Catégorie : le Blog de Suppaiku, Tôkyô

Journal d’un Solitaire Sociable et Moderne de Paris et Londres à Tôkyô et …

  • Un certain 17 octobre… ある10月17日と言う一日...

    今日、ビルで事務所は変えました。新しい窓、新しい机、窓からも新しい...しかし、エアコンの問題がありますから、場所は暑いです...外は、美しい青空がありますから、働きたくないで,出かけると思う事しかありません。今朝早く起きて出ました。7時45分ぐらいしかなりました.私にとって、パリ人なので早いですが病院に行かなければ、なりませんでした。後で、急いで、仕事に走りました(隣なので、簡単)。
    今日、寂しい誕生日です。1961年10月17日パリの中心に200/400人ぐらい警察に殺されました。アルジェリア人の家族、子供、年取った人々などでした。30年間ぐらい秘密なりました.最近だけ歴史なりました.
    17時大学の授業にいますから、幸せです。一年後あなた達と一緒に喋れたいからです。頑張ります。
    パリから
    スッパイク
    Eh oui, c’est le 17 octobre 2005, 44 ans après le massacre de 200 à 400 Algériens dans le centre de la capitale, un triste anniversaire. (à suivre, je vais en cours)

  • Souvenirs… (3) lointains…

    Souvenirs… (3) lointains…

    Maruchan est arrivé à l’heure, j’ai vite apperçu sa tête qui dépassait d’un bon 30 centimètres au dessus de la normale, le casque sur les oreilles. Maru est professeur de français. Pas “prof, non, enseignant diplômé. Donc il travaille dans des endroits intéressants, gagne bien sa vie, et ne connait pas les écoles de langue à la japonaise. Il habite dans l’ouest de Tôkyô, il poste parfois sur le japon.org dont il est, comme moi, un observateur régulier (je me connecte souvent, notamment à mon travail, sans toutefois me logger…) (je vois rien mais j’entends clair, disait la Dame Brune).
    Naoko est vite arrivée, puis des collègues de Naoko. En route vers ce matsuri. Autours de nous, c’était Tôkyô, dans cet arrière quartier de Shinjuku. Un grand boulevard plein de voiture, leur bruit, des travaux comme toujours (j’étais passé par ici l’an dernier, je crois que c’est encore pire, côté travaux). Et puis là, sur le côté, du va et viens, des lanternes… C’était là (voir album photo). J’ai tenté de bavarder en japonais, alternant avec des conversations en français avec Naoko et Maru. Mangé un Yakisoba plus que copieux, délicieux. Puis une espèce de meringue dont le nom m’échappe, faite de sirop de sucre et d’un peu de bicarbonate de soude, délayés, chauffés. Ca gonfle d’un coup ! C’est craquant. On a cru percer le secret du petit goût : l’emploi de sucre candie. Beaucoup de monde dans ces ruelle ultra étroites, odeur de nourriture, jeux. Quelle chance les Japonais ont d’avoir encore ces ambiance emportées chez nous par la croissance économique des années 60… Disparus, ces petits métiers faciles (enfin, pas en force de travail), artisanaux, et qui permettaient de vivre, disons vivoter, à ceux qui aujourd’hui, chez nous, s’entassent dans le métro à la merci du froid, de la maladie et du viol quand ce sont des femmes…
    Une ambiance bon enfant, hélas achevée vers 23 heures… Ce n’est pas Danjiri… Nous nous sommes séparés, et moi je me suis dirigé vers Shinjuku, direction le quartier gay.
    C’est là que j’ai retrouvé Karim, donc, ce gars que je croisais dans le train il y a plus de 20 ans… Avant qu’il n’arrive, j’étais à ma 2ème bière, Masaru, ce gars rencontré il y a 2 ans, est entré dans ce bar de genre “marais-soho”, rempli de gaijins et de gaisen (étrangers et chercheurs d’étrangers… c’est beau, la xénophobie…). Je l’ai salué. Après 10 mn, il me demande si je rentrais avec lui. Je crois que je n’ai jamais envoyé bouler quelqu’un de manière aussi brutale ! (en gros : écoute, je viens d’avoir 40 ans, je veux en profiter un peu…). Il est parti tout de go. De toute façon, il me plaisait pas… J’ai bien fait de dire non.
    A peine parti, j’ai apperçu le français de la semaine précédente, ce gars avec qui je suis sorti il y a une dizaine d’années. Et puis Karim est arrivé avec son copain, on a bu et bavardé, et puis ils sont repartis. Un gars du style (“type”) du COX (trentaine cheveux courts, pour parler très rapidement) sort et me dit “au revoir” en français… Mais je le connais pas, ce type ! Je trouve alors ma vie extraordinaire ! J’ai envie de faire la bise à tout le monde. Il était environ 1 heure du matin.
    Je me suis dirigé vers le sauna de la semaine précédente, moins alcoolisé, bien plus clair, et content de moi.
    On arrive devant un immeuble dont le rez de chausser est un parking à l’air libre. Un escalier conduit à ce que les japonais appellent le 2ème étage (bref, le premier). On pousse la porte, on se déchausse, on va ranger ses chaussures dans un box, puis, on présente la clef à un monsieur qui la prend et l’échange contre la clef d’un vestiaire. On a bien sûr donné son ticket d’entrée retiré dans une machine. Vestiaire vaste, propre (on est au Japon, pas au Dépôt). On se déshabille, et en route vers l’étage du dessus. Là, c’est un sentô, c’est à dire un bain. On s’assied sur un petit tabouret devant le miroir et la ranger de robinets. Il y a du shampoing, du savon, des rasoirs neufs, des brosses à dents neuves, on a 2 serviettes : une pour se laver, l’autre, ben c’est celle qu’on garde autours du bassin, et on s’essie aussi avec. Après s’être lavé, on peut aller se baigner. Je suis resté au moins 15 minutes dans le bain chaud.
    Cela faisait pas 5 minutes que j’étais dans ledit bain chaud jaccuzi que je vois un gars avec un tatouage et que je connais. Il se lave, se lève et viens vers le bain. C’était Nobu… Nobu et moi, on est sorti ensemble à Paris il y a 5 ans… Il a vécu 6 ans à Paris… On a bavardé, et puis il est reparti. Je me suis dis que décidément, à 40 ans, il ne pouvait m’arriver que du neuf… que finalement, je ne regrettais rien du tout. C’est bien, le bonheur…
    J’ai tourné un peu à cet étage, un gars est venu me palper alors que j’étais dans le hammam. J’étais pas contre… un autre est arrivé, le gars a palpé aussi alors qu’il m’embrassait. J’ai apperçu celui qui venait d’arriver, je me suis cassé ! Un espèce d’américain gras… beurk. Le japonais était mignon, mais partager avec un monstre… MAIS CA VA PAS, NON ????
    Je suis sorti du hammam, donc, la serviette un peu dérangée, et je suis allé me repasser sous la douche, puis je me suis enfermé dans le sauna sec. Là, on ne m’a pas dérangé… Croisé de très beaux garçons…
    J’ai repris une douche, et je suis allé chercher mon yukata, des capotes (prudence…) et je me suis pris un café. Une grande salle avec des télés, des transats devant, et des gars qui dorment dessus. Au Japon, on dort très facilement…
    J’ai rechangé d’étage et je suis monté au 4ème. Là, ce sont 4 dortoirs, un avec des télévisions, où on dort enfait,, deux dortoires très obscures, et un dans la mi-obscurité. Partout, climatisation, odeur de propre, on croise partout des types qui néttoient, balaient, etc…
    Je croise un joli garçon, juste le style kawai que j’aime bien, grand, fin, cheveux bruns et des yeux tirés. Je le suis, il s’arrête… Bon, je vous raconte pas la suite, mais disons que les lits de ces dortoirs sont confortables et propres, qu’il faut veiller à utiliser un préservatif car ici ce n’est pas automatique. Il a d’abord refusé de me dire son prénom, et puis comme on restait ensemble, il est devenu de plus en plus calin, doux. Il me plaisait beaucoup, il était très beau, et j’ai pensé le lendemain que si je n’avais pas été qu’un simple touriste, j’aurais bien voulu le revoir. On a passé la nuit, le matin tous les deux dans les bras l’un de l’autre. Vers 10 heures des annonces commencent à passer, c’est l’heure pour ceux qui ont loué des chambres aux étages supérieurs, de sortir. En font sonore, Morning Musume, Utada Hikaru et, bien entendu, Hamasaki Ayumi avec son Fairyland qui consacre son grand retour cette année. Depuis mon retour, je ne peux entendre ce titre sans une vive émotion, la peau de Hideo repasse sous mes doigts et je revois son regard… buuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuh…………………………..
    Je lui ai proposé de revoir le ciel vers 11 heures. On a repris une douche, on s’est habillé, on s’est dirigé vers Le Café des Milles. Buuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuh………………………………………….. On a bavardé, à un moment, il a sorti son tél, je me suis dit, oh non ! et puis en fait c’était pour me monter une photo de feux d’artifices. Plus il me parlais, plus j’étais malheureux. C’est lui qui a proposé qu’on sorte… On s’est séparé. C’est mieux de ne pas échanger ses coordonnées, j’ai pensé, parce que ça rîme à rien, je ne reviens pas avant un an… Je regrette, mais en même temps je ne regrette pas. Je lui ai juste recommandé de toujours mettre des préservatifs parce que nous deux ça a été limite quelques minutes… J’ai été étonné de sa réaction, très passive devant ce que je lui disais. J’ai été content d’avoir pris des préservatifs avec moi, en tout cas (FAITES EN AUTANT), je nous en suis trouvés encore plus beaux, je ne sais pas comment dire, mais je crois que Lestrade a raison, ce n’est pas qu’une question de protection, c’est vraiment une question de beauté… On s’est séparé, j’ai repensé à Grégor, cet Allemand il y a 10 ans, mais cette fois, c’est moi qui partait. Sexuellement, je suis “versatile”, comme on dit, mais Hideo était extrèmement “lassif/passif”, d’une sensualité introuvable chez un occidental, j’ai été absoluement survolté, je vous avoue, je porte la quarantaine en très grande forme ! Buuuuuuuuuuuuuuuu…………. Je regarde les mecs à Paris, pas un qui ne me plaise, beurk ! Enfin…
    Je suis rentré très triste à Kyôtô, sûr cette fois de ne pas revoir la capitale avant longtemps, de l’autre côté de mes 12 mois au travail et à la fac…

    JE DEDIS CE RECIT DE MA 4EME SEMAINE A HIDEO. ET A GREGOR AUQUEL IL M’A FAIT PENSER.

  • Souvenirs… (2) Effluves lointaines…

    Mardi 20 septembre, au soir, mes 39 ans tiraient à leur fin. Qu’ai je fait, cette journée ? Parti vers Gion, j’avais décidé de prolonger après Chion-In et de rentrer dans le premier temple. Ce fut Shôren-In (voir album-photo). Hormi cette décoration superbe, quelques photos du couple Impérial en visite, de magnifiques jardin et une belle promenade dans ce qui constinue une enfilade de pavillons aux décoras parfois anciens, souvent récents, aux teintes magnifiques. Une odeur de bois, les tatamis, tout ici inspirait à méditer, à ralentir le temps et penser à soi, ce que je fis après m’être incliné devant un autel. A 40 ans, il est bon de penser à sa propre fin, à ce spectacle qui s’engloutira dans le néant après moi.
    Il faisait assez chaud, les moustiques s’endonnaient à coeur joie. Je me suis arrêté un moment, et puis une dame s’est arrêtée, une canne à la main, elle m’a parlé en Anglais. Je lui ai répondu. Nous avons ainsi bavardé pendant 10 bonnes minutes, elle dans la langue de Shakespear et moi dans sa langue. Shizuko habite à Uji, où je suis allé le dimanche admirer le Byôdo-in. Elle aurait voulu aussi parler français, mais son professeur lui a dit qu’elle avit l’accent anglais. Il y a vraiment de pauvres crétins… Elle m’a offert un petit cadeau, et puis elle m’a donné son adresse avant de partir rejoindre son fils qui l’attendait.
    Les Japonais sont des gens terriblement attachant.
    J’ai quitté shôren-in après y être resté une bonne heure/heure et demi. J’ai rejoints la Kamo, traversé le pont San-jô, et je suis allé manger un カレーライス/Kareraisu chez Spicy. Il faut bien prendre ses médicaments… Et en fin d’après-midi, après être retourné au bord de la Kamo, je me suis allongé, j’ai fait une sieste, et quand je me suis réveillé, j’étais bien…
    En soirée, je suis allé à Osaka, au bar gay Leibniz (pourquoi donc un tel nom, tiens…), où j’étais allé au début de mon séjour avec Yoshinobu. J’ai bu modérément, mais tout de même généreusement. Beaucoup bavardé, et nous avons fait un vague concours de gros mots dans les 2 langues, parlé de ce que les gay ici appellent タイプ/type, et qui semble fondamentalement important. Quel “type” de mec ont aime. Et là, on a comme des cases, avec des genres très précis. Suis-je donc de la catégorie ボズ/ bozu (de bonze, donc, “cheveux rasés”) ? Kawai, on est un “mignon”, jeune, cheveux non décolorés, un peu sage. Je crois que c’est mon genre préféré. Euh, mon “type”.

    P1000513Bien sûr, j’ai loupé mon train (voir album photo), et j’ai ainsi passé la nuit, saoul, dans un business hotel d’Umeda, Hotel Kinki. Pour moins de JPY 6 000, très correct ! Je me suis photographié nu, en me disant “voilà, à 40 ans, tu étais comme ça”. Ma journée “à 40 ans” a commencé.

    A 40 ANS
    A 40 ans, j’ai quitté un bar gay en courant, saoul, raccompagné par Mama-san qui m’a demandé de revenir quand je voudrais. A 40 ans, ce quartier de sex-shop et d’odeurs d’izakaya brillait, mais je ne pouvais m’éterniser car à 40 ans aussi, on doit attrapper son dernier train. J’ai couru, traversé les boulevards d’Umeda, rigolé en voyant la grande rue, croisé les gosses paumés qui èrent à la recharche de trucs certainement pas très clairs, monté les escaliers, vu cette grande avenue, puis attéri à JR Umeda, couru encore, mon sac “Il faut revenir à un mode de vie naturel” à la main, j’ai passé la ligne des tourniquets, regardé les horaires, mince ! L’employé de station m’a dit qu’il n’y avait plus de trains jusque demain.
    Je me suis éloigné, et puis je suis revenu, demandé l’horaire du premier train, satsifait finalement de ce contre-temps. A 40 ans, je me suis réconcilié avec Osaka, car je ne suis pas allé me paumer à ShinOsaka. J’ai retraversé ces rues, tranquilement, les lumières qui brillaient, et j’ai vu une flèche qui indiquait le Kinki entre deux panneaux pour des hotels au caractère plus pratique, mieux adapté aux activités du quartier.
    A 40 ans, je suis arrivé dans ma chambre, j’ai pris une douche, je me suis brossé les dents et je me suis photographié tout nu. Je me suis trouvé pas trop mal. Et puis je me suis couché.
    Le premier matin de mes quarantes ans, j’ai pris une douche dans un hotel avec une vague gueule de bois, je suis parti, ai payé ma note, il devait être 5h30. J’ai pris mon train et j’étais chez moi vers 6h30. Mis une dose de médicaments dans une boite, pris un petit déjeuné, et à 5 mn près, après avoir speedé à vélo, j’ai attrapé le Shinkansen pour Tôkyô, où j’avais rendez vous avec Maruchan. J’ai acheté mon thé vert de Uji (le meilleur que je connaise en fait), et somnolé un peu. Je suis arrivé à Tôkyô vers 10 h 15.
    P1000518A 40 ans, je retrouvais Maruchan vers 13 heures et, comme j’avais du temps, je suis allé à pied jusque Ueno. Vers midi, je m’achetais une casquette rigolote. Et vers 12h30, après avec pris la ligne 中央縁/ligne Chûô, je buvais un café au Café des Mille (?).
    A 40 ans, devant 新宿駅南口/la porte sud de la gare de Shinjuku, je retrouvais Maruchan, 9 mois après la soirée Izakaya. On est allé manger dans une de ces gargottes qui borde la ligne de chemin de fer, et qui s’écouleront avant de brûler en 2 minutes le jour du 大地震. Maru avait son nouvel iPod et son nouvel appareil photo : on a fait les mêmes achats ! Naoko m’a elle offert des chaussettes (elle en dessine les motifs, c’est son métier). Depuis mes 40 ans, j’ai des supers chaussettes.
    On est allé au Starbuck qui a une terrasse, mais la terrasse était prise. A 40 ans, c’est dingue comme je peux raconter ma vie, et aimer que les autres me racontent un peu la leur…

    On est allé ensemble visiter un territoire que je connais peu, les salles de jeux. Je suis toujours stupéfait par tout ce que je peux voir, et tous ces jeux à base d’éléments visuels qui conditionnent des gestes me laissent complètement pantois. Je ne sais pas faire beaucoup de choses sans penser, bref, je suis archi nul… Mais plus nul que moi, on meurt (Maru, tu peux poster un commentaire si tu veux confirmer !). Maru, lui s’est fait un petit Tekken, et moi, je suis allé atteindre le niveau 8 de Trétris. Il va fichtrement vite, leur niveau 8, et passé le niveau 6, j’avais abdiqué toute volonté de faire des points (des Tétris, c’est à dire 4 lignes) au profit du coup de balais permanent. A 8, j’ai loupé un coup, et c’est toujours fatal, à cette vitesse.どうしょう?????????
    On s’est finalement quitté, et moi j’ai marché dans Shinjuku, le coeur serré, comme si c’était la dernière fois. J’ai fait des photos, et d’un seul coup, il était plus de 5 heures (Paris : 10 heures), j’ai pensé à mes médicaments ! Je me suis acheté une banane, une bouteille de thé vert, et je les ai pris. Avec une bonne heure et demi de retard. Ouf ! Marrant, les avoir oubliés alors que j’en avais parlé avec Maru !
    J’ai revu cette entrée du grand boulevard qui me fait penser à la place Clichy, et j’ai presque eu envie de pleurer. Mais à 40 ans, on est sage, alors je me suis dirigé vers le train, et à 19 heures, j’étais en route pour Kyôto. Désormais, j’ai un principe. Le plus important est la qualité du souvenir que l’on se fait. Ces 24 heures avaient été inattendues (retrouver Maru, que j’ai connu à Paris par l’intermédiaire de ces fantastiques repas du apon.org), trépidentes (la course dans Osaka, le premier train, le Shinkansen de 7h20 et jusqu’à cet oubli de médicament, comme un acte manqué de convalescence mentale), ça me suffisait. Faire durer eut été nul : pour quoi faire. Et puis je prévoyais de revenir le lendemain, peut être, si Maru me confirmait qu’il irait bien avec Naoko à un Matsuri près de Yoyogi. Vendredi étant férié, cela pourrait être une belle occasion de sortir. Alors, à quoi bon rester ?
    A 40 ans, tranquilement, j’ai quitté Tôkyô et ai rejoint ma province. Vers 21 h30, alors que j’étais arrivé, j’était fier de traverser la ville sur mon vélo, content de cette odeur de bois, de ces temples qui surgissent du néant, la nuit, quand on traverse ces ruelles à vélo. J’étais content de traverser Kyôto, et j’ai finalement attéri, comme toujours, chez Spicy pour mon habituel Katsu-kare. C’était ce serveur que j’aime bien qui était là, qui ressemble à Kusanagi Tsuyoshi, le chanteur de SMAP. Les serveur(se)s japonais(es) travaillant comme des robots programmés, goyukkuri-dôzo/irasshaimase/arigatôgozaimashita, il est impossible de leur adressé la parole, de savoir ce qui se joue dans leur tête. Pensent-ils vraiment qu’il faut nettoyer le comptoir, ranger les verres, préparer les carafes, okini, débarasser, passer un coup d’éponge, goyukkuridôzo, regarder si tout est propres, chercher la caisse, faire la poussière sur une étagère, arigatogozaimasu, préparer les carafes, ranger les verres, prendre la commande, shochomatchikudasai… ????
    Je suis rentré, Nicolas était là, on a un peu bavardé. Je suis allé me couché après avoir bidouillé 2/3 trucs sur le net. A 40 ans, je me suis couché heureux, vers 23h30.
    A mon réveil, vers 7h30, il y avait un message de Maruchan : RDV à 19h, à 代々木八幡宮/Yoyogi-hachimangu (ligne 小田急ôda-kyû). J’ai décidé de préparer mes baggages, et j’ai bien fait. J’ai confirmé mon check-out le samedi. J’ai fait un lavomatic, préparé mes vêtements pour les 2 jours à venir, rangé tout le reste. J’ai pris mon sac “il faut revenir à un mode de vie naturel”, qui au passage ne m’a jamais quitté, j’y ai mis un TShirt, un caleçon. Mon appareil photo, mon iPod. J’ai quitté Kyôto vers 15h30, objectif, Tôkyô vers 17/17heures30. J’ai dormi dans le train. Arrivé, j’ai aimé Tôkyô, je me suis amusé d’être là, encore une fois. La dernière. Que m’arriverait-il ? Petit tour vers Kanda, j’aime son agitation le soir, j’ai pensé que si je travaillais un jour (utopie totale) pour BNP Paribas Tôkyô, c’est ici je que viendrais “izakayer” les jeudi soir, j’ai acheté un roman d’Edogawa Rampo en Japonais -pour ado, donc lisible- et puis j’ai pris mon train direction Yoyogi.
    J’ai retrouvé Maru vers 19h00.

  • Souvenirs… (1)

    Et voilà le Japon redevenu un souvenir, un souvenir lointain. Quelque part, c’est bien, ces 12 heures qui nous en séparent. On se retrouve alors dans un espèce d’inter-temps, inter-espace, une sorte de zone transitoire où le temps est aboli (en 12 heures, on n’avance que de 5 heures… très étrange impression la 1ère fois), où la France se re-présente sous des jours particuliers si vous voyagez avec une compagnie française. Pour moi, ça a été le steward maladroit qui faisait la liaison pour la première fois, ignorant de la culture, de la langue et des usages, mais terriblement souriant et serviable. Français, quoi. On pardonne beaucoup aux Français quand ils sourient… Ce sera donc dans quelques années un steward professionel ET souriant. Je ne voudrait pas enjoliver AIR FRANCE, mais la qualité médiocre de la prestation “classe économique” (quoi qu’elles fassent, les compagnies ne proposent qu’une piètre performance dans cette classe) est fortement compensée par la décontraction élégante du service, la disponibilité. Et vraiment, un touch nonchalant extrèement représentatif de la culture française, “dans la vie faut pas s’en faire”, disait Maurice Chevalier. Avec le sourire, avec attention, avec des sièges extrèmement confortables aussi. Mais qu’est-ce que c’est long… Alors pendant qu’on regrette que tous les Français aient oublié cette décontraction souriante à la française au profit de la sauvagerie malpolie, sale et ronchonne, on aborde le ciel Européen, et soudain, dépité, le Japon devient un pays lointain, inabordable et le séjour un improbable rêve. On se réveille à l’aéroport, 3 avions qui arrivent en même temps, 2 douaniers, une heure d’attente qui ressemble à une éternité, aucune explication, aucune excuse quand 2 autres douaniers arrivent pour s’occuper des 6 à 700 passagers qui viennent d’arriver, bienvenue en France. Enfin, c’est ce qu’on pense parce qu’aucun panneau, aucun agent, aucun sourire ne nous le dit. Au Japon, partout, des お帰りなさい/okaerinasai ようこそ/youkoso (heureux de te revoir / bienvenue). A Roissy, on attend, debout, dans l’anonymat triomphal en béton du pays de Michel Houellebecq.
    Heureusement, des amis sont venus me chercher. Heureusement, j’ai immédiatement embrayé sur le travail, dés lundi. Pas eu le temps de penser, comme ça.
    Juste dans le coeur un truc en forme de vide. Je suis parti du Japon avec le sentiment de laisser ma vie derrière moi. Je n’ai pas dormi, en effet.
    J’avais retrouvé -quelle surprise-, dans un bar gay de Shinjuku, une vieille connaissance du temps de mes 16/17 ans, quand j’allais me promener aux Tuileries le dimanche comme on faisait en ce temps là, du temps du placard entr’ouvert et du “pas beaucoup de bars”. Lui, il était de Villemomble, moi, de Bondy. Non, on n’est jamais sorti ensemble, mais on a fini par se parler à force de se croiser dans le même train, aux Tuileries, au Piano-Zinc (c’est dingue comme ce bar ressemblait aux bars de “mama-san” au Japon, très intime) ou au Swing… c’était une autre époque, “avant” le SIDA, entre 82 et 84. La maladie avançait, en cachette, allait nous tomber dessus, tuer notre convivialité souriante. Nos bars allaient fermer, nos discothèques péricliter. Enfin…
    Bref, je retrouve ce garçon avec son ami, à Shinjuku. Il vient me parler, en français, “dis, tu ne t’appelles pas …?”, qu’il me dit… On discute, on convient de se retrouver à Kyôto le samedi, vieille de mon départ pour Paris. Ainsi convenu, ainsi fait, on s’est retrouvé sur le pont Gion, et on a cherché un bar gay. C’est incroyable comme tourner en rond dans ce genre de quartier me met mal à l’aise, je n’aime pas me sentir étranger, tourner avec un plan, je n’aime pas être un touriste ou un gaijin. Sûr, c’est mon père qui m’a transmis cette répulsion. Qu’y puis-je, je deviens alors irritable, égoïste, insupportable, et en fait, j’ai envie de fuir. Mais on a fini par trouver.アーップル/apple.
    Au troisième étage d’un immeuble de 4, un ascenceur, un couloir, plusieurs portes, 25m² à tout casser. Ambiance intime, bar, tabourets et toute l’électronique pour le karaoke. Important, le “menu”, première boisson accompagnée d’une sorte de tapas. Va pour du poulet mariné… J’ai bavardé, et j’ai lancé le karaoke. J’ai bu, aussi et passé une très bonne soirée. Lui et son copain sont partis vers une heures, moi, je suis resté, resté, à plusieurs, on a cherché un autre bar où boire encore après 4 heures du matin. Mon japonais est certainement plus qu’approximatif mais comme je ne suis que touriste, ils ont tous fait d’incroyables efforts. Même soûl, je parviens à parler.
    Il était 6 heures qund je suis rentré à l’appartement, j’ai pris une douche, j’ai déjeuné. J’ai laissé ma clef de vélo à Nicolas. Ma dernière traversée de Kyôto à vélo était pleine du bonheur de la retrouver encore et toujours. Les villes, au petit matin, sont des territoires vastes et ouverts, on ne pense qu’à les étreindre et les posséder : ils n’attendent que nous pour exister. Et puis je suis allé vers l’aéroport. Je suis arrivé en avance. J’ai attendu, fait un peu de net grace au WIFI.
    Voilà, je vous ai raconté mon samedi 24 septembre au soir et mon dimanche 25. De Paris, rien de fondamental, je suis passé chez moi poser mes bagages et le soir, nous sommes allés chez Stéphane. J’ai tenu jusque 21 h 30. Je suis rentré. Chez moi, je me suis dit, “ben, au boulot”. Je ne suis pas Rastignac, mais moi aussi, désormais, je suis habité par une énergie qui dit “et maintenant, à nous deux, Paris”.

  • En attendant la suite….

    Eh oui, me voici tel que je suis le matin quand je pars au travail. En costume, tout beau tout frais. C’est une de mes grandes résolutions, le costume tous les jours, ce qui n’est pourtant pas obligatoire. Je déroge, bien sûr, le vendredi. Et là c’est plutôt, en tout cas jusqu’ici, bariolé. Mais j’ai définitivement renoncé à l’effet “barbe de 3 jours”. Je ne trouve pas ça très classe…

    Les jours passent, se ressemblent un peu. Loin, je suis loin de 東京/tôkyô. Mais bon, c’est la vie, hein…
    Hier, avec ma collègue Odile, nous sommes allés au restaurant : elle tenait à m’inviter pour mes 40 ans, ce qui est vraiment très gentil.

    Nous sommes allés à :
    LA TABLE D’ANVERS, 2 place d’Anvers, Paris 9ème (01 48 78 35 21)
    Je n’ai pas regardé l’addition, mais comme nous n’avons pris que plat et dessert, cela faisait le menu à EUR 22.

    C’est difficile de décrire tout cela… Disons d’abord que ce n’est pas la première fois que j’accompagne Odile à sa “cantine”, mais quen cela doit faire la 4ème ou la 5ème. Ensuite, hier, il y avait une grève assez importante, et le restaurant était vide quand habituellement il est archi-bondé. Il faut tout de même rappeler que le prix de la formule plat principal au choix et entrée ou dessert à EUR 22, la formule “plat du jour” avec entrée ou dessert à EUR 15 et le menu complet autours de EUR 30 en fait un restaurant très abordable.
    La carte est sans cesse renouvelée, dixit Odile, et j’ai moi même pu le constater. Il m’est arrivé d’y goûter les ravioles ou les escargots. Hier, j’ai choisi une crème de crabe à l’avocat et à la pomme dans une fine brique beurrée (arrosée d’une sauce parfumée soja) sur un fouilli de petites salades (très à la mode). J’avoue avoir beaucoup aimé : c’est extrèmement simple, après tout, mais le goût “beurré” de la brique, le sucre de la pomme et le rappel de cette sauce finement soja… pas mal.

    Odile quand à elle a opté pour une soupe (à la crème). Elle y est apparament abonnée (dixit Martine, une collègue de Odile, depuis assez longtemps complices toutes deux de ce genre de sortie).
    Nous avons choisi le même plat. Des papillotes de saumon avec de petits légumes -bien fermes, beurrés mais sans trop, salés mais très peu. Là, un vrai régal. La fine brique autours du saumon, ça craque ! Huuuummmm……
    Ca nous a pris deux heures! On a bavardé de choses et d’autres. De Dieu, du japon. Odile est croyante et pratiquante catholique. Je n’ai pas de mal à lui parler librement, et je m’apperçois que je ne suis pas du tout religieux. Comme je lui ai dit, je regarde un monde sans Dieu(x), et place les Dieux à égalité, attentif d’abord à la loi des hommes.
    Ca a été très sympathique, il a fallu retourner travailler…
    Au travail, nous avons eu l’après midi la satisfaction de régler un dossier qui m’a littéralement bouffé tout juillet et tout août jusqu’à ce que je parte.
    Fond sonore : Jean Marie Leclair. Et c’est mon amie la Marquise de Pompadour qui vient danser à mes côtés… Comme cette musique est belle. Ici, le concerto que je connaissais joué au violon est interprété à la flûte. C’est beau, la flûte baroque… C’est fou comme cette musique me rappelle il y a une dizaine d’année, quand je l’ai découvert.
    Hier soir, je suis content de moi : j’ai enfin réalisé ma page de présentation entièrement en japonais, et “à la japonaise”, sur mon site.

    Je parle même de mon téléphone portable.
    Car j’ai acheté samedi un nouvel appareil, un 3G…! Un vrai téléphone, avec lequel j’ai pu prendre les photos que vous voyez depuis dimanche.

    Ce soir, je suis passé à l’INALCO voir les horaires. Cette visite m’a véritablement démoralisé quelques minutes. Me retrouver là, à 40 ans… Comme reprendre à 0, c’est presque humiliant. Et puis je me suis dit que les jours allaient un temps raccourcir, et puis rallonger de nouveau, que le printemps finira par arriver, et qu’avec beaucoup de travail je bouclerai cette année. Bref, que j’avais du pain sur la planche car cela allait passer vite. C’est excitant…

    Le Japon me manque d’une manière étrange : il ne me manque pas, mais je dors dans le métro, j’ai mes お守り/omamori (on ne rigole pas), je me cause en japonais tout en écoutant de la musique du 18ème siècle (Jean Marie Leclair, Mozart et ses Quatuors dédiés à Haydn par le Quatuor Mozaique, Astrée), et je me retourne sur tous les beaux mecs que je croise dans la rue. Quand je dis que je me retourne, c’est au sens propre parfois. Et quand je dis beau mecs, ils sont souvent asiatiques (Il y a résoluement de très beaux Chinois… mais c’est marrant, chez les Asiatiques en général, il me manque quand même cette touche d’imperfection typique de la beauté japonaise : Odagiri Jo est truffé de grains de beauté, ça le rend absoluement irrésistible…).
    Freddie s’est acheté un téléphone 3G aussi, nous avons donc pu faire un peu de visio… C’est tout bête, mais c’est incroyable comme d’un coup on se sent proche, on se voit si peu.

    La grève d’hier est paraît il un succès. pourtant, la réforme fiscale ultra droite va passer, et les nouveaux dispositifs sécuritaires ne semblent inquiéter personne… J’écoute beaucoup moins les informations, et ma seule source d’ouverture sur lemonde restent Les matins de France Culture. De Morant est maintenant en pleine vitesse de croisière. Ce matin, l’invité m’a un peu agacé avec ses références permanentes à la libido pour expliquer l’économie du Désir. Pourtant, quand il a dit que ce qui l’oripilait le plus était ce jeu de la Française des Jeux, donc l’état, avec tirage au sort toutes les 10 minutes dans les cafés, qu’il voyait dans ce genre de choses l’origine du populisme de nos sociétés, je n’ai pu qu’aquiécer. L’état n’est plus seulement proxénète (les prostituées), il est aussi mafieu, et il fait son beurre des instincts des plus pauvres. Lamentable.
    J’ai été aussi très choqué par ces immigrés récemment enfermés et “graciés” par Sarkosy. Je ne dis pas que j’aurais préféré l’expulsion, mais la “grâce” est une conception de la politique qui me révulse, c’est le pouvoir discrétionaire du Prince, c’est la largesse des puissants. Car au même moment ce même prince affrête des charters.

    Bon, je suis fatigué parce que ma page en japonais m’a conduit jusque tard dans la nuit et que je devais me lever de bonne heure ! Et dire que je suis décidé à blogger en japonais…
    Bonne nuit

  • Paris, 2 Octobre 2005, et me revoilà…

    Je suis rentré dimanche 25 septembre, il y a une semaine exactement. Je suis parti après une nuit blanche qui a succédé à une nuit partielle qui suivait une autre nuit blanche… Ma dernière semaine a été rapide et intense, elle n’a en rien été exceptionnelle, elle a juste été la digne continuation de ce chemin de retour à moi même qui s’accomplit depuis près de 6 mois maintenant, depuis que j’ai accepté ma maladie, enfin, pas la maladie -je ne suis pas malade- mais le virus. Et donc le traîtement.

    Je suis parti du Japon en y laissant un pantalon de toile que je n’aimais guère mais que j’avais acheté il y a plus de 2 ans, dans ma période post contamination. J’ai laissé ces baskets plates que je n’aimais pas non plus, peu mises et achetées à la même époque. J’ai abandonné mon chapeau de paille, reconnaissant envers lui : il a été le gardien de mon identité cette dernière année. J’ai laissé mon sac Muji noir, celui qui fait “employé de bureau”, je n’en voulais plus, c’était une autre époque. J’ai aussi abandonné 2 chemises qui ont trop servi. Madjid n’est plus séropositif. Oui, cette maladie ne me pose plus de problèmes, j’ai épuisé mes phantasmes, et tout comme je le sens depuis des mois, ma vie, c’est maintenant, ce n’est ni hier ni demain.
    Je suis guéri dedans ma tête.

    J’ai dit au revoir à ma trentaine, j’ai vu venir ma quarantaine. Et je l’ai entamée. Sans regrets, heureux de ce moment presque fondateur. Avec le terrible désir de la vivre, de la partager avec vous, et en particulier avec quelqu’un. Et de l’installer quelque part, un peu à l’abris des vents du mondes auquel je compte bien, par ailleurs, l’exposer. Pour ne pas que tout ai été totalement inutile.

    Je vais recommencer à poster dès demain, maintenant que j’ai retrouvé mon rythme, ma ville et mon chez moi.
    Et puis n’ayez crainte, je vous raconterai le mardi, le mercredi et tout jusqu’au dimanche, et puis également la semaine qui vient de s’écouler. Il est près de 23 heures et je vais me coucher. Couché tard cette nuit, levé tôt…

    Ah, oui, j’ai remanié les liens, ajouté un lien vers un site perso gay. A première vue, vous croierez à un site X, mais en fait ce n’est pas le cas. Le journal/blog, vieux de plus de un an est vraiment personnel et intéressant, truffé de photos de repas, de karaoke, de ville, d’autoportraits dérisoires et amusant, parfois très profonds. Le gars a l’air sympa, je tenais à partager la découverte (va me falloir 10 ans pour réussir à le lire, ce site !). Farfouillez les liens du site, vous tomberez sur 日記/nikki, le journal. Pour info, 月/gatsu, c’est le mois. En cemoment, nous sommes donc en 10月. (site coupé, au 3 fev. 2016)

  • HIROSHIMA

    Rien à dire, je vous laisse regarder les photos prises au Mémorial de la Paix de Hiroshima.

  • Dimanche à Uji, Nara et Osaka

    Ballade, soleil plombé mais à la lumière violente, je me suis dirigé vers Uji afin de voir cet endroit qui prend un cours entier à l’Inalco quand on fait histoire de l’art, le 平等院/ Byôdô-in, un palais somptueux appartenant à un ministre Fujiwara qui, l’âge venant et la crainte de l’entrée dans le dernier âge de la Foi (époque où les hommes n’entendent plus le message des Boddhisatva), transforma la résidence en temple dédié à 阿弥陀/Amida, le sauveur de la terre pure, 浄土/jô-do. Un palais magnifique. Je ne puis que vous inviter à regarder tout simplement l’album photo, je n’ai rien à dire si ce n’est que Uji mérite qu’on s’y arrête aussi pour traverser un peu la ville voir même y consacrer le temps de visiter son patrimoine. Je me suis borné à la traverser en bordant son large fleuve, longeant ses ponts, visitant deux jinja dont l’un est, comme le Byôdo-in, consacré patrimoine mondial. Le calme de la forêt est merveilleux, renforcé par le son de tous ces oiseaux et insectes chantants du Japon. La spécialité de la ville est le thé vert, j’au donc mangé un tenpura udon au thé vert puis une glace macha. J’entendais la voix d’une chanteuse accompagnée au shamisen qui répétait le concert du soir. Ce soir là, on regardait la lune dans tout le Japon, la lune qui annonce l’automne…
    Moi, je suis allé la voir à Nara, la lune. J’ai pu ainsi assister au défilé en costume célébrant la poêsie de l’époque de Nara, il y a 1300 ans, quand la villé était capitale du Japon. Costumes d’inspiration chinoise.
    J’ai fini ma soirée en faisant un détour par Osaka où je suis remonté à pied de Nanba-JR à Umeda-JR. Je suis rentré, il devait être 23 heures trentes, plus de jambes pour me porté et le visage coloré par le soleil qui, bien que voilé, n’en est pas moins fort. J’ai roulé dans Kyôto, de nuit, rencontrant ici et là de jeunes couples en yukatas qui, eux aussi, étaient sortis admirer la lune.
    J’ai pensé que j’ai 40 ans mercredi.

  • Un samedi sur Ginza

    Levé vers 10 heures (gueule de bois et fatigue monstrueuse), quitter l’hotel vers 11 heures (en prenant soin d’emporter le yukata, quand même…), j’ai déjeuné de deux donuts chez “Mister Donuts” puis marché vers Kanda déserté de ses employés de bureaux et me suis dirigé vers Nihonbashi où je suis entré chez Mitsukoshi, puis redescendu vers Ginza. Ca tombait bien, c’était une journée sans voiture. Promenade agréable, déjeuné de tenpura, repromenade, écoute de musique chez mon disquaire du coin, je n’ai quand même pas tardé à quitter les lieux, fatigué, et pour la première fois de ma vie, je suis parvenu à dormir dans le shinkansen.
    Arrivé à Kyôto vers vingt heures, j’ai fait connaissance de mon colocataire, un français, élève à l’Inalco, en vacance ici pour un mois.