de salaires, aucune garantie des crédits, aucune suspension des paiements du gaz, de l’eau et de l’électricité comme en Europe.
Bien que très modérée dans son approche de « l’état d’urgence », Mme Koike est parfaitement consciente que pour fonctionner et être le plus court possible, l’état d’urgence doit permettre de réduire l’activité au strict minimum, et surtout qu’il doit permettre d’éviter qu’une accélération de l’épidémie de vienne ébranler le (minable, ridicule, inopérant) « système de santé » (les guillemets sont de rigueur car l’épidémie prouve d’ores et déjà son inadéquation puisque déjà deux hôpitaux sont fermés pour cause d’infection de tout le personnel et cela sans que ces hôpitaux n’accueillent de malades, mais simplement parce que le corps médical lui-même n’a rien pigé…).
En s’opposant à l’approche de Mme Koike, le gouvernement prépare un désastre sanitaire et économique dont seule une aide médicale et économique chinoise pourront limiter les dégâts. Et comme pour la bande de vieux crevards au pouvoir ce sera quelque chose d’inconcevable, ça s’apprête à être une boucherie.
La population japonaise est composée à 30% de personnes de plus de 65 ans.Tôkyô-naufrage: 8 avril
10.328 (dont 3.237 en EHPAD) Photos S.B. ce matin.
(matin) Photos prises à Lemmingland au lendemain de la déclaration de l’état d’urgence. Comme je le disais hier, c’est uniquement de la communication à usage international, cet « état d’urgence ». En fait, les gens vont travailler, les hôpitaux ne testent pas, de toute façon de plus en plus d’hôpitaux rapportent des taux incroyables de contamination. Et comme ici on devient docteur ou infirmière (ici, ça reste très genré) parce que ce sont des métiers élégants, je vous raconte pas l’état de panique du côté des Lemmings des hôpitaux. Ici, tout est mensonge destiné à faire passer ce pays pour ce qu’il n’est pas. Et la population risque de la payer au prix fort. Bref, ne croyez pas les bêtises qu’on vous raconte sur ce pays. C’est faux.
10.328 (dont 3.237 en EHPAD) Photo S.B. ce matin.(vers 18 heures) Japon, Région Kantô.
+ 144 sur Tokyo pour un total de 1339 (+78 pour un total de 521 le 1er avril)
+ 43 à Kanagawa pour un total de 332.
+ 16 à Chiba pour un total de 308.
+ 2 à Saitama pour un total de 218.
Les quatre grands départements de la région du Kantô totalisent officiellement 2197 personnes contaminées dont 205 uniquement aujourd’hui.
Étant donné le peu de personnes testées, vu que ce matin les trains étaient aussi bondés qu’habituellement et comme cet “état d’urgence” destiné à montrer au monde que “le Japon fait quelque chose” est aussi crédible qu’une pièce de Shakespeare mise en scène par Hanouna avec Afida Turner et Jean Marie Bigard, je vous laisse déduire.
Puisse Allah rempli de sa miséricorde tourner son regard sur ces pauvres âmes victimes d’un gouvernement cupide et corrompu.Titanic-Japon: 7 avril 2020
J’habite dans un pays où ni tests ni confinement ne sont prévus. Juste un « état d’urgence » qui à mon avis tient beaucoup plus a de la communication à usage international (« on fait quelque chose ») devant l’inquiétude qui monte dans les chancelleries qu’à une réelle volonté d’attaquer le problème.
Dans le métro aujourd’hui, aucune différence. Hier, j’ai entendu les sirènes plusieurs fois.
On va vous dire « le Japon fait enfin quelque chose ». C’est faux, c’est juste encore une fois du Tatemae international.
La réalité, c’est que le virus se propage dans tous les hôpitaux, preuve que des malades sont allés consulter avant d’être renvoyés chez eux sans être testés.
La réalité, c’est que la chaîne d’hôtels vides et criblés de dettes APA, dirigés par une vieille conne d’extrême-droite proche du parti au pouvoir, va se faire de la thune en accueillant des patients pour palier aux manques de lits.
La réalité, c’est que les bars à putes, les salles de jeux d’argent, les clubs tenus par la mafia ne fermeront pas.
La réalité, c’est que le marché noir du masque se porte bien.
La réalité, c’est que l’état d’urgence n’empêchera pas les entreprises de continuer à tourner, comme là où je travaille.
La réalité, c’est qu’aucune mesure de chômage partiel n’a été décidée, l’état va arroser les grosses sociétés mais rien n’est réellement prévu pour payer les salaires en cas de fermeture. Juste des prêts.
La réalité, c’est qu’il y aura autant de gens dans la rue car le gouvernement « ne veut pas restreindre les libertés individuelles », ce qui n’empêche pas ce gouvernement d’avoir adopté des lois contre les journalistes.
La réalité, c’est que le ministre des finances a déclaré à plusieurs reprises que ce serait mieux si les vieux mouraient.
La réalité est que ce gouvernement n’a pour seul soucis que l’économie. Il se fout de sa population. Ce sont quasiment tous des gosses de bourgeois nationalistes et criminels de guerre de Classe A. Des gros cons.
Le Japon n’est pas le pays que vous croyez, le Japon est un mensonge planqué derrière une apparence soigneusement travaillée, et tout le monde gobe.
Et qui après la grosse baffe qu’il va s’infliger lui-même recevra l’humiliation du siècle quand il devra accepter l’aide sanitaire et financière de la Chine.
Ce qui sera un spectacle véritablement jouissif.
En attendant, après l’Allemagne et les USA, l’Ambassade de France nous recommande de quitter le navire si on peut parce qu’ils savent pertinemment que ça va être une boucherie.
« Message de l’ambassade:
Ces derniers jours, l’augmentation du nombre de personnes infectées par le Covid-19 s’est accélérée au Japon, notamment dans les grands centres urbains, à commencer par Tokyo ou Osaka. Même si le nombre de cas demeure encore relativement faible par comparaison avec la situation en Europe ou aux Etats-Unis, la pratique de dépistage ne facilite pas une évaluation précise de la propagation du virus au Japon. Dans certaines grandes villes, comme à Tokyo, une tension sur le système de santé commence à se faire jour.
En conséquence, l’ambassade de France à Tokyo et le consulat général de France à Kyoto ne peuvent que réitérer leurs recommandations :
– les Français de passage au Japon sont invités à regagner au plus vite leur lieu de résidence habituelle sur le territoire national tant qu’il existe encore des vols commerciaux ;
– tous les Français, y compris ceux qui résident au Japon, sont vivement encouragés à respecter les consignes des autorités locales qui, dans un nombre croissant de municipalités et de préfectures, recommandent d’éviter les sorties non indispensables, en particulier le week-end et en soirée, de limiter certains déplacements ou d’avoir recours au télétravail.
L’ambassade de France à Tokyo et le consulat général de France à Kyoto restent pleinement mobilisés au service de tous les Français se trouvant actuellement au Japon.
Laurent Pic
Ambassadeur de France au Japon »

MERCI MACRON: 3 avril
https://www.youtube.com/watch?v=OT1BMiXqhjI
Le ministère de la propagande du gouvernement français lance sa campagne « merci » sur fond pré-électoral « bleu et rouge » de « France Unie », une sorte de mauvais poisson d’avril.
Alors oui, merci.
Merci pour avoir aidé à délocaliser. À défiscaliser. À supprimer 130.000 lits d’hôpitaux en 20 ans. Pour avoir réduit le budget de la santé de 12 milliards d’euros en 30 ans. Pour avoir supprimé des dispensaires, de petits hôpitaux, des centres de soins.
Oui, merci. Pour avoir privatisé les laboratoires, réduit les budgets de la recherche et laisser filer la production de médicaments dans des pays à bas coût. Pour avoir réduit l’impôt sur les sociétés et sur les plus-values et donc appauvri l’état, l’avoir obligé à couper les budgets tout en remerciant les spéculateurs.
Encore une fois, merci. Pour avoir refusé de payer les heures supplémentaires des soignants, des pompiers. Pour avoir introduit la tarification au soin à l’hôpital pour encore plus réduire les budgets.
Oui, merci. Pour avoir dit de nous que nous étions « ceux qui ne sont rien » et que le secteur social « coûtait un pognon de dingue ».
Merci pour avoir bradé un conseil des ministres sur le coronavirus pour faire passer en force la loi sur les retraites.
Mille fois merci. Pour ne pas avoir managé l’épidémie depuis décembre alors que la ministre « savait ». Et pour avoir organisé le premier tour de l’élection municipale.
Et puis merci encore. Pour réduire encore plus les libertés publiques en peau de chagrin et suspendre, fait inédit dans l’histoire, notre constitution au moment où nous en avons le plus besoin.
Et encore merci pour le discours de guerre, la désignation de boucs émissaires dans les quartiers populaires où à la promiscuité des logements se double les humiliations policières au cœur de déserts hospitaliers.
Merci, merci pour suggérer que la moindre critique, la moindre opposition est un acte de trahison.
Merci pour tout, oui, vraiment.
Vous devriez nous remercier de vous supporter mais rassurez-vous, vous n’en aurez pas besoin.
On ne vous supporte plus.
Et quand le temps sera venu, nous aussi, nous vous remercierons.J’ai pas peur: 2 avril 2020
https://www.youtube.com/watch?v=sP1KgCIjiGs
Tôkyô. Ou plutôt Azamino, ville de Yokohama, département de Kanagawa, à côté de Tôkyô. En fond, une ambulance passe. Depuis quelques jours, c’est comme un ballet d’ambulances. Hier, on n’a reporté « que » 66 nouveaux cas pour Tôkyô. On en attendait plus, les médias ont soufflé et on a pu oublier qu’il y a une semaine ce n’était « que » 10 ou quinze personnes chaque jour. Il n’y a que 100 lits disponibles en réanimation, le bateau coule mais c’est business as usual. Une sorte de guerre sourde entre la gouverneur de Tôkyô Mme Koike et le premier sinistre Abe. Elle veut le confinement, lui, il veut les jeux olympiques.
Chaque jour, de cette guerre on voit la stratégie de Mme Koike à l’oeuvre, elle parle de confinement probable, il la contredit en disant que ce n’est pas le moment. Elle a sorti une nouvelle arme: Tokyo a publié le nombre de cas par arrondissement. Pour certains, la menace s’est faite plus proche, presqu’intime.
Une étudiante que j’apprécie beaucoup m’a contacté, elle m’a parlé des contaminations en hausse, son ton était inquiet. C’est triste, mais c’est bien, une prise de conscience a lieu, peut être plus particulièrement chez les femmes, ces grandes perdantes de la vie sociale japonaise, mais en réalité celles à qui incombent la dure tache de prévoir les coups durs pendant que leur bonhomme s’esquinte la vie au travail. Ce sont elles qui stockent, paie, économisent, cuisinent. La (vraie) femme au foyer japonaise a un instinct aiguisé. Elle sait, elle le renifle, elle le sent, le danger. Je dis la vraie, je ne parle pas de la fainéante qui se fait entretenir, qui ne veut pas d’enfants et ne fout rien de la journée à part du yoga, des cours de tchèque, des voyages et des restaurants. Non, je parle de celle qui prend cette assignation au sérieux, comme un vrai travail, avec des responsabilités. Comme ma mère, quoi.
Moi, j’ai aidé à la création d’une pétition pour demander le confinement. J’ai écrit le texte français, un ami l’a traduite en anglais et une japonaise en japonais. Ce n’est pas moi qui ait eu l’idée, mais c’est une bonne idée.
Pour le reste, ben comme je l’ai dit, ça va bien, j’ai passé le cap de la peur, de l’effroi, je ne m’intéresse plus que de façon très éloignée à l’épidémie et je suis plongé dans l’actualité financière. Parce qu’après, ce ne sera pas ce « retour de l’état » qui fait rêver la gauche, oh que non. Moi, je suis prêt. J’ai mon plan. Ma vie? Qu’est-ce que c’est ma vie. Peut-être je vais mourir, peut-être je vais me retrouver à la rue, qu’importe. Je suis un roseau, je plie, et on verra bien.
J’ai pas peur… J’ai pas peur… I’m not scared, I’d go anywhere…

10.328 (dont 3.237 en EHPAD) Photos S.B. ce matin.
10.328 (dont 3.237 en EHPAD) Photo S.B. ce matin.