Reset personnel, à Kyôto

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Je vous reviendrai plus tard, ce soir ou demain, je ne sais pas trop encore. Je vais essayer de poster un billet par jour, comme en décembre je l’ai fait, avant le coronavirus, à l’époque où j’ai commencé à prendre l’habitude de me lever vers 6 heures, quand j’ai acheté ma flûte, quand je n’avais pas peur du lendemain comme j’ai pu l’avoir à partir de mars, peur de perdre mon travail, de rentrer en France en catastrophe, ce fichu privilège de tout penser plus vite, cette fichue habitude de dévorer de l’information et de synthétiser au quart de tour en se fichant des commentateurs et des journalistes qui finalement ne font que régurgiter l’air du temps.
J’ai compris dès ma lecture de cette information Bloomberg alors que j’étais à Kyôto – ce devait être le 30 décembre- qu’une armoire normande nous tombait sur la tête. Je me souviens avoir pensé que beaucoup de chinois venaient au Japon. Je n’ai pas pensé à une pandémie, juste une sorte de sensation, « mince, j’espère qu’il n’y aura pas beaucoup de chinois qui viendront », et puis en même temps, cette information « un nouveau type de pneumonie », je n’ai pas pu m’empêcher de penser à la première fois où j’ai entendu parler du SIDA, fin 1981, « une nouvelle maladie qui frappe les homosexuels aux USA ».
Alors, en janvier, j’ai suivi cette actualité, et je suis masqué depuis mi-janvier. D’ailleurs, au sujet du masque, j’ai écrit ce post, sur Facebook
« Le Gloubiboulga analphabète qui sait tout de tout et qui forme la conspirosphère alimente des crétineries toutes plus idiotes les unes que les autres au sujet du masque et dont le but est extrêmement simple: plus il y aura de morts, plus il y aura de colère, plus il y aura de colère, moins il y aura de confiance en la société, moins il y aura de confiance, plus les aberrations diverses et variées de la conspirosphère imprégneront les esprits.
Ils ont réclamé de la Chloroquine hier, ils critiquent les masques aujourd’hui, ils accuseront les états de génocide demain, ils s’opposeront au vaccin après demain, ils verront la main de groupes occultes partout et rependront leurs vérités délirantes « au nom du bien », « de Jésus » et surtout in fine « de la race blanche » car ça atterrit toujours par là.
C’est étonnant tous ces faux prophètes, tenants de vérités délirantes en ces temps troubles, ils sont le visage du mal au sens spirituel du terme, ils se nourrissent de la souffrance, de la mort, et la vie les a depuis longtemps abandonnés, la lumière a depuis longtemps déserté leurs cœurs, et les tristes foules qui les suivent s’enfouissent l’âme dans leur néant morbide…
Les mascophobes sont le juste produit de notre civilisation qui a fait de l’égoïsme le moteur même de son développement. Chfêskeujveucomjeuveu.
Il faut beaucoup d’amour pour son prochain pour porter un masque malgré la chaleur de l’été. Il faut beaucoup d’amour pour éviter que les anciens ne meurent après avoir souffert le martyr dans un hôpital après avoir été coupés des leurs. »
Je suis masqué, je le suis sans même qu’on me le demande car c’est comme cela qu’on fait pour se protéger et protéger l’autre de la grippe, chaque année. Ici, la grippe est une maladie presque honteuse, l’attraper, cela veut dire qu’on n’a pas fait attention, c’est un peu comme ne pas se laver les mains avant de manger ou après être allé au toilettes, c’est un peu comme garder ses chaussures à la maison ou ne pas prendre un bain avant de dormir et garder sa transpiration de la journée sur soi toute la nuit…
Mai a été redoutable, vraiment, une boule au ventre car je n’étais plus sûr de la solidité de mon école. Je ne le suis toujours pas beaucoup, mais c’est désormais totalement digéré.
Et me voilà à Kyôto, le coeur et l’esprit absolument tranquilles, d’ores et déjà reposés. Je vais juste remettre tout à zéro, tenter de perdre ces 9 kilos que j’ai pris depuis mars, retrouver l’énergie que j’ai laisser au fond de mon ventre, entassée quelque part où elle s’est nouée pour n’être plus qu’un poids lourd, mort, quel dommage. J’essaierai de revenir à Tôkyô prêt à me lever de nouveau à 6 heures, quoi qu’il arrive, et j’écris bien quoi qu’il arrive car j’ai compris que beaucoup risque désormais de nous arriver. Ce n’est pas grave, c’est la vie. Et raison de plus de faire ce que j’ai à faire.
Alors, cette semaine, je vais essayer de vous partager mes promenades en photographies et peut-être même en vidéos. Vous le méritez bien. Promettez-moi juste en échange de vous masquer pour protéger les autres, de faire attention à vous. Car il n’y aura finalement que nous pour prendre soin de nous.

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