Catégorie : le Blog de Suppaiku, Tôkyô

Journal d’un Solitaire Sociable et Moderne de Paris et Londres à Tôkyô et …

  • Fleur de faubourgs / I – Yvette Lebas entre en scene

    L’inspecteur Duval est assis dans un fauteuil de son petit bureau, juste au bord du couloir de ce minuscule commissariat du passage C., dans le X ème arrondissement. Pas un chat, pas âme qui vive, aujourd’hui. Le calme plat. Il ne se plaint pas, non, pas du tout, tiens, voyons qui court dans la quatrième. Il tourne les pages de Paris-Turf, fumant tranquillement sa cigarette. Il y aurait bien quelques papiers à classer sur le bureau, il faudrait peut-être changer l’encre de la machine à écrire – je vous l’ai dit plus tôt, il s’agit d’une toute petite antenne locale, vous savez, là où éventuellement on va faire enregistrer la perte de sa carte d’identité avant de filer chez le boulanger, pas du tout le genre de grosse machine que les gouvernements successifs modernisent à tour de bras, de milliards, et à grand renfort de publicité depuis une vingtaine d’année afin de réduire un « sentiment d’insécurité » dont se délecte en l’alimentant la presse dite populaire, non, juste une petite porte, une plaque « Préfecture de Police » avec sa signature tricolore ; alors, vous pensez, un ordinateur, ici, non, ce n’est pas vraiment d’actualité ; remarquez, ils vont peut être finir par refourguer quelques vieilles carcasses de la fin du siècle dernier, lors du prochain plan quinquennal de refonte et modernisation de la police, sait-on jamais… -, mais non, changer le rouleau, non, Duval, il aime pas trop ça, ça salit les doigts, ça prend du temps, et du temps, moi, j’en ai pas, etc.
    Il tourne la page du journal, dirige distraitement sa main vers le cendrier, écrase la cigarette, oriente non moins distraitement sa main vers sa tasse de café tiède maintenant juste comme il faut, trois sucres, un nuage de lait. Ses yeux concentrés sur des informations de la plus haute valeur philosophique et morale, j’lui avais dit, moi, à Ducos, de ne pas miser sur Soleil Levant, putain, il s’est bien fait avoir, le couillon, va, ça lui servira de leçon, la prochaine fois, il prendra mes tuyaux un peu plus au sérieux , ah sacré Ducos, il porte la tasse à sa bouche, avale quelques gorgées, rote, repose la tasse, on frappe à la porte. Duval détache les yeux du journal, les pose sur la porte vitrée tandis qu’il pose son journal sur le bureau, qu’est-ce qu’il me veulent, qui c’est qui vient encore me faire chier. On frappe une deuxième fois.
    – Entrez !
    La porte s’ouvre, et apparaît le sourire amical de Ducos, sa bonne grosse tête poupine aux joues bien roses.
    – Y a cette dame qui voudrait vous parler, inspecteur !
    – Vas-y, fais rentrer !
    Il plie le journal, ouvre un tiroir sur la droite, range le journal sur la bombe lacrymogène dernier cri dont il ne s’est jamais encore servi, referme le tiroir.
    Une jeune femme au maquillage aguicheur, à la coiffure crantée apparaît, un manteau de fourrure sur les épaules, rentre dans la pièce, intimidée –ce qui, cela dit en aparté, doit bien être la première fois depuis sa première communion, car elle a pas bien l’air farouche, et alors, vu le quartier… enfin, on se comprend !

    STOP ! STOP !STOP ! CA VA PAS, CA VA PAS, mais alors là, CA VA PAS DU TOUT ! ! !

    Non, ça ne s’est pas du tout passé comme ça, rien à voir, mais alors là, rien à voir du tout ! ! !
    La réplique de Louis Jouvet se tourne vers le petit homme à lunettes qui proteste vertement, caché au fond de la salle. La sosie de Suzie Delaire s’impatiente.
    – J’étouffe dans cette fourrure, les gars, dépêchez-vous. C’est pas tip-top d’être une vamp années 30, ça fatigue !
    – Oh, eh, tais-toi, la morue ! murmure le Louis Jouvet de cinéma en balayant distraitement sa main en direction de la fatale beauté.
    – Morue toi-même, face de crabe ! Bon, c’est pour quand, je vais pas y passer ma vie, dans ce polard à trois francs six sous !
    – Eh, C’est toi qui va se calmer, hein. On sait comment tu l’as eu, le rôle, alors…
    – Hein, mais vas-y, continue, qu’est-ce que tu vas insinuer là, pauv’con !
    ON SE CALME ON SE CALME…

    En cette fin d’après-midi pluvieuse et (très) venteuse, Yvette, dont le bas-couture de la jambe droite a filé dans une vilaine course poursuite très mal engagée au depart, se dirige comme une fusée perchée sur talons aiguilles vers le bureau de police le plus proche, celui du passage C. – vous savez, ce passage qui relie le faubourg Sébastopol au faubourg Saint Martin dans le X ème arrondissement, près de la gare de l’Est, un étroit passage avec un restaurant russe très coté et, juste en face, ben tiens, on y viens, devinez quoi …
    Elle pousse la porte en portant un dernier regard sur le boulevard, la peur encore présente : les a t’elle vraiment semés ? La question n’a plus vraiment d’importance, désormais. Une odeur sucrée et entêtante se répand dans le commissariat. Ducos, qui s’était assoupis, sort de sa torpeur avec une sensation de nausée, dirige ses yeux devant lui qui, après avoir reconnu ce qui lui semble être un manteau de fourrure, remontent le long d’un corps de sexe féminin pour atterrir dans un décolleté généreux et rebondis sur lequel est posée une tête de femme plutôt jeune appartenant selon toute vraisemblance et sans grands risques d’erreurs à l’Ordre de Marie-Madeleine d’Avant-la-Conversion.
    – Bonjour ma jolie, c’est à quel sujet ?
    – Bonjour, m’sieur l’agent, il faut que je vois un inspecteur, j’ai une importante déposition à faire sur le chant (1).
    – Bah, vous pouvez tout m’raconter à moi, vous savez. L’inspecteur Duval est…
    – Non, c’est urgent et, euh… comment dire, c’est un peu gênant et confidentiel, et puis il faut que je fasse très vite, je risque gros, vous savez…
    Ducos regarde la femme un peu plus attentivement et s’aperçoit qu’autours de ses yeux le Rimmel est bien décidé à partir en vacances en ordre dispersé malgré les avalanches. Ça, pour le coup, avec la couche de Rouge-Baiser qu’elle s’est généreusement tartinée, ça vaut toutes les cartes de visites et toutes les introductions. Il déduit sans trop de risque d’erreurs qu’elle a quitté le turbin dans la précipitation, mais qu’est-ce que je lui ai fait pour qu’elle ne veuille rien me raconter ?
    – D’accord, ma belle… Je vais voir c’que j’peux faire. Comment vous appelez-vous ?
    – Mademoiselle Yvette Lebas, je … travaille à côté.
    Ducos frappe timidement à la porte une première fois, plus fort la deuxième fois.
    – Y a cette dame qui voudrait vous parler, inspecteur.
    A ce moment là, une grande rasade de violons langoureux doublée d’un flou artistique particulièrement réussi, très probablement inspiré des meilleurs émissions de télévision consacrées à Catherine Deneuve, joignent leurs efforts pour accompagner l’entrée de la simili Suzie Delaire dans le bureau de l’inspecteur Duval. Tandis que les yeux de la jeune femme brillent à l’écran, que la musique se fait plus sentimentale au risque de dégouliner comme cela devrait être interdit par la loi sous peine d’enfermement à la prison de Guantanamo mais comme ne le renieraient pas les producteurs de la Star Academy quand ils sont décidé à promouvoir la nouvelle Lara Fabian, la voix de Ducos transperce l’espace sonore, rompant d’un coup le charme, et
    – Yvette Lebas. Si vous voulez bien vous donner la peine d’entrer…
    – Très bien, Ducos, tu peux disposer !
    Ducos referme la porte. La vache, il était encore dans Paris Turf. Il va encore me refiler un de ses tuyaux que j’sais pas d’où il les sort…. Il doit avoir des potes dans le milieu…
    – Assied-toi…
    Dans le bureau de Duval, on a déjà fait connaissance. Duval a toujours tutoyé les filles.
    – Alors, dis-moi, qu’est ce qui t’amène ?
    – C’est pas facile a raconter… C’est La Bécasse… enfin, Sylvie… vous savez comme on l’appelle… elle m’a dit qu’on pouvait vous faire confiance, rapport a son affaire avec René…
    – La Bécasse ? Mais ca fait un bail que je l’ai vue… Qu’est-ce qu’elle devient ?
    – … Ben… On dit qu’elle a pris des vacances… avec son nouveau Jules…
    – …
    – … Ils seraient partis tous les deux faire du ski a Chamonix… On dit qu’il y a du travail là-bas, que ça paie bien, quoi, alors…
    – …
    – … C’est qu’on raconte que ça va lui faire dans les 53 ans en mai, et elle aimerait bien se poser, à son âge… ouvrir son petit bar, être respectable, quoi…
    – … et…
    – … Il s’appelle Pierre… il a que 23 ans, mais elle en est folle… Il michetone un peu, mais c’est un gentil garçon…
    – Alors comme ça elle est maquée avec Le ressort ?
    – … ?
    – He he… On l’connaît, ici!Pierre Ressord, né le 23 septembre xx à Courbevoie… On le connait depuis sa première fugue, il avait 11 ans! On l’a retrouvé dans les bras d’un notaire, enfin, les bras…, disons plutôt le lit… A côte d’ici, un boxon du Passage du désir…
    Il a fait un geste brusque avec le bras, comme pour montrer l’hôtel. Mais de la fenêtre, au travers du rideau, on ne fait qu’apercevoir le restaurant russe enveloppé dans la grisaille du passage.
    – Pôv’ gosse…
    – Ah ça, je te le fais pas dire! Son père se l’tapait tous les jours depuis l’âge de 5 ans! La première fois qu’on l’a vu, c’était un vrai petit sauvageon, un petit homme qui savait déjà tout de la vie, et pas que le plus beau. Il nous a jamais raconté les quinze jours de sa fugue ni comment il avait atterrit là… On l’aime bien, ce môme… Il paraît qu’a la Santé, il les rendait tous fous ! Il michetonne toujours les vieux artistes vers Montmartre ?
    Le lieutenant a raconté tout ça d’un tait, avec le sourire, comme on rapporte un fait divers lu dans Détective. Et avec ça, je vous rajoute un choux fleur ?
    – On dit qu’il a arrêté… d’puis qu’une Américaine a eu le béguin pour lui…
    Yvette n’a guère levé les yeux depuis qu’elle a commencé a parler, j’suis pas venue pour balancer, qu’est-ce qu’il veut… et puis pourquoi il se tait, ce me met pas à l’aise…
    – …
    -… C’est comme ça qu’il a connu la Bécasse ! …Au Moulin Rouge, dans les toilettes. Ils se sont tout de suite plus ! Ils ont eu un peu la même enfance…
    – Eh ouais, elle c’est sa mère qui la vendait après que son père soit parti avec une autre. Elle m’a jamais dit pourquoi on l’appelait la Bécasse… Sacrée Sylvie, va… Et toi alors…
    – …
    – Ben vas-y, quoi, maintenant que tu es là…
    – …Moi… Ben voilà… je suis dans la merde, monsieur l’inspecteur, hein, et puis jusqu’au cou, même que je sais pas comment vous l’avez pas encore senti… Ça pue, cette histoire…

    Au fond de la salle, le petit homme à lunette se gratte la tête. Est-ce que ça s’était vraiment passé comme ça… ?

    (A suivre)

    (1) Sur cette orthographe curieuse, on se référera entre autre à l’ouvrage de Daniel J-E.Trouin, Proctologie et monogamie quantitative dans l’œuvre de Simon-Paul de Beauvartre : Le théâtre de l’Enchantement magnéso-Kantien : le cas Fleur de Faubourg ou l’intentionnalité exfoliante, Presses de la Théci, coll. Les basic-faciles, Louvignan-le-Potard-de-sur-la-Drue, 2043. Notamment les passionnantes pages 534-577 où l’on peut lire notamment, que « l’auteur avait au départ prévu de faire de ce drame réaliste une comédie musicale.(…). Comme vous avez pu le constater, divers éléments ont empêché la réalisation de ce qui aurait pu être (…) la plus fantastique surprise de ce début de millénaire, ce que, par ailleurs, nous regrettons (…) amèrement.(…) Il ne s’agit dont nullement d’une faute d’orthographe, mais d’une intention de l’auteur, décédé entre temps (…) dans des circonstances plus que troublantes. Par fidélité (…) et par respect pour l’âme de ce génie dont nous avons été prématurément privés, (…) nous avons gardé l’orthographe d’origine bien que cela donne finalement la plus grossière, la plus primaire et la plus vulgaire de toutes les fautes d’orthographe possibles et inimaginables puiqu’elle laisse planer, si cela n’était pas suffisant, l’ombre définitivement lamentable d’un possible jeu de mot qui, s’il s’était avéré être l’intention de l’auteur, l’aurait remisé au niveau des humoristes de fin de banquets et mariages, vous voyez le tableau, genre, « elle avait une déposition à faire sur le chant, ouaaaah, proutt, vous me direz, vu son travail, elle aurait pu la faire dans les champs et sur le foin, ouaaahh, rot, ouaf ouaf ouaf, proutt ! et même que sa sœur, eh ben elle se serait mise à se (…) », mais non, vraiment, l’auteur de ce drame réaliste était un esprit subtile et délicat, qui tentait par la description de cette pauvre femme livrée aux bas instincts du sexe dit fort, (…) de restaurer héroïquement la Morale et la Loi, l’Honneur et la Vertu : n’est elle pas brave, ainsi, cette belle « Marie Madeleine / Yvette » de tenter par la légèreté d’une possible chansonnette –qui hélas ne verra jamais le jour – tenter, ô oui, de dénoncer les méchants, et tous les pas gentils, (…) au péril de sa vie et d’une involontaire, ô oui, bien involontaire, faute d’orthographe, je vous l’ai dit plus tôt, les plus récentes recherches littéraires excluant définitivement (…)le jeu de mot fumeux et (…)l’inexactitude, l’omission, pire, (…) la faute, le péché de mal-orthographe, (…) la honte, le calembour (…) et populaire, (…) la fange du Sapeur Camembert. ». Publié avec l’autorisation de Mme Vve Daniel Jean-Eric Trouin de Mercicourt le Pront.

  • Nonidi 29 Pluviose 217, doutes…

    Nonidi 29 Pluviose 217, doutes…

    L’adieu au camelia

    Grand soleil devant moi. Forte chaleur. En fait, froid glacial au dehors, je suis a la maison devant la grande porte fenetre, et ca tape fort. Le linge lave ce matin est presque sec. En fond derriere mois le bruit repetitif du sechoir ou sont mes T-shirts. Oui, vous pouvez etre etonne… mais ce que vous ne savez pas peut-etre est que depuis une semaine nous sommes rentres dans la periode “花粉”, la periode des pollens de cypres. Qui font eternuer. Qui donnent mal a la tete. Qui donnent envie de vomir. Rien que ca… L’an dernier, je me souviens avoir seche du linge a la fenetre et ouvert la maison en grand, idiot de Parigot ! Jun s’est plaint de nausees, et moi meme ait eu des eternuements continuellements pendant trois jours. Et pourtant je mettais le masque dehors… Mais a quoi ca peut bien servir, cretin, si tu gave ta maison de ces saloperies de pollens… Vaccine! C’est promis, je ne recommencerai plus.
    Ce week end, Jun et moi nous sommes promenes (samedi) et avons fait des courses (dimanche). Ca y est, il a un Mac ! Ignard en informatique, il a comme beaucoup achete un Toshiba, il y a deux ans, dote de ce fabuleux systeme, Vista. Il se plaint depuis l’achat de ne pas voir la difference entre son nouvel ordinateur et l’ancien, qui datait de 2001 ou 2002, et qu’il avait du reinitialiser je ne sais combien de fois a cause des virus, spywares ou problemes d’incompatibilite des pilotes. Je lui ai dit plein de fois, de desinstaller Vista et de mettre XP a la place, j’ai toujours senti une repulsion au simple fait d’evoquer cette operation. Je crois que les histoires de pilotes le font angoisser. Lui qui adore surfer, il a souvent fini par douter de sa connection internet, tant ca devait ramer dans la becanne… Ca fait quelques temps qu’il disait vouloir changer d’ordinateur. Voila qui est fait, un MacBook 2,4… Avec ca, il est tranquille au moins 5 ans… C’est qu’il ne fait pas d’albums, pas de videos… Enfin, on sait jamais, Mac, ca donne toujours des idees. Nous sommes alles a Bic Camera et la, j’avoue, ca me scie… Il a gagne 18% du prix en points, soit… 33,000 yens ! Comme il avait 25,000 yens sur sa carte, ca fait de belles remises. Bien sur, les 33,000, il n’a pas pu les utiliser de suite. Mais en gros, il peut acheter du materiel “gratuitement”, maintenant.
    Petit hic, toutefois. Arrives a la maison, on allume et… probleme de carte video. Si dimanche soir vous avez croise sur Ginza, vers 19h30, un Gaijin et un Japonais, en sueur, courant vers Yurakucho, un sac en papier Bic Camera a la main, fort probable que ce fusse nous! L’echange a ete tres rapide, et nous etions a la maison vers 20h30. J’ai pu lui faire une reinstallation totale qui aidera sa machine a ronronner pendant longtemps. Moi, ca m’a donne envie de m’occuper de mon iBook G4 achete il a plus de 4 ans maintenant. Eh bien, ce qui est incroyable, c’est qu’il tourne parfaitement sous Leopard. J’avais note que Onyx, un utilitaire d’optimisation (gratuit) permettait de peronnaliser certaines fonctionnalites. J’ai donc enleve les “reflets”, les “animations”, ferme les “widgets”, etc… Sage economie de memoire et de calcul pour le processeur. Comme je me suis trouve tres satisfait du “repondant” sur mon G4, j’ai applique les memes limitations sur mon iMac. Je ne vois pas vraiment la difference (un Core 2 Duo a 2,4…), mais comme ces gadgets ne servent a rien, il doit bien finir par y avoir une difference quand il est tres occupe a bosser et qu’il n’a pas le temps de calculer la transparence, l’icone qui bouge ou grossit quand elle ne doit pas en plus se “masquer” avec en fond, les widgets qui occupent 1 a 2% de la memoire a etre pret a apparaitre. Quel gachis de ressources… En tout cas, mon vieux portable G4 tourne toujours tres bien et ouvre les documents sans ramer. Que lui demander de plus ?
    Cote promenade, partout les fleurs des pruniers. Mais samedi, en plus des pruniers, un soleil et des temperatures de mai. Plus de 20C a l’ombre, et au soleil on devait bien etre au dessus de 25C… Nous sommes alles a Koishikawa Korakuen. La bas, tous les clubs du 3eme age de la region semblaient s’etre donne rendez vous… Certains vieillard possedent des appareils photos dont le teleobjectif, d’une incroyable longueur, est un pisale a leur virilite affaiblie, ou la libido de madame, disparue depuis belle lurette. Vous me direz, c’est toujours mieux que de claquer les allocs au Patchinko ou au 競馬, le tierce. Mais toujours est il qu’ils sont bien rasoir: dans deux semaines, il n’y aura plus personne, puisque les 梅祭り, fete des pruniers, seront termines (et cela meme s’il reste des arbres en fleurs). Au Japon, la facon de faire et le moment de le faire importent plus que ce que l’on fait. Avec Jun, a Kamakura, nous n’avons croise que quelques promeneurs, la semaine derniere: ce n’etait pas la saison. Bah, en France, on a les memes. Ils se precipitent a Carrefour pour la “semaine fantastique” et font tous au meme moment des reservations a Center Park, quand c’est “hors-saison”. Ah, j’oubliais la “fete de la musique”.
    Ca me rappelle une etudiante. La musique, un festival, un concert, des reservations… “Et vous, s’il y avait la Fete de la musique a Tokyo, que feriez vous?”… “J’appelle la police”. “Pourquoi?”… “Ca fait du bruit et je ne peux pas dormir”. Avec une telle eleve, au demeurant une femme cultivee et vraiment interessante quand elle le voulait bien, vous imaginez que la conversation ne pouvait pas aller tres loin. Mes lecteurs “ancien Nova” l’auront certainement reconnue. Cela etant dit, c’est un peu ce que je pense de la Fete de la musique. Ce jour la, “ils” aiment tous la musique. Celine Dion cotoie l’Orchestre de Paris, Guillaume de Machaud ressucite apres une glousserie de Patricia Kass et un “hei’yaaa” de Cheb Khaled, pendant que Diams renouvelle son soutien a Segolene Royal aux cote de Benabar. Entre deux spot de Publicite Coca-Cola et “Societe Generale, partenaire officiel de toues les musiques”. N’oubliez pas le cahier dans Liberation et le numero special de Z’Urban. Merguez, Kebbab et sardines grillees aromatisent le tout quand en terrasse le garcon vous fait payer avec la commande avant de vous faire attendre au moins 15 minutes, “j’ai pas trois mains”. Vers minuits, les “Paris Proprete” debarquent pour ramasser les flots d’ordures qui trainent sur les boulevards pendant qu’on marche, le pied peu assure : il y a des tessons de bouteille partout. Enfin, bon, ce n’est pas le 13 juillet, on a peut de risque de se cramer en recevant un petard sur la figure, quelle chance !
    Je n’aime pas la Fete de la musique. Je n’aime donc pas ces beuveries a Ueno, sous les cerisiers. Mais j’adore me promener dans les parcs en fleurs, notamment le soir: je vous recommande chaudement Hamarikyu, pres de Tsukiji.
    Apres notre promenade, nous sommes alles a Maruzen, pres de la gare de Tokyo. J’ai achete des livres d’un incroyable classicisme, mais que je n’avais jamais lu : a moi donc La fortune des Rougon, d’Emile Zola, et si ca me plait, a moi la serie; Oliver Twist, de Charles Dickens, en anglais bien sur. Et puis L’age d’homme de Michel Leiris (meme si a la reflexion il me semble l’avoir lu il y a une bonne dizaine d’annees). J’ai feuillete un ouvrage dirige par Paul Auster, une sorte de portrait de l’amerique a travers des recits ecrits par des “anonymes” -qui pour le coup sortent de leur anonymat- a la demande d’une Fondation, et lus sur une radio. J’en ai lu quelques un, j’ai trouve ce projet etonnant et vraiment interessant. Il y a la quelque chose qui renoue avec l’essence meme du roman. Quand on pense qu’on l’a decrete mort de notre cote de l’Atlantique…
    J’adore me promener dans les librairies. Maruzen reste ma preferee car il y en a une a Nihonbashi et une autre a Tokyo, a dix minutes de marche l’une de l’autre, dans ce quartier qui est un peu “mon quartier”.
    Reponses negatives a deux offres d’emploi. Pour l’une, a UBS, cela fait 6 mois qu’ils recherchent, bref, le budget est suspendu. 18 milliards de francs Suisse de perte l’an dernier, c’est sur que c’est pas facile, he he he… L’autre, c’est Bloomberg, mais je m’y attendais.
    Vous n’avez pas un job a me proposer, meme dans un restaurant ?
    J’ai retire les annonces Google sur cette page. Je tiens a remercier les 7 cliqueurs. Ca fait 2 USD ! Non, tout d’abord ce n’est pas beau, ensuite, ce n’est pas moi. Je vais les laisser sur mon site de conseils, et on verra si je les reintroduit un jour sur ce site. Je ne suis pas fixe, la dessus. J’ai l’impression de donner quelque chose qui m’appartient, un espace de m liberte, a un truc qui ne m’appartient pas. Je verrais donc, si j’en reintroduit. Bref, ca me gene moins de demander a bosser quelque part a des anonymes que d’afficher pour Google.
    Je vous conseille vivement d’aller visiter Le site de TB, Orbite. Deux articles de Dmitri Orlov qu’il a tres genereusement (et sans Google) traduits de l’anglais. L’actualite nuit helas aune bonne lecture, reflechie et raisonnee. Orlov met en parallele l’ex-URSS et son effondrement, et les USA et leur possible/probable effondrement. Si je ne partage pas son point de vue (peut-etre je me trompe, ce n’est que mon point de vue) sur un effondrement imminent et dors et deja amorce, je partage avec lui l’idee qu’il est urgent de penser a l’effondrement ineluctable de notre civilisation. Non pas comme une catastrophe, mais eventuellement comme une opportunite. Je partage avec pas mal de gens l’idee que les USA sont une puissance democratique en declin, partagee entre le desir de se ressourcer (l’ideal democratique, les “liberals” -je rappelle que “liberal” veut dire ultra de la democratie, et s’apparente generalement au socialistes) et une tentation Imperiale, dont les glissements autoritaires de l’administration Bush ne sont qu’une ebauche. A mon avis, la crise actuelle n’est pas un effondrement, mais le signe de l’ epuisement d’un cycle commence avec la guerre du Vietnam et qui a vu la dette nourrir la dette avec de moins en moins d’effets positifs sur la population dont les revenus ont chute, en termes reels, de pres de 30% en une trentaine d’annee. Seules des manipulations statistiques ont permis de creer l’illusion de la prosperite : toilettage des chiffres du chomage, changement des modalites de calcul de l’inflation : je vous conseille a cet egard l’excellent site Shadow Government, qui entretient des series statistiques sur la longue duree, d’avant chaque modification. C’est edifiant, et donne une bonne idee de la situation reelle des USA, une puissance sur le declin.
    De la a voir dans l’effondrement de la bulle du credit un signe du debut de l’effondrement, je ne le pense pas, mais cela, en fait, n’a pas une tres grande importance. Orlov adopte une analyse libertarienne, basee sur l’acceptation de l’effondrement et les vertues de l’auto-organisation de certains secteurs de la societe. Je n’y crois pas du tout, bref, je suis beaucoup plus pessimiste que lui. Je ne crois pas aux effondrements, je les appelle des decrochages. Un decrochage intervient apres une longue periode de declin. En fait, quand on decroche, on a deja perdu la main. C’est Rome videe de ses populations avant meme les invasions, parce que l’Empire est des le 2eme siecle une puissance en crise declinante, insupportable a ses habitants aises qui lui preferent l’Orient, ou la Gaule. A cet egard, quand Orlov compare l’URSS et les USA, il decrit bien une puissance qui est en declin depuis au moins 20 ans aux USA. Le rationnement et la promiscuite ne sont pas la marque de l’organisation sovietique, mais le signe d’un declin entame des les annees 60. Enfin, il parle de l’effondrement sovietique au passe, or chacun sait que la Russie est en train de rentrer dans une nouvelle phase qui a vu le rouble devalue 18 fois et les capitaux fondre a grande vitesse. Je doute que les nouveaux riches moscovites soient aussi patients que leurs parents.
    Mais comme je vous le dit, c’est une lecture interessante si on fait abstraction de l’actualite (ce qu’Orlov suggere lui-meme). Bref, si les USA retrouvent la croissance, cela ne voudra pas dire qu’il ait tort. Nous sommes de moins en moins pres, et de plus en plus nombreux a ne pas l’etre, a changer nos modes de vie. Radicalement. Pas seulement pour le rechauffement, mais rien que pour l’energie. Nous gachons. Rien qu’en co-voiturant, en n’utilisant les ressources qu’au niveau du necessaire, nous aurions de quoi tenir une petite centaine d’annees, le temps de faire autre chose, et autrement, en profitant de la baisse de la demographie pour rendre la transition plus facile, sans trop bousculer nos niveaux de vie moyen ainsi que les besoins essentiels. A la place de quoi nous nous conduisant en predateurs pour qui tout est donne et tout est du. Les partisans du laisser-faire nous disent qu’on trouvera bien quelque chose. J’aurais envie de dire “chiche”, alors, inversons, et commencons par trouver ce quelque chose.
    Je partage aussi sa preoccupations pour les dechets, chimiques et nucleaires. Aucune civilisation connue n’a duree 4000 ans sans connaitre de decrochage. La Chine et l’Inde illustrent cela parfaitement. 4000 ans, c’est la duree de vie des dechets radio-actifs.
    Bref, a quelque degre que vous puissiez adherer ou non aux idees de Dmitri Orlov, leur lecture apporte, au regard de l’instabilite actuelle, une hauteur et une mise en perpective necessaire, une clef au debat que nous repoussons : ce n’est pas l’apres-energie facile qui pose probleme, c’est ce qui se passe avant, et auquel nous ne sommes absoluement pas prepares.
    Dans un roman ecrit il y a une vingtaine d’annees, Jacques attali prete a un de ses personnage la responsabilite d’avoir ete celui qui a mis fin a la television (declin oblige). J’ai toujours trouve cette image forte, triste, tragique en ce quelle peut suggerer de notre avenir : un monde ou nos gouvernements gereront “les fins de” pour economiser les ressources. Et encore, comme le suggere Orlov, le rationnement des ressources est la preuve d’une survie des gouvernements. A certaines epoque, c’est la tyrannie d’une caste qui regle le probleme, et le foisonnement des mafias et des groupes prives qui gere les consequences…
    Allez, je vous l’assure, c’est pas pour tout de suite, c’est pour dans une dizaine d’annees…
    En tout cas, il y a deux semaines, j’ai imagine mon avenir si cette crise prenait une allure annee 30 (pour le coup, un scenario plus plausible, meme si je n’y crois toujours pas trop, tout en le redoutant, a l’invitation des medias). Ma mere a une maison dans la Sarthe, un terrain assez grand. J’aurais toujours a manger, un toit, une cheminee et de l’air pur, loin de la desolation de la capitale et ses 30% de chomeurs… J’aurais le temps d’ecrire, en touchant le RSA. Ca m’a fait tout drole de lire Orlov suggerer ce type de “plan B”.
    Cette nuit, J’ai reve que je traversais une ville qui ressemblais a Bondy, mais il y avait des Jinja et Jun m’attendais. Je me sens vraiment chez moi, ici. Ca m’embeterait de partir.
    Je vous dis, un travail dans un restaurant, ca me va, ce fait longtemps que je prevois de revenir en France pour travailler dans la restauration… !
    Bien le bonjour chez vous. Lisez Orlov, remplissez-vous des vents du monde. L’edonisme litteraire est termine. Notre monde est soudain redevenu un grand roman ou nous avancons comme des pions, ignorant des regles fixees et des destins traces par son auteur. Un monde palpitant. Je l’ai toujours dit, ceux qui ont vraiment eu de la chance, ce sont ceux qui sont nes en 1945… Ils ont tout eu, tout essaye, tout vecu, tout mange.

    A la caisse !
    De Tokyo,
    Suppaiku
    Rajout : je vais confesser une petite cachoterie. Cela fait 15 ans que je tape a 2 doigts. Incroyablement vite, mais a deux doigts. Bon, ca y est, je me force desormais a taper a deux mains. C’est pas difficile puisque je connais le clavier. Je tape mega vite, desormais. Ca m’a pris deux trois jours…

  • Quintidi 25 Pluviose 217 : a part ca…

    Quintidi 25 Pluviose 217 : a part ca…

    Le marche de Tsukiji et le quartier de Chiyodome vus d’un grand pont surplombant la Sumida et conduisant a l’Ile de Tsukishima.
    Pour vous, en France, de l’ordinaire confiot’ sans marque de chez Carrefour. Pour moi, une benediction : de la vraie confiture pas trop chere. Jusco, la semaine derniere.

    Bonne nouvelle du jour, je viens de recevoir mon refund definif d’impots pour l’an dernier. C’est pas enorme, mais ca paie l’electricite et le gaz pour ce mois ci… Pas de petit profit…
    J’ai recu une reponse (negative) pour une candidature a Bloomberg Tokyo. En fait, je mets ce type de mail aussi dans la categorie des bonnes nouvelles puisque cela clot une attente. Il y a d’autres entreprises qui ne se donnent pas cette peine et ne repondent pas. Comme BNPP Tokyo dont je ne recois aucune nouvelle, meme negative, et ce malgre un entretien l’an dernier.

    La semaine derniere, J’ai retrouve une anciene eleve, Marie. Cette fois, c’est dans l’ile de Tsukishima que nous sommes alles nous promener. Le temps etait simplement magnifique. Nous nous sommes retrouves a Tsukiji et avons marches pendant plusieurs heures. Pour dejeuner, nous nous sommes arretes dans un restaurant du shotengai (gallerie commercante) qui traverse l’ile en son centre. Mous avons mange un okonomiyaki (sorte de grosse crepe preparee en direct sur plaque chauffante puis arrosee de sauce et mayonnaise) et 2 monjyu (preparation identique pour la pate, qui reste neanmoins plus liquide, la sauce est incorporee au melange, pas de mayonnaise).

    Apres cette delicieuse pause, nous nous alles a Shibuya voir le film Paris, de Cedric Klapish. Je vais vous faire une confession : ce fut la premiere fois que j’allais au cinema depuis mon arrive il y a trois ans… Avec jun nous allons beaucoup au musee, nous visitons d’innombrables parcs, regardons pas mal de videos, et parfois nous cedons a la tentations de films legers et americains, nous regardons aussi des films independants que l’on trouve en abondance a Tsutaya. Mais le cinema, non… En fait, le cinema est terriblement cher. Le seul film que nous ayons vu ensemble, c’etait le Jeanne d’Arc de Rivette a l’Institut Francais, que j’ai offert a Jun pour son anniversaire l’an dernier. Mais un vrai cinema, jamais… Ce fut donc ma premiere en 3 ans… Si je trouve un travail, je compte bien corriger cela… A Tokyo, comme pour les expositions, se cotoient des films du monde entier. Ce qui fait la difference entre la vie culturelle a Tokyo et en Europe – a Paris en particulier-, c’ets qu’il faut aller la chercher. La vie culturelle est tres riche en fait, mais elle ne s’affiche pas. Ici, il n’y a pas toue ces reductions. A la place, il y a l’incroyable conformisme du public et des”comites d’entreprises” qui draine une foule sans nombres vers les memes expositions et les memes films, le tout valide par les stars de la tele poubelle qui s’extrasient devant le spectacle de leur propre banalite. Telle exposition est “belle”, emballe, pese. On s’y pressera en nombre afin de pouvoir constater avec son voisin que “c’est beau”. L’nculture suinte alors de partout et l’on benit Jules Ferry et Jack Lang de nous avoir aide a ne pas en etre la… Mais heureusement, si l’on cherche un peu, on decouvre un public plus cultive, tres curieux de tout, dans des endroits tres surprenants. J’aime ce Tokyo la.
    Dans la salle de Bunkamura, public francophile, mais je suis le seul Francais. Et puis apres maintes bande-annonces, le film commence.
    Fleur de ume, dimanche dernier.

    La ville me manque.
    Paris, sa/ma tour Eiffel. Ses/mes facades couleurs de pierres. Mes grandes perigrinations en velo dans ses rues si douces en ete. Ses couchers de soleil. Et nous les Parisiens qui aimons nos cafes, parler fort et ne pas etre d’accord, mais qui deviennent amis tout de suite sur le champs, nous donnant la possibilite de devenir ainsi vraiment amis un jour dans 5 ans, dans 10 ans. Mes amis, nos soirees me manquent. La terrasse dans le vingtieme, chez Stephane, jusqu’a plus d’heure. L’attente du TGV par lequel Alain nous visite, le vendredi soir. Ma course apres le travail jusqu’a la gare du nord un jeudi soir, destination Londres, et cette meme gare du Nord le lundi matin, au retour, destination le travail. Ma promenade tranquille vers 9 heures du matin dans le quartier du Luxembourg quand je vais voir mon medecin a Tarnier, le soleil qui eclaire les facades, un peu rose. J’aime la ville de Paris, magnifique, incomparable. Klapish la filme vraiment bien. La variete des personnages aussi, est interessante. La soiree, Katerine “j’adore”, c’etait comme si je l’avais deja vecue. Je suis sorti du film vaguement retourne. Comme si c’etait trop d’un coup. Le chomage, et puis voila cette ville qui m’est desormais devenue etrangere, avec plus aucun ami a y retrouver desormais car plus aucun n’y habite. Il y a quelque chose qui s’est detache un peu plus de moi. Cette ville appartient au passe. Paris est une conquete qui ne s’acquiert que de tres haute lutte. Paris n’a desormais plus besoin de moi. Et me voici a Tokyo ou je n’ai jamais ete jeune, loin de Paris ou j’ai dit au revoir a mes vingt ans…

    Marie et moi nous sommes quittes a Shibuya. J’etais heureux d’avoir vu ce film et d’avoir passe cette journee dans une autre ville dont je goute le charme dans ma vie d’adulte quarantenaire. J’ai juste regrette que Jun et moi ne l’ayons pas vu ensembles. Nous, les Parisiens, nous sommes les habitant d’un tres gros village de 2 millions d’habitants. C’est peut-etre pour cela que j’aime la Shita machi. Son cote village, son cote vieille comere, commercant reac et voisin qui met des plantes partout ou il y a de la place.
    Avant de reprendre le metro, j’ai achete ma baguette chez Kobeya-Kitchen (ne pas confondre avec Kobe-ya, vraiment pas bon).
    C’etait mardi la semaine derniere.
    Depuis, j’ai repris mon rythme de promenades dans des jardins. La saison des fleurs commence, comme demultipliee par le temps, resoluement beau, juste entrecoupe de passages nuageux.
    Faites donc un tour par les albums photos…
    De Tokyo
    Suppaiku

    Basilique Saint-Nicolas a Ochanomizu, samedi en soiree.

  • Quartidi 24 Pluviose 217 : une si jolie promenade

    Quartidi 24 Pluviose 217 : une si jolie promenade

    J’ai passe les 15 derniers jours a travailler sur ce que vous avez devant les yeux. La touche finale a ete l’inclusion de quelques “tags” pour les moteurs de recherche. Et la, a ma grande stupefaction, et pour ma plus grande honte aussi, le champs lexical qui est apparue sur mon “tableau de bord” s’est revele d’une incroyable pauvrete. Bon d’accord, je n’ai tagge qu’une dizaine de jours, mais c’est revelateur aussi de la pauvrete de mes preoccupations depuis que j’ai quitte le travail… Je vois toutefois quelque chose de tres positif : j’en ai pris conscience… Qui donc est contre les tags ?
    Un etrange silence regne entre Jun et moi, un etrange silence qui transperse nos conversations, nos joies, les projets que nous pouvons faire. Je n’ai toujours pas de travail, l’economie est moribonde. Nous n’en parlons pas, mais tous savons l’un comme l’autre que cette situation pourra finir par boulverser notre relation. Deja l’an dernier, nous avions partage ce non-dit. Mais cette fois-ci, l’un et l’autre savons parfaitement que la situation est bien plus grave. Et c’est ainsi que les decisions de quelques uns broient les vies anonymes de millions d’autres. Dont les notres.
    Je ne peux m’empecher de penser avec une certaine ironie que ceux-la meme qui ont gere la (de)multiplications des CDS et CDO pendant des annees sans se poser la moindre question qui aujourd’hui analysent mon CV en pensant peut-etre parfois que je ne ferais pas l’affaire.
    Ainsi va le monde.


    Hier, le Japon fetait sa fondation. Une sorte de date imaginaire qui correspond a l’epoque ou l’Empereur Jinmu (qui n’a jamais existe), descendant de la deesse Amaterasu, a cree le Japon, en 660 av.JC. La realite historique doit certainement se rapprocher plutot d’un lointain ancetre de la famille imperiale ayant administre une province chinoise ou pire, une province coreenne, mais ca, il ne faut pas le dire. La liberte d’expression est totale au Japon, et celle-ci ne s’arrete qu’aux limites fixees par les groupes d’extreme-droite ultra-nationalistes et la mafia dont les interets etroitements lies conduisent a des actions commune de tres haute volee : assassinats d’historiens, agressions de directeurs de maisons d’editions, chantages divers et pressions sur les journalistes, etc. A partir du moment ou l’on dit que l’Empereur est 100% Japonais, que ses decisions sont sacrees (pourquoi donc parler des annees 30, des massacres de Chinois, des femmes de reconfort Coreennes, de la dictature militaire ?), que sa lignee remonte a Amaterasu par Jinmu, que l’on a toujours parle japonais car le peuple Japonais est “homogene”, on peut parler de tout ce que l’on veut. D’ailleurs, ces “assassinats” ne sont que le fait d’actes isoles, c’est bien connu (et remettre en cause ces explications conduit aux petits soucis evoques plus haut).
    Bon, bref, tout ca pour dire qu’hier etait ferie.
    Nous sommes alles a Kamakura. J’ai dors et deja corrige les photographies : je vous livrerai un album tres rapidement dans la journee (la navigation vers les photos est desormais simplifiee puis que vous y avez acces grace a l’onglet en haut de chaque page…). C’est etonnant comment se promener dans cette ville peut avoir quelque chose de regenerant. Hier matin, alors que je m’appretais a quitter la maison pour aller retrouver Jun a la gare de Tokyo (comme d’habitude a la bourre, nous avions rendez-vous a 8 heures et je ne suis sorti qu’a 7 heures 40…), je me suis appercu qu’il commencait a pleuvoir. La grande question dans le metro fut donc : y va-t’y y va-t’y pas ? Je retrouvai Jun sur le quai de la Yokosuka-sen a 8 heures 15. Echange, lui aussi se posait la question, il pleuvait aussi vers chez lui quand il a pris le train. Apres moulte hesitation, alors que le train s’appretait a partir, voila que je le pousse et lui dit, on monte! Nous avions deux stations pour nous decider, jusque Shinagawa. A Shinagawa, nous avons pris la decision de continuer : j’avais vu a la meteo que le departement de Kanagawa serait eventuellement epargne par les passages de pluie.
    Et cela s’avera parfaitement vrai vers Kamarura ou nous avons toute la journee profite de genereuses apparitions du soleil.


    Kamakura n’est pas Kyoto. Je me suis trompe, comme de nombreuses personnes, a son sujet. Kyoto est une grande capitale defunte, sorte de cadavre somptueux que je pourrait me plaire a visiter. Il y regne derrier la poussiere et la rouille, comme un mystere d’eternite. Kyoto ressemble a Paris, prononcer son nom se suffit presque a soi-meme. Kyoto… et voila que ressurgissent mille ans d’histoire. Mais une promenade dedans la ville n’empeche pas d’y ressentir parfois comme un certain malaise, comme si l’on se promenait au milieu des cadavres de celles et ceux morts pour la posseder. Cette ville est emprunte d’une magie particuliere dont on ne sait s’il s’agit d’une magie benefique ou malefique. J’incline a penser qu’il y a un peu des deux. Une ville authentiquement fascinante surgie de la main de l’homme.
    Il est faux de penser que Kamakura est une petite Kyoto aux portes de Tokyo. Que l’une comme l’autre soit chergee d’histoire, bien sur. Que l’une comme l’autre deborde de temples et de jardin, que les bouddhas s’y disputent le faveurs des touristes, certe. Mais Kamakura ne semble pas surgit de la main de l’homme. Kamakura est comme une concession que la nature aurait accordee a ss habitants. Il fut possible a Kyoto de tracer des grandes avenues a l’imitation de la Chine. Pas a Kamakura ou la montagne domine. Kyoto fut victime des ambitions des puissants et les cadavres s’y amplirent par dizaines de milliers. Pas a Kamakura qui ne craint aucours de son existence que les dechainements de la nature, tsunamis et tremblements de terre. Kamakura ne fut la capitale qu’une centanine d’annee, et encore, une sorte de sous capitale, la capitale de la junte militaire des Shoguns Minamoto, entre la fin du 12eme siecle, et le debut du 14eme siecle.


    Pourtant, si Kyoto (Heian a cette epoque) est le lieu ou se forge une authentique culture antique japonaise, le fond de culture, ses racines, Kamakura est le creuset de la culture moderne. Durant ces 130 et quelques annees se creent le fond de culture populaire et la langue japonaise moderne. La culture de Heian se vulgarise (au bon sens du terme) et atteind enfin les province de l’Est. La litterature de Heian commence a se diffuser au sein de la nouvelle caste montante, les guerriers a chevaux (les samurai). C’est l’epoque ou le bouddhisme devient une religion veritablement populaire avec le succes de la Joudoushu (voie de la terre pure), qui prone un bouddhisme simple par la croyance en un bouddha -en fait un “nyourai”, sorte de saint, qui renonce a la bouddheite pour guider les hommes-, Amida (अमिताभ Amitābha en sanscrit). Amida est un redempteur qui par sa tres grande generosite viendra chercher les hommes a leur mort et les aidera a renaitre dans la Terre Pure de l’Ouest ou ils pourront suivre les enseignements de Bouddha et gagner ainsi l’Eveil. Il est la Lumiere Pure qui guide les ames egarees dans un Age boulverse : il y a en effet dans le bouddhisme l’idee que la vie des civilisations est dominee par des cycles. Nous serions dans l’ere de l’egarement et de la confusion ou l’enseignement des Bouddhas serait inaudible aux mortels. Amida offre un remede par la renaissance en Terre Pure. Pour se faire, on doit invoquer son nom un certain nombre de fois, “Namu Amida Bu(tsu)”. Cette religion plus simple que les bouddhismes arrives precedemments, tous plus ou moins esoteriques, eut un grand succes et fournissait au peuple une expication simple aux evenements du temps : un coup d’etat a la cour (a Heian) avait renverse le pouvoir aristocratique des Fujihara qui dominaient depuis plus de 300 ans, fournissants premiers ministres et imperatrices. Pire, le clan qui avait fait ce coup d’etat, etait considere comme un clan de rien, un clan de guerriers, le clan Taira (en lecture “sino-japonaise, Heike). Dominant une vingtaine d’annee, fournissant une imperatrice et un descendant, ils firent regner la terreur, incendiant les monasteres de Nara et du mont Hiei, destituant les aristocrates. Ils durent rapidement faire face a une la coalition menee par les deux brillants freres Minamoto Yoshitsune et Minamoto Yoritomo (Minamoto, Genji en lecture sino-japonaise) et qui finit par rassembler tous les mecontants et recevoir un appui discret de l’Empereur lui-meme. Les guerres se succederent et Heian fut incendiee plusieurs fois. La fin du clan Taira est pire que le naufrage du Titanic, et s’apparente beaucoup plus a la fin de L’Empire, avec ses trahisons, ses suicides et ses combats perdus d’avance face a la haine accumulee. Tous perirent, le jeune prince heritier inclus, a la celebre bataille de Dan no Ura (dans l’Ile de Shikoku). Minamoto Yoritomo prit le pouvoir et s’installa dans sa province, a Kamakura. Il fit pourchasser son frere qui se suicida apres avoir fuit dans le nord du Japon.
    Ce que la population retint est qu’en 20 ans, la capitale etait en cendre, une nouvelle caste avait pris le pouvoir et surtout une famille de rien s’etait elevee a tout avant de retourner au neant… Des moines traversaient le Japon en racontant cette epopee, illustration de la vanite des hommes, en donnant naissance au premier roman en langue moderne, le 平家物語, le Recit du clan Taira (traduit en francais par R. Sieffert, Le dit de Heike, POF), et fournissant plus tards mains recits pour le Kabuki, le Noh et les marionettes Joryuri, ainsi que de nos jours maintes series TV (dernier en date, le Taira dorama de la NHK, en 2007, centre sur Minamoto Yoshitsune).
    Cette rupture brutale s’apparente en faite a la fin de l’Empire Romain, a la fin de l’Antiquite. A une nuance pres, ce sont des Japonais qui ont cause la fin de cet epoque.
    A l’age aristocratique baigne de poesie et de fleurs, a cette culture resoluement feminine succeda un age masculin. Kamarura en fut le centre. Mais ce qui distingue le plus Kamakura des epoques qui suivront (il y aura d’autres clans guerriers qui prendront le pouvoir) est en fait une certaine continuite. Les genji (Minamoto) sont des gueeriers certe, mais de rang aristocratique. La culture de Kamakura est en fait une culture extremement riche, raffinee. Certains specialiste de l’Art Bouddhique Japonais y voient meme l’age d’or de l’art Japonais. La caracteristique principale est une certaine forme de sobriete et le developpement de techniques nouvelles importees de Chine et qui permettent de constuire plus grand, plus fin encore. Il est certain que le statues de cette epoque sont particulierement raffinees, couvertes de drapes qui semblent danser au vent et aux visages veritablement effrayants, parfois.


    Kamakura est donc une ville pleine de temples mais, comme nous avons a faire a des guerriers, les jardins y sont moins nombreux qu’a Kyoto, comme si cette “culture de la promenade” avait cede le pas… C’est en fait la vraie richesse de Kamakura : Kamakura est une negociation entre l’homme et la nature. Kamakura e semble pas recouverte d’une couche de poussiere, comme Kyoto. Ici, l’air vient de la mer et vivifie une nature intrepide et vivace. Les forets sont partout. L’eau coule de partout. Les temples sont renfonces dans des trous gagnes sur les montagnes et les collines. Les saints et sanctuaires habitent ces innombrables grottes dont on ne sait jamais lesquelles sont naturelles et lesquelles ont ete creusees. La magie de Kamakura est une magie vivante, une magie d’aujourd’hui.
    En fait, si Kyoto me ressource, je me demande si Kamakura ne me revivifie pas. Le secret est de n’y pas rechercher Kyoto, mais de s’y laisser habiter par la nature.
    C’est ce que Jun et moi avons fait hier. Nous avons en cela ete aide par une meteo qui se revela un tel contraste avec que que nous attedions que nous goutames ces eclaircies avec delectation, les sens aiguises par ces fleurs de pruniers que nous voulions admirer et qui s’offrerent ainsi genereusement. Nous sommes parvenus, encore une fois, a visiter deux temples que nous ne connaissions pas. Et nous avons pu constater a quel point des lieux que nous connaissons tant changent au gre des saisons… Je ne le repeterai jamais assez : visitez Kamakura, reservez y une nuit a l’hotel, ne perdez pas votre temps au Daibutsu et sortez un peu de centre… Ecrivez-moi, je vous donnerai des conseils…
    Merveilleux mercredi, donc, ou, a defaut de celebrer une legende, nous avons deguste une tranche de nature copieusement tartinee d’histoire.
    De Tokyo,
    Suppaiku

  • Tokyo, Primidi 21 Pluviose 217 : d’un vieux reve…

    Tokyo, Primidi 21 Pluviose 217 : d’un vieux reve…

    Promenage dimanche dernier a Shinjukugyoen. Des janvier fleurissent certaines variete de sakura, cerisiers du Japon. Partis admirer les fleurs de ume, prunier japonais, nous avons contemple ces fleurs precoces, signe intangible que malgre toutes les adversites, le printemps surgit bien du coeur de l’hiver…

    … a sa concretisation. Cela m’a pris un bon bout de temps, mais c’est chose faite : j’ai integre ce blog a un site internet. Cela faisait longtemps que je revais d’un truc qui ressemble a un vrai site et non pas des sites eparpilles rassembles un peu au hazard par la magie de liens rentres ici ou la manuellement. J’ai eu un petit probleme a l’automne dernier quand j’ai voulu acheter un nom de domaine. La societe par laquelle je suis passe a visiblement plante toute l’operation. J’ai ensuite mis de cote cette idee, m’enterrant dans ma depression post-Lehman. Un ami m’a conseille il y a deux semaines de prendre un nom de domaine, cela a ravive mon projet : c’est chose faite depuis la semaine derniere. Au passage, j’ai entierement revu l’interface de mon site de photos, le rendant plus souple et plus simple. Enfin, toutes les pages communiquent entre elles. J’ai encore quelques (beaucoup de) changements a operer, mais desormais il s’agit bel et bien d’un ensemble coherent. Du cote de ce blog, vous avez constate que le template est totalement renouvele. J’avais opere une premiere mue il y a un certain temps. Je me suis decide a reellement changer le template cette semaine. Cela se voit fort peu, mais le changement est tres profond puisque sans que vous vous rendiez compte j’ai efface mon precedent blog… Pas d’nquietude toutefois, je l’avais telecherge sur celui-ci auparavant. En fait, j’ai utilise un template trouve sur le net que j’ai telecharge dans un nouveau blog appele “suppaiku2” dans lequel j’ai egalement telecharge le contenu de mon blog (510 messages… ouf!). Je ne souhaitais pas faire de modification sur le blog original, au cas ou il y aurait un pepin. Sur ce nouveau blog, j’ai revu la pagination, personnalise les menus, etc… Le resultat m’a semble correct (je dis bien correct car je ne suis pas encore satisfait : je ne maitrise pas encore le “language” de ce template et je prevois deja des modifications quand je m’y sentirai plus a l’aise). Alors, j’ai supprime “suppaiku”, rebaptise “suppaiku2” et je l’ai nomme “suppaiku”. Cette operation a pris une minute, mais il y avait une certaine angoisse. Pas que ca se passe mal. Mais quand meme, supprimer “suppaiku”… Qu’importe, il est rene tres rapidement.
    Si vous avez experimente quelques problemes d’acces a ce site dans la derniere semaine, je vous demande de m’en excuser. Donner un nom de domaine prend un peu de temps, et encore un peu plus quand on apporte des modifications dans les modifications… En tout cas, c’est termine.
    J’espere egalement que l’introduction de la publicite ne vous posera pas trop de probleme. C’est un peu pour cela que j’ai choisi un nouveau template. L’organisation de cette page me permet d’en introduire de facon discrete, sans que cela ne derange trop la lecture et la navigation. Je me suis borne a la grande colonne a gauche, et en fin de message. Mon site de conseils sur le voyage au Japon sera lui beaucoup plus fourni. Pourquoi de la publicite… ? Tout d’abord, je n’ai plus de travail et je ne vois pas pourquoi je ne commencerais pas a m’occuper de gagner un peu d’argent. Je suis realiste, ce n’est pas avec ca que je vais vivre… Mais, et on arrive au deuxieme point, il m’arrive de passer beaucoup de temps sur ce site. Je n’ai aucune admiration pour le poete maudis vivant dans la misere et qui aime ca : je ne suis pas un fils de bourgeois comme l’Abbe Pierre, et la crasse ne m’attire donc pas. Enfin, Google a des moteurs de recherche qui ne limitent pas la liberte d’expression (en tout cas pas pour le moment). Regardez bien, elles sont discretes et n’interesseront que celles et ceux qui recherchent quelque chose en particulier. On verra bien combien de temps je garderai ces publicites, ce qu’elles rapportent. A moi, en tout cas, soudain la conscience d’avoir construit quelque chose de solide avec ce blog, qui dure malgre toutes les peripeties. Et il y en a…
    De Tokyo,
    Suppaiku

  • Tokyo, Decadi 10 Pluviose 217

    Tokyo, Decadi 10 Pluviose 217

    Vous avez pas mal de lecture devant vous : je viens d’ecrire, en antidatant, les 10 derniers jours, depuis Primidi dernier. Bref, vous pouvez cliquer dans archives, janvier 2009. Ca m’a pas mal occupe. Je vous invite a regarder mon “autre blog, en photos” (lien sur le cote) car j’ai poste quelques photos sur ma promenade de samedi dernier : decouvrir un jardin qu’on ne connait pas dans un lieu qu’on croyait connaitre par coeur est toujours une surprise. Une agreable surprise.
    Moi, je suis en pleine forme. Une forme un peu etrange. Un peu deprime certes de ne pas travailler, mais actif de nouveau, mobile de nouveau, et plutot heureux quand meme. La suite iLife est bien concue et offre des possibilites interessantes (je ne l’ai pas achetee pour l’avoir, contrairement a d’autres achats precedents rapidement suivis d’une certaine deception) mais parce que je vais pouvoir poster des albums dans Facebook et Flikr en un clic sans meme aller sur ces sites et que le montage video est enfin a la hauteur de la version d’il y a … 4 ans ! J’ai constate au passage que je n’etais pas le seul a avoir ete rebute par la video dans iLife08 et a avoir reinstalle l’ancienne version (j’y ai eu recours egalement). Enfin, avec les points sur ma carte Yodobashi, ca m’a quasiment rien coute.
    Je vous abandonne la car ca fait 4 heures que j’ecris sur ce blog retaille des photos, etc… Si je le sens, je reviendrai plus tard.
    De Tokyo,
    Suppaiku

  • Tokyo, Nonidi 9 Pluviose 217

    Tokyo, Nonidi 9 Pluviose 217

    Ce matin, c’etait Hello Work, l’ANPE-ASSEDIC. Rendez-vous a 10 heures. Leve de bonne heure, je suis parvenu a reduire sensiblement le volume de mon petit dejeune. Ce doit etre la grande ballade d’hier qui a redit ma fringale matinale… D’ailleurs, j’ai tres bien dormi. Arrive la bas, j’ai ete surpris par le monde : la crise est tres visible, il y avait bien deux fois plus de personne qu’il y a deux mois… J’ai remis mon formulaire rempli dans sa bannette et 20 minutes plus tard on m’a appele pour m’en remettre un nouveau accompagne de mon carnet de chomeur avec le montant du paiement de mes allocations a venir. Encore un rendez-vous fin fevrier, un paiement et hop! plus rien! C’est angoissant sur les bords, mais bon, c’est la vie… Il n’y a de travail nul part.
    Je suis sorti et, decide d’acheter mon nouveau joujou -iLife-, j’ai marche jusqu’a Akihabara. Au hazard, j’ai trouve un petit temple avec un tout petit jardin vraiment mignon entre Kiba et Morishita. Je suis rentre a la maison vers 13 heures 30. Et j’ai installe mon joujou. iPhoto s’est mis a mouliner en ralentissant tout mon systeme : il est dote d’un systeme de reconnaissance des visages qui doit passer en revue les 40 et quelques milles photos de ma phototheque.
    Jun arrive vers 20 heures. Je vais faire un gratin de pommes de terres et brocolis…
    De Tokyo,
    Suppaiku

  • Tokyo, Octidi 8 Pluviose 217

    Tokyo, Octidi 8 Pluviose 217

    Je ne vous ai pas parle de mon “kago”, mon panier. Mon nouveau velo, quoi. Premier signe de ma remonte des profondeurs de la depression automnale, la carte de transport me permettant de sortir de chez moi. Deuxieme signe : mon velo achete il y a trois ans necessitait une revision generale (les pneux uses jusqu’a la corde, les freins a revoir, cables compris, les mecaniques rouillees par trois “etes” consecutifs (ah, la saison des pluies…). J’en ai achete un nouveau, le moins cher. Avec son petit panier devant. Un vrai velo japonais, renoncement de mon attachement au velo de course. Aujourd’hui, j’ai voulu voir si iLife09 etait enfin sorti. Je suis alle jusque Akihabara a Yodobashi Kamera, puis Ginza a l’Apple Store. Deception… Il ne sort que demain… Si j’avais fait le chemin en metro, j’aurai eu toutes les raisons d’etre decu. Cette traversee de Tokyo a velo, en tout environ 10 kilometres aller, m’a fait le plus grand bien. Je me suis senti oxygene dans ma tete et dans mon corps. Et au passage, ca faisait des mois que je n’avais pas roule aussi longtemps, aussi loin. J’ai traverse Koto-ku, pris des chemins peu connus, traverse Ningyocho, roule sur Eitabashi… Un reel plaisir. Ce soir, j’ai tchatte avec Yann : sale histoire avec son “copain” (parentheses de rigueur). J’ai recu un mail de Razen/Dominique, aussi, tres gentil. J’aime bien recevoir des voeux…
    Une journee sport, une journee agreable.
    J’adore mon mamachari.
    De Tokyo,
    Suppaiku

  • Tokyo, Septidi 7 Pluviose 217

    Tokyo, Septidi 7 Pluviose 217

    Si je vous disais que je ne suis pas sorti de chez moi de la journee parce que ce matin, j’ai regarde Grindhouse, Planet Terror de Robert Rodriguez, vous penseriez quoi ? Et que de 13 heures jusque 19 heures j’ai travaille a cette idee dont je vous parlais la semaine derniere concernant le travail ? J’en reviens pas d’y avoir passe tant de temps, mais je pense avoir commence a developper un outil extremement utile et tres puissant si je fonce une fois qu’il est finalise. Bien sur, c’est a base de CV, bien sur, c’est en anglais et en japonais. Mais j’etais passe a cote de ce truc (un site internet) que Mulgon Melta connait. Dans ma situation, comme je vous l’ecrivais, vu que je n’ai plus rien a perdre, je suis decide a utiliser toutes les armes possibles et celle-la m’offre de puissantes possibilites. J’ai encore pas mal de travail a fournir dessus. J’ai aussi une autre idee, tres osee mais comme je vous l’ai dit : je n’ai rien a perdre. C’est un sentiment rare qui repose entierement sur mes energies feminines : je suis pret a tout pour ME proteger. C’est incroyable comme je suis passe d’une periode depressive a une demarche de construction appuyee sur une sorte de strategie. Je vous l’ai dit, j’ai les fleurs de cerisiers en ligne de mire. Il pourra m’arriver n’importe quoi d’ici la, je ne plirai pas. Il y aura des haut, il y aura des bas, mais rien ne va m’ecarter de cet objectif. J’ai la certitude que ce que je fais va payer.
    Je sais ce que je vaux.
    En soiree, j’ai regarde des episodes de Moonlightin’ (Clair de lune).
    De Tokyo,
    Suppaiku

    Et Bonne Annee aux peuples regis par le calendrier dit “chinois”, placee sous les auspices de la vache de Terre (il y a 5 elements : terre, air, feu, fer et bois determinant avec les 12 signes chinois un cycle de 60 ans).