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  • Après la lune

    Après la lune

    (écrit jeudi mais mis en ligne vendredi)
    Chassez le naturel… Réveillé fort tard, ce matin, vers 9 heures, mais aussi pour la première fois depuis des semaines, une nuit complète de sommeil sans me réveiller dans la nuit, enfin si, juste une fois, vers trois ou quatre heures, et sans cette impression d’être frigorifié par la climatisation. Dehors, ce n’est plus de la chaleur, mais une étuve. La nuit, l’humidité atteint des sommets car nous avons un typhon qui longe la partie ouest du Japon en nous renvoyant son humidité ainsi que des pluies sporadiques, de très courtes averses, maintenant, avec la chaleur, une humidité qui étouffe littéralement dès que l’on met un nez dehors, et qui est juste insupportable dans nos maisons pas du tout étudiées pour ça. Les Japonais ont adopté la maison à l’européenne, fermée, où l’air circule peu, et c’est une bêtise sans nom, absurde. L’ancienne maison japonaise était ouverte de partout, l’air pouvait, au moins, y circuler et atténuer la sensation de fournaise. On est véritablement obligé d’utiliser l’air conditionné, ici. Je me contente du « déshumidificateur » de ma climatisation, ça consomme nettement moins d’énergie, mais ça n’enlève pas cette sensation de « frigo ». Toutefois, la nuit dernière, c’était visiblement la bonne formule car j’ai finalement bien dormi et je n’ai pas de courbatures ce matin, preuve que je ne me suis pas trop retourné durant la nuit.

    Et donc, si ce matin je n’ai pas de sensation de grosse fatigue au réveil, je le doit à un sommeil profond qui m’a conduit à n’ouvrir les yeux qu’à 9 heures passées après m’être couché vers une heure, ce qui est un peu tard, je le reconnais.

    J’écris ce journal même si je n’ai rien à y écrire, c’est bien. Bon, je ne suis pas très sûr pour vous car vous devez subir une prose d’une incroyable platitude, des histoires de sommeil et de climatisation qui n’ont absolument rien d’intéressant, un interminable monologue. Mais de mon côté, c’est un geste salvateur, mon travail, pour tout vous dire. Un travail et pour être plus exact, c’est ce qui me permettra de quitter le Japon et rentrer en France par la très grande porte. Si si.

    Je continue à manger très sainement, hier soir, ça a été une omelette aux champignons de Paris, avec plein de champignons, et j’ai pu constater que pour le moelleux, le lait de soja marche aussi bien que le lait de vache. Une grande salade verte, et une salade composée, je me suis régalé, mais j’ai au bout d’une heure constaté que je suis toujours en sevrage de sucre. J’ai eu une énorme envie de sucré. Pas que je me gavais de sucre avant, mais depuis un an, j’avais pris l’habitude de manger du pain, le soir, de grignoter quelques dattes et quelques figues et parfois manger les gâteaux et chocolats que mes étudiants m’offrent en abondance. J’ai une boite de biscuits sablés normands qu’on m’a donnée, j’ai des Yokan (une sorte de gelée à la pâte de haricots rouge sucrés), tout plein, que d’autres m’ont offertes, je n’ai pas besoin de vous faire de longues explications, leur présence s’est faite insistante tout au long de la soirée. C’est ça, le sucre, et le pire est qu’une fois qu’on a dévoré du sucré (et j’écris bien dévoré car ici il ne s’agit de rien d’autre), il ne reste que de la culpabilité et aucune satisfaction. Alors, je ne craque pas. À la place, j’ai pris une douche bien longue, j’ai fait ma vaisselle et bu beaucoup d’eau gazeuse.

    J’ai continué à travailler sur (tabou), j’ai relu d’anciens passages et j’ai compris ce qui ne me plaisait pas. J’ai aussi continué à travailler sur Pierre. J’ai relu mon billet d’hier et j’ai constaté en me lisant que quelque chose étaient en train de changer dans mon écriture, oh, n’allez pas chercher cela dans mon billet d’aujourd’hui, je l’écris sous la contrainte avec un pistolet sous la tempe, écris, j’te dis, mais ici et là dans des billets récents, j’ai perçu un changement, pour le mieux, quelque chose de plus fluide, de plus libéré, moins contraint, de plus personnel et de plus intime, non pas dans le contenu mais dans l’écriture elle-même, une sorte de liaison directe avec ma pensée, ce que je fais d’ailleurs en ce moment, mais comme je suis ici en mode bavardage, j’imagine que pour vous ce doit être absolument insupportable, he he he

    Oui, donc, en me relisant, et en écoutant je ne sais plus trop quel programme, j’ai pensé que je ne lisais pas assez, et pas de façon assez variée, et que cela aussi devrait être un de mes nouveaux chantiers, lire plus, beaucoup plus, et m’y contraindre avec la même force que je me contrains à ne pas manger de sucre même et surtout si je donnerais tout pour un carré (qui deviendrait vite tablette) de chocolat, et avec la même détermination que je me force à écrire un billet par jour pour me rappeler à mon obligation personnelle d’écrire pour ne pas oublier de travailler. Oh la la, je ne vous explique pas comment cette phrase à été compliquée à écrire, je l’ai lue, relue, cette histoire d’écriture et de chocolat ne sortait pas du tout de cette façon au départ et je m’y suis noyé allègrement, ce qui prouve que j’écris bien un pistolet pointé sur la tempe, écris, je te dis, allez, écris!

    Cet après-midi, c’est jeudi. Je hais les jeudis. C’est une journée longue, contraignante, c’est mon milieu de semaine, c’est le jour où je prends le plus conscience du caractère répétitifs de mes semaines, du caractère absurde de ce que je fais. Chaque semaine est more or less of the same stuff.

    J’ai finalement pris rendez-vous chez un ophtalmologiste. Cela fait des années que je n’en ai pas vu un. Des dizaines d’années. Je dois porter des lunettes à cause de ma presbytie mais je les fais faire directement dans la boutique où j’achète les lunettes. Cette année, je veux de vraies lunettes, je veux avoir les yeux véritablement examinés, et je compte me faire faire deux paires, une pour la maison avec le filtre lumière bleue parce que je les utiliserai principalement face à mon ordinateur, et l’autre paire avec variation pour qu’elles filtrent un peu si je lis au soleil. Une monture pas chère et une monture qui me plaît.

    C’est important, quand on lit, quand on écrit, d’avoir des lunettes parfaitement ajustées et le fait que je me sois contenté de lunettes sans aller voir un ophtalmologiste, bien que les yeux aient été vérifiés, montre bien le peu de considération que j’ai pu accorder à ce qui est un de mes outils essentiels. Voilà qui sera réparé.

  • Septembre

    Septembre

    « Tu te rends compte, il y a des centaines de millions de personnes qui rêvent d’être là, et nous, on y est »

    Une année, ça passe très vite, et avec les ans, on comprend qu’avec les ans, c’est la vie qui s’effeuille lentement, qu’elle s’en va aussi vite qu’elle vient, et qu’un jour elle partira pour de bon aussi rapidement qu’elle est venue. Je vais avoir 55 ans ce mois-ci, c’est un certain âge, c’est un âge certain qui m’engage désormais irrémédiablement vers mes 60 ans, un âge que je n’aurais jamais soupçonner approcher dans mes jeunes années. Pas que je voulais mourir, non, mais plutôt, quand on est jeune, à moins d’avoir de sérieux problèmes, on ne peut imaginer avoir 60 ans, être vieux.

    Ma jeunesse a été un tourbillon où je ne contrôlais rien, ma trentaine a été un moment où je voulais tout contrôler de peur que tout s’échappe et finalement, depuis mon installation au Japon, j’ai enfin appris à vivre au présent, à jouir du moment sans tout chercher à contrôler ni sans perdre pied. Il y a bien eu des moments où j’ai cru perdre pied, comme ces deux fois où j’ai perdu mon travail, ou bien juste après le séisme de 2011, mais très étonnement, j’ai su garder le cap et j’ai utilisé cette capacité à « tout vouloir contrôler » pour ne pas baisser les bras et m’avouer vaincu comme j’aurai pu vouloir le faire quand j’étais très jeune.
    Et puis depuis plusieurs années, ce doit être ça, la maturité, je me fais aux évènements même quand ce sont eux qui me font, c’est à dire que je transforme un donné. Je ne subis pas, je choisis. Par exemple, je peux très bien perdre mon emploi, on est dans un moment rempli d’incertitudes, eh bien vogue la galère. Ma santé pourrait très bien se détériorer, eh bien c’est la vie.

    Avec la chaleur, avec l’air conditionné qui me frigorifie la peau sans même rafraîchir mon corps, la nuit, chaque matin mes yeux s’ouvrent très tôt, et dans un demi-sommeil interminable, je fais des rêves d’une simplicité et d’une signification transparente incroyable, ils me révèlent mes appréhensions, le départ du Japon ou bien mon âge et ma présence dans un Paris qui ne m’appartient plus et que je ne reconnais pas. Ces rêves qui me laissent des questions envahissant ma conscience pendant plusieurs interminables secondes ainsi qu’un goût particulier dans la tête pendant toute la journée voire durant plusieurs jours, ils ne m’effraient pas, j’aime au contraire apprendre à vivre avec eux car ils m’obligent à moi-même. Ils me rappellent que le temps a passé mais qu’il n’est pas encore passé, qu’il y a un après à ce présent dans lequel je suis. Ils m’aident à regarder ma situation avec lucidité et me disent à moi-même que je n’ai plus beaucoup de temps, « vas-y Madjid, tu sais ce qui est devant toi, alors vas-y ».

    Alors ce matin, j’écris ce billet, ce sera un court billet car au lieu de travailler, j’ai regardé un épisode de Miss Marple sur YouTube. Confession. Oui, il m’arrive de buller et de ne vouloir rien faire, mais ce matin, alors que je regardais cette aventure, un meurtre bien entendu, je me suis dit que ce serait bien d’arrêter de me mettre sur mon sofa comme je le fais après avoir déjeuner, et de mettre YouTube comme on mettait la télévision à la maison.
    Hier, au travail, ou plutôt en allant au travail, j’avais le sentiment de faire quelque chose de vain, d’inutile. Ce n’est pas un sentiment nouveau, mais c’était profond. Je ne suis certainement pas le seul à « vivre » son travail plutôt qu’à le faire, nous sommes des centaines de millions à travailler pour payer les factures et, quand on accède à cette illusion de satisfaction, la « classe moyenne », pour s’acheter ces petits extras qui nous font croire qu’on fait quelque chose ou qu’on a réussi quelque chose. Mais la réalité, c’est que dans les transports, au seuil du travail, ces petites choses s’évanouissent pour ne laisser qu’un goût d’inaccompli. Enfin bon, j’écris pour moi, vous, je ne sais pas…
    Mon ami Tarika et moi, nous en parlons souvent. Elle et moi, en plus, nous avons eu à faire à une « erreur de programmation », à une erreur statistique, puisque nous sommes « sortis » de milieux sociaux qui ne nous prédestinaient pas à tenter l’aventure, la bohème. Tarika devait devenir secrétaire, et moi employé de bureau. Cols blancs, maison à crédit sur 25 ans, mariage et enfant pour elle, mariage gay en costume Zara pour moi. Retraite. Diners entre amis autours d’une bonne bouteille de temps en temps. Collègues au bureau, sandwich rapide le midi.

    Et puis non, je vous dit, une erreur de programmation, il a fallu qu’on regarde les choses autrement. La voilà danseuse indienne, fins de mois difficiles, boulot constamment à remettre sur la table, et en même temps des invitations dans des ambassades, des voyages en Inde accueillie par des maitres de danse renommés et inégalés, une vie de bohème avec son combat au jour le jour et des montagnes de beauté. Me voilà au Japon, dans une vie que je me suis choisie, faisant des promenades au moins aussi belles que celles que je faisais autrefois dans Paris, comme quand je dis à Nicolas, un soir, alors que nous venions de regarder « La naissance de l’Amour », de Sueur, dans l’aile française du musée du Louvres, juste après que nous nous fûmes approchés d’une fenêtre qui donnait sur la pyramide de Pei, « Tu te rends compte, il y a des centaines de millions de personnes qui rêvent d’être là, et nous, on y est ».

    Devant nous, il y avait le Louvres, la pyramide, le jardin des Tuileries, et au loin les Champs-Élysées, et puis à gauche on apercevait la Tour Eiffel… Vivre au Japon, à 5 minutes du Sensô-ji, c’est un peu la même chose, à part que je l’ai choisi. Et puis même si pour le moment on ne peut pas dire que j’ai été très productif en matière littéraire, je n’en demeure pas moins un vétéran du blog. J’ai touché à tout, fait beaucoup de chose, et rien fait de grand parce qu’au fond de moi je n’y ai jamais cru. Je veux dire, en moi, que je puisse faire quelque chose à moi, de moi, propre à moi et qui me mette à la même auteur que des auteurs ou des personnalités que j’aime, que j’admire, que je respecte. Tarika a le même complexe, on a toujours une bonne excuse quand en réalité, à notre niveau, le seul problème que nous ayons, c’est nous-même.
    C’est cela, que mes rêves me disent en ce moment. Ils me montrent le chemin sur lequel je suis, ils me disent quelle est ma route pour le moment et par la même ils me rappellent qu’il est toujours temps, et quand je vous écrit que depuis mon voyage en 2015 je rêve d’habiter dans le 14e arrondissement, ils me disent que j’appartiens à cette vie si je le désire, qu’il n’y a aucune raison qu’il en soit autrement. Ils me disent que je ne serai pas homeless, ils cassent les excuses que j’ai bâties au fil des ans, et ils me montrent en revanche les vraies questions qui se posent, ou plutôt la seule vraie question. What next?

    C’est septembre, je vais avoir 55 ans. C’est septembre, et c’est vraiment la rentrée.

    Vivre au Japon, à 5 minutes du Sensô-ji, c’est un peu la même chose, à part que je l’ai choisi.
  • Pierre…

    Pierre…

    Levé à 7 heures et demie ce matin, un peu tard mais pas trop puisque je suis rentré du travail à 21 heures 30 passées. J’ai diné puis mis mon deuxième billet d’hier en ligne, j’ai changé mes photos de couverture sur Facebook puis j’ai repensé à Julien, mort l’an dernier, et j’ai reposté le billet que j’avais écrit pour lui. Il revient dans ma mémoire régulièrement, son absence.

    Ce matin, je l’ai relu, ce billet, et je n’ai pas pu m’empêcher de beaucoup pleurer. J’ai constaté que le lien vidéo ne fonctionnait plus, alors j’ai recherché une autre interprétation de l’ouverture de la Passion selon Saint-Jean, et j’ai laissé couler les larmes qui ne voulaient plus s’arrêter, je me suis senti ridicule, là, tout seul dans mon coin, coupé de tout et rongé par l’absence, l’absence de tout. Vous me manquez, mes amis, je nous vois vieillir et gagnés par la mort à petit feu et je ne peux même pas partager quelques instants de ce temps qui nous reste.

    Je me suis forcé à écrire hier matin, le résultat est incroyablement mauvais, décevant, c’est toujours comme ça quand je n’écris plus durant longtemps, mais tout au long de la journée l’écriture ne m’a pas quittée. J’ai eu un éclair, une histoire, un rêve, une intuition, je ne sais pas, alors que j’étais sur mon vélo, à Kyôto, une idée appelée Pierre. Ça me plait bien, Pierre. Dans les Évangiles, le premier nom de Pierre est Simon, mais Jésus lui dit qu’il l’appellera désormais Pierre et que sur cette première pierre il bâtira son église. Un joli prénom, mais c’est un peu comme beaucoup de prénoms en Islam, c’est difficile à porter, symboliquement. C’est pour cela que la plupart des musulmans s’appellent Abdl, « le serviteur de », tout de suite, ça adoucit cette injonction platonicienne à porter un concept moral. Je m’appelle Madjid, et Madjid c’est « la Grandeur/ la Magnanimité », une des 99 qualités de Allah. Alors n’en plus être que le serviteur, ça adoucit immédiatement.

    Je ne sais pas si tous les catholiques en France savent que Pierre est la première pierre de l’Église…

    L’idée de l’appeler Pierre m’est venue après avoir pensé à lui sur mon vélo, je ne sais pas trop quand, mais j’ai aimé son histoire et le prénom s’est imposé de lui même, il m’a enfin offert l’autre angle que je cherchais, et je crois qu’il m’ouvre des perspectives. Je ne crois pas, j’en suis sûr, elles se sont déroulées toutes les unes après les autres. Voilà, je vous présente Pierre en quelques lignes jetées en vitesse hier après-midi,

    « Il fait demie-tour. Il reprend sa marche, il a une vague envie de partir, je ne rencontrerai jamais personne, personne ne voudra jamais de moi. Il marche tout droit et plus il marche plus il se sent raide, rigide, il voudrait courir, il se sent rouillé. Il a envie de pleurer. Il se rapproche de l’Orangerie de nouveau, des échos de la conversation parviennent à ses oreilles, toujours l’espèce de rocker qui bavarde. Au lycée, il y a un mec comme lui, mais il n’est pas comme ça. Et puis il entend,
    – Tiens, revoilà la nouvelle!
    – Elle à un balais dans l’cul, la chérie, on dirait qu’elle peut pas marcher!
    Ce sont les deux garçons un peu en retrait qui ont parlé, il y a quelques rires. L’espèce de rocker voudrait recommencer à parler mais le jeune garçon noir se lève et vient dans sa direction. Pierre a envie de fuir.
    – Ça va?
    Pierre n’arrive pas à répondre, et en même temps, tout à coup il a envie de se joindre à leur groupe, une envie folle. Soudain il se sent seul et en même temps il sait qu’il n’est plus seul.
    – Ça va? C’est la première fois que tu viens?
    – … Euh… Oui!
    – Ben viens, je vais te présenter! Moi, c’est Marie! »

    Voilà, c’est Pierre, et il a 17 ans. Et il m’apporte exactement ce que je cherchais depuis des années que je bute sur un truc. C’est toute sa vie qui m’est venue à l’esprit en un éclair, sur mon vélo, et c’était ce dont j’avais incroyablement besoin.

    Il fait beau, dehors, j’ai fait une lessive car le week-end approche, je vais faire du ménage pour la même raison. Le weekend, c’est une sorte de Tornade Blanche Monsieur Propre, arrive le vendredi soir, et déjà c’est le samedi très tôt, se lever, se préparer, prendre le métro vers 7 heures 30 et arriver vers 8 heures 50, une journée express et c’est la fin d’après-midi, je retrouve Jun, je fais la cuisine, on dine, on bavarde, on regarde un épisode de quelque série, et puis Jun repart, je mets un peu de musique, je regarde une vidéo ou je lis un truc, je prends une douche, je me couche, et c’est dimanche. Et Lundi, je travaille.

    C’est pour cette raison que repousser le plus tôt possible l’heure à laquelle je me réveille est important.

    À propos du débat à 1 centime au sujet du changement de nom de « Dix petits nègres », qui sera désormais appelé « Ils étaient 10 », je dédie cette vidéo du bon vieux temps où dans une pièce de théâtre à succès et acclamée par tout l’arrière banc de la réaction, du RPR et du FN, il était de bon ton dans une même tirade de 1 minute, de déblatérer tous les clichés homophobes possibles et inimaginables pour illustrer à quel point la « Pauvre France » était tombée bas.
    Chronique du racisme ordinaire le plus abject. A la même époque, Michel Leeb tordait la France de rire avec des sketchs qui font du black-face un exemple de bon goût…

  • Et puis aussi…

    Et puis aussi…

    Métro, vers 13 heures. Dehors, un temps pas possible, humide, moite, poisseux, une cocote minute géante. J’ai écrit un billet ce matin, entamons l’écriture d’un second. Ça fait longtemps en effet que je ne le fais plus, écrire dans le métro, ça a été pourtant un truc que je faisais régulièrement autrefois. Dans le métro, je ne parviens pas à lire, mais écrire m’est incroyablement facile, je parviens à isoler ma pensée, je me réfugie dans mon monde et les mots sortent tranquillement.

    Quand je suis sorti de chez moi, tout à l’heure, la chaleur était étouffante, la pluie venait de s’arrêter, le sol était encore humide, les nuages cédaient la place à un ciel limpide recouvert ici de nuages blancs, là de nuages gris et ailleurs, parsemé de légères traînées blanches. Cette humidité, c’est celle de la fin de l’été, très différente de la saison des pluies en juin car en juin on sent bien le soleil brûlant alors que désormais c’est l’air qui est chaud. C’est une saison que j’aime bien même si elle est très éprouvante car il faut utiliser la climatisation, et l’air conditionné me donne des courbatures aux épaules ainsi qu’une sensation de corps lourd, le matin.

    Vous me direz, mais pourquoi donc utilises-tu la climatisation? La réponse est simple.

    Les maisons japonaises anciennes étaient ouvertes, parois coulissantes autours, parois coulissantes dedans, en été l’air y circulait. De nos jours, il stagne dedans, et la chaleur monte. Avec l’humidité on a carrément l’impression que la peau brûle. Chaque année, des centaines de personnes meurent chez elles de la chaleur, et je pense que l’importation d’une architecture venue de pays bien moins chauds y est pour quelque chose. Voilà pourquoi la climatisation est nécessaire.

    Le train vient de sortir de son tunnel. C’est un train de la ligne Tôkyû qui traverse Tokyo en tant que métro. Je jette un coup d’œil aux nuages et c’est incroyable la variété de formes, de textures apparentes en cette saison, c’est un peu comme un télescopage. Le ciel est magnifique avec un bleu profond, le bleu de l’été encore, très vif, avec cette dominante « jaune » dans la lumière. Encore un mois comme ça, et puis…

    Cet été, la météo a été abominable. D’abord une interminable saison des pluies, particulièrement dans l’ouest du pays où plus d’une centaine de personnes ont perdu la vie dans de très violentes chutes de pluies. À Tôkyô, il a plu quasiment tout le temps en juillet, et quand il ne pleuvait pas, il faisait gris. Avec le coronavirus, ça a été d’un déprimant incroyable, surtout qu’alors l’épidémie est repartie. C’est pour cela que j’ai eu besoin d’une coupure, de vacances, bien plus que les autres années.

    Alors les prix des fruits et légumes cette année se sont envolés. J’ai vu des paquets de 4 pommes de terre de taille moyenne à près de 3 euros quand il y a deux mois on les trouvait à même pas un euro. Trois carottes à 2 euros, trois tomates à deux euros… Il semble qu’on soit enfin en train de revenir à des prix plus habituels mais ça reste plus cher. Pour moi qui aime manger des légumes, c’est vraiment pas une bonne nouvelle quand au même moment je continue de vivre une baisse de salaire liée au coronavirus. Pas importante, mais quand même.

    D’un autre côté, comme je ne vais plus au restaurant du tout quand Jun vient le week-end, j’économise pas mal de ce côté là. Et puis j’ai découvert que la fonction « déshumidificateur » de la climatisation rafraîchissait autant que le fonction « climatisation » et nécessitait bien moins d’électricité. J’ai eu le mois dernier ma facture d’électricité la moins chère pour un plein été.

    École, vers 14:35. J’ai donné une leçon, la prochaine est à 16:30. Beaucoup moins de travail depuis plusieurs mois, on a même eu un passage à vide d’environ deux mois où la plupart des étudiants ont annulé, et puis depuis deux mois ils reviennent, mais on reste à environ 60%. Il y a un programme de soutien pour un an je crois, un peu comme du chômage partiel, et c’est pour cela que j’ai une coupe dans mon salaire. En gros, j’ai moins d’heures travaillées, et quand je ne suis pas à l’école car je n’y ai pas de classe, je suis payé 60%. Je crois aussi que l’état paie la part employeur de la protection sociale. J’attends septembre avec impatience et un peu d’appréhension aussi car ça va vraiment être le mois où on verra si les étudiants reviennent ou pas. S’ils reviennent et qu’on atteint les 80%, on sera sur la bonne voie, s’ils ne reviennent pas, il y aura certainement des conséquences. J’ai une certaine appréhension mais j’ai digéré cette éventuelle situation.

    Si aujourd’hui je mets deux billets en ligne, si depuis lundi mon régime alimentaire est parfaitement recadré, que pourrais-je rajouter demain pour donner à cette semaine quelque chose en plus, de l’ordre d’un progrès? Me lever vers 6 heures, peut-être. Et prendre ma flûte. Je n’y ai pas touché depuis l’achat: elle est arrivée mi-février et puis très vite il y a eu ce virus et j’ai eu l’esprit retenu ailleurs. Le virus, l’économie et la finance, la politique… Concernant la politique, les intuitions étaient parfaitement justes, au passage, et ce n’est pas fini car l’automne et l’hiver, entre la récession qui arrive, le chômage qui va s’envoler, le virus qui semble s’installer avec les restrictions qui vont avec, avec l’hystérisation du débat (le dernier en cours, le changement de titre du bouquin de Agatha Christie 10 petits nègres, et toute cette hystérie digne des pires comiques troupiers de droite à la Jean Lefèvre, « pauvre France » « ma bonne dame, gna-gna-gna), la mousse médiatique autours du Harlequin de la philosophie testostéronée Michel Onfray, avec sa bande de vrais mecs bien ringards, ça va être chaud. Imaginez, un pseudo-élève de Paul Ricoeur d’un côté, pur produit hybride du marketing, du vide idéologique de notre temps, des intérêts de quelques grandes fortunes et d’une ambition dévorante, le candidat de la droite Orléaniste Emmanuel Macron d’un côté, et en face un pseudo-philosophe, qui a écrit 2 fois plus de livres en 20 ans que Nietzsche, Balzac et Hegel réunis en une cinquantaine d’années, le roi de la compilation de bouquins qui réduit la pensée à une pochette surprise qu’on trouve au hasard à l’entrée des toilettes d’un café de quartier… Ça en ferait, un beau débat de deuxième tour.

    Vous allez adorer l’automne, entre virus, chômage de masse et visite régulière de la fosse septique politique.

    Le plus marrant, c’est qu’ils sont tous les deux de droite, réactionnaires, mais l’un ce sont les banquiers et l’autre c’est la réaction, la vraie, bien faisandée, chuif’frrrancêê, moi!

    Au Japon, ce sont déjà les mêmes qui sont au pouvoir, mais avec une petite différence: ils gouvernent ensemble, ce qui est un peu logique finalement.

    Tout ça pour dire que oui, je ne me suis pas trompé du tout, on y va tout droit, c’est en vitesse automatique et maintenant c’est un peu comme à la foire, on klaxonne, et puis on chante, et on picole un bon coup en appuyant sur le champignon. La classe moyenne va se réveiller avec un de ces maux de crâne, alors, elle qui rêvait du centre… en focalisant sur l’Islam, les incivilités des jeunes de cités, des racailles, le voile, tout en martelant, à coup de baisses d’impôts dépensées aussitôt en alimentation bio et équitable qu’il faut s’adapter et que les prolo ne veulent pas comprendre, qu’il faut savoir faire des sacrifices… Ils ne veulent pas voir qu’au fond d’eux, ce qui les écœure chez Zemmour, ce n’est pas ce qu’il dit, c’est qu’ils le dise parce qu’en réalité, et chaque jour je le constate dans des contacts Facebook, ca fait belle lurette qu’ils sont devenus aussi réactionnaires que Zemmour, avec leur crispation républicaine et leur acceptation de tous les grignotages de nos libertés publiques dans un rétrécissement sans fin de l’espace démocratique. Après tout, c’est la classe moyenne qui a choisi Pétain, la bourgeoisie, seule, n’aurait jamais pu l’imposer. Les rentiers. L’ordre. Le calme. Les traditions.

    Bon, le soleil tape, dehors. Si demain matin je parviens à me lever réellement à 6 heures ou même avant, alors, j’ai pas mal de travail qui m’attend et ce sera alors une belle journée.

    Rajout avant publication, ce soir. J’ai enfin commencé à écrire un truc important. J’ai donné naissance à Pierre. Une journée très productive.

  • Vers la routine

    Vers la routine

    Kyôto. Quartier de Shimabara, ancien quartier de prostitution à l’époque Edo. Maison de “plaisirs”.

    Je n’en reviens pas, déjà le 27 août…
    Encore quelques jours et hop, ce sera septembre. Kyôto est déjà loin, mes habitudes désorganisées apparues au mois de mars sont toujours un peu là, mais il y a aussi quelque chose d’important de changé. J’ai repris en main mon alimentation, sans effort, c’est à dire que j’ai enfin dit « stop » au pain et aux mauvaises habitudes héritées du mois de Ramadan l’année dernière. En effet, le soir, comme je voulais rompre le jeûne, j’avais pris l’habitude de manger une sorte de barre de céréales protéïnée, et quand le mois de Ramadan a cessé, j’ai continué à en manger le midi. Le compte de calories est le même que pour les onigiris que je mangeais avant, mais c’est nutritionnellement très différent. Très pauvre malgré des minéraux et des vitamines et plein de protéines et de bla-bla-bla. C’est sucré, et je crois que c’est de là que j’ai commencé à reprendre de mauvaises habitudes. Avec le confinement, j’ai recommencé à manger nettement trop.
    Remettre l’alimentation en place a été très simple. La semaine dernière je n’ai pas fait d’abus, et cette semaine j’ai abaissé l’apport en calories d’un peu, juste d’un peu.

    Il y a d’autres petites choses que je reprends en main, préparer certaines choses en avance, par exemple, et du coup, partir de chez moi en avance. C’est dingue, toutes les petites mauvaises habitudes prises lors de ces quelques mois de coronavirus.

    Oui, Kyôto est bien loin. Le soir, on entend des insectes différents, et les cigales ne sont plus aussi bruyantes qu’elles l’ont été. Elles se sont réfugiées dans les parcs alors qu’il y a encore deux semaines elles étaient partout, criant, hurlant sous le soleil, volant partout et se réfugiant jusque dans le moindre recoin, arbre, plante, porche. Quand on n’entend plus les cigales et que seuls les griots se font entendre le soir, le coeur se fait mélancolique et on songe aux érables rouges sous le soleil à la lumière coupante et bleutée de l’hiver, aux pelouses à la couleur jaune paille, à l’écharpe qu’il ne faut pas oublier, à la grippe qu’il ne faudra pas attraper cette année, surtout cette année.

    J’ai quasiment fini de monter une vidéo prise avec mon iPhone. Je n’en avais pas parlé, mais j’ai changé de iPhone. J’ai le iPhone 11Pro. Quitte à… J’ai fini de payer mon ordinateur, je me suis dit… Pschit! Je crois bien que c’est la première fois que je remarque tant de différence, à beaucoup de niveaux. Les photos sont très correctes pour un truc aussi petit, et les trois objectifs, c’est vraiment un progrès. Avec mon appareil photo, j’ai pris l’habitude de photographier en ultra grand-angle et le fait que l’appareil en possède un, c’est juste incroyable. La qualité du zoom est, elle, vraiment très bonne. Et puis, la durée de vie de la batterie. Mon précédent téléphone rendait l’âme en moins d’une journée, celui là dure.
    Il me reste, en revanche, à vendre mes appareils photos, je n’en garderai que 2, mon vieux Sigma, parce qu’il « incarne » et « raconte » quelque chose, et puis mon dernier appareil.
    Ça a été les deux gros achats de l’année, même si pour ce qui est du téléphone, c’est assez difficile de parler d’achat puisque c’est lié à mon opérateur qui en finance une partie.

    Maison rafistolée. Quartier de Mukojima.

    Dimanche, je me suis promené dans mon arrondissement ainsi que dans l’arrondissement voisin de Sumida. Les ruelles alambiquées du quartier de Mukojima m’ont rappelé qu’il s’agissait, à l’époque Edo, d’un quartier de divertissement et de prostitution, un peu comme les faubourgs à Paris: il n’y avait pas d’octroies ni taxes puisque ce n’était plus administrativement la capitale, et il suffisait donc de traverser la rivière pour y jouir d’une plus grande liberté. De nos jours il n’en reste plus rien bien entendu, si ce ne sont ces rues assez étroites et pas vraiment droites là où mon arrondissement, ancien quartier historique de la capitale, offre un urbanisme en damier inspiré des capitales chinoises antiques.
    J’aime bien l’arrondissement de Sumida.

    Un billet totalement insignifiant, voire inutile. C’est un peu logique, non, puisqu’il s’agit de m’assoir devant mon écran et d’écrire.
    Dehors, soudain la lumière a disparu, il doit faire très gris, je crois que c’était prévu. Il fait très chaud aussi, peut-être y aura-t-il de l’orage.
    Kyôto est définitivement très loin.

  • Bye bye Kyôto

    Bye bye Kyôto

    Les meilleures choses ont une fin, dit-on, et voilà que mon dernier jour ici a commencé il y a de cela une heure et demie. Il va falloir prendre une douche, se brosser les dents, s’habiller, fermer la valise, vérifier une dernière fois que je n’ai rien oublié, fermer la porte, rendre les clés, et vogue le navire…

    C’est assez étonnant toutefois, cette année plus que les années précédentes j’ai savouré ce séjour avec plus d’appétit, je l’a littéralement embrassé et je repars à Tôkyô vraiment bien, avec pas mal d’idées et de projets en tête, toujours cette incertitude sur ma capacité à tous les mettre en oeuvre jusqu’au bout, je suis loin de tout, de tout le monde, seul, très seul, mais je ne sais pas, je me sens d’attaque et plutôt près.

    Je suis même presqu’un peu impatient, pour tout vous dire car il n’y a pas une seconde à perdre pour aucun de ces projets. L’un est du domaine écrit, l’autre est du domaine politique, mais bon, les vacances, c’est les vacances donc pour le moment je ne mélangerai pas les genres et je vais gentiment attendre mon retour.

    Voilà, que dire d’autre? Pas grand chose si ce n’est que j’ai été content d’écrire quelques lignes chaque jour, deux fois par jour, et cela, c’est vraiment une habitude que je devrais conserver, un peu de gymnastique en quelque sorte.

    Allez, je n’ai plus beaucoup de temps…

  • Dernier soir…

    Dernier soir…

    « Elle fut longue la route / Mais je l’ai prise la route / Celle-là qui menait jusqu’à vous » (Barbara)
    Bientôt septembre, voilà ce que chaque fois je pense quand arrive le dernier jour des vacances, et pour moi ce sera demain. Ce fut court, ce fut court mais ce fut bon.
    « Septembre, quel joli temps / pour se dire au revoir » (Barbara).
    Écouterai-je Barbara à mon retour? (mais de quel retour je parle, tiens…)

    J’ai toujours eu pincement quand vient ce moment de l’année, moi, l’enfant de septembre. La rentrée des classes. Pour moi, la rentrée est fixée au 5 septembre, seul mon ami Alain sait ce que je prépare. Le 5 septembre, c’est un samedi, c’est un bon jour pour une pré-rentrée, non?
    En attendant, lundi, oui, ce lundi, je vais reprendre ma route du travail, mon cours d’anglais pour des gens âgés d’une gentillesse confondante, presqu’une petite famille, pour moi. Et puis l’après-midi je retrouverai Yûko pour son cours particulier. Mardi matin, mon autre groupe de gens âgés, eux aussi une petite famille. Et après je reprendrai le chemin de l’école où j’entamerai la longue ligne droite vers les froidures de la fin de l’année. Enfin j’espère, on est dans un monde incertain, alors disons que c’est ce qui normalement se passera.
    J’ai cette année pleinement profité de cette coupure, je suis ressourcé, régénéré, calmé. J’ai repris goût à écrire des billets de bavardage sans grand intérêt mais qui me font du bien tout en partageant un moment avec vous comme si nous nous rencontrions et buvions un kir en terrasse en parlant de choses et d’autres en fin de journée. Vous ne pouvez pas savoir comme cela me manque.

    Je suis allé au sanctuaire du lapin, à l’ouest de la rivière Kamo, près du Kômyôji. Je crois que je vous en avais parlé, j’avais rêvé que j’y allais, j’étais avec Jun, et maman apparaissait, et je ne voulais pas qu’elle parte. J’y ai repensé depuis, c’est un sanctuaire aux grossesses, on va demandé la protection d’une divinité pour que ça se passe bien. Pour maman, ma naissance a été un calvaire de plusieurs mois, je crois que ce rêve m’a rappelé tout ce que je lui dois, et en quittant le sanctuaire j’avais le coeur et les pensées remplies de son souvenir. Elle me manque beaucoup.
    Allez, je vais diner. Ce ne sont que de brefs billets écrits à la va-vite.
    Bonne fin de journée.

  • Mes lecteurs…

    Mes lecteurs…

    J’écris, j’écris et personne ne me lit. Ou plutôt si, d’une façon lente car je ne fais pas l’habituelle promotion sur ma page FB ni sur Twitter. Et puis l’ancien plugin d’abonnement ne fonctionnait plus très bien, présentait des failles de sécurité, je l’ai remplacé par la News Letter ainsi que par le système d’alerte sur le navigateur, j’ai perdu mes abonnés. Ce n’est pas grave, hein, je m’occuperai de contacter tout ce monde là plus tard. Toutefois, je remarque que si chaque article plafonne à une vingtaine de lecteurs le premier jour, il monte à une quarantaine après deux jours, preuve que celles et ceux qui me suivent viennent bien se promener sur mon site même s’ils ne sont pas abonnés. Ça me fait plaisir.
    Toujours, dans la solitude de l’écriture me reviennent ces mots de la chanson de Mama Béa, 48 kilos.

    Mama Béa est certainement la chanteuse qui a le mieux porté les espoirs, les craintes et la tristesse si particulière de sa génération.
    J’aime particulièrement ce texte, 48 kilos, qui raconte si bien la solitude devant la feuille blanche, la peur de ne pas être lu, de ne pas être entendu, de ne pas être compris, tout cela dans des mots simples là où Ferré avait glissé une poésie, sa poésie particulière, la poésie de l’après-guerre, enrobée de l’esprit de la Résistance, inspiré des mots d’Aragon, ces mots qui ont un souffle à couper le souffle.
    Merci à une lectrice, Laure, pour ses petits mots qui font toujours plaisir.

    https://youtu.be/3PhNktKKfnA

    Ici, c’est une nouvelle journée sous le soleil après une belle nuit. Encore une nuit, et puis encore une journée et il faudra reprendre le Shinkansen. J’ai entraperçu les nouvelles sur les News Letter de Bloomberg et l’automne s’apprête à être d’une grande tristesse, lui aussi. Je fais le plein de soleil, alors, ça ira, et advienne que pourra…

  • Sur mon chemin

    Sur mon chemin

    Belle journée, ensoleillée, brulante, température qui ne baisse pas. Kyôto encore, je suis maintenant totalement reposé, la ville est encore plus loin, j’ai l’esprit campagne.

    J’ai visité un endroit magnifique, Okashisansô. Je reviendrai sur ces endroit visités quand je vous ferai des albums. Mais pour tout vous dire, cette fois-ci, ce sont les chemins qui retiennent mon attention, comme si ces chemins que je regardent étaient en fait mon propre chemin, ce en quoi il y a bien quelque chose de vrai puisque cela fait presque 15 ans que je vis au Japon. Mais j’avoue, cette année plus que les autres années c’est un véritable ravissement, peut-être est-ce le temps, peut-être était-ce un intense besoin de dépaysement, de retour aux sources puisque Kyôto est pour moi comme ma seconde ville de naissance, c’était en 2003 et comme cette année l’année n’avait pas été bonne du tout, et puis j’étais venu au Japon, vol ANA à 18 heures 30 et en arrivant à Kyôto après 10 jour à Tôkyô je crois que mon destin s’était scellé.

    Bon, je ne reste pas plus, je dois me reposer, la journée a été longue.