Vidéocasting 2 ! C’est parti !

V

J’ai donc édité mon premier vrai vidéomagazine, une bonne vingtaine de minutes et j’espère qu’il vous plaiera. Autant le dire avant, restent encore des imperfections au niveau du mixage son. Je le réalise avec iMovie et iMovie n’est pas du tout une table de montage ni une table de mixage son… Enfin, c’est fait!
J’ai tenu compte de certaines remarques : j’ai utilisé ma caméra miniDV, par exemple, et comme elle le permet, j’ai filmé en 16*9. Ce n’est pas, en revanche, de la HD car avec la compression, ce n’est pas très utile… J’ai veillé à vous donner en revanche la meilleurs qualité sonore en encodant en 128, ce qui est très bon avec ce format de compression (mp4, h264).
Pour ceux qui ne parviennent pas à ouvrir ce type de fichier, je recommande la mise à jour de VLC (logiciel gratuit) qui prend en charge ce format. Comme je l’ai déjà expliqué, je privilégie cette compression car à qualité égale elle donne des formats deux fois plus compactes qu’en Divix. Allez, j’arrête ici !

Ici, la météo joue au yoyo et aujourd’hui nous devrions avoisiner les 5/6 degrés. Pour information, mardi, il a fait dans les 20° l’après-midi et le soleil était vraiment fort. Présage de l’été qui, tranquilement, fait son chemin dans le sillage du printemps.
Mardi, le temps a vraiment été superbe, chaleur et soleil intense. Comme ce jour là je travaillais à Shibuya, ça a été un changement total, bienvenue, réconfortant. Pour tout dire, ma relation avec Jun est un peu pesante. Tout d’abord je n’ai pas l’habitude d’être aussi longtemps avec quelqu’un.
Ensuite nous sommes assez différent et hormis le fait que nous passons des moments agréables ensembles, je n’ai pas le sentiment de partager grand chose avec lui. Ce n’est pas au niveau de la langue qu’est le problème; c’est nos conversations limitées par nos peu de points communs qui pointent la faiblesse de mon japonais.

Nous ne connaissons pas les mêmes films, il n’y a pas de curiosité réelle pour le monde en dehors de quelques clichés (il m’a envoyé une photo de sa chambre, entre chambre de poupées, vitrine de magasin Roméo, Pompadour de bazar… Ici, ça se fait !),

Jeanne d’Arc et Marie Antoinette, le roccoco… Il est adorable, très patient parfois quand je parle, et ce n’est pas toujours très facile. Mais est-ce que c’est ce que je recherche ?
J’ai eu une conversation avec un collègue et il est parvenu à la conclusion que le Japon est rempli de tarés monomaniaques, névrosés, avec des goûts de chiottes… Si je pondère avec un coefficient de “t’as besoin d’un peu de repos”, il n’en demeure pas moins une certaine part de vérités quand aux goûts très douteux et en même temps terriblement conformistes, aux monomanies parfois étonnantes (le cas extrème, l’Otaku; au travail, on a parfois des élèves qui prennent 4 cours de français le matin et 4 d’anglais l’après midi, le samedi et le dimanche…
On leur demande, “comment ça va”, “quoi de neuf”, la réponse est invariablement “je suis fatigué”, et même une fois “ma vie est monotone”…). Je conclus donc que mon Jun n’est pas une exception.
Le tout est de savoir si je me contente du commun ou si je décide de chercher la perle rare…

Certains trouveront mon blog terriblement peu japonais. Qu’est-ce qu’ils sont des pro du Japon, alors, ceux là… Je crois pour ma part que tout raconter, et notamment une histoire sentimentale, c’est aussi raconter le pays, les différences que l’on ressent.

Je pourrais me limiter à des considérations pratiques, comme (allez, on y va, inventaire) :
– 3 tomates, 299 yens (environ 2,20 EUR)
– une grosse pomme, 150 yens (environ 1,10 EUR)
– 100 grammes de boeuf, steack, 350 yens (environ 2,40 EUR)
– 6 pommes de terre, moyennes, qualité nouvelle, 249 yens en promotion ( environ 1,80 yens)
– 500 g de yaourt en gros pot “économique”, sans marque (chez Hanamasa), 120 yens (environ 0,80 EUR)
– un litre de lait, 180 yens ( environ 1,30 EUR)

On peut continuer l’inventaire très longtemps, parler de la pub, en permanence à la télévision, parler de la “pop” japonaise, ces chansons copiées les unes sur les autres, ou bien ces garçons androgynes produits par “johnny’s entertainment” (d’où leurs surnoms, “janizu”), idôles des jeunes filles et des femmes au foyers et modèles des jeunes Japonais… On peut aussi parler de Hamasaki Ayumi, qui commence à bien faire et qui recommence à se la pêter (ferait pourtant bien de se méfier de Utada Hikaru qui fait un retour très remarqué, même moi, j’ai téléchargé son dernier titre pour en faire une sonnerie de téléphone… vraie victime de la pub, mon opérateur ayant fait la promo d’un nouveau service avec, justement, ce titre là…). On peut évoquer ma stupeur quand j’ai appris que les Japonais se lavent le soir mais ne font que se débarbouiller le visage le matin. Je peux vous confier ma crainte par moments quand je songe au tremblement de terre que tout le monde attend.
Mon effarement devant tant de monde se rendant au sanctuaire Yasukuni, devant tant d’amnésie et devant l’indifférence à l’exigeance ministérielle de réviser les manuels scolaires.

Mon effarement à la découverte d’un peuple encore plus borné que le peuple Français, encore plus rigide, conservateur et où règne encore plus l’esprit d’un “pays réel”, celui des campagnes, de l’arrière pays.

Bon, je pourrais aussi évoquer les cerisiers, les restaurants si peu chers qu’on pourrait y engloutir ses économies en croyant en réaliser tout plein, etc etc… Mais finalement, est-ce vraiment cela, un pays ? Est-cela que l’on attend d’un blog ? Moi, en tout cas, ce n’est pas ce que j’attends de moi. Je préfère vous glisser tout cela par touches successives au travers d’une histoire simple, individuelle et transparente où je m’emploie à en cacher le moins possible.
Mais des fois, pour tout vous dire, je pense très fort à Gilbert Woodbroke… Il y a une énergie très forte qui monte en moi, inconnue depuis longtemps, elle me pousse sur mon vélo, je roule, je roule, je roule. J’explore la ville calmement, je l’apprends avec la patience qui m’a appris Paris. Je ne sais si Jun aura une place quand mes territoires seront vastes… Qui sait ?
De Tôkyô,
Suppaiku

À propos de moi

Madjid Ben Chikh
Madjid Ben Chikh

Madjid Ben Chikh, auteur, bloggueur. A Tokyo depuis 2006.
Ce Blog, journal d'un solitaire sociable et moderne de Paris et Londres à Tokyo, depuis aout 2004.

commentaires

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  • Bonjour,
    C’est un reel plaisir de lire ton blog. J’aime beaucoup la facon dont tu racontes tes sentiments sur le Japon.
    En esperant peut etre te rencontrer un jour sur Tokyo…

  • Merci pour les messages ! Merci Angeline, c’est gentil. Comme j’aime le café, c’est quand tu veux dans un Doutor, un Starbuck, un Excelsior… 😉
    Merci Mimosa, fidèle suporter ! C’est en vérifiant une fois le truc uploadé, indexé, etc, que j’ai constaté une erreur de manip pour le son. Vraiment désolé… Ca ne se reproduira pas. Merci pour l’encouragement.
    Salut Beaux restes ! Je garde le lien et visite plus tard. J’ai vu que le Tony allait privatiser l’école… PAS D’ACCORD ! Bisous

  • comme d’hab un plaisir de te lire ! et bravo pour la video. le volume monte trop pendant une dizaine de seconde au debut mais apres sa passe. continue de me faire vivre à travers TON experience et TA vision de ce monde à part qu’est tokyo, qu’on ne peut conprendre, je pense, qu’en y aillant vécu ! et pourtant j’arrive à me retrouver à travers tes ecrits, tes etats d’ames. aller stop pour aujourdhui.

    zoom

    ps : merci pour le site de graf

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