Catégorie : le Blog de Suppaiku, Tôkyô

Journal d’un Solitaire Sociable et Moderne de Paris et Londres à Tôkyô et …

  • Grisaille et bonne humeur

    Ca y est, tout fini par arriver à qui sait attendre. Ma forme est revenue, je suis maintenant bien rentré dans ma “vie quotidienne”.
    Hier, après avoir écrit sur ce blog, je suis allé à la piscine, ce qui me fait un grand bien :1,5 km de brasse et 150 m de crowl. Je sais, ça ne fait pas beaucoup de crowl, mais il faut y aller progressivement, le crowl fatigue. Moi, je nage non stop…
    (ma piscine)

    mapiscine

    Je suis ensuite allé en bibliothèque renouveler mon inscription. J’ai pris L’INHUMAINE, de Marcel LHERBIER, un de mes films cultes où les fantasmes modernistes et architecturaux voisinent avec la cruauté et l’amour le plus tendre dans un rêve glacial. Un film graphique magnifique, l’architecture de Mallet-Stevens. Je vais proposer à mon ami Olivier de le regarder, nous en avons déjà beaucoup parlé.

    Et puis,

    Echo and the Bunnymen, une compilation. On ne rigole pas !

    Antonio Vivaldi, La Stravaganza OP4; Arte dei Suonatori, Rachel Podger, Channel Classic, 2003

    Antonio Vivaldi, La Tempesta di Mare, La Notte, La Follia…; Il Giardino Armonico, TELDEC, 1991/92

    Françoise Hardy, “In Vogue”; Vogues 1987 (compilation 1961/68)

    Barbara, La Dame Brune, 1967/68, “volume 6”, Phonogram 1992

    Je suis vite repassé chez moi, il était 19h00 et j’ai filé retrouver Carlos. Nous sommes allé chez Kintaro, avons bavardé de plein de choses en mangeant – pour ma part un yakisoba et des gyoza. On est allé chez lui prendre un dernier verre, je suis rentré vers 3 heures du matin.

    Je vais mieux. Je me suis levé vers 7h30 sans ma boule au ventre des jours passés. J’ai bien déjeuné, remis encore d’autres photos en lignes. C’est aux textes qu’il faut désormais que je pense. J’ai gardé tout en dedans pendant tant d’années, textes, photos, idées, sentiments qu’en moi aujourd’hui brûle le désir de rattrapper ce temps, de me dévoiler sans penser à de quelquonques conséquences. Elles ne m’atteignent plus.

    Et ainsi, ayant retrouver cet état d’esprit conquérent d’avant ma contamination, se repose la question de la longueur de mes cheveux. Je coupe, ou pas ?

    cheveux

    Fondamental, non ? Bon, c’est l’heure de nager. Ah, sinon, j’ai beaucoup photographié hier soir en rentrant. Mon nouveau pied, léger, est très pratique. Ah oui, aujourd’hui c’est le “1er décembre”. A Beaubourg, il va encore y avoir cette kermesse pathétique de l’autre jour.

  • Prise de sang et de photos (zeugme)

    Ce matin mardi, prise de sang ! Youpiiiii !

    Je suis sorti de chez moi vers 9 heures

    9hdumat

    puis j’ai pris le métro,

    metro

    et le RER dont j’ai bien fini par sortir…

    rersortie

    Il y a d’abord eu la salle d’attente car il y avait une petite intervention en cabinet d’infirmières,

    attente

    mais j’ai vite été reçu

    hosto

    dans cette petite pièce annexe. Hélas, Marlène (je crois me souvenir que c’est son prénom, a oublié un tube, il a donc fallu repiquer, mais cette fois au local des infirmières,

    sang

    Tout est bien qui fini bien, je ne suis toujours pas mort, ouf

    fini

    J’ai marché jusque Les Halles, fait plein de photos que j’ai donné à développer au Photo Service des Champs Elysées. Là, une terrasse et des photos encore. Il faisait très beau…

    terrasse

    Je suis rentré, il devait être 14. J’ai reçu un SMS de “l’Autre” (ça me gène de dire son nom ici, et puis j’aime bien dire qu’il est l’Autre… Beauvoir, peut être). Ca m’a fait plaisir même si la teneur était un peu ésotérique…

    Qu’est ce que tout est compliqué, alors…

    Bon, je vais à la piscine.

  • C’est joli, Paris…

    … même quand on a le mal de vivre que je ressens aujourd’hui… et qui me file de ces envies de chialer… boooouuuuh…
    L’Autre, il m’a envoyé des SMS pas chaleureux du tout… pas facile. Mais je suis content, j’ai achevé une première mouture de mon site qui me plait bien.
    Allez, cadeau!

    bistrot

    C’est vraiment joli, Paris. Et il va falloir que j’apprenne aussi, comme à Kyoto, à être seul, à m’y promener seul, à y trouver un intérêt en soi, pour moi seul. Je comptais un peu sur lui, oh en copain m’aurait bien suffit ;-), pour trouver un peu de sens. Je ne sais pas, j’ai du me montrer un peu sec lundi dernier -la fatigue, et puis mon humour des fois cassants, avec les 3 tonnes de café… J’étais pourtant très heureux de le retrouver. Il avait d’ailleurs lui même l’air content, puisqu’il s’était empressé de me répondre.

    291104aumiroir
    Et puis depuis, c’est comme s’il avait voulu m’éviter. Est-ce une impression ? La réalité ? La fatigue, l’approche de mes examens… Je sais plus trop.
    Rigolo, écrire ça sur un blog. Vous lirez ces lignes que je serai passé à autre chose. Enfin, je l’espère… Promenade, l’après-midi,
    Ah, pas été à la piscine le soir : il y avait une manif pro-palestinienne devant chez moi… Déprimé, je voulais pas ressortir et me retrouver nez à nez avec la manifestation et les CRS. Eu des nouvelles de Carlos. Pris un verre au Marly cet après midi avec Alain, un café pêteux et surfait. Mais être à côté du Louvres, c’est sympa. Et puis marché 5 minutes avec une jeune provinciale perdue qui recherchait son chemin.

  • Et c’est lundi, et demain…

    291104moi2

    Pas la forme, demain, j’ai des examens… Ras le bol… Je me sens fatigué, bien sûr… et l’autre qui me téléphone pas… Mais pourquoi je me prends la tête comme ça pour quelqu’un qui s’intéresse pas à moi. Franchement…

    Eté à la piscine encore hier. Ca me fait du bien…

    Ce matin, courses de bonne heure au Monoprix. Alors que je prends la “Carte Monoprix”, je constate :

    monop

    Il y a une carte principale : un homme. Et 3 mini cartes, femmes et enfants… Intéressant, non ?

  • Un dimanche de pluie, c’est Paris

    Voilà, c’est dimanche, un vrai dimanche de vie quotidienne, plat et banal.
    lavo

    Le dimanche, c’est lavomatic. Croisé le même petit pd du Beit Haverim que j’y croise le dimanche matin depuis belle lurette, mais seul… De nouveau célibataire ? Par hazard, j’étais tombé sur une petite annonce qu’il avait passé. Il y a avit une photo de lui à Tel Aviv, il était mignon comme tout… Par la suite, je le voyais accompagné à la laverie. L’amour c’est comme les feuilles des arbres, il y a toujours un temps où il n’y en a plus. Mais il y a aussi les arbres qui gardent leurs feuilles et nous rassurent, le long des longs hivers… Son ami devait être un simple érable de boulevard. Il s’habillait comme david du Loft…

    champ

    Hier soir, Nicolas fêtait son anniversaire. Quelques cadavres subsistent, pathétiques. Je réclame une photo de cendrier, en vain…

    orange

    En rentrant, quelques photos vite fait,

    pieton

    rouge

    vert

    voiture

    brouillard2

    mais le profond regret de n’avoir pas eu mon Olympus jeudi soir, lors de ce soir glacial de brume, si rare et si fort.

    brouillard

    Hier je suis allé nager, et je suis parvenu à faire 1,6 km bien que cela m’ennuyât un temps, mais après le kilomètre, la sensation de bien être l’emporta.

    Je suis encore dans le gaz de ma soirée d’hier soir, mais je constate que le jetlag est maintenant histoire ancienne. Ouf !

  • Comme ça fait longtemps… 久し振りね!!!

    Et voilà, le voyage est passé de l’autre côté de ma vie, dans le passé…

    Bon, on ne peut pas dire que je fus très constant avec cette page, mais mon blog japonais est très encourageant. Alors je reprends ici, à la suite de ce terrible moment de déprime, après des analyses de sangs peu encourageantes mais qui se sont révélées exceptionnelles et sans suite. Mon bilan de fin septembre était bon, je suis revenu vers 48 000 répliques du virus (mi aout 108 000) et j’ai encore tout de même plus de 450 T4 (mon “record” l’an dernier est de 550). On traite à partir de 200 000 / 200 car on estime la probabilité de tomber malade plus forte sous ce seuil. Toutefois, il faut descendre à moins de 100 / 150 T4 pour courir des risques majeurs (pneumonie, etc). Je suis parti très tranquille au Japon, et il ne m’est rien arrivé. Ainsi, depuis le début de la semaine, je me réveilles à des heures pas possibles (ce matin, 5 heures 30, me parait presque une victoire, surtout que je me suis couché pour la 1ère fois après minuit… à l’exception de lundi où j’ai retrouvé Shogo et 2 amis à lui, mais je crois que j’étais un véritable zombie ce soir là!).

    CÔTÉ BONNE SURPRISE, J’AI ENFIN MA FREEBOX !

    Mais à quoi me sert, je reste célibataire… ça m’a semblé terriblement évident qu’il manquait quelque chose à ma vie, au Japon, et que ce quelque chose était tout simplement de l’amour… eau de rose, eau de rose, mais j’assume pleinement. C’est beau, être amoureux, non ? Ma nouvelle “excuse” est ma séropositivité, comment le dire, donc je le dis pas, donc si le mec me plait, j’insiste pas… donc il ne se passe rien. Nul, quoi. Pas facile d’être séropositif, toutefois, peur de pouvoir un jour contaminer l’autre, d’autant que c’est encore récent pour moi, et que je n’ai pas franchement cherché à l’être… Mais je m’apperçois qu’en plus d’être prudent en ce genre de chose, il faut aussi faire attention. Finie, l’époque où les gays étaient prévenant, gentils, solidaires sur ce sujet. Maintenant, c’est l’époque de la Gay Pride, de Pink TV et des émissions gayfriendly, l’époque du Titanic, pas grave si le bateau coule parce qu’on a bien chargé la barque. Je délire ? Non ! Les mecs “apprécient” de plus en plus s’il faut utiliser une capote, éjaculent sans ce soucier si ladite éjaculation est safe – fellation… mes pauvres gencives n’attendaient que cela, et je vous raconte pas la taille des amygdales pendant les 6 mois qui ont suivi… Epoque de nases, et ou ailleurs on continue, dans le fin fond d’une France frileuse et reculée, à brûler les gays et où le vacarme médiatique n’a d’égal que le silence et l’absence de réaction chez les homosexuels, à ce moment là peut être trop occupés à tester les nouveaux produits -qui puent vraiment- pour homme de chez Monoprix.

    D’ailleurs, l’année 2004 aura été une année fort généreuse pour les “gays” : Noêl Mamère et le mariage de Bègles, vacarme médiatique sur la tentative de meurtre du nord, loi sur les discréminations soutenues jusque par la droite, PinkTV, Sarkosy pour l’égalité des droits, SIDA grande cause selon de voeux de Jacques Chirac… Mais qu’est ce que LES HETEROS NOUS AIMENT, ALORS ! On doit “acheter” et “voter”, à mon avis pour déchainer tant de sympathie… Et les homosexuels, eux, ils font quoi ?

    Enfin, il y a eu la création du groupe WARNING qui rappelle que tout le monde n’est pas si gentil au pays des gays et adopte des positions intelligentes… mais bon. Ils ont aussi comme grand mérite d’analyser, et critiquer, ACT UP, une association qui me sort parfois par les tous de nez depuis un bail, une association de petits bourgeois blancs des grandes écoles majoritairement hétérosexuels et séronégatifs socialistes honteux compatissant à toute la misère du monde, qui aiment bien taper sur les élus socialistes, mais n’ont jamais zappé pour de vrai les bars bordels, les écrivains barebaker et refusent tout débats sur les problèmes de contamination volontaire, attendant peut être que ce soit Sarkosy qui s’en charge… Je peux pas m’empêcher de penser à les associer à cette grosse conne multiliftée ringarde de droite appelée Line Renaud. Je sais j’abuse, mais on ne se refait pas… Celle là, quand je la vois, j’peux pas ! Comme Régine. Toutes les 2, avec Angela et “Doudou”, du Loft, incarnent bien ce que je pense de notre époque, d’ailleurs : “on en est là”. C’est mon côté Houellebecq. Ou plutôt mon côté Sartre : il y a beaucoup de boulot !

    FIN DE PARENTHÈSE

    AUTRE BONNE NOUVELLE, J’AI UN NOUVEAU TÉLÉPHONE

    Eh oui, j’ai craqué sur le n401i, pas qu’il soit 3G, et blablabla, mais pour moins de EUR100, il a une bonne tête et une jolie couleur bleue, fait des vidéo, des photos pas mal du tout… Bon, c’est pas un W21CAS Au by KDDI, avec ses 3mégapix, etc, et la jolie Nakama Yukie pour vendre le tout… mais c’est très correct, et avec les sous que je n’ai pas dépensé pour avoir un téléphone visio qui ne me sert qu’à moi puisque personne n’a encore la visio – mais qui sert à frimer à fond en disant que ON PEUT faire de la visio-, eh ben je prépare mon prochain retour au Japon…

    C’EST DINGUE, ETRE A PEINE ARRIVE EN FRANCE ET VOULOIR REPARTIR AVEC LE SENTIMENT QU’IL S’AGIT EN FAIT DE RENTRER CHEZ SOI… Et pourtant, ils ne sont pas faciles tous les jours, les Nippons… Mais mon Katukare chuukara, mon udon minisetto avec unagidon, le tempura… Ca me manque….. et puis ils ont parfois beau être bizarre, avec tout ce temps passer à écrire sur leur keitai, ou a dormir, eh ben, qu’est ce qu’on se sent bien, à tel point qu’on fini par faire comme eux. Ils ont bien raison, et ici aussi, je vais pas me priver de m’avachir dans le bus, le métro, le restaurant… Je comprends, maintenant, cet aspect guindé qu’ils ont ici, dans les lieux publics. Pas dormir, pas manger. Dur !

    A PART CA, je passe le JLPT dans une semaine. Le décallage horaire et la fatigue m’ont rendu un peu parano par rapport à quelqu’un (celui par qui je me suis apperçu en septembre que je pouvais ENCORE être amoureux, et que ça m’a beaucoup interpelé, troublé, attristé… bref, je n’ai même pas cherché à ne serait-ce que l’embrasser, quel idiot, alors ! Mais ça y est, ma petite crise est passée. Ca sert, faire son deuil de près de 500 photos de Kyoto, de Tokyo, de Toshiko, de Megumi, de gens rencontrés au hazard des visites… On s’apperçoit que le plus important, c’est soi, soi d’abord, ce que l’on créé, ce que l’on aime. Alors je ne regrette plus rien, maintenant, je laisse passer le temps, et alors je lis, je partage avec vous des photos, mon journal.

    ET JE RETROUVE UN VERITABLE AMOUR : LA MUSIQUE DE VIVALDI, et l’un de ses serviteurs, Fabio Biondi…

    En fond, depuis tout à l’heure, le très connu Il Cimento dell’ Armonia e dell’ Invention, Op 8, une ensemble de 12 concertos dont les plus connus sont bien entendu les concertos 1 à 4 Il Quattro Stagioni , Il Primavera RV269, L’Estate RV 315, L’Autunno RV 293, L’Inverno RV 297, plus généralement appelés ici “4 saisons”. J’aurais pu écouter l’Opus 3, 12 concertos L’Estro Armonico, ou l’Opus 4 La Stravaganza ou bien encore de ces concertos pour basson, ou pour flute Opus 10, ou encore pour mandoline, ou pour violons et instruments variés, ou encore un des nombreux opéras que l’on redécouvre seulement depuis une dizaine d’annéee… Mais je vous avouerai que l’enregistrement de Fabio Biondi et Europa Galante est vraiment au sommet. Ainsi, les 6 concertos du 2ème CD, ceux que j’écoute en ce moment, forment un programme d’une grande cohérence et ne souffrent pas de l’habitude que l’on ressent à l’écoute des “saisons”. Et pourtant, ces saisons, plus encore que lors du précédent enregistrement de 1992, que celui de Onofri et Estro Armonico en 1993, dosant littéralement les Harnoncourt, Hogwood, Pinnock, et indépassable même par un Rinaldo Alessandrini qui s’y est collé il y a un an, eh bien ces saisons sont magiques et étonnantes. A la grace de 1992, Biondi rajoute la virtuosité, et dépasse Onofri en terme de bruit, n’hésite pas à se faire plus sale qu’Harnoncourt, trouve parfois la grace et le moelleux de Hogwood, mais surtout joue des tempos et des rythmes de danse que naguère Pinnock avait le premier révolutionné en accélérant le tout et faisant passer l’interprétation des 4 concertos de 45 à 35 minutes… Le vrai luxe de cette version, c’est quand il prend le parti de ralentir le tempo, ou oser une très brève cadence. Inégalé. Alors ces 6 autres concertos du 2ème CD, je les écoute très rarement comme tous mes disques -surtout ne pas s’y habituer!-, mais quelle écoute ! Là, c’est une hérésie: j’écris avec cette musique “en fond”, mais rassurez vous, je fais des pauses, tout simplement émerveillé par le génie, la propension à la mélancolie ou à l’humour de ce musicien que j’oublie souvent, que je délaisse et que je “trompe” mais vers lequel je reviens toujours car il incarne le mieux cette époque que j’aime. Et le charme de ces petites musiques pour moins de 10 instruments ne s’épuise pas, j’entends toujours ce petit quelque chose “qu’il avait pas le droit de faire”, ce basculement vers l’inconnu -une autre tonalité, un emballement, etc- au coeur d’une mélodie pourtant si “répétitive” au premier abords mais qu’il travaille au corps comme un champs de bataille, bref un quelque chose de quelques secondes d’incertitudes, et qui souvent m’arrache des larmes à foison…

    Je vous laisse. J’inaugurais ce retour d’une longue prose que vous me pardonnerez. Je ne serai pas toujours aussi long.

  • Exposition à la maison du japon

    Exposition à la maison du japon

    パリ日本文化会館、新しいプログラム。

    Très belle exposition pour qui aime les porcelaines. Ce n’est pas trop mon truc, mais il y a toutefois de belles pièces, comme cette carpe.
    Jusque l’an prochain.

    J’ai repris le goût des visites au Japon…

  • Au revoir, nous etions bien ensembles, mais ce soir…

    Eh oui, il fallait bien que cela arrive un jour : je pars demain.
    Ces derniers jours ont ete vraiment bien, vraiment intenses et inoubliables, malgre la pluie avant hier et la grisaille hier. Aujourd’hui, toutes les Divinites du Japon se sont alliees pour faire de cette journee une journee ensoleillee. Merci…
    Bon, je me suis beaucoup promene, et je suis alle revoir de endroits qui me sont maintenant familiers, comme Chion In, Kurodani, Yasaka Jinja, Nanzenji, etc. J’ai revu la Kamogawa et m’y suis promene. Sensation etrange, que le retour vers des lieux deja vus, revus, et portant en eux la marque du temps… L’hivers s’installe tous les jours avec plus d’insistance.
    J’ai enfin compris ce que sont ces saisons au Japon. Ce n’est pas la saison reelle, que l’on observe, que l’on guette, non, c’est la saison ressentie. Et cette saison ressentie est attendue, elle porte en elle a chaque fois son fruit. Ainsi, pendant tout mon sejour, tout, les magasins, les bentos, tout etait “momiji” (erable, dont les feuilles rougissent en novembre), mais les feuilles etaient toujours vertes. Mais voila que depuis une semaine le rouge envahit les jardins, les rues, et avec lui le sentiment que l’automne s’acheve. A quel autre moment prend on conscience de ce que l’on a si ce n’est quand on le perd, semblent dire les saisons… Je suppose maintenant que des mi fevrier le Japon est envahi des fleurs de cerisiers en plastique, que les bento sont “hanami”… mais il faudra attendre avril pour que la floraison reelle des arbre eveille enfin ce peak sentimantal que les Japonais affectionnent. Les fleurs a peine tombees, ils savent bien que l’ete, et donc les pluies arrivent. Alors, sous le soleil de mai, on se preparera aux grosses chaleurs de l’ete et ce sera la saison de “semi” et “hanabi” qui commencera, bien que ces 2 phenomenes soient de Juillet…
    En ce moment, Kyoto est “light up”, ライトウップ, c’est a dire que des temples sont allumes la nuit et ouverts au visiteurs… J’ai donc, moi aussi, fait “light up” a Chion in et a Kyomisudera… A Chion In, en fond, la musique de Gagaku jouee par les moines sous la grande porte… Magique… A Kyomisudera, la visite rare des Jardins prives, magnifiques… Le matin, j’etais a Kurodani qui presente aussi en ce moment ses tresors… Mes jambes etaient tres fatiguees hier soir, mais j’etais heureux de partir reconcilie avec Kyoto, qui a sa maniere m’apprivoise et m’apprend decidement beaucoup de choses sur le Japon, mais aussi sur moi meme. J’aime son calme, definitivement. Et quelles beautes se cachent partout dans cette ville… Vraiment oui, j’aime Kyoto. Et ce n’est pas facile, me dompter, mais la ville y arrive…
    En traversant Gosho, il y a 2 jours, j’ai pense que j’avais enfin “retrouve le temps…”, que pendant longtemps, j’avais cherche a “arrete le temps”, a “avoir le temps”, a “trouver le temps”, et a ne jamais etre tout a fait dans le temps reel, a ne pas me vivre comme moi meme le propre acteur de mon propre destin, a ne pas etre vraiment la. Le Jardin autours de moi m’etait a ce moment la tres reel, sous la pluie, et je le revoyais sous le soleil, comme cet apres midi ou nous attendions un typhon qui nous contourna, et ou il faisait si chaud. Ou comme ces fois innombrables ou j’y ai gare mon velo… Le retour a Heian Jingu a ouvert la boite aux souvenirs, ceux de moments intenses et reels, vecus pour eux meme. Je suis heureux d’avoir pris mon temps, de ne pas courir, j’ai imprime la marque du temps, la couleur verte a mon arrivee, le gris moite des typhons, et puis cette desolation qui enveloppe la ville et ses jardins. J’ai encore a l’oreille le chants de toutes ces varietes d’oiseaux, le bruit des feuillages, et le coassement permanent des corbeaux.
    Hier aussi, grande promenade sur le chemin de la philosophie, tetsugakudou, 哲学道. Cela m’a conduit vers la Sanmon du Nansen ji… Et toujours cette foret en fond, le chant des oiseaux… Le soir, au hasard, la bonne odeur des restaurants. Vers Kyomisudera, le quartier etait plein : c’est que momiji, les light up et la presentation des tresors drainent une foule nombreuse de touristes Japonais a Kyoto. J’ai pense “ben voila, moi aussi, je fais Momiji, cette annee. J’ai trouve ca rigolo…
    Aujourd’hui je suis retourne a Fushimi, il faisait tres beau, c’etait exactement le souvenir qu’il me fallait : escalader la colline, passer sous les torii, ca monte, ca monte, dire bonjour a Kitsune, decouvrir mon grand ami le Kami Cheval, revoir encore et partout kitsune. Au hazard, on croise des enfants en habits anciens qui font leur 7/5/3.
    Vers Teramachi, sur Shijo, les filles en mini jupes plissees, une casquette sur leurs cheveux blonds gonfles marchent, presques arrogantes, perchees sur des bottes a haut talons aiguilles, au bras de leur copains fluets, chatains avec des meches, une veste trop grande a 2 boutons, un bonnet ou une casquette, et tous bavardent en pianotant d’une autre main leur keitai megapixel de 3eme generation…
    D’autres filles, plus discretes, aborent ces looks du Kansai, chaussettes noires a mi mollet, couleurs brunes et ternes dominantes, cheveux lisses. Des hordes de “chimpira” (petite bite) chatains a ray ban, en costumes noirs trop grands pour eux, essaient de rabattre les filles vers des jobs remunerateurs… plus tard, ce sont les messieurs qu’ils rabatent… D’autres, invisibles, passeront leurs nuits a “irassaimase”, “arigatou gozaimashita”, “sanbiaku nijuhachi en ni narimasu”, etc, a servir des clients dans les konbini (petites boutiques).
    Moi, demain, a cette heure la, je reverai a la delivrance de mes jambes piegees dans un avion Japan Air Lines, on approchera de Londres et j’en aurai encore pour 4 heures d’attente avant d’arriver a Paris… Cela etant, j’ai paye mon billet EUR 695, sur le ticket il y a le “vrai prix”, EUR 1980, donc je ne me plains pas trop…
    Allez, il est tard et demain, ce n’est pas le plus agreable du tout. Leve de bonne heure, aeroport, avion, Londres, avion. Paris. Je remercie Nicolas et Stephane, 2 amis, de bien vouloir venir me chercher a Roissy. Je remercie egalement Nicolas d’avoir pris soin de mes plantes et mon courrier durant mon absence.
    Je vous remercie d’avoir lu ce carnet de bord incomplet, auquel je rajouterai bien entendu des photos ainsi qu’un appendice sur le pays du Bento. Ah, oui, je revien a Paris fou-mordu des yakisobas, pas encore vaccine du Tonkatsu-Raisukare. Je peux me passer de Ocha pour un moment, et les glaces matcha en octobre novembre, ca ne l’a fait qu’une fois. Je vous prie aussi de ne pas me faire de cadeau a base de chou a la creme (shuukuriimu), j’ai ma dose. En revanche, croissants et baguettes du Japon, autant que vous voulez… Je vais reprendre l’entrainement pour Okonomiyaki.
    L’an prochain, je serai sur Tokyo, mais je pense quand meme repasser par Kyoto. Kyoto est une matrice, dans ma perseption du Japon.
    Enfant, c’est a ce Japon qui existe encore ici que je revais, celui des temples, du koto, des femmes en kimonos. Je crois qu’il m’est essentiel. Et puis Kyoto change tres vite. Il y a par exemple beaucoup d’information sur les risques d’incendie. Et puis les gens veulent vivre dans des manshon, des appartement. Bref, le beton progresse tres vite et on prend conscience des degats occasionnes quand on va au sud de la gare. La, les maisons sont encore en bois. Quel enchantement, alors, a Katsura, ou a Nara, ou a Kurama… Mais qu’en sera t’il dans 20 ans…
    Mais bon, passes mes 15 jours a Kyoto, c’est a Tokyo que je serai. Le defis que je me lance : reussir a aimer suffisament Paris de nouveau pour bien affronter Tokyo. Vaste defi… mais la, c’est une autre histoire…
    0h22, reveil a 6h00, envol a midi. Au revoir.