Quintidi 25 Pluviose 217 : a part ca…

Q

Le marche de Tsukiji et le quartier de Chiyodome vus d’un grand pont surplombant la Sumida et conduisant a l’Ile de Tsukishima.
Pour vous, en France, de l’ordinaire confiot’ sans marque de chez Carrefour. Pour moi, une benediction : de la vraie confiture pas trop chere. Jusco, la semaine derniere.

Bonne nouvelle du jour, je viens de recevoir mon refund definif d’impots pour l’an dernier. C’est pas enorme, mais ca paie l’electricite et le gaz pour ce mois ci… Pas de petit profit…
J’ai recu une reponse (negative) pour une candidature a Bloomberg Tokyo. En fait, je mets ce type de mail aussi dans la categorie des bonnes nouvelles puisque cela clot une attente. Il y a d’autres entreprises qui ne se donnent pas cette peine et ne repondent pas. Comme BNPP Tokyo dont je ne recois aucune nouvelle, meme negative, et ce malgre un entretien l’an dernier.

La semaine derniere, J’ai retrouve une anciene eleve, Marie. Cette fois, c’est dans l’ile de Tsukishima que nous sommes alles nous promener. Le temps etait simplement magnifique. Nous nous sommes retrouves a Tsukiji et avons marches pendant plusieurs heures. Pour dejeuner, nous nous sommes arretes dans un restaurant du shotengai (gallerie commercante) qui traverse l’ile en son centre. Mous avons mange un okonomiyaki (sorte de grosse crepe preparee en direct sur plaque chauffante puis arrosee de sauce et mayonnaise) et 2 monjyu (preparation identique pour la pate, qui reste neanmoins plus liquide, la sauce est incorporee au melange, pas de mayonnaise).

Apres cette delicieuse pause, nous nous alles a Shibuya voir le film Paris, de Cedric Klapish. Je vais vous faire une confession : ce fut la premiere fois que j’allais au cinema depuis mon arrive il y a trois ans… Avec jun nous allons beaucoup au musee, nous visitons d’innombrables parcs, regardons pas mal de videos, et parfois nous cedons a la tentations de films legers et americains, nous regardons aussi des films independants que l’on trouve en abondance a Tsutaya. Mais le cinema, non… En fait, le cinema est terriblement cher. Le seul film que nous ayons vu ensemble, c’etait le Jeanne d’Arc de Rivette a l’Institut Francais, que j’ai offert a Jun pour son anniversaire l’an dernier. Mais un vrai cinema, jamais… Ce fut donc ma premiere en 3 ans… Si je trouve un travail, je compte bien corriger cela… A Tokyo, comme pour les expositions, se cotoient des films du monde entier. Ce qui fait la difference entre la vie culturelle a Tokyo et en Europe – a Paris en particulier-, c’ets qu’il faut aller la chercher. La vie culturelle est tres riche en fait, mais elle ne s’affiche pas. Ici, il n’y a pas toue ces reductions. A la place, il y a l’incroyable conformisme du public et des”comites d’entreprises” qui draine une foule sans nombres vers les memes expositions et les memes films, le tout valide par les stars de la tele poubelle qui s’extrasient devant le spectacle de leur propre banalite. Telle exposition est “belle”, emballe, pese. On s’y pressera en nombre afin de pouvoir constater avec son voisin que “c’est beau”. L’nculture suinte alors de partout et l’on benit Jules Ferry et Jack Lang de nous avoir aide a ne pas en etre la… Mais heureusement, si l’on cherche un peu, on decouvre un public plus cultive, tres curieux de tout, dans des endroits tres surprenants. J’aime ce Tokyo la.
Dans la salle de Bunkamura, public francophile, mais je suis le seul Francais. Et puis apres maintes bande-annonces, le film commence.
Fleur de ume, dimanche dernier.

La ville me manque.
Paris, sa/ma tour Eiffel. Ses/mes facades couleurs de pierres. Mes grandes perigrinations en velo dans ses rues si douces en ete. Ses couchers de soleil. Et nous les Parisiens qui aimons nos cafes, parler fort et ne pas etre d’accord, mais qui deviennent amis tout de suite sur le champs, nous donnant la possibilite de devenir ainsi vraiment amis un jour dans 5 ans, dans 10 ans. Mes amis, nos soirees me manquent. La terrasse dans le vingtieme, chez Stephane, jusqu’a plus d’heure. L’attente du TGV par lequel Alain nous visite, le vendredi soir. Ma course apres le travail jusqu’a la gare du nord un jeudi soir, destination Londres, et cette meme gare du Nord le lundi matin, au retour, destination le travail. Ma promenade tranquille vers 9 heures du matin dans le quartier du Luxembourg quand je vais voir mon medecin a Tarnier, le soleil qui eclaire les facades, un peu rose. J’aime la ville de Paris, magnifique, incomparable. Klapish la filme vraiment bien. La variete des personnages aussi, est interessante. La soiree, Katerine “j’adore”, c’etait comme si je l’avais deja vecue. Je suis sorti du film vaguement retourne. Comme si c’etait trop d’un coup. Le chomage, et puis voila cette ville qui m’est desormais devenue etrangere, avec plus aucun ami a y retrouver desormais car plus aucun n’y habite. Il y a quelque chose qui s’est detache un peu plus de moi. Cette ville appartient au passe. Paris est une conquete qui ne s’acquiert que de tres haute lutte. Paris n’a desormais plus besoin de moi. Et me voici a Tokyo ou je n’ai jamais ete jeune, loin de Paris ou j’ai dit au revoir a mes vingt ans…

Marie et moi nous sommes quittes a Shibuya. J’etais heureux d’avoir vu ce film et d’avoir passe cette journee dans une autre ville dont je goute le charme dans ma vie d’adulte quarantenaire. J’ai juste regrette que Jun et moi ne l’ayons pas vu ensembles. Nous, les Parisiens, nous sommes les habitant d’un tres gros village de 2 millions d’habitants. C’est peut-etre pour cela que j’aime la Shita machi. Son cote village, son cote vieille comere, commercant reac et voisin qui met des plantes partout ou il y a de la place.
Avant de reprendre le metro, j’ai achete ma baguette chez Kobeya-Kitchen (ne pas confondre avec Kobe-ya, vraiment pas bon).
C’etait mardi la semaine derniere.
Depuis, j’ai repris mon rythme de promenades dans des jardins. La saison des fleurs commence, comme demultipliee par le temps, resoluement beau, juste entrecoupe de passages nuageux.
Faites donc un tour par les albums photos…
De Tokyo
Suppaiku

Basilique Saint-Nicolas a Ochanomizu, samedi en soiree.

À propos de moi

Madjid Ben Chikh
Madjid Ben Chikh

Madjid Ben Chikh, auteur, bloggueur. A Tokyo depuis 2006.
Ce Blog, journal d'un solitaire sociable et moderne de Paris et Londres à Tokyo, depuis aout 2004.

commentaires

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  • “Et me voici a Tokyo où je n'ai jamais été jeune, loin de Paris où j'ai dit au revoir a mes vingt ans…” — c'est du grand billet, léger et lourd, très touchant.Le suivant (en a-parte) aussi, très-différemment, certes. Les deux parties en conflit m'horripilent également. Les media : une guerre ça s'est toujours bien vendu — achetez des actions dans le militaire, le groupuscule, le fanatique, &c. : le cours n'est pas prêt de s'effondrer…

  • Aaah Paris…
    Cette ville m'a toujours fasciné. J'y suis allé de très nombreuses fois, et j'y ai même habité pendant 2 mois. Eh bien j'ai toujours eu l'impression qu'elle m'échappait…
    Chaipas, faut-il forcément y être né, ou tout simplement y passer plusieurs années pour s'y sentir en osmose ?

    Ah sinon, petite remarque sur les noms japonais : au début, c'est le quartier de “Shiodome” (et pas “Chiyodome”) et vous avez dégusté un délicieux “monjayaki” (le parent pauvre de l'okonomiyaki) ! ^^

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