Catégorie : le Blog de Suppaiku, Tôkyô

Journal d’un Solitaire Sociable et Moderne de Paris et Londres à Tôkyô et …

  • Ma vie à Tokyo / 東京に生活

    Ici, temps magnifique. Chez vous, il pleut. Ici, dans la journée, il fait très frais mais le soleil nous réchauffe un peu. Chez vous, la pluie. Comment allez vous ?
    Samedi, je n’ai rien fait du tout, hier dimanche je me suis levé moins tard, quelle heure était-il, déjà ? Peut être 9h30, peut être même moins. J’ai posé la vieille au soir mon profil sur un site internet et j’ai échangé quelques mails avec un jeune gars de 27 ans, qui s’appelle Nori. Je l’ai retrouvé hier après midi, à Shibuya, il était environ 17heures. Sympa… Mais avant, j’ai fait un grand ménage chez moi, il fallait trouver une place à tout ce petit fourbi dont on ne sait jamais quoi faire, ranger les papiers, etc. J’ai eu fini vers midi. J’ai envoyé quelques mails, à Megumi, Noriyuki de Kyoto, Tomo, Maruchan, etc. J’étais relativement prêt vers 14heures, alors j’ai pu enfin prendre une douche, aérer mon studio, passer l’aspirateur. Tout frais, tout beau et tout propre sous le soleil de février. Le matin, comme c’était un dimanche, je suis allé m’acheter un pain dans une boulangerie appelée Little Mairmaid, il y est assez bon. Avec le café, de la confiture, c’était vraiment un dimanche. A Tôkyô… C’est donc vers 15H que j’ai proposé à Nori de se retrouver. J’allais sortir quand je vois un jeune homme parler avec la propriétaire : un ancien élève de l’Inalco, Antoine ! Quelle surprise, le monde est vraiment minus, non ? Mais le plus surprenant a été la réception d’un message de Machida-chi, un “posteur” du japon.org me disant qu’il colouait avec ledit Antoine vers Takadanobaba…
    Là, chapeau bas ! Je m’incline, Tôkyô m’a définitivement vaincu, je me rends. Je ne cherche plus rien puisque tout s’y présente comme ça, comme sur un plateau. Tiens, rien que l’avion. Avant de les quitter, je dis à Alain, Atomicdog et Nicolas que j’aimerais bien voyager dans un JAL aux nouvelles couleurs, particulièrement le Yokoso Japan. Et hop, toc, mon avion est le Yokoso Japan… C’est rare, à Paris, sur Tôkyô, les nouvelles couleurs de la JAL… Hier soir, je regardais la lune alors que je traversais Tôkyô, et je pensais très fort, mais vraiment extrèmement fort qu’il y a bien une aiguille dans cette botte de foin de 30 millions d’habitants que je retrouverais bien, mais je m’incline devant la difficulté de la tâche et il n’y a bien que la lune, le renard malicieux et le regard amusé d’un certain prètre Shintô, peut être aussi l’arc en ciel, qui sait mon ami le cheval, tous réunis, qui pourraient m’aider dans cette lourde tâche… Cela étant le simple fait de marcher ou rouler dans Tôkyô éveille mes sens, vous ne pouvez pas imaginer. Certains Japonais sont extraordinairement beaux et, contrairement aux chinois, ils ont une sensualité, une gracilité féminine extrèmement charmante. Et le plus étonnant, c’est que cette gracilité qui disparait avec l’âge derrière cette face rigidifiée par les codes, se libère après deux ou trois verres et il n’est pas rare de retrouver ce charme particulier du jeune homme dans quelque vieillard aviné aux traits burinés par les ans. Je dis cela des hommes, mais cela s’applique aussi aux vieilles femmes qui quand elles sourient vivement retrouvent un charme qui est un charme propre au Japon. Bref, imaginez moi, sur mon vélo, après avoir testé un raccourcis qui m’a bien rallongé de 10 mn qui côté de Minato-ku, imaginez-moi, bombant, arrivant sur Harajuku, entouré de tous ces gars, de tous styles, marchant nonchalant sous le beau soleil, et soudain cette pensée :
    MAIS QU’EST CE QUE JE SUIS BIEN ICI !!!!

    Justement, alors que j’étais à moitié paumé, mais je dis bien, à moitié seulement, je me suis retrouvé sur une sorte de boulevard qui m’a fait pensé à un de ceux que l’on voit dans Hana-bi, de Kitano Takeshi. Une longue avenue bordée d’immeubles de 5/étages, qui monte, surplombée de panneaux de signalisation, assez grise, anonyme et très américaine au premier regard, mais qui, plus on la regarde, que l’on gagne en confiance, se fait plus parisienne et ressemble à s’y méprendre à certaines de ces avenues que l’on a dans la première couronnes aux portes de Paris, comme à Saint Mandé, à Vincennes. Des immeubles récents, quelques espaces verts, des arbres, des commerces. J’aime bien Tôkyô et ne m’y sens pas si dépaysé. Mais alors, quel sentiment de liberté, la ville est immense. J’en ai au moins pour 10 ans, avant de m’en lasser. Imaginez, je n’ai toujours pas été à O-Daiba, et n’ai apperçu le Rainbow bridge que de mon bus, il y a 4 jours !
    Il était donc environ 17h quand j’ai retrouvé Nori. Shibuya grouillait de monde. Le garçon est charmant, du charme particulier des garçons de son âge. Je crois qu’un homme est extrèmement attachant autours de cet âge. Avant il est très jeune, trop jeune même, un peu foufou, et c’est légitime. Après, vers la trentaine, il se fossilise souvent. Ca peut être le moment où il rêve de se pacser et acheter un appartement, se contenter des petites choses. Mais avant, il y a encore les rêves, les désires lointains de la jeunesse, et la vie ne s’est pas encore occupé de tout raboter, d’user ces espoirs. Bref, malgré la lassitude qui pointe (c’est d’ailleurs certainement biologique puisque c’est à cet âge là que l’on commence à ne plus croître et que l’on diminue son métabolisme…), il y a encore de l’énergie. Dans mon cas, malgré que je commençais mon analyse à ce moment là, loin de me résigner, j’y ai retrouvé force et confiance en moi et, du garçon dépressif que j’étais, je suis en un an redevenu un jeune homme dynamique qui non seulement reprenait ses étude mais se surpris également à haranguer les foules, créer, vivre, quoi. J’y ai trouvé une énergie qui m’a donné de la vie pour au moins cinq à six ans… et dont le résultat final est ici, à Tôkyô.

    Barzador est un joyeux drille, surtout sur la montagne russe du Tôkyô Dôme en novembre 2004… sacré Barzador, va !
    Non, je n’ai pas renoncé à mes désirs profond, et s’il est un peu tard, il n’en est pas moins pas trop tard. Il y a juste qu’Arnantulfe Blazor, hégérie mythique du non moins mythique Spont’Ex a cédé la place au très timide, en cette époque là, Barzador. J’ai toujours préféré Barzador, plus calme et plus “graphique”, mais Arnantulfe lui a rendu son énergie avant, enfin, de lui céder toute sa place. Bon, je concède, c’est trop private, tout ça, mais certains lecteurs comprendront car ils ont très bien connu Arnantulfe Blazor.
    Avec Nori, un café, puis un autre, un restau. J’ai eu par moment un certain type de démangeaison qui m’aurait bien conduite à proposer autre chose, mais quelle idée de donner RDV à Shibuya, alors !!!! Un monde !!! Une foule !!! A Paris, c’est simple, quand on sent ces trucs là, on peut toujours s’arranger pour emballer le gars, mais à Tôkyô, je ne suis pas très famillier. On peut m’aider ? C’est pas pour dire mais en plus, avec l’âge, je prends la tournure du French Lover sans aucune difficulté (à Londres, la dernière fois, j’ai été épaté par mon succès… à mon âge, vous rendez compte ?). Dans le même bar où Tomo m’offrait du champagne l’an dernier, j’ai commandé après avoir expliqué la recette, des grog. Boire un grog dans Tôkyô, avec un beau garçon, c’est pas le paradis ? Ensuite, on a attéri dans un restaurant Italien très correct, meilleurs qu’à Paris, d’ailleurs. J’y ai mangé un rizotto, délicieux, poivré, très gouteux. Etonnant. Décoration Post-moderne : fontaine, patio de style acienda… au 2ème sous sol bien entendu. On a beaucoup causé, un peu bu aussi, très sympa tout ça. Enfin, bref, on s’est quitté vers 22heures, j’ai alors retraversé Tôkyô à vélo. Il faisait froid…. Je suis étonné, à mon âge, de continuer à regarder les gars avec les mêmes yeux qu’à 20 ans, mais avec juste le petit détachement de l’âge, une sorte de j’m’enfoutisme nonchalant que je n’avais pas quand j’étais plus jeune. Sur mon vélo, j’ai regardé la lune, comme si j’étais encore sous l’emprise de cette lune magnifique de septembre, à Nara. Je déteste ça, mais je crois qu’en moi veille un très grand romantique… OOOOUUUUUUUUUUUUHHHHHHHHHHHHHH !
    Je suis rentré après être passé par Harajuku, Shinjuku, Yotsuya puis, tout droit jusque Iidabashi. Là, ça monte raide ! Je suis arrivé à la maison, enfin. Ouf !
    Ce matin réveil tardif vers 9heures trente mais léver vers 11heures ! JetLag + vacances = je m’en moque, j’en profite. Reçu un mail de Megumi.
    Là il est 14 heures 15 et je ne vais pas tarder à sortir.

  • Enfin chez moi

    la vidéo est pas terrible, mais c’est le petit plus de ce post, pour vous dire que tout va très bien… (lien inactif – 6 fev. 2016)

    mon quartier

    Voilà, ça y est, j’y suis, et c’est vraiment extraordinaire. Aujourd’hui, je n’ai enfin rien fait de la journée, et c’est formidable car je n’ai pas arrêté pendant des jours et des jours… J’aurais même envie de dire que depuis mon retour fin septembre, ça n’avait pas arrêté. Fond sonore, April March, son premier album, le remix de Sugar. Un son bien français, bien parisien comme je l’aime, avec des chordes généreuses et une guitare au son “60’s” très prononcé quand il faut.
    Avant-hier, j’ai enfin donné de mes nouvelles à mes amis, mon premier mail. Ca donnait ça :

    “Bonjour,
    Il est midi. Je ne vous ai pas écrit avant car ma connection ne passait pas, mais ce matin j’ai pris le temps de m’en occuper, et ça marche très bien. Bref, j’ai le net. Ouf !
    Le vol. Après avoir quitté Alain, Nicolas et Atomicdog qui m’ont accompagné (merci), je me suis retrouvé tout seul et déphasé. J’ai eu beau chercher la plus petite trace de solitude, de tristesse, rien n’est venu. J’ai le don d’anticiper et je m’étais préparé. Peut être la solitude est elle désormais de votre côté, dans mon absence. Mais pas de soucis, ça passe très vite.
    Bref, dans ce grand hall clair, je me suis vite retrouvé entouré de Japonais et j’ai trouvé cela très encourageant, mais aussi un peu bizarre. J’ai acheté du parfum (comme depuis plus d’un an désormais, L’Instant de Guerlain, puis je suis descendu vers le Lounge, mais à peine avais-je eu le temps de m’installer (café expresso, galette bretonne, verre d’eau -infecte) que je m’appercevais que l’embarquement était commencé. Vous voyez, guère de temps pour l’introspection… Depuis des semaines, courir, courir…
    Je remonte, je passe en priorité (business class oblige) et me voici en moins de 2 dans l’avion, je monte. Je m’installe. Le pont supérieur, c’est étroit, mais il n’y a que 2 rangées, on se croierait dans un club… J’enlève mon manteau, ma veste et déjà une hôtesse se précipite, confuse, pour me délester. Très classe ! Je m’assieds. Je teste le Shell seat. Rigide et pas moelleux du tout, mais bien étudié. On peut même régler l’assise, le maintien de la colonne vertébrale, etc… Le service est très bien : serviettes chaudes, abondance d’hotesses prévenantes, nourriture plus que correcte. Les Japonais se sont baffré du menu Français (fois gras…), moi, j’ai fait dans le menu japonais. Avec 2 coupes de champagne. Vous le voyez, mon année est placée sous le signe du champagne…
    Et puis j’ai regardé une vidéo sur mon ordinateur. Les demoiselles de Rochefort. Cela faisait 4 heures que nous étions partis, j’ai décidé de tester la position lit. Boules Quiès, masque sur les yeux, pas de pyjama mais épaisse couverture, position horizontale. Malgré quelques passages de demi sommeil, pour la première fois, j’ai dormi. Au moins 5 heures, puisqu’il était 12h30 heures japonaise quand j’ai ouvert les yeux. Pas mal, non ? Là encore, pas le temps de réfléchir. J’ai juste eu le temps de prendre une soupe de nouilles Udon. Et hop, on attérissait.
    Pas de chance pour vous, mon appareil photo était resté dans mon manteau. De toute façon, cela n’aurait été qu’anecdotique. Je suis très heureux d’avoir voyagé en business, je suis arrivé déphasé, mais pas fatigué.
    Il était deux heures trente quand je suis sorti de l’aéroport. Beau temps, assez doux (11°). Ensoleillé. Atomicdog a perdu son pari, je ne me suis pas fait livrer les bagages ! Je me suis rassoupi dans le bus et n’ai réémergé qu’à 10 minutes de Shinjuku. J’aurais voulu vous filmer ça comme l’été dernier, mais j’ai des années devant moi, et je n’étais vraiment pas frais.
    Je suis allé à mon agence avec ma grosse valise. Ca a duré 30 mn à peine et une fois sorti, hop ! Un taxi. Tout simplement.
    J’ai donc emménagé vers 17h30. Je suis vite ressorti : il fallait appeler mon employeur pour dire que j’étais arrivé. Marché dans mon quartier, pris le train, réalisé que j’étais de nouveau vraiment à Tôkyô. Toujours pas lavé. Suis allé à une boutique Vodafone réactiver mon téléphone. Il marche depuis une heure de nouveau. Gratuit, en attendant d’en avoir un “vrai”. Faut juste que j’achète une recharge. Puis j’ai appelé mon employeur, et suis passé à leur siège. L’homme qui m’a accueilli était souriant, sympa. Le hall d’information, au 23ème étage était très luxueux, à la japonaise. J’ai patienté en feuilletant des livres . J’ai une semaine pour faire divers démarches. Je pense me débrouiller seul pour le téléphone, je vais me renseigner pour la banque. Je vous avoue un truc : cette société sait accueillir ses employés. On peut arriver ici et être pris en charge intégralement : banque, logement, téléphone, assurance, etc…
    Je suis ressorti de cet immeuble qui est voisin de la municipalité de Tôkyô (l’espèce de Notre Dame de 200 m de haut) dans le quartier d’affaire et j’ai fait du Shopping : de quoi prendre, enfin, une douche ! Shampoing, savon, crème à raser, etc… plein de nouvelles marques. Puis une serviette de bain chez MUJI, et enfin des babiolles dans un 100Yen shop. Dont le nécessaire pour aller au bain public. Je comptais un peu y aller hier soir mais c’est fermé le mercredi, je me suis donc contenté de ma salle de bain. Ce soir, sûr, bain public.
    J’ai mangé de retour dans mon quartier vers 21h30, puis fais des coureses chez Yoshiya, l’espèce de Monoprix du quartier, encore ouvert. J’ai pris la carte de fidélité. Ca m’a fait économiser 100Y et en plus j’ai gagné 2 coupons de 50Y.
    Je suis rentré, j’ai feuilleté les brchures de téléphone mobiles puis suis allé au bain publique pour constater que c’était fermé. Je suis rentré et en marchant dans la petite rue qui me conduit chez moi, pleine de plantes, de petites et vieilles maisons, un chat qui passe par là, ben, j’ai enfin pensé à ce voyage et me suis vraiment senti très bien, heureux. A la maison, j’ai enfin pris ma douche. Vers 00h30, comme je me brossais les dents, mon premier flatmate est rentré. Il m’a à peine salué. Anglais, je pense. Puis le second, néo zélandais avec qui j’avais un peu bavardé l’après midi. Il doit avoir à peu près mon âge, enseigne l’anglais chez Berlitz, vit au Japon depuis 6 ans. Il est ici car il s’est séparé de son amie. C’est en effet étonnant, après 6 ans, se retrouver dans une guest house. Il a l’air tranquille et bosseur (il m’a parlé de ses horaires). Il a démarré dans la même boîte que moi. Comme beaucoup de monde…
    Couché à 1heure, réveillé à 9h30. Ce matin, petit dèj, et enfin vidé/rangé ma valise. Tout est globalement installé. J’ai constaté que mon tèl fonctionnait il y a une heure et idem pour mon wifi. Bref, tout est en ordre.”

    Voilà, ça, c’était jeudi midi. L’après midi, ça a été la mairie de Shinjuku pour me faire faire ma carte d’étranger résident au Japon. Accueil extrèmement chalheureux. Puis ballade dans Shinjuku, kareraisu à Little Spoon (mon préféré, jugement définitif et sans appel). Commencé à faire les boutiques de keitai, mais comment faire sans compte en banque… Vodaphone ne me tentait guère… J’ai fini par acheter mon vélo, chez MUJI, vers 19h. Un peu cher mais j’ai décidé de ne pas prendre la tête. RDV le vendredi pour le chercher, tout équipé. J’ai continué ma ballade, la ville brillait de tous ses feux, je serais bien sorti, c’est que j’ai une aiguille à (re)trouver… mais je me suis contenter de regarder la lune qui, montante, brillait dans le ciel dégagé. C’est qu’il fait très beau, ici.
    Je suis rentré. Le soir, enfin, sentô. Quel bonheur, le bain chaud, le bain froid, le bain médicinal… et tous ces corps dénudés, anonymes et (presques) indifférents les uns les autres. Ici aussi se retrouve cette égalité japonaise. Jeunes, vieux ou moins vieux, tous égaux dans la nudité du bain. Les uns contemplant la jeunesse des autres, les autres comprenant la marque indélébile du temps. Peut être pour cela, ce culte omniprésent de la jeunesse, des visages jeunes, cette énergie partout présente, pub, musique. Il faut se dépècher de vivre. Dans le bain, un vieux monsieur regardait par moment un jeune homme se laver. Je ne crois pas à du désir, son visage reflétait plutôt de la nostalgie… Les visages sont ici impassibles, et pourtant il est fort connu qu’au détour d’un bain, un léger frolement suggère d’autres possibilités. C’est comme cela, au Japon. Pas de regard insistant, pas de drague. Une simple possibilité, naturelle.
    Moi, j’ai regardé le lieu, ces hommes jeunes et moins jeunes. Comme tous les jours depuis mercredi, j’ai envie de rire. Je me moque complètement d’être seul pour le moment, je m’installe. Je suis rentré, réchauffé, content, prêt à pousser toutes les portes.

    chez moi, vendredi après-midi… quel bazard !

    Vendredi matin, j’étais bien décidé à ouvrir un compte en banque. Non seulement c’est fait, mais en plus je vais avoir une carte American Express ! Ensuite je suis allé acheter un téléphone mobile, à Shinjuku. Il faisait très beau, presque printanier. J’ai pris un modèle à 1Yen, ça équilibre avec le vélo à JPY20 000… J’ai pris aussi l’option “double flat rate” parce que je me fais peur côté multi média ! J’aurai aussi 3 numéros préférés. J’ai reçu un mail de maruchan, mais je n’avais pas compris qu’il était à ce point occupé, bref, on s’est loupé. Je suis rentré chez moi après avoir pris mon tel dans l’objectif de prendre mes médicaments, mais je les ai (encore) oubliés.

    Chez moi, j’ai écrit ce mail à des collègues,

    “Je viens de rentrer chez moi et je tente de me débrouiller avec le mode d’emploi de mon téléphone. Je me suis dis que je pouvais vous le présenter parce que bien qu’il s’agisse d’un modèle à 1 YEN (parce que sorti l’an dernier, en janvier), il fait tranquillement son 3,1Mpix, autofocus, il lit les code-barres, doté d’une mini carte SD, fait bien sûr des vidéos (jusque 240*320), surfe sur les sites web en redimensionnant les pages, fait lecteur mp3, a un écran panoramique QVGA 240*400… Il est 3G, bien sûr, mais ici au moins, ça marche très bien et chez cet opérateur (AU / KDDI), ça, peut aller jusqu’à 2,1 Mo, donc méga rapide pour envoyer des fichiers lourds. Pas la peine de préciser que j’ai pris un forfait multimédia…
    J’ai pu prendre un abonnement car depuis hier je suis officiellement enregistré à la mairie de Shinjuku (c’est mon arrondissement) et depuis ce matin, j’ai un compte à la Shinsei Ginko.
    Je vous mets aussi une photo prise tout à l’heure avec mon keitai, je vous présente mon quartier. Il règne à Iidabashi une atmosphère de quartier parisien…
    Bien, tout cela pour vous dire que je suis arrivé à bon port, qu’on dort très bien en business class et qu’on arrive en pleine forme et que, plus que jamais, j’adore cette ville. Mon appartement est vraiment très tranquille, ma propriétaire est charmante, mon vélo ultra léger.”

    Je suis ressorti, suis allé chercher mon vélo chez MUJI, envoyé un mail à Maruchan, suis revenu dans mon quartier. Il était déjà la fin de l’après midi, j’ai pris mes médicaments, je me suis promené dans le voisinage et j’ai fait mon dernier grand investissement, une télévision, Sony. Le soir , j’ai surfé sur le web. Je finis de digérer le décallage horaire. La TV a été allumée jusque 01h30 du matin.
    Bref, ce matin, c’était le troisième jour, c’est à dire le pire. J’ai émergé à 2h30 de l’après midi. Quel bonheur. Dehors, plein soleil. Mais je ne suis pas sorti. Déjeuné. Organisé mon keitai (rentrer des téléphones, des mails, etc). Mon premier jour à ne rien faire… Reçu un mail d’Atomicdog qui m’a beaucoup touché.
    Et voilà…

  • J : tout simplement

    Faire ses baggages,

    en prenant son temps.

    Revoir ses amis,

    être prêt.

    En ce moment, il fait gris, assez frais sur Paris.

  • J – 9 : le temps des adieux qui arrive

    Week end chargé, occupé. Je n’ai pas eu trop de temps pour m’occuper de chez moi, mais c’est finalement beaucoup mieux ainsi. Vendredi, j’ai donc retrouvé cette “bande des années 90”, Alain, Nicolas et Stéphane, ces fidèles alliés de mes temps difficiles, quand je tentais de remonter la pente difficile de ma dépression des années 92. Alain, que je connaissais d’avant, du Parti Socialiste et qui s’est installé tranquilement, discrètement dans le cercle de mes intimes. Nicolas, le pionnier de nos années Spont’ex, Paris I, la cour de la Sorbonne, le CIP, les grèves et les manifestations et puis la section Montesquieu, et puis progressivement la vie tout court, des affinités et des différences qui se racontent et se partagent, un ami posé qui a la tê^te sur les épaules et qui me rassure, extrèmement proche. Stéphane, rencontré par Nicolas, lui aussi arrivé discrètement dans ma vie aux gré de circonstances divers qui vont des études à des soirées mémorables où ils me dépassait en terme de “débit” en passant par des évènements plus personnels où j’ai enfin percé l’homme qui se cachait derrière ce garçon à l’esprit cartésien. Il est même devenu mon chauffeur officiel après avoir longtemps été postier (mode privé on !). J’aime bien son visage poupin quand il rit, et j’adore son côté “droit au but”, carré. Politiquement, je suis extrèmement explorateur, défricheur d’idée et je crois très bien synthétiser, mais je n’ai pas de rigueur du tout. Stéphane a beaucoup plus de rigueur que moi. Je dis cela car maintenant Stéphane s’est rapproché des activités politiques. Moi, je le confesse, je peux très bien évoluer, me contredire (pas sur le fond, heureusement), bref, changer mes options. Par exemple, ne me demandez pas ce que je pense de Mitterrand, car je vous répondrait que je m’en moque autant que de la culture de la béterave dans le marais Poitevin ! Stéphane est plus constant. Ca m’amuse, de le voir membre du PS, lui qui était si distant vis à vis de la Section Montesquieu (dont il fut toutefois membre fondateur…)
    Soirée sympathique, mais brève, et ce fut rapidement le départ… Stéphane qui me racompagne chez moi, au revoir, je sors, er-au revoir à Alain, et là je réalise que je vais ainsi me séparer de mes amis, un par un, et pour longtemps. A quarante ans, on est une personne ayant déjà une bonne vie derrière elle, et quitter des amis reviens à se détacher de cette vie déjà longue qui nous a façonner. Désormais, leur quotidien se fera loin de moi, sans moi. Désormais, mon quotidien se fera loin d’eux, sans eux. Comment nous supporterons-nous ? Comment nous épaulerons nous, comment nous raconterons-nous ? Nous partagerons nous encore comme avant ? C’est désormais une nouvelle étape de nos existence qui se joue. J’ai quitté Alain, qui est remonté dans la voiture de Stéphane. J’ai ouvert le porche, je pleurais. J’ai marché dans le couloir et l’espace d’un instant, j’étais dans Tôkyô, et j’étais tout seul.
    Je me suis réveillé vers sept heure, recouché, levé vers neuf heures, et ce fut le samedi. Le matin, vendre encore des livres et encore des livres. Encore un peu de Japon, beaucoup de dix’huitième siècle, Balzac, et puis plein d’autres. Puis ce fut le temps de la platine MD, du discman et de la flûte traversière. Pas de peine, cette fois-ci. Chez Cashconverter. Je suis allé ensuite chez Merson acheter de l’argent. Et je suis rentré. Il était quatorze heures. J’ai retrouvé Yoshinobu comme tous les samedis, au Centre-Ville. Et puis ce fut la course pour arriver chez Kintaro pour la soirée Japon.org dont j’étais cette fois-ci l’hôte. La dernière fois, c’étais il y a deux/trois ans, c’étais Maruchan qui s’en allait. On était dans la même arrière salle qu’hier soir. Nous nous sommes retrouvés quinze, et ça fait plaisir. Il y a ceux que je connais peu, et ceux plus ancien comme Sly ou TB que je connais des anciennes soirées voire de l’Inalco. Ou Antoni, de ses aventures “panique à Tôkyô”. Internet créé des liens incroyables. Ce n’est pas le lieu du virtuel dont on nous a rabaché les oreilles. C’est aussi un autre lieu de partage, une autre occasion de se connaître, ailleurs qu’au travail, en dehors du local, en fonction de ses centres d’intérêts. C’est peut être pour cela que tant de gens sont effrayés par le net. En tout cas, je suis heureux qu’il y ait eu ce site car lejapon.org m’a accompagné dans cette démarche qui me conduira à m’installer au Japon. Non pas activement, mais comme une bobliothèque, comme un carrefour d’échange d’idées, de conseils et surtout comme le lieu où d’autres ont raconté leur expérience du Japon.
    On s’est quitté tard. Je me suis réveillé tôt. Freddie est passée vers 12h30, on a filé sur Bobigny, on a fait un tour par Bondy, Frémin (Renoir), l’Eglise, la place de la Mairie, l’avenue Pasteur, l’allée des paquerettes où j’ai grandi, la nationale, Chemin de Groslay, Tarika. Comme je disais à Freddie, désormais, je peux partir. J’ai mon histoire bien dans ma tête, bien ordonnée. Pas de fouilli, tout est clair. Je ne laisse rien de trouble, tout est très simple. Mes amis sont avec moi, je les ai préparés. Je ne quitte pas mes amis comme à sept ans quand je suis parti chez mon oncle et ma tante pour les vacances, sans savoir que nous déménagions et que je ne les reverrais pas. Je pars seul, je sais où je vais, et je reverrai tout le monde, car le monde est petit et je ne compte pas me cacher. Je suis bien.
    Il y avait Dul chez Tarika, ainsi que Nadim le mari de Tarika. Le départ a été difficile. Tarika s’inquiète, c’est un peu ma petite/grande soeur. On a traversé beaucoup d’aventures tous les deux, on s’est beaucoup épaulé et chacun a toujours été là quand l’autre a flanché. On ne s’est pas choisi les voies toute tracées. Elle est danseuse de Bharata Natyam, une grande danseuse, brillante. Et comme je lui ai dit en plaisantant alors qu’elle était triste au moment de mon départ, elle nous quittait bien autrefois pendant près de six mois… Mon départ est nécessaire. Et je lui souhaite à elle de recommencer à voler vers l’Inde car je sais qu’elle y a toute sa place. Tarika et moi nous connaissons depuis près de 25 ans. Freddie et moi près de 28 ans. Mes au revoirs à la France, ça me raconte aussi un peu, finalement. Mais que chacun se rassure, je ne flancherai pas et malgré ce que cela me coûte, je partirai le sourire sur le visage parce qu’au fond de moi, je suis extrèmement heureux, extrèmement bien et libéré de beaucoup de choses. Ce départ, c’est aussi le résultat d’un très long et très difficile travail. Désormais, c’est un autre travail qui commence. Pour la première fois de ma vie, je ne vais plus avoir cette envie de partir en moi. Cela ouvre bien des perspectives…
    Chez moi, c’est désormais un endroit hanté. Hanté par mon histoire, par Siouxsie ma chatte morte il y a six ans, par ma mère, jeune, qui y plaçait tous ses espoirs et me les a transmis au point de ne pouvoir quitter cet endroit. Il y a ici la mémoire de Tarika, de Freddie, et Snuff compagnon de Métal Urbain (crève salope, ta vie vaut pas cent balle, 1977 !!), Nathalie, Olivier, Tim, les Loisel, la Turkheim, mes amants, mon frère et Lipstick, mon père, qu’est qu’il y en a, de visages à être passés par ici. Il y a eu Denis, et qu’il me soit permi d’écrire qu’il fut mon meilleurs souvenir. Un amant rare. Que j’ai vraiment aimé. Et il y a eu Jacques, ah, Jacques… C’est aussi toute cette époque qui s’achève. Au revoir, Jacques…
    Bon, ben, encore une semaine au travail.
    Dans l’avion, je ne sais trop si je vais avoir trop le sourire, je ne sais pas. Je suis tellement impatient, aussi. C’est quand même un rêve de gosse, qui se réalise… Je suis content, être un adulte qui ose regarder l’enfant qu’il fut dans les yeux, c’est formidable, non ? Je suis fier de moi car JE ME fais plaisir. J’ai bien fait, de ne pas baisser les bras, il y a trois ans… On se remet de tout. Au contraire, j’ai tenu à démentir cette “fatalité”.
    Je commence à avoir quelques envies. J’en ai une, très nulle. Le Tokyo-Dome, enfin, le parc d’attractions ! Si si… C’est con, hein ? Mais un dimanche de glande, passer son temps dans la grande roue, le jet-coaster, etc… sympa. C’est, à pieds, à 20 mn de la maison…
    De Paris, troublé mais heureux,
    Suppaiku

  • J – 11 Je suis bien…

    ce matin, avant de partir pour le travail. Je suis dans ma période “je me trouve beau”
    Le temps se met à passer vite et lentement à la fois, vite en soirée, lentement en journée. Le matin, je me force à décoller de mon lit où je me sens si bien, malgré le fait que je sois éveillé avant que le réveil ne sonne. Au contraire, je pense que je ne m’éveille que pour l’entendre sonner et ainsi mieux me rendormir, comme ce matin où je me suis assoupi jusque près de 8h30… Comme je n’ai plus ni chaine, ni radio, je me contente d’internet. Le site de Radio France ayant déclaré la guerre aux utilisateurs de MacIntosh, je me contente de Radio-Classique, cette radio qui me rappelle à quel point notre monde est dominé par la finance. La Pub phare en ce moment, c’est “Carmignac Gestion” qui veille à “réveiller votre épargne”, jugée trop “zen”. La belle affaire… Sur Radio Classique, les pauvres ne sont pauvres que parce que le monde n’est pas assez libéral… Je ne sais pas pourquoi j’écoute Radio Classique, finalement, puisque jusque 9 heures, il n’y a pas du tout de musique.

    achetées la semaine dernière, portées aujourd’hui pour la première fois… jolies, mes bottines, hein ?
    Bref, je me dépèche de me préparer, je m’habille et je déjeune, et je prends mes médicaments, et je me lave les dents. La tranche horaire 9 heures/ 11 heures de Radio Classique démarre, lamentable. On se croierait sur une sorte de France Inter du classique pour ménagère de moins de 50 ans. Ce matin, l’Ouverture de Don Giovanni, une interprétation poussive, lente à souhait comme on n’en fait plus depuis Harnoncourt ou Gardiner. D’ailleurs, côté Mozart il y a pire, le voilà réduit à l’état de people puisque la chaine a décidé de l’interviewer tous les jours. Pire que nul… Après je file. Mais comme il fait très beau (et méga froid, environ -3/-4), je vais au travail à pied, le casque sur les oreilles. Et puis il y a le bureau… J’ai lancé l’invitation à mon petit déjeuner où j’apporterai des trucs de La Bague de Kenza. Je vois pas pourquoi je me prépare à dépenser EUR50 pour une sorte de pot, mais en même temps, c’est gentil…
    Je suis méga pris ce week end… La semaine prochaine ça va être la souffrance, au travail…
    J’ai hâte de partir, maintenant. Vraiment très hâte. C’est beaucoup trop long.
    De Paris,
    Suppaiku

  • J – 12 moins de 2 semaines

    à bord de l’avion, le repas japonais
    Ma vie continue et ça sent bien la fin. Au travail, mon énergie se réduit au stricte minimum, désormais. Quand je parle avec mes amis au téléphone, je parviens à saisir une certaine émotion, ou peut être est-ce moi qui réalise à quel point leur proximité me manquera. Mais aussi, je suis si heureux de partir que je sais bien qu’ils sont eux même très heureux pour moi. Stéphane m’a dit lundi soir que je réalisais un rêve, que je pouvais être heureux, que j’avais bien de la chance et que tout le monde n’a pas ainsi la chance de réaliser ce type de rêve. Et le plus fou, c’est que c’est vrai. J’impose par ma simple présence cette cruelle évidence à mes collègues. En tout cas, aux plus sympathiques d’entre eux.

    je suis resté dans cette chambre que je retrouve le 8 février, il y a un peu plus d’un an… le bonheur

    Hier soir, c’était un peu fainéantise, j’ai achevé ma “redifusion” de やまとなでしこ après avoir été chercher de l’argent, j’ai relu ce que j’avais écrit en soirée et déploré, fainéant, l’abondance des fautes d’orthographe de ces premiers jets.

    Je continue ainsi à accumuler ce petit pécule qui me permettra de vivre un temps. A Iidabashi. Ce soir, je jette. J’ai plein de truc à jeter et, comme demain soir je sors, comme samedi après midi et le soir aussi, ainsi que le dimanche après midi, je suis pris, alors ce soir est le bon soir. J’y verrai plus clair, débarrassé de ce qui ne sert à rien. Et qui s’est révélé au fur et à mesure de la semaine. demain soir, Nicolas devrait passer, peut être Alain aussi, j’aimerai que donc ce qui reste chez moi soit “lisible”.

    pour la première fois, la “Sibérie” devrait devenir une partie de plaisir

    Le but est aussi de pouvoir commencer à remplir cette (gigantesque, 110 l!) valise. Je me demande d’ailleurs si je n’ai pas visé “trop gros”, mais bon… En jetant, ce soir, je vais également “descendre” mes livres, mes vêtements (en jetant également ce qui ne partira pas). Je veux que ce week end soit l’entrée dans une “dernière ligne droite”. Mais c’est bien amorcé, finalement, et bien que ce soit un peu le bazard, il ne me reste vraiment que les livres à liquider. ET ma platine miniMD, mon téléphone portable. A ce sujet, mon abonnement I-mode/ Bouygues est terminé. Un conseil, allez tous chez Bouygues, ils sont beaucoup plus serviables et conciliant que Orange, qui me fait des explications dans tous les sens. Et comme leur 3G qui marche mal ne me plaisait pas…

    la 3G sans I-mode, c’est comme les programmes de distraction dans les avions : sophistiqué, avec des films merdiques

    Je vais voir Alain et Nicolas ainsi que Stéphane demain soir, je vois Yoshinobu samedi après midi, j’organise un repas japon.org samedi soir et je retrouve Tarika, Freddie et Dul dimanche midi… Je dois trouver donc, dans le samedi matin et le début d’après midi, le temps d’aller à Joseph Gibert, Gibert Jeune et Cash Converter. C’est la première fois que j’en fais autant avant un départ… Mais il faut avouer, quel départ…

    ce que je mangerai à bord

    Mes pensées sont pricipalement tournées vers ce départ. J’ai une idée de ce qui me reste ici à faire, j’espère juste que la journée d’action syndicale, justifiée mais qui sera forcément un échec, ne viendra pas perturber mon départ. Je sais que j’arriverai à Tokyo, que j’irai chercher mes clef et signer mon bail, que je souffrirai à cause de cette valise lourde de 30 kilos et gigantesque, du sac de cabine de 10 kilos, et que s’il pleut, ce sera l’horreur. Non pas de l’aéroport (sauf si je subis une fouille) à Shinjuku (l’agence), mais après Shinjuku jusque chez moi… Après… Impossible de rêver, impossible de faire de quelquonques projets… Enfin, si, mais c’est quand même très vague. Il y aura de nouvelles personnes et des nouveaux lieux familiers, comme la vie me l’a jusqu’à présent enseigné. Mais c’est vrai que cela reste très vague.

    on dirait presque quelque chose de bon

    Le monde sera un peu lointain au début, certainement. Le Proche Orient du Hammas, le Liban et la Syrie, les population en danger au Cachemire ou au Timor, les prix du pétrole et le retour du nucléaire, la menace iranienne, le libéralisme triomphant malgré ses scories, les nouveaux populismes “de gauche” d’Amérique centrale, les “babs altermondialistes” et les nouveaux populismes “de droite” en Europe, les grèves qui conduisent nul part, la percée de Villepin et la tronche de Besanceneau, les socialistes médiatiques, les querelles littéraires médiatiques, les idées subversives médiatiques, les people médiatiques… Ou je serai, le monde s’arrêtera pour moi un temps, jusqu’au tremlement de terre, ou bien en attendant que j’ai de nouveau, vraiment, envie de m’y intéresser, sans avoir rien à prouver à quiquonque ni aucun compte à régler ni avec ma vie, ni avec la fortune des autres.

    dodo…

    Juste parce que ça peut valoir le coup. Alors je vais emmener de la littérature. Cet été, j’ai aimé lire, pendant le typhon numéro 13, à Kyoto. Je vous fournirai la liste de ces classiques que je vais emmener. D’abord des classiques. Je compte désormais enfin terminer La mise à mort, d’Aragon. C’est aussi le moment. Je compte même commencer avant le départ.
    Je sais que mercredi, en fin de journée, je vais faire des courses, acheter des trucs et des machins, et que j’irai certainement manger un kareraisu en soirée. Que j’achèterai mon vélo ce jour là, aussi, pourquoi trainer. A moins que je ne me décide à profiter du billet “Bus limousine + métro” en promo à 円 3,100…
    Vous voyez, au fur et à mesure que le temps se rapproche, mes désirs se dissipent derrière les contingences… C’est tant mieux comme ça…
    De Paris,
    Suppaiku

  • J – 13 Je vous aime tous… si si si

    14h36, devant l’ambassade du Japon, avec mon passeport
    Je ne poste guère, je crois que vous l’avez tous remarqué. C’est que mes journées sont désormais monotones, bien que très excitantes. Si je vous racontais tout cela au jour le jour, je crois que je finirais par vous perdre. J’en ai pas trop envie, parce que je vous aime bien, vous, ceux qui me lisent un peu, beaucoup ou tout le temps. Amis et anonymes, connaissances lointaines ou plus proches, intimes. Frédérique ou Nicolas, Marc ou Thomas, et puis les autres moins connus mais tout aussi assidus et qui me postent leurs impressions de temps en temps. Ca me fait plaisir, si ça vous fait plaisir.
    Et comme je suis sur le point de partager avec vous tous mon grand transbahutement de l’occident vers l’Orient extrème, je ne tiens pas à gacher.

    Alors, quoi de neuf ? Eh bien d’abord mon chez moi a bien changé, il a même changé de chez changer. Plus de chaîne, plus de TV, plus de graveur DVD ni de scanner ou d’imprimante. Ma bibliothèque s’est vidée d’un tiers. Un aspirateur dans un coin et une valise dans une autre, fini la table, le bureau. L’endroit se vide.
    Mes disques aussi, ont disparu. Tous transformés en mp3, ou plutôt en AAC. Mes DVD ont quitté leurs boîtiers, ils sont dans une pochette.
    Mon frère est passé dimanche dernier. J’ai eu ma mère au téléphone. Je vends mes livres. J’ai fait du change et je m’aperçois que mes 3 premiers mois vont être serrés (toute proportion gardée, car en fait, c’est du au fait que mon 1er mois je ne travaille que 1 semaine, et que je devrai payer mon loyer une semaine avant d’être payé… Bref, en février, je devrai déjà mettre de côté mes loyers de mars et avril… tout en payant février !

    mon working visa !
    Je vais habiter à Iidabashi, Kagurazaka, plus exactement, dans la même guesthouse qu’il y a un an. La chambre s’est libéré il y a 10 jours… J’en rêvais, et ça s’est fait. Je veillerai juste à ne pas me mettre un gaisen du genre de Takeshi dans les pattes. Mais quelque part, tant mieux que ça me soit déjà arrivé, l’histoire n’aura duré qu’un mois. Je vais retrouver mon sentô, mes obaasan de voisines, les commerces du quartiers, un peu chers mais avec des produits français “abordables”. Avec un vélo, enfin, je serai à côté de tout. Bref, je quitte Strasbourg Saint Denis pour une sorte d’équivalent géographique. La proximité de l’Institut Franco-japonais enfin me permettra de profiter de la bibliothèque.

    Je suis un être heureux dans un monde où le malheur domine, et je serai bien idiot de me plaindre, de ne pas profiter. Je vais quitter la Banque et ses métiers que je n’ai jamais cherchés. Je vais quitter mes collègues que j’ai apprécié et ceux aussi qui me sortent par les trous de nez. Mais c’est vrai que j’en ai eu, de la chance, ici car la plupart de ces collègues sont de vraies crèmes, serviables, patients. Ma collègue Odile continuera ici le travail que nous avons accompli en commun, mais je ne serai plus là. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas rapproché à ce point d’un(e) collègue. Mais malgré des désaccords qui se seraient manisfestés si nous avions créusés, je crois que nous avons été heureux de trouver l’un chez l’autre de la culture et de la curiosité, et aussi une réelle personnalité. Travailler au milieu de la paperasse avec quelqu’un qui aime Bach, qui aime le 18ème siècle, même si cette personne est catholique pratiquante, conservatrice, eh bien cela me fut infiniment plus réconfortant et agréable que travailler avec quelqu’un qui m’aurait saoulé avec le foot, les filles, les soirées à l’Hyppopotamus… Et quelle culture de son métier, et quelle vivacité, encore, malgré une maladie qui avance lentement en elle. Bref, je me suis senti proche de ma collègue, et là aussi j’ai eu beaucoup de chance. Je regretterai Odile car apprécier un collègue proche, c’est rare. J’ai entr’aperçu la personne.
    Ces 3 années m’ont véritablement transformé. Je suis content de partir maintenant, c’est le bon moment.
    Et je suis heureux de prendre enfin du plaisir à donner tout ce qui me passe par la tête. Allez, j’y vais…

  • Par le vide…. suite

    ici, il y avait un amplificateur NAD 330BBE, une platine CD Philips CD723, un tuner Dual (encadrées de 2 enceintes MISSION S-31), un téléviseur 36 cm, un magnétoscope HiFi, le lot de télécommandes assorties…
    J’ai livré ma chaine mercredi soir dernier, et cet après midi, ce fut le tour du téléviseur. En ce moment où je vous écris, je suis en train d’”importer” mes CD dans mon iTunes… En fond sonore, le qanun et la voix magique de Aicha Reddouane, ma chanteuse arabe favorite toute catégories. C’est un travail magnifique, reconstituer la sonorité de la musique arabe de la fin du 19ème siècle, avant le grand afadissement des années 30, les orchestres tentaculaires, les sonorités mielleuses… Ici, un qanun, un violon, une percusion, un ud… et cette voix féminine, la diction de l’arabe classique, ces textes qui chantent l’amour, l’alcool qui tourne la tête et rend mélancolique. C’est une hérésie, voici cet enregistrement fabuleux compressé en AAC… Je compresse Vivaldi, Bach, Couperin, Lulli… C’est la vie, mais ça me plait comme ça. Les originaux, je vais les donner ou les jeter.
    Je déconsomme. Reste l’essentiel. La voix de Aicha Reddouane. Le violon de Chiara Bianchini. Le clavecin de Pierre Hantai.

    le cul de la TV, un lot d’environ 30 VHS que j’ai données à Yoshinobu
    Sinon, quoi de neuf si ce n’est que mon départ approche… Je ne vais vous confier les informations, désormais, qu’une fois celles ci vérifiées. J’ai une piste pour mon point de chute. C’est en négociation. Cher, normal puisque c’est une “guesthouse”, mais ça me plairait bien. Central. Côté news validées, je ne commencerai à travailler que le 20… Une semaine de vacance. Pas payées, mais bon… Vacances à Tôkyô. Le temps d’acheter le vélo, ouvrir le compte en banque, avoir la carte consulaire, enclencher mes démarches administratives, me promener, retrouver Ginza…
    Vendredi soir, c’était la soirée BNP Paribas Paris Back-Office Crédits Dérivés… Les pontes s’étaient déplacés de Londres. J’ai ENORMEMENT BU… Malade, j’ai vomi sur le quai du métro (véridique, ça ne m’était jamais arrivé, un truc comme ça… J’ai honte !). Petits fours, champagne… (je devrais mettre un s à champagne, tiens…). Musique lamentable. J’ai fini par parler “mec” avec les filles. Certains ont été un peu surpris. Je suis rentré à pied à la maison, car il n’y avait plus de métros. Un calvaire. Samedi, gueule de bois, obligé de d’abord colmater la digestion avec beaucoup de pain, puis beaucoup d’eau et du sommeil. Bref, je n’ai pris mes médicaments que vers onze heures… Mais j’aurais l’air bête, si je les avait vômi.
    T’as pas honte, Suppaiku ?
    Non ! J’ai pas fini au Dépôt !
    Parce que finir au Dépôt, c’est la honte ?
    Ben ouais, c’est crade, à la limite, vaut mieux allez zoner du côté de la Villette, vers les anciens entrepôts !

    Ben oui, quitte à “avoir des envies”, autant que ce soit en plein air, au propre ! Enfin, bon, quoi, je suis rentré chez moi, La Villette, j’ai pas mis les pieds depuis longtemps… Mais baiser le long du Canal de l’Ourq, c’est rigolo, surtout au petit matin, en juillet…
    ?????
    (fin du hors sujet)
    Il y a des tas comme ça un peu partout
    Je suis rentré chez moi, donc, de la soirée, à pied, avec au moins 5 grammes d’alcool dans le sang, je ne sais pas trop comment j’ai fait, c’est ce que j’appelle opération survie. Le cerveau calé sur son programme de secours appelé “maison”. Hier a donc été ramolo, mais cela ne m’a pas empêché de passer la soirée chez Stéphane avec Véro, Nicolas et Alain.
    Aujourd’hui, encore un peu ramollo. Je recule les échéances, quoi. Ai reçu ma résiliation chez Free. Ca se précise quand même… J’ai sorti mes CD de leur “cachette”. Opération “compression”.
    De Paris,
    Occupé et impatient,
    mais un peu dépassé par ses propres évènement
    Suppaiku (content)

    J’allais oublier de vous parler de mon médecin. J’ai ses compliments. Je pars, le coeur content, comme disait Barbara.

  • …Par le vide

    FNAC Les Halles, vers 18h00, service Carte FNAC
    Qui paie ses dettes s’enrichit ! Bon, je ne sais pas ce qu’il en est, mais j’ai remboursé mon crédit à la FNAC. Un monde, dans le Forum, ce soir… 1er jour des soldes. Moi, je dé-consomme. Après avoir laché plus de EUR 500, je suis rentré chez moi. Ouf, je reçois ma désouscription à ma mutuelle… Ca avance. Ce matin, message dans mon mail venant du Japon. Me voilà rassuré, je commence à comprendre le mécanisme de la prise en charge là bas… Tout va bien.
    Rentré chez moi en vitesse, répondu à mon employeur au sujet de ma date de début et au sujet de mon logement. Je crois que j’ai pas mal de chance. Disons aussi que je l’aide bien (j’ai écrit à des assoc il y a un mois, en japonais bien sûr; je visite le site de Sakurahouse régulièrement car je souhaite rester dans la Gaijinhouse où j’étais il y a un an… etc.
    Juste eu le temps de préparer ma chaîne, Stéphane appelle, on a filé chez Mulgon Melta. Ca y est, ma chaine est vendu.
    Même pas triste. Ca se rapproche.
    Les nouveaux mac sont sortis. Temps à la pluie.
    De Paris, à 27 jours du départ,
    Suppaiku