Rêves, rêves

R

Je voulais vous confier l’un de mes projets en cours, un très long article qui m’a retenu une bonne partie du mois dernier et empêché d’écrire. Et puis au fur et à mesure, je me suis aperçu que je ne pouvais pas le publier hors contexte, hors du projet lui-même.
Je souhaite le mener à bien, ce projet, patiemment. J’y travaille. Je me suis lancé seul pour préparer un « produit clés en main », j’y fais donc le design, et tout ce qui sera nécessaire pour qu’il puisse vivre. Et s’il me conduit nulle part, je me serai bien amusé.
Bref, je ne vous en dirai pas plus, vous devrez attendre quelques mois. C’est important de l’amorcer seul, je veux dire, pour moi. Une fois lancé, j’espère que d’autres s’y intéresseront.

Ici, c’est l’été et l’humidité domine. Le virus ne part pas et la politique idiote du Japon, qu’un budget conséquent du gouvernement permet d’habiller internationalement par des opérations de relations publiques, ne nous épargne rien. Chaque jour, le virus apparait, presque comme par magie, dans un département où prétendument il ne circulait pas. Comme par exemple il y a deux semaines à Miyagi, un homme de 40 ans qui ne sortait quasiment jamais de chez lui… Contrairement à Février, je ne ressens plus aucun stress. Je ne sais pas comment expliquer ça. En fait, voir les pieds nickelés du gouvernements japonais qui nous expliquaient il y a trois semaines que les japonais étaient plus évolués, supérieurs en culture, en hygiène, biologiquement mieux préparés pour “expliquer” la “performance du japon” face au virus me fait rire. Désormais, les chiffres de propagations égalent ceux en Europe mais dans le sens inverse, ça monte, ça monte, et pourtant on n’y teste que 6000 personnes par jours… Cette bande de crétins me font rire.

Mes rêves reviennent et me parlent, ils m’envoient des messages sur moi-même et sur ma perception du monde. Certains sont assez troublants.
Maman est venue il y a une semaine. J’étais avec mon frère et nous allions la voir. C’était au bord d’un petit parc qui est aussi certainement à côté d’un temple bouddhiste que nous nous sommes arrêtés, c’était dans une Sarthe du Japon, et ce jardin était son jardin et à la fois un jardin à côté d’un temple, avec ces petits murets que j’aime bien, en quelque sorte.
Dans mon rêve, c’était assez évident. Maman était là, elle allait « vraiment » mourir, cette fois-ci, elle nous attendait. Elle avait creusé sa tombe, une toute petite tombe, et je pensais que comme toujours elle avait fait cela elle-même. Et alors que nous regardions cette tombe, la terre a bougé, et une malle a jailli du sol, et puis la malle s’est ouverte elle-même. Dans la malle, il y avait plein de choses, mais entre autres, il y avait un de ces luth japonais ancien, un biwa. Il était tout neuf, je le saisis et en tirai quelques notes. Et puis vint le moment des adieux et là j’attrapai maman en lui hurlant littéralement que je l’aimais, que je ne voulais pas qu’elle parte. Mon frère était là mais il était effacé, j’apercevais le gris de la route, derrière. Je pensai à ce sanctuaire shintô à Kyoto, le sanctuaire du lapin, vers Kurodani. C’est un sanctuaire de la fertilité, on y va pour avoir une grossesse facile. La sienne a été éprouvante, elle me relie à maman d’une façon très profonde. J’ai vraiment été désiré, il était très facile de me laisser partir…
Je me suis réveillé. Troublé. Je ne veux pas que maman s’en aille, et pourtant il le faut. Elle m’a tout donné, c’est important que je lui donne au moins ça.
Des fois, j’ai peur de devenir vieux, je redoute de voir des fantômes…

Un autre rêve m’a pas mal troublé aussi. Je marchais rue Kasuga, c’est près de chez moi, une de ces avenues sans fin qui barre Tôkyô en deux. Je marchais et je constatais que les immeubles étaient des immeubles parisiens. J’avais les yeux levés quand soudain je vis des missiles nucléaires passer à basse altitude, lentement. Il n’y a pas eu d’explosion, ils passaient juste au dessus. Ils étaient assez gros, une sorte de vert gris pâle, avec des ailerons saillants et ici et là des trucs de couleur rouge. Je m’arrêtai et les regardai, je ne pouvais m’empêcher de penser que ces immeubles étaient beaux…

Un autre rêve, encore, le weekend, j’étais vers Asakusa, pas très loin de chez moi, du côté du supermarché Ozeki. Et puis dans une rue, je remarquai une boulangerie, et puis une autre, et encore une autre. La rue était pleine de boulangeries, des boulangeries qui rivalisaient de pains de campagnes au levain superbes, bien cuits, des baguettes au levain magnifiques. Je ne savais pas où m’arrêter pour en acheter, ces boulangeries étaient toutes plus séduisantes les unes que les autres, mais alors que finalement j’avais fini par acheter une de ces baguettes, le goût se révéla incroyablement pauvre, j’avais l’impression de manger une de ces baguettes en caoutchouc qu’on achète dans les supermarchés discount…

Les rêves révèlent un monde incroyablement riche pour qui sait les entendre…

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