Je vous reviendrai plus tard, ce soir ou demain, je ne sais pas trop encore. Je vais essayer de poster un billet par jour, comme en décembre je l’ai fait, avant le coronavirus, à l’époque où j’ai commencé à prendre l’habitude de me lever vers 6 heures, quand j’ai acheté ma flûte, quand je n’avais pas peur du lendemain comme j’ai pu l’avoir à partir de mars, peur de perdre mon travail, de rentrer en France en catastrophe, ce fichu privilège de tout penser plus vite, cette fichue habitude de dévorer de l’information et de synthétiser au quart de tour en se fichant des commentateurs et des journalistes qui finalement ne font que régurgiter l’air du temps.
J’ai compris dès ma lecture de cette information Bloomberg alors que j’étais à Kyôto – ce devait être le 30 décembre- qu’une armoire normande nous tombait sur la tête. Je me souviens avoir pensé que beaucoup de chinois venaient au Japon. Je n’ai pas pensé à une pandémie, juste une sorte de sensation, « mince, j’espère qu’il n’y aura pas beaucoup de chinois qui viendront », et puis en même temps, cette information « un nouveau type de pneumonie », je n’ai pas pu m’empêcher de penser à la première fois où j’ai entendu parler du SIDA, fin 1981, « une nouvelle maladie qui frappe les homosexuels aux USA ».
Alors, en janvier, j’ai suivi cette actualité, et je suis masqué depuis mi-janvier. D’ailleurs, au sujet du masque, j’ai écrit ce post, sur Facebook
« Le Gloubiboulga analphabète qui sait tout de tout et qui forme la conspirosphère alimente des crétineries toutes plus idiotes les unes que les autres au sujet du masque et dont le but est extrêmement simple: plus il y aura de morts, plus il y aura de colère, plus il y aura de colère, moins il y aura de confiance en la société, moins il y aura de confiance, plus les aberrations diverses et variées de la conspirosphère imprégneront les esprits.
Ils ont réclamé de la Chloroquine hier, ils critiquent les masques aujourd’hui, ils accuseront les états de génocide demain, ils s’opposeront au vaccin après demain, ils verront la main de groupes occultes partout et rependront leurs vérités délirantes « au nom du bien », « de Jésus » et surtout in fine « de la race blanche » car ça atterrit toujours par là.
C’est étonnant tous ces faux prophètes, tenants de vérités délirantes en ces temps troubles, ils sont le visage du mal au sens spirituel du terme, ils se nourrissent de la souffrance, de la mort, et la vie les a depuis longtemps abandonnés, la lumière a depuis longtemps déserté leurs cœurs, et les tristes foules qui les suivent s’enfouissent l’âme dans leur néant morbide…
Les mascophobes sont le juste produit de notre civilisation qui a fait de l’égoïsme le moteur même de son développement. Chfêskeujveucomjeuveu.
Il faut beaucoup d’amour pour son prochain pour porter un masque malgré la chaleur de l’été. Il faut beaucoup d’amour pour éviter que les anciens ne meurent après avoir souffert le martyr dans un hôpital après avoir été coupés des leurs. »
Je suis masqué, je le suis sans même qu’on me le demande car c’est comme cela qu’on fait pour se protéger et protéger l’autre de la grippe, chaque année. Ici, la grippe est une maladie presque honteuse, l’attraper, cela veut dire qu’on n’a pas fait attention, c’est un peu comme ne pas se laver les mains avant de manger ou après être allé au toilettes, c’est un peu comme garder ses chaussures à la maison ou ne pas prendre un bain avant de dormir et garder sa transpiration de la journée sur soi toute la nuit…
Mai a été redoutable, vraiment, une boule au ventre car je n’étais plus sûr de la solidité de mon école. Je ne le suis toujours pas beaucoup, mais c’est désormais totalement digéré.
Et me voilà à Kyôto, le coeur et l’esprit absolument tranquilles, d’ores et déjà reposés. Je vais juste remettre tout à zéro, tenter de perdre ces 9 kilos que j’ai pris depuis mars, retrouver l’énergie que j’ai laisser au fond de mon ventre, entassée quelque part où elle s’est nouée pour n’être plus qu’un poids lourd, mort, quel dommage. J’essaierai de revenir à Tôkyô prêt à me lever de nouveau à 6 heures, quoi qu’il arrive, et j’écris bien quoi qu’il arrive car j’ai compris que beaucoup risque désormais de nous arriver. Ce n’est pas grave, c’est la vie. Et raison de plus de faire ce que j’ai à faire.
Alors, cette semaine, je vais essayer de vous partager mes promenades en photographies et peut-être même en vidéos. Vous le méritez bien. Promettez-moi juste en échange de vous masquer pour protéger les autres, de faire attention à vous. Car il n’y aura finalement que nous pour prendre soin de nous.
Catégorie : le Blog de Suppaiku, Tôkyô
Journal d’un Solitaire Sociable et Moderne de Paris et Londres à Tôkyô et …

Reset personnel, à Kyôto

Quelques échanges FB de la semaine
Le Japon refuse le retour des résidents étrangers
Le Japon refuse à TOUS les étrangers, même icels étant mariés et résidents, payant leurs impôts, de rentrer au Japon. Des dizaines de milliers d’étrangers sont bloqués et ne peuvent retrouver leur vie ici « pour prévenir l’infection ». Cela n’empêche pas les japonais de rentrer au Japon et depuis le 1er juillet de retourner voyager en Europe. De plus, le Japon ne testant quasiment pas, les chiffres d’infection au Japon sont sujets à caution.
L’Allemagne a décidé d’interdire l’entrée ainsi que tout transit aux japonais par mesure de réciprocité. Bien fait, prend toi ça dans la tronche, et bravo!
Article japonaisChina is back…
Et soudain, émergeant des ruines d’une Amérique arrogante sur le déclin et gouvernée par un malade paranoïaque utilisant les ressorts les plus glauques dans la population, la Chine entre dans ses “années 20” avec une bourse conquérante appuyée par un appareil de production et des budgets de recherche/innovation incomparables.
Quand ça se cassera la gueule, par contre…
Article sur BloombergContamination full swing au Japon
Il y a un mois, la bande de crétins arrogants analphabètes nationalistes milliardaires qui gouvernent le Japon envoyaient l’artillerie lourde en cash et en Relations Publiques pour convaincre le monde qu’il y avait un modèle japonais fait de supériorité culturelle, de cohésion sociale exceptionnelle liée à l’homogénéité de la population, d’un système de traçage des « clusters » supérieur à tout ce qui se fait ailleurs, d’une immunité naturelle inhérente à la population japonaise et à un système de santé bien meilleur qu’ailleurs parce que bon, le Japon quoi!, tout un tas de bullshit xénophobe et débile pour dire au monde que le Japon faisait mieux que les autres, sans tester.
Après avoir injecté 40% du PNB pour soit disant relancer l’économie en saupoudrant généreusement les copains du NIKKEI 225 tout en garantissant au Japon la première place mondiale en terme de dette publique avec une dette qui doit désormais avoisiner les 300%, le Japon, protégé par ce modèle promu aux quatre coins du monde à l’aide d’articles visiblement « inspirés », s’est empressé de rouvrir son économie à toute berzingue. Sans tester bien sûr.
Alors les contaminations ont commencé à repartir. En s’appuyant sur un consensus social totalitaire qui réside dans le doigt qu’on pointe sur des boucs émissaires, ils se sont mis à désigner « le monde de la nuit », les putes et les oiseaux de nuit. Eh oui, dans ce pays, on est coupable de tomber malade, les gens bien ne tombent pas malade, c’est pour ça que les gens bien ont fait pression en masse pour faire virer les enfants des infirmières, les faire virer de chez elle dans l’indifférence des pouvoirs publics. Alors on nous a parlé du « monde de la nuit », des entraîneurs et entraîneuses de bars, de ces endroits où cette bande de ploucs qui gouvernent vont dépenser l’argent qu’ils détournent avant de s’excuser, 大変申し訳ございません, putain ça jette dans les médias occidentaux, les japonais y plaisantent pas! Bon d’accord, après les excuses, ils reprennent leur business mais c’est pas grave ils ont sauvé l’apparence. Et ça, les pauvres filles et les pauvres gars exploités dans les bordels tenus par leurs copains qui financent leurs campagnes électorales, c’est un truc qu’iels peuvent pas faire, sauver les apparences. On nous a exhibé Shinjuku, antre de l’enfer covidien…
C’est sous contrôle est devenu le mantra, ce virus ne touche que les dépravés. L’autre connasse du Koike avec sa tronche de grosse bourge de droite photoshopée au point de ressembler à un dessin destiné à vanter l’efficacité des dragées Fuka© invente le fil à couper le beurre dans des conférences de presse du genre « faites attention », « ne vous contaminez pas », respectez « les 3 C », etc
Problème. Un virus ne résiste pas à la propagande. Aujourd’hui, Tokyo enregistre le plus fort nombre de contaminations. 224 personnes. Avec seulement 2000 tests. Imaginez s’il y en avait 50.000! On double tous les 6 jours.
J’habite au pays gouverné par les pieds niquelés.
(rajout, hier, 243 pour 3000 tests…)Commentaire au sujet de la crise économique en cours…
(…) En fait ça va être moins pire que ce que tu dis, beaucoup moins pire. Parce qu’il y a la Chine et que la Chine amorce un cycle économique. Ils compenseront la chute de demande mondiale par de la distribution de revenus dedans. Et ils se feront gentils tout plein pour aider nos exportations. La Chine a toujours été comme ça: indispensable. Le centre de tout.
L’Amérique, gouvernée par son pervers narcissique capricieux et paranoïaque, va elle se prendre l’épidémie en plein dans la gueule pour solde de tout compte de quarante ans de dérégulation, de mort clinique de l’état et d’égoïsme social généralisé dont ces beaufs blancs fiers de ne pas porter le masque et débilisés par une culture dominante raciste et égoïste sont le reflet le plus glauque pendant que Biden et le Parti Démocrate offriront le visage du Titanic que sont devenues ces élites dans un pays qui a transformé un simple déclin transitoire depuis 50 ans en des abysses sans fond d’où surnagent quelques milliardaires corrupteurs abritant la classe moyenne éduquée, nourrie aux baisses d’impôts mais désormais paniquée par ce qui vient.
Seule bouée de sauvetage pour une Amérique à la dérive, sa population noire dont la revendication peut éventuellement permettre de recréer et un état, et un projet. Mais les petits blancs, la haine aiguisée par les frères Koch, Donald Trump et Fox News préfèreront crever…
C’est son pragmatisme qui va sauver l’Europe, pour un temps du moins, parce que les perspectives sont sombres et il faudra accepter de regarder vers le continent, vers la Russie, et accepter l’hegemon chinois, et c’est pas gagné.
La grande catastrophe que tu décris, ce sera après.
Les mêmes qui prédisent une catastrophe sont les mêmes qui disaient il y a 6 mois que tout irait bien. On devra en revanche, oui, encaisser un million de chômeurs et une précarité pour deux à trois millions en plus, oui. Mais rien de bien neuf pour le capitalisme. Ça fait beaucoup de monde qui va morfler.
Tout ce discours sur « la grosse crise qui vient », c’est La stratégie du choc, c’est fait pour que les gens acceptent plus de précarité, travaillent plus pour moins, et pouvoir dire dans un an que « grâce à notre politique, on s’en est bien sorti », pile synchro pour la présidentielle.Chine encore, et racisme anti-chinois
Je n’ai aucune sympathie pour le régime chinois. Aucune.
Mais le racisme anti-chinois qui commence à se développer à plein régime, avec des tonnes de bêtises, de préjugés racistes, de bruits de fosses sceptiques, désolé, c’est non.
Cette soudaine solidarité pour les ouïgours de la part de ceux qui n’ont rien à faire des yéménites, cette soudaine peur envers l’espionnage chinois de la part de ceux qui laissent enfermer Chelsea Manning et Julian Assange pour avoir révélé l’espionnage de masse de la NSA, cette soudaine solidarité avec Hong-Kong de la part de ceux qui se fichent du grignotage continu des terres palestiniennes, cette soudaine compassion pour les marchés d’animaux chinois de la part de ceux qui ont laisser décimer les faunes africaines avec des safaris vendus à tour de bras par leurs tours operators, ces cris d’orfraie envers les désastres écologiques en Chine qui laissent Trumps, Bolsonaro et leurs amis capitalistes ravager l’Amazonie et des terres protégées, cette soudaine solidarité envers les noirs discriminés en Chine de la part de ceux qui… m’ouais, hein…
Oui, le régime chinois est abominable. Mais il y a juste qu’il est avant tout un régime qui a bien appris de nous après que ce pays multimillénaire a été colonisé, livré à l’opium et la prostitution, démantelé…
Qu’on ne compte pas sur moi pour me joindre au concert anti-chinois.
La Chine doit être critiquée, remise à sa place, les Ouïgours protégés et Taïwan reconnu comme un état souverain.
Mais la Chine doit également être respectée, et à travers elle, c’est l’Asie qui doit toute entière être respectée, car ce que j’entends de critiques vis à vis de la Chine n’est que régurgit de racisme anti-asiatique et de préjugés vulgaires.
Deux étoiles dans la Voie Lactée…
L’un des plus beau films que je connaisse est « Deux étoiles dans la Voie lactée », un film muet chinois réalisé en 1931 et qui retrace dans le milieu du cinéma l’ancienne légende chinoise du bouvier et de la tisserande transformés en étoiles et condamnés à ne se voir qu’une fois par an, le 7e jour du 7e mois. Cette légende est connue au Japon sous le nom de « Tanabata ». Le film m’avait fait pleurer…
Ce n’est pas un de ces chefs d’oeuvres qui vous font battre le coeur par la richesse du scénario, non. Il est plutôt envoutant, on se plonge dans une société de production à Shanghai au début des années 30, une société bien décidée à réaliser un grand film et qui pourrait très bien être la Lianhua, cette société de production chinoise qui a durant quelques années tenté de produire un cinéma de type hollywoodien tout en développant sa propre facture en un manifeste résolu pour une modernité chinoise.L’incursion du film dans le film ajoute à un suspense qui monte petit à petit. Les deux amants sont observés par les caméras tout comme nous les observons, et la réalisation joue avec l’ambiguïté de la situation. Le film nous rend complices, témoins impuissants mais aussi spectateurs piégés par cette mise en abîme cinématographique.
En ce jour de Tanabata, je vous conseille de regarder ce film et découvrir cette histoire d’amour impossible, triste, vieille de plus de 2000 ans et qu’un film réalisé avant l’invasion de la Chine par le Japon nationaliste a tenté, en usant un assemblage de techniques américaines, d’esprit résolument chinois et d’un dévoilement volontaire de l’illusion cinématographique, de recréer.
La version que j’ai trouvée grâce à groupe cinéphile sur Facebook est accompagnée d’une musique. C’est celle que j’avais pu découvrir il y a des années sur Arte, peut-être même au siècle dernier…
Simplement magnifique.
Rêves, rêves
Je voulais vous confier l’un de mes projets en cours, un très long article qui m’a retenu une bonne partie du mois dernier et empêché d’écrire. Et puis au fur et à mesure, je me suis aperçu que je ne pouvais pas le publier hors contexte, hors du projet lui-même.
Je souhaite le mener à bien, ce projet, patiemment. J’y travaille. Je me suis lancé seul pour préparer un « produit clés en main », j’y fais donc le design, et tout ce qui sera nécessaire pour qu’il puisse vivre. Et s’il me conduit nulle part, je me serai bien amusé.
Bref, je ne vous en dirai pas plus, vous devrez attendre quelques mois. C’est important de l’amorcer seul, je veux dire, pour moi. Une fois lancé, j’espère que d’autres s’y intéresseront.Ici, c’est l’été et l’humidité domine. Le virus ne part pas et la politique idiote du Japon, qu’un budget conséquent du gouvernement permet d’habiller internationalement par des opérations de relations publiques, ne nous épargne rien. Chaque jour, le virus apparait, presque comme par magie, dans un département où prétendument il ne circulait pas. Comme par exemple il y a deux semaines à Miyagi, un homme de 40 ans qui ne sortait quasiment jamais de chez lui… Contrairement à Février, je ne ressens plus aucun stress. Je ne sais pas comment expliquer ça. En fait, voir les pieds nickelés du gouvernements japonais qui nous expliquaient il y a trois semaines que les japonais étaient plus évolués, supérieurs en culture, en hygiène, biologiquement mieux préparés pour “expliquer” la “performance du japon” face au virus me fait rire. Désormais, les chiffres de propagations égalent ceux en Europe mais dans le sens inverse, ça monte, ça monte, et pourtant on n’y teste que 6000 personnes par jours… Cette bande de crétins me font rire.
Mes rêves reviennent et me parlent, ils m’envoient des messages sur moi-même et sur ma perception du monde. Certains sont assez troublants.
Maman est venue il y a une semaine. J’étais avec mon frère et nous allions la voir. C’était au bord d’un petit parc qui est aussi certainement à côté d’un temple bouddhiste que nous nous sommes arrêtés, c’était dans une Sarthe du Japon, et ce jardin était son jardin et à la fois un jardin à côté d’un temple, avec ces petits murets que j’aime bien, en quelque sorte.
Dans mon rêve, c’était assez évident. Maman était là, elle allait « vraiment » mourir, cette fois-ci, elle nous attendait. Elle avait creusé sa tombe, une toute petite tombe, et je pensais que comme toujours elle avait fait cela elle-même. Et alors que nous regardions cette tombe, la terre a bougé, et une malle a jailli du sol, et puis la malle s’est ouverte elle-même. Dans la malle, il y avait plein de choses, mais entre autres, il y avait un de ces luth japonais ancien, un biwa. Il était tout neuf, je le saisis et en tirai quelques notes. Et puis vint le moment des adieux et là j’attrapai maman en lui hurlant littéralement que je l’aimais, que je ne voulais pas qu’elle parte. Mon frère était là mais il était effacé, j’apercevais le gris de la route, derrière. Je pensai à ce sanctuaire shintô à Kyoto, le sanctuaire du lapin, vers Kurodani. C’est un sanctuaire de la fertilité, on y va pour avoir une grossesse facile. La sienne a été éprouvante, elle me relie à maman d’une façon très profonde. J’ai vraiment été désiré, il était très facile de me laisser partir…
Je me suis réveillé. Troublé. Je ne veux pas que maman s’en aille, et pourtant il le faut. Elle m’a tout donné, c’est important que je lui donne au moins ça.
Des fois, j’ai peur de devenir vieux, je redoute de voir des fantômes…Un autre rêve m’a pas mal troublé aussi. Je marchais rue Kasuga, c’est près de chez moi, une de ces avenues sans fin qui barre Tôkyô en deux. Je marchais et je constatais que les immeubles étaient des immeubles parisiens. J’avais les yeux levés quand soudain je vis des missiles nucléaires passer à basse altitude, lentement. Il n’y a pas eu d’explosion, ils passaient juste au dessus. Ils étaient assez gros, une sorte de vert gris pâle, avec des ailerons saillants et ici et là des trucs de couleur rouge. Je m’arrêtai et les regardai, je ne pouvais m’empêcher de penser que ces immeubles étaient beaux…
Un autre rêve, encore, le weekend, j’étais vers Asakusa, pas très loin de chez moi, du côté du supermarché Ozeki. Et puis dans une rue, je remarquai une boulangerie, et puis une autre, et encore une autre. La rue était pleine de boulangeries, des boulangeries qui rivalisaient de pains de campagnes au levain superbes, bien cuits, des baguettes au levain magnifiques. Je ne savais pas où m’arrêter pour en acheter, ces boulangeries étaient toutes plus séduisantes les unes que les autres, mais alors que finalement j’avais fini par acheter une de ces baguettes, le goût se révéla incroyablement pauvre, j’avais l’impression de manger une de ces baguettes en caoutchouc qu’on achète dans les supermarchés discount…
Les rêves révèlent un monde incroyablement riche pour qui sait les entendre…

Orkestra Obsolete – Blue Monday
Je suis tombé sur cette vidéo il y a un ou deux ans, je ne sais plus très bien, et puis il y a quelques jours, elle est réapparue dans ces suggestions YouTube qui ont plutôt l’habitude de tomber à côté. Et je l’ai regardée avec un oeil moins amusé par le caractère décalé, anecdotique que la première fois, mais presque fasciné, subjugué par l’esthétique quasi futuriste de la performance.
Nous venons de vivre une extinction du monde d’environ un mois, il n’a même pas fallu une guerre, nous tentons désormais de nous en dégourdir les pattes encore hantés par ces prémices d’un effondrements économique dont nous pressentons tous l’imminence sans trop savoir encore quand il aura lieu.
Juste un avant goût d’un monde où potentiellement la grande masse d’entre nous rebroussera chemin d’une petite centaine d’années. Il y aura bien encore des avions avec des riches pour s’y reposer dans de voluptueux sofas, mais pour la plupart d’entre nous il faudra nous adapter non pas à la démondialisation, mais avant tout à la disparition de l’économie pétrole.
Bien sûr me direz vous, tout cela est encore très hypothétique, on ne sait pas, mais pourtant, à bien écouter ce que disent les scientifiques…
Voici donc la reprise d’un « tube » d’un des groupes les plus mythiques des années 80, New Order, la survivance timide et délicate du Joy Division après le suicide de Ian Curtis, l’astre fantôme qui a veillé sur nous jusqu’à ce que nous tournions la page de cette décennie qui ne se laissera jamais saisir.
Blue Monday, ça a été la bouée de sauvetage de ce groupe, ça a été un morceau de danse assumé et non pas hypocrite comme The Cure, par exemple. Un coup de génie, Blue Monday, une façon élégante de tourner la page et libérer New Order des fantômes du passé.
S’attaquer à une reprise d’un morceau pareil sans faire dans le pastiche, c’est quasiment impossible, simplement parce que le secret des années 80, c’est qu’elles ne sont pas « copiables » sans tomber dans le ridicule. Elles sont avant tout un état d’esprit, une curiosité, une envie de bousculer et d’apparaitre exactement là où on ne les attend pas sans jamais hésiter à se manifester exactement à l’opposé de ce qu’elles proclamaient avec force.
Qu’est-ce que j’en ai vues, des tentatives de « revivaliser » les 80’s, chaque fois ça tombe à côté parce que les types et les filles n’ont pas les références sixties, les ye-ye girls 60’s, la mode de l’espace, les comics books américains de science fiction, les fifties, les années 40, les années 30 ni même les années 20 qui vont avec et qui permettent, en les assaisonnant d’un zeste de soukouss, d’une lampée de rai et de Oum Khaltoum ou de Fairouz, d’une bonne dose de tango et de cha-cha-cha sans jamais hésiter à clamer avec une même unanimité l’invincibilité de Christian Dior et de André Courrèges, de passer au shaker toutes les envies en y ajoutant en plus des références ésotériques, rockabilly et tout ce qu’on voudra pourvu que ça remue, que ça fasse rire et qu’à cinq heures du matin ça fasse peur au bourgeois qui est habillé avec cinq ans de retard.
Là, on a à faire à un joli petit coup de génie. On pense à Delikatessen, le film de Caro et Jeunet, sorti en 1991, véritable manifeste et testament esthétique de la France de la fin des années 80. Et puis on pense aux Residents, ce groupe américain insaisissable et qui est parvenu avec génie à presque donner une bande son au dévoilement de la Société du Spectacle, le tout vêtu de légendaires smokings terriblement élégants mais surplombés d’un oeil en guise de tête. The Residents, ces anti-Kraftwerk esthétiques en quelque sorte, mais participant de cette même culture des années 80, quand le concept nait d’un télescopage d’influences toutes plus variées les unes que les autres. Un shaker.
Une reprise classe et élégante toute en low-tech, l’espoir que peut être dans le monde effondré auquel Pablo Servigne depuis des années tente de nous préparer, on saura être élégants et intéressants avec une bonne dose d’humour et de débrouillardise ingénue.
La décroissance heureuse.

Allez, dansez!
La décennie 70 tirait sur son interminable fin, avec ses pattes d’éléphants en Tergal, ses chanteurs ringards, ses baby boomers revenus de leurs communautés à la campagne, ses militants désillusionnés mais encore plus arc-boutés sur leurs idées, ça puait la fin d’époque, la longue agonie des trente glorieuses, l’embourgeoisement confortable des classes moyennes trentenaires avec leur crédit immobilier et leur Renault 16, ça n’en finissait pas de finir.
Heureusement, c’est précisément à ce moment là, alors que la crise du capitalisme qui larvait depuis 10 ans et qui s’était finalement manifestée au grand jour au moment du « choc pétrolier », au moment précis où le chômage qui commençait son envol, où les « restructurations » et fermetures d’industries explosaient, bref, au moment exact où la réalité rattrapait certaines illusions, que la culture s’est mise à frétiller.
Yves Saint-Laurent avait bousculé la mode en 1971 en inaugurant la première collection ouvertement rétro, sa mode « poule 1940 » (dans la deuxième moitié de cette vidéo) en rupture totale avec la ligne moderniste inaugurée par le trio Rabanne-Courrèges-Cardin. Bien sûr, il y avait bien une mode rétro dans les années 60, avec ce clin d’oeil permanent aux années 20, mais cela restait relativement marginal car la culture, à cette époque, était irréversiblement tournée vers « le futur », « la croissance » ou « la révolution » ou encore « le retour à la nature ».
C’est précisément au moment où les illusions se sont dissipées, au moment même où Fourastier donnait à nom à cette époque qui s’achevait, « les trente glorieuses », que l’on put passer à une époque de l’instant, de l’immédiat, totalement en phase avec ce que nous vivions. Et pour les plus jeunes, passer soudainement à une culture de l’instantané, de la vitesse et de l’humour, le tout passé au pressoir des époques qui avaient précédé et qui nous faisaient tant rire tant elles semblaient lointaines, vieilles, de l’époque de nos grands parents.
Un sourire ironique nous prit soudain, avec un petit quelque chose d’attendri aussi. Les « fifties » étaient nées.
J’écris cela car j’en ai ras le bol de voir les années 80 limitées à une question de « look » ou à une question de « fric ». Le fric, c’étaient les boomers à partir du moment où ils se sont coupés les cheveux pour nous imiter, nous, les « post-boomers » au moment même où ils nous ont donné un nom, la génération « bof », et avant d’en remettre une couche en nous appelant « generation X ».
Ben non, nous n’étions pas « bof », mais c’est vrai que regarder leur installation dans la vie, à ces anciens soixante-huitards reconvertis en acheteurs de lave-vaisselle en costumes croisés, ça nous donnait un certain regard sur la vie, sur la politique.
Mais c’est finalement le moment où nous avons donné une emprunte à notre époque. Les années 80, c’est avant tout une attitude, beaucoup d’humour, une passion pour la vitesse, les choses nouvelles, les idées nouvelles, et la musique, beaucoup la musique, et énormément la danse, énormément la danse, avec des fringues pour y mettre de la couleur, même en costume noir.
On s’est mis à shaker les époques antérieures pour nous amuser, la mode a envahi la rue et les créateurs passaient leur temps en terrasses à nous scruter pour nous copier. Je dis « nous », c’est un nous collectif, bien sûr.
On était politisés, mais pas comme les babs. Pour nous, la politique n’était pas dans le discours, elle était dans les actes. Les baba militants, on les avait suffisamment vus à la sortie de nos lycées avec leurs beaux principes, la dégaine avachie à faire fuir le premier prolo, la première mama tunisienne. Pour nous, c’étaient des ringards. On avait une énergie du tonnerre. Ben oui, la danse, quoi!
Un truc marrant, c’est tomber sur cette vidéo d’un tube de l’année 82, un truc assez mauvais, typique de ce moment là, au sortir de la méga récession de 1980-82, ce que j’appelle la « grande glaciation », quand partout les synthétiseurs et les boites à rythme ont remplacé les violons de la disco. C’est bien sûr un youtubeur qui a fait ce montage, mais ce dont je me suis aperçu, c’est que ce montage transmet très exactement l’état d’esprit des années 80, ce sourire en coin, cette envie de danser comme dans ces films, de s’habiller comme dans ces films, pas parce que c’était élégant, non, juste parce que ça pouvait être marrant. Nouveau. Frais.
Depuis, il y a eu les années 90 et progressivement on est passé à une sorte de réchauffé du cool, les tee-shirts, quoi. On a oublié qu’on peut se marrer avec des vêtements qui produisent un télescopage de couleurs, un gros splash visuel qui fait du bien, qu’on peut le faire en bande, « en tribus », comme on disait.
Il y a deux mois, j’avais partagé un article sur les rockabilys et les Vikings à Paris au début des années 80, plusieurs ont commenté que « ça devait être super », que « ça manquait », qu’ils étaient « trop classes », ouais, c’est vrai. Mais moi, je me suis retenu de répondre « mais putains, bande de baba cool, qu’est-ce que vous attendez pour vous y mettre, pour vous bouger, p’tain ». C’est vrai, les kids découvrent Farid Chopel et de son look, attend un peu et ils vont découvrir que Paul Personne était hyper classe et non, on garde le jean moche avec le tee shirt banal tout en disant que le capitalisme produit des vies aseptisées, conformes… P’tain de bordel! On se sapait classe pour moins de 10 euros – et c’est pour ça que cette histoire d’années fric me laisse pantois.
Je vous rajoute Janet Jackson. Les années 80, c’était beaucoup d’humour, une rage de vivre dans l’instant parce qu’on se disait qu’on pouvait se prendre une bombe atomique sur la figure à tout instant, parce qu’on savait que la crise économique allait pas être facile, mais en attendant, on voulait tout simplement s’amuser.
Allez, sapez vous mieux, et dansez, p’tain! Je vous dis pas « gigoter » ou lever les bras au ciel pour faire genre vidéo de David Guetta. Va falloir ça, pour l’époque pourrie où nous rentrons. Allez! Dansez!
(Photo de couverture, Vickings & Panthers Gilles Elie Cohen)

En bloguant
Une chaleur caniculaire s’est abattue sur la ville et aujourd’hui il fera 30 degrés. J’aime quand il fait chaud, ici, soudain le corps se détend, et puis il y a cette lumière violente du soleil à la verticale qui nous rappelle que c’est presque l’été. C’est bien. J’aime ce moment de l’année, on en a pour quelques mois, maintenant.
La ville est en plein déconfinement à la japonaise, c’est à dire qu’après le confinement très relatif des deux derniers mois, tout reprend une certaine forme de normalité. Il y a certes moins de monde dans les trains qu’avant, mais il y en a tout de même plus qu’il y a deux semaines. À Ginza où j’avais rendez-vous samedi dernier, c’était presque noir de monde et les grands magasins étaient ouverts. La grande différence avec il y a deux mois, c’étaient les masques et ces longues cordes à l’entrée de Mitsukoshi avec du personnel portant visière en plastique et aspergeant les mains des clients en leur disant « merci ». Et bien sûr, pas un seul étranger dans cette foule. Depuis près de deux mois, nous sommes entre nous. J’ai lu quelque part que le nombre de touristes est tombé en avril à son niveau de 1964, année qui avait connu un record de tourisme avec la tenue des jeux olympiques. Ironique, non?
Dans le train qui m’emmène au travail, il y a de nouveau des lycéens et des lycéennes, j’en avais presqu’oublié l’existence, leurs uniformes, leur style, leur nonchalance. Il ont bénéficié de très longues vacances, c’est une année dont ils se souviendront, pour sûr. Certains ne s’en remettront pas, d’autres auront eu des souvenirs inoubliables.
C’est marrant, le coronavirus, ici. C’est une maladie « en anglais », je veux dire « en katakana-go », l’anglais syllabique écrit en alphabet utilisé pour transcrire les mots étrangers. « Social distance », « three Cs » (crowded places, closed spaces, close-contact), le tout prononcé soosharu distannsu, suriishiizu, sortes de slogans ne renvoyant à rien de bien tangible dans l’esprit japonais, si ce n’est à une sorte de truc venu d’un pays étrangers, avec sa mode particulière. C’est amusant comment cette maladie reflète la psyché japonaise, leur représentation du monde avec la Japon a l’écart. Le coronavirus ne consterné finalement le Japon que de façon indirecte, mais c’est quelque chose qui ne lui appartient pas. Les théories vont d’ailleurs bon train pour expliquer les faibles chiffres de contamination et celles qui soulignent l’exception japonaise ont la faveur des médias.
Les japonais sont très propres. Les japonais ne se serrent pas les mains. Les japonais sont vaccinés contre le BCG. Les japonais portent le masque. La souche du virus circulant au Japon est « différente ». Le virus ne circule que parce qu’il a été importé mais depuis que les étrangers ne peuvent pas rentrer, la circulation est freinée.
C’est vrai qu’on reste surpris par les chiffres, ici. Je suis généralement plus enclin aux explications rationnelles. Les personnes âgées sont confinées depuis la fin du mois de février, et je pense que c’est vraiment ce qui fait toute la différence. Différentes études ont démontré que le virus circule en bruit de fond depuis des mois et que le taux de contamination chez les hommes âgés de 30 à 50 ans serait supérieur à 20%. Ce mois-ci, une étude randomisée sur la circulation du virus va être menée: ils vont tester 10.000 personnes au hasard pour connaître le pourcentage de personnes ayant des anticorps.
Les chiffres sont très bas en comparaison avec les pays européens ou les USA, mais comment savoir. Toujours très très peu de tests, particulièrement à Tôkyô où il reste quasiment impossible de se faire tester. Je doute que nous soyons face à une résurgence importante du virus. Il y a des précautions partout et si c’est vrai que restaurants et cafés ont rouvert, leurs fenêtres sont désormais grand ouvertes. On verra mais comme je continue de me protéger, je ne m’inquiète pas trop. Les masques, les gels Hydro-alcooliques ont fait leur réapparition un peu partout et leurs prix baissent, retrouvant petit à petit leurs prix d’avant crise sanitaire.
J’ai eu mon ami Alain au téléphone samedi dernier, je lui ai annoncé un des trucs que j’ai décidés depuis le début de cette année et sur lesquels je travaille. Comme je vous l’avais écrit il y a trois mois, j’ai un projet politique important et j’ai eu le temps de l’affiner. Je lui ai expliqué en détail ce que je vois, ce que j’ai en tête. C’est pour septembre et j’ai les quelques mois qui nous en séparent pour que tout soit prêt.
Je compte un peu sur ça pour me booster car c’est un réel projet professionnel dans le sens où il va me prendre pas mal de temps.
Côté travail justement, mon emploi du temps est en mode réduit, mon salaire va un peu baisser mais je vais toutefois reprendre mes leçons du lundi et du mardi matin, donc financièrement je ne me fais plus trop de souci. Beaucoup de mes étudiants ont pris des cours en ligne pendant que les autres ont préféré ne pas venir durant deux mois. Certains commencent à revenir. Mon avis est qu’en septembre tout sera de retour à la normale.
J’ai goûté ces lundi sans rien, où je n’ai rien fait, seulement lire de l’information financière et des informations politiques, des articles de fond, ou bien encore regardé des vidéos de conférences sur YouTube. Pour moi, il n’y a pas eu de confinement, mais une sorte de parenthèse ralentie.
Sachant que mes revenus seraient amputés, j’ai fortement réduit la voilure et j’ai recommencé à cuisiner, weekends compris alors que ces dernières années j’avais pris l’habitude de la facilité, aller dans un petit restaurant de quartier. J’ai réduit le mois derniers mes dépenses d’environ un tiers. Je n’en reviens pas, et comme j’ai pris ce pli, j’ai commencé à faire de l’achat d’opportunité, bref, acheter quand c’est beaucoup moins cher. Je ne doute pas un instant que ce mois-ci je ne parvienne à réduire encore un peu malgré le fait que mes revenus vont recommencer à augmenter.
La frugalité, bien que nécessaire, c’est aussi mon hommage à maman, c’est ce que j’ai compris depuis l’an dernier. Je vais désormais essayer d’économiser, d’économiser le plus possible pour ne plus avoir peur de l’avenir d’abord, mais aussi pour pouvoir faire des choses aussi. Depuis mon gros désendettement, j’ai en permanence gardé une somme, pas très importante, sur mon compte. Environ 1800 euros. Mes seules économies. Je la chérie comme vous ne pouvez pas vous imaginer, cette somme. J’avais des dettes énormes, je m’en suis libéré grâce à maman. Alors ce qu’il me reste, j’en suis comptable, c’est précieux.
Depuis mars, plus aucun cours particulier, plus de cours du lundi ni du mardi matin, mes revenus ont fondu fortement, j’ai un peu grignoté sur cette somme, hélas, il m’en reste environ 1400 euros, mais comme je suis parvenu à drastiquement baisser les dépenses (tout en améliorant nettement mon confort de vie et mon alimentation), à la fin du mois de juin elle sera non seulement reconstituée mais très probablement augmentée. Il me reste par ailleurs deux traites de remboursement de mon ordinateur (mon iMac 27, c’était un crédit 0%) et à partir d’août je pourrai économiser encore bien plus. Bref, vraiment, je suis très confiant.
Je vais finalement demander la résidence permanente ici, parce que ça me facilitera la vie en augmentant mon statut social « symbolique ».
Un gros projet professionnel, plus du tout de soucis d’argent, il me reste à me remettre au travail et à écrire, mais je verserais ça volontiers dans le projet professionnel dont je parlais plus haut.
J’ai pas mal avancé, pour tout vous dire, et le changement de look de ce blog c’est un peu ça.
À partir de ce weekend, nous allons pouvoir savourer de nouveau les parcs, j’attends cela avec impatience. Je crois que c’est ce qui m’a le plus manqué dans tout ce temps. La golden week a été assez pauvre, limitée à des promenades dans mon quartier renouvelées en différentes variantes de la même, et c’est pas très joli, Tôkyô. Alors revoir les parcs, m’y détendre, y faire de ces siestes que j’aime y faire, et puis regarder les fleurs, tout ça malgré la saison des pluies qui pointe le nez et qui promet cette année d’être très chaude, c’est une attente impatiente.
Me voilà donc détendu, loin de l’horrible stress d’il y a un mois quand, retournant à l’école après une semaine de vacances je m’attendais à être au chômage.
Dans mon gros projet professionnel, en ce qui concerne la partie « écriture », il y a un épilogue à ma nouvelle écrite il y a dix ans pour minorités autours de la crise de 2008. Il y a aussi ce roman que je dois reprendre, oui, je sais, ça fait un million d’années que je le dis, mais cette épidémie, et puis d’autres trucs, tout m’y a ramené. Ce n’est pas de la paresse, c’est un réel manque de confiance en moi. Et finalement, pour la première fois de ma vie, je crois vous l’avoir déjà écrit, je n’ai plus ni peur, ni peu confiance. Au contraire, je crois avoir finalement atteint la maturité qui m’a longtemps fait défaut, non pas la maturité conventionnelle, mais celle qui me sied, faite d’une très grande lucidité sur moi, sur ma vie, sur ce que j’ai accompli, ce que je n’ai pas accompli, ce que je peux accomplir.
J’ai retrouvé le goût de la vie sans même y prendre garde, un goût qui ne m’avait jamais vraiment quitté mais qui désormais ressemble à cette force vitale de l’enfance, quand je courais partout dans ce monde qui était le miens et qui n’appartenait qu’à moi.
Je dois beaucoup à mon père, à commencer par ma conscience politique et cette certaine idée de moi-même, et je sais désormais que c’est du côté de maman que se situe la concrétisation. Pas parce qu’elle faisait, non, mais parce que c’est elle qui a rendu possible ce que je suis devenu. Je n’ai finalement qu’à faire fructifier. C’est d’ailleurs comme cela que je suis venu au Japon.
Voilà, je vais cesser de m’épancher sur moi. Je tenais à le faire toutefois car c’est ce qui a toujours caractérisé ce blog.
J’ai un autre billet à écrire, sur un tout autre sujet, alors il est temps de mettre celui-ci en ligne.

Larry Kramer 1935 – 2020
(vidéo, Jimmy Somerville – From this moment on – tirée de la compilation d’artistes contre le VIH – RED, HOT and BLUE, 1990)
(suite…)Un grand Pédé s’en est allé.








