Législatives 2024: le moment Pétain

élections législatives 2024

Notre moment Pétain, en référence à ce moment où une majorité de députés et sénateurs ont choisi de se déshonorer en votant les pleins pouvoirs au crevard Pétain…

Un moment clé

Au delà de l’horreur, ces élections législatives du 30 juin et du 7 juillet 2024 vont être des législatives historiques et tout démocrate devrait au fond de lui-même s’en réjouir. Elles sont une bonne nouvelle. Elles seront dans le futur le moment Pétain de notre temps, le moment où chacun, chacune aura été placé devant ses responsabilités politiques en tant que citoyen, citoyenne, électeur, électrice, acteur, actrice de sa destinée et de la destinée du commun.

Dans moins d’un mois, et presque 84 ans jour pour jour après que la république bourgeoise ait donné les pleins pouvoirs au salopard Pétain, ouvrant la voie au régime dictatorial raciste et nationaliste de collaboration avec le Nazisme, nous saurons enfin qui est qui, et qui préfère quoi.

Le piège de la 5e république

Pierre Mendes France, la République Nouvelle, une référence pour ces élection législatives de 2024 et le moment Pétain

Plébiscitaire, la 5e république brutalise le parlement, et de ce côté là, tant le lepénisme que le macronisme partagent le même fond totalitaire et une fascination pour le référendum chez les uns, le 49.3 pour les autres.

Comment croire qu’un référendum puisse être un instrument démocratique quand les médias sont la propriété de quelques bourgeois multi-milliardaires bien décidés à mettre ces médias au service de la protection de leurs propres intérêts quand ce n’est pas au service de leur idéologie suprémaciste? Comment croire que le 49.3 est un instrument démocratique quand il brutalise le temps long des débats nécessaires à l’élaboration des lois et à l’expression de l’intérêt général?

L’agonie totalitaire de la 5e république

Vers la Démocratie Sociale

Des jours et des semaines qui viennent peut se lever une gauche nouvelle portée par un nouvel esprit de conquête militant, prête à esquisser les contours de cette nouvelle France qu’empêche de naître le consensus nationaliste, raciste, islamophobe, réactionnaire, néolibéral et sécuritaire.

Car la clé de ces législatives offre, pour une gauche ressourcée à sa base, la plus fantastique opportunité historique depuis des décennies: cesser enfin de regarder l’avenir avec les repères du passé. Et ainsi, par exemple, en créant les conditions politiques d’un barrage autours de son propre programme, liquider les séquelles du 21 avril 2002 et sortir définitivement du 21 avril permanent, celui qui a permis l’élection du plus réactionnaire et du plus autoritaire président de la 5e république, le plus dangereux pour les libertés publiques, Emmanuel Macron.

En marquant l’urgence du moment, dans une France où toute forme de débat est littéralement hystérisé, où les moindres positions critiques sont jetées en pâture par la petite clique des éditocrates réactionnaires sans culture, réduites à des caricatures quand on ne leur fait pas dire l’inverse de ce qu’elles disent, un pays sur le point de s’embarquer dans une aventure ultra-autoritaire, raciste et nationaliste, ces législatives vont nous placer, toutes et tous, face à un choix simple:
on laisse faire, ou on se dresse?

Ce choix, au delà des personnalités politiques et au delà de toutes les réserves qu’aucuns ne manqueront pas de faire ici et là, chaque électeur et chaque électrice l’aura entre ses mains.

Refuser Pétain!

Sartre, La République du silence, septembre 1944

Quelle que soit l’issue de ces élections législatives, et nous avons tous à l’esprit qu’elle peut être tragique, ce sera une nouvelle ère qui s’ouvrira. Si la gauche parvient à former un bloc unitaire rivé aux principes de la République Démocratique et Sociale, si dans le moment que nous vivons elle ancre au coeur de son unité l’impératif d’un réel antiracisme et le refus intransigeant de toute forme de violence policière comme fondement même de la Démocratie Sociale qu’elle entend bâtir, si elle se refonde avec la conviction que le sursaut réside dans un puissant mouvement social et l’exercice collectif du pouvoir, alors, elle aura pris rendez-vous avec l’histoire en poussant au dehors les bavards de plateaux réactionnaires qui parlent en son nom.
Elle aura créé les bases d’une réelle clarification et d’une authentique résistance, non pas au lepénisme ou au macronisme, mais plus généralement aux fondements idéologiques et aux rapports de classes qui nous ont conduits où nous sommes, dans cette société fragmentée et brisée par la pauvreté et le déclassement.

Pour le Bloc Populaire

C’est l’unité autours des principes de la République Démocratique et Sociale qui garantira la pluralité des opinions et l’expressions des désaccords au delà du 7 juillet, que le Front Populaire l’emporte ou qu’il ne l’emporte pas.

S’il est un sens profond à donner à ce nouveau Front Populaire, c’est que le 30 juin et le 7 juillet, nous nous dresserons contre les pleins pouvoirs aux forces racistes, anti-démocratiques et anti-sociales coalisées et, que quelque soit l’issue de ces élections législatives, nous resterons unis en un puissant mouvement pour la victoire de la République Démocratique et Sociale.


Commentaires

3 réponses à “Législatives 2024: le moment Pétain”

  1. Avatar de Olivier
    Olivier

    C’est presque amusant de voir la bourgeoisie faire feu de tout bois pour contrer cette alliance qu’elle n’imaginait pas même possible dans ses pires cauchemars… Plutôt Hitler que Blum, qu’ils disaient en 38… Nous y revoilà.
    Macron pensait donner le coup de grâce à une gauche éparpillée par les Européennes, ils les aura aidé à s’unir autour de leurs communs.
    Une belle opportunité à venir.

    1. cela étant, on est dans une situation vraiment très difficile. L’union va limiter la casse et peut-être même empêcher la formation d’un gouvernement d’extrême-droite, mais je doute vraiment de sa capacité à tenir sur la durée. Le PS va très rapidement entrer en crise avec deux lignes, l’une de centre-gauche avec Delga et Glucksman, l’autre autours de Faure avec certainement le retour de Corbière et Garrido. La LFI sera de plus en plus isolée médiatiquement, attaquée, ça attisera les tensions internes. Les écologistes vont entrer dans une phase d’introspection car ils n’ont plus aucune ligne, et le PCF va certainement aussi tanguer très fort car sa marginalisation ne peut pas durer.
      Pendant ce temps, le centre de gravité politique reste sur le flanc droit de la droite et Macron lui-même est un des moteurs de ce glissement.
      Le mérite de cette union est d’abord de regrouper la gauche sur ses propres idées. C’est un rendez-vous pour l’avenir.

  2. […] Iels ont également fait échouer l’adage maintes fois répétés par Jean-Marie Le Pen: « à trente pour cent, on prend le pouvoir ».Nous y avons échappé jusqu’ici, mais nous n’en sommes pas à la première alarme et nous avons cette fois-ci reçu un très sérieux avertissement. […]

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