Catégorie : le Blog de Suppaiku, Tôkyô

Journal d’un Solitaire Sociable et Moderne de Paris et Londres à Tôkyô et …

  • Covid-19 en décembre en France: 5 mai

    Le premier malade du Covid-19 désormais recensé en France est un homme qui s’est présenté à l’hôpital le 27 décembre 2019 pour une infection respiratoire. Les échantillons des prélèvements ont été testés récemment et font de lui le premier malade connu. Le souche du virus n’est pas italienne.
    On commence à avoir de plus en plus de preuves que le virus circulait déjà en décembre en Europe.
  • Cour de Justice RFA vs Cours d Justice EU: 5 mai

    L’Union Européenne, qui est morte en 2010 en assassinant la Grèce (au même moment où elle appointait à la BCE un ex-directeur de Goldman Sachs, Mario Draghi, de l’époque où Goldman Sachs falsifiait les comptes publics de la Grèce), s’apparente de plus en plus à un zombie.
    En totale infraction avec ses statuts, la BCE dirigée par Mario Draghi a lancé 3 Quantitative Easing depuis 2013. Le QE, c’est le rachat massif de dettes d’entreprises et de banques, à leur valeur faciale même si cette valeur est dépréciée. Elle en a à l’heure pour 4 trillions dans ses comptes (plus trois trillions prévus en ce moment). En rachetant ces dettes, la BCE fournit des liquidités aux entreprises et aux banques. Sans conditions bien entendu. On appelle ça la planche à billets.
    La question n’est pas de juger si le QE est bien ou non. La question est que ce n’est pas dans ses statuts: la BCE est tenue de veiller à la stabilité de la monnaie, or le QE est une politique inflationniste qui érode la valeur de la monnaie (c’est son but). Toutes les banques centrales font ça en ce moment, c’est pour ça que les bourses montent, il y a plein d’argent.
    Le problème ici, c’est que la banque centrale allemande est totalement opposée à cette politique, qui lui a toujours été interdite. Elle s’est donc tournée vers la justice allemande, et la cour de justice allemande s’est tournée vers la Cour de Justice Européenne pour porter l’affaire au niveau adéquat. Celle-ci a validé la politique de la BCE, en totale contradiction avec les traités et le règlement de la BCE.
    Pour la cour de justice allemande, cette décision est une infraction aux traités et en quelque sorte une décision à caractère politique et non judiciaire: elle couvre la BCE.
    La cour allemande, en condamnant la décision de la CJE, rappelle sa légitimité démocratique et met en cause celle de la CJE, accusée d’être politique et non constitutionnelle.
    L’Europe est un zombie. La cour allemande, en remettant en cause un jugement de la CJE sensé prévaloir, met en évidence sa réelle légitimité démocratique, dévoile le caractère anticonstitutionnel de la CJE et ouvre la voie à d’autres cours d’états qui pourraient eux aussi faire valoir leur légitimité sur des décisions d’institutions européennes dont la légitimité démocratique ne fait plus illusion.
    7 trillions d’actifs pourris dans les comptes de la BCE, ça mériterait au minimum un vote de chaque état et une débat public, non? D’autant que les états, eux, n’ont pas accès à ce programme.
  • Idir n’est plus: 3 mai

    Idir n’est plus: 3 mai

    Voilà. Cette chanson, c’est, ça a toujours été, ça restera toujours ma préférée. Et dans cette interprétation originale de 1979, avec la flûte.

    C’est une chanson qui raconte nos pères, nos mères, nos familles de l’autre côté.
    De l’autre côté de quoi, en fait. On est quelques millions à nous débattre en nous sans trop savoir quelle réponse y apporter, alors le texte fait mal, très mal. Des deux côtés.
    Pas une fois je n’ai entendu cette chanson sans penser à mes oncles, à ma tante Faroudja, à mes cousins, à mes cousines, à nos montagnes dans la lumière bleutée du petit matin quand j’allais chercher des figues, à la source Amran, aux cassettes de Aït Menguellat de mon oncle, à mon père le grand sourire qui lui barre le visage de toutes dents.
    Cette chanson c’est l’exil, ce sont nos anciens les chibanis, usés par le travail et vieillissant seuls en France, c’est nos familles éclatées et dispersées, c’est notre pudeur aussi, nos renoncements et nos découragement qui hurlent dans nos têtes les mots de trahison, et c’est le pardon aussi parce que personne au monde plus qu’un kabyle sait à quel point la vie et la terre peuvent être cruelles parfois.
    Cette chanson c’est aussi le souvenir de ce PACTE au lycée, après le séisme de El Asnam/ Chlef, en 1980/81, à Bondy, et puis les deux semaines de cinéma algérien à la salle Giono et à la salle Malreau, et puis le concert de Idir salle Giono, salle pleine et youyou à foison, et puis notre voyage, l’arrivée en bateau, la baie magnifique, trois semaines où notre musique était la musique de Idir…
    Au revoir Idir.
    Mreh’ba s wayen id (b)wwid’ / ama yelha ama dirit / ma teghlid’ ghellin wiyid’ / nekwni nesrak tameddit (Idir, Aghrib)
  • Au bord du gouffre: 23 avril

    On s’attend à ce qu’il n’y ait plus du tout de place pour stocker le pétrole d’ici fin mai- début juin.
    Il y a pour le moment très peu d’articles sur les répercussions financières et économiques de cette situation absurde d’un marché du pétrole saturé. On ne parle que du prix qui devrait se stabiliser à terme autours de 10 dollars le baril (les prix négatifs sont liés aux opérations sur le marché à terme, ce sont donc non pas des prix de marché mais des positions acheteuses/vendeuses à une échéance données, ce sont ces positions qui font le prix du pétrole).
    Peu d’articles sur les faillites de producteurs de gaz de schiste aux USA, criblés de dettes pour des milliers de milliards et dont la dette a été titrisée, c’est à dire convertie en produits financiers qui, donc, deviennent des produits toxiques (comme les subprimes en 2006/2009).
    Aucun article sur les répercussions sur les marchés monétaires, le dollar américain étant depuis 1973 lié au cours du pétrole (pétro-dollar).
    Très peu d’articles sur la pression déflationniste d’une chute du prix du pétrole et ses répercussions sur l’ensemble des autres matières premières généralement corrélées aux prix du pétrole.
    Très très peu d’articles sur le marché des produits dérivés dont certains taux sont directement liés à l’évolution des matières premières (produits dérivés de couverture pour les industries liés à l’extraction notamment).
    En tout cas, comme le dit cet article, certains ont déjà payé 50 dollars pour se débarrasser de titres échéance mai et un prix négatif de 100 dollar n’est plus exclus.
  • Les ETF entrent dans la danse: 22 avril

    Les ETF sont des fonds suivant les indices. Ce ne sont pas des paniers indiciels dont le but est de “faire mieux que les indices”, ce sont des fonds composés exactement comme un portefeuille des titres d’un indice et gérés comme tels.
    Il y a un véritable boom des ETF depuis la crise de 2008 et le plus célèbre gestionnaire d’ETF est BlackRock. Ils proposent à leurs clients d’accéder à un fond diversifié comme de la gestion personnelle de patrimoine, mais avec un investissent moindre puisque c’est un fond.
    En gros, si vous investissez dans un fond répliquant le CAC, vous obtenez la performance du CAC40, ni plus ni moins (à la différence des indiciels classiques dont la gestion était « active »).
    La société qui gère les ETF a recours à l’endettement afin de créer le fond (donc investir) dont elle revend les parts aux clients. Elle utilisent le marché des dérivés pour « hedger » cet investissement. A noter que comme tout fond, il est « fermé », c’est à dire que l’investissement initial est d’un montant fixe qui ne variera pas. Les ETF correspondent donc à des parts dans cet investissement et deviennent comme des actions cotées.
    Les ETF sont « liquides », ils s’achètent et se vendent comme des titres et la part peut elle même être vendue plus chère que son prix réel dans le cas où l’acheteur pense que l’indice de référence va monter. Cela vaut aussi à la baisse dans le cas où l’acheteur pense que l’indice va baisser.
    La chute des options futur sur le Brent mai et la chute sur les contrats juin bouleversent les ETF. Les investisseurs risquent de perdre tout leur investissement. Ce n’est pas encore le cas mais les dévalorisations sont d’ores et déjà actées.
    Depuis plusieurs années, la question du rôle amplificateur des ETF sur les marchés est posée car ces fonds gèrent une épargne énorme.
    La chute du marché à terme du pétrole commence à se diffuser sur les marchés financiers les plus directement exposés. Je suis très curieux de lire des articles au sujet du marché de dérivés dont les taux sont calculés à partir de l’évolution des matières première.
    La sorcière de juin risque d’être une bien vilaine sorcière…
  • Le pétrole ne vaut plus rien: 21 avril

    Désolé de vous déranger avec un sujet pas à la mode, genre « demain nous inventerons un nouveau monde » ou « Macron il est méchant ».
    Le prix du pétrole a plongé sous zéro, en territoire négatif pour la première fois de l’histoire. Désormais, le vendeur doit payer pour vendre car il y a beaucoup trop de pétrole et plus de place pour le stocker. Désormais, on ne parle plus de récession mais de dépression économique car cet effondrement inédit annonce des chutes de prix équivalentes sur de nombreuses autres matières premières, et allant avec les faillites en chaîne des activités liées.
    Autre mauvaise nouvelle, c’est que les capacités de stockage sont dépassées et qu’il ne faut pas qu’il y ait de typhon/tempête en mer où des dizaines de milliers de tankers en route pour nulle part risqueraient de déclencher une catastrophe majeure.
    Et puis encore, côté mauvaise nouvelle, ce sont les états producteurs qui désormais n’ont plus de revenus du tout et dont la dette ou les capacités d’endettement sont désormais totalement nulles. Parallèlement, tous les contrats liés au dollar sont désormais des contrats pourris. Bon, il y en a qui vont se faire un plaisir de les racheter pour des cacahuètes mais pour les détenteurs, c’est la faillite.
    Cette spirale chute des prix (sous zéro)/ faillite va fragiliser les banques et les états et risque de conduire à une vraie explosion du chômage. Bref, pour ceux qui font des boulots d’intello mais qui se plaignaient de l’explosion du temps de travail à 60 heures, rassurez-vous , les travailleurs qui ont un vrai travail de production iront à Pôle Emploi bien avant de dépasser les 35 heures.
    Les bourses vont certainement amorcer un nouveau round de baisse. Il va falloir observer le prix du dollar dont la valeur est collée au prix du pétrole. Une chute du prix du dollar accélèrerait les pressions déflationnistes et surtout à des ventes de bons du trésor américain qui désormais se dévaloriseraient de fait, entraînant à terme des crises de liquidités mondiales et donc accéléreraient la spirale déflationniste.
    Le risque de guerre mondiale, nucléaire, bactériologique, ultra-sonique, spatiale, avec des drones, des coupures du net et des hackers est certainement à son plus haut niveau depuis les années 30 car les USA veulent faire payer la Chine (ils ont oublié parce que personne ne leur a dit que 2007/08, c’était eux, mais bon…)
    La bonne nouvelle, c’est que les riches et activistes qui ont le cœur écolo peuvent désormais acheter pour une bouchée de pain les terres destinées à la production de gaz ou pétrole non conventionnels et empêcher dans le futur qu’on recommence les forages.
    En fait, j’ai toujours pensé que la politique d’un pays s’incarnait assez bien dans un jeu de ce pays. Trump est un joueur de poker comme quasiment tous les présidents américains, doublé d’un joueur de catch, un jeu de combat truqué mimé. Poutine est un joueur d’échec (et un ancien du KGB, ça renforce).
    Poutine a forcé à une guerre du pétrole avec l’Arabie Saoudite, MBS pensait être prêt à la faire mais en réalité c’était Poutine qui était le plus prêt, il avait déjà adapté son économie à un pétrole à prix réduit depuis la crise monétaire il y a 5 ou 6 ans. Le problème, c’est que MBS avait oublié l’allié American.
    L’allié American, lui, il aimait bien Poutine. Trump à quelque chose pour Poutine qui est irrationnel quand on il pense, un truc qui tient à la connerie crasse des néoconservateurs. Ils aiment le conservatisme de Poutine, alors que Poutine se fiche d’eux, lui, il aime la Russie.
    Alors, après avoir essayé de trouver un accord de production (il y a une semaine), badaboum, le monde à l’arrêt n’a pas besoin de pétrole et les futurs s’effondrent (inaugurant une baisse durable du prix du pétrole autours de 10 dollars jusque là fin de l’année au minimum). Et que fait Trump, en bon joueur de poker, il décide de taxer le pétrole saoudien.
    Bon, alors que va-t-il se passer maintenant? L’alliance tacite entre les US et l’Arabie va encore un peu plus se déliter, MBS va être encore plus isolé. Qui gagne?
    Poutine est un des rares génies de notre époque. Il est détestable politiquement à bien des égards mais il est un des rares qui sait exactement ce qu’il fait, à savoir redonner des marges de manœuvres à la Russie en jouant les divisions d’un monde libre prospère qui en réalité n’était ni si libre ni si prospère et bien moins unifié qu’il se pensait.
    D’ici à ce qu’une révolution de palais en Saoudie amène une branche princière favorable à un rapprochement avec l’Iran pour tenter de retrouver une certaine influence sur la région, rapprochement qui ne déplairait pas tant que ça aux UAE dont les perspectives se sont considérablement assombries, et alors les US perdraient tout le Proche-Orient. Intéressant de voir que Poutine, qui envisageait de se retirer de la présidence, a décidé de rester encore un peu.
    Côté Chine, c’est le même scénario. Les Occidentaux ne connaissent pas la Chine, sa culture, qui est une culture de la patience et non de la confrontation. La Chine absorbe les chocs. La tentation occidentale est maintenant de mettre un frein à la puissance chinoise, en oubliant que la Chine n’a plus besoin de l’Occident. C’est l’occident qui a besoin de l’épargne chinoise, de ses usines, et que la relocalisation, si elle est souhaitable écologiquement et économiquement, si elle est entreprise uniquement que comme rétorsion, est un gag. En fait, nos multinationales se relocaliseront non pas en France, mais en Roumanie, en Grèce ou au Sénégal et au Vietnam! Et la Chine, elle, continuera son chemin. Elle a les chercheurs, les capitaux. Et Poutine sera bien moins regardant avec la Chine car il a besoin de sa technologie. Et l’Arabie Saoudite sera heureuse d’y écouler son pétrole.
    Ce qui est très intéressant, c’est que nous sommes en train d’assister au scénario cauchemardesque de la CIA…
    Dans le livre The Next Hundred Years, publié en 2009, Georges Friedman expliquait exactement ce scénario. Un bouquin publié il y a plus de 10 ans et passionnant à lire. Obama, avec sa diplomatie « prudente » a tenté d’éviter les danger. Clinton, elle, était beaucoup plus conservatrice et va-t-en guerre. Trump, lui, est tombé en plein dedans. Il croit être à la tête d’un pays fort!

    L’article Bloomberg

  • Test PCR à Tôkyô, témoignage: 20 avril

    Témoignage lu sur un groupe d’expatriés sur le Covid-19 à Tokyo. C’est inquiétant et c’est la preuve que ce pays ne peut pas être cru quand aux chiffres. Pas de lits, peu d’unités de réanimation ni de soins intensifs, pas de tests, et pire, un refus des hôpitaux de prendre en charge les malades, ce qui, si c’était avéré, mériterait un d’énonciation aux instances sanitaires internationales.
    EDIT: This is the post of an expat from another group. She’s describing her personal experience of guiding another expat friend through the task of getting medical attention for a probable case of COVID-19 in Japan.

    “One of my good friends probably has corona. Her Japanese is about conversational level, which made getting treatment 100x more difficult. I was on the phone throughout most of the process helping with translation. Here is what happened:
    4/14 Tuesday: I get a call from my friend at 11pm. She’s wheezing, having trouble breathing, loopy from lack of oxygen, sore throat and a fever that’s lasted 4 days. Pretty much checks every box for corona.
    The English support corona hotline isn’t open so I phone the Japanese one. Number is 03-532-4592. I have to call 3-4 times before anyone picks up; line is pretty busy. I explain her situation to the operator. The operator recommends I have my friend call the Himawari English support line. I explain that the situation is urgent and we can’t wait until morning. They “sho ga nai” me as politely as possible and hang up.
    My friend is unsure whether she should call an ambulance, or try finding an emergency clinic that’s open. I spend 1 hour looking for nearby clinics for her, and calling them to see if they accept covid patients. I call 3 clinics, all of which refuse to see her. At this point my friend’s breathing is a bit more normal and she decides to go to bed, and will try to get to a doctor in the morning.
    4/15 Wednesday: My friend’s symptoms are similar to yesterday. She calls the English line at 9am. They give her a referral to a nearby clinic, where she gets her chest x-rayed. The doctor suspect it’s covid-19, but because her blood oxygen level isn’t low enough to require a ventilator, they don’t test her. They give her some anti-mucus medication and send her home.
    4/16 Thursday: I get a call from my friend at 11:30pm. She’s in an ambulance and sounds much worse than before. She can barely say a full sentence without launching into a minute long coughing fit. I am put on speakerphone to explain her situation to the EMTS (how she’s already had a chest x-ray done and how her symptoms have gotten worse).
    It took 2 hours for her to be admitted to a hospital. I stayed on the phone with my friend, listening as the EMTs called over 15 different hospitals to ask for permission to bring in a covid patient. As this is going on my friend’s breathing gets rapidly worse. She asks me to ask them why they haven’t found a hospital yet, and to tell them that it’s getting harder and harder to breathe.
    They tell me that hospitals with other patients in the waiting area cannot accept covid patients..and even if there’s no one there, some hospitals are not accepting covid patients at all due to staff risk of infection. They can’t do much to help her breathing.
    At 1:30am she finally checks into the hospital. They do another x-ray, and I’m put on speaker phone again to speak with the doctor examining her. Here is how the conversation went:
    Him: We can perform a blood test but that won’t tell us much aside from eliminating other possible causes of her symptoms. I recommend she get a PCR test done tomorrow afternoon.
    Me: Ok, can we schedule the PCR test now?
    Him: No, we don’t perform PCR tests at this hospital. You need to call her ward’s 保健所 in the morning and request a PCR test.
    Me: We have had a lot of difficulty in the past getting proper medical attention. I’m worried that they will refuse to test her. Would you be able to provide a letter of introduction or doctor’s note so we can bypass all of the questioning?
    Him: no, I don’t think they will say no.
    Me: I think they will. Can you provide your contact information so we have you as a reference?
    Him: No, that won’t be necessary.
    I tried arguing with him for about 40 minutes before giving up.
    My friend’s blood oxygen wasn’t low enough to warrant being hospitalized/put on a ventilator, so she’s sent home with more anti-mucus medication. She’s worried about cabbing home, as it would expose the driver. The staff says they’ll call a taxi for her and that she just needs to roll all the windows down.
    4/17 Friday: At noon my friend wakes up and asks if I can call her ward’s 保健所 and make a PCR test appointment for her. I call them at 12:30.
    It took 2 HOURS to set up a PCR test.
    As I expected, the staff was INCREDIBLY resistant to offer a test, and spent 2 hours asking me 100 questions about her symptoms, what treatment she had received so far, what hospital she went to the night before, name of the doctor who recommended her a test etc.
    I’m put on hold for an extra hour as they sort their things out.
    They finally call me back and tell me all of the information for her test. But here’s the kicker. It’s a secret location. It’s a medical facility that’s currently closed, but is being used as a corona testing site on the downlow. To enter the building, she’ll have to walk through the parking lot and use the staff entrance.
    The woman on the phone makes me promise not to tell ANYONE other than my friend the name of the place where she is being tested. Because if people knew they were doing testing there it would “cause a commotion.”
    I really wish I was making that last part up. It’s absolutely horrific how much they are trying to cover this up and keep the official numbers low.
    I am currently waiting for them to call again with her test results.
    Getting her tested required 1 ambulance ride, two visits to the hospital and 5+ hours on the phone. This is ridiculous and something needs to change.”
  • La crise algérienne à venir: 20 avril

    La crise algérienne à venir: 20 avril

    Le baril de pétrole est descendu aujourd’hui à 15 dollars. Pour mes amis, mes amies algériens et algériennes, pour ma famille, cela est synonyme de famine, d’effondrement de l’état, du système de santé, à du chômage de masse au delà de tout ce que l’on peut imaginer.
    Le pouvoir s’arcboute derrière sa muraille car il sait. Il est désormais coincé entre cette réalité sordide et une population désillusionnée qui s’apprête en plus à vivre l’effondrement de ce pays.
    J’avais écrit ce texte il y a un an et j’y annonçais ces perspectives de famine, de manque d’eau qui forment le bilan réel du parti unique en général et du boutéflikisme en particulier.
    Je l’avais mis en ligne en décembre sur Nedjma. Je n’en retire pas une ligne. Il n’y aura pas de rupture avec ce régime sans un discours de vérité: il va falloir renoncer aux subventions et engager une politique d’austérité inédite, en urgence, et la contrepartie de cette politique sera l’instauration d’un revenu pour tous, dégressif en fonction de la situation sociale ainsi que la création d’un système d’imposition redistributif, le but de cette politique économique extrêmement brutale sera de dégager le maximum de ressources pour aider un plan d’investissement massif public ainsi qu’un encouragement à la renaissance d’un tissus économique artisanal, agricole et hi-tech local.
    Et pour y parvenir, une nouvelle constitution confédérale seule à même de restituer ET le pouvoir, ET la légitimité culturelle dans le peuple.
    Ce texte, ce ne sont que des pistes pour l’émergence d’un modèle algérien qui ne copie aucun autre pays. Il y a des idées qui vous feront sourire ou soulèveront vos questions, ce n’est pas ce qui est le plus important. Le plus important sont les principes qui m’avaient guidés dans sa rédaction.
    Il y a une urgence de quelques mois pour que celles et ceux qui croient encore en ce pays se rassemblent derrière un projet non pas politique mais derrière un projet de société.
    Dans un an, en Algérie, on crèvera de faim, et dans deux ans, on crèvera de soif. C’est maintenant que ça se passe.
  • Pour la Chine: 18 avril

    On peut être critique au sujet du régime chinois, on peut être révolté par sort réservé aux Ouïgours, on peut être indigné par les stérilisations et persécutions des tibétains, on peut être dégoûté par le travail forcé dans les prisons, par la disparition des opposants. Aucun problème avec moi pour dénoncer cette dictature et sa corruption ainsi que ses visées impérialistes en Afrique.
    Mais ce soudain revirement des puissances occidentales, cette critique incessante au sujet des « dissimulations de données » au sujet de l’épidémie, ce soudain réveil au sujet des « droits de l’homme » en Chine, tout ce machin autours de la Chine venant de puissances impérialistes, l’une d’elle y ayant mené une guerre pour y imposer le commerce de l’opium afin de la coloniser, une autre ayant financé des coups d’état et des guerres totalement illégales, des puissances qui ferment les yeux sur le régime saoudien, sur les atteintes aux droits de l’homme aux UAE et notamment le quasi esclavage des travailleurs du sud-est asiatique, sur le silence feutré autours du bouclage et des bombardements de Gaza en pleine épidémie de coronavirus, toute cette hypocrisie, il faut bien le regarder pour ce que c’est: le réveil des néo-conservateurs américains qui désignent le nouvel ennemi qui, après qu’ils l’aient nourri pour leur seul profit, s’apprête à les dépasser économiquement.
    Voilà des décennies, voilà un siècle que l’occident regarde l’Asie en général, la Chine en particulier, comme une sorte de ramassis de niaqwés sous-développés, et voilà qu’après le Japon, après la Corée, voici la Chine qui émerge comme puissance économique et technologique majeure, mettant à mal la domination commerciale des grandes entreprises qui n’aiment la Chine que comme une usine docile à bas coût et la Japon comme une annexe des USA.
    Nous assistons à un shift dans les puissances mondiales et dans l’économie monde, entre des puissances anciennes et des puissances en devenir, au moment même où les ressources se tarissent. Cette mise de la Chine au ban des accusés, c’est la réalisation soudaine de la perte d’une hégémonie. Et qu’on s’abstienne de parler ici de la Chine qui pollue, les USA venant de lever quasiment toutes les restrictions sur le forage, la production de charbon et les émissions de CO2, achevant de prouver s’il en était, au même moment où les démocraties libérales s’équipent de drones et s’essaient au traçage des individus après avoir été incapables d’appréhender l’épidémie comme ont su le faire la Corée, la Nouvelle-Zélande ou Taïwan, que cette histoire de « dissimulations » n’est qu’un prétexte aussi piteux que les « armes de destruction massives » en leur temps.
    Les nouveaux conservateurs, Trump à leur tête aujourd’hui et éventuellement Biden demain, veulent la guerre avec la Chine.
    Parce qu’elle fait comme eux, mieux qu’eux, et surtout sans eux.