Catégorie : le Blog de Suppaiku, Tôkyô

Journal d’un Solitaire Sociable et Moderne de Paris et Londres à Tôkyô et …

  • Après le désespoir: 1er avril 2020

    J’ai traversé un désespoir sombre le weekend dernier. C’était le contre-coup de l’orgie des cerisiers la semaine avant. J’ai haï ce premier sinistre, ce gros connard de Abe et toute sa clique de vieillards affairistes mafieux.

    J’ai retrouvé Jun, la seule personne qui compte vraiment dans ce pays, pour moi, et je lui ai flingué sa soirée en le déprimant, en lui faisant du “tu veux pas piger”, etc Quand on s’est séparés, plus tard, il m’a donné une pochette de masques. C’était sa façon de me dire qu’il avait très bien pigé sans rien dire. Il y a deux semaines, je lui ai dit que j’étais inquiet pour lui, que je ne voulais pas qu’il tombe malade. Il m’a dit qu’il était inquiet pour moi parce que lui, il allait au travail en voiture et qu’il bossait quasiment tout seul alors que moi je devais prendre le train tous les jours et rencontrer des étudiants en permanence.

    Dimanche et lundi, je ne suis pas sorti, je me suis calmé. J’ai décidé de débrancher. J’ai appelé mes amis, j’ai commencé à me focaliser sur l’économie, la finance, à imaginer le monde d’après et à couper mes derniers liens avec ce monde qui agonise sous nos pieds et qui peut-être m’emportera avec lui.

    J’ai décidé de ne plus partager de nouvelles affolantes, sombres. De me détacher de l’immédiat, de retrouver le temps long. Qu’importe l’immédiat, il nous emporte dans son abime. L’historien en moi a triomphé, je regarde le temps présent faire l’histoire et soudain j’entrevois le futur. Il est ce que nous ferons, ce que nous en ferons, j’espère juste que nous y aurons été suffisamment préparés pour ne pas en être dépossédés comme nous le sommes actuellement.

    Je ne sais pas comment éveiller les japonais. Quand je leur parle, ils ne m’écoutent pas, ils entendent un étranger. Mais Jun m’écoute et si je parviens à l’aider à traverser cette tempête comme nous avons traversé le séisme, ce sera déjà ça. J’essaie d’informer mes étudiants. Mais j’ai passé le stade de tout désespoir.

    Il y aura un après, et je veux en être ou en tout cas y avoir contribué. Je laisse à la tristesse qui m’assaille le soin de me laisser exprimer mon amour des autres.

    Amitiés. Prenez soin de vous.

  • FB Live au temps du #coronavirus: 30 mars 2020

    https://www.youtube.com/watch?v=stkw7QXGF2w

    Le présent, l’avenir, un bavardage improvisé en vidéo avec celles et ceux qui me suivent sur Facebook.

  • Sortir du contingent: 29 mars 2020

    2314. Bon, j’ai assez parlé du bilan. L’incompétence du gouvernement, ses mensonges, ses dissimulation, le manque de tout, la répression, le discours raciste en temps de confinement, les hôpitaux livrés à eux-mêmes sans médicaments avec un personnel épuisé et contaminé, non testé et devant choisir qui pourra vivre ou pas, les aides massives aux banques et le detricotage encore plus poussé, hypocrite, en urgence, du droit du travail. Il y aura beaucoup de morts et de souffrance, et ce gouvernement en sera tenu responsable pour avoir menti, préfère l’argent à la vie, Mme Buzin sa carrière etc etc Il y a une crise économique qui vient et qui sera terrible avec la Grèce pour modèle et des lois déjà votées, des drones et des policiers suréquipés pour réprimer. Il y aura ces banques, asphyxiées et sauvées avec notre argent aujourd’hui, qui exigeront des coupes budgétaires, la privatisation de tout, et il y aura nous, abattus, comptant nos morts, assommés, et ils en profiteront.
    Voilà, c’est écrit.
    Alors maintenant je vais donc cesser d’alimenter la machine à déprimer, c’est inutile. On se fait suffisamment de mal, on est suffisamment tristes. On ne peut rien face à ce qui est.
    Il nous reste tous les possibles qui commencent maintenant. Et ça commence par nous détoxiquer de cette épidémie. J’arrête donc volontairement de relayer les informations toxiques, ce qui ne veut pas dire que je les ignore. Éventuellement, avant chaque post, je vais mettre un chiffre. Le nombre de morts, histoire de dire que oui, je sais.
    Et que cette bande est responsable ET coupable.
    Si on parvient à nous détoxiquer du présent, si on parvient à continuer à penser, à garder une certaine distance, si on garde pour nous l’amitié, la gentillesse et une forme d’optimisme malgré la nécessaire résignation à ce qui est, en acceptant le deuil des rêves du passé, on en sortira plus forts, plus unis par une culture nourrie d’une expérience commune. A cette condition nous pourront vaincre. Non pas Macron, mais nos illusions vaines, la croissance, le retour à « comme avant », celles-la même qui nourrissent l’élection de types comme lui.
    On vaut beaucoup mieux.
  • EXPERTISE CORÉENNE: 29 MARS 2020

    2314. On ne le dira jamais assez. C’est vers la Corée qu’il faut regarder. La Corée a retenu les leçons du Sars-Cov-1, de la grippe aviaire, de la grippe H5N1 et du MERS. Elle était prête.
    Interview passionnante, sous titrée en anglais, d’un professeur coréen.
    Tester, tracer, confinement pour les personnes positives avec suivi médical précoce voire hospitalisation, information de la population, rappel des règles d’hygiène et port du masque par tout le monde, coordination du système de santé au niveau national et encouragement des différents acteurs du système de santé à innover puis partager leurs résultats, essais de traitements sans à priori et partage en temps réel des résultats en cours, etc Au final, la Corée, après avoir connu un pic de deux semaines de quelques dizaines de malades à 7000 personnes infectée, est parvenu à contrôler la progression du virus, contenir la mortalité à un niveau très bas sans pour autant avoir recours au confinement.
    La Corée offre un contre exemple à une approche strictement sanitaire (le confinement général), forcément totalitaire sur le long terme, grâce à une approche basée sur l’information, la prévention, la responsabilisation, le dépistage et le suivi des personnes infectées, ce qui lui permet de maintenir et ses principes démocratiques et son activité économique de base sans exposer les travailleurs, et parmi eux les soignants, à une contamination. Cela rappelle incroyablement ce que l’on peut retenir de l’épidémie de SIDA, ou plutôt ce que réclamaient les militants.
    L’Allemagne, en faisant un U-Turn dramatique il y a 10 jours, a décidé de suivre cette politique de tests massifs. Coûteuse à court terme, le pari est qu’elle évitera de prolonger le confinement au delà de trois ou quatre semaines, de suivre les malades, d’éviter les contaminations en fin de confinement puis de suivre l’évolution de l’épidémie.
    Cela s’appelle une stratégie.
    Interview à regarder. Je vous parle de la politique de tests massive de la Corée depuis plus d’un mois, le Pr Kim Woo Joo vous en parlera bien mieux que moi.

  • Peur, 24 mars 2020

    Ce week-end, les japonais sont sortis en masse. Même les vieux. Malgré l’appel à ne pas aller picniquer sous les cerisiers, ils étaient nombreux.

    Je vois des touristes blancs. Je dis blancs parce que je ne sais pas d’où ils viennent, parmi eux il y a quelques noirs donc ne n’est pas une couleur de peau, c’est une couleur d’espace de civilisation. Comme tous ceux qui viennent de là bas, là où le virus circule sans limite, ils ne portent pas de masques et ne respectent pas la demande des services d’immigration de ne pas prendre les transports en commun.

    Je suis dans le métro. Je porte mon masque. J’évite de toucher quoi que ce soit. J’ai mes lingettes alcoolisées. J’ai ouvert une fenêtre, deux autres sont ouvertes, c’est bruyant mais l’air circule. Je vais au travail.

    Je suis terrorisé par cette apparence de normalité que nous entretenons dans le silence glacé du tatemae. Je suis terrorisé car je sais qu’il rôde.

    Je suis terrorisé mais je me fais confiance et je fais ce que je dois faire.

    J’ai peur.

  • Médias: 23 mars 2020

    Je viens d’écouter France Inter. L’interview de Mélenchon. C’est Radio-Moscou, France Inter.

    On n’interviewait pas à charge autrefois. On demandait « quel est votre point de vue », « vous avez déclaré », « que pensez-vous de ce que … a déclaré »

    Là, ce sont des questions à charge, qui empêchent l’interlocuteur de dérouler une pensée en le mettant sur la défensive sur des problèmes parfois secondaires. A l’arrivée, on a du mal à saisir la pensée de l’interlocuteur, mais celle du journaliste se découvre par tout sans que celui ci ne l’assume en mode « ce n’est qu’une question »..

    Ce n’est plus du journalisme, c’est un abus de position médiatique.

  • Pauvres: 21 mars 2020

    Une épidémie, c’est politique. Les riches se font tester à prix d’or, s’achètent des respirateurs, recrutent des docteurs et des infirmières, ont déjà acheté des résidences loin de la plèbe.

    Les autres goûtent les joies des salles d’attente bondées aux murs délavés, au guichet imitation bois et aux sièges en plastique où il n’y a ni tests disponibles, ni suffisamment de personnel soignants, ni suffisamment de masques et où il n’y a déjà plus de respirateurs disponibles.

    Quand aux pays du sud, alors là…

  • #URGENCECORONAVIRUS

    #URGENCECORONAVIRUS

    https://www.youtube.com/watch?v=sSR8K8K7etM&t=25s

    Voici le texte de la pétition que j’ai mise en ligne ainsi que la vidéo qui l’illustre.
    Signez. Partagez.
    Et prenez soin de vous ainsi que de celles et ceux qui vous sont proches.

    La crise sanitaire due à l’épidémie de coronavirus SARS-CoV-2 dont les formes les plus aigües peuvent entrainer le décès des malades révèle un dysfonctionnement majeur des dispositifs d’alerte sanitaire et des chaînes de décisions.

    Ainsi, au delà du délabrement de ce que fut autrefois l’un des meilleurs systèmes de santé au monde et depuis victime de la “rationalisation budgétaire”, cette épidémie nous a révélé un gouvernement occupé à tout sauf à évaluer la réalité d’une menace ni même à y préparer le pays.

    Ainsi. Madame Agnès Buzin, bien que consciente du danger dès le mois de janvier, a préféré satisfaire une ambition personnelle en quittant ses fonction pour se présenter aux élections municipales.
    Ainsi. Le gouvernement, tout occupé à faire passer son impopulaire réforme des retraites, n’a pas développé de politique massive de tests et de confinement des personnes infectées comme l’a fait la Corée.
    Ainsi, il ne s’est pas assuré de la présence de masques, respirateurs, etc, utilisant même un conseil des ministres dédié au coronavirus pour faire passer la réforme des retraites en utilisant l’article 49.3.
    Ainsi. En minimisant continuellement la réalité de l’épidémie jusqu’à se trouver acculé par la tragique réalité en décrétant en toute impréparation le confinement sans y avoir préparé l’opinion ni même l’économie.

    VOTRE GOUVERNEMENT N’A RIEN APPRIS DE LA CRISE DU VIH-SIDA

    Dors et déjà, les hôpitaux, particulièrement dans le Grand Est, sont surchargés.
    Dors et déjà, les personnes présentant des symptômes sont invitées à se confiner, ne pas sortir sans pour autant être testées ni même rassurées, certaines pourtant présentant des maladies pré-existantes.
    Dors et déjà, le manque de masques, de blouses, de respirateurs, de lieux d’accueil est manifeste et le SAMU est surchargé.

    Et on nous annonce que ce n’est que le début. Des milliers de morts sont désormais envisagés. Vous vous y résignez.

    Ce quinquennat, dont on nous annonçait qu’il serait celui d’une réconciliation des citoyens avec la politique, a non seulement jusqu’ici aggravé les fractures par un déni total de l’écoute ainsi que par une arrogance permanente envers ceux “qui ne sont rien”, réduits à n’être qu’une plèbe sans valeur comme quand ils sont appelés par la hautaine Madame Pénicaud, bien à l’abris dans son ministère, à se sacrifier en allant travailler coûte que coûte, la peur au ventre, sans protection. Facteurs, caissières, personnel d’entretien des hôpitaux, artisans du bâtiment, infirmières de ville…

    Vous semblez vous résignez à l’hécatombe. Nous, ceux “qui ne sont rien”, nous ne pouvons pas l’accepter.

    Bien que vous resterez comptables de tous les morts et de toutes les souffrances qui auraient pu être évitées si vous aviez choisi de tester en masse, d’informer et de ne pas affirmer avec ignorance que le masque ne protégeait pas, vous avez l’opportunité historique de changer ET le cours de l’épidémie ET la perception de votre (in)action.

    Le Professeur Didier Raoult, directeur de l’IHU Méditerranée Infection de Marseille et membre du Conseil Scientifique dédié au Coronavirus, faisant suite à des essais concluants réalisés sur des centaines de malades en Chine, est parvenu à travers un essai sur 24 patients à prouver l’efficacité d’un traitement combinant deux médicaments dont les caractéristiques sont connues depuis des dizaines d’années:
    – Hydroxychloroquine (anti-paludique mais de plus en plus utilisé contre les virus émergents), à raison de 600mg deux fois par jours pendant 6 jours.
    – Azithromycine (antibiotique, dans le but d’éviter une co-infection), à raison de deux cachets le premier jour, puis un cachet par jour pendant trois jours.
    Les effets secondaires de ces deux médicaments sont connus, maitrisés, documentés du fait de leur ancienneté. Ils ne sont pas dangereux.

    Les essais en Chine ont été concluants. Les essais à Marseille ont été concluants. Divers laboratoires dans le monde ont commencé des études. Jusqu’au président Trump, en pleine confusion suite à une gestion de l’épidémie encore pire qu’en France, qui décide de s’y raccrocher.
    Le laboratoire Sanofi est prêt à délivrer autant de doses possibles et a annoncé être prêt à faire don de son stock.

    Et pourtant, vous n’agissez pas. Pendant que les chroniqueurs télévisés bavardent en jaugeant l’efficacité sans n’y rien connaitre, votre gouvernement est prêt à attendre le temps des évaluations, de trois à six mois, pour annoncer la disponibilité du traitement.

    VOTRE GOUVERNEMENT N’A RIEN APPRIS DE LA CRISE DU VIH-SIDA.

    Ce sont les associations, ce sont les malades qui, en France, ont exigé à force de manifestation et de mobilisations, parfois violentes, que les molécules ne soient pas “évaluées” mais directement testées sur eux même. Ce faisant, ils ont permis à notre pays d’avoir accès très tôt aux trithérapies, sauvant des milliers de vies.

    Vous vous résignez à des milliers de morts. Pas nous.

    Un traitement existe. À la différence des médicaments pour le VIH en 1994/95, ce sont des médicaments connus, documentés, et leur efficacité est documentée.

    NOUS DEMANDONS L’ACCÈS AU TRAITEMENT RECOMMANDÉ PAR LE Pr DIDIER RAOULT & UNE POLITIQUE DE DÉPISTAGE MASSIVE AVEC TRAITEMENT DE TOUS LES TESTÉS POSITIFS

    Si vous refusez, vous serez comptables des résultats de votre incompétence passée ainsi que de votre aveuglement à ne pas laisser les docteurs faire leur travail en offrant le seul traitement disponible à ce jour.