Catégorie : le Blog de Suppaiku, Tôkyô

Journal d’un Solitaire Sociable et Moderne de Paris et Londres à Tôkyô et …

  • INDETECTABLE

    photo Yoshimura Noriyuki, Kyôto, Heian Jingu le 1er janvier

    Ca y est, enfin. Ma charge virale est indétectable. C’était le résultat recherché par mon médecin. J’ai une composition sanguine à faire pâlir d’envie un puceau hétérosexuel. Nicquel, “comme si de rien n’était”. Bon, un peu moins de CD4, ce doit être l’hiver, mais dans des proportions correctes. Mais un virus en quantité insignifiante, c’est un grand “ouf”… moi qui ait eu des pics à 100 000… Je le vois jeudi…

    Bon, allez, je fais rapide. Vu Yoshinobu samedi après midi. Il va rester en France et travaillera pour Takada Kenzo. Je me suis marré : je lui ai montré des photos de Kenzo au Palace il y a 27 ans… Ca l’a fait rire ! Je lui livre TV et scope ce week end.

    Retrouvé Stéphane dimanche après midi, ballade dans le centre de Paris jusque Solférino pour l’hommage à Tonton. Bof, je n’aime pas cette foule de pics asiettes qui attendaient sous la tente. Mais en revanche, sympathie pour la foule anonyme qui recherchait qualque chose dans toutes ces photos, dans ces discours en fond sonore… On est rentré chez lui assez rapidement, non sans avoir acheté sur le chemin une galette des Rois… Lundi calme et mardi aussi. Je me prépare petit à petit. Demain soir, je vends ma chaîne… Reçu des nouvelles de Noriyuki. Je vous offre sa la photo de heian Jingu qu’il m’a envoyé avec son mail.

    De Paris, fainéant et impatient, Suppaiku (qui commence la lecture de l’homme aux 20 visages, de Rampo… en japonais !)

    Paris, bord de Seine, ce dimanche

  • Vider les lieux

    Je ne parviens pas à y voir très clair, dans mon opération remise à zéro. Je dois vider une bibliothèque, c’est pourtant simple, non… Eh ben non ! Le soir, après le travail, c’est pas évident, j’ai besoin du jour. C’est logique, de ne pas réussir à y voir clair, avec une tingstène, non ? Peut être j’éxagère… Mais en tout cas, hier soir, impossible, encore. Bref demain, gros sac, je remplis, je descends le tout de la bibliothèque, il y en a pour une heure ! Quand tout sera en bas (chez moi, c’est très haut de plafond donc il y a une mézanine un peu comme en duplex mais seulement mézanine car la hauteur de plafond est 1,50. Bref, il y a mes vêtements, mes livres, mon lit, mes vidéos, etc… Je suis décidé à vider tout cela demain matin. J’y verrai plus clair et il me sera alors beaucoup plus facile de me débarrasser des livres comme cela, quand ils seront “de plein pied”. Restera à aller les vendre, et ça c’est une autre histoire…
    Je dois également “livrer” la TV et le scope à Yoshinobu, j’en parlerai demain après midi avec lui. Et également aller livrer Mulgon Melta à qui je vends ma chaîne (super giga méga total sniff/chagrin), mon micro-onde, et une passoire ! Je dois enfin poster mes courriers de résiliation Bouygues/Orange/Free… Le vital EdF/France Télécom sont à faire un peu plus tard, c’est beaucoup plus simple. Comme je suis décidé à garder ma sécu pendant un an encore, je vais “déménager”, et j’en profiterai pour faire de même avec ma banque et mon employeur (qui dois m’envoyer ma participation en juin). Ca, c’est quand même des trucs faciles à faire. Mais je me sentirai mieux quand ce sera fait.
    Je vais m’acheter une valise, un truc plus grand, bref un truc qui transportera non pas 20 mais 30 kilos (business class oblige). Je pourrai ainsi y mettre mes costumes ainsi que quelques livres. Côté DVD, je vais en emmener certains, mais sans leur pochette, inutile. Ca ne pèsera rien du tout. Dans un mois jour pour jour, je serai fin prêt. Je suis un peu angoissé sur les bords, mais à la moindre photo aperçue sur Trekearth, je me sens happé, attiré, excité. La peur, mauvaise conseillère, continue de distiller ses mauvais conseils (tu ne devrais pas partir, voyons, ce n’est pas raisonnable, dans ton état), mais c’est drôle, c’est mon réalisme qui me ramène à cette évidence de base : entre 2 visites chez mon médecin, j’ai une vie, une vie normale. Et comme je suis en route vers la visite tous les (globalement) 6 mois…, je vais pas me frustrer, hein ? Pour le coup, je me retrouverais à dépérir très rapidement…
    Regardez comme je me remets à écrire dès que le Japon se rapproche de moi… et quand j’y suis ! Marrant, non ? Je ne me suis pas remis de mon retour en France en 2000, après être revenu de Londres. Je ne me suis pas retrouvé une place. Pire, je me suis retrouvé à une place, professionellement, qui ne devait être que provisoire. Et encore pire, à habiter une place que j’aurais du libérer depuis bien longtemps. Même vis à vis de mes amis, je me suis retrouvé mal en place car je ne me suis pas fait de nouveaux amis -ce qui, en ce qui me concerne, est assez étonnant. Je ne me suis plus impliqué dans le monde comme avant, arrêté la politique, mon travail m’a handicapé dans la poursuite d’études. Au final, il a fallu que je multiplie les rencontres comme jamais et que je me retrouve contaminé… C’est malin…
    J’ai retrouvé la pêche grace à mon premier séjour. Pour le coup, c’était de vraies vacances, plus que méritées. Un goût étrange, un goût de pas assez et à Kyôto, le poids du virus. Kyôto est une ville triste, mélancolique. Kamis et Bouddhas la hantent de toute part, énergie et recueillement se chevauchent et invitent à l’introspection. Mon pays natal japonais, c’est Kyôto. C’est à Kyôto que je suis revenu à la vie. Mon deuxième séjour, à Kyôto, justement, c’était un vrai voyage, instrospection et visites, ennui, curiosité. J’ai retrouvé mes sentiments et sensation engourdies dans mon travail et l’angoisse d’une santé qui ne se stabilisait toujours pas. Quel choc quand, en août, 1 mois avant le départ, j’ai eu ce pic de 100 000 répliques du virus…
    C’est histoire ancienne…
    L’histoire nouvelle, c’est une multitude de signes qui me font du bien. Tôkyô est une ville magique : je ne la connais quasiment pas !
    C’est dur, cette distance, cette Sibérie qui n’en finit pas, et qui commence en une bibliothèque à vider, des biens à se séparer, des abonnements à interrompre. Il y aura finalement une pièce vide, une grande valise lourde et qui roule, les adieux à l’aéroport, un 747-400, une business class, un repas, j’en suis sûr le sommeil enfin durant la réelle Sibérie et au réveil, ben ce sera peut être la Chine ou la Corée, un repas encore et puis l’arrivée à Narita, la Douane, la fouille certainement… Après, tout ce que je sais est que je recevrai un courrier tous les mois d’un ami qui ne me souhaite que du bien. C’est la seule certitude que j’ai. Le reste, ce sont des lieux et des couleurs inconnus… Mais la simple vision d’une photo, d’un lieu connu, c’est un bien être indéfinissable.
    Bon, faut donc que j’attaque cette fichue Sibérie, ma bibliothèque…
    Partout, on ne parle que de Sharon qui est dans le comas. Moi, dimanche, je vais retrouver Solférino pour saluer Tonton… Ca peut vous paraître con, mais j’ai particulièrement besoin de dire définitivement Au Revoir à cette partie la de ma vie aussi.
    J’ai eu trop de vies, je crois…
    De Paris,
    où il fait très très froid (période Sibérie aussi)
    Suppaiku

  • Sexe, peur et rock and roll

    Allez, trève de nostalgie miterrandienne (j’ai 2 posts à corriger, il faut toujours que je me trompe quand j’écris son nom…). J’ai juste eu depuis l’indélicatesse de froisser une collègue qui ne l’a guère apprécié, c’est le moins qu’on puisse dire. Sur le sujet, je suis assez sensible, mais j’avoue toutefois que si j’avais un gros plat de soupe qui me disait qu’il aimait, lui aussi, François Miterrand, je serais pire encore que le nabot qui dégobille.

    Allez, on passe à autre chose.
    Temps gris, vaguement neigeux, froid et un peu venteux. C’est l’hiver à Paris, et on a presque l’impression que cela fait des années que l’on n’a pas connu ce temps là.
    Ce matin, c’était prise de sang. PEUR. C’est quoi, vivre dans un pays d’économie libérale quand on est étranger et séropositif ? J’ai bien du culot, finalement. Peur, non pas d’être malade, mais plutôt peur de devoir rentrer au bout d’un an parce que plus, ça ne sera pas possible. Peur et ambition d’y parvenir tout de même. Cette peur avive mes appréhensions. Il va falloir que je déménage vite fait car je crains d’être éxilé en grande banlieue, d’avoir des colocataires Américains dans un immeuble grisatre. Peur et courage, courage et ambition, ambition et détermination, détermination et patience. Eh ben, je me brutalise bien, en cette quarantaine. Fichtre, j’ai eu bien raison de vouloir ressentir mes quarantes ans.

    Que vais-je faire au Japon. SEXE. Non pas le truc qui pendouille et se redresse durant ses heures de loisir, mais la libido, le désir, les envies, la curiosité, les odeurs, les goûts. Les sens. Le Plaisir. Je comprends cette remarque faite au sujet du salaire, là bas : oui, à l’étranger, les envies, les désirs sont démultipliés. Sexe, c’est donc gérer les pulsion pour qu’elles restent vivables et concourent à la vie, et ne viennent pas entretenir la peur. Sexe, la tentation, la beauté, écrire, photographier, créer, raconter, aimer. Ouvrir les vannes fermées et contenues depuis trop longtemps, et rapprendre à s’en foutre aussi. Sexe, plaisir, goûter à tout sans retenue, et me débarrasser de ce lien trop vite fait entre ce qui se paie et ce qui créé la joie. Ne pas consommer, baiser ! Aimer ! (Pour le reste, je vous invite à relire Freud)

    Mais alors, si je veux rouvrir les vannes sans avoir peur… ROCK AND ROLL ! Ben oui, je vais au Japon parce que j’y prends mon pied, à tous les niveaux ! Une promenade sur Ginza, c’est sympa quand il fait beau, que les gens marchent lentement, que c’est dimanche et qu’il n’y a pas de voitures. tre fauché au Japon, ou faire comme si, ce n’est pas frustrant (je me souviens en 2003, avoir compressé mes dépenses de peur de mourir de faim, et j’ai fait la même chose à Kyôto… Résultat, je mangeais à la maison, c’est moins cher et c’est ce que je fais à Paris, et j’ai eu plein de sous pour m’acheter plein de trucs, et j’ai fait plein de photos, de belles ballades, ce que je ne fais plus à Paris !). Bref, ROCK AND ROLL, advienne que pourra, le principal est que j’en profite.

    On est avant le départ. En moi, comme avant le premier voyage, la peur domine. Je suis devenu un homme lucide, réaliste. Mes désirs de Japon sont informulés de nouveau, je ne sais plus bien pourquoi je souhaite y vivre. La page qui va s’ouvrir est toute blanche, parfaite, elle m’attend, et j’en suis l’acteur principal. C’est à moi qu’il revient d’y écrire. Ce que je souhaite. Y être mon propre acteur, mon propre sujet, quel suspens. Comme j’en suis heureux, même si ce bonheur est impalpable…
    A suivre…

    On entend beaucoup un titre de ColdPlay, en ce moment. C’est joli, avec un joli clip… Mais ça ne m’empêche pas de penser que c’est très facile de faire une jolie chanson en utilisant la musique d’une autre chanson. C’est un tube en forme d’hommage, ou le contraire, je ne sais pas… La jolie chanson, c’est bien entendu Computer World, de KRAFTWERK, un disque sorti en 1979/1980, résultat de 5 ans de travail d’échantillonnage au KLIX-KLANG Studio, LE laboratoire de Kraftwerk. Leur album le plus abouti, parfait, portant l’idéal conceptuel d’un monde délivré de tout labeur humain, robotisé, informatisé, standardisé, aseptisé, uniformisé, moderne et élégant. Je ne sais pas combien d’entre vous comprendront que cela puisse représenter L’idéal fascinant de l’Age Radieux. L’idéal NÖVÖ, qui a submergé la New-Wave à peine née, sorte d’années 50 de synthèse, nourrie de film de science-fiction de série B, enfin à notre portée. C’est une esthétique que j’ai adorée, ce mélange de glamour plasticisé, glacé. Il y a un disque de XTC qui a beaucoup marché en ce növötique tournant de décénnie. Vêtements en plastiques… Alors, cette reprise du thème avec guitare, chair, cheveux… Je trouve ça bizarre. Le robot est lui même assez pathétique, à l’image de notre époque qui n’a même plus foi en sa modernité… Il est grand temps de réécouter Kraftwerk, pas parce que “il faut”, ou parce que “c’est bien”. Mais parce que c’est un groupe terriblement mélancolique, romantique. Allemand. Du pays de Goethe, Schiller, Novalis. Il y a beaucoup de tendresse derrière chaque mélodie, chaque morceau. Non ?
    Je vous laisse méditer sur ce texte écrit en 1979. Il est à l’image du monde d’aujourd’hui.
    Interpol and Deutsche Bank, FBI and Scotland Yard
    Interpol and Deutsche Bank, FBI and Scotland Yard
    Business, Numbers, Money, People
    Business, Numbers, Money, People
    Computer World
    Computer World
    Interpol and Deutsche Bank, FBI and Scotland Yard
    Interpol and Deutsche Bank, FBI and Scotland Yard
    Business, Numbers, Money, People
    Business, Numbers, Money, People
    Computer World
    Computer World
    Interpol and Deutsche Bank, FBI and Scotland Yard
    Interpol and Deutsche Bank, FBI and Scotland Yard
    Crime, Travel, Communication, Entertainment
    Crime, Travel, Communication, Entertainment
    Computer World
    Computer World

    Ce même thème musical décliné dans tous les thèmes humains visite également l’amour, et nous sommes définitivement rentrés en cet âge du “computer love”.
    Computer love
    Computer love
    Another lonely night
    Stare at the TV screen
    I don’t know what to do
    I need a rendezvous
    Computer love
    Computer love
    I call this number
    For a data date
    I don’t know what to do
    I need a rendezvous
    Computer love
    Computer love
    J’ai toujours ressenti une profonde nostalgie dans la musique de Kraftwerk. A bien y repenser, j’en comprends le sens. Le paradis perdu, l’innocence définitivement évanouie de la modernité. En nos chambres solitaires commercialisées et meublées par la Finance Mondiale Informatisée, nous attendons l’Amour en regardant nos écrans d’ordinateur. Et nous ne sommes même plus élégants.
    De Paris,
    Libéré,
    Suppaiku

  • Mitterrand et moi

    Mitterrand et moi

    Nous allons “fêter”, cette semaine, le dixième anniversaire d’un personnage ambigu, en certains points détestable, en d’autres admirable. Il sera de bon ton, à droite, de vanter le brio de ses manigances, et certains ne manqueront pas de rappeler “les affaires”. A gauche, c’est sur un ton gêné qu’on s’en souviendra, entre rappel des “grandes réformes” et “part d’ombre”. Le célèbre droit d’inventaire. L’extrème gauche ne participera pas à la fête, éventuellement à la curée : honnètement pour Lutte Ouvrière qui n’a jamais caché sa haine du personnage, plus malhonnêtement pour d’autres qui ont concouru à son ascension… Rocard en profitera encore une fois peut être pour tirer sur le corbillard comme il sait le faire avec brillot avant d’aller assister à un énième bal chez les Seillières : c’est tellement plus facile d’être mondain que de prendre le pouvoir: il y a chez lui cette aigreur du perdant propre aux incapables dont il fait parti. Un intellectuel brillant ne rime pas forcément avec un bon politique et, dans le cas de Rocard, il s’évertue non sans un certain succès à intégrer ce monde de la grande bourgeoisie que Miterrand a détesté profondément pour l’avoir fréquentée, connu et contemplé dans sa bassesse et ses compromissions. Mitterrand détestait les bourgeois, et je crois que c’est un peu pour cela que j’ai de l’affection pour cet homme que tout, pourtant, m’invitait à haïr.
    De sa jeunesse sans courage, de droite extrème, catholique. De son ambition sans borne qui lui fait hanter tous les cabinets ministériels de la IVème république. De son incompréhension totale de Mai 68, de son inimitié intime envers Pierre Mendès France, le raté sublime de la politique, aux antipodes de Rocard, un loser magnifique, tendre, honnète. De ses jeux à géométrie variable qui le conduisent à se prendre d’abord pour Allende puis épouser le virage de la “rigueur” avec une apparente désinvolture, comme quelque chose qui va de soi, sans avoir à aucun moment le sentiment qu’il ait des comptes à rendre à personne. De ses amitiés louches, suspectes envers d’anciens collaborateurs. De son rôle pendant la guerre d’indépendance algérienne.
    La liste serait longue…
    municipales_mitterrand_1977Eh bien non. Cet homme ambigu, trouble, j’ai appris à l’aimer. J’ai appris à l’aimer car jusqu’à son dernier souffle il a fait vivre un espoir dont nous sommes aujourd’hui orphelins. Le message de François Mitterrand, c’est qu’il y a toujours un possible pour l’homme pourvu qu’il ne varie pas dans ses choix et qu’il en paie le prix. Mitterrand nous aurait empêché de voter Chirac en 2002, au nom de cet espoir. Il nous aurait fait rêver la Constitution, qui aurait eu une autre gueule, comme un moment majeur de l’histoire de la France, celui où notre peuple rejoint l’universel,se dépasse et invite les autres peuples à bâtir quelque chose qui dépasse les Etats. Une nouvelle Nation, Europe. Je n’invente pas, il est celui qui a su convertir les Européens à l’Europe. Sans démagogie, mais à la Française : en voyant grand, en voyant large. En chef d’état.
    Mitterrand a accompagné la gauche de gouvernement. C’est vrai que Rocard avait “raison”, mais Rocard ne porte aucun rêve. Il a lâché tous les intellectuels brillants qui le suivaient et leur a préféré les politiques mornes et technocrates, les Sapin, Valls, Petit-Demange, Trautmann, Dreyfus… Mitterrand a choisi son camp, avec brillot. Il a lâché la bourgeoisie et sa suffisance pour s’entourer des plus grands esprits de son époque. Architectes, écrivains, philosophes, tous l’ont nourri avant qu’il ne les nourrisse à son tour, en triplant ici le budget de la Culture, en commandant là des Grands Travaux, en libérant radio, télévision, en se faisant le promoteur d’une culture ouverte, pluraliste, cosmopolite et profondément démocratique.
    SQ1ekSJ9h12E4zxFikrKUdjvCe n’est pas Mittérand qui est responsable du malaise de la social-démocratie française. Ce serait trop facile. Mitterrand avait en lui ce quelque chose contre la droite que les socialistes n’ont plus depuis longtemps. Hormis l’envie de faire une politique “plus sociale”, qu’est ce que le “socialisme”, à leurs yeux. Chez Mitterrand, pétri de culture catholique à la base, l’argent était sale. Plus tard, il a appris ce qu’est le monde du travail, et je pense que son contact avec le “peuple” dans les années 60/70 l’a touché au bon endroit. Je crois qu’il a alors vraiment partagé la même détestation de ceux qui se croient tout permis du fait de leur naissance que chez les militant communistes ou socialiste de cette décénnie de grèves et de luttes de classe. Et que cette expérience du partage d’un ressenti l’a changé jusqu’au dernier moment, malgré l’isolement du pouvoir. Je pense même que c’est dans cette fidélité qu’il atteind la grandeur.
    Ce sont les socialistes qui n’ont pas su profiter de lui, de son endurance à durer malgré la haine de la droite. Oui, la haine, la vraie haine. Pourquoi n’ont ils pas brandi leur indépendance face à lui pour moderniser leur politique, leurs idées, militer, être vivant … ? A la soupe, ils sont allés. Rappelons nous l’époque du si vertueux Michel Rocard, ce ballet de Renault 25 avec escortes dans Paris. Par 3, qu’elles roulaient. Et ces gueuletons dans les ministères, en l’honneur des clubs… Et cette ignorance du SIDA. Ce n’est pas Mitterrand qui a perverti les socialistes, ils se sont pervertis eux même, comme des grands. Et le “honnète” Michel Rocard a été le premier ministre de l’époque la plus décadente et la plus détestable en la matière.
    Je suis intimement persuadé que les effets de la crise économique, en France, ont été infiniment moins pires pour les pauvres avec lui qu’à l’étranger où dominaient l’offensive libérale. Le pouvoir d’achat du SMIG a augmenté de 17%, celui des différentes allocations de 50%. Indexés sur l’inflation, ces minimas ont augmenté réellement. L’inflation, de toute façon, est passée de 14% (81) à moins de 2% (86). 1981-05-11C’est vrai que le chômage est passé de 1.7millions à 2.2millions (selon la même statistique, aujourd’hui on est environ à 5 millions de chômeurs…), mais en Grande Bretagne, on passait dans le même temps à 4millions de chômeurs… et avec des revenus qui baissent. Le temps de travail a baissé, modestement, mais il a a baissé, et on a eu une 5ème semaine de congés. Décentralisation, première grande loi d’égalité professionelle Homme-femme, remboursement de l’IVG, liberté des médias audiovisuels (contrôlés auparavant par un ministère de l’information!), dépénalisation de l’homosexualité (si, si! c’était passible de prison avant 81, pour atteinte à l’ordre publique… il y avait même un fichier au ministère de l’intérieur…), construction Européenne… Le bilan du 1er septennat est impressionnant, et cela, sans avoir ruiné la France. Ni même les bourgeois, d’ailleurs… Mais ceux ci ne l’ont détesté que plus encore.
    C’est dans les quartiers bourgeois, les villes bourgeoises que Le Pen a fait son apparition en 1983/1984. A Paris, le 7ème arrondissement a eu son maire Front National. La droite a réécrit son histoire depuis, mais c’est en son sein que Le Pen est sorti. De cette bourgeoisie qui haissait celui des leurs qui les avait trahis, François Mitterrand.
    J’ai appris à le pardonner dans la tourmente des années 90, quand tout le monde s’est mis à le détester. J’ai commencé à le trouver “classe”. J’ai vu la grandeur d’un homme qui était plus grand que les bourgeois qui le détestaient et les apprentis bourgeois du socialisme français. Un homme que la presse financière anglo-saxonne apris pour cible à partir de 1989. “Affaire Cresson” (une interview en 1986, coupée à dessein pour la faire passer pour idiote), “affaire Beregovoy” (et en fait, à l’arrivée, pas d’affaire du tout), “affaire BERD”, le “marbre dans l’entrée” pour couler Jacques Attali (en fait, couler une banque financée par les états pour faire des trucs pas rentables…), “affaire URBA” (en fait, un truc comme tous les autres ont fait, mais à la différence des marchés publiques en Ile de France, sans enrichissement personnel et… sans déplacement des juges qui travaillent dessus), “affaire Mazarine”… Rien n’a été épargné pour affaiblir un homme dont la diplomatie avait fini par être la seule rivale de la diplomatie américaine… Impardonnable.
    europennes4_1979Les puristes du socialisme démocratique continueront toujours de préférer le gentil Mendès, le généreux Jaurès voire même le caricatural Mollet ou l’asceptisé Rocard. Des hommes qui n’ont finalement rien construit et ne sont pour rien dans l’élévation de notre niveau de vie, de protection sociale et d’élévation culturelle. Tout au plus ont ils su incarner l’essence de leur époque, le bouillonement culturel, intellectuel, les luttes sociales. A mes yeux de démocrate socialiste, Rocard ne vaut finalement pas mieux qu’Arlette Laguillier, tous deux n’ont rien changé. Mais la différence profonde est qu’Arlette Laguillier ne me gène pas, elle ne me concerne pas. Rocard fait pipi dans la soupe qui l’a nourri, et cela me concerne beaucoup plus car sa soupe est aussi ma soupe. Qui donc nourrira le débat sur l’échec de la deuxième gauche qui finalement, n’a pu exercer le pouvoir que grace à la victoire et à l’obstination de la première gauche réconstituée autours de François Mitterrand ?
    La droite le déteste toujours, elle tolère la gauche “sociale”. Mitterrand a donné des mots très forts au socialisme quand Rocard s’est contenté de briser les rêves sans en formuler de nouveaux.
    Qu’importent les échecs et les renoncements, et qu’importe le dégobillé du nimbot et le vomis facile de la droite. Quand je pense à François Mitterrand, je repense au visage barré d’un immense sourire, le visage de mon père, un soir de Mai 1981. Ce père qui m’avait déjà appris qui était cet homme, son rôle dans la guerre en Algérie. Mais ce sourire, ces transports de joie d’un peuple tout entier, le peuple du travail, pas celui de la propriété, le peuple de la Culture, pas celui des préjugés, le peuple de l’ouverture, pas celui du terroir, cette nuit battue par la chaleur de l’orage, ces danses folles Place de la Bastille noire de monde, moi qui monte cet escalier en colimaçon qui va tout en haut de la Colonne, mon doigt qui me brûle -je m’éclaire avec un briquet, il fait noir- et puis toute cette foule vue d’en haut, partout, De Toutes Les Forces de la France, et qu’est-ce qu’elle en avait, de la force, ce soir là. Tous les possibles à la porté, démultipliés, ce lendemain sans voix au lycée, le proviseur qui tire la tronche, les profs qui chantent l’Internationale… Mitterrand nous a offert tout cela, et qu’importe si le résultat fut forcément modéré. Il n’en reste pas moins qu’il a redonné vie à l’idée que nous sommes les plus forts, ensembles, et que nos rêves méritent d’être défendus. Dans les beaux quartiers, ce soir là, on a eu peur du peuple. On a haït Mitterrand au point de ne jamais le lui pardonner. Ils ont fait des rides, les bourgeois. Ils ont fait des cheveux blancs…
    Il n’y a pas eu de révolution. Juste une grande modernisation. La France a rajeuni, a épousé son temps, s’est débloquée, le temps de 2 septennats.
    Pour tout cela, je ne pourrai jamais tirer sur l’ambulance. Le destin de François Mitterrand est aussi le miens, le nôtre. Le bilan de la 2ème gauche ressemble à s’y méprendre au bilan du Chiraquisme. Un échec total.
    Le bilan de Mitterrand est à la hauteur, pour la gauche, du bilan de De Gaulle. Tous deux n’ont pas gouverné comme leur électorat le souhaitait, mais tous deux ont défendu bec et oncle le coeur même de ce qui motivait leur électorat. Mitterrand nous est resté fidèle envers et contre tout. C’est à nous et à nous seul qu’il faut s’en prendre de n’avoir su profiter de cette éclaircie libérale dans un monde dominé par la naissance.
    Ce post est à suivre. Il m’est impossible d’en finir avec cet homme qui a porté si haut des espoir aussi peu évidents.

  • Et petit à petit…

    Hier, c’était dimanche. Hier, c’était le premier janvier.
    Levé généreusement vers 9 heures trente, j’ai fait mon dernier petit déjeuner généreux de l’hiver. C’est normal, pour un dimanche. Depuis ce matin, c’est retour à la case “léger”. Je suis aidé en cela par un temps radouci et un ciel extrèmement lumineux, quelle chance. Sentiment de bien commencer l’année. L’an dernier me semble lointain, très lointain, du temps d’avant le champagne de ma quarantaine et de mon blog, des voeux envoyés après minuit. De la brume alcoolisée agréablement, de la fenètre grande ouverte pour chasser les vilains esprits qui pouvaient encore se loger chez moi et accueillir ceux, favorables, de la nouvelle année, au son de la petite chochette japonaise suspendue à ma fenètre, ding…, ding…
    Donc, pour le premier janvier, début du “grand ménage”. Les Japonais le réservent aux derniers jours de l’année, mais je pense que dans mon cas, cela eut fait un peu désordre. Commencer son déménagement de février à la fin de décembre, quelle idée absurde! Hier, me plonger dans cette poussière de derrière ces revues, ces livres a été comme une manifestation de la bienveillance de cette nouvelle année. C’était comme un bain de jouvence alors qu’en commençant avant, j’aurais été nostalgique, rivé au passé. Hier, plus j’avançais et plus je prenais conscience du temps, de mon histoire que ces objets, bien maladroitement, continuent de raconter. L’autre Journal (magazine littéraire dirigé par Michel Butel), 1ère mouture de 1986 : Duras/Mitterrand, l’interview. Les 12 premiers numéros. L’autre Journal, 2ème mouture de 1990, des pavés de 400 pages qui racontent le monde juste après la chute du mur. Un testament littéraire de cette France Mittérandienne morte dans les sables de la 1ère guerre du Golfe. De sa force, de son esprit ouvert, cosmopolite, intelligent et ludique à la fois, grave mais lucide. Le plus beau magazine que la France ait jamais connu. Après, de toute façon, tout s’est cassé la gueule. Il y a eu la guerre, Rocard est parti, Cresson est passée avant Bérégovoy, Mitterrand a vieilli d’un coup, on a parlé du sang contaminé, des fausses factures. Fin de règne à tous les étages, Balladur et la récession. En 89, nous avions vu le monde nous regarder, Goude faire avancer Jessie Norman sur les Champs Elysées, on faisait 5% de croissance et notre président était l’homme politique le plus populaire de la planète avec Gorbatchev. En 1992, le premier, il mettait fin aux essais nucléaires. L’Autre journal, version 1990, c’était le magazine de cette transformation fulgurante de la France, tournée vers l’avenir. Chirac est passé et Mitterrand est mort. L’Autre journal a fait faillite en 1992 après une hypothétique nouvelle formule. Mais les gens de ma génération étaient fatigués.
    Les Inrockuptibles, magazine beau et moderne des années 80 est alors devenu hebdomadaire et s’est pris de pasison pour la chose publique. C’est devenu un truc ronchon comme les anciens jeunes que nous sommes. Aucune énergie, “toutes des concierges”, disait Léo Ferré.
    J’ai revu, mais n’y ait pas touché, tous ces livres de littérature du XVIIIème siècle. Les romans, le théatre, les essais. J’ai aperçu mes livres d’ethnographie, de sociologie. Mes livres d’histoire du droit, mes livres d’histoire. Et puis mes romans japonais, mes livres sur le Japon.
    Allez, oust, du vent, du balai… ! Ca ne va pas être facile, se séparer de tout cela. Mais il n’y a qu’à les racheter ou les emprunter en bibliothèque, où est donc le problème ? Ces livres me ramènent à Télégraphe essentiellement. A la très belle lumière de cet appartement du 20ème appartement. Petit, mais sympa. Les fêtes avec Julien, le marché le dimanche matin… Ma pièce de théatre… Qu’est ce que je lisais, à cette époque ! Qu’est ce que j’écrivais !
    J’ai laissé le déblayage de tous ces bouquins à plus tard, peut être ce week end, tiens! J’ai un acquéreur pour ampli/enceintes etc…
    A mon départ, il ne restera que du concentré de moi même, et notamment mes archives. Mes années de journal. Mes tentatives de roman, de théatre. Mes dessins. Spont’ex (à scanner d’urgence). Le reste est il si important ???? C’est une mue, quand on quitte sa vieille peau. Je mue.
    Je vais emporter la chose la plus importante qui soit à mes yeux. Moi-même. Mes désirs, ma culture, mon histoire. Mes rêves. Mon virus. Mes goûts, mes projets. Mes ambitions. Mon réalisme. Ma persévérance. Moi, quoi !
    Pour le moment je suis au travail, le ciel est toujours très bleu, lumineux.
    Une bouteille de champagne me sépare de 2005. On me l’avait offerte pour mes 40 ans. Un Shell Flat seat me sépare de Tôkyô. Ca, je me le suis payé. Etre entièrement au Japon, c’est le plus beau cadeau que je puisse offrir à mon futur à venir.
    De Paris,
    Suppaiku

  • みなさん、新年あけましておめでとうございます

    Je vous souhaite à tous une très bonne année. Puissent vos voeux se réaliser.
    J’ai bu ce soir la bouteille de champagne que mon ami Tomo m’avait offerte en septembre pour mon anniversaire. Du champagne français dans une bouteille en japonais, reçue au Japon et bue en france… Quel voyage… Je l’ai bue tout seul, ce soir, quand j’ai entendu le traditionel concert de pétard qui suit le changement d’année. cette année, je n’ai pas “fêté”, comme cela m’arrive tous les 3/4 ans. Je ne m’en porte pas plus mal. J’ai fini l’année en regardant 2 épisodes de ランチの女王/La reine du déjeuner (dorama de 2004). Puis vers 23 h 30, j’ai commencé à changer d’activité, envoyé des voeux. A minuit, ce fut donc le champagne de mes 40 ans, que j’ai photographié en digital et en argentique. J’ai écrit à mon correspondant Noriyuki, ce garçon rencontré à Kyôto la veille de mon départ… le plus amusant, c’est que ce soir en faisant le ménage dans mon email Yahoo Japan, je suis tombé sur un mail qu’il m’avait écrit en réponse à une annonce que j’avait passé dans Mensnet… J’ai donc profité de mes voeux pour lui dire que j’avais trouvé cette réponse et que j’étais allé visiter sa page sur Gaydar.
    Hier soir, j’ai passé la soirée chez Stéphane avec Nicolas et un autre M… qui donc s’appelle comme moi ! Rare. Et en plus, il faut qu’il soit gay. On a pris un taxi ensemble au retour, moi je suis descendu à République vu que j’habite à Strasbourf Saint Denis, lui a continué jusque “Etienne Marcel”. J’aurais du lui dire “tu vas là?”, mais bon, c’est sa vie. Moi, le Dépôt… c’est bon, j’ai donné ! J’aurais pu aussi tenter quelque chose avec l’autre Suppaiku – pas du tout mon type physiquement, mais de très beaux yeux et certainement intéressant-, mais d’un autre côté j’en avais pas envie : on peut succomber au charme d’une personne sans pour autant ressentir de désir. A 40 ans on devient plus sage. C’est bien à tout point de vue, et ça évite les pannes…
    Au Dépôt, j’ai rencontré Nobu il y a 5 ans. Mais j’avoue que le recroiser dans un sauna de Shinjuku, c’était plus classe… et 100 000 fois plus propre.
    Bon, en tout cas la soirée chez Stéphane était agréable, opulente à tous égars.
    Je ne suis pas allé travailler hier. Le matin, encore ces fichues courbatures et un vague mal de tête. J’ai bien dormi dans la journée, je suis resté au chaud. Je commence 2006 en pleine forme. Prêt à faire mes cartons !
    Je n’ai même plus de problèmes existentiels avec mes médicaments. Je me suis compliqué la vie. JE VAIS FAIRE COMME TOUT LE MONDE.
    En gros, je vous annonce que je compte rester au Japon un certain temps, et donc au minimum un temps certain. C’est avec mon médecin, qu’il faut que je passe un contrat.
    Je commence 2006 le coeur léger, solide. Mon coeur balance entre Ginza et Iidabashi. Un esprit blagueur dénommé Capray sur le site lejapon.org fait le pari que je vais souffrir le martyr financièrement. je trouve le défi intéressant. On en rediscutera.
    Revu Hakuchi, le film de Tezuka, ainsi que Postman blues de Sabu. Revu également Café lumière de Hu Sao Sien avec le beau Asano Tadanobu, et Tôkyô qui est peut être le vrai personnage secondaire de cet hommage éliptique à Ozu. Et dans la foulée, re-re-re-…-revu Fleurs d’équinoxes de Ozu. Je vais emmener des DVD avec moi, en abandonnant les boîtes toutefois, elles ne servent à rien du tout.
    Bien. Janvier commence. Je vais donc vider ma bibliothèque dans les jours qui viennent. Je vais donner ma TV à Yoshinobu, mettre en vente tout ce que j’ai. Je n’ai plus peur du tout. Je ressens une certaine excitation à l’idée que dans moins de 40 jours, j’aurai changé de décors.
    Entendu cette semaine sur France Culture un débat sur la nouvelle traduction des Mille et une nuit. Ca m’a rappelé que je m’étais arrêté à la moitié du second tome (édition de 1705, trad. de Galland) (sentiment que c’est toujours un peu la même chose…).
    Vu l’émission de la 5 sur Le Palace. Je vais finir par dire que je détestais cet endroit, je ne supporte plus cette ambiance “hommage”.
    Je vous embrasse, je vous salue et je vous souhaite une très belle année.
    De Paris,
    Suppaiku

  • C’est la fin de l’année… vite !

    Mon copain et ex-collègue Mulgon Melga se réjouit de son blog qui avance, ah, le jeunôt (“beaux restes”, que je l’appelle aussi, ça vous donne une idée de son âge, ouaf ouaf ouaf).

    Il m’a écrit ces quelques mots ce matin :
    “C’est très sympa de faire un blog, on a une idée, on la creuse, on fait une recherche, on s’instruit, on publie.
    Je me limite à 2 posts par jour. Quand même.”

    Alors, je lui ai répondu, et je me suis dit que ça vous intéresserait peut être, vous êtes si curieux,
    “Pour le blog, tu vas voir, c’est fonction de l’humeur en fait.
    Moi, en ce moment, c’est impossible d’écrire, c’est comme si je n’avais rien à dire… Trop personnel, en fait. Et en même temps, je mûris d’autres directions à explorer dans mon auto portrait au quotidien. C’est au Japon, que je vais m’éclater.
    Je recommence à écrire, surtout. Fiction. Et je pense à mon podcast. Bref, mon blog est à l’image d’une place un peu indéterminée… La mienne, entre Paris et Tokyo, une banque et une école, mon prochain contrôle médical où j’espère pouvoir lire, concernant le VIH : niveau inférieur au seuil de détection (j’étais juste au dessus la dernière fois…).
    Je suis super content d’arrêter la banque mais ça me fiche une sacrée trouille de quitter ma sécurité middle class. J’exorcise mes dernière trouilles de fils de prolo immigré et je rentre dans le club très fermé de ceux “qui s’en foutent de l’argent”. Encore un peu de mal à le raconter. Bref, un blog muet.
    Depuis longtemps j’avais brimé l’artiste en moi, je le laisse s’exprimer mais il a perdu sa voix (voie).
    Vivement le 1er janvier !”
    C’est con, ce “vivement le premier janvier”, mais ça traduit bien mon état d’esprit. Dès janvier, mes chefs vont commencer la valse des entretiens pour me trouver un remplaçant. Je vais donner ma TV, mon scope et des vidéos à Yoshinobu. Yoshinobu qui me fait penser à moi, finalement. Arrivé en France à 40 ans, super fauché, mais qui je crois n’a plus trop envie de retourner au Japon… Il a travaillé ces derniers mois pour Monsieur Kenzo (pas la marque, qui ne lui appartient plus, non, la nouvelle maison de couture L’Atelier des 5 sens, 五感工房(gokankôbô, atelier situé à son domicile vers la Bastille). 2 années difficiles avec beaucoup d’hésitation maintenant : rester ou partir, et si c’est rester, jusqu’à quand, à quel terme… L’approche des 45 ans est à cet égart un principe déterminant. On ne rentre pas “chez soi” à 47/48 ans… On reste en son nouveau “chez soi”.
    De mon côté, si je suis confiant professionellement – je suis devenu patient, j’ai repris goût à raconter et j’ai enfin appris à partager sans attendre en retour ET en étant prêt à accepter tout retour (bref, j’ai appris à accepter mon égo, à m’aimer ou me détester comme je suis sans plus me poser la question, et en plus à vous raconter tout cela en direct, avec le moins de retenue possible, sans chercher à vous plaire, en ne me souciant pas de vous, mes (amis) lecteurs, sans fausse pudeur… Bref, en me respectant moi même autant que je le puisse, en étant honnète… Quelle chance vous avez, que je ne cherche pas à vous plaire, vous me lisez sans cache, sans mensonge, et qu’importe que ce que je dise, ce que je fasse, ce que je pense, c’est moi, comme disait Barbara, si ça ne vous plaît pas, passez votre chemin !) -, oui, si je suis confiant professionellement, c’est bien entendu le VIH qui me tracasse ! Pas l’histoire de tomber malade, aujourd’hui, on ne tombe plus malade, mais c’est l’imbroglio des prises en charges qui me tracasse. Il y a les impôts, aussi, qu’il va falloir que je paie cette année. Bref, j’ai 6 à 8 mois “très sports”, où il faudra que je sois rigoureux, organisé, ambitieux, travailleur et économe. A l’image de ce blog revenu au noir, au blanc et au gris, au simple et à l’austère.
    C’est qu’en la matière, me voici devenu pionnier (ça m’est déjà arrivé, j’ai l’habitude : la nouveauté, c’est de tout laisser, abandonner mon confort de classe moyenne qui ne me laissait d’autres choix que consommer et vieillir en remboursant un crédit immobilier que j’aurais fini par prendre après avoir accepté d’être embauché, en prenant du poids et en oubliant une promesse que je me suis faite il y a 7 ans en abandonnant ma liberté de marginal intello pour la sécurité du travail, celle que ce ne soit que pour passer à autre chose car j’en avais un peu marre de vivre avec moins de 3 000 balles par mois…). Pas dans l’expatriation, mais dans l’expatriation avec pathologie lourde. Le VIH est aujourd’hui devenu une non maladie, juste un truc chiant. Moi, le VIH m’oblige à ingurgiter 5 gelules le matin, et basta. Pas d’effets secondaires, une efficacité redoutable. Et pourtant cela m’oblige à penser à moi en chaque instant. Pour ne pas contaminer l’autre. Pour ne pas me re-contaminer. Bien sûr. Mais aussi, pour assurer ma liberté d’esprit dans un pays étranger où je sais d’avance que ce ne sera pas évident. Mais ça va, je vais “isshôkenmei ganbaru”. Dans le pire des cas, faudra que je sorte JPY 140 000 par mois (EUR 1 000 eh ouais, les “5 gelules et basta!” sont chères…) Bref, dans le pire méga giga pire des cas, ce n’est qu’un problème matériel. C’est la simplification de ce casse tête que je me fixe comme défi : y arriver, m’insérer dans le système des prises en charge (complexe au Japon car le VIH est mis à part dans le système social Japonais, en dehors des hopitaux et du système des 70% à la charge du patient), et m’en affranchir. Bref, c’est à mes yeux un effort militant. Mais ça va être compliqué. En attendant, durant un an, je vais utiliser le procédé utilisé couramment dans ces cas là, mais je me fixe une échéance maximale d’un an.
    Ca me fait du bien de pouvoir vous écrire cela, il y a 3/4 jours je n’aurais pas osé écrire cela, c’était encore un peu noué. C’est qu’il est clair qu’indépendamment de l’histoire du suivi VIH, les impôts, les cotis’ de sécurité sociale japonaise et mon “assurance volontaire”, le loyer, je vais pas être riche, et je n’en ai plus l’habitude. D’un autre côté, c’est avec ce sentiment de “richesse” que je dois désormais me séparer. J’ai eu des sous mais je ne suis plus vivant quand, avec mes 3 000 balles, j’avais le temps de me ballader, acheter des poches d’occas’ chez Joseph Gibert que je lisais le jour même, écrire, et surtout me ballader, mon PRAKTICA en bandoulière, photographiant ombres de la nuit, façades et ruelles sombres.
    Sûr, je veux pas retrouver cette précarité totale, les petits boulots, et de toute façon je ne pars pas avec rien en poche. Mais tout de même ce ne va pas être facile, loin de là. Alors j’ai eu un noeud au bide pendant 15 jours.
    Retour au simple, au basique.
    Et soudain une image de Ginza qui me revient. Ginza en été, en automne, en hivers… et bientôt, les ombrelles sur Ginza un dimanche de printemps (désolé, l’ami Maru, mais j’associe Ginza à une certaine forme de nonchalance chic, gourmande, celle des lèche-vitrine de mon enfance avec ma mère, les “galeries farfouilletes”). Et puis la Chûô-sen, vers Ocha-no-mizu… le son des trains, des métros. Si tout cela doit avoir un prix, je suis prêt à le payer : ma liberté n’a pas de prix. Ou plutôt si : une baisse temporaire de pouvoir d’achat. Et en fait, je m’en tape. Je sais cuisiner ! Et je suis un as des pâtes !
    Je suis content d’avoir amorcé l’aventure de ce blog il y a 1 an et demi déjà, je vais pouvoir vous faire partager mon paquetage, mes ventes, l’ouverture du compte en banque, l’achat du keitai, ma première fin de mois difficile, mes histoires de mecs… Ca me branche bien, vous raconter tout ça…
    Bon, à part cela, bien ici la vie continue. Je suis allé voir ma mère ce week end pour Noël. Qu’en dire, si ce n’est que ma mère, non contente de se murer derrière l’éloignement et la distance d’une maison coincée dans la campagne loin de tout, se mure désormais dans un capharnaum que vous ne pouvez pas imaginer, poussiéreux, encombré, sale. Son jardin est à l’abandon, sa maison aussi, finalement, et c’est finalement sa vie qui est à l’abandon, comme si ce n’était plus qu’un mauvais moment à passer… Impossible de lui en parler. La vie n’a pas été facile, elle a tout donné pour les autres et il n’y a plus guère d’énergie pour elle. Je vais libérer Strasbourg Saint Denis, elle va vendre cette pièce qu’elle a acheté en se rationnant pendant des années il y a près de 50 ans, cette pièce qui moi m’a permis d’être ce que je suis aujourd’hui. Il y aurait beaucoup à raconter sur ce lieu qui d’émancipation à 18 ans est devenu prison à 25/26 ans quand, dépressif, je m’y enfermais, fumant des pétards toute la journée, vendant tout ce que j’avais acheté auparavant. Cette pièce de jeune rockeur des 80’s, de jeune PD qui allait au Palace, au Club, au Boy’s, au Broad, au Haute Tension, au Quetzal, au Scorpion, au Studio 54, les soirées avec Tim,… Cette pièce que j’ai partagé avec mon frère. Cette pièce qui m’a vu revivre quand je commençais mon analyse, qui m’a vu redevenir étudiant, agitateur politique, où des caméras de Canal Plus sont venues, cette pièce où j’ai pleuré la défaite de Jospin en 95. Cette pièces où j’ai écouté du jazz 30’s dans les années 92/93, de la musique industrielle en 83, du psyché en 84, les soirées “émissions de radio” où on fumait de l’afghan avant de faire des mix psyché pour aller ensuite faire mon émission, “Mutation” (!), les réunions PS chez moi… Denis, mon seul vrai amoureux, que j’ai vraiment aimé, pour de vrai et m’a certainement vraiment aimé… Cette pièce où je suis revenu après mon retour de Londres… Maman va la vendre. Parce que j’en pars. C’est un gachis, mais c’est sa vie. C’est un gachis, mais c’est ma vie.
    Je suis content d’en partir. J’y ai bien vécu, elle m’a émancipé de ma fatalité de fils de prolo qui “réussit”, j’y ai appris la liberté, c’est à dire l’exigeance vis à vis de soi.
    Mon médecin va faire la gueule mais il comprendra. J’ai désormais les mots pour expliquer que je peux quitter la France.
    J’ai donc vu ma mère, ce petit bout de bonne femme qui a fait des ménages, épousé un Algérien, été exclue de sa famille, connu la pauvreté quand mon père a été licencié. Il est grand temps de l’écrire, je n’ai pas à le cacher. Mes parents ont, comme tous les pauvres, fait les marchés, c’est à dire ramassé ce que les primeurs laissent parce qu’ils ne l’ont pas vendu. Ce qui est étonnant, c’est à quel point cela me paraissait naturel quand j’étais adolescent, et à quel point j’ai été incapable de la raconter à mes amis, même les plus proches. C’est une douleur terrible, avoir des parents qui finalement, ont fait les poubelles pour nourrir leurs enfants. C’est Varda qui dit (Le glaneur et la glaneuse)qu’”il n’y a pas de honte, il n’y a que du tracas” (je ne crois pas me tromper dans la citation…). Peut être certains comprendront mieux comment je suis et comment je pense… J’ai été terriblement touché par Les confessions de Jean Jacques Rousseau : mais qu’allait faire ce SDF Suisse à la Cour, écrire des Opéras pour Louis XV, être protégé de Mme d’Epinay, faire pleurer Julie de l’Espinasse, et surtout écrire le roman qui a boulversé les aristocrates de l’Europe entière, La nouvelle Eloïse, dont les partis pris esthétiques résument le goût Français des 100 années qui suivent… Incroyable ! Je me suis senti ainsi moi-même complètement intrus des centaines de fois. Que vient faire un fils de pauvre d’origine Algérienne, au Salon “machin”, au Sénat, dans une soirée privée de l’Hotel Georges V… et jusque dans cet Hopital du 5ème arrondissement, désormais… J’en ai de la chance, mais cette chance réside dans la volonté de mes parents. Et finalement, dans leur amour. Alors que ma mère vende cette pièce, c’est sa vie. Je peux bien la lui rendre… Je m’en vais vivre ailleurs, je comptais déménager. Ce travail au loin me facilite la tâche, il y a l’attrait du Japon.
    Je suis revenu lundi soir. Pour la première fois, je n’ai pas ressenti de tristesse en quittant maman. Peut être suis je enfin satisfait de ma vie. J’ai compris tout le chemin parcouru par moi, je me suis senti solide. Content. Elle va être fière, ma môman, son “grand fils” est au Japon. Quand j’étais petit, c’est moi, qui était fier de ma maman.
    Ne vous sentez pas gênés. Il y a des millions de gens qui vivent en faisant les marchés. Les pauvres. Etonnés ? Croyez vous qu’on puisse faire vivre une famille avec le RMI ? En leur temps, il n’y avait pas le RMI… Ca a vraiment été difficile. Mais on avait des cahiers, un survêtement pour le sport, et on a même trouvé le moyen de me faire faire de la flûte traversière… Je n’ai réalisé que très tard à quel point nos parents avaient souffert, en silence. Mon frère Malik beaucoup moins. Je ne l’ai réalisé que quand j’ai compris que je ne pourrai jamais le dire à ma psy. Parce que là, je dépasse le cadre du rapport à l’analyse, et je m’adresse aussi à l’individu. Peut être a t’elle compris, ce n’est pas bien grave. On exprime ses émotions comme on le peut. Aujourd’hui, je peux vous l’écrire car je n’en souffre plus.
    Hier soir, j’ai revu une amie d’enfance, Zozo (son surnom), qui me ramène à ce temps là, et j’ai passé une très bonne soirée. D’une simplicité déconcertante. Du vin pas bon, des spaghettis trops cuits, une viande quelquonque, des cacahouettes. Mais beaucoup de chaleur à revoir Donata sa mère (la meilleur amie de ma mère). De l’émotion, pour tout dire, je me suis senti chez moi, à la maison. Comme chez ma mère, d’ailleurs, malgré le foutoir.
    En rentrant le soir avec Zozo et son mari, vers 1 heure du matin, j’étais content, Paris était vraiment une ville belle, avec une qualité de lumière que je n’ai pas trouvé à Londres… mais retrouvé à Tôkyô.
    Le fils de pauvres (au passage un très beau roman de Mouloud Ferraoun, Le fils du pauvre) se sent bien. Il est un peu patraque de beaucoup de chocolats, un peu stressé par le départ, un peu grippé courbaturé.
    Pendant longtemps, la culture lui a servi à rattraper quelque chose, à prouver. La politique à exprimer une douleur. La littérature à se justifier.
    Je vous avoue qu’aujourd’hui je me tape de tout cela ! Je suis décidé à me faire plaisir. Il ne me manque vraiment qu’une chose, c’est quelqu’un avec qui le partager.
    Amicalement,
    de Paris,
    Suppaiku

  • Retour à plus de simplicité

    Voilà l’année qui s’achève. Voici également une époque qui se termine. pour moi et, pour nous tous aussi, je le pense. Je décide donc de revenir à de la simplicité dans la présentation de ce blog. Noir, gris, blanc. J’espère que ce parti pris vous plaiera.
    J’ai installé la pendule qui m’accompagnera bientôt, Tôkyô. En bas de page, le compte à rebour avant le départ. Je crois que je suis satisfait de ce résultat. C’est en gros ce que je voulais. Suppaiku aspire à du sobre, du simple, du gris, du terne, du calme. Il a besoin de remettre ses idées à plat. C’est la première condition pour se réenchanter, et ainsi pourra t’il bientôt non seulement vous distraire mais également, souhaitons le, vous émerveiller.
    Supprimons le superflu, revenons à l’essentiel. Eteignons nos téléviseurs. Balayons nos yeux du trop vu, du skisvoit, de la mode et du clinquant..
    En espérant que cette présentation, sobre et terne, vous plaira.
    De Paris,
    Suppaiku

  • DÉPART pour Tokyo : J-49

    J’ai acheté mon billet ce midi. Je pars par le vol JL 406 Japan Airlines du mardi 07 février 2006 à 18 heures, et j’arrive à Narita le mercredi 08 février 2006 à 14 heures heure locale (soit 6 heures du matin, heure de France). J’ai “acheté” un surclassement et je serai donc au pont supérieur (la classe…) dans un confortable fauteuil “Shell Flat” de la business class “Season”. Je n’ai jamais été surclassé et n’ai (ainsi) jamais volé en Business et encore moins en First. C’est que ça coûte cher… Là, ça ne me coûte pas si cher, le prix d’un aller simple en classe économique sur Japan Airlines…
    Ca va aller très vite, désormais. Nous sommes désormais déjà bien lancé sur la fin de l’année, noël est ce week end et la nouvelle année dans moins de 2 semaines. Je n’en reviens pas. Et si je me retourne sur cette année, comme elle me semble longue et comme déjà lointaine. Il y a eu tant de “révolutions” dans ma vie cette année. Il y a presque 1 an, j’allais repartir pour Tôkyô (le 27 décembre) et y rester 1 mois (jusqu’au 25 janvier). Il y a eu Takeshi, la neige et puis une longue promenade dans la ville toute blanchie, la soirée à Shibuya avec Maruchan et Nahoko, Sopa et Maia, et puis Meiji Jingu et ce bar jusqu’à plus d’heure à Harajuku, le train au petit matin sur la nouvelle année et la ville à moitié ensommeillée. Il y a eu de nouveau Takeshi, et des sorties, et Tomo croisé par Hazard vers Iidabashi un soir où j’allais retrouver Megumi, elle a été très surprise elle aussi, O-hisashiburi desu… Des restaux, et puis le retour, ruiné, épongé, la déprime de février dans Paris, gelée et moi, que faire, où vais-je, à quoi ça sert tout ça, et puis des explications avec Takeshi, par mail, et puis le déclic, mon médecin, le travail en avril, rechangement de rythme, le temps des vraies décisions, ce week end à Londres où j’ai exprimé enfin où en j’étais : vivre ! Et vivre, comme une décision mûrement réfléchie. Retourner à la fac, mais aussi travailler, ne pas partir pour Londres quand Londres s’offrait, si facile en cette fin de printemps, mais rester, creuser mon sillon, me donner un an pour créer soit l’opportunité de partir au Japon, réussir mes études, etc, bref, ne pas attendre mais multiplier les possibilités et être prêt à prendre une décision. Retrouver le sens du temps. En un mot : accepter un traîtement.
    Alors il y a eu un après “décision”. Le travail plus pareil, l’été, le traitement qui marche bien et ne me tue pas, et il y a eu Londres de nouveau, mon bronzage à Hide Park après ces deux minutes de recueillement dans la City, une grande grande ballade sous le soleil… Août impatiente et de nouveau le départ, Kyôto sous une chaleur violente, le typhon, et les ballades à vélo pour aller nulle part, juste pour bien m’appercevoir qu’au Japon comme à Londres où à Paris, le tourisme ne m’intéresse plus, et puis re-Tôkyô, Megumi, Tomo, Marc et Nahoko, Toshiko toujours absente pour moi ou Megumi, Yoshinobu à Osaka, et Yoshi enfin, au hazard d’un soir où j’avais recroisé Karim pas vu depuis 25 ans, ainsi qu’un ex pas vu depuis 10 ans, la dernière fois au Palace… et jeté Masaru avec qui j’étais sorti il y a 2 ans (ça c’est pas ce que j’ai fait de mieux dans ma vie… mais comme je l’ai jeté cette année, tout va bien !!!).
    Le retour, pas de déprime, juste envie de vivre là bas, alors retenter encore, et puis là ça marche… Yoshi qui me “visite” en rêve quelques fois, des yeux, un corp superbe… je m’en remets pas, de sa “présence” quand nous avons marché ensemble, bavardé… non, je ne m’en remets pas…
    Il y a eu l’Inalco. Il y a eu les programmes de Pink TV. Il y a eu le bébé de Maria, les déjeuners chez elle avec Dulcinia, mon nouvel ordinateur iBook et mon NAD, mon nouveau mobile, il y a eu Camille bofbof, la vidéo de Hair Spray que j’ai enfin trouvée… On a enfin vu l’amie de Nicolas, Aram. Il y a eu les appels en visio avec Freddie et surtout ses parents que j’ai enfin revu après toutes ses années. Il y a eu mes CD4 qui ont fait un retour en force, il y a eu mon virus en cours de quasi disparition (“indétectabilité” qu’on appelle ça, c’est à dire que vu qu’il y en a peu, il ne peut pas suffisamment se reproduire et comme on prend des médicaments, ben, on reste à ce niveau très bas où le système immunitaire, réconstitué, peut enfin faire son travail…).
    La fin d’année arrive, cela va être encore un nouveau rythme, celui des cartons et la mise en place de la fin de mon séjours en France. Le mois prochain, je vais commencer à mettre en place ce qui me suivra.

    Je suis maintenant convaincu d’avoir une chance exceptionnelle. Vous ne trouvez pas ? Cette chance, je la dois à des parents vraiment très bien qui m’ont fait comme je suis, LIBRE.
    L’année qui vient au Japon est placée sous le signe du caractère 恋/koi/amour.
    Et il faut que j’aille vivre au Japon cette année là… Si je vous dis que je suis chanceux…