Catégorie : le Blog de Suppaiku, Tôkyô

Journal d’un Solitaire Sociable et Moderne de Paris et Londres à Tôkyô et …

  • Automne à Paris

    Splendeur et misère des plateaux repars de la cantine BNP PARIBAS… Quand je dis que je rêve au moindre boui boui de Tôkyô, vous comprenez ce que je veux dire, j’espère… Et encore, je n’ai ni fait dans le “boeuf en sauce avec ses frites”, le “filet de lieu et son citron” et autre “tarte au citron meringuée” directement sortie de son usine et bonne à digérer tout l’après midi…
    Car le plus étonnant dns ce choix absoluement foisonnant de menus proposés par les selfs, c’est la constance de la simplification du goût.
    Les légumes vapeur sur cette photo ont d’abord pris le goût de l’eau dans laquelle ils ont bouilli et rebouilli. L’omelette est parfumée à la sauce à la tomate qui hier accompagnait la langue, reconvertie ce jour en entrée “salade de langue” (ça ne s’invente pas…).

    Je rêve d’un bon râmen, bien gras, avec ses tranche de porc un peu confits, son bouillon bien épais, ses nouilles qui “slurp” et qui tiennent au corp. Je fantasme de tempura qui croquent et que l’on trempe dans un bouillon clair avant de “slurp” les udons qui trempent dans le dashi bien bruyamment… Je me pâme en esprit devant un katsukare chû kara comme j’aime, avec la tranche de porc qui croustille à fond sous les dents, vite, de l’eau, c’est trop chaud, le kare me brûle, huuuuuuuuuuuuummmm’…………………………..
    Je serais prêt à tout pour me rassasier dans un kaiten sushi, celui de Ueno où j’ai pris l’habitude d’aller me suffit largement…
    Et que dire des brioches chinoises, niku-man, qui réchauffent les mains avant d’être dévorées… OOOOUUUUUIIIIIIIIIINNNNNNNNNNNN, JE VEUX MANGER ODEN quand j’en ai envie, sur le pousse, au coin de la rue, je veux me baffrer à n’en plus pouvoir de yakisoba, je veux me régaler de nikujaga, faire shabu-shabu, boire une grande lampée de bière après avoir fait nabe ! Mais regardez donc la gueule des plateaux de nos cantines…

    Voici la part manquante des romans de Michel Houellebecq, l’opulence alimentaire, la pauvreté du goût. Mon entreprise paie EUR 7.50 et moi environ EUR 3 pour le plateau que vous avez vu… Je préfèrerais nettement qu’on me les file, moi, les 7.50 !!!! Bref, je ne mets jamais un grand entrain à aller à la cantine et c’est sans difficulté que j’ai pu me mettre au régime et perdre déjà 11 kilos. Legumes vapeur, poisson/oeuf, pomme et fromage 0% pour 4 heures. Salade légume en entrée. Mais pour 10.50, c’est un peu cher, vous ne trouvez pas ?
    La cantine est un lieu vaste, impersonnel, avec des néons, des caissières alignées comme à un péage. Elle est aménagées avec 2 “puits de lumière” qui dès la première visite m’avait rappelées le centre commercial décrit par Baudrillard dans “la société de consommation”. Encore heureux, on échappe à “la farandole des desserts”, à “la valse des entrées”, la “gironde des sauces”…

    Soirée très calme hier soir : je ne suis pas allé en cours. Repos. Bref, beaucoup de boulot en vue, mais je m’en moque royalement. Ce week end, j’ai fini de recopier un par un mes kanjis jusque la leçon 18 (hier, ils ont du faire la 19), recherché du vocabulaire, trouvé des mots complémentaires, etc, à l’aide du dico de Kanjis que j’avais emmené à Londres. Ce soir, apprentissage, et recopiage à l’aide du livre de grammaire de Shimamori des 2 premières leçons de 200… A la place d’étudier, j’ai regardé Nobuta wo purodyusu, un dorama de cette saison, et je me suis couché de bonne heure après avoir fait quelques mails.

    Ca y est, mon Podcast est dans Itunes ! Bref,je peux nfin m’y mettre, plus d’excuses possibles…

    Sarkosi a grimpé dans les sondages. Hollande a gagné face à Fabius. Chirac a remis ses lunettes des années 70. Bush se fait recadrer par le Congrès. Il est en visite au Japon, et il a visité le Ginkaku-ji. En chaussettes (dixit Reuter). Le prix du billet d’avion validité 364 jours sur British Airways est EUR 650. Il fait gris, et ça sent maintenant vraiment l’automne. Il paraît que “ça se calme en banlieue”. Ca tombe bien, à la télévision, ils n’attendent que cela pour pouvoir enfin parler de dindes, de marrons. Patricia Shoenberg, l’îdôle des classes moyennes “sociales” (elle est l’épouse de notre “ministre de la cohésion sociale” Jean Louis Borloo) pourra avec assurance nous dire, tout sourire, que “cette année encore, les Français ont dépensé près de EUR 200 pour les fêtes de fin d’année”, sans bien même se rendre compte que pour certains, c’est le budget mensuel global…
    Les “banlieues” seront bien loin et le père noel pourra veiller de plus près aux parfums, au chapons de Loué et au foie gras. M’ouais, je sais plus trop si c’est l’automne, tout ça. Mais si j’apprenais que Lionel Jospin y allait… je revivrais cette soirée lumineuse comme un soir de mai, un soir de mai où nous avons repensé que tout était possible, que “c’est clair”, baignés dans ce bleu ensoleillé, au Zénith. Bah, ça ne serait pas l’été, ce serait peut être un peu de printemps. J’ai parfois le sentiment que la France rentre dans l’hivers.

  • Week end à Londres

    C’était week end, et c’est formidable comme ça me fait du bien… Fatigué, alors, avant de partir, et fatigué, alors, être revenu.

    Fatigué de la France usée et de son président qui ce soir a ressorti ses lunettes des années 70. J’ai halluciné, tout à l’heure, en l’appercevant à la TV nous faire son discours creux dont il est spécialiste. Patron, y’a l’ feu !
    Attendez, je vais mettre mes lunettes! On parle d’état d’urgence… Je ne sais pas très bien si les gens savent le sens des mot.

    Enfin, bon, dans la France de 2005, plus rien n’est étonnant, pas même le pire président qui l’ai gouverné. Peut être ses lunettes de technocrate pompidolien…

    (bar gay Bar Code, dans Soho, vers 23h30)

    Vous pourrez trouver mon album Londres ici, pour les bars gays où j’ai pris des photos, ou encore là, pour des photos plus variées ou même là pour ici, pour mes éternels autoportraits
    … Fait une rencontre sympa.

    J’en ai marre de faire des rencontres sympas à l’étranger.

    Marre d’être seul à Paris.
    Allez, en me faisant chier dans un bar gay de Soho, j’ai écrit ce qui suit. Je suis content de l’avoir rencontré ce soir là, il tombait à pic.

    (expo Araki, Barbican Gallery)

    Ma vie est jalonnée de petites douleurs /
    Qui viennent me voir de temps en temps /
    Je les connais bien… /
    J’ai appris à les accueillir / Et je les laisse s’exprimer… /
    Ma vie est une montagne de solitude /
    Ou je me suis longtemps caché /
    Aujourd’hui le temps est passé /
    Ces petites douleurs sont loin de moi… /
    Mais mon corp que personne n’étreind /
    Mais mes bras qui ne serrent personne /
    Tout m’ ramène, tout m’y conduit /
    Et je m’y réfugie /
    Je pense à l’un /
    Je pense à l’autre /
    Ma montagne se fait forêt, une forêt où je me cache /
    Arbres, bars, hommes /
    Aucuns noms, une masse… /
    J’isole un corp ici dans ma mémoire, /
    Et mon coeur saigne à n’en plus pouvoir /
    J’isole un corp mais c’est le vide que je ressens /
    C’est ma mémoire qui s’agite /
    J’isole un corp et c’est mon coeur qui souffre /
    Je suis terriblement seul /


    Ben ouais, l’alcool, ça fait tourner les têtes… Mon ami Alain tardait à venir. Je suis content d’avoir fait ma rencontre plus tard, il est vraiment tombé à pic. C’est pour cela que je vous ai glissé sa photo. Je crois que je vais photographier mes amants, maintenant. Et promis, quand je rencontre le bon, j’arrête mes autoportraits, je ne m’entraine que pour lui.
    C’est l’”effet 40 ans” ?

  • Urgence, maturation, réflexion : le piège de l’actualité

    Gigano m’a écrit un commentaire que je vous invite à lire. Il m’a rappelé par la suite pour me dire qu’il n’avait pas lu que mes posts étaient extraits d’échanges sur le site Lejapon.org (on peut saluer, c’est méritoire, la très grande liberté de ton qui règne sur ce site). Cela ne change rien à la valeur des commentaires de Gigano, avec lesquels je partage bien des idées.
    Et ce que m’a inspiré ce commentaire, ou plutôt ce qu’il m’a confirmé, c’est qu’il est de plus en plus dangereux de se laisser dicter ses préoccupations par les médias. J’ai arrêté de poster sur mon blog comme ailleurs justement pour cette raison, j’ai boycotté la TV, j’ai commencé à écouter mes collègues en évitant de participer (ou alors, justement, pour aller dans un autre sens, je m’expliquerai tout à l’heure), bref, j’ai entamé un retour à moi-même, loin de l’actualité et de l’urgence. Ces évènenements ne font finalement que nous rappeler que nous sommes de ce monde, et l’odeur de brûlé qui flottait sur la Capitale ce week end alors que je sortais de chez atomicdog n’en était que la tangible manifestation. Mais finalement, qu’y a t’il de si nouveau à cela ?
    C’est d’abord aux quatre coins du monde, que le monde va mal. Ce n’est pas très nouveau, mais ce qui est nouveau, c’est la retransmission en mondiovision et en direct des conflits, guerres civiles et révolutions. A la peur irrationelle des temps anciens s’est substituée le fantasme de l’encerclement et du débordement. Qu’un juif soit agressé et l’on voit là une importation de l’extrémisme palestinien sur notre territoire. Que des jeunes mettent le feu à des voitures et c’est le tiers monde que l’on voit à nos portes, Algérie, Maroc, Côte d’Ivoire… Qu’un juif insulté réagisse un peu vivement, le voilà immédiatement suspecté d’être un agent du Mossad. Partout, l’actualité nous invite à ressentir notre chétif bonheur ou ce que nous appelons tel menacé par une menace planante, indéfinie, mais venant bien de bordures plus ou moins lointaines, lîmes imaginaires proches -la “banlieue”, les “cités” – ou lointaines -“Pologne” et “Chine” du référendum, “Maghreb”, “Islamisme” et “Poudrière Africaine” dont on sent le flou quand à la distance dès que l’on évoque ces ailleurs de proximité, “bandes ethniques”… Il est d’ailleurs intéressant de constater que cet “imaginaire des lîmes”, pur produit de la société post moderne qui revisite ses fantasmes au gré des modes – la banlieue aujourd’hui décriée a été dans les années 80 sublimée, support de la “figuration libre”, du “rap français” et territoire des “beurettes” qu’exaltaient les Mondinot, Goude, Guerlain et autres Gaultier quand ce n’était pas Kookai ou Touche pas à mon Pote -, cet imaginaire est revendiqué, porté comme identité positive par ceux qui y résident. Un garçon qui s’en sera sorti, aura étudié, trouvé un bon métier et se sera ouvert à la culture classique (entendre : Proust et les Milles et une nuits, Mozart et la musique des cafés du Caire chantée par Aicha Reddouane, Jean Novel et les maisons du Mzab…) sera regardé comme un “intelligent” (entendre, un gars “pas pareil””) dans sa cité d’origine, un beur acculturé par les intellocrates des classes moyennes des grandes villes (et un alibi pour les frileux conservateurs). Je ne caricature pas, on m’a déjà dit que “toi, Suppaiku, c’est pas pareil”, ce qui est une négation totale de mon histoire, de ma vie, de qui je suis. Je suis gay, j’aime la musique ancienne et cela ne m’empêche pas d’avoir grandi dans le 93, d’avoir eu un père Algérien licencié en 1978, ni d’être conscient que dans ma classe, en 2nde, première et terminale, j’étais le seul.
    On agite la peur des cités comme on a agité longtemps la peur du pauvre, car il s’agit de la même peur. La ville a toujours eu peur de ses lîmes, ces bordures floues qui oscilent entre intégration à l’ensemble et lointains territoires qu’elle ne contrôle que partiellement. Le discours lepeniste n’a pas facilité le travail car il a incidieusement distilé l’idée que ces “territoires” “hors de la république”, ces “zones de non droit” sont les avant postes d’un tier monde qui nous envahit irrémédiablement. Là encore, les jeunes de ces villes ont progressivement intériorisé cette vision et la revendiquent, la font leur, et ils la positivent. Leur vision est erronée (cette banlieue, c’est déjà Paris, et ils font parti de Paris), mais leur positivation est humaine : à force de leur dire que leur coin, c’est de la merde, ils sont bien obligés de répondre : et alors ?
    Il est aberrant de ne pas avoir profité du recul démographique des 20 dernières années pour stabiliser les grandes agglomérations urbaines. Par stabiliser, j’entends tenir compte des 50 dernières années puisque les nouvelles lîmes ne seront guère amenées à changer désormais après avoir cru de manière incontrôlée pendant le baby boom et les 30 glorieuses. Agrandir Paris en créant le Grand Paris et en donnant aux communes des 3 départements qui la bordent le statut d’arrondissements, en transformant extérieurs et périphériques en boulevards urbains périphériques comme cela se voit au Japon (ces gigantesques artères sont des lieux idéaux pour des sociétés, des commerces, des quartiers vivants, qu’importe s’ils sont bruyants), en creusant des boulevards et de grandes avenues qui désenclavent ces quartiers bref, en engageant la suite des grands travaux que Haussmann entrepris au 19ème siècle pour agréger les anciennes lîmes, ces faubourgs qui faisaient tant peur aux bourgeois, mais qui étaient aussi des repères d’insalubrité (lire Balzac, Rousseau, Restif de la Bretonne…), d’épidémies endémiques, de grande pauvreté, de prostitution et d’insécurité récurente.
    Alors j’en viens à Azzouz Beggag. Oui, Gigano, tu as raison. Beggag n’est pas à la droite au sujet de l’intégration ce que Françoise giroux fut à la droite au sujet du droit des femmes. Françoise Giroux a bougé des lignes, à initié avec Simone Vieil le droit à l’avortement, a fait avancer les premiers textes sur l’égalité professionels puis, déçue car peu aidée, à quitté Giscard et a soutenu Mittérand en 1981. Beggag en ce moment préfère dégueuler sur les socialistes et joue le bon immigré qui a bien travaillé à l’école; l’écrivain sensible et le sociologue de talent joue les “bonnes volontés” dans un pays qui ne reconnait toujours pas le million de mort Algériens de la guerre d’indépendance.
    On a beaucoup critique Jospin au sujet de ses déclarations au sujet de l’esclavage. Eh bien, j’en ai été scandalisé, notamment quand ces condamnations venaient de la gauche “morale”. Oui, c’est la gauche, qui a aboli l’esclavage, en 1793 et en 1848. Oui, c’est la gauche qui a porté la décolonisation; Mendes-France, Rocard et le PSU, Martinet et France Observateur, Servan-Schreber, tous étaient taxés d’anti France par une droite revancharde qui en voulait à Mendès d’avoir bradé le Vietnam après Dien Bien Fu. Oui, c’est la gauche qui a défendu le droit des femmes. Marie Curie fut la première femme à entrer dans un gouvernement, celui de Léon Blum, que la droite appelait d’ailleurs “le juif Blum”. Oui, la droite a préféré Hitler au Front Populaire.
    Beggag peut critiquer l’inaction des socialistes, mais alors il a la mémoire qui flanche. C’est la gauche qui, dès 1982, a initié une politique de la ville pour transformer des terrain vagues parsemés de barres en ensembles urbains avec des équipements, pour aider un tissus associatif qui vivotait et qu’elle a propulsé au rang d’acteur essentiel avant que la droite, à partir de 2002, ne lui coupe les crédits et ne supprime les emplois jeunes qui lui avait, en plus, donné de réels moyens. Le bilan est certe à discuter, il a pour le moins d’être conséquent. La droite sur ce terrain répond aux abonnés absents. Quand par hazard c’est un élu local que l’on nous cite en exemple, encore faut il rappeler que ses moyens, l’élu local les doit aux lois de décentralisation que la droite a critiqué et n’a pas voté, en accusant Gaston Deferre de vouloir diviser la France.
    Je salue l’entrée d’un intellectuel comme beggag dans ce gouvernement. Mais il est avant tout pour moi un homme de droite, et rien d’autre.
    A ce titre, je pointe ses gesticulations d’assistante morale, ses gérémiades sur les “14 ans de socialismes”. Il est un nouveau genre de Malreau. Une merde politique à la réputation de talent. Mais le talent n’est pas le génie, comme l’écrivait Balzac. Il faudra un jour me montrer en quoi Malreau a un bilan de minis… euh, secrétaire d’état, avec son budget à 0.1%. Le bilan reste du côté de Jack Lang, à la tête d’un grand ministère doté dès 1982 de près de 1% du budget de l’état.
    Je constate à quel point Beggag n’est qu’un alibi à une politique qui consiste à couper les budgets sociaux, faciliter les licenciements, déréglementer la sécurité sociale, à une politique dont les effets seront particulièrement sensibles précisemment dans ces quartiers difficles. Et dont on ne mesure aujourd’hui que les prémices.
    Revenons à “nos” “émeutes”. J’ai entendu des choses qui me font extrèmement peur, et qui méritent réflexion. Certains ont prôné des lois d’exception. Le gouvernement décrète la possibilité de couvre-feu. Doit on suspendre des libertés publiques pour quelques incendies ? Je pense qu’il serait sage de poser la question en ces termes. La liberté est un bien précieux que le monde nous envie. Doit on s’en séparer ?
    Je trouve étonnant que des incendies suscitent l’indignation, quand la situation de précarité, avec ses vols et son lot d’insécurité, est le lot de beaucoup d’endroits dans un silence total, depuis de nombreuses années. Des filles sont régulièrement dans un silence total, avec l’indifférence de la police. Aucune structure d’accueil, aucun crédit affecté à la protection des mineurs que l’on va envoyer se faire violer/marier dans un pays qui n’est pas le leur. Le droit à l’avortement en France n’est pas garanti puisque des commandots font régulièrement pression sur les derniers médecins qui le pratiquent, les membres de ces commandots étant constament relaxés par les tribunaux sensés les juger. Les agriculteurs sont en moyenne responsables de bien plus d’incendies que lors des 10 derniers jours dans une indifférence totale (le Parlement de Bretagne, entièrement dévasté, les préfectures assiégées…). Les chasseurs chaque année ouvrent le feu sur des espèces menacées, enfraignant des traités et lois internationale que la France a pourtant ratifié, et menancent physiquement les personnes qui s’interposent, forces de l’ordre comprises, sans qu’il n’y ait d’interpellation…
    Ce que cette “folie médiatique” m’a rappelé au sujet de ces troubles, c’est à quel point le traitement peut être différent dès qu’il s’agit de s’en prendre aux biens matériels.
    Ce qui est à souhaiter au sujet de ces incidents, c’est qu’on regarde d’abord que si dans beaucoup d’endroit le calme est revenu, c’est parce que les habitants ont repris les choses en main : occupation des espaces publiques, visites en porte à porte. Toutes origines confondues. Ces personnes ont fait vivre leur espace civique. J’y vois là une force pour les années à venir : ces villes sont des villes et non des ghettos, même si s’y vit d’abord le chômage et la précarité. Leurs habitants sont des citoyens acteurs de leur espace social et politique. Il faudra leur donner le droit de vote.
    J’espère ensuite qu’on privilégiera les intermédiations au niveau local. Il est préférable qu’un enfant qui traine à 11heures du soir soit ramené à la maison par un voisin que par un policier. Mais ledit voisin ne devra pas hésiter non plus à conduire un délinquant au commissariat. C’est pour cette raison qu’il ne faut pas durcir les lois. Montesquieu (Esprit des lois) rappelait que dans une démocratie, une loi doit être douce pour être applicable, car chacun est sensé la faire appliquer. Il faudra en revanche, et nous avons les brillants psychologues, sociologues et spécialistes de l’adolescence pour y contribuer, réfléchir à la création d’une politique de ressocialisation qui pourra passer par la création d’internats d’un nouveau genre, par exemple. On a beaucoup de travail à ébaucher, et peut être faut il étudier notre vieille Europe comme un pays défait par 30 années de restructurations économiques auquel il faut insufler une énergie au moins aussi forte que celle qui guida le Conseil National de la Résistance. La droite va continuer son travail de casse. La gauche à bout de soufle continue de refuser tout changement, refuse tout mouvement. Le seul espoir est de mettre en commun des savoirs pour élaborer dès aujourd’hui les possibles de demain. Pas un de ces trucs à 2 balles que les analphabètes de la politique appellent “vrai gauche”, “gauche de la gauche”. Non. Simplement une direction, une piste pour la social démocratie, pour répondre à des questions essentielles : comment réaliser la démocratie ? Comment établir l’égalité devant le savoir ? Comment établir l’égalité devant la maladie et devant la mort ? Avec pour postulat de base élémentaire, qu’il n’y a pas d’égalité possible sans liberté, que la liberté ne se divise pas, et qu’il ne peut y avoir de liberté sans connaissance ni esprit critique.
    Après trois jours de repos médiatique, je suis contre le couvre feu. J’accuse ce gouvernement d’être le premier casseur de France en cassant, en direct et sous nos yeux Autoroutes de France, Electricité de France. En ayant arrêté depuis le 1er juillet le financement de la RATP sans transfert de crédit à la région. En pointant du doigt les travailleurs clandestins sans réclamer les dizaines de milliard d’Euros que les grandes entreprises (souvent privatisées à des copains) ne paient pas chaque année. Ce gouvernement a les résultats qu’il mérite, et on pourrait même se demander s’il ne les souhaite pas, tant ces troubles justifient sa politique répressive et finalement, ne gène aucun possédant puisque ce sont les pauvres qui s’en prennent aux pauvres…
    J’accuse la gauche d’avoir renoncé au militantisme. D’avoir découragé les citoyens à s’engager en résumant la politique à du carriérisme, à des batailles d’appareil dominés principalement par de jeunes blanc bec sortis des grandes écoles et/ou protégés d’élus eux même cooptés. De se contenter d’une pensée moyenne ou “alter quelque chose” et d’avoir constamment refusé depuis vingt ans toute idée poil à gratter (les 32 heures, l’autonomie comme principe de transformation sociale, l’Europe Fédérale…).
    Ces jeunes exités se sont engouffrés dans les brèches béante d’une société qui résume son horizon à un Loft, une Star Ac et des coupures pub, qui confie la socialisation et la citoyenneté à une équipe de foot “black blanc beur”, qui voit de l’éducation dans un panneau de basket, et qui dans un grand nombre de domaines affiche le spectacle du clientélisme et de la corruption des “entrepreneurs” avec les politiques, des juges dessaisis et des affaires classées. Ces jeunes méritent d’être arrêtés, jugés, punis.
    Jacques Chirac aussi. Il ne vaut pas mieux qu’eux. Il vaut pire.

  • Je me suis dit…

    (Par honnêteté, je vais laisser ce billet, avec lequel je ne suis plus vraiment d’accord car à cette époque, habitant en France et soumis aux forces contradictoires que le discours fermé imposait, je ne voyais les évènements qu’à travers le prisme de ce même discours. Si je reste persuadé qu’il faut être strict avec des jeunes qui deviennent délinquant, et qu’il faut leur dire, et que c’est bon pour eux, la “lecture religieuse” qui est une constante de la société française depuis les années 2000 est complètement à côté de la plaque. Un délinquant est un délinquant quelque soit sa religion, point barre. Je donne ainsi dans des clichés à 2 balles, même si dans le fond, je ne remets pas en cause mon adhésion à un libéralisme politique qui aujourd’hui, en totale opposition à ce que j’écrivais alors, me conduit à reconnaitre une totale liberté de pratique religieuse.
    A ma décharge, j’ai grandi avec un père musulman pratiquant, d’une famille religieuse, mais également pan-arabiste, profondément réfractaire à l’idée d’utilisation de la religion à des fins politiques, plutôt nasseriste et pro-palestinien, et totalement anti-saoudien. C’est sous cette angle que j’ai commencé à forger ma réaction face à la monté des pratiques religieuses. J’ai progressivement, loin du Japon, et beaucoup plus imprégné de culture américaine de gauche, évolué vers une position plus “libérale”. Enfin, l’influence de lectures variées m’a conduit à m’interroger sur l’utilisation qui est faite de notre propre “intégration” à un modèle de société qui en réalité s’est, depuis le 19ème siècle et par le biais de la colonisation puis de l’immigration, construit sans nous, voire même contre nous.
    Je n’écrirais plus du tout ce billet de cette façon, notamment car j’y fais l’impasse sur les violences de la police qui ont joué un rôle dans ces émeutes, même si je suis également conscient que pour beaucoup de jeunes, ces émeutes étaient aussi une sorte de carnaval, une sorte de fête qui permettait de passer à la télévision…
    Je le laisse car il montre ici une rupture profonde entre mon adhésion à la vieille gauche française, vers une gauche “liberal” et démocratique, totalement débarrassée du carcan républicain jacobin et tournée vers une réelle remise en cause du substrat colonial qui structure encore la société française).

    Je me suis dis que je pouvais partager ici un post que j’ai posté ce jour sur le site Lejapon.org, dans l’izakaya, au sujet des “émeutes” des cités…
    Je reviendrai ultérieurement.
    “Je suis d’origine Algérienne, donc avec un père musulman. Pratiquant, de famille maraboutique (c’est dans ma famille que sont les “cheikhs” de mon village depuis 1 300 ans…). J’ai grandi en banlieue. Mon père était ouvrier et a perdu son emploi en 1978, on est alors devenu très pauvre… Ma mère, provinciale de l’ouest de la France, a fait des ménages dans sa jeunesse, elle a repris au moment où mon père, licencié, ne retrouvait pas de travail -trop agé.
    J’ai grandi à partir de 8 ans dans une cité, à Bondy (93). Quand on s’y est installé, le premier dimanche, je suis allé jouer dehors avec mon frère, comme on avait l’habitude de le faire dans le vieux quartier de Epinay sur Seine où nous étions auparavant. Il y a une une bagarre, mon père est descendu nous chercher. A partir de là, nous n’avons plus eu le droit de sortir jouer après l’école, et nous avons reçu l’ordre de rentrer directement. Nos mercredis, c’était jouer à la maison, regarder la TV. Les rares fois où nous avons désobei, ce fut la paire de gifles, et privé de TV après les devoirs.
    C’est que mon père tenait à ce que nous étudions : c’était le seul moyen de réussir, à ses yeux. Je crois que cet objectif de leur éducation a été ce qui les a le plus soudés dans les temps difficile de notre famille pauvre.

    Je suis gré à des personnes comme Skydiver de rappeler que c’est dans ces quartiers difficiles que l’on souffre en premier chef de ces affrontements. Les étrangers, les pauvres ne sont pas des délinquants, et beaucoup parmi ceux de ma génération, malgré le racisme, malgré des conditions de vie difficiles (je vous recommande les romans de notre ministre à l’intégration Azzouz Beggag, qui a grandi dans un bidonville de Villeurbanne), ont réussi leur vie, travaillent, créent, sont chefs d’entreprise, artistes, stewards…

    Je ne parlerai donc au nom de personne, mais ce que j’ai par hazard aperçu à la TV hier soir m’a tétanisé. Violence urbaine, discours démagogue d’empapaoutés de classes moyennes patentés et certifiés présentateurs de journal TV (le “désarroi des banlieues”), discours largués de politiques qui ne voient que traitement social et/ou répression car ils sont incapables d’envisager un taux de croissance supérieur à 4%, d’imaginer une dynamique de créations d’entreprises et de richesses, d’avoir le courage de dire que ces jeunes qui cassent sont des malfrats qui terrorisent les populations en se cachant derrières des discours d’assistantes sociales à 2 balles qui ferment les yeux sur les familles dont les enfants cassent, volent, se battent et battent les autres (elles ont peur de se faire casser la figure elles mêmes, et puis de toute façon, elles sont généralement profondément incompétentes et relativement illétrées -ronds sur les i, fautes d’orthographes, pauvreté du vocabulaire et niveau Françoise Dolto vulgarisé par Télé-Loisir) et puis d’un coup décident qu’il faut retirer la garde des enfants à une famille laborieuse qui a du mal à s’en sortir en restant honnète (du vécu, une assistante sociale s’était immicée dans notre famille sous prétexte qu’on n’avait pas assez d’argent et que, peut être, un placement…).

    Mais ce qui m’a le plus révolté est ailleurs. Ce sont les pseudo-imams. Mon père était musulman. Et alors. De quel droit on m’amalgame, et tous ceux qui sont d’origine du Maghreb, à une religion ? La force de l’Etat, en France, ça a toujours été d’affirmer son existance indépendamment des Eglises. Louis 16 a t’il demandé aux prètres de précher le rétablissement de l’ordre après les journées de juin et juillet 1789 ? Cela veut il dire que désormais, l’état choisi les imams à la liberté des jeunes filles dont les parents volent le passeport pour les marier/vendre/offrir en viol à un époux qu’elles ne connaissent pas ? Plus que les émeutes, c’est la négation de l’individu citoyen et qui se construit par sa culture (pas celle de ses aieux, celle de sa curiosité et de ses connaissances), par ses actes et par ses choix, cet individu libre qui a fait la force de l’idée Française. Nous ne sommes pas ensembles Français par le sang, mais parce que nous aimons cette idée, la Liberté de nous choisir notre destin, et que nous nomons la France. Je ne suis pas gaulliste du tout, mais j’ai une certaine idée de la France, car la France est avant tout une grande idée.

    La rabaisser au niveau des imams pour quelques centaines de voitures montre bien le délabrement moral des élites.
    En cela, j’ai peur : on va encore plus amalgamer cité / délinquence / islam. On va devenir quoi, les gens comme nous, dans ce pays ? Elle va être où, notre place ? Vais-je avoir une place pour dire que j’aime le 18ème siècle français, les Lumières et Kant, que je suis homosexuel, athée, et que ça ne m’empêche pas d’avoir eu des parents pauvres, d’avoir vécu dans une cité du 93, d’avoir eu un père musulman pratiquant que je respecte sans partager ni la nationalité ni la religion ?

    La France me fait penser à la Grande Bretagne du début des années 80, très bien racontée par Hanif Kureishi dans son livre Bouddha de banlieue (ed. C. Bourgois / réédité 10/18). Emeutes, chômage, droite bornée, gauche démagogue, patronat incapable et revanchard, esprit rentier des classe moyennes. Un pays fatigué.
    Ca me donne vraiment des idées d’exil… Je suis trop vieux pour attendre que ça aille mieux, que je me dis.”
    Voilà, merci de m’avoir lu.
    Suppaiku.

  • 久しぶりね....Ca fait un moment, hein ?!?….

    (une fenètre dans la salle d’attente)

    Hier, j’ai retrouvé mon médecin, tout va extrèmement bien, même s’il lui tarde que ma charge virale ne devienne “indétectable”, ce qui ne saurait tarder.

    Entre les cours et mon travail, les temps de transport de l’un à l’autre, je n’ai pas encore trouvé trop de temps pour écrire sur ce blog. Toutes mes excuses. C’est qu’il faut préparer ses cours, à l’INALCO pour que ce soit vraiment rentable. Les cours sont plus le support d’explications utiles liées à des incertitudes après que l’on ait avancé, seul, dans chaque matière, que des cours proprement dit. Pour résumer, il ne sert à rien de courir derrière, là, on est déjà largué. Il faut foncer devant, refaire son chemin, le baliser, tâcher de s’y reconnaître, réavancer puis, le jours du cours, retourner en arrière et demander au professeur s’il peut faire la lumière sur telle ou telle zone encore restée dans l’ombre.

    Ce matin, fatigue oblige, je ne vais pas à un cours de rattrappage JAP201 (le professeur avait manqué la semaine dernière). Je serais tenté de dire que je sèche, mais en fait, c’est le produit d’une décision mûrement réfléchie.
    Je vais simplement travailler seul, et concernant ce cours, ce n’est pas fondamental d’assister à chaque cours. Je confronterai simplement le résultat de mon travail avec la correction fournie en classe.
    Mais là, sorry, trop crevé.

    (A côté de l’Inalco, le soir)

    Autre “effet inalco”, le retour de mon “japonais” à des phrases simple, d’un niveau élémentaire. Non que je ne sache imbriquer des propositions les unes après les autres, mais il me semble extrèmement clair que le résultat obtenu n’est pas très japonais, et que j’y glisse des fautes aussi grosses que moi. Je vais en cours pour mieux saisir les liens, les enchaînements, la logique de cette langue. Bref, je dois me résigner à une très grande modestie dans mes constructions.
    J’aurai tout le loisir d’avancer et de non plus “expérimenter” comme je le fais souvent, mais appliquer. Ce qui est bien plus intéressant.
    Je découvre que mon inquiétude au sujet du cours d’écriture et de vocabulaire n’est absoluement pas fondée, et que je devrais être en mesure de me présenter au partiel de janvier pourvu que je travaille assiduement.

    J’ai retrouver un camarade de cours d’il y a 2 ans, et je mesure comme j’ai changé profondément (ou plutôt comme j’ai fait émerger du fond de moi même une personnalité ensevelie longtemps sous des contradictions et une “certaine idée de moi-même” pour résumer très schématiquement). Finalement, j’ai cru un temps qu’arrêter le japonais avait été un échec.
    Mais le seul fait d’avoir un jour dit à mon ami Carlos que j’abandonnais m’a ouvert les yeux : je n’avais en effet jamais penser abandonner, j’avais arrêté.
    Parce qu’il le fallait, parce qu’il me fallait me remettre en ordre en dedans afin de m’y retrouver, de ne pas m’égarer. Comme s’égare, ce me semble mais peut être je me trompe, ce garçon qui patine sur sa deuxième année et résume sa difficulté en japonais à tel point de grammaire précis qu’il serait en train d’assimiller.

    En trois ans, il serait temps, et je ne pourrais que l’inviter à tenter de lire tel ou tel roman japonais pour comprendre que cette langue, comme toute autre d’ailleurs, comprend des subtilités qui vont au delà de la base ren-yô ou du volutif.
    Moi, je me contente de bosser mes cours, constatant ma très grande ignorance et espérant secrètement – mince, ce n’est plus un secret ! – avoir la meilleurs note de l’INALCO pour chaque examen que je passerai brillament. Comme tout le monde le constate, l’INALCO, ce n’est pas une question de “niveau”, c’est une question de travail. Le niveau, je crois qu’on le découvre plus tard, en licence ou en maîtrise, voire au Japon : en situation, quand il faut traduire ou parler, s’expliquer, argumenter. Mais comment parler de niveau quand, justement, à ce niveau, il s’agit encore d’un vaste mécano dont on nous a montré les pièces, les outils (1ère année) et dont on nous fournis des plans et quelques réalisations (2ème année).

    Dans mon cours de conversation, il y a un garçon dont je ne saurais sans difficulté décrire la situation tant je suis partager entre admiration et scepticisme. Il travaille seul le japonais depuis 1 an et demi et prépare le JPLT1 ! Il n’est encore jamais allé au Japon, mais veut pouvoir entrer dans une de ses universités. Je suis sceptique, clair, net et précis car le 日本語能力試験1級 n’est pas facile.
    Pas tant à cause des kanjis ou de la grammaire, mais également du fait du nombre de pièges qui s’y glissent, subtilités que seuls des étudiants de longue date et / ayant habité au Japon peuvent saisir. Particulièrement dans l’examen oral. Mais bon, ce n’est pas bien de critiquer et je trouve ce genre d’enthousiasme raffraichissant : il a raison de tenter ça, et s’il ne réussit pas -ce que je ne lui souhaite pas-, je serai le premier à lui conseiller d’urgence le Working Holliday là bas, histoire de pratiquer au plus vite ce qu’il apprend seul pour retenter -et réussir- dans un an. J’adore les bucheurs fous et enthousiastes, celui là est donc encore “pire” que notre “Adrien” qui buchais chaque jours jusque trois heures du matin et sautait sur tous les Japonais qu’il croisait dans les rues pour pratiquer ! Bref, à Alexandre, がんばれ!
    Bon ben sinon, je n’ai pas grand chose à écrire, mes journées sont partagées entre le travail le jour, le métro, puis les cours, le métro.
    Un dorama de temps en temps (en ce moment, 東京ラーブストリーm’entraîne dans le Tôkyô de l’immédiat après bulle, vers 1991, qu’est ce que les looks, encore très “post 80” ont changé depuis, pas un seul décoloré, pas un seul ジャニ計 (cf le groupe Seishun, Arashi : janikei vient du label “Johnny’s enternainment”, le producteur étant une sorte de Tsunku (producteur de Morning Musume), mais spécialisé, lui, dans les boys bands avec garçons fins, cheveux mi-longs décolorés qui passent sur le visage et des looks androgynes).
    L’histoire est sympa, je constate que la fin des années 90 a été propice à un changement très profond dans la structure même du dorama, mais je ne parvient pas à saisir encore où est la différence. Ainsi, Tôkyô love story se rapproche très nettement de Love Generation (automne 1997) ou de Long Vacation (printemps 1996), et pourtant, LoveGé est un dorama de nouvelle génération côté acteurs. Je ne crois pas non plus que ce soit la thématique “amour de jeunesse mal vieillies/nostalgie” qui fasse la similitude entre Love Gé et Tôkyô love story car Orange Days, sur la même thématique est extraordinairement différent. C’est plutôt les personnages eux même qui ont changés, comme si les Japonais des doramas aujourd’hui étaient plus “relax” que ceux d’il y a 15 ans. Comme ils sont coincés, en effet, et ce n’est pas un truc côté sex (le 3ème épisode de Tôkyô s’achève sur une invitation à coucher), non, ce sont les attitudes elles mêmes. J’ai presque l’impression que vulgarités et insultes, dans le doramas, n’étaient réservées qu’aux yakuzas, et que cette hypocrisie a volé en éclat dans les doramas des années 90/2000. Est ce que je me trompe ?
    Bon, je vous laisse là, alors que le beau temps continue dans Paris, avec des températures supérieures à 20°.

  • ビールを飲もう! Buvons de la bière !

    Pour la première fois de ma vie, je crois -mais en suis-je si sûr ?- j’écris sur mon blog après avoir bu 2 pintes au Open Café, puis mangé Oden à Kunitoraya. Bref, je ne sais pas si je suis très clair…
    C’est pas grave, disait Toshiko, généreusement.
    J’ai commencé ma journée vers 9 heures en mangeant, comme chaque samedi, une baguette avec du beurre et de la confiture. Et comme toujours, en oubliant mes médicaments. Je ne les ai pris que vers 10 heures trente. Pas trop grave, mais cela donne une idée de cette sensation de bonheur que j’ai ressenti au Japon, vers Shinjuku, après avoir quitté l’ami Maruchan, pour la première fois. Salut Maru ! Je suis content, de t’associer ainsi à une idée de bonheur. Qui ne me quitte plus. ^^

    Fond sonore, 浜崎あゆみ。Fairyland. Je m’en fout, c’est ce qui m’a réveillé de ma nuit étrange dans un sauna, au Japon, et puis comme elle était partout, alors… C’est sûr qu’Ayu, c’est EXTREMENT mauvais, mais personne ne peut imaginer que c’est dans le coeur de sa “musique” que je trouve ce qu’il manque le plus du Japon. Le bruit, les voix des caissières, cette obsession du look des filles d’Osaka, leurs pompes pointues et leurs copain lookés ジョンケイ.(Naoko t’expliquera Johnkei).

    J’ai fainéanté après ma baguette et regardé ブラーサビット/Brother Beat(第一と二話/をダウンロードしました).(面白かった!かっこい男性...な♪ ^^ ごめん...酒度と思う!).
    J’ai retrouvé Yoshinobu comme chaque Samedi. J’ai enfin appris du vocabulaire concernant mon タイプ!(フランス語で、タイプと言う事じゃないけど、よしのぶと言う会話有人が教えてくれたんだ)。私のタイプは切れ長い一重の目の男性だ.子供の時にかずおふなきと言う人の写真を視ていろいろ考えて、私のタイプをなりました.お兄さんはそのタイプですか?)(-_-‘? (J’ai découvert cette photo qui m’a impressionné dans mon enfance dans l’un de mes livres préférés, L’Empire des signes, de Roland Barthe, qui m’a véritablement boulversé, et dans l’enfance, et dans l’adolescence, car ce n’est pas ce genre de livre crétin sur le Japon, mais un livre intéressant sur un “autre part” qui se déchiffre par des signes, à définir, en construction, que l’on peut appeler “Japon”, bref, l’un dernier témoignages du structuralisme avant qu’il ne devienne un dogme, à l’époque où il n’était que construction).
    Après avoir quitté Yoshinobu, je suis allé dans un bar Gay, parce que je souhaite respecter mes propres résolutions. Savoir, trouver le bonheur où il se trouve. J’y ai croisé un très beau garçon qui a décidé d’ignorer mes regards, volontairement, puisqu’il m’a regardé. Tant pis. Je suis sorti après 2 bières, et puis je l’ai recroisé dans les rues, mais s’il m’a regardé très fixement, il ne s’est pas retourné, comme je l’ai fait. Maintenant, oui, je me retourne sur les mecs qui me plaisent. Bref, si je le recroise une autre fois, je lui cause direct. Je m’en tape. Mais je lui dirai aussi, direct, que je ne tiens pas à sortir avec avec lui !

     J’ai continué ma ballade, J’avais envie de manger Oden. J’aurai bien invité le dulciné, mais bon…関係ない!
    だから一人で店に行って、おでんを食べました.
    C’était excellent, comme toujours, chez Kunitoraya (rue Sainte Anne, Paris 75001). Je suis rentré et je me suis acheté quelques bières. J’écris ce journal, et j’ai décidé d’aller dans un bordel, à Paris.
    Qu’est-ce qu’un bordel. Ben déjà, il faut préciser qu’à Paris, nous avons le plus grand d’Europe, et que c’est là où je vais aller. Oh, c’est pas un endroit méchant, je pense même qu’en la matière les pays nordiques nous battent à plate couture. Mais en gros, ce que j’appelle un bordel, le Dépôt pour ne pas le nommer, c’est un endroit où il y a un backroom. Paris gagne haut la main le shanpionship, en la matière. Une pièce sombre, où ça tripotte, où ça baise. Ou ça suce, où ça râle, etc… Ca fait un baille que j’ai pas mis les pieds dans ce genre d’endroit. L’originalité du Dépôt : plusieurs backrooms, 2 pistes de danse, trois bars, etc… C’est pas très propre (on est en France) mais c’est très grand.

    C’est dans ce genre d’endoit, très grand, où on est pas obligé d’aller dans un endroit sombre, que j’ai rencontré Nobu. C’est pas le paradis, mais ce n’est pas l’enfer.
    J’ai décidé d’y aller pour boire, pour sortir, parce que c’est à côté de chez moi, parce que c’est le genre d’endroit qu’un mec comme moi peut fréquenter éventuellement. Parce qu’à Paris, je vois pas où on peut aller, on est devenu une ville nulle, dominée par les bordels, alors… (vivement mon passage à Londres, mi novembre).(Le reste, c’est dans la tête, si on s’aime ou pas… Je peux aller au Dépôt, je reste profondément ethno dans ma tête, bref, les autres font ce qu’ils veulent, moi… si je baise je baise, mais cela n’est qu’un jeu. En Japonais, on dit facilement 遊ぶà propos du sexe, et franchement je ne le vois que comme ça… Les autres, je m’en tape! Si je ne dois rien faire, je m’en tape, si je rencontre quelq’un, mes poches sont, forcément, pleines de capotes. C’EST COMME CA QUE JE RESTE BEAU. L’endroit est nul, mais Bouddha ignore la fange et se baigne au milieu des Lotus…

    Parmi mes projets pour le Japon, il y a la réalisation d’une pub VIH. En vidéo. J’ai l’air de rien, mais je me fais des copains. Les gay français qui vivent au Japon sont tellement nuls… Enfin, pas tous, mais comme la plupart n’ont pas vraiment choisi la destination… Moi, je suis le French Lover d’un certain âge, qui chante enka sans difficulté, bien habillé, avec un léger accent. C’est classe, non ?

    Nota: Je ne suis pas allé au Dépôt. J’ai préféré me promener, prendre un verre… Pratique, je profite ainsi du très beau temps qui domine ce matin la capitale. J’ai beaucoup de travail devant moi : bonne journée.

  • ブログの新しいスタイルが好きですか?


    ブログのスタイルを変えた.どう思う?読みやすい?デザインは良い? (写真はよしのぶと言う日本語会話友人からもらったお土産のケーキだ)
    J’ai refait quelques changements, qu’en pensez-vous ? C’est facile à lire ? Le design est ok ? (en photo, un gateau “souvenir” que m’a offert mon ami de conversation japonaise, Yoshinobu)
    パリから、スッパイク
    de Paris, Suppaiku

  • J’ai pas encore pris le rythme…

    J’ai pas encore pris le rythme, ou, pour être plus exacte, je n’ai pas encore pris la mesure du rythme. Cela
    étant, j’ai revu mes cours, peu mais consciencieusement, travaillé 10 kanjis très sérieusement. J’ai compris que le week end, je ne peux plus me permettre de sortir trop tard sous peine d’être trop fatigué. Résultat, difficile de travailler tard dans la semaine. Côté bilan, ça a été dur de me re-présenter ainsi devant Mr Niwa ou Mme Kouame, ou même devant Mr Brotons, mais c’est fait, et c’est classé, je l’ai fait. L’humiliation est un sentiment personnel, qui ne concerne bien souvent que soi même. Les enseignants, qu’ont ils à faire d’un Suppaiku qui arrête en début de 2ème année et qui revient 2 ans plus tard, hein? Bref, il ne faut jamais avoir peur de ses propres fantasmes. Il faut juste savoir que ça aide, de les (re)connaître. J’ai une idée de ce que je dois faire dans les semaines qui viennent, reste à le faire. Comme mon régime, il suffit de commencer.
    J’aime la langue japonaise. J’aime le Japon. J’aime être au Japon. Noriyuki m’envoie des photos de Kyôto, il est, dit il dans son dernier mail, “ravi d’avoir un ami à Paris”. Moi de même, à Kyôto. Samedi dernier, en revenant d’une soirée chez Stéphane -arrosée, j’avais acheté le magnum-punition suite au pari perdu “je n’irais pas à Tôkyô” ! -, alors que j’approchais de chez moi, je vois deux lascars un peu éméchés, je me dis, je traverse c’est plus prudent. Un grand black et un autre gars à casquette. Je marche, et alors je vois les 2 gars en questions en train de s’embrouiller à la sortie d’une discothèque au niveau du 31 bis, bd Saint Martin (club ACE ?). Je m’arrête, et il me semble que le ton monte. Voilà qu’un, puis 2 vigiles sortent de la discothèque, puis un homme d’un certain âge aux cheveux blancs en costume qui va observer de loin. Les deux vigiles s’enervent. La suite est un lynchage comme je n’en avais jamais vu de ma vie, ou peut être dans des reportages sur les lynchages de noirs au début des années 60, aux USA. Un des 2 gars -celui à casquette, assez petit, “blanc”-, s’est fait latter le ventre au rythme de 2 coup par secondes, puis la tête, alors qu’il était au sol. Le grand “noir” s’est fait tabasser le ventre de coups de poings avant qu’un des vigiles ne l’attrappe par le dos et lui fasse un truc à la “Street Fighter” : il l’attrappe par le dos puis le jette au sol, le gars aurait pu se casser le fémure facilement. Le black se dégage et cours, grace à un des témoins de l’altercation qui attrape le vigile. L’autre gars reste au sol, moi, je fais le 15.
    Je m’en veux de n’avoir pas photographié, envoyé à Libé ou autre, même à la police. Le patron me voit, me menace, je bafouille ce que j’ai vu au 15. Alors un troisème vigile sort et menace le gars au sol, le relève. Le patron se joint, par moments me regarde. J’ai peur. Je n’ose pas traverser. Quand les pomiers arrivent, je vais les voir, mais le gars à casquette n’est plus là, il est parti en titubant. J’ai fini par quitter les lieux. Au passage, avant que les pompiers n’arrivent, les 2 vigiles quittent la disccothèque en tenant de petits sacs noirs à la main : je préfère ne pas savoir ce que ce genre de sac contient… Ces 2 types auraient travaillé pour le FN que ça ne m’aurait pas étonné… Vous voyez le look. Les pompiers ne m’ont demandé ni mon nom, ni aucun contact. Le patron a affirmé que c’était des clients qui se sont battus entre eux.
    Je suis dégouté. Je voulais vous écrire cela le 17 octobre, parce que je me disais que côté date, ça collait bien, un lynchage.
    m(_ _)m ごめんなさい.何でも出来なかった柄です。
    Lundi soir, mardi soir, donc, c’était INALCO. Mercredi soir, j’ai étudié 2 bonnes heures. Hier, je me suis contenté de relire des cours dans le métro. Hier soir, je me suis couché de bonne heure. Je suis également allé chercher mes résultats d’analyse médicale : 650 T4 et quelques, 58 copies. Pour mémo, je viens de 290 T4 (anticorps visés par le VIH) et de environ 50/60 000 copies. Ma composition sanguine est nicquel et surtout mon nouveau régime me permet d’avoir de bons résultats graisse et sucres. Bref, ce que je ressens, tonus, vitalité, se confirme dans mes analyses. Juste un peu anémié, j’attribue au végétarisme. Va falloir que je m’attache à mieux assimiler le fer.
    Ce week end, c’est étude-étude-étude.
    J’ai donc aussi reçu un mail de Noriyuki, l’un de la “bande” avec qui je me suis torché en chantant karaoké le dernier soir. Ca me fait plaisir.
    J’ai également été recontacté par Vincent, mon ancien chef au Middle à Paris, il y a 2/3 ans. Sympa. On a déjeuné ensemble. Je trouve ça génial, reprendre contact avec des gens que je connais. A 40 ans, hein, on peut avoir échappé à la vie de con, casanière.
    Il ne me manque qu’un seul truc…
    L’an prochain, solitaire, je contacterai qui il faut pour aller travailler où il faut. En attendant, je prépare le diplôme qu’il me faut. Comme toujours, la troisième fois sera la bonne. Je n’en doute pas une seconde… Bref, étude, étude, étude, étude, …

  • Allez, vite, en cours !


    J’AI PLUS LE TEMPS D’ECRIRE SUR MON BLOG…. BUUUUUUUUUUU………………..ここに書きたいのですがもし時間がなくなかったら、どうしょうかな...昨日、大学に行って。。。ウワー。フランス語で続いても良いですか?
    パリから
    スッパイク

    Hier, après le travail, j’ai couru à la fac. JAP200 avec un prof tout petit tout maîgre tout Japonais Mr Nishio, puis cours avec le beau (et toujours très sexy) monsieur Niwa et enfin, cours avec Mlle Kawakami, amusante professeur de conversation. Quitté la fac à 21 heures trente. Comme le matin avait commencé par ma prise de sang trimestrielle… Ce matin, j’ai retrouvé Mr Brotons pour le cours de lecture JAP205. Et là je suis au travail.
    Désolé de n’être plus prolixe. Je suis au travail, je serai plus éloquent demain, en français, et avec tout plein d’erreur, en japonais.
    De Paris,
    Suppaiku