Catégorie : le Blog de Suppaiku, Tôkyô

Journal d’un Solitaire Sociable et Moderne de Paris et Londres à Tôkyô et …

  • En train

    Métro. Direction le travail. Plus d’une heure de transports. Je dois avoir l’air ridicule avec mon vieux iBook sur les genoux, mais j’ai décidé aujourd’hui d’utiliser ce temps perdu pour écrire un peu, c’est toujours mieux que dormir, comme tout le monde –y compris moi- le fait si facilement… Pas facile, la frappe : clavier français (j’en ai perdu l’habitude) et touches effacées (c’était LE big problème du iBook, ces touches qui jaunissent et dont les caractères disparaissent).
    Presque 15h20. Pas mal de monde. C’est fou le temps qu’on perd dans le métro ou dans le train, ici : les distances sont si longues. Cet après-midi ressemble à un gigantesque gâchis : je vais travailler de 16h30 à 19h15, mais en fait, je n’ai que deux cours dont un de 40 minutes. Je suis un travailleurs précaire de grand luxe, un marginal expatrié au Japon, mal payé et corvéable, esclave volontaire au bout du monde. C’est ce qu’on appelle un choix, et je crois que j’en ai pris mon parti, c’est comme ça. Cependant, je devrais essayer d’en faire quelque chose, je me dis des fois, et puis je retrouve mes étudiants sous les néons glacés de l’école, et puis je pense à ma paie –ridicule-, et puis je songe à la crise, à Alain qui quitte Londres le mois prochain, je tombe par hasard sur des photos de mon bureau a Sofia il y a quelques années, et puis mes T4 en forme de suspense incroyable, et un incroyable malaise me prend. Bon, qu’est-ce que je fais , maintenant ? Eh bien, c’est incroyable, mais j’en arrive à penser que je n’ai pas à envisager de suite, qu’en faite, je suis et je fais déjà. Loin d’être lamentable, mon sort est à certains égards enviable, car je l’ai choisi. J’ai juste été bousculé par le monde et sa marche inexorable, et ça s’appelle la contingence. Mais finalement, hein… Ca se bouscule pour y venir, au Japon !
    Avant-hier, en revenant de Tôkyô (note : quand j’écris Tôkyô, comprenez le quartier appelé Tôkyô, c’est à dire vers Nihonbashi / Kyôbashi / Ôtemachi) où j’avais donné sa leçon hebdomadaire à madame Yamada, la gare était sonorisé par le PDJ (Minshuto, Parti Démocrate). Ca m’a fait drôle, tous ces distributeurs de tracts. Je me suis senti exclu, mais également totalement partie prenante de ces élections véritablement déterminantes. C’est qu’en fait, le Japon est à l’aube d’un changement à priori aussi important que la victoire de Mitterrand en 1981. Le même parti contrôle l’état depuis 1954. La gauche n’a jamais réellement gouverné. Cette fois-ci , donc, regroupée et coalisée autours d’un parti ayant fusionné divers petits partis allant du centre droit à d’ex-socialistes et des associatifs, elle est en passe de gagner et , semble t’il, en forme de raz-de-marée.
    Bien, sûr, le socialiste que je suis n’attend pas grand chose. C’est comme la victoire d’Obama, qui était le candidat le plus « modéré » chez les démocrates Américains. Mais quelle respiration. Au Japon, cela va certainement bouleverser la donne. C’est une fantastique respiration démocratique qui rendra ce pays extrêmement attractif et excitant, dans les premiers mois en tout cas. Il faut juste espérer que les universitaires et les intellectuels profiteront de cette « fenêtre » pour exister. Être ici ce dimanche, c’est plutôt excitant.

    J’ai « déterré » mon Olympus OM1 et je me sers enfin de Aperture et Photoshop de façon confortable même si je ne les utilise en fait que très rarement… En fait, je suis revenu à ma vieille distinction entre appareil digital est argentique. Il faut dire que mon Panasonic FX33 est certainement le pire achat que j’ai pu faire à ce niveau là. J’ai donc (re)changé de téléphone en avril, et je ne me sers plus que de mon téléphone. Un cybershot 8mpix qui travaille bien mieux que mon appareil photo ! A Kyôto, pour la première fois, je n’ai pas utilisé le Lumix, mais que mon téléphone. Et cela me suffit très largement pour faire clic-clac. Mais à force de refaire clic-clac avec plaisir, je me suis remis à photographier de la rouille et tout ce tas de babioles qui me plait particulièrement au Japon. Des trucs usés, des formes qui ne me sont toujours pas familières, et puis à Kyôto, il y a deux semaine, la problématique de la perspective. Toutes choses qui nécessite une véritable optique et une libération du soucis des Pixels. Parce que pour le moment, je continue de préférer le grain aux pixels. Je compte donc utiliser de nouveau l’argentique. Mon Olympus est un vrai petit bijoux.
    40 minutes que j’écris dans le train. Ca passe très vite, et je me sens en très bonne compagnie avec moi-même. Je peux voir le soleil, il fait tr ès beau aujourd’hui. Ca y est, je suis arrivé.
    Fin de la première partie.

    Il est maintenant huit heures moins le quart. Ce soir, exceptionnellement, le salariman en costume noir qui vient le mercredi soir à 20h30 n’est pas venu. Je vais profiter de ce retour plus tôt qu’habituellement pour me coucher de bonne heure. Enfin, je vais essayer. Demain, je suis mis à ride épreuve avec une journée de 6 heures de leçon. Comme je termine à 21h30, je suis généralement exténué après. Mais bon, cela n’est-il pas pareil pour chaque travail ?
    Le train est, dans cette direction, toujours quasiment vide à cette heure de la journée ; en effet, c’est l’heure où tout le monde rentre et moi, j’habite vers où ils travaillent et je travaille vers où ils habitent. Cependant, j’ai beau habiter Tôkyô, ma ligne de métro est une des plus bondée du Japon aux heures de pointe : infernale le matin, et provoquant une véritable nostalgie pour la ligne A ou la ligne B du RER aux mêmes heures pour son confort, la politesse des passagers ainsi que sa ponctualité (ça vous donne une idée de la ligne Tôzai …), elle est certes plus vivable le soir (les retours sont, eux, très étalés), elle n’en demeure pas moins très pleine et il m’arrive de faire le trajet debout. J’habite un arrondissement autrefois dévolu à la pêche et à l’agriculture, un de ces greniers qui approvisionnaient Edo. Vers chez moi, c’était encore de petits hameaux peu habités il y a encore une centaine d’années. L’expansion réelle n’a commencé qu’après la guerre, et vraiment qu’a partir des années 70. Vers chez moi, malgré la très forte population présente, il n’y a que la Tôzai… Plus loin, dans Chiba, il y a de nouveau des lignes de trains, JR, Tôbu, Keisei… Vers chez moi, que dalle… On a les autoroutes en bordure de Arakawa que vous voyez dans tous les doramas, avec bordure de gazon et piste cyclable, on a la mer et un grand parc au bord et Disney Land plus loin (pour le coup , là, une ligne dédiée a été construite, complètement excentrée et inutile…D’ailleurs, même à Tôkyô où est son terminus, il faut marcher au moins 10 mn pour rejoindre le centre de la gare et les autres lignes…). J’ai toutefois une chance, je change à Kudanshita et je peux m’asseoir. En général. Quand je travaillais à Lehman, l’an dernier, je devais changer à Kayabachô et je n’y coupais pas, j’en avais pour 10 minutes debout.

    Côté faits-divers, mardi matin, j’ai été victime du progrès technologique et d’un de ces bugs qui l’accompagnent. Comme je l’ai écrit plus haut, j’ai un téléphone acheté cette année. Il est donc équipé d’un nouveau service : je reçois automatiquement les alertes du centre de la météorologie nationale, en charge des tremblements de terre. Or, à la suite d’une très légère secousse, les ordinateurs du centre ont visiblement fait une erreur de calcul et ont transformé une légère secousse non décelable pour l’être humain en une alerte de secousse très violente survenue dans l’est de Chiba (le message invitait à se protéger de toute urgence.) Je dormais, il était aux environs de 6h30. Soudain, j’ai été réveillé par une alarme stridente que je n’avais jamais entendue, un truc qui vous fait bien comprendre que vous allez mourir dans moins de 10 secondes. J’en ai perdu deux à comprendre ce qui se passait. Puis, une environ à vérifier que c’était bien mon téléphone, une à l’ouvrir et une dernière pour lire le message. Plein de kanji , bien sur, mais 地震, je sais lire très facilement. À partir de là , j’ai attendu que ça passe, je ne savais pas trop quoi penser, ces derniers temps, on en a eu pas mal et il n’y avait pas eu d’alarmes. Le temps est passé, et rien n’est venu. Les serveurs s’étaient trompés. La prochaine fois, je pourrai économiser 5 secondes car je n’aurai pas besoin de lire le message : en fait, si on se fie à son instinct, la sonnerie est suffisante. Ça craint, ça craint, ça craint, ça craint, …, qu’elle semble dire, iiii, iiii, iiii, iiii, iiii….

    Environ 20h30, comme ça passe vite, et comme je suis content de ne pas avoir perdu tout ce temps dans ces transports absurdes. A côte de moi, un type avec une Nintendo, devant moi, un autre avec une Nintendo aussi, un autre plus loin avec une PSP et la plupart des autres les yeux collés à leur téléphone. Quelques uns qui lisent, d’autres qui dorment. Peu de masques, en fait un seul. Moi, j’ai oublié les miens à la maison. Un type vient d’éternuer. On va s’amuser cet automne, je le sens…

    Madjid

  • Ce blog a 5 ans…

    Ce blog a 5 ans…

    法隆寺 / Horyu-ji (奈良 / Nara), 15 aout 2009
    Et je n’en reviens pas moi-même…!

  • Quelques photos prises aujourd’hui

    Il faisait beau et tres chaud aujourd’hui, humide… Promenade de quelques kilometres a l’ouest de Ikebukuro dans un quartier assez peu connu et finalement pas si desagreable. Premiere visite d’abord au Echika, longue avenue commercante du metro, perdue au milieu des autres, mais reconnaissable a son aspect “metro Parisien”. C’est tres bof et je prefere celle de Omotesando avec sa boulangerie Jean-Francois. Ici, c’est Kobeya, et Kobeya, c’est plutot cra-cra “fugna-fugna” (ramolo). Stop a l’universite catholique Rikkyu. Batiments en briques rouges, depaysants. Beaucoup de verdure, aussi. Nous avons continue, mais il faut avouer que le guide que nous utilisons est tres japonais, et beaucoup des endroits cites sont assez quelquonques. J’ai eu la flemme de pousser dans le campus pour voir la maison de Edogawa Rampo… Il faisait mega lourd, et nous avons ete accompagnes en permanence d’une sorte de crachin intermitant, peu engageant. Au cours de la promenade, nous avons eu confirmation de la reputation de ce quartier. Ancien, dans le sens “apres-guerre” du terme. Plutot pauvre derriere Ikebukuro, dans le sens general du terme. On dirait que la prosperite des annees 60/80 n’a pas visite tout le pays, ni meme toute la capitale… En cela, en France, le progres s’est mieux diffuse et est plus visible. Les taudis sont tres nombreux au Japon, cela se renforcant par la tres pauvre qualite de constructions des maisons dans l’apres guerre. En se rapprochant de Mejiro, les maisons se font plus belles, pimpantes, bien que souvent tres vulgaires avec leur facades criardes sensees incarner le “reve americain” du Japonais de classe moyenne superieure. Enfin…
    Malgre cela, grand bonheur de marcher des kilometres dans la chaleur, en compagnie de Jun. La semaine prochaine, je reprends le travail bref, nous ne nous verrons plus que le samedi soir et le dimanche… Les conges s’achevent…
    Bonne promenade!
    Madjid













  • Ah, la modernité de la droite japonaise…

    Suite de mon post de ce midi. Elections au Japon.
    L’avenir, a Tokyo, commence avec les brocolis…

    Le leader de la branche politique de la secte pseudo-bouddhique Soka-gakkai. J’adore cette photo, de style “la mienne est plus grosse que la tienne”. Bigots, de droite du style “pour les enfants”. Le patron de la Soka passe son temps autours du monde, recu par des personnalites, comme representant de la paix. Il y a vraiment des cons. Au fait, en France, quand detruisez vous la branche de la Soka-Gakkai.
    “construire un Japon lumineux et fort”. On y croit… Allez, Shimamura Yoshinobu-san, a la retraite!

    Avec une dette publique 3 fois superieure a celle de la France (environ 220%), une croissance economique atone depuis 15 ans, une precarite grandissante et visible, un systeme de sante archaique et inegalitaire, une education publique inadaptee, chere et cretinisante, le taux de natalite le plus faible au monde, des scandales a repetitions portant sur des sommes inimaginables ou des produits alimentaires frelates et debouchant sur des excuses publiques mais sur aucun emprisonnement, nos lascars nous proposent de remettre ca pour encore 5 ans. Allez, on tire la chasse!

  • Pas gentil… A J-3

    Oui, on ne peut pas dire que je sois tres gentil avec vous… Cela fait presque un mois que je n’ai rien ecrit sur ce blog. Lamentable… Et pourtant, tellement facile, explicable. Sans excuse. Enfin…
    Je regarde les resultats malheureux de mon compteur de visiteurs, et c’est vraiment comme repartir de rien, a zero. Ca ne me plait ni ne me deplait. Deux periodes de chomage m’ont use, c’est dur de se remettre. Certains me diront que j’ai eu du temps, oui, c’est vrai. Surtout pour penser a mon retour en France, involontaire, precipite, et a l’abandon de Jun. Impossible…
    Je commence a integrer une nouvelle donnee personnelle et professionelle. Enfin, quand je dis que je commence, je me suis dors et deja fait une raison. Je ne crois pas que je remettrai les pieds dans un middle-office. Pas a mon age… ou alors il me faudrait une chance incroyable. Je me resigne donc a envisager l’avenir autrement. Ce n’est pas si mal, mais cela sera plus difficile. Peut-etre est-ce la une opportunite… ?
    C’est fou tout ce qui peut se passer en un mois… La meteo qui n’a pas ete au rendez-vous, par exemple. On attendait une grose chaleur, nous avoisinons poussivement les 30 degres. Meme a Kyoto ou Jun et moi avons passe quelques jours la semaine derniere, il n’a pas fait la chaleur eprouvante dont tout le monde parle. Cela n’a pas empeche les coups de soleil, mais cela reste tout de meme tres decevant. Ensuite, depuis une dizaine de jours, les secousses se succedent. Dimanche apres-midi, vers 15 heures, Jun et moi avons eu assez peur. La secousse a ete tres longue, une bonne minute, et elle s’est decomposee en deux temps. Pendant une premiere partie, une forte oscillation horizontale, donc a priori “peu” dangereuse, un peu comme un bateau. Brutal mais acceptable. Suffisament forte toutefois pour creer le doute : c’est “3” sur l’echelle Japonaise de Shindo basee sur les sensations physiques et mentales. La secousse a eu tendance a s’adoucir. J’ai ferme les rideaux, comme par reflexe, au cas ou ce fut un reel tremblement de terre, les vitres pouvant se briser. Et la, une nouvelle secousse a commencee, plus heratique et melant mouvements horizontaux et mouvements verticaux : ca, cela peut etre tres dangereux. La porte fermee faisait du bruit, gatagata (onomatopee du bruit de la porte pendant un tremblement de terre). Rien n’est tombe mais si les secousses s’etaient intensifiees, il s’en serait fallu de tres peu. Sur Tokyo, c’est un tremblement de terre shindo 3 (secousses fortes et sentiment de peur) et parfois shindo 4 (certains objets peuvent tomber et les gens ne se sentent plus en securite chez eux). C’etait en fait un tres violent seisme, mais loin de la cote, dans l’ocean. Mardi, dans la nuit, deuxieme secousse. Nous n’avons rien senti, mais moi je me suis reveille, sans comprendre pourquoi, et apres un reve etrange et angoissant, exactement a l’heure. Je n’ai compris que quand j’ai vu a la television. Ce jour la, les nouvelles ont oscille entre les 2 typhons 8 et 9 – 9 passant au large de Tokyo- et le seisme qui avait touche Shizuoka. La secousse a ete de Shindo 4 a Tokyo et Shindo 6- a Shizuoka (la, ca secout vraiment et se maintenir debout demande de veritables efforts, les objets tombent et on est paralyse par la peur). Ce genre d’information m’aurait effraye en France, et je m’etonne de m’y etre si bien acoutume…
    Nous sommes partis pour Kyoto mercredi matin par le Shinkansen de 7:30. L’ete dernier, Jun etait arrive en courant une minute avant le depart du train… Il y a un an et demi, j’etais arrive a peu pres avec autant de quasi-retard. Cette fois-ci, bonne synchro : nous sommes arrives avec 15 bonnes minutes d’avance l’un et l’autre! J’aime beaucoup le Shinkansen, et je suis toujours etonne de voir un train marcher aussi bien, aussi propre et confortable…
    Le Japon vote dans dix jours maintenant et, a moins d’une surprise de derniere minutes dont les medias japonais, de droite, ont la specialite, la gauche et le centre-gauche devraient l’emporter. Personne ne sait exactement ce qui pourra changer ni si ca changera vraiment, mais cette respiration democratique dans ce pays domine par la meme ploutocratie depuis plus de 60 ans, ca ne pourra que faire du bien. Comme je le disais a Jun, on ne sait pas trop ce que valent les “democrates”, mais quand on les voit a la TV, ils sont humains. Les vieilles badernes du PLD ne sont pas des humains: ils retiennent leurs excrements depuis des siecles, et cela est tres visible sur leurs visages boursouffles par la corruption, les valises d’argent echangees sous les grilloirs de yakiniku qui sentent la graisse animale grillee, emballes dans un air de suffisance et de dedain qui n’est pas parfois sans rappeler certains airs de Jean-Marie Le Pen, avec qui ils partagent au passage a peu pres l’integralite de l’agendas. Comme le PLD est au pouvoir depuis l’apres-guerre, qu’il est dirige par un certain nombre d’ultras nationalistes et qu’il s’est allie a la mafia (avec l’aide de la CIA) pour casser les greves des annees 50/60, au Japon, tous les evenements arrives en Asie dans les annees 30/40 (deportations 200,000 femmes Coreennes dans le but de prostitution dans des bordels militaires, gazage a grande echelle de populations civiles Chinoises afin de tester des armes biologiques (peste, typhus), travail jusqu’a la mort de millions de femmes et d’enfants dans des mines de charbon (environ 20 millions de victimes au total) sans parler des pseudo-“experimentations medicales” (greffes de tetes, ablations d’organes, inocculations de plusieurs maladies, etc) realisees sur de jeunes paysans Chinois, tous ces evenements qui ont valu a certains de leurs auteurs d’etre juges pour crimes contre l’humanite au Tribunal de Tokyo entre 1945 et 1947 sont desormais de vagues points de details de “la guerre” dont les enfants et adolescents des ecoles sont invites a penser que “la guerre, ce n’est pas bien” car les gens meurent, comme a Hiroshima. De critique d’un gouvernement militaire putshiste, du meurtre a grande echelle des opposants socialistes, communistes, democrates, rien. Des crimes de guerre, rien. Et quand on evoque ces sujets a la TV, c’est pour insinuer que les historiens sont divises sur ces questions et qu’il ne faut pas sombrer dans le masochisme anti-japonais qui profite a la Coree du Nord (je site en gros le discours ambiant sur cette question). Ici, les Americains ont gagne la bataille, mais c’est Le Pen qui a gagne la guerre… Je ne pense pas que cette propagande sera renversee rapidement par le nouveau gouvernement (la mafia s’occupe du sort de ceux qui osent denoncer l’agression du Japon nationaliste), mais en tout cas, la purge continuelle des manuels scolaires pourra t’elle etre stoppee.
    Ce blog aura 5 ans dans 5 jours…

  • L’ete a Tokyo : samedi et dimanche derniers

    L’ete, au Japon, il fait tres chaud. Autrefois, l’arrivee de l’ete tres chaud correspondait avec la saison du repos: en effet, si le printemps est la saison des plantations et des travaux des champs, passe le mois de juin, il ne reste plus grand chose a faire que prier les dieux que tout se passe bien. C’est ainsi que l’ete etait la saison de fetes (matsuris), destines a confirmer la solidite de la communaute ainsi qu’a se conclilier les graces de la divinite du lieu.
    Le Japon a garde ces matsuris qui, bien que folklorises et n’impliquant plus vraiment une communaute de toute facon eclatee, restent tres populaires. Ainsi, le bon matsuri de Kagurazaka, dans le centre nord de Tokyo, entre Iidabashi et Waseda, tres populaire et durant bien 2 heures et demi, de danses et de chansons. Dans une ou deux semaines, un meme matsuri se tiendra a Koenji, dans l’ouest de Tokyo, apres Nakano.
    Poursuivant la promenade, un temple assez ininteressant, mais abritant un monument dedie aux femmes de Yoshihara, a Minowa, au nord est de Tokyo, au dessus de Ueno. Yoshihara etait le quartier de la prostitution. D’abord situe vers Nihonbashi et detruit par un incendie, le quartier de plaisir fut transfere plus au nord, vers le quartier ou se situaient les hors-castes de l’epoque Tokugawa, les burakumin (metiers lies au sang : boucherie, ambaumeurs, cordonniers… mais aussi acteurs, prostituees, etc…). C’est vers Minowa que ce quartier fut donc place jusqu’a ce que l’incendie qui suivit le grand tremblement de terre ne le detruise totalement. Ainsi, plusieurs fois ravage par les flammes, y perirent de tres nombreuses femmes dont ce bosatsu se veut le gardien.
    Enfin, alors que nous nous promenions dans le quartier populaire Minowa-Iriya dont ne subsiste que le plan typique, en damier, j’ai fait quelques plans. Cherchant une musique de fond (le vent soufflait terriblement et il m’a ete impossible de laisser le son original), rien ne me convenait quand… Ben vous verrez. Les petits matins parisiens me manquent parfois.
    Madjid

  • Et c’est parti comme ca pour un mois et demi!

    Et c’est parti comme ca pour un mois et demi!

    Tama Plaza, dans le departement de Kanagawa. Cet immeuble, on dirait le Bresil, ou en tout cas l’idee que je m’en fait…

    30 degres… Soleil qui frappe fort. En quelques jours, le climat a change du tout au tout. A la moiteur du 梅雨, avec son ciel couvert qui fait l’effet d’une cocotte minute ont succede le grand soleil et son ciel bleu. Voila, nous sommes bien en ete. Il fait chaud, et dimanche, “tout le monde” mangera de l’anguille pour se remettre de la chaleur du 梅雨, epuisante.


    Ah, l’anguille grillee, sa sauce bien sucree comme il faut…

    En ete, si je le pouvais, je ne mangerais que des tempuras, des sobas et de l’anguille. Quand je pense que ma meme cuisine l’anguille dans du bouillon avec des herbes uis, apres avoir reduit le bouillon, elle confectionne un gelee dans laquelle elle met l’anguille qui alors se mange froide. Enfin, je mets ca au present, je devrais plutot dire que LA fois ou elle a cuisine de l’anguille, c’etait mon grand pere qui l’avait pechee, et c’est comme ca qu’on l’avait mange. Non, rien a faire, le fumet de l’anguille grillee et pire que tout, l’odeur de la sauce vaguement grillee quand on l’en badigeonne, c’est simplement… comment dire… divin. Oui, c’est un plat pour les dieux! C’est trop bon! Je crois que les Chinois en raffolent aussi, mais j’ignore comment ils la prepare.

    Horyu-ji, dans le departement de Nara.

    Jun et moi commencons a preparer nos vacances. Cet hivers, nous n’avons pas pu partir a cause de moi, mais cet ete, hors de question de manquer mon “pelerinage a Kyoto”. J’aimerais par exemple retourner au Horyu-ji que nous avons visite l’an dernier en hivers (photo). Jun m’a suggere le Daigo-ji, pres du departement de Mie, et c’est vrai qu’a regarder sur internet, ca a l’air vraiment tres interessant. Si j’en avais la possibilite, j’aimerais avoir un week end par mois pour explorer cette region. Et un deuxieme peut etre pour en visiter d’autres…
    Qu’est-ce qu’il fait chaud…

    Madjid

  • Aux armes, citoyens!

    Aux armes, citoyens!

    14 Juillet, loin des (bals de) pompiers, du quai des Tournelles et des canards. Plus prosaiquement, 14 juillet a Tokyo, au travail et sous la chaleur. 14 juillet avec une petite nostalgie, suffisamment forte pour eviter les especes de sous produits a l’Institut Franco-Japonais ou a l’Ambassade.
    Parce que ce qui m’embete le plus dans ces 14 juillets estampilles exportables, c’est qu’on oublie le principale… Les Japonais auront une idee erronee de la France -et cela explique peut-etre leur “syndrome de Paris”, cette depression qui les saisi apres 3 ou 4 mois en France-, tant qu’ils ne regarderont pas la France pour ce qu’elle est, et non pas ce que les services culturels d’ambassades et les dessinateurs de mangas cultives par des documentaires NHK leur auront appris.
    C’est vrai que la France, ce fut “le Roi Soleil”, “Marie-Antoinette”, Madame de Lamballe, et “Versailles”, les “Chateaux de la Loire” et “Jeanne d’Arc”, les belles cathedrales fieres et elancees du Gothique au 13eme siecle…
    Mais bon, on est aussi le pays qui a chante la Carmagnole apres avoir saccage des chateaux en province et mis le feu a la Bastille, trimballe la tete de “la Lamballe” au bout d’une pique en chantant “ca ira” avant de guillotiner le “gros cochon” (Louis 16) et “cette chienne lubrique d’Autrichienne, la veuve Capet” (Marie Antoinette) et que… nous n’en avons meme pas honte! Mieux, nous en sommes si contents que c’est ce que nous fetons le 14 juillet : notre liberte de peuple libre, une liberte acquise de haute lutte et par beaucoup de courage, comme nous le rappellent ces gosses de 16/20 ans qui remirent ca dans l’ombre, entre 1940 et 1944, au peril de leur vie. La liberte ou la mort, hurlaient le peuple sur les barricades durant l’ete 1792, un cri universellement repris depuis dans le monde entier, comme tres recemment en Iran.
    Oui, nous, la France, on a danse autours du cadavre de nos Roi, et nous en sommes fiers car nous considerons que cela a fait de nous des Hommes, responsables de leur destinee. J’ai beau penser que ces evenements furent regrettables, et qu’ils auraient pu etre evites, mais d’un autre cote, ces evenements qui sont desormais de l’histoire ont une signification et des implications qui les depassent. Nous avons fonde une “union d’individus libres et egaux” ( la Nation), dont la devise est justement Liberte, Egalite, Fraternite. A y regarder de pres, il nous reste, a nous, la Nation, bien du travail a faire pour nous liberer vraiment de ces chaines dont parle la Marseillaise. Mais, nous, en France, nous avons au fond de nous, par le souvenir du sacrifice royal, que c’est possible, et que notre liberte est entre nos mains.
    On est bien loin des mignardises franchouillardes (et commerciales, bien entendu)… Quel choc ce doit etre, pour des Japonais, decouvrir ainsi un peuple fier de sa liberte, et avec lequel meme Nicolas Sarkosy doit composer: car aujourd’hui comme hier, nos gouvernants ne sont pas des tyrans car nous veillons bien a ce qu’il n’en soit pas ainsi! Quel choc, oui, nos greves, nos manifestations, nos impots, la tete de travers de la boulangere qui rouspete parce que vous n’avez pas la monnaie, les gens qui braillent dans le metro parce qu’on les a bouscule… Ben ouais! Au Japon, on ne rouspete pas. Bref, quand on a besoin d’une operation chirurgicale, on n’a pas les moyens car le remboursement est plafonne, et donc on repousse… Ca peut avoir du bon, les greves…
    L’esprit de liberte est ce que je prefere en France. Et c’est pour cela que j’aime le 14 juillet!
    Allez, quelques “franchouillardises” glanees ici et la! Et un bonus a la fin : (j’avais prevu Jessie Norman lors des commemorations du Bicentenaire en 1989, mais sur YouTube, la deuxieme partie de la video est simplement un collage d’une marseillaise “de droite”, bref, ce n’est interessant que 4 minutes… avoir absoluement), La Marseillaise dans Casablanca ! Aux Armes, Citoyens! Formez vos bataillons!















  • Ils l’ont fait!

    220 ans presque jour pour jour apres que les Francais eurent compris qu’il n’y avait plus rien a attendre de leurs gouvernants, les habitants de Tokyo sont alles voter. Les resulats ont ete pire, ou mieux selon le point de vue qu’on adopte, que tout ce qui etait prevu. Tout d’abord, contre toute attente, la participation a depasse les 50%, pour atteindre les 54,5%! Du jamais vu depuis longtemps pour ce type d’election locale (le conseil regional/conseil general du grand Tokyo). Ensuite, la deroute du parti conservateur PLD, patente. Avec 38 sieges seulement, il est devance de 16 sieges par le DPJ. Le Parti Democrate du Japon devient ainsi, avec 54 sieges, la premiere force politique de Tokyo. Et encore pire depuis, un sondage realise pour le Asahi Shinbun (centre gauche) a la sortie des urnes, montre le DPJ a 46% d’intentions de vote pour les prochaines elections nationales le 30 aout et le LDP a… 19%…
    “ILS L’ONT FAIT” ai-je pense lundi matin…
    Ensuite, eh bien ce fut ma lecon avec Hiromi vers Kyobashi. Cela fait deux mois que j’enseigne cette lecon particuliere et elle avance tranquillement. Mon systeme de cours prive marche bien. J’utilise une methode ainsi que du materiel audio-visuel. C’est dans un cafe, mais c’est assez professionel. Je lui donne du travail a la maison.
    L’apres-midi, c’est le tour de Yuko, une ancienne eleve de NOVA. Je commence a trouver mon rythme avec elle. Ce qui est difficile est que comme je la connais, nous courons le risque de l’etalement, du bavardage. Cette semaine, j’ai donc installe une petite pendule, et j’avais un tableau pour ecrire. Je me demandais comment elle reagirait, mais je crois qu’elle a apprecie. J’ai limite la lecon a une heure, comme prevu. Cela n’a pas empeche de bavarder apres, mais au moins la lecon a ete bien cadree. Cela nous profite a tous deux.
    Le soir, j’ai repense a mes 14 juillet a Paris, et a un matin, avec des canards, apres avoir passe la veille a mange un gateau au chocolat qui faisait “pousser des fleurs au cerveau”… Je ne vous raconte pas cette histoire de canards pour le moment, mais disons qu’apres m’etre assoupi deux minutes en bordure de Seine, au bout du Square Sully, j’ai regarde les canards se reveiller, c’etait magique… Je me suis allonge de nouveau, j’ai regarde le ciel, ferme les yeux, et alors la, une main gentille m’a caresse les cheveux… Apres, ben… disaons que mes tetons ont ete tres sensibles pendant deux ou trois jours!
    Ma memoire a retenu cet episode sous le nom de “les canards”.
    Je termine le premier tome du manuel de Joel Cornette. C’est fou ce qu’on oublie, mais c’est incroyable aussi, tout ce dont on peut se rappeler!
    Dehors, il est de plus en plus evident que le Tsuyu est termine. Le soleil est brulant et seul un vent leger raffraichit la sensation de chaud. En revanche, l’air a cesse d’etre humide. Voila l’ete…
    En vrac, le quartier de Kyobashi/ Nihonbashi et Tokyo. Du matin au soir… avec une vue sur le resultat de la bourse. Au passage, curiosite japonaise… Ici, quand ca monte, c’est rouge et quand ca baisse, c’est vert!