Catégorie : le Blog de Suppaiku, Tôkyô

Journal d’un Solitaire Sociable et Moderne de Paris et Londres à Tôkyô et …

  • Veille de week end

    Hier, un institut de notation, S&P, a degrade la note du Japon a AA-. Fitch devrait suivre la semaine prochaine. Quand je vous dis que le Japon va vraiment mal, avec sa dette la plus forte du monde… Et les gens dorment tranquillement, berces par les medias qui leur mentent, et pour cause : leurs proprietaires sont aussi ceux qui ont profite de la bulle, ont fait eponger leurs dettes par l’etat, et ont investi leur argent en Chine depuis. De leur cote, les financiers Japonais expliquent que l’abondance d’epargne protege de la faillite. Considerant que les derives permettent d’utiliser plusieurs fois l’argent qu’on a pas en “bordant” le sous jacent d’autres derives, je me marre… Avec 220% de dette publique, et des banques financant des constructions de tonnes de bureaux vides dans le centre de Tokyo, l’epargne japonaise, ca fait longtemps qu’elle a ete mangee…
    Dormez, bonnes gens…

  • J’y suis enfin retourne!

    Depuis le temps que je disais que j’allais y retourner, voila qui est fait ! J’ai nage 1 kilometres en brasse, fait 100 metres en crawl, ce n’est pas si mal pour ces 3 ans et demi sans aller a la piscine ! Depuis mon installation a Tokyo, j’ai pris 12 kilos… Il est temps que je reprenne tout cela en main !

  • Le paradoxe Japonais ?

    0-2Je suis assez content d’avoir posté autant de messages depuis lundi. Après avoir change le template, je me suis promené sur ce blog, j’ai revu de vieux messages. L’écriture y était moins libre, plus “cherchée”, mais j’ai été étonné par la très grande simplicité et par les photographies. Je n’hésitais pas en effet à publier des photographies prises à la va-vite avec mon mobile, des photographies qui parfois n’avaient d’autre intérêt que mettre des couleurs, ou bien montrer des choses inhabituelles, comme une prise de sang à Tarnier ou le jeu des feux rouges. Des billets longs et courts publiés à l’envie sur des sujets sans importance. J’ai trouvé bien, vivant. Je devrais lire mon blog, parfois !
    Je suis dans le métro. Aujourd’hui encore, deux lignes sont perturbés par des “accidents voyageurs”. Ces suicides sont devenus terriblement banals… Il y a quelque chose de paradoxal dans le Japon contemporain. Les Japonais peuvent être extrèmement rieurs, blagueurs, fripons, ils peuvent se promener quasiment nus lors des matsuris, ils adorent manger, danser, là encore il faut voir les matsuris ou le métro le vendredi soir quand, émèchés ils esquissent des pas de danses venues du passé, de leur province natale. Ils ne s’en sont pas moins bâtis une société triste, avec des métros tristes, des rues tristes, un travail caporalisé réduisant leur quotidien à la tristesse de la solitude, enfants qui ne voient jamais leurs pères trop occupés, mères dépressives au quotidien terne se répétant tous les jours à l’identique, légion de célibataires qui ne trouveront jamais à se marier, sexualité réduite à rien du tout dans ce pays où 30 % des hommes agés de moins de 40 ans sont encore puceaux, compensant cela par la fréquentation de bars à hôtesses, à maids et la lecture de bandes dessinées oú de jeunes filles de 14 ans se font violer en pleurant et en en redemandant. Le tout avec une pression sociale très forte, la peur du chômage, synonyme d’une exclusion à vie, de divorce et de plus de solitude encore, et puis cette spirale de dettes qui s’enchaine avec le credit pour la maison et les études, exhorbitantes, des enfants. Quand la coupe est pleine, certains, donc, marchent un pas en avant quand le train arrive, laissant à celles et ceux qui restent le soin de prendre en charge leur échec social.
    Donc, aujourd’hui, comme tous les jours, deux lignes sont interrompues pour “accident voyageur”, 人身事故, comme c’est écrit sur les panneaux des horaires.
    Le temps s’est adouci le jour, reste glacial la nuit. Je continue d’attendre la saison des prunier, celle qui annonce la fin de l’hiver réel et l’entrée dans la transition vers le printemps. Je n’aime pas l’hiver.
    Je ne sais pas trop si c’est utile, mais j’ai raffraichi mon profil LinkedIn, j’ai enlevé plein de détails dont on se moque comme de l’an 2000.
    De Tokyo,
    Madjid

  • Pourquoi Sigma ?

    Pourquoi Sigma ?

    J’aime l’aspect diapositive, les pixels propres, inexistants, meme sans correction de nettete. J’aime cette capacites particuliere a accpeter la lumiere en respectant les ombres. J’aime cette restitution des couleurs.

  • Varia flee (barrier free), ou H comme Handicap

    0 Quand j’ai emménagé dans mon quartier, la pancarte à la devanture du salon de coiffure qui longe la voie de chemin de fer m’a fortement intrigué. Varia flee, est il écrit en lettres romaines. Et puis un jour ça s’est éclairci, j’ai vu la plaque de métal à l’entrée qui adouci la marche et rend le salon accessible aux handicapés. Barrier free. Bah oui, il n’y a pas de “b” ni de “v” à proprement parler, mais une sonorité intermédiaire qui, à nous, nous parait être un “b”, mais que les Japonais entendent indifféremment “b” ou “v”.
    Mon étudiante Hiroko, une femme d’un certain âge mais très volontaire dans ce qu’elle fait malgré l’âge et une maladie des os m’a dit à quel point se déplacer dans Paris, dans tout la France, est difficile. Il n’y a en effet ni le personnel ni les équipements. À Tôkyô, si la situation est certainement loin d’être parfaite, j’en mesure tout de même la profonde différence avec la France, et notre situation me fait honte.
    Les handicapés paient des impôts, ils votent, ils travaillent. Ils sont le faire valoir des bons sentiments proclamés lors de dégoulinants têléthons ou d’hommages à Lino Ventura. Ils valent même à notre Président une joute lamentable où il a dévoilé le caractère “hystérique” de Ségolène Royal durant le débat, lui demandant de “garder son calme”. On est 4 ans après, et je ne crois pas que la situation du handicap aie fondamentalement changé en France. Ségolène avait raison. Nous sommes immondes avec les handicapés, nous, le “pays des droits de l’homme”, nous la République laïque et Universelle, qui fait l’égalité contre la division du “communautarisme” et qui fait sa leçon au monde entier sur le comment du pourquoi du ce qu’il faut faire et que chez nous c’est beaucoup mieux.

    1À Tôkyô, il y a des ascenseurs pour accéder au métro. Si vous vous présentez en fauteuil roulant au guichet, un agent vous escortera jusque sur le quai aprés avoir prévenu la station où vous descendez, soit pour une correspondance, soit pour sortir. Il sera muni d’un petit tapis qui facilitera l’entrée de votre fauteuil dans le wagon. Le conducteur, averti, demandera aux passagers de patienter quelques instants. Dans beaucoup de stations, il y a des rampes mécanisées auquelles vous pourrez accrocher votre fauteuil pour monter les marches, avec l’aide d’un agent que vous aurez appelé sur l’interphane situé à proximité, à environ un mètre du sol pour qu’il vous soit accessible.
    À Tôkyô, dans un très grand nombre d’endroits, à commencer par le métro, il y a des bandes de plastiques jaunes qui vous guideront, si vous ne voyez pas, dans ce détalle qu’est la mégalopole. Il y a un peu partout des défibrilateurs qui vous maintiendront en vie si vous faites un arrêt cardiaque. Si vous allez dans les édifices publiques, il y a partout des rampes qui contournent les escaliers, votre fauteuil les gravira à l’aise car en générale, la pente y est douce. Mieux, à chaque fois que vous aurez sollicité de l’aide, on vous dira merci à la fin. Ainsi, dimanche, dans le bus, une jeune femme en fauteuil. Il y a des place aménagées pour les fauteuils dans les trains, les métros. La NHK diffuse certains programmes avec un sous titrage et le language des signes.

    2Il y a suffisamment de choses qui ne tournent pas dans ce pays pour que je souligne comment, ici, le Japon fait remarquablement bien les choses, notamment en comparaison du pays dont je viens, donneur de leçons et pourfendeur des “injustices”, mais traitant des handicapés comme des victimes et des sous êtres tout juste bon à exprimer, le temps d’un programme télé où d’une élection, quel point on est bon, à quel point on est gentil. Et qui enferment les handicapés dans leur infirmité en les privant de l’accès à tout ce qui fait la vie et les petits bonheurs. les musées, le métro, le bus, les cinémas. L’espace public.

  • La surprise du jour

    Ce matin, après ma leçon avec Hiromi à Kyôbashi, j’ai marché jusqu’à la station Otemachi en traversant la gare de Tôkyô. C’etait l’heure de déjeuner, j’ai donc fait un très rapide détour par Daimaru où, au sous-sol, sont quatre boulangeries. M’arrêtant à Kaiser, j’ai soudain vu un sandwish de désir. Rillettes-cornichon. Je me suis régalé. Tant pour le sandwish lui-même que pour la très agréable surprise. Les cornichons furent au passage le petit plus inattendu. Délicieux.

  • La promenade du dimanche

    La promenade du dimanche

    Ca y est, nous avons enfin un peu de pluie depuis hier, quel bonheur. Je me suis meme laisse dire qu’il neigerait peut etre le week end prochain… Cette petite pluie est en tout cas la bienvenue, il fait d’un sec… Mon nez ne me pose plus de souci, on dirait que c’est bel et bien fini. Mon hopital, Tokyo Rinkai, est vraiment tres bien, finalement. Et puis, comme j’ai achete un humidificateur, je n’ai plus cette sensation de demangeaison permanente que j’avais avant.
    J’ai recu mon deuxieme petit paquet, je suis etonne et du prix, et de la rapidite. Mon antibiotique appartenant a la famille des Qinolone, j’attends quelques jours avant d’attaquer, le temps d’avoir elimine.
    Mon ecole va bientot devenir un enfer total, avec des lecons passant de 55 minutes a 40 minutes et une obligation de rester a l’ecole de 14 heures trente a 21 heures trentes. Pour le salaire que je recois, je pense me depecher de trouver autre chose. En effet, ca passait jusqu’ici malgre la distance car j’avais une tres grande liberte. Mais une heure de transport midi et une heure encore le soir pour ce genre de situation, c’est non. Deja que je n’ai pas choisi, mais subi apres le naufrage de Lehman, le mail de mon directeur, rebaptise pour la circonstance “CEO” a ete une sorte de goutte d’eau, fort salutaire car depuis le debut de l’annee, je sais que cette annee va etre une annee importante et plutot bonne. Et que j’ai du travail sur la planche, beaucoup de travail. Mon roman, un guide d’un arrondissement de Tokyo en ecrit et en photos, beaucoup d’articles, un essai politique. Sans compter d’autres choses qui me sont passees par la tete. Donc, je veux bien me contenter d’un travail alimentaire, mais il est hors de question de subir les inconsequences d’un directeur d’ecole. Ainsi va le monde de l’enseignement des langues, secteur en crise et en pleine transformation ou les etrangers sont souvent reduits au role de viande a langues. Je veux bien continuer, car il faut manger, mais d’ici deux mois, mon objectif est d’avoir trouve, eventuellement, la meme chose a moins d’une demi heure de chez moi. Ce n’est pas une question de confort, c’est une question d’estime de soi!
    Et puis peut-etre, justement, dois-je mettre mon estime de moi suffisamment haut pour… On verra !
    A part cela, mes deux appareil-photos Sigma m’enchantent. Enfin… Mon DP1 est devenu un copain, je veux dire, je n’ai pas peur de le promener partout, toujours dans ma poche, dans mon sac. Il est lent, archaique comme c’est pas permis, mais… le fini Sigma, ca ne s’imite pas. Je vous livre un echantillon de ma promenade de dimanche entre Ueno et Asakusa. Photos vite faites, converties en noir et blanc ET developpees correctement.
    Le SD15 et moi commencons a nous connaitre, mais il n’est pas encore un ami, il est tellement gros, il me fait peur… Mais j’avoue que quand je developpe les RAW, je suis admiratif devant la precision des fichiers ! Je me suis amuse, avec Photoshop, a en agrandir un, 10000 pixels, en format Tiff. J’ai ete epate par la proprete. J’avais fait la meme chose avec l’Olympus, et non, il y avait une espece de granule, et pourtant, le capteur a globalement la meme taille, soit un demi 24×36, mais le capteur Foveon a quelque chose en plus : tout simplement trois fois plus de pixels sur une meme surface donnee. Les photos de ce billets sont prises avec le DP1, pas le SD15, mais le DP1 a, de toute facon, le meme capteur. Vers Okachimachi en direction d’Asakusa.
    J’aime beaucoup ce quartier, le dimanche, et il extremement calme, et personne ne peut deviner qu’il est coince entre le marche le plus grouillant de la capitale, Ameyoko, le quartier le plus touristique, Asakusa et le quartier des Geeks, Akihabara…
    Bonne balade,
    Madjid

    La promenade du dimanche

    La promenade du dimanche

    La promenade du dimanche

    La promenade du dimanche

    La promenade du dimanche

    La promenade du dimanche

    La promenade du dimanche

    La promenade du dimanche

    La promenade du dimanche

    La promenade du dimanche

    La promenade du dimanche

    La promenade du dimanche

  • Nouveau template

    Toutes mes excuses, il semblerait que Safari, si vous l’utilisez, n’apprécie pas la combinaison du nouveau template Blogger sur lequel je viens de migrer et des diaporamas Flash utilisés par Flickr. C’est un peu bordélique cote mise en page…
    La compatibilité est en revanche parfaite avec Google Chrome (on s’en serait doute) et Firefox (j’ai testé). Je commence à en avoir un peu assez, des geremiades d’Apple vis-a-vis de Flash. C’est vrai que Flash est une saloperie qui bouffe de la CPU, freeze tous les navigateurs. Mais pour ma part, en tant qu’utilisateur (j’utilise Mac car je ne suis qu’un simple utilisateur et pas un informaticien), je m’en fiche car je constate que Firefox gère relativement bien Flash, et que quand ça coince, c’est TOUJOURS avec Safari.
    Je ne suis pas un méga fan de Flash, mais j’aime partager de la musique du site de musique en ligne, le label indépendant Magnatune, qui choisi de n’éditer que sur le net et propose pour quelque dollars mensuels, un téléchargement illimité de ses artistes ainsi que, gratuitement, un gadget à installer sur les sites web. Ce ne sont ni des stars ni des millionnaires, juste des artistes. Je ne suis pas un big fan de Flash, mais présenter mes photos en diaporama m’économise un temps incroyable. Je sais bien qu’il y a un peu de paresse de ma part, car faire un album est une chose très simple à faire. Oui, je sais. Mais ça ne regarde pas Apple. Deux de mes albums photo de nouvel an ont été vus déjà plus de 100 fois, veux dire, en vision directe sur Flickr, auquel il faut rajouter sur ce site ainsi que sur FB. Hormis Nicolas qui habite à Osaka, ainsi que deux amis, aucun commentaire ni même un “merci”. Cette attitude de simples consommateurs, très généralisée de nos jours ne m’encourage guère non plus à prendre le temps de correctement traiter les photos et poster les images une par une, surtout quand je constate qu’on les telecharge allègrement sans dire merci (Flickr tient les statistiques très proprement). Donc, le diaporama, ça prend 5 minutes, après un développement jpeg automatique des RAW. Que Safari n’aime pas Flash n’est donc guère mon affaire. Et je commence à me demander si je ne vais pas retourner à Firefox…
    Bon, maintenant, vous venez de m’entendre dire que les gens, vous peut-etre, êtes des consommateurs. Soyez rassures, vous pourrez telecharger les jpeg, J’ai les fichiers RAW originaux et ne crains donc pas l’utilisation frauduleuse. C’est juste pour dire que les centaines de personnes qui telechargent auraient certainement de bien plus jolies photos si elles disaient merci…
    Et v’lan !
    Bon, ces quelques lignes histoire de pousser les deux diaporamas Flash vers le bas, en espérant que ça remettra les liens à leur place car vraiment, sur Safari, c’est vraiment bordélique !
    De Tokyo,
    Madjid, vengeur !

    PS : si vous êtes sous Blogger, ce site est une petite mine qui vous apprendra beaucoup de choses pour personnaliser votre Blog !

  • Mon billet d’hier, posté aujourd’hui…

    Mon billet de samedi dernier a été indexé par d’autres sites. Laurent Chambon et Thomas m’ont tous les deux envoyé un message pour m’en informer. Il faut croire que le sujet a intéressé plus d’un, j’ai vu mon compteur enregistrer plus de deux cent visites en quelques heures… J’en suis vraiment surpris, et en même temps pas tant que cela. Le VIH continue d’intéresser beaucoup de monde. Et il serait bon que les français vivant à l’étranger partagent leur expérience. Bien sûr, il y a les expatriés de luxe, et tant mieux pour eux, avec une protection sociale payée par l’employeur, la souscription automatique à la sécurité sociale des Français à l’étranger, et bien bien sûr une assistante sociale capable d’aider au cas où l’obligatoire avance de soin était exorbitante. Mais pour beaucoup de Français à l’étranger, la situation est souvent loin d’être idyllique. Par exemple, beaucoup d’étrangers vivant au Japon n’ont pas de couverture sociale car les employeurs manipulent les contrats afin d’en être dispensés, mais surtout, parce que certains étrangers eux-même n’en veulent pas car ils considèrent que cela est “trop cher”. Ce type de situation où un type de population se trouve exclue de la protection sociale n’est pas exclusive du Japon et est assez commune à beaucoup d’autres pays. Concernant le Japon, la précarisation rampante de la population, la “baito”-isation de pans entiers de la jeunesse mais aussi de ce qui fut autrefois la classe moyenne exclu de plus en plus de gens de toute protection sociale. Et comme je vous l’ai expliqué dans mon billet il y a deux jours, l’existence d’un plafond placé à 60.000 yens mensuels rend l’accès à des soins et traitements lourds problématique.

    Je vous vois là pleurer sur les “pauvres japonais”, mais vous rappelle qu’en France, plus de 35% de la population ne fréquente pas de médecins, et ce malgré la sécurité sociale dont, il faut bien l’avouer, la structure même a été minée par les gouvernements successifs, de droite et “de gauche”, à force de déremboursements, de mise en place de forfait. Aller chez le médecin coûte au bas mot 7 euros, auquel s’ajoutent bien souvent 15 euros de médicaments. Cela peut sembler très peu pour la droite ou pour Martine Aubry qui se targue d’avoir rétabli les comptes en oubliant comment elle y est parvenue, et qui veut tellement “aider les plus démunis, ceux qui n’ont rien”, mais pour une famille, si ce sont deux enfants qu’il faut soigner, voilà au bas mot 37 euros. La sécurité sociale est désormais un système de redistribution à l’envers : les plus riches paient peu quand ils paient car leurs cotisations sont plafonnées, mais ils sont les principaux consommateurs de médecine. Les plus modestes, eux paient leurs cotisations, mais ne vont voir leur médecin qu’en dernière extrémité. Les classes moyennes, grosses consommatrices de médicaments, essentiellement destinés à supporter les conditions de transport, les temps de transport, le stress au travail, anti-anxiolitiques, calmants, tranquillisants, somnifères, elles, paient plein pot car elles gagnent dans la zone du plafond et paient des impôts, sans gagner assez d’argent pour profiter des niches fiscales.
    Tout le contraire du contrat de 1944 sensé mettre de l’égalité devant la maladie et devant la mort.

    En France, désormais, ce ne sont plus que les affections lourdes qui bénéficient des principes de 1944, du CNR. Ce qui est déjà pas mal puisque, comme je vous l’expliquais, ce n’est pas le cas au Japon. Encore est-il que le Patronat et son syndicat ont préparé un rapport qui conseille une plus grande personnalisation tout en gardant le principe d’une bonne couverture pour les traitements lourds, moyennant une participation adaptée aux revenus de l’intéressé. Là, pour le coup, on se rapproche du Japon. Le principe est simple. Si vous avez vraiment BESOIN d’un traitement, vous vous débrouillez pour payer. Les laboratoires y trouvent leur compte, et les assurances vous proposeront des couvertures complémentaires adaptées, coûteuses.
    Voilà donc la situation ici, mise en perspective avec la situation par chez vous. Vous pourrez toujours me dire “on se mettra en grève”. Oui, comme pour les retraites. Et avec le même succès. Idéologiquement, nous sommes défaits, nous avons perdu.
    Voilà comment j’en suis arrivé à la conclusion que, finalement, il ne me restait pas d’autres choix que des médicaments génériques. Si vous sillonnez le net, vous verrez que les discussions à ce sujet sont nombreuses. Cette l’offre est encore assez limitée mais, récemment, on trouve des traitements assez “modernes” et ayant en fait moins de 10 ans. J’y reviendrai plus tard, quand je commencerai.
    Mais il serait bon que sitôt passée le côté “ouah”, les lecteurs s’interrogent. Non pas sur “comment sauver la sécurité sociale” (déjà globalement morte en excluant de fait ceux pour qui elle avait été pensée, à savoir ceux qui n’ont pas les moyens), mais sur “qu’est ce qu’on pourrait faire à la place, et mieux que la sécurité sociale”, et si possible “coutant moins cher” et payée vraiment par tous. Au passage, je vous décrit la feuille de route qui a accompagné le gouvernement De Gaulle en 1944. Ça a tenu en gros 40 ans, ça vivote pour le plus grand profit des “mutuelles” et “assurances” (ah, la CMU, le joli cadeau de Martine…). Il faut recréer la sécurité sociale, de fond en comble. Nous avons une évolution démographique qui le commande urgeamment…
    Je vous recopie un commentaire sur FB, parce que je ne veux pas le perdre. Une amie me conseillait un traitement. C’est gentil. Une autre, mon amie Joelle résumait la situation, le fait que le net regorge d’histoire racontant la précarité.
    Début de citation :” @ Lisa, merci. J’ai en effet trouvé celui-là, mais c’est vraiment le traitement du pauvre version début années 2000, car s’il est sorti vers 2003/4, c’est un médicament fait avec des trucs des années 90, notamment AZT ou DDI, ces trucs qui déplacent par grosses poignées les masses adipeuses là où elles sont sympa (les fesses, les joues, les bras) et les transporte là où personne n’en veut, le ventre, le haut du dos… J’ai donc écarté Triomune (commercialisé sous le nom de Trizivir, si je ne me trompe pas) et je suis tombé sur ce qu’on m’aurait donné si j’avais été en France, Atripla (générique : Viraday). Il contient deux molécules que contenait mon traitement, et une troisième, visiblement problématique car elle cause des problèmes d’ordre psychique, de très modérés à très graves, heureusement très exceptionnels et limités aux premières semaines de traitement. À mes lectures ici où là, cela me semble l’option parfaite, même si bien sûr, je peux être le mauvais patient, mais bon… Cela m’arriverait également en France. Après les quelques semaines d’adaptation, souvent une quinzaine de jours, alternant somnolence, troubles du sommeil, suées nocturnes, vagues hallucination (cas extrêmes) et rêves étranges beaux ou terribles, on finit par ne plus apprécier qu’une seule chose, c’est une pilule par jour, le soir, avant de dormir, “à jeun” pour ne pas trop halluciner avant de dormir au cas où. Bref, exactement comme pour la première, je vais préparer le terrain, retourner à la gym, manger plein de fruits et légumes, pas trop de pain car on dort mal après, et je suis assez confiant que ça se passera bien. Mon précédent traitement me provoquait parfois des sueurs nocturnes, il m’était difficile de retrouver le sommeil après, mais après une ou deux fois, je m’y étais fait et je passais mon temps à me dire “mais non, ton coeur ne va pas s’arrêter, c’est le médoc qui te fait ça”, et parfois, je retrouvais le sommeil, tout en me réveillant dans un lit trempé. J’avais été inquiet des résultats qui suivraient car je me demandais si ce n’était pas une violente poussée virale. Et puis non, avalanche de T4 et charge virale indétectable. Il faut y être préparé, c’est tout. Je sais que ça va passer, que je retrouve ma liberté. J’ai un caractère fort : je suis un bébé né à 7 mois et qui n’est pas allé en couveuse, c’est vous dire… 🙂
    @ Joelle, oui, tu as raison. Le plus fou, c’est que certains posts sur les sites américains révèlent des personnalités éduquées, avec un travail, mais incapables de supporter les 1500 dollars mensuels, sans compter qu’aux USA, les prix sont gonflés à bloc. J’ai lu pas mal de sites, et c’est incroyable comment, plus de 20 ans après Act Up, finalement, rien n’a changé. Les laboratoires sont subventionnés, reçoivent des dons, mais ne cèdent rien. C’est une véritable démission du politique. En lisant ces post de types qui arrêtent, recommencent, ont peur pour leur vie, tout ça parce que les aides sont différentes dans chaque état, et qu’en ce moment les états n’ont, soit disant, plus d’argent, c’est une véritable honte car les traitements sont sensés simplifier la vie, et non ne pas être une sorte de partie de cache cache. En Arizona, la chambre a voté les gel des subventions pour greffes d’organes. 97 personnes qui devaient être greffées, l’un ayant meme trouvé son donneur, un voisin généreux, ne seront pas opérés. L’un d’eux est mort le week end dernier, il attendait un cœur.
    La précarité envahit le net dés que l’on cherche les situations cachées par le consensus bourgeois bâtit autours des classes moyennes qui veut que “chacun doit se prendre en charge, marre des impôts”. ” (fin de citation)

    Je rajouterais, le consensus bourgeois qui ruine leur propre vie. Et celle de leurs enfants. Facile de voter contre les impôts, mais le jour où on a un cancer, et que la seule solution reste utiliser les économies pour les études des enfants, enfants qui, devenus grands, paieront leur prêt étudiant plus chers car les parents sont “peu sûrs” voire, si la réforme, pourtant timide, de la santé votée par les démocrates est abrogée, ne pourront rejoindre l’assurance de leur employeur, ou alors si mais assortie de clauses restrictives.
    La France n’en est pas encore là, juste presque… Et se “mobiliser” pour “défendre la sécurité sociale” n’est pas la bonne posture. Au contraire, c’est la posture qui conduit aux débats sur “le coût”, “le financement”, et “le conservatisme”. Pour sortir de ce débat qui a mis le progressisme en minorité partout quand il ne l’a pas conduit à renoncer à ses propres principes, démocrates renonçant à une couverture universelle publique même optionnelle, Péhesses français participant au rationnement des soins et à la logique comptable ou introduisant les assureurs privés dans la gestion de la CMU…
    Pour sauver les principes de la sécurités sociales, il faut revenir à ses origines, quelque part entre Londres et Alger, entre 1942 et 1944, préserver de la maladie et du chômage, rétablir l’égalité devant la mort. Et y ajouter un impératif nouveau que nous enseigne l’histoire depuis le thatchero-reaganisme. La fonction régalienne.

    Par conséquent, il faut en finir avec la sécurité sociale, système reposant sur une assurance d’intérêt publique et rebâtir un système fondé sur le droit à la santé.
    Je pense que cette approche, qui subsiste en Grande Bretagne malgré le torpillage thatcherien et fait du système Britannique le seul système de santé réellement socialiste encore en vie et auxquels le peuple reste fondamentalement attaché tant il s’inscrit dans un pacte scellé par le sens du prolétariat londonien de la rive sud touché par le Blitz mais aussi à la personnalité forte de Winston Churchill, doit être adoptée dans tous les pays, car en terme “universel”, le droit à vivre est considéré, au moins en Europe depuis Montesquieu, comme la différence entre la barbarie et la civilisation.
    Les 97 personnes qui se sont fait refuser l’aide fédérale pour obtenir un transplant d’organe sont les victimes de la barbarisation rampante auquel conduit cette société sensée se réguler d’elle même, “Le vice privé fait la vertu publique” (Voltaire, lettre sur le luxe), mais où l’on voit le vice engendrer vice, égoïsme, instinct de survie nouveau riche, violence liée à la frustration, corruption et barbarie.
    Une société civilisée DOIT garantir la santé avec une même détermination qu’elle garanti la sécurité en entretenant une force publique et une armée.
    Cette histoire en Arizona, avec des malades mourant les uns après les autres, ils sont maintenant deux, trouve au passage un curieux échos après le meurtre de ce week-end. Je ne crois pas au hasard.
    Viraday, un produit fabriqué en Inde et qui coûte environ 100 euros. Je suis, au final, très chanceux. J’aurais pu avoir besoin d’un rein, et être né en Arizona.