Auteur/autrice : Madjid Ben Chikh

  • Les guillemets de « Guillaume Dustan »

    Les guillemets de « Guillaume Dustan »

    Bien que célébré voire même traduit, « Guillaume Dustan » n’aura finalement rien laissé si ce n’est un héritage vide et problématique en terme politique à l’image de notre époque toute en simili.

    (suite…)
  • Didier Lestrade Mémoires

    Didier Lestrade Mémoires

    TESTAMENT DU DERNIER GAY

    Il m’a fallu un peu de temps pour m’arrêter sur un sous titre à ce billet. L’idée de testament s’imposait, mais c’est sur le « de qui » que j’ai plus hésité. J’avais d’abord pensé au « Testament d’un enfant du 20e siècle », cherchant à trouver à tout prix une équivalence aux « mémoires d’une jeune fille rangé », mais non… Et puis il me semble bien que c’était déjà pris… Ni Didier Lestrade, ni ces Mémoires 1958-2024 ne s’en rapprochent. Il fallait autre chose.

    J’ai alors pensé à Testament d’un pédé du 20e siècle, là, on s’en rapprochait. Mais pour tout dire, je ne parviens pas à coller le terme de « pédé » à Didier. Didier n’est pas « pédé », ça, ce sera pour ma génération et la génération venue un peu plus tard.

    Alors je me suis arrêté à « Gay », parce que Didier appartient à cette génération pour qui être gay représentait non seulement la sortie du placard, mais aussi un espoir et l’affirmation haut et fort d’une identité, d’une culture, celle-là même qu’il tentera d’explorer entre 1980 et 1987 à travers ce magazine devenu culte, MAGAZINE.

    Restait à choisir le bon article. J’aurais pu titrer « testament d’un gay », mais j’ai alors repensé à son avant-dernier livre, I LOVE PORN. À plusieurs reprises, j’avais surligné dans la marge « le » gay.
    L’article défini souligne l’idée d’archétype, de modèle standard, et pour tout dire, cela fait près de 15 ans que j’ai « décidé » qu’avec l’épidémie de VIH, c’est tout un pan de notre histoire et de notre culture qui, avec la disparition de milliers et de milliers d’entre nous dans la force créative et la force de leur âge, s’était évaporé. Non, pas évaporé. Effondré.

    Pour moi, « les gays » sont morts quelque part dans les années 80, et tout ce qui en subsiste est une culture zombie. Ce n’est pas étonnant que « les gays » votent Le Pen voire même qu’ils militent au Rassemblement National.
    Ce n’est pas étonnant non plus que l’usage de drogues chimiques aux effets dévastateurs se répande dans le silence d’une communauté qui n’en est plus une.
    Il n’y a aucune surprise au fait que les « gays » d’aujourd’hui se fondent dans le consensus néo-libéral et consumériste, qu’ils aiment Macron ou Le Pen autant que l’ordre, et qu’ils regardent les arabes et jusqu’aux trans avec suspicion.

    Les gays sont morts et il ne reste plus que des zombies qui chaque jour pillent la mémoire des fantômes de ceux partis trop tôt dans le silence étourdissant de la société. Ce silence qu’ACT UP a brisé à coup de zaps, de die-in et de cornes de brumes.

    Alors, si je saisis une sorte d’archétype du gay… De gauche et progressiste. Qui comprends sans qu’on lui fasse un dessin le lien entre anti-racisme et affirmation sexuelle. Se mobilise quand il le faut en de gigantesques marches malgré l’homophobie ambiante. Qui affirme sa masculinité en allant à la gym, non pas parce qu’il est masculiniste comme le sont de nos jours les « gays zombies » transphobes, mais parce que leur corps renvoie sur le carreau le stigmate homophobe de la « tantouze efféminée ». Qui parle de lui et de ses « copines » au féminin.
    Oui, si je repense à ce qu’était l’archétype « du » gay, alors, Didier en est le dernier, et oui, ses mémoires sont le testament d’un gay de sa génération.

    La singularité du parcours achève de m’en convaincre et c’est sans hésitation que je me suis arrêté au « testament du dernier gay ». Je suis persuadé que tous les vieux « gays » comprendront ce que je veux dire et qu’ils reconnaitront dans ces « mémoires » une partie de leur propre existence.

    Didier est « le » gay. Il en a partagé la culture et les espoirs à l’orée des années 80, il a été aux premières loges du véritable tsunami qu’a été l’épidémie de SIDA, il vit les désillusions de notre époque et tente avant de partir de défricher une voie nouvelle.

    Pour ce faire, Didier nous invite à un récit déconstruit-reconstruit autours de quelques thèmes qui sont ceux qui ont jalonné sa vie. Il l’écrit, d’ailleurs, il ne fait jamais quelque chose plus de 5 ans. MAGAZINE, 5 ans, ACT UP 5 ans, TÊTU 5 ans…

    Mais rapidement apparaissent des constantes.
    La musique, d’abord et plus que tout, même et surtout au temps d’ACT UP. Elle est le fil conducteur du livre, du début à la fin. Ces mémoires sont une véritable playlist – comme l’était aussi I Love Porn!
    Le vrai truc de Didier, c’est la musique, il a une culture musicale incroyable, particulièrement des musiques noires américaines, le tout complété d’une culture plus vaste puisqu’il a plongé dans la pop dès son enfance, sous l’influence de ses « grands frères » qui fournissent l’autre trame du livre. La famille est là, du début à la fin.

    Il y a le récit de l’enfance, l’Algérie et le Lot, le divorce des parents, et une description du monde rural et agricole des années 60 qui parlera aux gens de nos âges.
    Moi, c’est la Sarthe que j’ai retrouvée, cette campagne d’avant le « démembrement » et la « modernisation » de l’agriculture. J’ai revu ces haies qui entouraient les champs, plus petits, là où on allait cueillir des mûres en été et ramasser les noisettes en automne, un paysage qui a totalement disparu.

    Viennent les interrogations sur la sexualité, Robert Conrad (ça, je pense qu’on est 100% de pédés de notre génération à avoir fantasmé sur son torse et son pantalon ajusté dans Les Mystères de l’Ouest), la « crise de follitude », et puis le départ de la maison familiale, et puis Paris, et surtout son frère Lala Jean-Pierre, véritable boussole du jeune Didier, et puis le punk, et puis la new wave et puis le disco et puis les GLH et puis…

    Didier, un jeune boomer venu de sa province, va s’épanouir à Paris à la fin des années 70 et faire partie de celles et ceux qui ont fait les années 80 (que je place entre 1977 et 1987). Il les rencontre toutes et tous, et cela lui servira à faire MAGAZINE.
    En cette décennie post-moderne qui voulait que tout se télescope, se mélange et soit nouveau, Didier se révèle un défricheur du temps, exactement comme il le sera dans les années 2010 avec Minorités.

    Et bien sûr, rapidement, il est Impossible dans de telles mémoires de ne pas mentionner ACT UP, même si tout a déjà été raconté dans ACT UP, une histoire.

    Et c’est là que réside, précisément, la différence avec ses autres livres.
    En fait, Didier a déjà tout dit, tout raconté. Ces mémoires sont donc autre chose. À 67 ans, il n’a plus rien à perdre et il n’espère plus grand chose, si ce n’est transmettre et raconter. Il n’a plus peur de personne ni de rien.

    Didier parle désormais des autres et de ses relations avec eux sans fausse pudeur, tel qu’il le sent. Il ne dégomme pas, il ne règle aucun compte, il le dit juste comme il le sent. Il se replace et les replace dans leur contexte. Et alors par moment, on pense fortement aux Confessions de Jean-Jacques Rousseau.

    Didier, comme Rousseau, est un mec de son temps, et comme lui, il est une sorte d’erreur de casting. Didier n’a même pas son bac et va évoluer dans des cercles où le cursus universitaire valide vos ambitions.
    Comme Rousseau, il en a traversé les illusions et s’est inséré dans les groupes, bandes et coteries des cercles artistiques et journalistiques puis militants, dans ce qui fait le véritable système de cour de la distinction élitaire française, mais sans en avoir ni vraiment les codes ni les prétentions. Comme Rousseau, il s’y est donc progressivement cassé les dents, jusqu’à se faire virer de TÊTU, le magazine qu’il avait imaginé et contribué à faire naitre… Et à essaimer des inimitiés et rancoeurs qui le poursuivent jusqu’aujourd’hui.

    Et finalement, comme Rousseau, c’est dans la nature qu’il voit le ressourcement nécessaire contre la corruption de la société et le dérèglement climatique.
    Bien souvent, on pense la corruption comme des histoires de pot-de vin et d’argent sale. Mais la corruption, ce peut être aussi négocier un rabibochage politique contraire à certains principes, comme le faisait la petite coterie de D’Holbach et Diderot, ce qui les conduira à littéralement excommunier Rousseau avant de le disqualifier et le critiquer à longueur de temps.
    C’est que Rousseau a « osé » ne pas se compromettre, ni composer… Au passage, un bel arriviste, Diderot, tiens…

    Didier, finalement, refusera les allégeances et surtout, lors de la querelle sur le bareback, plus encore qu’il accusera « Guillaume Dustan », il pointera la responsabilité de l’ensemble des responsables d’associations, refusant de se mouiller et prendre partie par peur d’aller dans le sens contraire de la hype représentée par « Guillaume Dustan » et sa coterie (je repense ici aux gigantesques piles de livres Le Rayon, neufs et surtout d’occasion, chez Joseph Gibert. Des pilules de silence, comme l’écrivait Sartre aux sujet d’une certaine littérature prétendument subversive dans l’entre-deux guerres…).

    Didier manie l’art de nous raconter sa vie dans l’époque et pour son époque. Une personnalité se dessine, celle d’un garçon qui a fait ce qu’il voulait faire avant de faire ce qu’il pensait devoir faire. Tout cela avant de prendre la décision incroyable, 25 ans après avoir quitté la province pour monter à Paris, de faire le chemin inverse et de tout recommencer à zéro.
    C’est l’époque où il quitte ACT UP, déçu, avant de se faire virer de TÉTU. C’est l’époque où il co-organise les soirées KABP / Otra-Otra – où il va se faire un plaisir de refuser l’entrée à « Guillaume Dustan » et sa coterie. Je rapporte la chose car il est clair que Didier, dans ses mémoires, n’attend plus les fleurs de quiconque et veut raconter les choses comme elles se sont passées, en tout cas de son point de vue. Et qu’importe si ça fâche…

    Je n’aurais pas fini de parler du livre sans dire à quel point les hommes ont compté dans sa vie. Les hommes sont partout, qu’ils aient été amants, acteurs de films porno ou rêvés.

    C’est bel et bien la vie d’un gay, du dernier des gays, tentant de ne pas se trahir et de rester fidèle à une époque dont il ne reste qu’une nostalgie mal digérée. Il n’échappe pas à des idées et des représentations assez typiques du boomer qu’il est, mais fidèle à ce qu’il a toujours été, Didier préfère nous le lire comme il le pense plutôt que d’arrondir les angles en applaudissant au rouleau compresseur du « Queer diffusion ».

    S’il rappelle ses choix politiques fondamentaux avec une insistance parfois un peu maladroite, que ce soit la Palestine ou l’antiracisme, c’est parce que l’époque l’exige et qu’ils ne sont plus nombreux, les homosexuels qui s’engagent vraiment sur ces causes politiques.
    Si par moment, exactement comme dans I Love Porn, on peut être gêné par sa façon de parler de son adoration du corps noir, si on a lu ses livres précédents on sait que c’est d’abord d’une véritable adoration pour le corps masculin en générale, pour la beauté masculine, dont il s’agit.
    C’est également sa façon d’envoyer chier les gays qui évoluent dans des cercles exclusivement blancs. Ou les racistes.
    Et puis il y a l’écriture. Ce n’est pas de la belle écriture, c’est une langue directe qui très vite se fait conversation au coin du feu, c’est Didier qui nous parle. Ce sont ses Confessions.

    Depuis la sortie du livre, un étrange silence radio s’est installé. La critique est aux abonnés absents alors qu’un militant de cette pointure, cela devrait faire parler.
    Taire, dans les cercles de l’édition et les cercles intellectuels, c’est le meilleur moyen de tuer.
    Et peut-être aussi chez certains, tout faire pour que ce serpent de mer des archives de la mémoire LGBT échappe au seul qui parmi nous aurait la légitimité de le piloter, ou même ne serait ce que le co-piloter…

    Mais quand Didier ne sera plus, alors là, ils l’encenseront, ils écriront des tartines et puis qui sait, de la même façon que les socialistes parisiens ont donné à une promenade le nom de Clews Vellay sans que ledit parti n’aie une seule fois présenté de véritables excuses pour l’affaire du sang contaminé ni même reconnu sa défaillance face à l’épidémie, on donnera son nom aux archives de la mémoire LGBT et on reconnaitra le talent de défricheur culturel, de militant hors norme, de jardinier et amoureux des plantes, de chroniqueur musical rare.

    Les coteries et courtisans de toute sortes n’aiment le talent et le génie que quand ils ne les éclaboussent pas, c’est à dire quand ils sont morts, quand ils peuvent écrire des biographies insipides et passer à la télévision.

    En attendant ce moment, ces mémoires sont une invitation à découvrir ou redécouvrir un parcours hors norme, unique, et au delà à relire Didier Lestrade dont toute la vie pourrait se résumer en quelques mots: il a beaucoup fait et beaucoup donné.

    Merci Didier.

    Didier Lestrade, Mémoires 1958-2024, Stock ed., 2025

  • Regrets

    Regrets

    Je veux ce billet comme une porte ouverte sur l’infini d’une mer à explorer et les flots d’amour qui la bercent.
    Je veux ce billet comme la source d’un récit qui ne se tarit pas, rempli de la vie qui est encore là et qui coule en moi, qui m’irrigue et me guide. Je veux ce billet pour vous raconter je ne sais trop quoi, et je le veux ainsi.

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  • To Hal Brands, Bloomberg Columnist about “the threat of China”

    To Hal Brands, Bloomberg Columnist about “the threat of China”

    As a EU citizen, it always stuns me to know your country continues this barbaric tradition of death penalty, and that your newly elected president has decided to enforce it even further. Like China?

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  • Autre rêve étrange

    Autre rêve étrange

    J’ai fait un (double) rêve étrange… “Je suis avec un mec qui me plait, je crois qu’il a des cheveux bouclés, bruns…”

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  • 2025, page blanche

    2025, page blanche

    2025, page blanche

    2025, donc, sera donc pour moi une page blanche. Le passé est le passé. Pour l’avenir, je ne sais pas. Bonne année à vous toutes et tous.

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  • 2024, Gaza, et fin

    2024, Gaza, et fin

    2024, ce sera l’année où le masque de cette hideuse comédie sera tombé.
    Commencée sous les bombes à Gaza et le sacrifice de Aaron Bushnell mourant après s’être mis le feu pour en dénoncer le génocide, elle se termine sous les bombes et la quasi-famine et le meurtre du PDG de UnitedHealthcare Brian Thompson par un Luigi Mangione voulant dénoncer le caractère criminel du système de santé américain.

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  • 120 battements, un commentaire

    120 battements, un commentaire

    Matoo, le président des pédés himself, a laissé un commentaire au sujet de mon billet sur 120 battements par minutes.
    J’ai visité son blog où il avait publié un billet au sujet du film en 2017, et j’y ai laissé un commentaire.
    Dans la plus grande tradition de mon blog, je mets en ligne cet échange car de son côté, lors de la sortie, il avait apprécié le film malgré ses faiblesses.

    Voici le commentaire qu’il a laissé:

    Tu sais bien que c’est impossible d’apprécier un film qui parle d’un truc qu’on connaît trop bien. On trouvera toujours pas ça à la hauteur de sa propre perception. Donc je ne suis pas étonné de ton opinion très étayée là-dessus.

    Le truc, selon moi, c’est que le film n’est pas du tout un documentaire, et pas non plus un film totalement fictionnel, et pas non plus une allégorie complètement abstraite, et c’est là où le bât blesse, à mon sens, il a le cul entre plusieurs chaises. Et même si je lui trouve plein de qualités formelles, et au moins le mérite d’évoquer ces sujets importants, bah j’ai aussi été un brin déçu (alors que je ne connais en rien ACT-UP de mon côté).

    J’aurais aussi adoré un vrai rappel de la vibe LGBT de l’époque (fringues, danses, musiques, bars), mais encore une fois le film est à la croisée des chemins dans sa forme, et c’est son défaut. Mais c’est aussi peut-être ce qui en fait un *bon* film, pas ouf, mais correct pour instiller des éléments pertinents et une bonne histoire, sans verser dans la peinture hyper précise, le documentaire ou la biographie d’une asso.

    J’avais écrit à ce propos également. ^^

    Et voici ce que j’ai répondu:

    Bonjour Matoo Watoo,

    Tous ces commentaires, cet article, datent de 2017, et il est fort possible que je me serais laissé happer par le film si je l’avais vu à cette époque, mais il m’a été totalement impossible de le voir. Je pouvais pas.
    Au fond de moi, il y a eu une résistance, une envie d’oublier ces années où il faisait gris tous les jours, même quand il faisait beau. Ces années glauques qui me laissent la sensation d’avoir sombré avec le Titanic. L’insouciance et la légèreté, l’innocence des années 80, tous ces bars, ces boîtes et ces lieux, et il y en avait plein, nos amitiés, tous ces garçons amants d’un soir, d’un jour ou d’une vie, jeunes, tout sourire, avec nos looks et nos musiques, et puis tout se retrouve emporté avant même qu’on s’en aperçoive, exactement comme le Titanic, certains parmi nous tentant encore de s’amuser comme ils le peuvent avant que le bateau ne sombre et qu’il ne reste que… ACT UP pour hurler, et nos larmes pour pleurer.

    Et puis un jour, les trithérapies arrivent, voilà, la lame est passée, et on a pris dix ans. Même à trente ans, au fond de nous, on en a quarante et même soixante.
    Personne ne veut revivre un tel naufrage.

    En 2017, je n’étais pas prêt à affronter ces souvenirs.

    Vu pour la première fois il y a un mois, donc, je n’ai pas aimé du tout, le film est mal construit – ou peut-être porte-t-il la marque d’un certain “cinéma d’auteur” dans sa pire acception. Les personnages n’ont aucune profondeur, il n’y a aucune temporalité, et il ne fait aucun doute que les jeunes qui ont adhéré à ACT UP après avoir vu le film ont dû être terriblement déçu parce que pour obtenir les résultats d’ACT UP, il a fallu des années et un boulot monumental, ce que le film ne narre pas puisque le temps y est totalement inexistant, narrant l’histoire d’une association imaginaire faisant un zap après l’autre… Comme si…

    Je n’ai pas aimé It’s a sin, mais la série m’a beaucoup plus touché car pour le coup, Davies a essayé de retranscrire l’époque. Le résultat est très maladroit car, comme je l’écris plus haut, il est très difficile de vraiment investir nos propres souvenirs sans raviver une douleur profonde, mais les personnages “racontent” quelque chose qui les dépasse, quelque chose que nous avons toustes vécu.

    Bises

    Voilà qui complètera le billet de jeudi dernier.

  • 120 battements par minute: un navet ?

    120 battements par minute: un navet ?

    Il y en aura d’autres, de films, de récits et d’évocations, ce moment resurgira de l’ombre dans laquelle les trithérapies et l’envie de tout oublier l’ont enseveli. 120 battements par minutes sera alors le premier jalon d’une mémoire qu’il faudra reconstruire, un film fondateur malgré son incroyable imperfection.

    (suite…)