Auteur/autrice : Madjid Ben Chikh

  • Première promenade sur le Pacifique


    Enoshima, sur le Pacifique. Un coucher de soleil. Mon premier sur ce vaste Océan.

    Il faisait trop beau le vendredi matin pour ne pas aller à Enoshima, comme nous l’avions prévu la semaine dernière… Alors, voyant la journée partie pour être exceptionellement belle, nous y sommes allés.
    Pourtant, nous avons mal démarré la journée et, le soir en nous quittant, c’est assez distant l’un envers l’autre.
    J’ai découvert en Kaikai des restes de petit garçon boudeur et sucesptible. Ma maîtrise limité du japonais m’encourage à ne rien dire plutôt que mal dire. Lui en profite pour mal interpréter mon peu de paroles (directes, je suis français) ou mon silence. Il oublie aussi très souvent que je ne suis pas japonais et que je connais encore fort mal le Japon. Que je ne conçois pas qu’on hésite sur la ligne de train ou de métro à prendre pour un trajet simple et qu’on me demande mon avis… comme si je connaissais le trajet, dans Tôkyô, moi… ! J’ai fini par le laisser faire, en silence… Bref, le vendredi a révélé tout ce qui était accumulé depuis une semaine. Sans brouille. Comme une grande lassitude.
    La promenade, elle a été agréable car ce site est fantastique. Sur les côtes, ici, les Japonais bronzent, font du surf, nagent, font du bateau… Le Japon est décidemment un pays complexe : tout le monde ne tient pas à garder sa peau toute blanche : ici, on la noircit ! C’est jeune, c’est tranquille. Dans les restaurant, les mets à base de produit de la mer ont la part belle. Nous sommes restés jusque fort tard, admirant la vue splendide sur le Pacifique du haut de la tour ou de la terrasse du restaurant où nous avons dîné. Le vent, chargé d’energie de la mer, m’a fait un bien fou.
    Nous nous sommes quittés, le soir, à la gare de Tôkyô.
    De 2 mails nous avons fait la paix. Ne me restent que de bons souvenirs de cette semaine de vacances. Et une très grande tendresse…
    De Tôkyô,
    Suppaiku

  • Jeudi à Tôkyô (cliquer)

    Bon, la vidéo n’a aucun rapport avec cette journée. Je l’ai faite une semaine auparavant… Mais bon, il y en a que cela fera peut être rêver, une vidéo de 16 mn à vélo, à Tôkyô… A suivre, en tout cas !

    Yokohama, Kaikai et Kiki en promenade

    Il pleuvait, on est resté à Tôkyô. Le soir je lui ai demandé de rester. Il est resté. Cela étant, j’étais vaguement inquiet : un membre de la maison, le Suédois vulgaire, sale, la grosse tante, est parti sans prévenir, sans payer et en laissant sa chambre dans un état que je préfère ne pas imaginer. Bref, cette tarlouse de droite anti-socialiste (seule conversation que j’aie eu avec cette vache) nous a attiré des visites succéssives de Sakura… Faudra un jour que je vous parle de ces business engendrés par la xénophobie, au Japon, au premier rang desquels figurent les sociétés de “gaijin-houses” et autre… Enfin ! Mon inquiétude en soirée a réengendré de la distance et du froid qui rejaillirent le lendemain alors que nous partions pour Enoshima.
    De Tôkyô,
    pressé de finir sa récapitulation à postériori,
    Suppaiku

  • Yokohama

    Si vous cliquez, quelques images de Yokohama, en musique. Pour TB, Rasen, Dulci, Ranma et tous les fans de Dorama, il ne sera pas difficile de deviner à quel dorama j’ai pensé… (lien inactif, 8 fev. 2016)

    Une fenètre et au loin, la tour sur le port…

    Partis de Tôkyô vers 10 heures nous sommes arrivés vers 11 heures. Temps moîte, variable à dominante pluvieux. Et puis de plus en plus de soleil, et de plus en plus fort. Et une température qui monte qui monte, la sueur… Dur dur mais si agréable.
    Je découvre une ville beaucoup plus reposante que Tôkyô, ouverte sur la mer que l’on voit des hauteurs environnantes.
    La promenade ne pouvait être que brève, une journée, mais tout de suite une autre ambiance. Un quartier “occidental” créé à la fin du 19ème siècle, d’abord, puis le port, le quartier Chinois et enfin, avant de repartir, le parc de loisirs. En une journée on ne pouvait faire plus mais il y a comme un goût d’y retourner. C’est à côté de Tôkyô, je ne m’en priverai pas.
    Kaikai a été très bien ce jour là. Il était resté le soir à la maison, et il est encore resté.
    De Tôkyô,
    toujours en plein antidatage, à cheval sur le 22 août et le 16 août…
    Suppaiku

  • Nikkô, version Ôbon


    Un bouddha, dans le Toshogu

    On s’est retrouvé le matin, distants d’abord l’un vis à vis de l’autre mais sans agressivité, et puis ça s’est vite réchauffé. Il y a encore trop de petites choses que nous partageons pour ne pas céder finalement, et nous rapprocher. La journée fut donc plaisante sans se forcer, naturellement.
    Ce qui nous a rapidement rapproché sont ces prèches obligatoires subis dans chaque temple et sanctuaire : c’était Ôbon (la fête des morts) et les “prêtres”, “bonzes” et guides y allaient à coeur-joir pour qu’on achète gri-gris et colifichets protecteurs contre les forces du mal (bouddhisme) ou attirant les esprits bienfaisants (shintô), ouvrant les portes sacrées de la félicité et fermant celles des enfers putrides (exclusivité du syncrétisme de Nikkô, ce côté ramasse-tout… enfin, c’est mon opinion).
    Une horreur, je me serais cru à Lourdes, pour un peu. Et encore, je ne pense pas que ça aille jusque là. Ici, nous avons été encadrés, guidés et les tentatives de décervellements étaient permanentes : il nous a fallu une heure pour échapper à notre guide ! D’autres touristes, comme nous, souriaient en attendant de pouvoir, enfin, échapper au discours pour pouvoir, enfin, regarder ces objets pour lequels nous avions payé un droit d’entrée… Les marchands du Temples, je vous dis…


    Asakusa, le soir… quel calme…

    Nous sommes rentrés le soir vers 21 heures à Asakusa : il faut, le soir, près de 3 heures pour revenir de Nikkô à Tôkyô… Nous avons mangé dans un restaurant chinois, très bon ! Et puis nous sommes rentrés chez moi. On plaisantait : nous n’avons pas une seule fois évoqué cet épisode du dimanche soir, en tout cas pas vraiment jusque vendredi soir, par email…
    Il y a donc eu des hauts, quelques bas, comme quelques braises mal éteintes mais dont, pressentant leur présence, nous nous sommes méfiés avec attention…
    Nikkô me laisse le souvenir d’un horrible gavage religieux au milieux d’une forêt magnifique et entouré de temples ou sanctuaires dont ledit gavage m’a empêché de ressentir pleinement la beauté. Peut-être y retournerai-je cet automne… La journée fut agréable.
    De Tôkyô,
    en pleine récapitulation antidatante,
    Suppaiku

  • Le matsuri gay de Shinjuku Ni-Chôme (cliquer)

    dimanche soir, avant qu’il ne me fasse la tête…
    Bon, c’est pas habituel mais je vais contredater mes posts pour les faire coller à ce que j’y raconte ! On est bien, en effet, aujourd’hui le mardi 21 août, mais je vous écrit aujourd’hui au sujet du Matsuri de Ni-chôme qui avait lieu le 13 août, et de mon Kaikai qui me faisait la tête, quel idiot !
    On s’était retrouvé vers 19 heures 15 après le travail à la gare de Tôkyô. On a filé sur Ni-Chôme (le Marais sous développé de Tôkyô, à Shinjuku). C’était marrant!
    J’ai alors croisé Shôgo (quelle surprise ! pas vu depuis 2004, mon voisin de Strasbourg Saint Denis), puis d’autres personnes. On a visité un bar puis on s’est installé dans un autre. Kaikai s’est mis à faire la tête et nous sommes rentrés tard en silence. Quand on s’est quitté le lundi midi, je me demandais presque si on se reverrait, en fait… Le soir, pas un mail de sa part malgré les miens, ça m’a filé le bourdon, me retrouver seul avec mes 4 jours de congé pris spécialement pour être avec lui… Il a fini par me répondre, froidement, pour nous donner rendez-vous le lendemain matin. Ca sentait fortement le “ça passe ou ça casse”…
    De Tôkyô,
    récapitulatif,
    Suppaiku

  • Il me fait la gueule…

    Hier soir, après le travail, retrouvé Jun à la gare de Tôkyô : direction le Matsuri gay de 2-Chô-me/ 二丁目ゲイ祭り. J’y ai revu du monde, et même Shôgo, mon voisin de Strasbourg Saint Denis, ou Yann, qui travaille dans la même école que moi ! Sympa ! Jun lui a rapidement fait la gueule… Ce matin encore, c’est soupe à la grimace. S’il y a une chose que je ne peux laisser passer, c’est la soupe à la grimace… Bref, je ne fais pas d’efforts !
    Photos en soirée.
    Demain, je vais à 日光 / Nikkô.
    de Tôkyô au soleil,
    Suppaiku

  • Et encore le travail…

    Hier soir, grande promenade avec Jun de 銀座/ Ginza à 渋谷/ Shibuya. Restaurant, repromenade et on rentre. Ces promenades effacent la journée de travail qui, pour le coup, redevient agréable. Le feu d’artifice de la baie de Tôkyô a été annulé. Orages… Pourtant, le soir, sur 日比谷/ Hibiya, le ciel était magnifique…
    De Tôkyô,
    toujours pressé,
    Suppaiku

  • Le silence à ma fenêtre

    vers Sendagaya, hier après midi. Un havre de tranquilité, un petit jinja comme j’aime, et beaucoup de gens qui passent et s’y recueillent à l’image de cette dame bien frappée par l’arthrose. Mais quel âge a t’elle donc…

    Je pense déménager… J’en ai assez de cette “gaijinhouse”. Assez de mon colocataire Suédois, gay et moche qui n’a jamais appris à faire le ménage de sa vie. J’ai parlé une fois avec lui et j’ai été effaré par sa bêtise. Quand je pense que nous avons milité, que certains militent encore, pour que des pouffes pareilles puissent se trémousser sur l’Eurovision en y puisant l’essence de leur culture. Il y a eu le métrosexuel, hétéro évolué qui se cultive, est élégant et admet sa part féminine (Les femmes craquent ! Il est comme un gay, et il couche, en plus !). Il faudra parler de l’homoCK1 : tout dans la marque et dans la frime, culture proche du degré préhistorique, sorte de folle qui joue au métrosexuel, prétentieux parce que PD et qui se pouffe de rire en parlant des “straights” comme une caissière chez Lidl quand arrive l’éternel dragueur de 60 ans avec sa boîte pour chat. Mon “voisin” est dans ce genre là… Il me donne une envie furieuse d’homophobie : en plus il est moche ! Il ne se déchausse pas en rentrant chez lui, où il y a des tatamis. Un sauvage.
    Il me donne des envies de déménagements. Furieuses.
    Hier, 3 heures sur mon vélo… Une giga ballade, pas bien loin finalement, mais ici et là, sous le chaud soleil revenu. La Tour de Tôkyô continue de bénéficier de toutes mes faveurs… Au détour de Sendagaya, petite pause buissonnière dans un Jinja, ding-ding, clap-clap, on dit bonjour et on fait un voeux, clap, on prend des photos. J’ai savouré ces 15 minutes de pauses, à regarder les gens passer et d’autres s’entrainer au Noh dans une salle aménagée à cet effet. Par moment, les cris des acteurs se superposait aux cris des cigales et grillons.

    Shibuya, vers 17h00. Plein soleil et chaleur. Noeud routier urbain, ici composant du paysage quotidien. J’avoue être séduit par ces autoroutes qui, en France, feraient un véritable scandale…
    Les Japonais, plus pragmatiques, les bordent de bureaux, de salles de jeux, de restaurant.

    Arrivé à Shibuya, autre pause. Photos, promenades. J’aime vraiment Tôkyô. La ville ressemble à Londres pour son étendue mais ses quartiers ressemblent souvent à des quartiers de Paris : immeubles de 6 étages, enchevètrements de rues, foules anonymes qui traversent, grands arbres qui bordent les avenues. Même les grandes autoroutes urbaines s’y intègrent, mystérieusement, sans la défigurer, mais en lui donnant au contraire un cachet, unique. Voilà Tôkyô.
    Hier soir, j’ai retrouvé Jun, à qui j’ai fait découvrir un truc de la Sarthe : les oeufs battus (oeufs crus, crème fraiche, vinaîgre de vin, plein de persil, sel, poivre, on bat et on trempe du pain…).
    Bonne journée.
    De Tôkyô,
    avant de partir travailler,
    Suppaiku

  • Soleil à ma fenêtre

    Ce qui est agréable avec les typhons, c’est que ça ne dure pas, et qu’après il fait presque systèmatiquement beau. J’écris presque, et c’est une façon de céder à la pondération, toute japonaise, quand il s’agit de parler de météorologie.あ、台風が来た後いつも天気がいいでしょう、ね!J’ai du recevoir ce message hier soir, ou un truc dans le genre. Bon, pour tout vous dire, il n’y avait pas le très prudentiel でしょう et le ね n’était pas un ね mais un な. Mais c’est normal, c’était mon copain ! Mais à la télévision, sans le ね bien sûr, le temps d’aujourd’hui devait être forcément beau でしょう. Après tout, on ne sait jamais… Vous verriez les cartes du Pacifique en ce moment, on a plutôt intérêt à rester prudent.

    j’habite près de 早稲田大学/l’Université de Waseda. En allant dans sa direction, il y a ce 神社/jinja qui m’intrigait et où je suis donc allé la semaine dernière.

    Je me souviendrai plus tard de cet été comme de l’été où j’ai écouté France-Culture au petit déjeuner. Les conférences de Michel Onfray à l’Université Populaire de Caen. Populaire, l’Université, faudrait voir… Mais très intéressantes, les conférences ! Il dit des bétises énormes à mon avis – il ne place pas auteurs dans un ordre dynamique qui est celui, forcément, de l’historien- mais très érudit. Et surtout, sa volonté de faire rentrer l’athéisme dans l’histoire de la pensée est un travail plus que nécessaire. Plus qu’un travail, une obligation majeure.
    Cela étant, en bon “lacanien” qui croit au pouvoir des mots, peut-être faudrait-il alors qu’il utilise d’autres mots. Et à l’égart de religions – qu’il limite d’ailleurs étrangement à la chrétienté-, peut-être devrait-il alors parler de superstitions, ce qu’elles sont toutes, éventuellement. Ou de préjugés… Mais bon, je chipote…

    mercredi soir la semaine dernière.
    Le chapeau est à moi, mais pas le garçon dedans…

    Je vais aller faire du vélo, maintenant. Ce soir je retrouve Jun. Je crois qu’il a fait un peu la tête que je sois allé rejoindre un copain (et collègue) Yann dans un bar gay de Shinjuku mardi soir. Et que ce fut la deuxième fois en une semaine (je me suis torché de chez Torcher la semaine dernière avec le même copain. On a fini à Arty Farty, une espèce de boîte nulle qui me fait penser au Club, à Paris, le truc où on va quand il n’y a rien d’autre. Et à Tôkyô, en matière de vie gay, c’est comme Paris : en semaine, il n’y a rien d’autre. A moins, bien sûr, de vouloir des sex-clubs…
    On s’y est bien amusés : on était une dizaine, que notre petite bande. Mais bon, que voulez-vous, ici, ce n’est pas Londres, en la matière. C’est un autre genre.
    Tout ça pour dire que j’ai senti à la froideur de ses mails que Jun me faisait un peu la tête… Mais hier soir ses mails sont redevenus plus gentils. On s’apprivoise… Mardi, j’ai fait une excellente leçon de haut niveaux avec 2 élèves. “Le Petit Prince”. Je n’aurais jamais cru aussi bien coller au “format” de mon école pour une étude de texte. Au fur et à mesure que la leçon avançait, au fil de mes questions, je pensais à Jun. Je crois que je suis amoureux…
    De Tôkyô,
    bientôt sous le soleil et sur son vélo.
    Suppaiku