Catégorie : le Blog de Suppaiku, Tôkyô

Journal d’un Solitaire Sociable et Moderne de Paris et Londres à Tôkyô et …

  • Au fait…

    Au fait…

    Rencontre inattendue
    C’etait evident. M’occuper de ce blog m’a rouvert les possibles, permis d’amorcer la rupture. Je reoriente mes recherches d’emploi.
    Je change de branche. M’envolerai-je ?
    De Tokyo,
    Suppaiku
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    Uses. Jusqu’au trognon

  • Crise : bon, c’est quand que ca s’arrete ?

    Crise : bon, c’est quand que ca s’arrete ?

    Non, pas au Japon. En France, dans l’ouest, en pleine campagne.

    La crise, Suite(s), j’aurais envie de dire… Comme je vous l’ai deja explique, j’ai decide de m’en tenir a ce que j’affirmais l’an dernier des le mois de mars, et meme il y a presque 2 ans, a savoir que ca ne va plus durer tres longtemps desormais, et que nous nous dirigeons vers une “reprise en V” (energique). Pourquoi ? Parce que je ne suis pas une girouette : je ne me suis pas trompe quand a la violence du truc (meme si je suis surpris par l’ampleur…), et si je me trompe quand a la suite, je veux le comprendre et non pas epouser un air du temps ou l’on voit les memes qui chantaient a la reussite de leur ideologie reclamer plus de regles, des subventions voire des nationalisations. Le meute m’a fait voter Chirac en 2002, on ne m’y reprendra pas. C’est comme la guerre en Iraq : la guerre etait a peine commencee que les medias francais, donc chiraquiens, annoncaient l’echec. J’ecoutais les infos a la radio, et malgre des pertes humaines importantes (je conseille a celles et ceux qui sont toujours scandalises par le nombre de morts de prendre un dictionnaire et chercher la definition du mot guerre), je constatais pour ma part au contraire que les Americains avancaient a toute vitesse vers Bagdad, ce qui, de la part d’une armee dont le budget represente pour elle seule la totalite des budgets militaire de la planette entiere… Mais, non, tout le monde voyait en chaque victime la preuve du prochain enlisement. Au meme moment, avec une couverture mediatique beaucoup plus discrete, la meme television nous presentait les “efforts humanitaires” de l’armee francaise en Cote d’Ivoire, ou bien entendu la France n’avait aucun interets ni aucune responsabilite…
    J’ai decide d’appliquer la meme regle de “tete froide” a l’actualite financiere. Cela me permets de lire au milieu de ce foutoir les bonnes nouvelles economiques, et il y en a. Pourtant, une information, dont il me semble aucun media ne parle, et que J.C. Trichet a evoque ce week-end a mots extremements couverts, m’a litteralement fait froid dans le dos. Contrairement a la these d’Orlov evoquee dans un message il y a quelques jours, et meme si cette crise a d’abord ete une crise de solvabilite (aujourd’hui, malgre la crise, seuls 7 a 8% des Americains sont insolvables), nous sommes entres depuis le printemps dernier dans une crise de liquidite. On peut mesurer cette crise aux “spreads” (ecarts de taux) constates sur le marche de la dette. En temps “normal”, le spread est compris entre 0,3 et 0,8% pour des sigatures de qualite (les etats, les entreprises qui gagnent de l’argent et faiblement endettees avec une solide tresorerie… et les entreprises qui ont des interets communs avec les agences de notation, comme les etablissements financiers !). Au moment ou Bear Sterns a ete rachetee par JP Morgan, le spread a connu un premier pic et a depasse 1%, puis il est redescendu, mais pour osciler dans une fourchette superieure autours de 0,7 a 0,9%. Fin aout, alors que la crise des subprimes commencait a reveler son etendue dans les differents portefeuilles CDO (des obligations montees sur des derives de derives de derives, appeles Credit Default Obligation, ayant a la base entre autres des credits hypothecaires et dont la valeur s’accroit avec la baisse de la valeur hypothecaire…), avec impossibilite a en definir le contenu et ainsi a les evaluer, le spead s’est remis a grimper, avec un premier pic lors de la chute de Lehman, autours de 1,5%. A partir de ce moment, le spread est monte par vague successives jusque pres de 3% au moment ou les etats sont intervenus massivement. Si pour une entreprise rentable le spread est de 3%, je vous laisse imaginer les conditions proposees aux entreprises plus fragiles, et aux PME.
    Les etats etant intervenus, les taux se sont detendus et on a vu redescendre le spread autours de 2%, avec des poussees ici ou la. Or, depuis preque un mois, le spread sur la dette est reparti a la hausse et cette fois de facon violente et continue : nous sommes desormais autours de 3,5%. Autant dire que dans ces conditions les banques pratiquent une tres grande selectivite.
    Cette impossibilite a se financer provoque et amplifie la chute des actifs puisqu’il n’y a pas d’autres solution que vendre actions, biens immobiliers, accroissant d’autant les possibilites de s’endetter puisque la valeur generale a decru. C’est ainsi qu’il n’y a pas d’autre issue que la nationalisation : une banque qui ne vaut plus rien, comme Citibank (de 50USD a moins de 2USD l’action en deux ans : l’encourt de la dette geree par Citi est proportionel a la valeur de Citi, berf, Citi a emis du credit a l’epoque ou elle valait 50USD… Imaginez donc les boulet, maintenant), ne peut faire son travail que si de nouveau son activite est garantie par quelque valeur correspondante, en l’occurence l’etat.
    A 3,5% de spread, il est quasiment impossible de restructurer sa dette, de gerer sa tresorerie. Comme le disait Trichet a mot couverts ce week end, la distribution de credit se ralenti dramatiquement depuis quelques semaines. Ma comparaison avec le typhon se trouve tres juste : ca a souffle fort a l’automne, on a eu le coeur en decembre-janvier, on est en train de rentrer dans la queue du typhon, generalement pire, car le ciel s’est charge d’une grande quantite d’eau et d’electricite, et par ailleurs la pression redevient normale apres cette apotheose depressionnaire, provoquant des vents d’une violence inouie. On attend desormais le CAC a 2200, sous une semaine au dire de certains statisticiens. La tres bonne nouvelle est qu’il semblerait que beaucoup de calls (options d’achat) soient places dans ces zones la depuis un certains temps. Maintenant, a 2200 points, quand il etait a pres de 6000 il y a moins de deux ans, cela represente une perte de valeur de 2/3, avec des consequences inevitables en terme de richesse, de credit, de consommation. Or, les taux des banques centrales sont au minimum et elles ont deja pas mal eponge de produits toxiques, leurs marge de manoeuvres sont proches de zero.
    Il est grand temps de redevenir VRAIMENT Keynesien. Fermer les bourses une semaine, nationaliser les banques et separer les activites de gestion de biens, asset management et les metiers de la banque (comme avant la revolution reaganienne), proposer aux epargnants une alternative a travers des placements obligataires d’etat destines a refinancer la dette publique. Reformer les regimes sociaux en regimes de revenus garantis, comme ce fut fait a la liberation. Racheter la moitie de la valeur des credit hypothecaires aux emprunteurs. C’est couteux ? Oui, mais seul l’etat a la capacite a soutenir l’economie pour une valeur approchante de sa depreciation. Ca fait de l’inflation ? Oui, mais aujourd’hui, ce n’est pas l’inflation, c’est la deflation (baisse de la valeur des bien entrainant une diminution de la quantite de monnaie en circulation, donc de la production, donc une augmentation du chomage, donc une baisse de la consommation, donc une baisse de la valeur…). Je raconte n’importe quoi ? Peut-etre, et Roosevelt fit n’importe quoi, aussi… Si tres rapidement des mesures de type administratives sont prises, l’economie a encore le ressort necessaire a sa propre mutation, et on touchera le fond cette annee en repartant cette annee (mais certainement pas a l’identique, et sans augmentation significative de la bourse…). Si ces mesures tardent, les depressiations s’etendront a l’ensemble de l’economie, puis a toutes les entreprises et pour finir aux etats dont les efforts actuellement, ridiculement insuffisants, s’apparentent a jeter de l’argent par les fenetres : a quoi sert de depenser 100 pour compenser une perte si la perte est de 1000 ? Pour Keynes, perdre 1000 necessite d’injecter 1000, en escomptant que cette depense creera en elle meme sa propre dynamique qui permettra de retrouver sa mise. A l’heure actuelle, nous accumulons une dette sans que celle-ci produise la croissance necessaire a son remboursement.
    Bref, il ne nous restera peut-etre que la revolution… mais la, l’illusion de s’en sortir accrochera encore plus les gens au peu qu’ils ont. J’espere juste qu’on echappera au four a micro-onde geant.
    Pas optimiste ? Il me semble que les chefs d’etat commencent a mesurer l’ampleur du machin… Les populations, dans leur ensemble, pas encore. Beaucoup, quand on leur dit que ca ne va pas, ne voient que la bourse qui chute. Ils ne voient pas les consequences en terme de quantite d’argent : s’il n’y a plus d’argent, il n’y a plus de consommation. Et donc leur patron n’aura prochainement plus besoin d’eux… Le probleme entre une economie keynesienne et une economie deregulee est que la deregulation est un canevas lentement tisse. Le keynesianisme necessite une mise en place rapide afin de mettre a installer LA limite aux depreciations. Le probleme est que l’esprit de nos dirigeant est tisse du canevas de la deregulation…
    Que voulez-vous, les jeux sont faits… Je continue de croire que la solidite des grandes entreprises, les nationalisations en cours, le plan Obama et les fortes baisses des matieres premieres permettront de limiter la casse et de repartir plus vite que prevu. Cette fois-ci. Le risque d’entree en deflation prolongee existe aussi…
    Tant qu’on aura de l’electricite, on pourra se connecter a Facebook pour se faire plein d’amis !

    Il fait gris, ici. Il fait froid de nouveau. En fait, c’est desormais la lente transition qui conduit au printemps qui vient de commencer.
    De Tokyo,
    Suppaiku

  • Facebook : bourreau de solitude (P. Boulez, le marteau sans maitre) ?

    Facebook : bourreau de solitude (P. Boulez, le marteau sans maitre) ?

    Feu idran, 2005
    Comme beaucoup d’entres vous certainement, je suis dans FaceBook. Comme me l’avait suggere Mulgon Melta quand j’ai commence, on s’amuse 15 jours, et puis apres, on met un peu de cote. Je ne sais pas si c’est moi qui ai un probleme ou si “les autres” ont une meilleurs idee de l’outil, j’ai l’impression d’etre un hermite dans le desert, entoure de gens hypers dynamiques qui se font plein d’”amis”, rejoignent des groupes de “fans de”… Je n’en connais que 2 ou trois pour qui je comprends l’utilisation de FB, c’est a dire des gens qui utilisent FB pour promouvoir des evenements. Pour les autres, en fait, je ne saisis pas bien…
    Est-on largue quand on n’utilise pas FB tous les jours ? Y avait-il une vie avant FB ? Moi, on ne m’ecrit pas, et mes connaissances ont cesse de m’envoyer des invitations pour participer a des Quizz, des jeux, des sondages. Je dois manquer d’humour, je ne jouais pas avant FB et ne parviens pas a jouer avec FB. Quel vieux schnock… Une fille avec qui j’ai travaille a Lehman, en fait je l’ai encadree, compte deja 250 amis. Elle ne fait rien de particulier, elle vit, tout simplement, avec les siens, une riche famille phillippine. Ces nombres incroyables d’”amis” ne cessent de me surprendre. Suis-je un barbare quand je refuse que quelqu’un devienne mon “ami” ? Moi, je trouve tout cela un peu poisseux, cette obsession d’etre entoure dans FB… Les “reseaux sociaux” – dont Gilles Lipovetsky dans L’ère du vide. Essais sur l’individualisme contemporain, Paris, (Gallimard, 1983) avait bien analyse le ressort et le developpement-, sont une nouvelle categorie de relation qui s’ajoute a l’entourage, a la famille et aux amis, manifestation du caractere “volontaire”, “choisi” et assumé , sans contrainte, des relations humaines a l’ere post-moderne (ou plutot super-moderne, puisque la relation humaine a quitte la sphere d’un moi-physique “epanoui” -la post-modernite- pour une relation asservie a la technologie qui fait de l’outil lui-meme, qu’il s’appelle Facebook, Twitter ou autre, un language en soi, comme autrefois la voiture puis le refrigirateur, en avoir ou pas : post-modernite et modernite s’allient pour donner ainsi l’etre super-moderne, individu libre, aux relations electroniques). C’est etrange, avoir des amis dans un ordinateurs. Sommes nous donc si seuls ?
    On aurait pu choisir de devenir “amis de stop”, “amis de co-voiturage”. On aurait pu choisir d’aller causer a ses voisins, vivre en communaute, abolir la propriete et vivre ou bon nous aurait semble bon, comme dans les premiers kibboutz ou dans les debut de l’URSS, ou meme comme cela etait au moyen-age. Nous avons prefere la solitude accompagnee, ordinateur, television, auto-radio, et chien de compagnie; remarquez, concernant ce dernier, les Japonais commercialisent des robots, hypo-allergeniques, donc, munis de cameras et de senseurs, garantissant la securite et le bien-etre pour leur proprietaire. J’ai vu un reportage a la TV, dans un hospice, et je crois n’avoir jamais rien vu d’aussi pathetique : des vieux causant a des robots bebe-phoques (temperature de 37C, qui gemissent, remuent, “reagissent”). Nos ordinateurs sont-ils nos bebe-phoques a nous ?
    Apres 15 jours/ 3 semaines, je n’ai plus utilise FB qu’episodiquement, quand je prenais connaissance d’un evenement significatif dans la vie d’un proche. Je suis quand meme parfois epoustoufle par l’activite de certains, entre Quizz et jeux, groupes divers auquels ils contribuent activement, postant videos, commentaires, etc…
    Je remercie au passage Olivier et Cristina ainsi que Joelle pour partager des evenements auquel je ne peux me rendre mais qui presentent l’interet de me tenir au courant de ce qui se passe a Paris, me faisant au passage decouvrir des sites internets, des collectifs artistiques. Je suis heureux d’avoir recemment retrouve Aurelie, et d’avoir ainsi pu faire connaissance de ses “enfants mechants”, une serie de toiles vraiment interessantes ou je retrouve son univers esthetique d’il y a 15 ans, mais qu’elle a abouti et qu’elle semble desormais bien maitriser.
    Voila pour ces quelques commentaires sur FB.
    De Tokyo,
    Suppaiku

  • Billet d’humeur

    Billet d’humeur

    Illustration Sean Delonas le 18 fevrier 2009 © New-York Post

    C’est le scandale de la semaine derniere aux Etats-unis. Il y a deja eu plusieurs manifestations, des suites judiciaires suivront. Un quotidien -conservateur, bien entendu, et appartenant au groupe Murdoch, on s’en serait doute-, et un illustrateur. Et puis la communaute Afro-americaine, et puis l’Amerique, son histoire.
    Et puis un fait divers comme pretexte, comme excuse. Et peut-etre meme tout simplement comme inspiration, qui sait…
    Un chimpanze evade dans la rue, rattrape par deux policiers et tue a bout portant. Voila pour le fait divers.
    Au meme moment, au niveau national, le president Obama signe son “stimulus bill”, le plan de relance destine a faire repartir la machine economique. Dans une chronique du quotidien conservateur New-York Post, un journaliste fustige “ce plan couteux qui va ruiner l’economie” et “la livrer au socialisme” (je resume, mais c’est la substance). Pour illustrer ce point de vue, un dessin du celebre illustrateur Sean Delonas.
    J’avoue avoir un faible pour la presse americaine et ses illustrations souvent grincantes et qui font passer Plantu pour un illustrateur de journal Aubriste (Liberation, Le Monde…) abonnes a Telerama (ce doit etre Le Monde…) et Catholique de gauche (le pere de Martine), comme par exemple Temoignage Chretien (definitivement, Le Monde). Bon pour ceux qui ne savent pas, Telerama et Temoignage Chretien appartiennent au groupe de presse Le Monde. Bon, bref, les caricaturistes Americains sont a l’image des journalistes Americains : beaucoup plus libres, beaucoup plus independants.
    Le probleme est que cette independance, cette liberte ne sont pas l’apanage des Liberaux uniquement, et que les Conservateurs eux aussi ne se privent pas de l’exercer. Dans ces cas, un derapage est vite arrive. Comme, par exemple, mixer l’histoire du chimpanze et le “stimulus plan”. Imaginez deux poiliciers butant un singe a bout portant de 2 balles, et l’un disant a l’autre, “Ils devront trouver quelqu’un d’autre pour ecrire le prochain plan de relance”. Bravo, monsieur Sean Delonas, vous avez gagne un passage a la TV !
    Bien sur, immediatement, les reactions ont fuse. Personne n’a doute un instant que le chimpanze soit Obama : n’a t’on pas souvent dans l’histoire, meme recente, represente les noirs comme des singes ? Le groupe de presse a fini par s’excuser (une premiere, parait-il), tout en enrobant ses excuses de circonstances attenuantes -ce n’etait pas volontaire, vraiment, seul le fait divers nous a inspire, etc.
    Moi, ce que cela m’inspire ?
    J’ai ete surpris par la foule lors des manifestations devant le siege du goupe Murdoch : que des noirs! Les blancs ne se sentent pas concernes, ou attendent ils que leur president subisse le sort de Kennedy pour se parer des couleurs du choeur des pleureuses ? La reprobation est venue de la presse liberale, les conservateurs denoncant une manipulation, un manque d’humour.
    Voici encore une histoire qui nous eloigne encore un peu plus du jour ou un illustratuer noir ou blanc representera un president noir ou blanc sous les traits d’un chimpanze, et ou cela fera rire tout le monde parce qu ce sera tout simplement merite (avoir cafouille sous l’effet de l’alcool lors d’une conference de presse, par exemple…).
    Parce que representer un president en chimpanze tue a bout portant PARCE QU’il gouvere et prend des decisions, cela ne s’appelle pas de l’humour. C’est une incitation au meurtre et cela reprend l’imagerie du Klu Klux Klan.
    Le caricaturiste et son editeur se sont defendus : ils n’ont fait qu’evoquer un fait divers. Dites-moi, cote humour, ce doit etre violent, les saouleries de ces types. Je prefere ne pas imaginer…

  • Quartidi 4 Ventose 217 : en passant

    Quartidi 4 Ventose 217 : en passant

    Je ne peux resister a vous poster cette photographie, en vitesse…
    Les perruches et perroquets ne sont pas natifs du Japon, mais comme un peu partout, ces animaux importes finissent par s’evader, certains meme par s’acclimater. Nous avons ici un exemple tres representatif de la theorie de l’evolution. D’apres Jun, il est de plus en plus frequent d’en voir dans les parc a l’est de Tokyo.
    A demain,
    De Tokyo,
    Suppaiku

  • Duodi 2 Ventose 217

    Duodi 2 Ventose 217

    Des fois, je pense au titre que je pourrais donner a un message et je seche. Le calendrier republicain est une parfaite anti-seche! Mon ami Vivaldi va tenter de m’accompagner a l’aide de quelques un de ses multiples concertos a plusieurs instruments. La semaine prochaine, c’est promis, je ne touche plus a mon blog (j’ai ajoute une petite fonctionnalite, je vous conseille de cliquer sur les photos, c’est joli) car je suis parvenu a faire ce que je souhaitais faire (je suis meme parvenu a bidouiller en html…)

    Il a fait tres froid aujourd’hui, et nous avons meme eu de la pluie. Environ 5C a midi, cela n’a pas ete tres frequent cet hiver ou il a fait assez remarquablement doux. Et puis cet apres-midi, eclaircies et radoucissement. Quand je suis sorti, il pouvait peut-etre faire 10/12C, mais deja cela s’est rafraichi : le ciel s’est degage, demain il devrait faire beau, mais frais, toujours. Environ 10C. Je ne me plains pas, j’ai lu que l’Europe est toujours sous une vague de froid qui ne se termine pas. Dur dur… Pour le coup, nous sommes terriblement proches en ce moment. Cela etant, vous avez la chance -relative, dans votre malheur : il fait a peu pres le meme temps tous les jours. Pour nous, samedi dernier, nous sommes montes autours de 21C, et certainement dans les 25C au soleil. Nous n’y etions pas prepares, et Tokyo a degouline toute la journee. Dans le metro, le soir, au retour de notre promenade, on le voyait bien, que tout le monde souffrait. Car au lieu de se raffraichir comme cela aurait du, le soir, il fit plutot doux, un cote mi-mai a Paris.Ce matin, je ne me suis pas leve de bonne heure, mais alors la, vraiment pas. J’etais obsede par cet effet sur les photos, et ne me suis couche qu’apres avoir compris les lignes de code, comment les inserer et m’etre entraine sur un blog fictif cree pour l’occasion. J’etais reveille a 9 heures malgre que je me sois couche a plus de 3 heures 30. Au reveil, ce fut d’abord le menage, etc puis seulement le petit dejeuner. Vers 11 heures, Yann m’a envoye un mail pour me proposer de tchater. On a bien du bavarder deux heures. Vous ne pouvez imaginer ce que c’est que parler francais dans la journee. Quand je parle avec des amis, c’est plutot la nuit et en fait je n’arrive que tres difficilement a tenir une conversation sur des sujets serieux. Ca me fatigue terriblement et ne parviens quasiment pas a manier les concepts, je m’ecoute parler comme un cretin, rien ne sort, je n’ai plus de culture. C’est qu’en fait je ne parle plus francais du tout. Il m’arrive de penser en anglais, parfois en japonais. En francais aussi, bien entendu, mais c’est comme une machine grippee qui pense toujours la meme chose. D’ou ce beson d’agir sur ce blog et de le penser, d’en faire un espace d’expression. Ce n’est pas qu’une question de temps, c’est une question de repossession, d’expression. C’est deja bientot le printemps…

    De Tokyo,
    Suppaiku

  • Litteratides

    Litteratides

    Je viens d’arranger la maquette de ce blog et le resultat me semble satisfaisant au vu de mes pauvres capacites pour tout ce qui touche aux languages webs. Le precedent modele, celui que j’ai utilise pendant un mois en janvier, sur fond creme, j’en etais assez fier car je l’avais bidouille moi-meme a partir d’un template Blogger que je n’avais utilise que pour avoir une structure logique que je ne maitrise pas (c’est un metier, je vous dit!). Mais au fil des ans je m’etais familiarise avec le language assez simple et la structure elle meme m’etais devenue familiere. Par ailleurs, comme on trouve sur le web un grand nombre de tutoriels html, je pouvais changer les couleurs, elargir la page, mettre un fond fixe ou mouvant, inserer des objets, maitriser les couleurs et les emplacements etc, sans perdre de temps, me consacrant essentiellement a regarder le resultat : la, oui, on en perd du temps… Mon template appartenait a la famille classique de Blogger, du html pur beurre.
    Me voici desormais rentre dans le monde des nouveaux templates. Le language est totalement different, et si je comprends a peu pres la structure, le reste m’est assez etranger -meme si je vois a peu pres de quoi il s’agit. L’avantage de ces nouveaux templates est l’acces a de veritables tresors de templates disponibles gratuitement sur le web et dont un grand nombre sont des customisations de Template WordPress (en fait, le must dans ce genre la). J’ai essaye de charger le package WP sur mon serveur Free mais je dois avoir un petit probleme de base de donnees. Bref, vous n’aurez pas encore ce blog en WP. Toutefois, si vous fouillez bien, vous trouverez certainement mon blog en WP.com (un service equivalent a Blogger). Un essai et qui sait, un futur transbahutement. Helas, avec WP.com, il faut payer l’acces a la mise en page html. L’ideal serait le vrai WP, WordPres.org, mais il faut trouver le serveur. Bref, est-ce que ca en vaut vraiment la peine…
    J’ai opte pour un modele tres souple et d’une grande rapidite de chargement. Vous l’avez vu evoluer en quelques semaines. Pour tout vous dire, c’est extremenent simple puisqu’il y a un tableau de bord pour changer les polices et les couleurs, mettre une photo dans le titres, inserer des liens… On est tres loin du precedent ou il fallait tout taper a la main. C’est un vrai progres quand on aime non seulement ecrire, mais egalement refleter son etat d’esprit par de nouvelles couleurs, de nouvelles formes, etc… Dans ce cas, ces nouveaux templates offrent un resultat de tres haute qualite. Je vous avoue, ma principale difficulte a ete la re-possession de l’objet car a l’origine, ce modele etait tres different de ce que vous avez sous les yeux. Mais les createurs ont ouvert enormement de possibilites de transformations accessibles du tableau de bord et sans passer par la programmation. Je n’exclus pas de finir par y mettre la main (je l’ai deja fait mais de facon mineure), mais j’ai le temps. Ah oui, j’oubliais ! Comme ce template est a l’origine cree pour WP, il est gratuit ! Vous trouverez le lien au bas de ce blog.

    Etre enfin parvenu a donner un nouveau visage a ce blog, c’est l’amorce d’un nouveau depart, d’une etape franchie : j’ai trouve le visage que je veux donner. C’est quelque chose qui a commence quand j’ai arrete de poster des photos en couleur et converti mes photos en N&B, quand j’ai repris le scannage de negatifs. Envie de quelque chose de simple qui aille a l’essentiel. Un peu comme un livre. Je n’aime pas les livres avec des couvertures chatoyantes. L’objet livre m’est d’ailleurs totalement indifferent. Je n’en suis pas collectionneur. Le livre n’est qu’un outil, ce qui compte est le contenu du livre. Le concept de cette nouvelle presentation, c’est juste cela. Et c’est pour cela que le gris domine. On peut faire plus sobre; j’ai pourtant decide de rechercher de l’elegance dans la simplicite, pour que venir et revenir me voir soit aussi un plaisir. La encore, le gris s’est impose a moi. Quand a la photo du bandeau, ce n’est qu’une possibilite offerte par ce template. Apres de nombreux essais, je me suis arrete sur un pont metallique de l’arrondissement de Koto, parce que je crois vous en avoir suffisamment parle pour qu’il puisse incarner ce que j’aime dans l’est de Tokyo.
    Comment trouvez-vous ce premier resultat ?
    Il y aura d’autres modifications, mais, a moins d’imprevu, elles seront mineures et eventuellement invisibles.

    Cette “nouvelle identite visuelle”, comme disent les “communicants” (qui m’auraient bien pris 5,000 euros pour livrer un resultat niquel techniquement – tout en Flash, le top!- mais mediocre artistiquement, avec du mauve et des couleurs parce que “en temps de crise, et comme vous avez perdu votre emploi, a votre age, il faut montrer votre positivite, votre energie, votre caractere “jeune”, etc, des formes arrondies “completement tendances”, etc) me permet de commencer un nouveau travail avec vous.

    LITTERATIDES

    Je commence l’ecriture de plusieurs nouvelles “en direct”, a raison d’une livraison du “feuilleton” par semaine. En parallele, je vais vous livrer un certain nombre de tentatives avortees pour lesquelles je ne pense pas continuer (mais qui sait, auquelles cas, elles prendront elles aussi leur rythme hebdomadaire). Je vais reposter ma piece de theatre publiee chez Marsa en 2000. Enfin, ceux et celles qui me connaissent peuvent desormais me saluer par mon prenom, ca ne me derange pas de laisser Suppaiku de cote et redevenir Madjid.
    La premiere histoire que je vous livre s’appelle Fleur de faubourgs. Une histoire pleine de suspense, de rebondissements et de telescopages divers et varies, un grand feuilleton populaire, un hymne a la… mais non, je deconne !
    Il ne vous restera qu’a cliquer en haut sur la magnifique barre de menu…
    En revanche, ayant repris les travaux sur la partie photos, vous aurez peut etre des problemes d’acces de temps a autres. C’est qu’en fait il va y avoir d’enormes changements de ce cote la, egalement. On en reparlera tres bientot.
    Bon, aujourd’hui, deux posts, un nouveau template sur 3 blogs, correction d’orthographe et de syntaxe de mon post d’hier, etc. Qui a dit que je ne travaillais pas… ?
    De Tokyo,
    Suppaiku

  • Primidi 1er Ventose 217: Ijime et Saint-Valentin…

    (Je tiens a formuler de plates excuses quand a la pauvrete en terme de language et d’orthographe pour mon post d’hier. Une chose est de jouer au cafe du commerce, une autre est de livrer un texte barde de fautes de frappes, de fautes de francais et d’une expression aussi pauvre.
    Le post est desormais corrige, amende. Je vous ai meme rajoute, en guise d’excuses, les accents et cedilles que mon clavier japonais se refuse a me fournir -Suppaiku)

    Jun travaille dans une assez importante societe specialisee dans l’importation de produits specialises qui comprends plusieurs bureaux a Tokyo. Lui, a fini par se rerouver dans Chiba, la ou arrivent et sont entreposes les stocks apres avoir faitles differentes declarations legales. C’est amusant, mon amie Frederique fait le meme travail que Jun.
    La semaine derniere etait une de ces specialites japonaise, バレンタイン, la Saint-Valentin. Si vous pensez connaitre cette fete, detrompez-vous, elle a ete revisitee par le conformisme de groupe japonais avec l’aide des fabriquants de chocolats qui voulaient se debarasser de leur stocks de Noel. Ici, ce n’est pas une question d’amour, non. C’est une histoire de genres. Une histoire de sexe ou, comme pour le 紅白, le programme de TV de la NHK pour la veillee du Nouvel An, ou l’equipe des blancs affronte l’equipe des rouges. Pour la Saint-Valentin, c’est les garcons contre les filles.
    Les fabriquants ont dit aux femmes, pour la Saint-Valentin, des boites de chocolats tu offrias. Et aux hommes, un mois apres, pour le jour que nous decretons etre le ワイトデー/white day, au triple de la valeur tu rendras. Des le nouvel an passe, les chocolats envahissent les magasins. Mitsukoshi, Takashimaya y vont de leur “chocoate collection 2009” avec des boites de grands chocolatiers a 500 yen la bouchee, et de facon plus modeste, les grandes surfaces proposent des boites aux decorations enrubanees et souvent ornees d’un drapeau belge pour des tarifs bien plus abordables, entre 500 et 1000 yens la boite. Bien sur, il y a plus cher, mais les Japonais ont beau etre conformistes et faire ce qui est attendu d’eux, il ne sont pas cons pour autant !
    バレンタイン est une fete sociale, et c’est au travail qu’elle trouve tout son sens. Toutes les femmes offrent des hocolats a tous les hommes, quand je vous dis que c’est comme le 紅白… Cependant, et on voit bien que c’est une obligation qui les gave mais qu’ils suivent de peur d’etre juges par leurs collegues (qui pensent la meme chose), on s’y met en commun. Ainsi, dans son entreprise, 4 employees ont achete leurs chocolats ensembles. Degeulasses, au passage. Une sorte de planque visiblement de nationalite belge, qui pour notre malheur est chocolatier. Il aurait vendu sa tete pour faire “europeen” sur une boite de chocolats Lotte/ Meiji/ Ghana que c’eut ete nettement preferable…
    Et c’est la que se manifeste l’ijime, appelons ca harcelement, mise au ban, intimidation ou brimade, relegation, degradation de la personne. Il y a une femme d’une quarantaine d’annee qui en est victime. Elle dejeune seule, elle travaille seule, personne ne lui parle, mais on parle derriere son dos. Elle n’a meme pas ete invitee pour le repas de fin d’annee (mais elle a eu le courage et le culot d’y aller : ils n’ont rien dit, mais ca les a fait drolement chier). Eh bien, les 4 employees qui se sont mises ensembles pour acheter des chocolats l’ont, tres naturelement, exclue. Elle a a achete des chocolats toute seule. Une boite par personne. Environ 30 hommes. A 500 yens la mini boite, ca fait 15,000 yens (120 euros), pour des collegues qui ne la respectent meme pas. Juste pour eviter qu’ils medisent encore plus si elle ‘en avait pas achete… Au demeurant, pas mauvais : simples, donc tres corrects.
    Le plus fou est que ce n’est meme pas sur qu’elle voit la couleur du white day…
    Hier, elle a ete convoquee par le chef. Elle ne travaille pas assez vite. C’est son deuxieme avertissement. L’ijime a commance il y a longtemps. Elle habite a Saitama, elle a deux heures de transport pour aller travailler. Auparavant, elle travaillait vers chez elle, mais elle a ete mutee le plus loin possible. Objectif, qu’elle demissione. Et la voila qui s’accroche desesperement a ce travail… C’est dingue, ce qu’une malheureuse boite de chocolat peut raconter des relations sociales, des relations humaines et des qualites morales des individus. En l’occurence, ici, ce n’est pas tres brillant.
    De Tokyo,
    Suppaiku

  • Decadi 30 Pluviose 217, micros changements, suite…

    Decadi 30 Pluviose 217, micros changements, suite…

    version relue, corrigee et amendee. Desole pour la pietre qualite de la redaction, hier -Suppaiku

    A partir de demain nous entrons en Ventôse…
    Autrefois, les ouvriers profitaient de leurs dimanches pour bricoler, jardiner (ah, ces parcelles de terre en périphérie, les jardins ouvriers). Leur quotidien manuel rencontrait ainsi leurs racines rurales. On recyclait beaucoup et on jetait peu : la faiblesse du niveau de vie se trouvait-elle ainsi compensée par l’ingéniosité. Cette activité tenait également lieu de loisir, de passe-temps gratuit bien plus intéressant que n’importe quel club de gym…
    Moi, je ne suis pas un ouvrier. Je pourrais bien faire un peu de couture, retoucher ceci ou cela, mais je n’ayant pas de machine à coudre et je vous assure qu’à la main, c’est quand même un peu fastidieux, faire une chemise, retailler un pantalon… Alors, je passe mon temps sur mon ordinateur essayant de nouveaux styles pour mon blog, pour mon site. Je suis à la recherche de quelque chose qui soit à la fois simple et élégant. Ça prend un temps fou, faire, défaire, bidouiller des lignes de codes sophistiquées auxquelles je ne comprends pas grand chose, mais c’est comme ça : j’aime ça. C’est MON blog, MON joujou, dont je fais ce que je veux. Il m’aide ainsi à me redéfinir moi-même, à me repositionner, à renoncer à certaines illusions. Comme ce blog, je suis en reconstruction. Vous pouvez voir que l’image a radicalement changé encore une fois : je ne sais si j’en suis très satisfait. J’ai également créé un blog pour écrire et publier en direct. Je ne vous le montre pas car le premier épisode est truffe de fautes d’orthographe/de frappe, et j’ai repéré également quelques fautes de style qui ne me plaisent pas du tout; mais je pense vous livrer le premier épisode de Fleur de faubourgs d’ici demain soir et continuer ainsi au rythme d’un par semaine.
    Je ne suis sorti de chez moi ni hier (occupé) ni aujourd’hui. Il fait froid, il y a les pollens et comme je vous l’ai dit j’ai beaucoup à faire, C’est du travail, et ce travail est pour moi.
    J’en suis désolé : j’ai remis la publicité, Après tout… Je l’ai faite discrète mais visible. Les lecteurs n’ont plus qu’a cliquer dessus…
    Par ici, on se demande si l’espèce de truc qui se prétend “premier ministre” va enfin se casser, arrêter, se rendre, abdiquer, s’auto-dissoudre, tomber dans un escalier – que sais-je…! Son parti se rebelle devant les sondages calamiteux donnant 79% d’opinions défavorables et le PLD battu aux prochaines élections, l’opposition s’impatiente pendant que le pays sombre dans une crise économique dont on constate tous les jours la profondeur. Le ministre de l’économie a démissionné après l’histoire de la conférence de presse en Italie qui ajouté encore un peu plus de confusion et de doutes sur les compétences de ce gouvernement. Fukuda, l’homme qui marchait tout le temps sur les écrans de TV, au moins, était correct, il savait péter avec retenu. Même son prédécesseur, le très balladurien Abe, avait la classe aristocratique de celui qui pète en faisant un petit sourire discret qui recueille toutes les excuses. Aso, lui, appartient au groupe de ceux qui pètent fort un pet nauséabond en accusant leur voisin et son régime alimentaire.
    Chez vous l’actualité semble déprimante et ce n’est pas le nouveau gouvernement israélien qui va améliorer le tableau… Obama, lui, s’est mis dans la tête d’envoyer des troupes supplémentaires en Afghanistan alors que 44 états fédéraux sont au bord de la banqueroute, quel con ! Perdre deux guerres c’est mieux que d’en perdre une. Ça complète le tableau, avec son plan de relance fait pour plaire aux Républicains que ça a remis en selle. Ils se sont même fendus d’un très bien senti “change that we can not believe in” (reprise au negatif du slogan d’Obama) : tous les sondages montrent que leurs critiques ont touche. On va dépenser VOTRE argent. Toujours sur le très intéressant site de TB (je dévore beaucoup d’informations…), Joe Bageant cite Tocqueville pour expliquer comment les Américains sont dénués de toute notion d’”intérêt commun”. Le débat sur le plan de relance en est une typique illustration. Et je me suis dit, la semaine dernière, que finalement, si la crise des années 30 et le chômage avaient frappé plus de 25% de la population, c’était en revanche plutôt la belle vie pour les rentiers et les classes moyennes puisque l’ensemble des prix s’effondraient. C’est à leurs équivalents contemporains que les Républicains s’adressent, à ceux qui veulent profiter de l’aubaine, comme on dit. Des maisons en Floride vendues un tiers de leur prix d’achat, il y en a plein… Je doute en revanche qu’Obama continue d’être écouté par les 30/40% de la population qui a peur de perdre les quelques miettes qu’on leur avait laissées ces 30 dernières années. Pourquoi donc ces 225 milliards de baisses d’impôts ? Cela n’aurait pas été mieux dépensé en construction de nouvelles écoles, en crèches, bibliothèques, dispensaires, en modernisant les chemins de fers,… ? Il y a deux fois plus de baisses d’impôts que d’investissements; or, en période de crise, on thésaurise, donc cela n’ira pas à la croissance sans pour autant soulager les banques dont les besoins sont quand à eux supérieurs à 5,000 milliards de dollars, alors que les infrastructures, elles, sont visibles : elles améliorent la vie des “contribuables” des classes moyennes et donnent du travail à ceux qui n’en ont plus et qui pourront ainsi rembourser leur crédit, améliorant d’autant la qualité des actifs dits “toxiques”.
    Je sais, je fais une démonstration de keynésiennisme de base. Partout, on nous a bassiné avec un retour à Keynes, mais je ne suis pas si convaincu de son retour, il faut voir… Car si Obama est Keynésien, alors nul doute que Roosevelt était Marxiste-Leniniste… (!) Que l’on parle de toutes les lois sociales, des allocations financées par l’impôt, des emplois aidés dans le cadre des “grands travaux”, des centres d’éducation pour adulte (ayant profité principalement aux populations noires de grandes villes), des premieres grandes voies d’autoroutes,… ), on parle en fait du New Deal, de Roosevelt. Obama et ses “malheureux” 120 milliards d’investissements, quand les besoins sociaux sont gigantesque et le trou financier est d’environ 5,000 milliards… je ne trouve guère trace de Keynes la dedans. Quand on est Keynésien, dans une telle situation, on injecte en masse pour vraiment réamorcer la pompe rapidement. On peut toujours augmenter les impôts des plus aisés par la suite pour accélérer le remboursement de la dette (mais comme c’est une dette a taux très faibles et que le croissance recréé de l’inflation, la dette a tendance à diminuer naturellement d’elle même…). Hélas, l’un de ses principaux conseillers est Larry Summers, ministre sous Clinton et champion démocrate de la dérégulation. Obama est bien parti pour être, comme Thatcher, une preuve paradoxale. Thatcher a gouverné aussi efficacement qu’un homme, et elle est de ce point de vue un exemple pour toutes les femmes, si souvent cantonnées au rang d’assistantes sociales en raison de leurs ovaires. Thatcher a fait une guerre, laisser mourir des militants de l’IRA, cassé le syndicalisme le plus organisé d’Europe.: elle s’est ainsi montrée aussi réactionnaire et impitoyable qu’un homme. Obama sera t’il LE noir qui démontrera qu’un noir directement issus de l’immigration africaine peut être aussi grand président qu’un blanc tout en faisant la même politique en faveur des classes moyennes supérieures désormais composites et métissées, reconduisant le même consensus social entre elles et la grande bourgeoisie. Un consensus reaganien, modernisé et en couleur.
    Certes, il ne fait que commencer son mandat, et le New Deal ne s’est pas fait en un jour. On parle même de 3 ou 4 New-Deal, le premier “d’urgence”, consensuel et élaboré avec les banquiers, puis le second, plus social, puis un troisième qui provoqua la fin du consensus “modéré”, puis le quatrième, le “vrai” (celui qui fait monter des larmes aux yeux des “liberals”, la gauche américaine), après les élections de 1936, avec son lot de lois sociales et syndicales. On verra bien comment se déploie la présidence Obama. Mais je vous avoue qu’on a du mal à imaginer le même gauchissement progressif, car en fait, le “gauchissement” du New-Deal est du à la précarisation de pans de plus en plus importants de la population après le krach de 1929… Et on revient à ce que je vous racontais hier : le New-Deal déploya ses “bienfaits” dans les années 50, longtemps après. Mais ceux qui vécurent sa mise en place le vécurent dans le chômage, la misère et les bidonvilles en bordure de New-York…
    Allez, je ferme le café du commerce.
    De Tokyo,
    Suppaiku