Catégorie : le Blog de Suppaiku, Tôkyô

Journal d’un Solitaire Sociable et Moderne de Paris et Londres à Tôkyô et …

  • Vidéocasting 2 ! C’est parti !

    J’ai donc édité mon premier vrai vidéomagazine, une bonne vingtaine de minutes et j’espère qu’il vous plaiera. Autant le dire avant, restent encore des imperfections au niveau du mixage son. Je le réalise avec iMovie et iMovie n’est pas du tout une table de montage ni une table de mixage son… Enfin, c’est fait!
    J’ai tenu compte de certaines remarques : j’ai utilisé ma caméra miniDV, par exemple, et comme elle le permet, j’ai filmé en 16*9. Ce n’est pas, en revanche, de la HD car avec la compression, ce n’est pas très utile… J’ai veillé à vous donner en revanche la meilleurs qualité sonore en encodant en 128, ce qui est très bon avec ce format de compression (mp4, h264).
    Pour ceux qui ne parviennent pas à ouvrir ce type de fichier, je recommande la mise à jour de VLC (logiciel gratuit) qui prend en charge ce format. Comme je l’ai déjà expliqué, je privilégie cette compression car à qualité égale elle donne des formats deux fois plus compactes qu’en Divix. Allez, j’arrête ici !

    Ici, la météo joue au yoyo et aujourd’hui nous devrions avoisiner les 5/6 degrés. Pour information, mardi, il a fait dans les 20° l’après-midi et le soleil était vraiment fort. Présage de l’été qui, tranquilement, fait son chemin dans le sillage du printemps.
    Mardi, le temps a vraiment été superbe, chaleur et soleil intense. Comme ce jour là je travaillais à Shibuya, ça a été un changement total, bienvenue, réconfortant. Pour tout dire, ma relation avec Jun est un peu pesante. Tout d’abord je n’ai pas l’habitude d’être aussi longtemps avec quelqu’un.
    Ensuite nous sommes assez différent et hormis le fait que nous passons des moments agréables ensembles, je n’ai pas le sentiment de partager grand chose avec lui. Ce n’est pas au niveau de la langue qu’est le problème; c’est nos conversations limitées par nos peu de points communs qui pointent la faiblesse de mon japonais.

    Nous ne connaissons pas les mêmes films, il n’y a pas de curiosité réelle pour le monde en dehors de quelques clichés (il m’a envoyé une photo de sa chambre, entre chambre de poupées, vitrine de magasin Roméo, Pompadour de bazar… Ici, ça se fait !),

    Jeanne d’Arc et Marie Antoinette, le roccoco… Il est adorable, très patient parfois quand je parle, et ce n’est pas toujours très facile. Mais est-ce que c’est ce que je recherche ?
    J’ai eu une conversation avec un collègue et il est parvenu à la conclusion que le Japon est rempli de tarés monomaniaques, névrosés, avec des goûts de chiottes… Si je pondère avec un coefficient de “t’as besoin d’un peu de repos”, il n’en demeure pas moins une certaine part de vérités quand aux goûts très douteux et en même temps terriblement conformistes, aux monomanies parfois étonnantes (le cas extrème, l’Otaku; au travail, on a parfois des élèves qui prennent 4 cours de français le matin et 4 d’anglais l’après midi, le samedi et le dimanche…
    On leur demande, “comment ça va”, “quoi de neuf”, la réponse est invariablement “je suis fatigué”, et même une fois “ma vie est monotone”…). Je conclus donc que mon Jun n’est pas une exception.
    Le tout est de savoir si je me contente du commun ou si je décide de chercher la perle rare…

    Certains trouveront mon blog terriblement peu japonais. Qu’est-ce qu’ils sont des pro du Japon, alors, ceux là… Je crois pour ma part que tout raconter, et notamment une histoire sentimentale, c’est aussi raconter le pays, les différences que l’on ressent.

    Je pourrais me limiter à des considérations pratiques, comme (allez, on y va, inventaire) :
    – 3 tomates, 299 yens (environ 2,20 EUR)
    – une grosse pomme, 150 yens (environ 1,10 EUR)
    – 100 grammes de boeuf, steack, 350 yens (environ 2,40 EUR)
    – 6 pommes de terre, moyennes, qualité nouvelle, 249 yens en promotion ( environ 1,80 yens)
    – 500 g de yaourt en gros pot “économique”, sans marque (chez Hanamasa), 120 yens (environ 0,80 EUR)
    – un litre de lait, 180 yens ( environ 1,30 EUR)

    On peut continuer l’inventaire très longtemps, parler de la pub, en permanence à la télévision, parler de la “pop” japonaise, ces chansons copiées les unes sur les autres, ou bien ces garçons androgynes produits par “johnny’s entertainment” (d’où leurs surnoms, “janizu”), idôles des jeunes filles et des femmes au foyers et modèles des jeunes Japonais… On peut aussi parler de Hamasaki Ayumi, qui commence à bien faire et qui recommence à se la pêter (ferait pourtant bien de se méfier de Utada Hikaru qui fait un retour très remarqué, même moi, j’ai téléchargé son dernier titre pour en faire une sonnerie de téléphone… vraie victime de la pub, mon opérateur ayant fait la promo d’un nouveau service avec, justement, ce titre là…). On peut évoquer ma stupeur quand j’ai appris que les Japonais se lavent le soir mais ne font que se débarbouiller le visage le matin. Je peux vous confier ma crainte par moments quand je songe au tremblement de terre que tout le monde attend.
    Mon effarement devant tant de monde se rendant au sanctuaire Yasukuni, devant tant d’amnésie et devant l’indifférence à l’exigeance ministérielle de réviser les manuels scolaires.

    Mon effarement à la découverte d’un peuple encore plus borné que le peuple Français, encore plus rigide, conservateur et où règne encore plus l’esprit d’un “pays réel”, celui des campagnes, de l’arrière pays.

    Bon, je pourrais aussi évoquer les cerisiers, les restaurants si peu chers qu’on pourrait y engloutir ses économies en croyant en réaliser tout plein, etc etc… Mais finalement, est-ce vraiment cela, un pays ? Est-cela que l’on attend d’un blog ? Moi, en tout cas, ce n’est pas ce que j’attends de moi. Je préfère vous glisser tout cela par touches successives au travers d’une histoire simple, individuelle et transparente où je m’emploie à en cacher le moins possible.
    Mais des fois, pour tout vous dire, je pense très fort à Gilbert Woodbroke… Il y a une énergie très forte qui monte en moi, inconnue depuis longtemps, elle me pousse sur mon vélo, je roule, je roule, je roule. J’explore la ville calmement, je l’apprends avec la patience qui m’a appris Paris. Je ne sais si Jun aura une place quand mes territoires seront vastes… Qui sait ?
    De Tôkyô,
    Suppaiku

  • essai (non littéraire)

    il y a des fois je me demande… ah oui, là, ça change tout… alala….

  • Considérations diverses et variées (cliquez)

    J’aime ces passantes en kimono, elles introduisent un décallage intéressant. Cette semaine, un élève au physique quelquonque est arrivé en kimono, et d’un seul coup il était beau, plus à l’aise que dans ses T-shirts sans forme qu’il ne porte que parce que ça se porte…

    C’est depuis l’enfance que m’est venue la passion du Japon. C’est il y a très longtemps, finalement, et être ici, ce n’est finalement pas si étonnant que cela n’y parait. C’est ne pas y être qui le serait même plus… Bref, je suis heureux d’être au Japon et partager avec vous cette aventure est un vrai plaisir.

    Il y a ici des choses fantastiques, il y a aussi des trucs redoutables. Je ne vais pas vous faire un ruc du genre “retoutable d’abord” et garder le meilleurs pour la fin… Non! On va plutôt tâcher de répartir et considérer que ce blog est une tartine. Hier, je me suis acheté du Nutella…

    Ginza, vers la gare 有楽町駅/Yûrakuchô. Un 薬屋/Kusuriya, drugstore. Bonimenteur vendant des produits… Shiseidô…
    Le Japon est le pays du commerce
    Il doit bien y avoir d’autres pays très experts mais le Japon étant surdéveloppé, cela prend ici des proportions assez hallucinantes. J’explique.

    Il y a dans ce pays une présence du commerce qui n’existe pas en France ni même en Europe. Néons, sonorisation des magasins et boutiques ouvertes comme déversant leurs produits sur la chaussée font ici le quotidien. Plus ! Ici, le racollage est banal : vous marchez, un homme vous accoste, il a la carte du restaurant, du karaoke, du bar et vous détaille menu, les attraction et bien sûr l’éternelle promotion, le 食べ放題/nourriture à volonté, 飲み放題/boisson à volonté, et finit toujours par le sempiternel よろしいでしょうか/ ça vous va ?, de rigueur et qui me rappelle toujours, chez Cortal, le “et c’est bien ce que vous recherchez, n’est-ce pas?”… Il y a également tous ces magazines de coupons (il y en a même un qui s’appelle Coupon Land…), magazines gratuits et distribués dans la rue par des jeunes filles s’écriant よろしいでしょうか… Cet univers ultra commercial et extrèmement bruyant se retrouve jusqu’au supermarché du très chic Mitsukoshi, l’équivalent de nos Bon Marché/ Galeries Lafayettes/ Printemps… Là, pour la nourriture, c’est narines déployées et oreilles à l’affût qu’il faut s’aventurer : les vendeuses vous appellent, vous montrent les plats, irasshai’irasshai’, vous proposent de déguster, yoroshiideshouka, et cela à tous les stands…

    Ginza, vers la gare 有楽町駅/Yûrakuchô. Le même…
    Cela compose un tableau original, celui de la survivance dans le Japon de la fibre optique 光/hikari -la lumière-, de la culture de l’ancienne capitale, Edo (江戸)(devenue 東京/Tôkyô, capitale de l’Est en 1868 à la suite du rebaptème de l’ancienne capitale 都/miyako, autrefois 平安京/ Heiankyô- en 京都/Kyôto, capitale “capitale”).
    Ce fait un de ces bouquant… La prmière fois que je suis venu au Japon, c’était le troisième jour, je suis allé à Shibuya, j’ai cru que je voulais repartir, je ne pouvais plus. Pas des décibels, non. Des tonnes de décibels! Pas des rabateurs, non. Mais des racolleurs parfois munis de porte voix qui vous hurlent dans les oreilles leurs formules de politesses (vous êtes un client, on vous doit quand même le respect, même si on vous explose le tympan…). Et puis je m’y suis fait, et c’est ce truc là qui me manque des fois à Paris, à Kyôto ou dans mon quartier, si calme, de 神楽坂/飯田橋. Mais maintenant, en un coup de vélo, et je suis au Paradis du bruit, à 新宿/Shinjuku, et puis je redescend la grande avenue, 原宿/代々木/渋谷-Harajuku, Yoyogi, Shibuya, et le bruit, même s’il se calme vers Yoyogi et ne réapparait que vers Harajuku, est là, il m’enveloppe, et je me sens bien, pris en charge, entourré des mes semblables dans la plus gigantesque Mégalopole du monde, 東京. Et je me prends même à rêver à Paris centre illuminée de néon, brillant de milles feux de ses boulevards au cafés ouverts 7/7 et 24h/24, avec ses commerces ouverts de même, des théatres encore plus, et plein de restaurants et, sitôt le boulevard quitté, le calme réconfortant de nos quartiers reconquis… Ici, ainsi va la ville, et non loin de l’agitation bruyante des grandes artères se perpétue le calme de petites ruelles où l’été, se reposent les chats…

    Ma proprio m’a dit qu’à 靖国神社/Sanctuaire Yasukuni, on avait les plus beaux cerisiers. J’y suis allé le jeudi 23 mars

    Terriblement conformistes

    En automne, j’avais parcouru la ville de Kyôto à la recherche de Momiji, l’érable rougit. Cette “folie Momiji”, je m’y étais presque résigné mais j’en ai finalement tiré un de mes meilleurs souvenirs de cet automne dans ma ville chérie.
    Dans ce pays, tout le monde est emporté dans le rythme ambiant, principalement guidé par les saisons (et même si le commerce essaie de supplanter ces rythmes saisonniers, avec les バレンタイン/Saint Valentin etワイトデー/White day, les femmes offrent des chocolats aux hommes le 14 février, les hommes “retournent” 2 à 3 fois la valeur des chocolats reçus le 14 mars…

    Après, c’est génial, il y a des chocolats en solde partout ! En ce moment, donc, c’est la folie des cerisiers auquel je ne participe que modestement : je travaille le week end ! Toutefois, samedi dernier j’ai traversé le Parc impérial et les ai regardés, et samedi prochain je remets ça… ! Qui a dit que les Japonais sont conformistes ?

    et voici le “célèbre sanctuaire”, en effet très beau

    J’ai demandé à Jun s’il allait déjeuner avec des collègues dans un parc, à l’ombre des cerisiers. Il m’a dit que c’était vraiment pas son truc. Et qu’en fait personne n’aimait trop ça mais personne ne refusait, finalement. Bref, les Japonais ne sont pas si conformistes que cela.

    Peut-être est-ce plutôt le système hiérarchique mis en place dans les entreprises après 1945, basé sur le modèle du commandement militaire d’avant 1945 qui est responsable de cette obeissance à des rites par ailleurs martelés à coup de télévision et de publicité. il faut aimer les cerisiers.
    Et dans ce pays dirigé par la droite nationaliste depuis 60 ans, ne pas aimer les cerisiers, c’est un peu comme ne pas aimer le Japon. Au fond de moi, je pense des fois à Sei Shonagon, à Dame Murasaki, ces 2 femmes de 平安/Heian l’ancienne Kyôto du 10/11ème siècle, et je suis persuadé qu’elles fuieraient comme la peste ces 花見/月見/紅葉/Hanami, regarder les fleurs/tsukimi, regarder la lune/momiji, feuilles d’érables… qu’elles popularisèrent involontairement en écrivant leur journal intime, par la suite publié, commenté, glosé et enfin érigés au rang de chef d’oeuvres nationaux.
    Je doute pourtant que le rot alcoolisé d’un picniqueur de Ueno durant le hanami des cerisiers soit très comparable à ces promenades aristocratiques dans des habits de soie…

    Européens: à leurs coupes de cheveux et à leur manière de vouloir tout photographier, j’ai compris tout de suite ce qu’ils aimaient dans ce sanctuaire de Yasukuni… Pauvres Kamis du Japon… pauvre Kitsune… pauvres Japonais…

    Je crois ainsi que ma propriétaire ne pense qu’aux cerisiers, au sujet de ce sanctuaire. C’est normal, il est à côté de chez nous. Mais bon, moi, je préfère mon petit sanctuaire derrière chez moi, plus tranquile et moins couru malgrés ses très beaux cerisiers en fleurs !

    Je pense que je savourerai mieux les cerisiers l’an prochain, car cette année n’est qu’un round d’observation où je m’imprègne du rythme, des saisons.
    Et pour tout dire, même si je sais l’été insupportable, c’est lui que j’attends avec impatience pour enfin reprendre l’habitude perdue de sortir le soir et errer la nuit dans une ville désertée. C’est à Tôkyô un vrai délice, malgré la pluie, malgré la sueur : la ville est immense.

    Autre passante un jour de soleil, sur Ginza. C’est cela que j’aime, au Japon, plus que tout. Cet art de cultiver la vraie culture, pas la tradition, non, mais l’amour d’un savoir faire ancien, un peu contraignant mais où s’exprime le goût et l’âme d’un peuple. Le savoir s’habiller fait partie, à mon sens, du vrai savoir vivre et il suffit de voir comment les Français s’habillent pour comprendre à quel point, appauvris financièrement et culturellement, ils ont perdu ce “truc” qui faisait pourtant leur réputation à travers le monde. Le chic. L’élégance. Pas une question d’argent, non. Une question de goût. L’élégance de Ginza me réchauffe le coeur et, me cultivant sur 大正時代/ L’époque Taishô (1912-1925), je prépare mon look d’été, terriblement japonais, terriblement occidental, terriblement Taishô…

    De Tôkyô,
    fichtrement Parigot, euh, Tôkyôgot…
    Suppaiku

  • BRAVO !

    Vous me mettez du baume au coeur, notre pays la France va tellement pas bien… Bonne continuation à tous. Le problème n’est pas le CPE, mais ce que nous faisons ensembles. Aussi, je n’écrierai pas plus cette fois-ci, je laisse l’actualité se faire, mais j’espère juste que des amphithéatres et des bureaux, une fois la colère exprimée et passée, celle qui s’exprima également à partir du 21 avril 2002 au soir, mais aussi aux élections régionales remportées par la gauche, mais aussi lors du scrutin référendaire du 29 mai 2005, mais aussi lors des “émeutes” de l’automne dernier, j’espère que ce mal être purement contestataire inspirera à certains l’envie non de s’opposer, ce qui est stérile, mais l’envie de construire.
    Le Royaume-Uni est “re-né” avec un renouveau de sa Pop dans les années 90 et son esthétique aujourd’hui domine. La France ne renaitra qu’avec le retour de son intelligence et de son esprit car c’est là qu’elle brille et c’est là qu’elle est attendue.
    Bonne chance,
    de Tôkyô,
    Suppaiku

  • Premier videocast disponible

    Il est dors et déjà disponible par flux RSS et sur iTunes Music Store. (lien fournis avec ce billet, casse au 7 fev. 2006)
    Ce n’est qu’un training et pour tout vous dire je me sens plus à l’aise devant ma webcam que devant l’ordinateur…
    A bientôt,
    Suppaiku

  • Bonjour, et toutes mes excuses…

    Bonjour, et toutes mes excuses…

    J’ai enfin regardé la troisième série 大奥ー華の乱/Ôoku-Hana no ran. Très belle réalisation, costumes et décors somptueux, suspens bien amené, et surtout le vrai grand retour de Fujiwara Norika, dans un rôle enfin un peu moins pétassier et même, sur la fin, presque surprenante ! images FujiTV 2005

    … pour cette longue abscence dans mon blog. Votre Suppaiku traverse en ce moment une période “songeur”, introspective. Et ce n’est pas le nouveau plug-in Flip4Mac qui m’en empêchera, au contraire… Pour ceux qui ne le savaient pas, WindowsMediaPlayer a toujours mal fonctionné avec OSX, mais depuis Tiger, il ne fonctionnait plus du tout. De plus, Microsoft a décidé de ne plus actualiser son logiciel. Afin, certainement, d’éviter un procès, la société a racheté les droits à une petite société qui avait développé un plug-in permettant de lire les fichiers WMP. Un plug-in gratuit est donc désormais disponible et, depuis quelques semaines celui ci a été nettement amélioré : on peut désormais (enfin) écouter le direct de Radio France et regarder France Télévision. Pour France Culture, c’est fantastique car les rediffusions de la nuit sont souvent passionnantes et rien ne vaut un direct : le podcast, je ne parviens pas à m’y faire vraiment, j’aime l’enchainement des programmes, le bouton qu’on tourne et le son qui sort… le podcast, c’est comme écouter un disque, et savoir que le “Concordance des temps” que j’écoute a été diffusé à une autre heure un autre jour me donne toujours une drôle d’impression. Je suis d’une autre époque, ou plutôt je suis à cheval entre deux âges…

    …costumes superbe, méchanceté à son comble contenue par une politesse de marbre. image FujiTV 2005

    Dans un autre âge, on attendait le début du programme, aujourd’hui, on le télécharge et on l’écoute dans le métro. La parole et la philosophie ramenées au rang d’easy-listening, de bruit de fond. Ca me fait penser à ce wagon, hier, sur la Ômiya-sen, hier.
    Un wagon entier sponsorisé par Softbank (Yahoo Japan, Japan Telecom…). Des écrans plasma partout avec des images de la nature, du Fuji, des cerisiers en fleur…
    J’ai pensé à Blade Runner, j’ai été effrayé, et la perspective d’un tremblement de terre soudain m’a presque fait sourire. La nature “marketing” rattrapée par la vraie, la sauvage, pas domestiquée, l’énergie des Kamis du Japon… Le Podcast des émissions de radio me fait un peu penser à cela. Bien sûr, c’est formidable, accéder à un programme de Radio, en l’occurence France Culture, quand on le veut, pouvoir même aisément l’archiver en mp3 (en attendat un service d’abonnement au serveur de Radio France permettant l’accès illimité au fond sonore). C’est un peu un rêve.
    Mais quel cauchemard, ce monde qui dissout toujours plus la réalité du temps, de l’espace. Plus de “rendez-vous” avec un programme…

    … tout le Japon de mon enfance et mon adolescence, vastes demeures de bois, superpositions de kimonos magnifiques, rigidité des gestes. image FujiTV 2005

    On ne s’habille déjà plus pour sortir, on n’attendra bientôt plus rien. Dans un vaste supermarché, on n’aura plus qu’à se servir. Musique, film, radio, télé, tout “média” confondu, devenu, amalgamé dans l’espace du spectacle généralisé. Nivelé, mis à égalité…
    Peut être pour résister à cet espace du commerce total, downloadable à merci, réinventerons nous les conteurs afin d’avoir quand même des rendez-vous, pouvoir arrêter un peu le temps, nous poser. Ne pas avoir l’excuse de pouvoir “télécharger”/”louer” pour enfin vivre un peu. Imaginez un peu l’ère des amis par vidéo-conférence, je n’ai pas le temps de te voir, mais je t’ai préparé une soirée, tu n’a qu’à la télécharger quand tu as un peu de temps : n’oublies-pas de commander la pizza !

    A ce sujet, je me suis acheté un petit gadget qui va tout à fait dans ce sens : une iSight, “the” webcam par Mac. Un peu cher, me disait Joelle dans un Chat, hier, mais bon… Je vais pouvoir téléconférencer, bien sûr, mais également vidéocaster. Ma DV pour faire du documentaire, la webcam pour vous causer. J’ai testé hier, c’est intéressant, maniable et grand avantage, c’est directement encodé. Le son, à défaut d’être bon, n’est pas trop mauvais, disons-le comme ça…

    …présence permanente de ces femmes occupées à ne rien faire d’autre que conspirer dans ce “harem” où elles sont confinées, vendues par leurs parents aristocrates déchus et ruinés à des Shoguns “rôturiers” mais riches, avides de plaisirs et de distinction. image FujiTV 2005
    …regardé en une semaine, le dorama, et je ne comprends toujours pas pourquoi on ne fait pas l’effort d’en importer quelques-uns, qui valent bien certaines trucs américains… image FujiTV 2005

    Ces derniers jours, le temps a été extrèmement variable. L’amplitude des températures dans le Japon du printemps est terrible puisque l’on peut avoir deux journées presques chaudes dont une sera même ensoleillée puis deux journées presques froides, environ 12 degrés de différence, et à nouveau le réchauffement. De même pour le ciel qui sera gris, ensoleillé, le vent ici inexistant et là la grande tempète, la pluie battante, torrentielle… A cela se greffe la très commune allergie aux pollens divers : le masque, ce n’est donc pas (seulement) à cause de la grippe, c’est aussi, et même surtout pour moins respirer tout ce qui provoque des allergies au moment des floraisons des arbres, et dieu sait comme il y en a, des arbres qui fleurissent.

    Hier, sur Ginza, je suis allé prendre un café au Doutor situé sur le carrefour principal, en face de la grande horloge. Je vais pour m’assoir, j’entends parler français, je me marre en moi-même et soudain je m’entends dire “please, can you seat to another chair” par lesdits Français. Ils squattaient en terrasse sans consommer, avec 2 chaises vides, dont une pour leurs sacs !
    Je leur ai répondu qu’ils avaient d’autres chaises…! Ce sont des Japonais qui m’ont donné une chaise, gênés. Les Français n’étaient pas gênés, pas une excuse malgré leurs deux chaises vides, ils “attendaient quelqu’un” et “en allons bientôt”. Si par moments il m’arrive de penser à la France, ce simple comportement me ramène à une réalité : je ne supporte plus les Français, ils sont tout simplement devenus égoïstes et grossiers. Vous vous rendez compte ? Ma table n’avait qu’une chaise, leurs 2 tables 6 chaises, ils voulaient m’envoyer ailleurs sur la terrasse, ils avaient deux chaises vides dont une avec des sacs, deux jeunes Japonais se sont levés, “sumimasen”/”excusez-nous” et m’ont donné une chaise, et les Français, pas un mot, au contraire, comme je leur ai parlé en français, ils m’ont regardé avec ce regard que je connais bien, vous savez le “pour qui tu te prends, on était là avant toi!”, bref, comme si j’étais un géneur. Je déteste ca… Et ce sont les Japonais qui s’excusent… Je me suis excusé aussi, j’étais très gèné…

    … je ne comprends pas pourquoi on ne produit que si peu de séries historique… image FujiTV 2005

    Le travail se passe bien, je commence à prendre le rythme. Hier soir, je regardais un dorama de début de saison, c’est à dire en une seule partie, là c’était de petites histoires avec des fantômes, des thrillers un peu “angoissant” à la japonaise, très regardable quand soudain j’ai ressenti un très net mouvement autours de moi. Pas de panique mais le coeur qui bat.
    Toshiko m’a dit que quand c’est horizontal, ça va, donc, j’ai fait confiance au savoir multiséculaire de Toshiko. Ca a duré environ quinze secondes, la maison a bougé comme un élastique dans tous les sens. Ca fait bizarre et je trouve cette sensation presque amusante. J’en ai parlé avec mon coloc qui était alors dans le train, il n’a rien senti. Cela étant, j’ai vu dans le message apparu sur l’écran de TV deux minutes plus tard que c’était un 地震/jishin de force 3 (un contrôle sur le site spécialisé de l’Agence de la météorologie m’annoce que toutefois, c’est une secouse de magnitude 6 : l’échelle japonaise représente le ressenti et non le magnitude qui est basée sur l’énergie libérée. Bref, “3”, ça veut dire qu’on tient encore debout. C’est intéressant car l’échelle occidentale n’est pas juste : magnitude 6 à 450 km de profondeur comme hier soir, c’est en fait moins pire que magnitude 5.5 à 50 km de profondeur. Là, je pense qu’on obtient, en échelle japonaise, du “force 5”, c’est à dire que les étagères commencent à tomber et qu’il est difficile de tenir debout. Force 6, on tombe !)
    Bon, je vous laisse, il fait du vent mais le soleil brille… A très très bientôt, peut être même tout à l’heure…
    De Tôkyô,
    Suppaiku

  • Et voilà enfin le printemps (cliquez, c’est magistral)

    Hier soir, Karaoke à Ueno

    Il s’habille mal, il chante un peu faux mais je crois que je commence à m’attacher à lui…

    Ca y est, c’est le printemps !

  • Le printemps en vue

    la vidéo : chez moi, le jeudi 16 mars 2006. En fond, Barbara, en allemand (lien casse, 6 fev. 2016)

    Un nouveau lit, c’est le début d’une nouvelle vie…

    Je continue de m’installer tous les jours un peu plus. Mardi dernier, je fonce chez MUJI après le travail. JE VEUX UN LIT À MOI, marre du lit de la gaijin house, ce futon applati qui a servi à d’autres. J’ai acheté mon futon, bien moelleux, avec une couette légère, en plumes, un bon gros oreiller, des draps à moi…
    C’est incroyable comme cela me fait du bien, ce confort nouveau. Tout à l’heure, sous ma douche, j’ai eu un flash de lucidité. J’ai vu ma salle de bain. J’ai vu chez moi et j’ai ressenti que j’étais bien là, à cet instant. Les “analysés” me comprendront, les autres aussi, peut-être. Disons qu’avec l’analyse, j’ai pour la première fois ressenti dans ma vie la profondeur du moment présent, son aspect “présent”.
    Bref, j’ai vu ma salle de bain, et en regardant ma chambre après, j’ai vu ma chambre, et j’ai compris et mon appartement et ma vie. J’ai 40 ans et ma vie est géniale : j’ai désormais la vie auquelle j’ai toujours aspiré. Je crois que l’on peut appeler cela être heureux. Ouf…

    Samedi dernier. Je demande à Jun-Kaikai de s’arrêter devant le Jinja où nous venons de rentrer, en plaisantant sur l’aspect désolé du jardin pourtant assez grand à côté de la Tour Mori, comparativement au minuscule et pourtant délicat jardin de ce jinja. Il sourit, je fais la photo. Peut-être d’ici peu arrêterai-je mes auto-portraits pour privilégier ses portraits… je ne sais pas. Cela fait un mois, désormais.

    Le temps passe rapidement et doucement à la fois, je ne me sens pas pressé. Hier j’ai regretté que le travail m’empêche de voir plus la ville, mais c’est comme cela, et ce n’est pas très grave.
    J’aurais pu, après le travail, foncer à Shinjuku, à Ebisu ou n’importe où ailleurs, mais il faisait si froid… Le printemps arrive. Je suis rentré. J’ai tout le temps d’apprendre le Japon…

    Telle une ombre fujitive qui se dérobe aux regards les plus insistants, Momoko est passée sans se faire remarquer, un froissement de kimono, déjà la foule anonyme de Ginza l’avait aspirée, à jamais… Momoko, où te caches-tu donc ?

    Aujourd’hui, beau temps sur Tôkyô. Et demain c’est le printemps…

    De Tôkyô,
    avant de profiter du soleil,
    Suppaiku

  • Pour moi, c’est SÉGOLÈNE ROYAL

    Etrange, se retrouver au Japon, vivre au Japon, parler japonais et voir des Japonais et titrer ainsi “pour moi, c’est Ségolène Royal”, vous ne trouvez pas ? Eh bien pas du tout, et au contraire, je crois que d’ici tout me semble encore plus clair, encore plus évident. Vous aviez déjà constaté ma sympathie pour elle, vous l’aviez devinée. Mais désormais, face à la crise majeure que traverse la France -je parle pas du monde, ça dépasse mes compétences…-, il est grand temps de procéder dors et déjà au grand éliminatoire et dégager en touches tous les gèneurs, et faire compact. J’avais choisi Jospin en 1995 de la même façon, car il fallait faire basic. Nous avons tous oublié en 2002. Je ne chipoterai donc ni sur le programme, ni sur ceci, ni sur cela, je choisi compact, je choisi simple et, pour reprendre le slogan de Lionel Jospin en 1995 : je choisi clair.
    Pourquoi je choisis Ségolène Royal ?
    Tout d’abord une qualité à visage triple : c’est une femme, elle est relativement jeune, elle est encore peu “usée” par les jeux politiques.
    Ensuite, elle a des convictions, ce qui est devenu extrèmement rare. Je ne les partage pas toutes mais ce que j’aime est précisemment le fait qu’elle exprime des convictions peu à la mode dans son électorat. Réservée sur le mariage gay ou l’adoption, va-t’en guerre du droit des enfants contre la violence et la pornographie qu’elle voit partout, elle n’en est pas moins la seule ministre qui a eu le courage de défendre la pilule du lendemain au lycée, de parler du viol et de l’inceste en famille et en milieu scolaire, de dénoncer les bizutages, de soutenir Greenpeace contre Mitterrand en 1992 en se joignant à une manifestation à La Hagues. Quand elle parle de la famille, même si je la trouve rétrograde à bien des égarts, j’aime qu’elle exprime une expérience vécue par des millions de femmes en France (le travail, l’émancipation individuelle et le rôle de mère à assumer) et qu’elle comprenne par extension les difficultés vécues par des millions de parents (le problème des gardes, des crèches, le prix de la cantine, le prix de la rentrée, des vacances, l’angoisse des fins de mois). Elle a eu, en temps que secrétaire d’état à l’Education des mots originaux sur le rôle de l’éducation nationale. Et si elle ne brille pas par la richesse des idées, elle a su exprimer les bonnes questions et esquisser les bonnes solutions; je pense notamment à l’idée de gratuité des cantines scolaires pour éviter les enfants qui ont faim à l’école. Ca a l’air bête, mais elle a été la première politique à dire que ce problème existait et à prendre des mesures.
    Enfin, je constate que tous les autres au Parti Socialiste se sont disqualifiés. Je ne peux voter Fabius le gauchiste qui renvoie Ségolène à l’éducation de ses enfants; je ne peux voter Strauss-Kahn pour qui la présidentielle n’est pas un concours de beauté; je ne peux voter Lang pour qui la politique est une affaire sérieuse (il s’est toutefois excusé, je crois…). Jospin a remontré le bout de son nez mais je crois qu’il a rien compris… Nous ne le désirons plus, de l’avoir tant désiré et qu’il nous ait tant dédaigné sans même s’excuser de n’avoir été à la hauteur…
    Ségolène Royal est toute fraîche. Elle bénéficiera du report des voix des féministes, comme Arlette Laguillier qui nous rappelera qu’elle n’attend absoluement rien d’une socialiste mais que l’élection d’une femme est quelque chose d’important, une victoire due à une lutte plus que centenaire. Elle bénéficiera du vote des jeunes qui sans trop en attendre auront au moins le sentiment de voter pour une personne normale et non un de ces éternels vieux cons qui les sollicite régulièrement en les brossant dans le sens du poil. Elle sera haïe par le droite car c’est une adversaire plus que retoutable, la tombeuse de Raffarin, la conseillère de Mitterrand, la bosseuse, la première socialiste à avoir dit aux bonhommes du PS qu’elle va jouer dans leur cours de récréation, l’internationaliste qui soutien (enfin !) les partis frères à l’étrangers quand les hommes commémorent le décès de Tonton en allant jusqu’à porter chapeau et manteau noir, écharpe rouge, ces cons ! Elle en a, du courage, de dire que sans être admirative, elle trouve que le bilan de Blair n’est pas si mauvais, dans un pays où dire cela n’est pas à la mode, surtout à gauche !
    Quand je pense à Ségolène, je ne me dit pas que c’est du tout cuit, je me dis “c’est jouable”, et je me reprends à croire en notre pays, à me dire que tout n’est pas plié, que ce n’est pas obligatoirement Napoléon Sarkosy ou Villepin de Bonaparte, que la SNCF ne finira pas forcément dans la poche de Suez comme cela va être le cas avec les autoroutes du Sud ou GDF… Je me prends même à rêver que la gauche a peut être enfin son Thatcher (un politique courageux, inflexible), et que cela sera peut être même une femme…
    Du Japon, décidé,
    Suppaiku