C’etait la nuit derniere que j’ai pris mon premier generique. J’ai donc laisse un message sur Facebook pour mes amis. Stephane a laisse un message, ce qui m’a donne l’occasion de preciser un peu comment je me sentais ce matin.
Debut de citation.”Reveil a 4 heures du matin apres un reve adorable, vraiment mignon comme je n’en fait que tres rarement, laissant une impression de bonheur. Mais sitot reveille, sensation d’etre drogue, pensees super molles, sensation que ca me monte a la tete par vagues “rondes”, comme des oscilations. J’essaie de dormir mais n’y parviens pas, ma tete me semble lourde dans le coussin, je tourne et me retourne, mon cerveau qui fabrique des formes lumineuses arrondies un peu comme on en a apres avoir regarde une lampe trop longtemps. Je me redresse pour voir comment ca fait. C’est du fort, je pense. Sensation de malaise, je veux que ca s’arrete tellement je me sens drogue, mais je me dis que c’est comme ca… A ma grande surprise, je me suis vite rendormi. Deuxieme reveil vers 6 heures/ 6h30, cette fois, je me sens lourd mais la sensation est plus gerable. Je me leve, bois un verre d’eau, me recouche et me rendors. Mes yeux se sont ouverts a 9 heures, je reste un peu au lit, puis me leve. Vague sensation de fatigue, mais rien de dramatique. Je me coucherai plus tot ce soir.
Je m’attendais a nettement, mais alors vraiment nettement pire. Sachant que les effets maximums se manifestent en debut de traitement, si c’est dans cet ordre la, ca va (…)
Mon precedent traitement etait passe sans aucun effet si ce n’est, tres rarement, le pieds un peu engourdis. Pas meme les yeux jaunes. La, j’avoue, c’est du dur. J’avais lu des trucs dans divers forums, il y en a qui ont arrete des la premiere prise.
Moi, je suis enveloppe dans un reel sentiment de bonheur depuis quinze jours car avoir interrompu mon traitement, ne pas avoir les moyens d’y avoir acces m’inquietait profondemment. Hier soir, en avalant la gelule, rose, enorme, j’etais en fait extremement content, meme si ca represente un truc, un passage, et que je redoutais le pire cotes effets secondaires. A J+1, malgre mon cote engourdi et une nuit perturbee, je suis encore plus heureux. Notamment, qu’il existe des generiques d’un medicament developpe recemment.” Fin de citation.
Cet apres-midi, comme pour me prouver a moi-meme que tout allait bien, je suis aller donner ma lecon a Kyobashi en velo. 50 minutes aller, 50 minutes retour, dans le froid et sous le soleil. A l’aller comme au retour, joie de voir le Fuji, le soir sous un ciel rouge magnifique. J’ai pense a Yann qui prenait l’avion pour la Thailande a peu pres au meme moment.
Hier, avec Jun, tres belle promenade d’hivers de Kiba a Nihonbashi en passant pas Kyosumi. La promenade habituelle que vous pouvez regarder dans le diaporama joint. Bon, ca va etre l’heure d’aller me coucher apres etre passe par le deuxieme generique… Demain soir, je vous epargnerai peut etre la video relative au troisieme generique, meme si j’avoue que c’est mon prefere, le plus “croissance”…
De Tokyo,
Madjid

Hier, un institut de notation, S&P, a degrade la note du Japon a AA-. Fitch devrait suivre la semaine prochaine. Quand je vous dis que le Japon va vraiment mal, avec sa dette la plus forte du monde… Et les gens dorment tranquillement, berces par les medias qui leur mentent, et pour cause : leurs proprietaires sont aussi ceux qui ont profite de la bulle, ont fait eponger leurs dettes par l’etat, et ont investi leur argent en Chine depuis. De leur cote, les financiers Japonais expliquent que l’abondance d’epargne protege de la faillite. Considerant que les derives permettent d’utiliser plusieurs fois l’argent qu’on a pas en “bordant” le sous jacent d’autres derives, je me marre… Avec 220% de dette publique, et des banques financant des constructions de tonnes de bureaux vides dans le centre de Tokyo, l’epargne japonaise, ca fait longtemps qu’elle a ete mangee…
Je suis assez content d’avoir posté autant de messages depuis lundi. Après avoir change le template, je me suis promené sur ce blog, j’ai revu de vieux messages. L’écriture y était moins libre, plus “cherchée”, mais j’ai été étonné par la très grande simplicité et par les photographies. Je n’hésitais pas en effet à publier des photographies prises à la va-vite avec mon mobile, des photographies qui parfois n’avaient d’autre intérêt que mettre des couleurs, ou bien montrer des choses inhabituelles, comme une prise de sang à Tarnier ou le jeu des feux rouges. Des billets longs et courts publiés à l’envie sur des sujets sans importance. J’ai trouvé bien, vivant. Je devrais lire mon blog, parfois !
Quand j’ai emménagé dans mon quartier, la pancarte à la devanture du salon de coiffure qui longe la voie de chemin de fer m’a fortement intrigué. Varia flee, est il écrit en lettres romaines. Et puis un jour ça s’est éclairci, j’ai vu la plaque de métal à l’entrée qui adouci la marche et rend le salon accessible aux handicapés. Barrier free. Bah oui, il n’y a pas de “b” ni de “v” à proprement parler, mais une sonorité intermédiaire qui, à nous, nous parait être un “b”, mais que les Japonais entendent indifféremment “b” ou “v”.
À Tôkyô, il y a des ascenseurs pour accéder au métro. Si vous vous présentez en fauteuil roulant au guichet, un agent vous escortera jusque sur le quai aprés avoir prévenu la station où vous descendez, soit pour une correspondance, soit pour sortir. Il sera muni d’un petit tapis qui facilitera l’entrée de votre fauteuil dans le wagon. Le conducteur, averti, demandera aux passagers de patienter quelques instants. Dans beaucoup de stations, il y a des rampes mécanisées auquelles vous pourrez accrocher votre fauteuil pour monter les marches, avec l’aide d’un agent que vous aurez appelé sur l’interphane situé à proximité, à environ un mètre du sol pour qu’il vous soit accessible.
Il y a suffisamment de choses qui ne tournent pas dans ce pays pour que je souligne comment, ici, le Japon fait remarquablement bien les choses, notamment en comparaison du pays dont je viens, donneur de leçons et pourfendeur des “injustices”, mais traitant des handicapés comme des victimes et des sous êtres tout juste bon à exprimer, le temps d’un programme télé où d’une élection, quel point on est bon, à quel point on est gentil. Et qui enferment les handicapés dans leur infirmité en les privant de l’accès à tout ce qui fait la vie et les petits bonheurs. les musées, le métro, le bus, les cinémas. L’espace public.
Ce matin, après ma leçon avec Hiromi à Kyôbashi, j’ai marché jusqu’à la station Otemachi en traversant la gare de Tôkyô. C’etait l’heure de déjeuner, j’ai donc fait un très rapide détour par Daimaru où, au sous-sol, sont quatre boulangeries. M’arrêtant à Kaiser, j’ai soudain vu un sandwish de désir. Rillettes-cornichon. Je me suis régalé. Tant pour le sandwish lui-même que pour la très agréable surprise. Les cornichons furent au passage le petit plus inattendu. Délicieux.










