Étiquette : tokyo

  • Dernier soir…

    Dernier soir…

    « Elle fut longue la route / Mais je l’ai prise la route / Celle-là qui menait jusqu’à vous » (Barbara)
    Bientôt septembre, voilà ce que chaque fois je pense quand arrive le dernier jour des vacances, et pour moi ce sera demain. Ce fut court, ce fut court mais ce fut bon.
    « Septembre, quel joli temps / pour se dire au revoir » (Barbara).
    Écouterai-je Barbara à mon retour? (mais de quel retour je parle, tiens…)

    J’ai toujours eu pincement quand vient ce moment de l’année, moi, l’enfant de septembre. La rentrée des classes. Pour moi, la rentrée est fixée au 5 septembre, seul mon ami Alain sait ce que je prépare. Le 5 septembre, c’est un samedi, c’est un bon jour pour une pré-rentrée, non?
    En attendant, lundi, oui, ce lundi, je vais reprendre ma route du travail, mon cours d’anglais pour des gens âgés d’une gentillesse confondante, presqu’une petite famille, pour moi. Et puis l’après-midi je retrouverai Yûko pour son cours particulier. Mardi matin, mon autre groupe de gens âgés, eux aussi une petite famille. Et après je reprendrai le chemin de l’école où j’entamerai la longue ligne droite vers les froidures de la fin de l’année. Enfin j’espère, on est dans un monde incertain, alors disons que c’est ce qui normalement se passera.
    J’ai cette année pleinement profité de cette coupure, je suis ressourcé, régénéré, calmé. J’ai repris goût à écrire des billets de bavardage sans grand intérêt mais qui me font du bien tout en partageant un moment avec vous comme si nous nous rencontrions et buvions un kir en terrasse en parlant de choses et d’autres en fin de journée. Vous ne pouvez pas savoir comme cela me manque.

    Je suis allé au sanctuaire du lapin, à l’ouest de la rivière Kamo, près du Kômyôji. Je crois que je vous en avais parlé, j’avais rêvé que j’y allais, j’étais avec Jun, et maman apparaissait, et je ne voulais pas qu’elle parte. J’y ai repensé depuis, c’est un sanctuaire aux grossesses, on va demandé la protection d’une divinité pour que ça se passe bien. Pour maman, ma naissance a été un calvaire de plusieurs mois, je crois que ce rêve m’a rappelé tout ce que je lui dois, et en quittant le sanctuaire j’avais le coeur et les pensées remplies de son souvenir. Elle me manque beaucoup.
    Allez, je vais diner. Ce ne sont que de brefs billets écrits à la va-vite.
    Bonne fin de journée.

  • Encore trois jours…

    Encore trois jours…

    Encore trois jours, c’est court et c’est suffisant à la fois. Ici, pas de longues vacances, les congés sont fractionnés. Été, hivers et printemps. Trois semaines. Et puis des jours de congés.

    J’avais parlé trop vite, cette nuit j’ai mal dormi, c’est le soleil je pense. Il tape fort et j’ai oublié de mettre de la crème sur mes avant-bras, je me suis réveillé avec d’horribles démangeaisons. Par la suite, ça a été plus ou moins la même incessante répétition: réveil, assoupissement, rêve et réveil. Pas de rêves très précis ni de thème récurant, plutôt une compilation, chaque fois assez prégnants pour qu’ils me réveillent. Je ne suis pas fatigué ce matin, c’est ce qui compte.

    Vous avez remarqué? Quelques jours en vacances et voilà ce blog qui se part de couleurs, de ces couleurs et de ce vert en particulier qui m’ont fait venir au Japon pour y rester finalement près de quinze ans! Continuerai-je dans la couleur? C’est difficile, la couleur! La photo, c’est avant tout de la lumière, et si on ajoute de la couleur, c’est vraiment très difficile à maitriser. Je ne me considère pas du tout photographe, pas même amateur pour tout dire. Pour moi, un photographe, c’est celui qui pour « faire » une photo, c’est à dire aller de la prise de vue à l’édition, va « avoir » la photo dans son oeil et ainsi tout au long du travail va plier le résultat à ce qu’il avait « vu ». Autrefois, dans sa chambre noire, le photographe utilisait des filtres en cartons afin de diminuer le temps d’exposition sur telle ou telle partie lors du développement, il avait pris soin de choisir la pellicule qui se rapprocherait le plus possible de ce qu’il voulait obtenir car chaque pellicule avait ses caractéristiques propres, il utilisait de très fins pinceaux pour retoucher telle ou telle ombre, et de nos jours il utilise des logiciels afin d’obtenir ces résultats. Je me débrouille un peu en retouche et je photographie en raw pour cette raison mais en même temps je suis trop paresseux. Retoucher une photo proprement, ça prend beaucoup de temps, des fois, parce qu’à l’arrivée ce n’est pas exactement ce qu’on avait en tête, alors il faut revenir en arrière.

    Bref, pour moi, un photographe, c’est quelqu’un qui maitrise tout cela avec aisance, et dont le travail fini est exactement ce qu’il avait en tête. Un grand photographe, ce sera celui qui aura, en plus, su trouvé le cadrage, le sujet, le moment, la bonne dose de lumière ainsi que la ou les couleurs qui feront qu’on regardera sa photo avec curiosité, intérêt.

    Moi, j’utilise plutôt la photographie comme un crayon, un crayon un peu pour mais qui me suit partout pour compléter mon histoire.

    Ne plus du tout suivre l’actualité, débrancher les questions politiques pour une semaine et laisser ce virus à la place où sans aucun doute il m’attend de toute façon à mon retour pour ne passer mon temps qu’à me promener, à bavarder chaque matin et chaque soir, là, comme ça, quelle chance, quel privilège…

    Bien, la journée va commencer.

  • Quelques échanges FB de la semaine

    Quelques échanges FB de la semaine

    Le Japon refuse le retour des résidents étrangers
    Le Japon refuse à TOUS les étrangers, même icels étant mariés et résidents, payant leurs impôts, de rentrer au Japon. Des dizaines de milliers d’étrangers sont bloqués et ne peuvent retrouver leur vie ici « pour prévenir l’infection ». Cela n’empêche pas les japonais de rentrer au Japon et depuis le 1er juillet de retourner voyager en Europe. De plus, le Japon ne testant quasiment pas, les chiffres d’infection au Japon sont sujets à caution.
    L’Allemagne a décidé d’interdire l’entrée ainsi que tout transit aux japonais par mesure de réciprocité. Bien fait, prend toi ça dans la tronche, et bravo!
    Article japonais

    China is back…
    Et soudain, émergeant des ruines d’une Amérique arrogante sur le déclin et gouvernée par un malade paranoïaque utilisant les ressorts les plus glauques dans la population, la Chine entre dans ses “années 20” avec une bourse conquérante appuyée par un appareil de production et des budgets de recherche/innovation incomparables.
    Quand ça se cassera la gueule, par contre…
    Article sur Bloomberg

    Contamination full swing au Japon
    Il y a un mois, la bande de crétins arrogants analphabètes nationalistes milliardaires qui gouvernent le Japon envoyaient l’artillerie lourde en cash et en Relations Publiques pour convaincre le monde qu’il y avait un modèle japonais fait de supériorité culturelle, de cohésion sociale exceptionnelle liée à l’homogénéité de la population, d’un système de traçage des « clusters » supérieur à tout ce qui se fait ailleurs, d’une immunité naturelle inhérente à la population japonaise et à un système de santé bien meilleur qu’ailleurs parce que bon, le Japon quoi!, tout un tas de bullshit xénophobe et débile pour dire au monde que le Japon faisait mieux que les autres, sans tester.
    Après avoir injecté 40% du PNB pour soit disant relancer l’économie en saupoudrant généreusement les copains du NIKKEI 225 tout en garantissant au Japon la première place mondiale en terme de dette publique avec une dette qui doit désormais avoisiner les 300%, le Japon, protégé par ce modèle promu aux quatre coins du monde à l’aide d’articles visiblement « inspirés », s’est empressé de rouvrir son économie à toute berzingue. Sans tester bien sûr.
    Alors les contaminations ont commencé à repartir. En s’appuyant sur un consensus social totalitaire qui réside dans le doigt qu’on pointe sur des boucs émissaires, ils se sont mis à désigner « le monde de la nuit », les putes et les oiseaux de nuit. Eh oui, dans ce pays, on est coupable de tomber malade, les gens bien ne tombent pas malade, c’est pour ça que les gens bien ont fait pression en masse pour faire virer les enfants des infirmières, les faire virer de chez elle dans l’indifférence des pouvoirs publics. Alors on nous a parlé du « monde de la nuit », des entraîneurs et entraîneuses de bars, de ces endroits où cette bande de ploucs qui gouvernent vont dépenser l’argent qu’ils détournent avant de s’excuser, 大変申し訳ございません, putain ça jette dans les médias occidentaux, les japonais y plaisantent pas! Bon d’accord, après les excuses, ils reprennent leur business mais c’est pas grave ils ont sauvé l’apparence. Et ça, les pauvres filles et les pauvres gars exploités dans les bordels tenus par leurs copains qui financent leurs campagnes électorales, c’est un truc qu’iels peuvent pas faire, sauver les apparences. On nous a exhibé Shinjuku, antre de l’enfer covidien…
    C’est sous contrôle est devenu le mantra, ce virus ne touche que les dépravés. L’autre connasse du Koike avec sa tronche de grosse bourge de droite photoshopée au point de ressembler à un dessin destiné à vanter l’efficacité des dragées Fuka© invente le fil à couper le beurre dans des conférences de presse du genre « faites attention », « ne vous contaminez pas », respectez « les 3 C », etc
    Problème. Un virus ne résiste pas à la propagande. Aujourd’hui, Tokyo enregistre le plus fort nombre de contaminations. 224 personnes. Avec seulement 2000 tests. Imaginez s’il y en avait 50.000! On double tous les 6 jours.
    J’habite au pays gouverné par les pieds niquelés.
    (rajout, hier, 243 pour 3000 tests…)

    Commentaire au sujet de la crise économique en cours…
    (…) En fait ça va être moins pire que ce que tu dis, beaucoup moins pire. Parce qu’il y a la Chine et que la Chine amorce un cycle économique. Ils compenseront la chute de demande mondiale par de la distribution de revenus dedans. Et ils se feront gentils tout plein pour aider nos exportations. La Chine a toujours été comme ça: indispensable. Le centre de tout.
    L’Amérique, gouvernée par son pervers narcissique capricieux et paranoïaque, va elle se prendre l’épidémie en plein dans la gueule pour solde de tout compte de quarante ans de dérégulation, de mort clinique de l’état et d’égoïsme social généralisé dont ces beaufs blancs fiers de ne pas porter le masque et débilisés par une culture dominante raciste et égoïste sont le reflet le plus glauque pendant que Biden et le Parti Démocrate offriront le visage du Titanic que sont devenues ces élites dans un pays qui a transformé un simple déclin transitoire depuis 50 ans en des abysses sans fond d’où surnagent quelques milliardaires corrupteurs abritant la classe moyenne éduquée, nourrie aux baisses d’impôts mais désormais paniquée par ce qui vient.
    Seule bouée de sauvetage pour une Amérique à la dérive, sa population noire dont la revendication peut éventuellement permettre de recréer et un état, et un projet. Mais les petits blancs, la haine aiguisée par les frères Koch, Donald Trump et Fox News préfèreront crever…
    C’est son pragmatisme qui va sauver l’Europe, pour un temps du moins, parce que les perspectives sont sombres et il faudra accepter de regarder vers le continent, vers la Russie, et accepter l’hegemon chinois, et c’est pas gagné.
    La grande catastrophe que tu décris, ce sera après.
    Les mêmes qui prédisent une catastrophe sont les mêmes qui disaient il y a 6 mois que tout irait bien. On devra en revanche, oui, encaisser un million de chômeurs et une précarité pour deux à trois millions en plus, oui. Mais rien de bien neuf pour le capitalisme. Ça fait beaucoup de monde qui va morfler.
    Tout ce discours sur « la grosse crise qui vient », c’est La stratégie du choc, c’est fait pour que les gens acceptent plus de précarité, travaillent plus pour moins, et pouvoir dire dans un an que « grâce à notre politique, on s’en est bien sorti », pile synchro pour la présidentielle.

    Chine encore, et racisme anti-chinois
    Je n’ai aucune sympathie pour le régime chinois. Aucune.
    Mais le racisme anti-chinois qui commence à se développer à plein régime, avec des tonnes de bêtises, de préjugés racistes, de bruits de fosses sceptiques, désolé, c’est non.
    Cette soudaine solidarité pour les ouïgours de la part de ceux qui n’ont rien à faire des yéménites, cette soudaine peur envers l’espionnage chinois de la part de ceux qui laissent enfermer Chelsea Manning et Julian Assange pour avoir révélé l’espionnage de masse de la NSA, cette soudaine solidarité avec Hong-Kong de la part de ceux qui se fichent du grignotage continu des terres palestiniennes, cette soudaine compassion pour les marchés d’animaux chinois de la part de ceux qui ont laisser décimer les faunes africaines avec des safaris vendus à tour de bras par leurs tours operators, ces cris d’orfraie envers les désastres écologiques en Chine qui laissent Trumps, Bolsonaro et leurs amis capitalistes ravager l’Amazonie et des terres protégées, cette soudaine solidarité envers les noirs discriminés en Chine de la part de ceux qui… m’ouais, hein…
    Oui, le régime chinois est abominable. Mais il y a juste qu’il est avant tout un régime qui a bien appris de nous après que ce pays multimillénaire a été colonisé, livré à l’opium et la prostitution, démantelé…
    Qu’on ne compte pas sur moi pour me joindre au concert anti-chinois.
    La Chine doit être critiquée, remise à sa place, les Ouïgours protégés et Taïwan reconnu comme un état souverain.
    Mais la Chine doit également être respectée, et à travers elle, c’est l’Asie qui doit toute entière être respectée, car ce que j’entends de critiques vis à vis de la Chine n’est que régurgit de racisme anti-asiatique et de préjugés vulgaires.

  • Test PCR à Tôkyô, témoignage: 20 avril

    Témoignage lu sur un groupe d’expatriés sur le Covid-19 à Tokyo. C’est inquiétant et c’est la preuve que ce pays ne peut pas être cru quand aux chiffres. Pas de lits, peu d’unités de réanimation ni de soins intensifs, pas de tests, et pire, un refus des hôpitaux de prendre en charge les malades, ce qui, si c’était avéré, mériterait un d’énonciation aux instances sanitaires internationales.
    EDIT: This is the post of an expat from another group. She’s describing her personal experience of guiding another expat friend through the task of getting medical attention for a probable case of COVID-19 in Japan.

    “One of my good friends probably has corona. Her Japanese is about conversational level, which made getting treatment 100x more difficult. I was on the phone throughout most of the process helping with translation. Here is what happened:
    4/14 Tuesday: I get a call from my friend at 11pm. She’s wheezing, having trouble breathing, loopy from lack of oxygen, sore throat and a fever that’s lasted 4 days. Pretty much checks every box for corona.
    The English support corona hotline isn’t open so I phone the Japanese one. Number is 03-532-4592. I have to call 3-4 times before anyone picks up; line is pretty busy. I explain her situation to the operator. The operator recommends I have my friend call the Himawari English support line. I explain that the situation is urgent and we can’t wait until morning. They “sho ga nai” me as politely as possible and hang up.
    My friend is unsure whether she should call an ambulance, or try finding an emergency clinic that’s open. I spend 1 hour looking for nearby clinics for her, and calling them to see if they accept covid patients. I call 3 clinics, all of which refuse to see her. At this point my friend’s breathing is a bit more normal and she decides to go to bed, and will try to get to a doctor in the morning.
    4/15 Wednesday: My friend’s symptoms are similar to yesterday. She calls the English line at 9am. They give her a referral to a nearby clinic, where she gets her chest x-rayed. The doctor suspect it’s covid-19, but because her blood oxygen level isn’t low enough to require a ventilator, they don’t test her. They give her some anti-mucus medication and send her home.
    4/16 Thursday: I get a call from my friend at 11:30pm. She’s in an ambulance and sounds much worse than before. She can barely say a full sentence without launching into a minute long coughing fit. I am put on speakerphone to explain her situation to the EMTS (how she’s already had a chest x-ray done and how her symptoms have gotten worse).
    It took 2 hours for her to be admitted to a hospital. I stayed on the phone with my friend, listening as the EMTs called over 15 different hospitals to ask for permission to bring in a covid patient. As this is going on my friend’s breathing gets rapidly worse. She asks me to ask them why they haven’t found a hospital yet, and to tell them that it’s getting harder and harder to breathe.
    They tell me that hospitals with other patients in the waiting area cannot accept covid patients..and even if there’s no one there, some hospitals are not accepting covid patients at all due to staff risk of infection. They can’t do much to help her breathing.
    At 1:30am she finally checks into the hospital. They do another x-ray, and I’m put on speaker phone again to speak with the doctor examining her. Here is how the conversation went:
    Him: We can perform a blood test but that won’t tell us much aside from eliminating other possible causes of her symptoms. I recommend she get a PCR test done tomorrow afternoon.
    Me: Ok, can we schedule the PCR test now?
    Him: No, we don’t perform PCR tests at this hospital. You need to call her ward’s 保健所 in the morning and request a PCR test.
    Me: We have had a lot of difficulty in the past getting proper medical attention. I’m worried that they will refuse to test her. Would you be able to provide a letter of introduction or doctor’s note so we can bypass all of the questioning?
    Him: no, I don’t think they will say no.
    Me: I think they will. Can you provide your contact information so we have you as a reference?
    Him: No, that won’t be necessary.
    I tried arguing with him for about 40 minutes before giving up.
    My friend’s blood oxygen wasn’t low enough to warrant being hospitalized/put on a ventilator, so she’s sent home with more anti-mucus medication. She’s worried about cabbing home, as it would expose the driver. The staff says they’ll call a taxi for her and that she just needs to roll all the windows down.
    4/17 Friday: At noon my friend wakes up and asks if I can call her ward’s 保健所 and make a PCR test appointment for her. I call them at 12:30.
    It took 2 HOURS to set up a PCR test.
    As I expected, the staff was INCREDIBLY resistant to offer a test, and spent 2 hours asking me 100 questions about her symptoms, what treatment she had received so far, what hospital she went to the night before, name of the doctor who recommended her a test etc.
    I’m put on hold for an extra hour as they sort their things out.
    They finally call me back and tell me all of the information for her test. But here’s the kicker. It’s a secret location. It’s a medical facility that’s currently closed, but is being used as a corona testing site on the downlow. To enter the building, she’ll have to walk through the parking lot and use the staff entrance.
    The woman on the phone makes me promise not to tell ANYONE other than my friend the name of the place where she is being tested. Because if people knew they were doing testing there it would “cause a commotion.”
    I really wish I was making that last part up. It’s absolutely horrific how much they are trying to cover this up and keep the official numbers low.
    I am currently waiting for them to call again with her test results.
    Getting her tested required 1 ambulance ride, two visits to the hospital and 5+ hours on the phone. This is ridiculous and something needs to change.”
  • Irresponsabilité: 9 avril 2020

    10.869 (données sujettes à caution, les remontées des chiffres des EHPAD n’étant « pas remontées »)
    Divergence de vues entre la gouverneure de Tokyo, Mme Koike et le gouvernement du premier sinistre Abe. Mme Koike veut limiter les ouvertures d’établissements aux strict minimum et demander la fermeture des salons de coiffure, des bars, cafés, restaurants, écoles de soutien scolaire etc.
    Le gouvernement et le premier sinistre Abe freinent des quatre fers car ils ont peur pour l’économie et parce que ça coûterait cher. En effet, leur « plan de relance » merdique de 20% du PIB est avant tout un saupoudrage destiné à sauver les copains en faisant couler le cash à gogo, mais n’aidant en rien les petits commerces, les petites entreprises et leurs employés. Aucune garantie de salaires, aucune garantie des crédits, aucune suspension des paiements du gaz, de l’eau et de l’électricité comme en Europe.
    Bien que très modérée dans son approche de « l’état d’urgence », Mme Koike est parfaitement consciente que pour fonctionner et être le plus court possible, l’état d’urgence doit permettre de réduire l’activité au strict minimum, et surtout qu’il doit permettre d’éviter qu’une accélération de l’épidémie de vienne ébranler le (minable, ridicule, inopérant) « système de santé » (les guillemets sont de rigueur car l’épidémie prouve d’ores et déjà son inadéquation puisque déjà deux hôpitaux sont fermés pour cause d’infection de tout le personnel et cela sans que ces hôpitaux n’accueillent de malades, mais simplement parce que le corps médical lui-même n’a rien pigé…).
    En s’opposant à l’approche de Mme Koike, le gouvernement prépare un désastre sanitaire et économique dont seule une aide médicale et économique chinoise pourront limiter les dégâts. Et comme pour la bande de vieux crevards au pouvoir ce sera quelque chose d’inconcevable, ça s’apprête à être une boucherie.
    La population japonaise est composée à 30% de personnes de plus de 65 ans.

     Voir l’Article du JapanTimes de ce jour.

  • Tôkyô-naufrage: 8 avril

    10.328 (dont 3.237 en EHPAD) Photos S.B. ce matin.
    (matin)
    Photos prises à Lemmingland au lendemain de la déclaration de l’état d’urgence. Comme je le disais hier, c’est uniquement de la communication à usage international, cet « état d’urgence ». En fait, les gens vont travailler, les hôpitaux ne testent pas, de toute façon de plus en plus d’hôpitaux rapportent des taux incroyables de contamination. Et comme ici on devient docteur ou infirmière (ici, ça reste très genré) parce que ce sont des métiers élégants, je vous raconte pas l’état de panique du côté des Lemmings des hôpitaux. Ici, tout est mensonge destiné à faire passer ce pays pour ce qu’il n’est pas. Et la population risque de la payer au prix fort. Bref, ne croyez pas les bêtises qu’on vous raconte sur ce pays. C’est faux.

    10.328 (dont 3.237 en EHPAD) Photo S.B. ce matin.

    (vers 18 heures) Japon, Région Kantô.
    + 144 sur Tokyo pour un total de 1339 (+78 pour un total de 521 le 1er avril)
    + 43 à Kanagawa pour un total de 332.
    + 16 à Chiba pour un total de 308.
    + 2 à Saitama pour un total de 218.
    Les quatre grands départements de la région du Kantô totalisent officiellement 2197 personnes contaminées dont 205 uniquement aujourd’hui.
    Étant donné le peu de personnes testées, vu que ce matin les trains étaient aussi bondés qu’habituellement et comme cet “état d’urgence” destiné à montrer au monde que “le Japon fait quelque chose” est aussi crédible qu’une pièce de Shakespeare mise en scène par Hanouna avec Afida Turner et Jean Marie Bigard, je vous laisse déduire.
    Puisse Allah rempli de sa miséricorde tourner son regard sur ces pauvres âmes victimes d’un gouvernement cupide et corrompu.

  • Titanic-Japon: 7 avril 2020

    J’habite dans un pays où ni tests ni confinement ne sont prévus. Juste un « état d’urgence » qui à mon avis tient beaucoup plus a de la communication à usage international (« on fait quelque chose ») devant l’inquiétude qui monte dans les chancelleries qu’à une réelle volonté d’attaquer le problème.

    Dans le métro aujourd’hui, aucune différence. Hier, j’ai entendu les sirènes plusieurs fois.

    On va vous dire « le Japon fait enfin quelque chose ». C’est faux, c’est juste encore une fois du Tatemae international.

    La réalité, c’est que le virus se propage dans tous les hôpitaux, preuve que des malades sont allés consulter avant d’être renvoyés chez eux sans être testés.

    La réalité, c’est que la chaîne d’hôtels vides et criblés de dettes APA, dirigés par une vieille conne d’extrême-droite proche du parti au pouvoir, va se faire de la thune en accueillant des patients pour palier aux manques de lits.

    La réalité, c’est que les bars à putes, les salles de jeux d’argent, les clubs tenus par la mafia ne fermeront pas.

    La réalité, c’est que le marché noir du masque se porte bien.

    La réalité, c’est que l’état d’urgence n’empêchera pas les entreprises de continuer à tourner, comme là où je travaille.

    La réalité, c’est qu’aucune mesure de chômage partiel n’a été décidée, l’état va arroser les grosses sociétés mais rien n’est réellement prévu pour payer les salaires en cas de fermeture. Juste des prêts.

    La réalité, c’est qu’il y aura autant de gens dans la rue car le gouvernement « ne veut pas restreindre les libertés individuelles », ce qui n’empêche pas ce gouvernement d’avoir adopté des lois contre les journalistes.

    La réalité, c’est que le ministre des finances a déclaré à plusieurs reprises que ce serait mieux si les vieux mouraient.

    La réalité est que ce gouvernement n’a pour seul soucis que l’économie. Il se fout de sa population. Ce sont quasiment tous des gosses de bourgeois nationalistes et criminels de guerre de Classe A. Des gros cons.

    Le Japon n’est pas le pays que vous croyez, le Japon est un mensonge planqué derrière une apparence soigneusement travaillée, et tout le monde gobe.

    Et qui après la grosse baffe qu’il va s’infliger lui-même recevra l’humiliation du siècle quand il devra accepter l’aide sanitaire et financière de la Chine.

    Ce qui sera un spectacle véritablement jouissif.

    En attendant, après l’Allemagne et les USA, l’Ambassade de France nous recommande de quitter le navire si on peut parce qu’ils savent pertinemment que ça va être une boucherie.

    « Message de l’ambassade:

    Ces derniers jours, l’augmentation du nombre de personnes infectées par le Covid-19 s’est accélérée au Japon, notamment dans les grands centres urbains, à commencer par Tokyo ou Osaka. Même si le nombre de cas demeure encore relativement faible par comparaison avec la situation en Europe ou aux Etats-Unis, la pratique de dépistage ne facilite pas une évaluation précise de la propagation du virus au Japon. Dans certaines grandes villes, comme à Tokyo, une tension sur le système de santé commence à se faire jour.

    En conséquence, l’ambassade de France à Tokyo et le consulat général de France à Kyoto ne peuvent que réitérer leurs recommandations :

    – les Français de passage au Japon sont invités à regagner au plus vite leur lieu de résidence habituelle sur le territoire national tant qu’il existe encore des vols commerciaux ;

    – tous les Français, y compris ceux qui résident au Japon, sont vivement encouragés à respecter les consignes des autorités locales qui, dans un nombre croissant de municipalités et de préfectures, recommandent d’éviter les sorties non indispensables, en particulier le week-end et en soirée, de limiter certains déplacements ou d’avoir recours au télétravail.

    L’ambassade de France à Tokyo et le consulat général de France à Kyoto restent pleinement mobilisés au service de tous les Français se trouvant actuellement au Japon.

    Laurent Pic

    Ambassadeur de France au Japon »

  • J’ai pas peur: 2 avril 2020

    https://www.youtube.com/watch?v=sP1KgCIjiGs

    Tôkyô. Ou plutôt Azamino, ville de Yokohama, département de Kanagawa, à côté de Tôkyô. En fond, une ambulance passe. Depuis quelques jours, c’est comme un ballet d’ambulances. Hier, on n’a reporté « que » 66 nouveaux cas pour Tôkyô. On en attendait plus, les médias ont soufflé et on a pu oublier qu’il y a une semaine ce n’était « que » 10 ou quinze personnes chaque jour. Il n’y a que 100 lits disponibles en réanimation, le bateau coule mais c’est business as usual. Une sorte de guerre sourde entre la gouverneur de Tôkyô Mme Koike et le premier sinistre Abe. Elle veut le confinement, lui, il veut les jeux olympiques.

    Chaque jour, de cette guerre on voit la stratégie de Mme Koike à l’oeuvre, elle parle de confinement probable, il la contredit en disant que ce n’est pas le moment. Elle a sorti une nouvelle arme: Tokyo a publié le nombre de cas par arrondissement. Pour certains, la menace s’est faite plus proche, presqu’intime.

    Une étudiante que j’apprécie beaucoup m’a contacté, elle m’a parlé des contaminations en hausse, son ton était inquiet. C’est triste, mais c’est bien, une prise de conscience a lieu, peut être plus particulièrement chez les femmes, ces grandes perdantes de la vie sociale japonaise, mais en réalité celles à qui incombent la dure tache de prévoir les coups durs pendant que leur bonhomme s’esquinte la vie au travail. Ce sont elles qui stockent, paie, économisent, cuisinent. La (vraie) femme au foyer japonaise a un instinct aiguisé. Elle sait, elle le renifle, elle le sent, le danger. Je dis la vraie, je ne parle pas de la fainéante qui se fait entretenir, qui ne veut pas d’enfants et ne fout rien de la journée à part du yoga, des cours de tchèque, des voyages et des restaurants. Non, je parle de celle qui prend cette assignation au sérieux, comme un vrai travail, avec des responsabilités. Comme ma mère, quoi.

    Moi, j’ai aidé à la création d’une pétition pour demander le confinement. J’ai écrit le texte français, un ami l’a traduite en anglais et une japonaise en japonais. Ce n’est pas moi qui ait eu l’idée, mais c’est une bonne idée.

    Pour le reste, ben comme je l’ai dit, ça va bien, j’ai passé le cap de la peur, de l’effroi, je ne m’intéresse plus que de façon très éloignée à l’épidémie et je suis plongé dans l’actualité financière. Parce qu’après, ce ne sera pas ce « retour de l’état » qui fait rêver la gauche, oh que non. Moi, je suis prêt. J’ai mon plan. Ma vie? Qu’est-ce que c’est ma vie. Peut-être je vais mourir, peut-être je vais me retrouver à la rue, qu’importe. Je suis un roseau, je plie, et on verra bien.

    J’ai pas peur… J’ai pas peur… I’m not scared, I’d go anywhere…

  • Après le désespoir: 1er avril 2020

    J’ai traversé un désespoir sombre le weekend dernier. C’était le contre-coup de l’orgie des cerisiers la semaine avant. J’ai haï ce premier sinistre, ce gros connard de Abe et toute sa clique de vieillards affairistes mafieux.

    J’ai retrouvé Jun, la seule personne qui compte vraiment dans ce pays, pour moi, et je lui ai flingué sa soirée en le déprimant, en lui faisant du “tu veux pas piger”, etc Quand on s’est séparés, plus tard, il m’a donné une pochette de masques. C’était sa façon de me dire qu’il avait très bien pigé sans rien dire. Il y a deux semaines, je lui ai dit que j’étais inquiet pour lui, que je ne voulais pas qu’il tombe malade. Il m’a dit qu’il était inquiet pour moi parce que lui, il allait au travail en voiture et qu’il bossait quasiment tout seul alors que moi je devais prendre le train tous les jours et rencontrer des étudiants en permanence.

    Dimanche et lundi, je ne suis pas sorti, je me suis calmé. J’ai décidé de débrancher. J’ai appelé mes amis, j’ai commencé à me focaliser sur l’économie, la finance, à imaginer le monde d’après et à couper mes derniers liens avec ce monde qui agonise sous nos pieds et qui peut-être m’emportera avec lui.

    J’ai décidé de ne plus partager de nouvelles affolantes, sombres. De me détacher de l’immédiat, de retrouver le temps long. Qu’importe l’immédiat, il nous emporte dans son abime. L’historien en moi a triomphé, je regarde le temps présent faire l’histoire et soudain j’entrevois le futur. Il est ce que nous ferons, ce que nous en ferons, j’espère juste que nous y aurons été suffisamment préparés pour ne pas en être dépossédés comme nous le sommes actuellement.

    Je ne sais pas comment éveiller les japonais. Quand je leur parle, ils ne m’écoutent pas, ils entendent un étranger. Mais Jun m’écoute et si je parviens à l’aider à traverser cette tempête comme nous avons traversé le séisme, ce sera déjà ça. J’essaie d’informer mes étudiants. Mais j’ai passé le stade de tout désespoir.

    Il y aura un après, et je veux en être ou en tout cas y avoir contribué. Je laisse à la tristesse qui m’assaille le soin de me laisser exprimer mon amour des autres.

    Amitiés. Prenez soin de vous.