il y a des fois je me demande… ah oui, là, ça change tout… alala….
Catégorie : le Blog de Suppaiku, Tôkyô
Journal d’un Solitaire Sociable et Moderne de Paris et Londres à Tôkyô et …
Considérations diverses et variées (cliquez)
J’aime ces passantes en kimono, elles introduisent un décallage intéressant. Cette semaine, un élève au physique quelquonque est arrivé en kimono, et d’un seul coup il était beau, plus à l’aise que dans ses T-shirts sans forme qu’il ne porte que parce que ça se porte…C’est depuis l’enfance que m’est venue la passion du Japon. C’est il y a très longtemps, finalement, et être ici, ce n’est finalement pas si étonnant que cela n’y parait. C’est ne pas y être qui le serait même plus… Bref, je suis heureux d’être au Japon et partager avec vous cette aventure est un vrai plaisir.
Il y a ici des choses fantastiques, il y a aussi des trucs redoutables. Je ne vais pas vous faire un ruc du genre “retoutable d’abord” et garder le meilleurs pour la fin… Non! On va plutôt tâcher de répartir et considérer que ce blog est une tartine. Hier, je me suis acheté du Nutella…
Ginza, vers la gare 有楽町駅/Yûrakuchô. Un 薬屋/Kusuriya, drugstore. Bonimenteur vendant des produits… Shiseidô…
Le Japon est le pays du commerce
Il doit bien y avoir d’autres pays très experts mais le Japon étant surdéveloppé, cela prend ici des proportions assez hallucinantes. J’explique.Il y a dans ce pays une présence du commerce qui n’existe pas en France ni même en Europe. Néons, sonorisation des magasins et boutiques ouvertes comme déversant leurs produits sur la chaussée font ici le quotidien. Plus ! Ici, le racollage est banal : vous marchez, un homme vous accoste, il a la carte du restaurant, du karaoke, du bar et vous détaille menu, les attraction et bien sûr l’éternelle promotion, le 食べ放題/nourriture à volonté, 飲み放題/boisson à volonté, et finit toujours par le sempiternel よろしいでしょうか/ ça vous va ?, de rigueur et qui me rappelle toujours, chez Cortal, le “et c’est bien ce que vous recherchez, n’est-ce pas?”… Il y a également tous ces magazines de coupons (il y en a même un qui s’appelle Coupon Land…), magazines gratuits et distribués dans la rue par des jeunes filles s’écriant よろしいでしょうか… Cet univers ultra commercial et extrèmement bruyant se retrouve jusqu’au supermarché du très chic Mitsukoshi, l’équivalent de nos Bon Marché/ Galeries Lafayettes/ Printemps… Là, pour la nourriture, c’est narines déployées et oreilles à l’affût qu’il faut s’aventurer : les vendeuses vous appellent, vous montrent les plats, irasshai’irasshai’, vous proposent de déguster, yoroshiideshouka, et cela à tous les stands…
Ginza, vers la gare 有楽町駅/Yûrakuchô. Le même…
Cela compose un tableau original, celui de la survivance dans le Japon de la fibre optique 光/hikari -la lumière-, de la culture de l’ancienne capitale, Edo (江戸)(devenue 東京/Tôkyô, capitale de l’Est en 1868 à la suite du rebaptème de l’ancienne capitale 都/miyako, autrefois 平安京/ Heiankyô- en 京都/Kyôto, capitale “capitale”).
Ce fait un de ces bouquant… La prmière fois que je suis venu au Japon, c’était le troisième jour, je suis allé à Shibuya, j’ai cru que je voulais repartir, je ne pouvais plus. Pas des décibels, non. Des tonnes de décibels! Pas des rabateurs, non. Mais des racolleurs parfois munis de porte voix qui vous hurlent dans les oreilles leurs formules de politesses (vous êtes un client, on vous doit quand même le respect, même si on vous explose le tympan…). Et puis je m’y suis fait, et c’est ce truc là qui me manque des fois à Paris, à Kyôto ou dans mon quartier, si calme, de 神楽坂/飯田橋. Mais maintenant, en un coup de vélo, et je suis au Paradis du bruit, à 新宿/Shinjuku, et puis je redescend la grande avenue, 原宿/代々木/渋谷-Harajuku, Yoyogi, Shibuya, et le bruit, même s’il se calme vers Yoyogi et ne réapparait que vers Harajuku, est là, il m’enveloppe, et je me sens bien, pris en charge, entourré des mes semblables dans la plus gigantesque Mégalopole du monde, 東京. Et je me prends même à rêver à Paris centre illuminée de néon, brillant de milles feux de ses boulevards au cafés ouverts 7/7 et 24h/24, avec ses commerces ouverts de même, des théatres encore plus, et plein de restaurants et, sitôt le boulevard quitté, le calme réconfortant de nos quartiers reconquis… Ici, ainsi va la ville, et non loin de l’agitation bruyante des grandes artères se perpétue le calme de petites ruelles où l’été, se reposent les chats…
Ma proprio m’a dit qu’à 靖国神社/Sanctuaire Yasukuni, on avait les plus beaux cerisiers. J’y suis allé le jeudi 23 mars
Terriblement conformistes
En automne, j’avais parcouru la ville de Kyôto à la recherche de Momiji, l’érable rougit. Cette “folie Momiji”, je m’y étais presque résigné mais j’en ai finalement tiré un de mes meilleurs souvenirs de cet automne dans ma ville chérie.
Dans ce pays, tout le monde est emporté dans le rythme ambiant, principalement guidé par les saisons (et même si le commerce essaie de supplanter ces rythmes saisonniers, avec les バレンタイン/Saint Valentin etワイトデー/White day, les femmes offrent des chocolats aux hommes le 14 février, les hommes “retournent” 2 à 3 fois la valeur des chocolats reçus le 14 mars…Après, c’est génial, il y a des chocolats en solde partout ! En ce moment, donc, c’est la folie des cerisiers auquel je ne participe que modestement : je travaille le week end ! Toutefois, samedi dernier j’ai traversé le Parc impérial et les ai regardés, et samedi prochain je remets ça… ! Qui a dit que les Japonais sont conformistes ?
et voici le “célèbre sanctuaire”, en effet très beauJ’ai demandé à Jun s’il allait déjeuner avec des collègues dans un parc, à l’ombre des cerisiers. Il m’a dit que c’était vraiment pas son truc. Et qu’en fait personne n’aimait trop ça mais personne ne refusait, finalement. Bref, les Japonais ne sont pas si conformistes que cela.
Peut-être est-ce plutôt le système hiérarchique mis en place dans les entreprises après 1945, basé sur le modèle du commandement militaire d’avant 1945 qui est responsable de cette obeissance à des rites par ailleurs martelés à coup de télévision et de publicité. il faut aimer les cerisiers.
Et dans ce pays dirigé par la droite nationaliste depuis 60 ans, ne pas aimer les cerisiers, c’est un peu comme ne pas aimer le Japon. Au fond de moi, je pense des fois à Sei Shonagon, à Dame Murasaki, ces 2 femmes de 平安/Heian l’ancienne Kyôto du 10/11ème siècle, et je suis persuadé qu’elles fuieraient comme la peste ces 花見/月見/紅葉/Hanami, regarder les fleurs/tsukimi, regarder la lune/momiji, feuilles d’érables… qu’elles popularisèrent involontairement en écrivant leur journal intime, par la suite publié, commenté, glosé et enfin érigés au rang de chef d’oeuvres nationaux.
Je doute pourtant que le rot alcoolisé d’un picniqueur de Ueno durant le hanami des cerisiers soit très comparable à ces promenades aristocratiques dans des habits de soie…
Européens: à leurs coupes de cheveux et à leur manière de vouloir tout photographier, j’ai compris tout de suite ce qu’ils aimaient dans ce sanctuaire de Yasukuni… Pauvres Kamis du Japon… pauvre Kitsune… pauvres Japonais…
Je crois ainsi que ma propriétaire ne pense qu’aux cerisiers, au sujet de ce sanctuaire. C’est normal, il est à côté de chez nous. Mais bon, moi, je préfère mon petit sanctuaire derrière chez moi, plus tranquile et moins couru malgrés ses très beaux cerisiers en fleurs !Je pense que je savourerai mieux les cerisiers l’an prochain, car cette année n’est qu’un round d’observation où je m’imprègne du rythme, des saisons.
Et pour tout dire, même si je sais l’été insupportable, c’est lui que j’attends avec impatience pour enfin reprendre l’habitude perdue de sortir le soir et errer la nuit dans une ville désertée. C’est à Tôkyô un vrai délice, malgré la pluie, malgré la sueur : la ville est immense.
Autre passante un jour de soleil, sur Ginza. C’est cela que j’aime, au Japon, plus que tout. Cet art de cultiver la vraie culture, pas la tradition, non, mais l’amour d’un savoir faire ancien, un peu contraignant mais où s’exprime le goût et l’âme d’un peuple. Le savoir s’habiller fait partie, à mon sens, du vrai savoir vivre et il suffit de voir comment les Français s’habillent pour comprendre à quel point, appauvris financièrement et culturellement, ils ont perdu ce “truc” qui faisait pourtant leur réputation à travers le monde. Le chic. L’élégance. Pas une question d’argent, non. Une question de goût. L’élégance de Ginza me réchauffe le coeur et, me cultivant sur 大正時代/ L’époque Taishô (1912-1925), je prépare mon look d’été, terriblement japonais, terriblement occidental, terriblement Taishô…
De Tôkyô,
fichtrement Parigot, euh, Tôkyôgot…
SuppaikuBRAVO !
Vous me mettez du baume au coeur, notre pays la France va tellement pas bien… Bonne continuation à tous. Le problème n’est pas le CPE, mais ce que nous faisons ensembles. Aussi, je n’écrierai pas plus cette fois-ci, je laisse l’actualité se faire, mais j’espère juste que des amphithéatres et des bureaux, une fois la colère exprimée et passée, celle qui s’exprima également à partir du 21 avril 2002 au soir, mais aussi aux élections régionales remportées par la gauche, mais aussi lors du scrutin référendaire du 29 mai 2005, mais aussi lors des “émeutes” de l’automne dernier, j’espère que ce mal être purement contestataire inspirera à certains l’envie non de s’opposer, ce qui est stérile, mais l’envie de construire.
Le Royaume-Uni est “re-né” avec un renouveau de sa Pop dans les années 90 et son esthétique aujourd’hui domine. La France ne renaitra qu’avec le retour de son intelligence et de son esprit car c’est là qu’elle brille et c’est là qu’elle est attendue.
Bonne chance,
de Tôkyô,
SuppaikuPremier videocast disponible
Il est dors et déjà disponible par flux RSS et sur iTunes Music Store. (lien fournis avec ce billet, casse au 7 fev. 2006)
Ce n’est qu’un training et pour tout vous dire je me sens plus à l’aise devant ma webcam que devant l’ordinateur…
A bientôt,
Suppaiku
Bonjour, et toutes mes excuses…
J’ai enfin regardé la troisième série 大奥ー華の乱/Ôoku-Hana no ran. Très belle réalisation, costumes et décors somptueux, suspens bien amené, et surtout le vrai grand retour de Fujiwara Norika, dans un rôle enfin un peu moins pétassier et même, sur la fin, presque surprenante ! images FujiTV 2005
… pour cette longue abscence dans mon blog. Votre Suppaiku traverse en ce moment une période “songeur”, introspective. Et ce n’est pas le nouveau plug-in Flip4Mac qui m’en empêchera, au contraire… Pour ceux qui ne le savaient pas, WindowsMediaPlayer a toujours mal fonctionné avec OSX, mais depuis Tiger, il ne fonctionnait plus du tout. De plus, Microsoft a décidé de ne plus actualiser son logiciel. Afin, certainement, d’éviter un procès, la société a racheté les droits à une petite société qui avait développé un plug-in permettant de lire les fichiers WMP. Un plug-in gratuit est donc désormais disponible et, depuis quelques semaines celui ci a été nettement amélioré : on peut désormais (enfin) écouter le direct de Radio France et regarder France Télévision. Pour France Culture, c’est fantastique car les rediffusions de la nuit sont souvent passionnantes et rien ne vaut un direct : le podcast, je ne parviens pas à m’y faire vraiment, j’aime l’enchainement des programmes, le bouton qu’on tourne et le son qui sort… le podcast, c’est comme écouter un disque, et savoir que le “Concordance des temps” que j’écoute a été diffusé à une autre heure un autre jour me donne toujours une drôle d’impression. Je suis d’une autre époque, ou plutôt je suis à cheval entre deux âges…
…costumes superbe, méchanceté à son comble contenue par une politesse de marbre. image FujiTV 2005
Dans un autre âge, on attendait le début du programme, aujourd’hui, on le télécharge et on l’écoute dans le métro. La parole et la philosophie ramenées au rang d’easy-listening, de bruit de fond. Ca me fait penser à ce wagon, hier, sur la Ômiya-sen, hier.
Un wagon entier sponsorisé par Softbank (Yahoo Japan, Japan Telecom…). Des écrans plasma partout avec des images de la nature, du Fuji, des cerisiers en fleur…
J’ai pensé à Blade Runner, j’ai été effrayé, et la perspective d’un tremblement de terre soudain m’a presque fait sourire. La nature “marketing” rattrapée par la vraie, la sauvage, pas domestiquée, l’énergie des Kamis du Japon… Le Podcast des émissions de radio me fait un peu penser à cela. Bien sûr, c’est formidable, accéder à un programme de Radio, en l’occurence France Culture, quand on le veut, pouvoir même aisément l’archiver en mp3 (en attendat un service d’abonnement au serveur de Radio France permettant l’accès illimité au fond sonore). C’est un peu un rêve.
Mais quel cauchemard, ce monde qui dissout toujours plus la réalité du temps, de l’espace. Plus de “rendez-vous” avec un programme…
… tout le Japon de mon enfance et mon adolescence, vastes demeures de bois, superpositions de kimonos magnifiques, rigidité des gestes. image FujiTV 2005
On ne s’habille déjà plus pour sortir, on n’attendra bientôt plus rien. Dans un vaste supermarché, on n’aura plus qu’à se servir. Musique, film, radio, télé, tout “média” confondu, devenu, amalgamé dans l’espace du spectacle généralisé. Nivelé, mis à égalité…
Peut être pour résister à cet espace du commerce total, downloadable à merci, réinventerons nous les conteurs afin d’avoir quand même des rendez-vous, pouvoir arrêter un peu le temps, nous poser. Ne pas avoir l’excuse de pouvoir “télécharger”/”louer” pour enfin vivre un peu. Imaginez un peu l’ère des amis par vidéo-conférence, je n’ai pas le temps de te voir, mais je t’ai préparé une soirée, tu n’a qu’à la télécharger quand tu as un peu de temps : n’oublies-pas de commander la pizza !A ce sujet, je me suis acheté un petit gadget qui va tout à fait dans ce sens : une iSight, “the” webcam par Mac. Un peu cher, me disait Joelle dans un Chat, hier, mais bon… Je vais pouvoir téléconférencer, bien sûr, mais également vidéocaster. Ma DV pour faire du documentaire, la webcam pour vous causer. J’ai testé hier, c’est intéressant, maniable et grand avantage, c’est directement encodé. Le son, à défaut d’être bon, n’est pas trop mauvais, disons-le comme ça…
…présence permanente de ces femmes occupées à ne rien faire d’autre que conspirer dans ce “harem” où elles sont confinées, vendues par leurs parents aristocrates déchus et ruinés à des Shoguns “rôturiers” mais riches, avides de plaisirs et de distinction. image FujiTV 2005
…regardé en une semaine, le dorama, et je ne comprends toujours pas pourquoi on ne fait pas l’effort d’en importer quelques-uns, qui valent bien certaines trucs américains… image FujiTV 2005
Ces derniers jours, le temps a été extrèmement variable. L’amplitude des températures dans le Japon du printemps est terrible puisque l’on peut avoir deux journées presques chaudes dont une sera même ensoleillée puis deux journées presques froides, environ 12 degrés de différence, et à nouveau le réchauffement. De même pour le ciel qui sera gris, ensoleillé, le vent ici inexistant et là la grande tempète, la pluie battante, torrentielle… A cela se greffe la très commune allergie aux pollens divers : le masque, ce n’est donc pas (seulement) à cause de la grippe, c’est aussi, et même surtout pour moins respirer tout ce qui provoque des allergies au moment des floraisons des arbres, et dieu sait comme il y en a, des arbres qui fleurissent.Hier, sur Ginza, je suis allé prendre un café au Doutor situé sur le carrefour principal, en face de la grande horloge. Je vais pour m’assoir, j’entends parler français, je me marre en moi-même et soudain je m’entends dire “please, can you seat to another chair” par lesdits Français. Ils squattaient en terrasse sans consommer, avec 2 chaises vides, dont une pour leurs sacs !
Je leur ai répondu qu’ils avaient d’autres chaises…! Ce sont des Japonais qui m’ont donné une chaise, gênés. Les Français n’étaient pas gênés, pas une excuse malgré leurs deux chaises vides, ils “attendaient quelqu’un” et “en allons bientôt”. Si par moments il m’arrive de penser à la France, ce simple comportement me ramène à une réalité : je ne supporte plus les Français, ils sont tout simplement devenus égoïstes et grossiers. Vous vous rendez compte ? Ma table n’avait qu’une chaise, leurs 2 tables 6 chaises, ils voulaient m’envoyer ailleurs sur la terrasse, ils avaient deux chaises vides dont une avec des sacs, deux jeunes Japonais se sont levés, “sumimasen”/”excusez-nous” et m’ont donné une chaise, et les Français, pas un mot, au contraire, comme je leur ai parlé en français, ils m’ont regardé avec ce regard que je connais bien, vous savez le “pour qui tu te prends, on était là avant toi!”, bref, comme si j’étais un géneur. Je déteste ca… Et ce sont les Japonais qui s’excusent… Je me suis excusé aussi, j’étais très gèné…
… je ne comprends pas pourquoi on ne produit que si peu de séries historique… image FujiTV 2005
Le travail se passe bien, je commence à prendre le rythme. Hier soir, je regardais un dorama de début de saison, c’est à dire en une seule partie, là c’était de petites histoires avec des fantômes, des thrillers un peu “angoissant” à la japonaise, très regardable quand soudain j’ai ressenti un très net mouvement autours de moi. Pas de panique mais le coeur qui bat.
Toshiko m’a dit que quand c’est horizontal, ça va, donc, j’ai fait confiance au savoir multiséculaire de Toshiko. Ca a duré environ quinze secondes, la maison a bougé comme un élastique dans tous les sens. Ca fait bizarre et je trouve cette sensation presque amusante. J’en ai parlé avec mon coloc qui était alors dans le train, il n’a rien senti. Cela étant, j’ai vu dans le message apparu sur l’écran de TV deux minutes plus tard que c’était un 地震/jishin de force 3 (un contrôle sur le site spécialisé de l’Agence de la météorologie m’annoce que toutefois, c’est une secouse de magnitude 6 : l’échelle japonaise représente le ressenti et non le magnitude qui est basée sur l’énergie libérée. Bref, “3”, ça veut dire qu’on tient encore debout. C’est intéressant car l’échelle occidentale n’est pas juste : magnitude 6 à 450 km de profondeur comme hier soir, c’est en fait moins pire que magnitude 5.5 à 50 km de profondeur. Là, je pense qu’on obtient, en échelle japonaise, du “force 5”, c’est à dire que les étagères commencent à tomber et qu’il est difficile de tenir debout. Force 6, on tombe !)
Bon, je vous laisse, il fait du vent mais le soleil brille… A très très bientôt, peut être même tout à l’heure…
De Tôkyô,
SuppaikuEt voilà enfin le printemps (cliquez, c’est magistral)
Hier soir, Karaoke à Ueno

Il s’habille mal, il chante un peu faux mais je crois que je commence à m’attacher à lui…
Ca y est, c’est le printemps !
Le printemps en vue
la vidéo : chez moi, le jeudi 16 mars 2006. En fond, Barbara, en allemand (lien casse, 6 fev. 2016)
Un nouveau lit, c’est le début d’une nouvelle vie…Je continue de m’installer tous les jours un peu plus. Mardi dernier, je fonce chez MUJI après le travail. JE VEUX UN LIT À MOI, marre du lit de la gaijin house, ce futon applati qui a servi à d’autres. J’ai acheté mon futon, bien moelleux, avec une couette légère, en plumes, un bon gros oreiller, des draps à moi…
C’est incroyable comme cela me fait du bien, ce confort nouveau. Tout à l’heure, sous ma douche, j’ai eu un flash de lucidité. J’ai vu ma salle de bain. J’ai vu chez moi et j’ai ressenti que j’étais bien là, à cet instant. Les “analysés” me comprendront, les autres aussi, peut-être. Disons qu’avec l’analyse, j’ai pour la première fois ressenti dans ma vie la profondeur du moment présent, son aspect “présent”.
Bref, j’ai vu ma salle de bain, et en regardant ma chambre après, j’ai vu ma chambre, et j’ai compris et mon appartement et ma vie. J’ai 40 ans et ma vie est géniale : j’ai désormais la vie auquelle j’ai toujours aspiré. Je crois que l’on peut appeler cela être heureux. Ouf…
Samedi dernier. Je demande à Jun-Kaikai de s’arrêter devant le Jinja où nous venons de rentrer, en plaisantant sur l’aspect désolé du jardin pourtant assez grand à côté de la Tour Mori, comparativement au minuscule et pourtant délicat jardin de ce jinja. Il sourit, je fais la photo. Peut-être d’ici peu arrêterai-je mes auto-portraits pour privilégier ses portraits… je ne sais pas. Cela fait un mois, désormais.Le temps passe rapidement et doucement à la fois, je ne me sens pas pressé. Hier j’ai regretté que le travail m’empêche de voir plus la ville, mais c’est comme cela, et ce n’est pas très grave.
J’aurais pu, après le travail, foncer à Shinjuku, à Ebisu ou n’importe où ailleurs, mais il faisait si froid… Le printemps arrive. Je suis rentré. J’ai tout le temps d’apprendre le Japon…
Telle une ombre fujitive qui se dérobe aux regards les plus insistants, Momoko est passée sans se faire remarquer, un froissement de kimono, déjà la foule anonyme de Ginza l’avait aspirée, à jamais… Momoko, où te caches-tu donc ?
Aujourd’hui, beau temps sur Tôkyô. Et demain c’est le printemps…De Tôkyô,
avant de profiter du soleil,
SuppaikuPour moi, c’est SÉGOLÈNE ROYAL
Etrange, se retrouver au Japon, vivre au Japon, parler japonais et voir des Japonais et titrer ainsi “pour moi, c’est Ségolène Royal”, vous ne trouvez pas ? Eh bien pas du tout, et au contraire, je crois que d’ici tout me semble encore plus clair, encore plus évident. Vous aviez déjà constaté ma sympathie pour elle, vous l’aviez devinée. Mais désormais, face à la crise majeure que traverse la France -je parle pas du monde, ça dépasse mes compétences…-, il est grand temps de procéder dors et déjà au grand éliminatoire et dégager en touches tous les gèneurs, et faire compact. J’avais choisi Jospin en 1995 de la même façon, car il fallait faire basic. Nous avons tous oublié en 2002. Je ne chipoterai donc ni sur le programme, ni sur ceci, ni sur cela, je choisi compact, je choisi simple et, pour reprendre le slogan de Lionel Jospin en 1995 : je choisi clair.
Pourquoi je choisis Ségolène Royal ?
Tout d’abord une qualité à visage triple : c’est une femme, elle est relativement jeune, elle est encore peu “usée” par les jeux politiques.
Ensuite, elle a des convictions, ce qui est devenu extrèmement rare. Je ne les partage pas toutes mais ce que j’aime est précisemment le fait qu’elle exprime des convictions peu à la mode dans son électorat. Réservée sur le mariage gay ou l’adoption, va-t’en guerre du droit des enfants contre la violence et la pornographie qu’elle voit partout, elle n’en est pas moins la seule ministre qui a eu le courage de défendre la pilule du lendemain au lycée, de parler du viol et de l’inceste en famille et en milieu scolaire, de dénoncer les bizutages, de soutenir Greenpeace contre Mitterrand en 1992 en se joignant à une manifestation à La Hagues. Quand elle parle de la famille, même si je la trouve rétrograde à bien des égarts, j’aime qu’elle exprime une expérience vécue par des millions de femmes en France (le travail, l’émancipation individuelle et le rôle de mère à assumer) et qu’elle comprenne par extension les difficultés vécues par des millions de parents (le problème des gardes, des crèches, le prix de la cantine, le prix de la rentrée, des vacances, l’angoisse des fins de mois). Elle a eu, en temps que secrétaire d’état à l’Education des mots originaux sur le rôle de l’éducation nationale. Et si elle ne brille pas par la richesse des idées, elle a su exprimer les bonnes questions et esquisser les bonnes solutions; je pense notamment à l’idée de gratuité des cantines scolaires pour éviter les enfants qui ont faim à l’école. Ca a l’air bête, mais elle a été la première politique à dire que ce problème existait et à prendre des mesures.
Enfin, je constate que tous les autres au Parti Socialiste se sont disqualifiés. Je ne peux voter Fabius le gauchiste qui renvoie Ségolène à l’éducation de ses enfants; je ne peux voter Strauss-Kahn pour qui la présidentielle n’est pas un concours de beauté; je ne peux voter Lang pour qui la politique est une affaire sérieuse (il s’est toutefois excusé, je crois…). Jospin a remontré le bout de son nez mais je crois qu’il a rien compris… Nous ne le désirons plus, de l’avoir tant désiré et qu’il nous ait tant dédaigné sans même s’excuser de n’avoir été à la hauteur…
Ségolène Royal est toute fraîche. Elle bénéficiera du report des voix des féministes, comme Arlette Laguillier qui nous rappelera qu’elle n’attend absoluement rien d’une socialiste mais que l’élection d’une femme est quelque chose d’important, une victoire due à une lutte plus que centenaire. Elle bénéficiera du vote des jeunes qui sans trop en attendre auront au moins le sentiment de voter pour une personne normale et non un de ces éternels vieux cons qui les sollicite régulièrement en les brossant dans le sens du poil. Elle sera haïe par le droite car c’est une adversaire plus que retoutable, la tombeuse de Raffarin, la conseillère de Mitterrand, la bosseuse, la première socialiste à avoir dit aux bonhommes du PS qu’elle va jouer dans leur cours de récréation, l’internationaliste qui soutien (enfin !) les partis frères à l’étrangers quand les hommes commémorent le décès de Tonton en allant jusqu’à porter chapeau et manteau noir, écharpe rouge, ces cons ! Elle en a, du courage, de dire que sans être admirative, elle trouve que le bilan de Blair n’est pas si mauvais, dans un pays où dire cela n’est pas à la mode, surtout à gauche !
Quand je pense à Ségolène, je ne me dit pas que c’est du tout cuit, je me dis “c’est jouable”, et je me reprends à croire en notre pays, à me dire que tout n’est pas plié, que ce n’est pas obligatoirement Napoléon Sarkosy ou Villepin de Bonaparte, que la SNCF ne finira pas forcément dans la poche de Suez comme cela va être le cas avec les autoroutes du Sud ou GDF… Je me prends même à rêver que la gauche a peut être enfin son Thatcher (un politique courageux, inflexible), et que cela sera peut être même une femme…
Du Japon, décidé,
SuppaikuDu rêve et de la réalité
le bonheur, c’est simple comme un dimanche au soleil sur GinzaBonjour ! Quoi de neuf chez vous ?
Pour moi, les jours qui se suivent et depuis quelques jours des rêves étranges où je suis dans des endroits variables, connus et inconnus, avec des personnes connues et inconnues, qui me parlent ou ne me parlent pas -dans ce cas je me demande pourquoi-, avec mon frère une fois avec qui pour la première fois de ma vie dans un rêve je m’entends bien et partage de l’amitié, ma mère, mon appartement de Strasbourg Saint Denis, ma chatte Siouxsie aussi…
Mes amis n’apparaissent pas, plutôt mes anciens collègues… Des rêves très présents au réveil, et qui s’évaporent, prennent de la distance… Des rêves transparents, comme ceux d’une vie qui se réorganise, comme un quotidien qui passe progressivement d’une sensation de vacance à une presque cruelle réalité : je suis bien à Tôkyô, et c’est bien à Tôkyô que je travaille, et rien ne me rappelle plus à Paris.
Et si mes amis n’apparaissent pas, c’est bien peut être parce que justement ils sont bien ma dernière attache avec la France et que je les porte un peu en moi. Le reste est bien loin, et je crois que mon esprit ne sait pas trop encore comment ressentir, organiser cette distance.
Je suis vraiment heureux d’avoir appris à traquer mes rêves, à les laisser venir. J’ai appris à aimer jusque mes pires cauchemards, ceux qui vous glacent au réveil, ils sont en réalité de réelles délivrances. Il faut apprendre, et c’est le plus difficile, à accueillir la première pensée qui nous vient au réveil, sitôt le rêve – le cauchemard- terminé. C’est souvent la réalité qui s’exprime. Et si c’est un “eh ben !!!” qui vous vient après un horrible cauchemard, sachez pousser ce “eh ben !!!” jusqu’au bout : riez !!! Si vous regardez mes dessin, si vous détaillez mes goûts pour le kitsch, le 60, eh bien vous verrez toujours une préférence pour les angles, les pointes.
Petit, une série pour enfant m’a lors d’un cauchemard fait terriblement peur. Le design géométrique, mélangé à la fièvre d’une vilaine bronchite devenait agressif, méchant. J’ai depuis appris à beaucoup en rire. Les enfants aiment ce qui est doux, j’ai accueilli donc cet “effet de mode 60” de la géométrie comme une agression (c’était “Bip et Véronique”), adulte je m’amuse de cet “effet de mode”, justement. Il m’a marqué. Un rêve et un cauchemard, c’est pareil. Vous rêvez, mais ce n’est pas grave, ce n’est qu’un rêve. En revanche, il faut s’interroger sur ce que l’on pense de son propre rêve, c’est là qu’est le vrai message. Vous rêvez de sexe avec inceste, viol, partouze et au réveil vous vous dites “he, ben!”, vous avez envie d’en rire : c’est bon signe, et ne vous inquiétez pas du contenu. Votre cerveau vous signale juste que vous avez atteint la côte d’alerte de la châsteté. En revanche, si au réveil après un tel rêve vous vous dites “c’est vrai, une petite fille”, je vous conseille d’aller voir un analyste pour comprendre le sens d’une telle réflexion : vous pourriez faire des bétises.Moi, mes rêves, en ce moment, c’est donc un peu le fouilli. Il y a quelques jours, j’étais à BNP Paribas, et personne ne me parlait, on me faisait la tête. Au réveil, je me suis dit “comment ça se fait que je rêve d’eux, pourquoi ils ne me parlaient pas”… La réponse est intégralement dans ma pensée. Il y a 2 nuits, cauchemards, pensées confuses dans mon rêve, et au réveil “j’ai chaud, oh, il y a Jun a côté de moi”. Il y avait l’air conditionné, dehors il faisait chaud… Mais à côté de moi une présence rassurante. C’est marrant, les rêves…
Je vous écrit et pour la première fois, j’ai ENFIN senti la terre qui tremblait. Magnitude 4, je viens de voir. Ben magnitude 4, ça se sent. C’est discret, mais ça se sent…
voici ma ville, de nuit… vue de la Tour Mori, samedi dernierJ’ai une de ces flemmes d’écrire… On est lundi, mon emploi du temps a été changé ces deux lundis : je commence à 17 heures et je finis à 21 heures. Tout à l’heure, je vais aller chez MUJI : je compte m’acheter une literie.
Il y en a une dans ma chambre, mais je veux la mienne, et quand, disons Jun, est là, cela fera un grand lit. Décision du week end pour cette semaine : payer 2 semaines de loyer dès maintenant pour synchroniser avec mon salaire : bref, être tranquille jusque fin avril; acheter une literie; parler de ma santé avec Jun car cela fait un mois que je le connais et que cela va clarifier la situation : il est préférable de ne pas s’attacher de trop si notre relation ne doit pas durer (si ma séropositivité le gène).
Ca fait un programme un peu chargé, non ? Mais en même temps, c’est être un peu plus installé ici. Je trouve cela bien, clair et net. Un salaire le 15 et le loyer le 20; une relation franche; un lit douillet…Côté vie quotidienne, j’ai retrouvé Jean-Baptiste et Benjamin jeudi dernier. Jean-Baptiste d’abord et, en nous promenant dans Ueno après nous être enfilés trois tonnes de sushis, nous avons pu constater à quel point le marché, en plus d’être sympa, populaire, rigolo, gouailleur était en plus incroyablement pas cher. Moi, j’ai acheté des confitures Bonne Maman à 200Yen le pot… Moins cher qu’à Paris. Si si… Bon, ok, la date limite est au mois d’avril, mais bon, c’est du sucre, hein… Qu’est ce qu’on ferait pas, au Japon… ! Tiens, vu du camembert près de chez moi. Sainte Mère, du vrai, du AOC. 1,590Yen… A 12Eur, j’abandonne…
dans le quartier d’Azabu, après avoir fait un saut à l’ambassade, vu cette vielle maison qui aura page propre dans un album à venir, car elle est digne d’un film de Kurosawa Kiyôshi…Promenade dans Ueno, donc. Le matin j’étais à Azabu, arrivé de justesse avant la fermeture de l’ambassade. Envoyé des mails à Jun. Je commence à m’attacher à lui, à sa présence très calme, rassurante. Mon japonais est toujours aussi mauvais, mais je gagne en “fluency”. C’est le vocabulaire qui me manque cruellement. Il nous arrive toutefois de causer.
Des fois, mon cerveau bloque. Etrange, les langues étrangères. Qui suis-je, pour lui ? J’ai rêve -rêve étrange- de Takeshi. C’est pour cela que je veux avoir cette petite conversation avec Jun. Je suis persuadé en fait que Takeshi est venu vivre à Tôkyô car son ex Ecossais lui avait promis qu’il y viendrait, n’a pas tenu sa promesse. Après, scénario de déprime, etc (avec un background familial chargé…). C’était un gentil garçon, Takeshi, mais il était échoué ici, loin d’Osaka, sans but, sans réel travail.Ce n’est pas bien, promettre ou laisser entendre des choses dans une histoire sentimentale. Au réveil, je savais que le moment était venu de parler avec Jun. C’est aussi ma manière de confier mes sentiments. Que l’histoire dure ou non, longtemps ou non, Jun n’est plus une histoire d’un soir ou d’une semaine : on se connait depuis un mois.
Au Japon, dans cette nouvelle vie ouverte un soir dans un bar gay d’Osaka après avoir traversé l’après-midi le Shôsen-in à Kyôto et parlé avec Shizuko, rencontre adorable au soir de ma trentaine, dormi dans un hotel saoul après avoir loupé mon train, filé à 5 heures vers Kyôto pour être à Tôkyô à midi car je retrouvais Maruchan, dans cette nouvelle vie commencé avec mes quarante ans, je ne veux que des choses bien. Et je préfère “perdre” Jun que ne rien lui dire de moi. Ce serait désormais mentir, dissimuler. J’ai confiance dans les Divinités du Japon, un Arc en ciel vielle sur moi, le Cheval blanc et le jeune Poulain sont conviés à de Grande Noces : bref, en des termes moins ésotériques : advienne que pourra, cela ne me fait pas peur du tout.Avec Jun, justement, nous continuons nos explorations en commun, et samedi soir nous étions à la Tour Mori, exposition Tôkyô-Berlin/Berlin-Tôkyô. Je me suis retrouvé à expliqué des trucs fondamentaux de l’histoire de l’Art en (excécrable) japonais… Je manque cruellement de vocabulaire mais quand Jun retraduisait en bon japonais mes explications je pouvais acquiescer, reprendre ou infirmer… Je m’étonne moi-même. On est bien resté 2 heures trente et on n’a pas fini l’exposition. Comme je lui disait, je déteste courir, préfère voir peu et bien que “tout”, en courant. On a ensuite été au point de vue de la tour : magnifique ! On est rentré (bonjour le trajet Roppongi/Kagurazaka… ) vers 00 h 30, après être passé dans un konbini car il faisait faim.
Au travail, avec un collègue, on a “enfin” causé des “copines” Japonaises.
il y a tout, à TôkyôLe temps commence définitivement à s’orienter vers le mieux, les températures, bien que fraiches encore, oscillent désormais entre 8 et 18° comme dimanche ou malgré les nuages il a fait bon comme un jour de printemps après un samedi lumineux où Ginza (re)dévoilait ses charmes de quartier séduisant, tranquille et familial, chic et relax. Ce que j’aime dans Ginza, c’est le chic décontracté du week end.
Allez, je vais (enfin) me préparer. Je commence le travail à 17 heures et il est déjà 14 heures 15.
De Tôkyô, décontracté comme un dimanche,
Suppaiku
J’aime ces passantes en kimono, elles introduisent un décallage intéressant. Cette semaine, un élève au physique quelquonque est arrivé en kimono, et d’un seul coup il était beau, plus à l’aise que dans ses T-shirts sans forme qu’il ne porte que parce que ça se porte…
Ginza, vers la gare 有楽町駅/Yûrakuchô. Un 薬屋/Kusuriya, drugstore. Bonimenteur vendant des produits… Shiseidô…
Ginza, vers la gare 有楽町駅/Yûrakuchô. Le même…
Ma proprio m’a dit qu’à 靖国神社/Sanctuaire Yasukuni, on avait les plus beaux cerisiers. J’y suis allé le jeudi 23 mars
et voici le “célèbre sanctuaire”, en effet très beau
Européens: à leurs coupes de cheveux et à leur manière de vouloir tout photographier, j’ai compris tout de suite ce qu’ils aimaient dans ce sanctuaire de Yasukuni… Pauvres Kamis du Japon… pauvre Kitsune… pauvres Japonais…
Autre passante un jour de soleil, sur Ginza. C’est cela que j’aime, au Japon, plus que tout. Cet art de cultiver la vraie culture, pas la tradition, non, mais l’amour d’un savoir faire ancien, un peu contraignant mais où s’exprime le goût et l’âme d’un peuple. Le savoir s’habiller fait partie, à mon sens, du vrai savoir vivre et il suffit de voir comment les Français s’habillent pour comprendre à quel point, appauvris financièrement et culturellement, ils ont perdu ce “truc” qui faisait pourtant leur réputation à travers le monde. Le chic. L’élégance. Pas une question d’argent, non. Une question de goût. L’élégance de Ginza me réchauffe le coeur et, me cultivant sur 大正時代/ L’époque Taishô (1912-1925), je prépare mon look d’été, terriblement japonais, terriblement occidental, terriblement Taishô…
J’ai enfin regardé la troisième série 大奥ー華の乱/Ôoku-Hana no ran. Très belle réalisation, costumes et décors somptueux, suspens bien amené, et surtout le vrai grand retour de Fujiwara Norika, dans un rôle enfin un peu moins pétassier et même, sur la fin, presque surprenante ! images FujiTV 2005
…costumes superbe, méchanceté à son comble contenue par une politesse de marbre. image FujiTV 2005
… tout le Japon de mon enfance et mon adolescence, vastes demeures de bois, superpositions de kimonos magnifiques, rigidité des gestes. image FujiTV 2005
…présence permanente de ces femmes occupées à ne rien faire d’autre que conspirer dans ce “harem” où elles sont confinées, vendues par leurs parents aristocrates déchus et ruinés à des Shoguns “rôturiers” mais riches, avides de plaisirs et de distinction. image FujiTV 2005
… je ne comprends pas pourquoi on ne produit que si peu de séries historique… image FujiTV 2005
Bon, je vous laisse, il fait du vent mais le soleil brille… A très très bientôt, peut être même tout à l’heure…
Un nouveau lit, c’est le début d’une nouvelle vie…
Samedi dernier. Je demande à Jun-Kaikai de s’arrêter devant le Jinja où nous venons de rentrer, en plaisantant sur l’aspect désolé du jardin pourtant assez grand à côté de la Tour Mori, comparativement au minuscule et pourtant délicat jardin de ce jinja. Il sourit, je fais la photo. Peut-être d’ici peu arrêterai-je mes auto-portraits pour privilégier ses portraits… je ne sais pas. Cela fait un mois, désormais.
Telle une ombre fujitive qui se dérobe aux regards les plus insistants, Momoko est passée sans se faire remarquer, un froissement de kimono, déjà la foule anonyme de Ginza l’avait aspirée, à jamais… Momoko, où te caches-tu donc ?
le bonheur, c’est simple comme un dimanche au soleil sur Ginza
voici ma ville, de nuit… vue de la Tour Mori, samedi dernier
dans le quartier d’Azabu, après avoir fait un saut à l’ambassade, vu cette vielle maison qui aura page propre dans un album à venir, car elle est digne d’un film de Kurosawa Kiyôshi…
il y a tout, à Tôkyô