Non seulement je me suis retrouvé dans la situation de subir l’influence d’un voisin au point de m’empêcher de faire quoi que ce soit de mes mâtinées, mais cela a révélé tout ce que je ne pouvais pas faire, faute de me concentrer sur moi. Début septembre, j’en étais à vouloir faire des listes des choses que je devrais faire pour améliorer ma situation.
Dans notre histoire, la « grande coalition », on a déjà essayé. Entre 1947 et 1958. Cela s’appelait la « troisième force » et excluait les gaullistes (qui s’opposaient à la constitution votée en 1946) et les communistes (ostracisés par les autres partis et eux même s’excluant de toute participation gouvernementale pour cause de guerre froide), allait de la droite non-gaulliste aux socialistes, formant les gouvernements de la 4e république.
La « troisième force » était ce que De Gaulle appelait un « régime des partis » (ce que le FNRN appelait UMPS des années 90 aux années 2010), une coalition hétéroclite gérant essentiellement le statu-quo et incapable de prendre de réelles décisions lors des crises majeures car son fonctionnement même la rendait plus influençable aux différents lobbys – le lobby colonial notamment.
Composée d’une dizaine de petits partis coalisés autours des trois grands partis structurés (Radicaux, centristes MRP et Socialistes SFIO), ses gouvernements tombaient régulièrement au gré des difficultés rencontrées pour finir avec de nouveaux gouvernements composés des mêmes ministres à un rôle différent. Chaque gouvernement, penchant tantôt à droite, tantôt à gauche, pratiquait en définitive la même politique avec les mêmes hommes. François Mitterrand était de ces hommes politiques appartenant à de petits partis. Le siens était l’USDR, parti politique charnière nécessaire à la constitution de tout gouvernement, classé, pour l’époque, plutôt au centre-droit.
Le seul premier ministre (appelé alors « Président du Conseil ») à avoir tenté de réellement gouverner et prendre des décisions fortes fut Pierre Mendès-France qui, durant 7 mois, jusque début 1955, sut mettre fin à la guerre en Indochine avant de tomber lors de l’éclatement de la guerre en Algérie, suspecté jusque dans son propre parti de « vouloir négocier avec les terroristes ». Les 7 mois de son gouvernement ont impressionné la jeunesse mais n’ont en rien changé le cours des choses pour les combinaisons de « la troisième force ».
« Le centre, c’est la droite »
La « troisième force » était mue par les petites ambitions de politiciens sur le retour ou d’apparatchiks. En 1956, alors qu’une coalition de gauche dite de « Front Républicain » sortit victorieuse des élections pour faire des réformes sociales et mettre fin à la guerre en Algérie, le Président du Conseil socialiste Guy Mollet envoya le contingent en Algérie et interdit les célébrations du 14 juillet à cause de la « menace terroriste »! Le gouvernement ferma les yeux sur les cas de torture rapportés par la presse – qui parfois fut même frappée de censure au nom de « la sécurité nationale ». Les électeurices, dans leur très grande majorité, avaient voté en pensant que Mendès-France serait nommé Président du Conseil. Le parti socialiste SFIO perdit des militants, parmi lesquels le jeune Michel Rocard qui, avec d’autres, fonda le PSA puis PSU, en opposition à la guerre coloniale.
En 1958, alors que les gouvernements successifs avaient enlisé la France dans une guerre coloniale où les socialistes s’étaient fourvoyés dans une répression brutale de toute opposition, le putsch des militaires à Alger en mai 1958 porta la crise politique à son paroxysme. Le 13 mai 1958, les militaires lancèrent un ultimatum et réclamèrent De Gaulle ainsi que le maintien de l’Algérie dans l’ « empire ». Les différents partis refusèrent d’abord avant d’accepter car plus personne n’était en mesure de décider. Ce fut la fin de la 4e république.
De Gaulle devint Président du Conseil, demanda les pleins pouvoir pour six mois et avant même de s’occuper de l’Algérie, confia à Michel Debré la tâche de rédiger une nouvelle constitution. La 5e république fut approuvée par référendum en octobre 1958 et entra en vigueur en janvier 1959. Il fut nommé Président.
Lors de la prise de pouvoir par De Gaulle, les forces politiques de « troisième force » protestèrent puis négocièrent leurs postes. Le socialiste Guy Mollet participa ainsi à la rédaction de la nouvelle constitution malgré une forte opposition du peuple de gauche et de Mendès-France. C’est de l’opposition entre un parcours de doctrinaire « marxiste » très à gauche et un alignement atlantiste ou sa politique coloniale que naquit l’adjectif « molletiste »: discours très à gauche, pratique de droite.
Le Parti Socialiste CONTRE « troisième force »
La SFIO cède la place au Nouveau Parti Socialiste en 1969 et tient en 1971, à Épinay, son « congrès de l’unité ». Le texte final, porté par la coalition Poperen-Chevènement-Mermaz-Mitterrand (qui vient tout juste d’adhérer) et voté en opposition à la direction sortante d’Alain Savary soutenu par Guy Mollet, spécifie son rejet catégorique à tout retour à la stratégie de « troisième force » au profit de la stratégie dite « Union de la gauche »:
« il est clair qu’une majorité existe dans le parti: – pour mener à bien la rénovation de l’action politique en France; – pour exclure toute stratégie de troisième force. » Motion d’orientation du Parti Socialiste adoptée par le congrès de l’unité Epinay-sur-Seine les 11-12-13 juin 1971
La coalition autours de François Mitterrand défend la rédaction d’un nouveau programme socialiste basé sur la stratégie de Front de Classe (Jean Poperen) devant déboucher sur l’union avec les communistes. L’idée centrale est de mettre le Parti Communiste devant ses responsabilités. La direction sortante, quand à elle, considère que les conditions de l’union avec les communistes ne sont pas en place et qu’il convient d’abord de fédérer les forces politiques « opposées » au gaullisme. Il s’agit d’une version rajeunie de la « Troisième Force » et ressemble à s’y méprendre à la stratégie proposée récemment par Nicolas Meyer-Rossignol, Carole Delga et Raphaël Glucksmann ou Bernard Cazeneuve. La « Troisième Force », rebaptisée « grande coalition ».
Les « grandes coalitions » ne marchent pas
Alors que depuis quelques jours plane l’idée de « grande coalition », il est bon d’avoir en tête que les « grandes coalitions » ne fonctionnent pas et mènent souvent à l’impuissance avant de finir avec une poussée des mouvements d’extrême-droite.
Ainsi, on donne souvent l’Union Européenne comme un « bon exemple » avec son parlement où on bâtit les « majorités de projets », mais la défiance grandissante envers ses institutions européennes démontre que cela ne fonctionne pas. En Allemagne, la « grande coalition » de Merkel, alliant conservateurs et sociaux-démocrates a repoussé des réformes ainsi que de nombreux investissements en imposant l’austérité budgétaire, tout cela après que les sociaux-démocrates aient eux même fléxibilisé le marché du travail et dérégulé l’économie: aujourd’hui, l’extrême-droite y est la seconde force politique et le SPD est en voie de marginalisation comme l’a été le PS avec François Hollande.
La France traverse une crise politique qui ne trouvera d’issue que par une réforme institutionnelle renforçant le rôle du parlement et du premier ministre, délimitant strictement le rôle du président et modifiant le mode de scrutin. Une « grande coalition », tout comme hier la « troisième force », ne fera que reculer l’échéance avec in fine la victoire de l’extrême-droite et un désir de gouvernement fort.
Compléments
1 – Vous trouverez désormais mes textes politiques sur le site de la communauté PSD. Ce texte y est donc publié en parallèle. 2 – Une pétition pour lancer une réforme institutionnelle. Je la soutiens, comme je l’argumente ce jour dans l’autre article.
Depuis un mois, les électeurices ont exprimé très clairement leur rejet de la politique autocratique d’Emmanuel Macron, et les électeurices du Nouveau Front Populaire ont clairement exprimé leur volonté d’union autours d’un programme de rupture et de renouveau démocratique… Ça, nous le savions.
Notre moment Pétain, en référence à ce moment où une majorité de députés et sénateurs ont choisi de se déshonorer en votant les pleins pouvoirs au crevard Pétain…
Ces Palestiniens réduits à l’état de réfugiés sur leur propre terre, leur histoire écrasée, niée, spoliés de leur destin…
Allez on y va…
Peut-être avez-vous remarquer mes petites incursions dans le monde enchanté de l’asile de fous ringard de Meta. Ou mes posts sur X. Entre Gaza et Palestine ou la Kanaki, il y a de quoi faire, hein. Je ne produit pas vraiment de contenu, même si mon avant-dernier billet couvrait aussi la Palestine, je me contente de nourrir la caisse de résonance, d’alimenter les algorithmes pour empêcher, à mon très modeste niveau, que l’intérêt ne retombe. Une veille internet, qu’on appelle ça. Après tout, depuis qu’un journaliste israélien a révélé que le gouvernement Netanyahu avait mis en place des groupes de votants dans une douzaine de pays pour booster les résultats de Machine Chose, la chanteuse représentant Israël à l’Eurovision, on aurait tort de se gêner de dénoncer la guerre de cet état construit en référence à une légende sur une terre qui ne lui appartenait pas et qui tente depuis des décennies d’annihiler toute trace de ses occupants originels en rasant les villages, en arrachant les plantations, en falsifiant l’histoire.
Ce n’est pas la destruction, que je souhaite à Israel
Ça ressemblerait trop à la divinité guerrière qui inspire son gouvernement. Non, c’est une honte intime, une honte aux proportions bibliques et inédite dans l’histoire de l’humanité, de celle qui suinte sur l’âme, qui hante les rêves des nourrissons quand ils s’endorment et les empêche de dormir, de celle qui vous réveille au milieu de la nuit après vous être débattu dans un immeuble qui ne cesse de s’effondrer alors que règne autours de vous l’odeur rance de corps en décomposition, une honte qui se rappelle à chaque instant et vient flétrir la moindre caresse, le moindre sourire. Après tout, c’est écrit dans ce livre qui inspire le gouvernement fasciste israélien, il n’y a que la Divinité qui détient la clé du retour en terre promise. Ce n’est pas moi qui l’ait créé, ce Golem, cette monstruosité qui a pris le peuple juif en otage pour en faire l’agent d’un processus d’annihilation qui n’a rien à envier à la colonisation des Amériques.
Ces images de colons fanatisés par des décennies de lavage de cerveau, qui détruisent l’aide alimentaire allant à Gaza ici ou harassent les habitants d’une maison là, définitivement convaincus que les palestiniens ne sont rien, qu’il convient de les affamer après leur avoir coupé l’eau, l’électricité et les faire vivre dans des ruines et dans la crasse la plus infâme, c’est revoir le Reich créer le ghetto de Varsovie, et j’ai honte que l’Occident ait encore une fois enfanté un tel monstre en se servant cette fois des descendants de ses propres victimes.
J’ai honte d’être moi-même…
… un produit de cette civilisation, je me demande si pour le salut de mon âme il n’eut pas mieux valu que je naisse sans rien au milieu d’un pays dévasté par le pillage de ses ressources, au moins mon âme eut-elle été en paix. Maintenant, je dis ça, et me voilà petit bourgeois confortablement nourri et éduqué m’accaparant une souffrance qui n’est pas la mienne pour en faire un de ces effets de style fait de la bonne conscience ) pas cher du bourreau quand il refuse de reconnaitre ses actions. Oui, j’ai honte pour moi. Pour nous tous.
Concernant la déportation et l’extermination des Juifs résultant du travers suprémaciste, antisémite et eugéniste de notre civilisation, parmi les oeuvres qui m’ont marqué et que je ne parviens pas à oublier, il y en a deux qui s’imposent et rencontrent un écho face au nettoyage ethnique et au génocide que subit le peuple palestinien.
Mauss, de Art Spiegelman.
L’auteur a recueilli et mis en bande dessinée le témoignage de son grand-père, survivant de la déportation et de l’extermination. Un récit traversé par cette phrase qui sans cesse revient comme un refrain, « je crois que c’est là que ça a vraiment commencé ». Je cite de mémoire, et puis comme je l’ai lu en anglais… Chaque fois, un nouveau seuil est franchi qui ferait presque du précédent un moment de répit, de bonheur, mais en fait non. C’est juste qu’on s’habitue à tout…
On l’enseigne très mal, ce qui s’est passé
Ce faisant on nourrit le révisionnisme historique car, ben non, les Juifs qui sont morts entre 1941 et 1945 n’ont pas forcément visité de chambre à gaz ni même été mis dans des fours. Mais qu’est-ce qu’on est bête, à vouloir à tout pris s’accrocher à cette image d’un Reich bien organisé, propret et moderne. Non, en fait, ça a été encore pire que ça.
Un très grand nombre de Juifs ont agonisé durant des semaines, des mois, transbahutés d’un camps à un autre dans des wagons à bestiaux, déplacés au gré de l’avance russe à partir de la fin 1943. Imaginez, vous êtes deux cents dans un wagon, debout, les uns serrés aux autres, vous êtes sales, vous ne pouvez pas bouger, vous avez été mal nourris et vous êtes faibles, il n’y a rien à boire, rien à manger, vous ne portez que cette tenue en coton sale qui vous poisse le corps et dans laquelle vous chiez et vous pissez, l’odeur des autres est infecte. Autrefois, dans un autre monde, vous étiez employé.e de banque, dentiste, épicier.e, ouvrier.e, rabbin ou danseur.se, vous voilà réduit à un en dessous de l’animalité, et puis c’est l’hiver, il neige, le train avance lentement et s’arrête.
Parfois, il y a une visite de la Croix Rouge.
Alors on fait descendre tout le monde, vous ensevelissez les montagnes de cadavres de celles et ceux qui ont agonisé à côté de vous dans le wagon dans des fosses, et puis on vous « répare », on vous donne une tenue un peu moins sale après vous avoir lavés, et puis la Croix-Rouge vous inspecte, gare aux bavards.
Et puis c’est de nouveau un train… Dans le wagon, c’est la loi de la jungle pour survivre. Un morceau de sucre, un vieux crouton de pain ou quelques flocons de neige pourront peut-être vous sauver, alors on troque ce qu’on peut. Mais pour la grande majorité, il n’y aura pas de terminus, ou alors ce sera, là, oui, la chambre à gaz et le four crématoire. C’est en lisant Mauss que j’ai réellement appris, compris la lente mécanique de la solution finale et comment elle s’est poursuivie au delà de tout ce qu’on peut imaginer dans une démence obsessionnelle malgré l’évidence de la défaite.
Qu’on me permette un parallèle, alors.
Priver Gaza d’eau, de nourriture, en déplacer la population au gré de bombardements comme si elle n’était qu’une abstraction ou des fourmis, limiter l’aide alimentaire et enrober le tout d’un « droit à se défendre », tout en encourageant la spirale de radicalisation de la population israélienne au point que celle-ci réclame encore plus de sang, plus de vengeance, c’est, dans une autre forme et dans un détournement aberrant du système démocratique, le même engrenage que celui de la solution finale. Une aberration qui défit l’entendement, une monstruosité. Le but, ici, est d’en finir avec le Hamas, disent-ils, tout en affirmant en permanence que dans Gaza, c’est toute la population qui est complice du Hamas… Je comprends bien ce qu’ils disent, non? En en profitant pour intensifier encore la spoliation à l’ouest du Jourdain. En revenant aux vieilles justifications sur la responsabilité des palestiniens eux même sur leur sort. C’est de leur faute, disent les idéologues israéliens, et c’est repris en boucle dans la société israélienne et jusque sur nos plateaux télévisés. C’est une des logiques des bourreaux, que ce soient les Nazis ou les violeurs, accuser leurs victimes…
Shoah, de Claude Lanzmann
Il y a dans le film des moments difficiles, insoutenables, mais parmi eux, l’un m’a marqué plus que d’autres et trouve un échos particulier dans ce à quoi nous assistons en ce moment. C’est le témoignage de ce polonais. Il n’est pas Juif, juste un témoin qui a vu, visité le ghetto de Varsovie et tenté d’alerter, de dire, de parler, d’alarmer, mais partout on l’a ignoré, il y avait d’autres priorités lui disait-on.
Il témoigne vers 1982, mais quand il parle, on le sent, il y est de nouveau, à Varsovie, dans le ghetto(en lien, un court documentaire réalisé par la Fondation Yad Vashem sur la vie dans les ghettos). Quand j’ai vu Shoah, ce devait être vers 1992, je me suis identifié à lui. Pas pour faire de moi un héros, non. Non, j’ai ressenti sa solitude, son désarroi, son impuissance et je me suis demandé ce que j’aurais fait, comment je l’aurais vécu, de voir, de savoir, et de ne pouvoir rien faire. Et plus je l’écoutais, et plus j’ai pleuré, pleuré. Ça doit faire terriblement mal, voir tous ces hommes, ces femmes réduits à n’être qu’une abstraction démente, des « juifs », parqués dans un quartier sous blocus total, que des kapo visitent de temps en temps pour s’amuser à terroriser, tous réduits à la saleté, à la pauvreté et maintenus à la limite de la famine, et ça doit déchirer, de savoir qu’ils vont être déportés, et qu’il faut faire vite, et ça doit vous dégouter de l’humanité, de les voir déportés, envoyés vers la mort sans avoir pu rien faire si ce n’est avoir, en vain, durant des jours, des semaines, des mois, tapé votre tête contre les murs des calculs froids dont certaines équations ne manquent pas d’arrières pensées antisémites…
Je vois Gaza, je pense à Varsovie
Ibrahim Abu Mustafa/REUTERS
Je vois ces colonnes de Palestiniens de Gaza, réduits à l’état de réfugiés sur leur propre terre de Gaza, en Palestine, leur histoire écrasée, niée, spoliés de leur destin depuis près de cent ans aujourd’hui réduits à vivre dans un territoire inhabitable privé d’eau, d’électricité et de nourriture, sans chiottes, sans douches, plus d’écoles à Gaza, plus d’hôpitaux à Gaza, des accouchements et des opérations dans des conditions d’hygiène d’un autre temps sans anesthésie ni matériel adapté dans Gaza, des dizaines de morts et blessés recensés, des milliers d’autres qu’on découvrira un jour sous les milliers de tonnes de gravas, des charniers…
Varsovie, oui.
Hatem Ali/ Associated Press
Je ne souhaite la mort de personne, mais oui, qu’une honte aussi profonde qu’un puit sans fond frappe ces bourreau qui font payer un peuple qui dans l’histoire ne leur avait jamais rien fait pour mieux signifier à leurs anciens bourreaux qu’ils appartiennent à leur civilisation. Et que l’on soit bien clair. Que cette honte sans fond me frappe et emporte la civilisation qui m’a vu naitre avec. Une civilisation qui commet et laisse commettre de tels crimes n’est pas une civilisation, c’est une monstruosité.
Une honte indélébile, profonde, suintante, infinie… Peut-être alors comprendrons-nous le mal que nous faisons, que nous laissons faire, que nous dissimulons, envers un peuple qui a vécu en paix avec les Juifs durant des siècles et dont les ancêtres étaient eux-même parfois des Juifs restés puis convertis, qui ne leur avait fait aucun mal et avec qui même peut-être les Juifs désireux de trouver un refuge auraient pu bâtir un destin commun. Peut-être, alors, il sera encore temps. Ou il sera trop tard. Ne restera que cette honte avec une envie de vomir qui ne nous quittera pas, pour les siècles des siècles…
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