J’ai mis de la mauvaise musique en fond, enfin, je suis injuste, disons de la “variété”. 宇多田ヒカル/Utada Hikaru. Je crois que j’ai tout, d’elle. C’était mon époque mp3, quand je téléchargeais tout ce qui trainait… Là, c’est カラーズ/colors. Qu’est ce que ça a du être redoutable, ce tube… C’est resté 3 mois à l’Oricon. Pub Toyota. Vidéo clip… tout a concouru à maintenir les ventes et la présence partout… Je l’ai vécu avec 平井堅/Hirai Ken, l’an dernier. Un tube, au Japon, c’est terrible…
J’aurais presque envie de dédier ce jour à Colors, pourtant… Etrange ? Non… C’est une histoire curieuse, marrante, et puis triste, et puis refoulée, et ce n’est aujourd’hui plus qu’une chanson. Je vous laisse juge, je la mets en chargement avec ce titre, si ça vous chante.
Cette chanson, c’est exactement l’époque de ma contamination. Je me souviens avoir téléchargé la pub à mi-janvier 2003 sur le site (génial) de CM Japonaise de Laurent Magnani, avant qu’il ne change sa formule suite à divers piratages. Maintenant, j’avoue, j’y prends moins de plaisir… A l’époque, on pouvait trouver chaque jour de nouvelles pubs. Je le remercie au passage, je trouvais ainsi un peu de ce Japon qui commençait déjà à me manquer très fort. C’est qu’à ce moment, je n’y avais pas encore mis les pieds…
Je bossais beaucoup à ce moment là, entre BNP Paribas le jour et l’INALCO le soir… De vraies journées de dingue. Je relachais donc le vendredi soir et généralement j’arrosais pas mal la soirée et finissais dans tel ou tel bar, entre telle ou telle main. Autant dire que tout attentif que j’ai pu être dans mes rapports sexuels, je n’ai pas été assez vigilant. Mais il faudra tout de même qu’on m’explique pourquoi des mecs décident, eux, de n’en avoir plus rien à faire, refiler le HIV.
(Je suis toutefois très content sur un point, c’est que ce mec n’a pas gagné, malgré ma contamination. Je ne lui ressemble pas, et pour ma part, je suis guéri : je souris sans me forcer, je fais la gueule quand j’en ai envie, et je réécoute Colors… Lui, il doit continuer à de moins en moins être beau, à contaminer comme il peut, bref, à être minable. Je le plains car je sais qu’il va vieillir vite, et qu’il est même déjà assez vieux, un pied dans la tombe… Pas une tombe réelle, non, mais une tombe dans la tête, une pente qui descend, un mauvais karma… Et puis j’ai gagné aussi car je ne m’en veux plus, de m’être fait contaminé, et la médecine est à ce sujet d’un très grand réconfort. Le VIH n’est pas mon histoire, il n’est pas ma vie. Le VIH fait juste parti de mon histoire, il est juste dans ma vie. Avec Ozu, Greenaway, Barbara, Sheller ou Ferré, avec mon IBook G4, avec mon dico électronique de japonais, avec mon voyage au Japon de dans 15jours. Etc. Avec mes amis. Les barebakers n’ont pas dépassé le stade SIDA, le VIH est leur vie, baiser sans capote est comme une activité à plein temps, qui donne un sens à tout le reste. On m’a éjaculé dans la bouche. Après tout, c’est des choses qui arrivent, et en soi, je trouve cela assez cocasse… Mais je ne sais pas si vous me suivez, là… quand je dis cocasse ! Enfin, j’avais rien vu venir, j’étais saoul, j’avais rien demandé à personne, et ça tombais à pic, je sortais d’une angine, avec de jolies petites irritations qui ne demandaient que ça ! Cela étant, d’après le médecin, à la vigueur de ma primo infection, il suppose que le gars était lui même en primo infection… Ah, je vous jure ! Et après je chipote et je ne veux pas voler avec AEROFLOT… Ces mecs, c’est le VIH, qu’ils aiment et qui les fascinent, pas le sexe ! Moi, j’adore le sexe ! C’est ludique, distrayant, et en plus il y a plein de trucs marrants qui font beaucoup de bien, non seulement à soi, mais dans le plaisir et le jeu partagé. Dans un vrai rapport sexuel, il n’y a pas de domination, il n’y a que du plaisir égoïste et partagé à la fois… Voyeurisme, torture, folie des grandeurs, etc, tout est possible ! Je trouve ça sympa… )
Je sortais beaucoup et donc, Colors était le tube du moment. Clip (à regarder si ce n’est encore fait, en chargement sur le titre). Pas que j’aimais la chanson, non. Mais c’était mon nouvel ordinateur IMac G3 600 et le haut débit dégroupé de Free, le téléchargement facile, et puis un vague côté 80’s, minimalisme, géométrie de base, musique répétitive. Il faut avouer qu’Utada Hikaru s’est surpassé à ce moment là. 桜ドロプス/Sakura drops avait déjà été un tube, avec un très joli clip où elle était une de ces Princesses de la lune qui hantent les légendes anciennes de la Chine et du Japon…
Après avoir appris en mai 2003 que j’étais séropositif, je n’ai plus pu entendre ce morceau, comme associé de fait à un bonheur perdu, un monde ancien et désormais inabordable.
C’est qu’avant cela, ç’avait été sympa : l’INALCO m’avait rapproché du Japon, j’y avais rencontré de nouvelles personnes, et puis j’avais repris le travail à BNPP, c’était méga speed, à Opéra, j’avais perdu du poids, j’étais végétarien, j’avais achevé ma thérapie, je m’envolais, quoi ! Je projetais de déménager, partir enfin au Japon, j’avais 2 correspondants là bas… Et alors c’était enfin l’éveil de ma libido après un très long sommeil. Autant dire que la séropositivité, ce fut plus qu’une claque.
Un arrêt brutal, sans avertissement, sans bande d’urgence, avec le monde qui passe à côté, un sentiment d’injustice, une envie de mourir.
Alors Colors…
Je me souviens aussi du générique si triste de l’animé フルーツバスケット/Fruits Basket… とても嬉しかったよ、君が笑えかけっていた… Ca me faisait chialer… On devient con, quand on chope un truc pareil après avoir traversé l’époque qu’on avait traversé. Ces visages qu’on ne voyait plus, le sentiment d’être un survivant…
Je suis parti au Japon comme un soldat va en permission. Heureux mais crispé, conscient des batailles qu’il y aura à livrer. Mon obsession était d’échapper au traitement, de ne pas être malade.
Hum…
L’année qui a suivi est comme un long hivers, entre deux étés : mon voyage en septembre 2003 et mon voyage de 7 semaines en octobre novembre 2004. J’ai fini par lacher l’Inalco, et j’ai même fini par regrossir, arrêter la piscine, remanger de la viande. Mais mon voyage de décembre janvier, voyage surprise, m’a réveillé. Ca a été l’électrochoc total.
J’ai redécouvert l’imprévu, le sexe (Takeshi était un très bon amant, con, mais très bien de ce côté là), j’ai enfin pu tout relâcher. A mon retour, et même si j’ai pris beaucoup de poids, j’ai enfin recommencer à penser en terme d’avenir. A me dire que c’est maintenant ou jamais.
Bref, c’est maintenant depuis mars de cette année.C’est décidé à commencer un traitement que j’ai revu mon médecin fin mai. C’est pour cela que je retourne à l’Inalco plutôt que partir pour Londres, et c’est sûr que je boucle aussi mon année. Même si quand j’écris cela, je n’y crois pas du tout. Mais je sais aussi que ce n’est qu’une question de travail. Et que c’est cela, et seulement cela qui me sortira vraiment de ma torpeur. Qui me remettra dans ma direction.
Et c’est ainsi que désormais Colors devient une chanson souvenir. Une vraie soupe, mais qui me rappelle des souvenirs forts. Tiens, comme deux garçons très différents.
En 2003, en février, je suis rentré un matin avec un très très beau Chinois de Shangai, 22 ans. Vraiment très très beau. On a fait l’amour, c’était très bien. Eh bien, c’était cette nuit là que j’ai fini le chargement du clip… Et puis le 31 décembre, après une soirée chez Stéphane et Véro, vers 5 heures du matin, cet autre petit Chinois tout mignon d’à peine 20 ans, sur un quai de métro, on arrive chez moi, il a flashé sur le clip. Il m’a demandé de lui passer au moins 5 ou 6 fois. Souvenir amusé. Il était assis sur mes genoux… J’ai perdu le premier quand il est parti, j’ai eu du mal à me débarrasser du second… Le monde est mal fait…
Voilà, je vous laisse écouter Utada Hikaru. Et je me dis que j’ai eu quand même beaucoup de chance de ne pas avoir vécu cela au moment de La danse des Canards…
Catégorie : le Blog de Suppaiku, Tôkyô
Journal d’un Solitaire Sociable et Moderne de Paris et Londres à Tôkyô et …

Week end
Je suis vraiment un fainéant…
Ca fait trois semaines que je ne poste pas… C’est vraiment nul, non ? Bon, je vais tacher de faire un petit effort. Mais soit je suis occupé, sois je suis gagné par la paresse, ou soit je n’y pense pas… Bref, il faut que je fasse quelque chose. Surtout que j’ai passé 5 jours à Londres, que je prépare mon voyage, que je reprends la fac, que les impôts me réclament un troisième tiers je ne vous raconte même pas, que la mère de Maria a failli persre sa maison avec tous les incendies en ce moment au Portugal que Nicolas est revenu et que cette fois c’est Stéphane qui est parti, que j’ai fait un tour de bateau mouche la semaine dernière, et que j’ai regardé Sasori (la femme scorpion) ce soir, que la TV diffuse plein de trucs sur Hiroshima et que l’Iran veut fabriquer sa bombe, que l’été est pourri… Il y en a, plein de choses à dire, écrire, réfléchir… en plus je fais des photos ici ou la, et je ne vous en fait même pas profiter : c’est nul…
Enfin… je m’occupe de tout ça demain.
Bonne nuitEncore un mois
Je suis content, ce midi : je viens de payer mes droits d’inscription, et j’ai enfin ma carte d’étudiant 2005/2006. Inalco, me revoilà!
Encore 1 mois avant le départ.
Week end chargé de fatigue : après midi de samedi avec Yoshinobu rue Montorgueil, soirée chez Stéphane, jusque tard dans la nuit, avec Véro, Nicole et Jean Claude. Le narguile est un truc redoutable… les gateaux Stohrer sont eux véritablement divins… A l’occasion, vers 2 heures, on a regardé Batman begin : c’est un très bon film.
Dimanche matin, comme toujours levé à 8 heures, claqué. Journée flasque limitée à la lessive du weekend. En soirée, soirée chez Julien qui part en Colombie.
Aujourd’hui, travail. Là, j’ai ma carte étudiant. Dans 1 semaine, ma carte MK2, je vais reprendre avec Beaubourg, aussi.
Le voyage approche, mais déjà j’organise mon retour : mes objectifs, clarifiés, nécessitent beaucoup d’organisation et le plus exécuté maintenant, mieux ce sera.Attentat à Londres
Echanges de mails au contenus presques surréalistes vers 10 heures du matin, entre Alain et moi, rumeurs diverses au travail…
De moi à Alain :
“10h56
Je réfléchis beaucoup à mon avenir. C’est normal, dans 3 mois, il y aura un 4 devant ! J’ai une idée très claire de ce que je peux faire en France. Quand je pense à l’Angleterre, je ne sais trop. Si je pars, ce ne serait pas pour un trip, ce serait pour y rester un certain temps… Voilà pourquoi pour le moment, garder ce boulot ici, m’inscrire en Fac, etc, l’emporte nettement.
Contacter le middle à Londres, c’est être vraiment prêt à changer de vie.
Tout de go, une question. La vie est elle vraiment vivable, à Londres ? Tu m’a parlé de ton manque de soleil, par exemple. Y a t’il d’autres trucs qui te manquent de manière fondamentale ?
Pour le moment, je compte continuer comme si je restais ici. D’un autre côté, si je compte poursuivre l’étude du japonais, il n’y a pas que l’Inalco au monde… Car quand il y a du soleil, je me remets à aimer Paris, mais dès la grisaille installée, je me demande ce que je fais ici. A grisaille égale, Londres est elle plus vivable ?
Le middle de Londres est en crise de croissance, ça peut être une opportunité de me faire un peu de stabilité, reposer de nouveaux repères, et c’est pas à 50 ans que je devrai me lancer !
Si tu as un moindre avis, je suis ouvert…
Bise
Madjid”
De Alain :
“9h58
J’ai appris la sortie en France d’un film d’Emmanuel Carrere:“La moustache”. J’ai adore le livre: adore etant un bien grand mot tant il m’a mis mal a l’aise, et que ce fut un supplice a chaque page. Je ne saurais trop vous le recommander. Bonne journee
Alain ”
“10:52
Difficile de repondre a une telle question:d’abord parce que je ne pense pas que nous ayons toi et moi, tout a fait le meme type de vie.
Oui la chaleur et le soleil manqué, mais sit u gagnes bien ta vie, le but peut etree de s’organiser des break et des visites dans toute l’europe. Car si la vie est chere a Londres, partir a l’etranger, faire le touriste te fait sentir riche.
Ici le temps n’est pas terrible depuis mon retour, mais l’energie gagnee pendant les vacances dure encore.
Londres c’est (comme partout – Paris, Japon, petite ville de province, Trinidad et Tobago) ce que tu en fais. Et ici, tu as plus de choix qu’ailleurs: culture, clubbing, defonce, le fait de ne pas se sentir totalement londonien après des annees, mais d’avoir toujours quelquechose a decouvrir.
En ce qui me concerne, j’arriverais a vivre toute ma vie professionnelle a londres (pas ma retraite, faut pas abuser non plus), si tant est que le boulot me motive encore, il y a suffisement de choses pour ce que je recherché. Mais le point primordial reste le salaire… tout depend, ici plus qu’ailleurs de ca…
A toi
Alain
Il y a eu une explosion a Liverpool street et les sirenes hurlent sans discontinuer a Waterloo”
De moi à Alain :
“11h55
T’es au courant des explosions du côté de la City ? La bourse est bloquée, le métro interrompu, on parle ici de 3 explosions, de blessés…”
De Alain à moi :
“Si tu lisais mon email jusqu’au bout…”
De moi à Alain :
“J’ai lu, bien sûr mais nos mails se croisent. Ici, on a des nouvelles de nos collègues à Londres à qui on a demandé de ne pas sortir. Il y a une autre banque, LCH, qui elle évacue… Le département “Londres” est perturbé… Les infos se croisent… Ca doit pas être facile de garder son sang froid.
J’espère juste que ce “n’est que l’IRA”, c’est à dire que ça ne durera que peu de temps. Si c’était El Qaida…
On pense à toi”
De Alain à moi :
“Excuse pour la brutalite de ma reponse
Ce n’est pas le style de l’IRA (ni le moment pour eux).
Ai appele ma mere, une amie vient dormer chez moi ce soir. Elle ahbite loin dans le nord. Les rues autour de Waterloo sont pleines de voitures, et de gens qui marchent. Un ex collegue allant vers son boulot, est arrive a Wtaerloo mais ne pourra aller plus loin et commence son chemin a pied pour rentrer chez lui.
Moi je n’arrive a faire cet email commence il y a 2 heures…
Et ces sirenes… et ces sirenes…
On ressens le chaos, miles away from the explosions
Vos messages a tous me font du bien”
De moi à Alain :
“Je vais déjeuner. J’espère que c’est pas trop panique. Je reprends des nouvelles en revenant. Ici, on ne cause que de ça, on bosse pas des masses…”
De Alain à moi :
“Des explosions qui apparaissent de plus en plus comme etant des
attentats se produisent a londres. Pour le moment je suis vivant”
“Les nouvelles officielles font a l’heure ou j’ecris etat de 33 morts.
Ici les gens partent un par un deja, on s’organisent pour ceux qui ne peuvent pas rentrer. C’est moins l’abattement que ce matin. On s’est parle beaucoup. A chaque personne croisee, on pouvait remarque que le “Hi” n’etait plus suivi du “How are you” mais d’un regard lourd (la politesse anglaise a des limites, qu’on appelera plutot decence).
Ai d’autant plus volontiers dis oui a Benedicte qui cherchait quelquepart ou dormer que je ne me voyais pas rester seul ce soir. Plus un bruit alentour (plus de sirenes), la agre de Waterloo semble calme, quoiqu’elle continue a fonctionner. L’evening standard qui titre dans sa premiere edition sur les JO, dans sa deuxieme sur les attentats, mais excepter la premiere page le reste demeure identique.
Et puis les message d’amis, qui ont fait du bien pendant la journee et ce besoin imperieux de vous dire combien je vous aime.(Clothilde que j’avais eu du mal a joindre le jour des attentats de Madrid, m’a aussi texte)
Merci encore mille fois, je ne devrais plus tarder a quitter le boulot (si on peut appeler ca comme ca aujourd’hui). Alain”
Epilogue
De Alain à moi :
“Ca va bien.
Hier donc une amie est venue chez moi, et a coup de musique et de
discussion(on a refuse d’allumer la tele) on a fini par se coucher a
02.30. ce matin un peu fatigue, mais ca va.
Les londoniens en general ne se sont pas trop deplace pour venir bosser,
conformement aux consignes des autorites.
A cote de ca, je me demande pourquoi je me suis senti plus atteint que
pour les attentats de 95 par exemple ou j’etais a Paris. Mais c’est vrai
que ca me semble tres differents. Bises a toi, Alain”Le Bilan final sera de 58 morts et plus de 700 blessés.
Envies de meurtres, rien que ça !
Si je vous disais que ma banquière n’est qu’une pauvre merde, me croiriez vous ? Eh bien c’est le cas, et je suis persuadé que c’est une expérience assez communément partagée… Cette personne m’a en effet fait envoyer un recommandé pour me prévenir qu’elle suspendait ma convention pour fonctionnement anormal du compte… Je suis allé immédiatement la voir.
-On n’avait pas rendez vous hier ?
Ca commence mal…
-non ! Vous m’avez envoyé ça !
– Ah, je n’ai pas le temps, j’ai du travail.
-Moi aussi, mais ça, c’est le vôtre !
Passent 2 minutes, elle revient.
– Asseyez vous.
Là, je lui demande de regarder mon compte, de m’expliquer où est le problème.
– Ben le voilà, le problème, vous n’avez pas de salaire !
– ???????
– Vous ne versez que des espèces !
– Et alors ? Ce sont des accomptes, et de toute façon vous voyez qu’il y a aussi des virements ! Vous croyez que les impôts me prendraient ce qu’ils prennent si je n’avait pas de salaire ?
– Moi je peux pas le savoir ! On va prendre rendez vous ! Vous m’apporterez vos fiches de paie.
– Votre courrier évoque d’autres courriers. Je ne les ai jamais reçus : vous pouvez me les montrer ?
– Je ne suis pas responsable de la distribution de la poste. C’est la bonne adresse, au moins que vous avez ?
– Vous pouvez être plus claire ? J’ai bien reçu mon recommandé…
– Eh bien, c’est la poste! Votre numéro de compte ?
…
– Vous me donnez votre numéro de téléphone ?
– Je vous l’ai déjà donné ! Et mon email aussi, mais vous ne téléphonez pas si vous vous posez des questions…
– Les clients sont assez grands pour gérer leur compte eux même !
– Vous pouvez expliquer ?
– Lundi à 14 h35
– Je travaille, ce n’est pas possible.
– Moi aussi, je travaille.
– Je sais, mais vous, me recevoir, c’est votre travail.
– Mardi à 11h45
– Non.
– Bon, mardi à 9h00
– Bien. J’aimerai aussi que vous m’expliquiez pourquoi vous n’avez pas répondu à un fax envoyé il y a une an, j’ai gardé l’accusé de réception. Je vous demandais l’arrêt de l’assurance parrainage…
– Bien, l’assurance parainnage…
Surréaliste, non ?
Je vais porter une première plainte auprès du médiateur…
+
Dois-je penser à un délit de faciès ? A une mise à l’index pour 3 mois sans emploi ?
Ca m’a énervé.Extrait de ma promenade dominicale
Vous voyez, aujourd’hui, grande forme ! Mon deuxième post… pour vous faire partager mon retour de chez Maria, en passant par derrière chez moi, sur le Canal Saint Martin où il y avait une brocante. Il a fait très beau, ce dimanche. Je me suis arrêté plusieurs fois, ai pris mon temps.
J’ai notamment flashé sur cette télé, une belle ébènisterie.Parlez-moi d’moi, y’a qu’ça qui m’intéreeeeeseu…
Comme je l’écrivais à l’instant à mon ami Alain,
“Ben écoute, je pète la forme.
Après un long temps de réfléxion, j’ai décidé de ne pas me porter candidat à un travail en Grande Bretagne. Ce serait tentant, il y a des besoins. J’ai en revanche décidé de me réinscrire en DULCO de japonais et de le réussir, de reprendre mon analyse, cette fois en l’orientant vraiment sur la psychanalyse, de déménager même si cela va être difficile pour les raisons que tu sais (conjoncture, prix, etc). (…) Je regarde les abonnements divers de spectacles, cinéma, etc…
En revanche, je pense que je vais prendre l’habitude d’aller à Londres plus souvent (un peu comme en ce moment), et de peut être aussi tester d’autres capitales Européennes. C’est désormais très abordable.
Partir travailler à Londres, c’est à mon avis le meilleurs moyen d’échapper à des obligations. C’est facile (il y a du taf, c’est bien payé), mais est-ce que je veux vraiment de cette vie là, finalement centrée autours du travail ? Je souhaite reprendre le japonais et à Londres cela sera impossible. Mon vrai “défi” cette année, cela va donc être de déménager, trouver une coloc sur Paris, par exemple… On verra.
Je renonce à beaucoup sur le court terme, mais je pense faire un bon choix sur le long terme.
Ici, temps de début juillet, en orages et chaleur moite.
Et toi, alors ? Comment va ? J’ai été étonné de recevoir ton avis d’absence la semaine dernière.
Je te (re)confirme que j’arrive la semaine prochaine, mercredi vers 18h50.”
Fin de message.
Fin de semaine sympa, avec forte remonté des températures et idées de plus en plus claires, évidentes. J’ai téléchargé pas mal de matériel pour la 2ème année de DULCO, ma décision a été naturelle, et elle a entrainé beaucoup d’autres décisions. Comme une envie de bien me poser, pas m’allonger, non, me tenir droit, bien sur mes pieds, prêt à foncer. de là ont découlé d’autres désirs, enfouis sous la contamination et qui ne demandaient qu’à remonter à la surface tranquile rendue accessible par 10 ans de travail d’analyse. Je m’apprécie, je m’aime et je m’admire même, pour avoir su garder le cap sur l’essentiel malgré ce qui m’est arrivé, et de pouvoir en parler aussi facilement. Ainsi, mardi dernier, j’ai retrouvé Thomas avec qui je suis allé dîner de délicieux sushis, avant de faire notre devenu traditionnel échange de doramas, et cela m’a semblé naturel d’aborder le sujet de ma santé, de mon traitement. De même avec Carlos l’autre semaine, avent le spectacle de Noh à la MCJP. J’abhore l’idée qu’il puisse y avoir un “quelque chose” de l’ordre du non dit entre moi et les autres. Et comme je n’ai pas (plus) le sentiment d’être frappé d’une quelquonque malédiction. Je crois que c’est cela que j’aimais bien chez Jacques, à une époque où cela n’était pas facile, cette facilité à blaguer en public sur son Sida, ses T4 à moins de 50, ses infections aux yeux, ou ses terribles diarrhées liées à ces traitements alors redoutablement mal dosés, mal combinés. Je n’ai jamais ressenti le moindre malaise quand il faisait une blague, et pour tout dire, je les trouvais même plutôt drôle. On pouvait passer à autre chose. On comprenait ce qui pouvait se cacher derrière les mots, mais il n’y avait pas de mur. Avec Olivier, cette opacité, ces silences étaient pesants, je me demandais toujours “mais comment en parler”, il balayait les questions si facilement. Il ne parlait que pour se plaindre et mettre cette contamination sur le dos d’une quelquonque malédiction qui commençait le jour de sa naissance, avec son abandon, et son adoption. Et il était généralement soul quand la pénible lithanie commençait. Moi, à l’époque, toujours négatif, je le plaignais, je culpabilisais. Quel idiot ! Il en a fallu, du temps, pour lui dire que son ivrognerie c’était de sa faute et qu’il n’avait que lui à accuser, et que sa contamination, c’était juste la faute à pas de chance, et que ça me faisait chier, ces plaintes sempiternelles alternées de commentaires méprisants sur les gens qui n’allaient pas dans les clubs où il allait, qui ne “connaisaient” pas tel ou tel éléments de branchitude dont je n’avait au passage strictement rien à faire…
Je ne veux vraiment pas faire subire ça aux autres (he he he, il suffit que je parle d’analyse pour trouver, au passage, ma phrase extrèmement pertinente!). Je le fais donc comme je le sens, et je veux que cette séropositivité soit tellement évidente, normale, naturelle, que personne ne se pose la question du “courage”, “difficile”, etc Je vais bien.
Je m’inscrit à l’Inalco justement pour ne pas laisser le dernier mot à ces 2 dernières années où il m’a été impossible de mener tout de front, où mon esprit errait dans le vague, incertain. Décider que c’était le moment de commencer un traitement m’a ouvert une autoroute fantastique.
JE NE ME CONSIDERE PAS COMME UN SEROPOSITIF, MAIS COMME UN ANCIEN SERONEGATIF.
Je n’ai pas oublié qui j’étais auparavant, et je suis toujours intransigeant à l’égars du bareback, du sexe non protégé. Je n’en veux pas à celui qui sur mon chemin a décidé de se lacher sans prévenir, parce que je sais reconnaître mon chemin. Mais je pense aussi à ces gamins tout fraichement débarqués dans leur séxualité, et qui eux, verront leur horizon rétrécis, amputé, et je me dis que le silence des gays sur les nouvelles contaminations est un déni de meurte/viol consciemment perpétré. Si la psychologie permet de comprendre le geste en lui restituant un sens, la justice, et particulièrement la justice qui découle de l’esprit que l’on se fait d’une “idée communautaire” m’invite à considérer ces comportements comme criminels. Et je continue de penser qu’une condamnation devrait être prononcée, quitte à ce qu’elle soit assortie d’un sursis équivalent et d’une obligation à commencer un travail de reconstruction psychologique.
Enfin…
Immense cogitation, idées qui se libèrent, je repense politique, littérature, art, design, je regarde de nouveaux Paris avec des yeux neufs. Cette ville ne demande qu’à se donner à celui qui veut la prendre. Et qu’importe saleté, malpolitesse. Il y a comme une nonchalance finalement bien agréable… Paris n’est pas une ville à photographier, c’est une ville à raconter.
Suis allé chez Maria retrouver Dulcinia avec qui j’ai terminé la ré-installation de l’IMac. Maria va bientôt accoucher. Son appartement est sympa. Dans l’après midi, elle s’est reposé en regardant un documentaire sur une Japonaise devenue cuisinier, diffusé sur la 5ème. J’ai bien du en regarder 20 mn, c’était très intéressant. Elle parlait du regard des autres, du sentiment de différence, et derrière elle la couleur(s) verte du Japon, les maisons traditionelles, le chadô. Nostalgie.
Je suis revenu à vélo, longeant le Canal de l’Ourq. Nonchalance de La Villette, rempli de bronzeurs et bronzeuses, joggers et joggeuses, tranquilité de ce Parc, et puis après Jaurès sur Saint Martin, Vide Grenier. Beaux objets, comme une TV des années 50 avec une très belle ébénisterie, des sièges métalliques des années 40. Je me suis acheté une petite boule à neige “Pékin”. Une fois acheté, j’ai compris que je tenais à rester à Paris, à commencer à faire ce que je désire, sans attendre, maintenant, et non “recommencer”, encore et encore.
J’ai entendu hier matin que Laurent Fabius était candidat à la candidature. “un travail, un toit, un savoir”. En gros, des stages, des alloc familiales et du super Besson qui engraisseront les proprios, et des stages. Lamentable… Je ne me suis jamais autant senti “rocardo-mendesiste”.
Hier soir, c’était chez Stéphane, sur la terrasse, avec Nicolas, Véronique. Comme c’est agréable…
Je lis le livre de G. Sieffert, Les religions du Japon.
Le travail est un job. Définitivement. Le savoir est une porte, qui ouvre d’autres portes. Elle me libèreront de ce travail crétin dans lequel je suis enfermé, mais qui me permet tout de même d’avoir été 3 mois au Japon ces 12 derniers mois… Je ne me plains pas. L’an prochain, en fin de mission ici, dans l’été, je repartirai pour trois mois, heureux je l’espère, d’avoir bouclé un DULCO.
J’ai beaucoup de choses à raconter, mais j’ai toute ma vie devant moi pour le faire, rien ne presse. Il y a ce journal et de nombreux romans qui m’en donneront l’occasion. Je ne suis pas inquiet.
Je vous laisse, c’est l’heure du déjeuner.Message laissé sur le blog de Joelle
What happened to us, making this country refusing to give a way, a direction to the European construction ?
I am afraid France is highly a tired country. Tired, bored about itself. For a long time now, the debate has been directed by the National Front. It is more and more difficult in France to say you believe in “cosmopolitism”, that you like “mixing the cultures to create a new one”, that you are a “democrat” (everybody is now bloody “republican”, not in the american way, but in the “french revolution” way, it sucks!), that you like the urban big town feeling (it is common now to hate Paris, like our previous prime minister JP Raffarin when he said, in a very provincial way, that Paris was the “France d’en haut” – Upper France – and he wanted to govern for the “France d’en bas” – lower France, what means province, paysans… it sucks (sorry, I am a half Algerian/ HIV positiv cosmopolitan gay male 100% Parisian and really proud of it all… sometimes, I feel like a NewYorkeese lost in the Dakota, or one of these “lost between the 2 costs” states where people are still believing that the walk on the mood was produced in Hollywood, pray “Jesus Christ” and vote for the very Chiraquian Georges Bush (or is it Chirac who is very Bushian ?)…)
Anyway…
I want to be optimistic. Joelle.
France will be back one day. Paris will be a new place to be and to create one day.
We will welcome people from all over the world, promoting the real and only French Culture I know : open, extravagant, very open to the American culture in a kind of “concurence”, Free minded and with a real view to propose to the world, not a view of elderly politicians but the view of artists, novelists, film makers and intellectuals. A country governed by optimistic politicians ( kind of ELEGANT, with a smile and a view of a good mix between opened/modernized economy and social equality, high education for all, high protection for workers to give more freedom to the employers… And more than anything, a government promoting a new France in an globalized economy, opened, internationalised…
Frank Sinatra and Lisa Minelli sang “New York”. I would like to hear, one day, a new song, with the words of today, with a music of today, not that kind of bloody Edith Piaf style, a song called “Paris”, a song which would move the hearts of the world as much as “New York”. I believe in it, and I am sure we will hear it.
The France we all love has been defeated by the “NO”. But this old France is on the agony. New France is on the move. It has your face, Joelle, and the face of all of us, visiting the world, curious of everything that can be new, with this very french “critising eye / oeil critique” that gives us this “plus” the world likes in us when we are not arrogant.Déception…
Rien. Pas un bouton, pas un mal de ventre, pas une insomnie. J’ai l’impression de manger de mini pilules de sucres, sans grandes conséquences. J’ai mangé beaucoup de pain ce week end, espérant échapper au plus dérangeant mais finalement sans que cela ne soit très utile. Je suis déçu, ai-je dit. On s’attend à un grand truc avec des allergies, la souffrance, quoi. Et puis rien. A l’ère moderne, le Christ aurait d’abord été anesthésié, et c’est toute l’histoire de la chrétienté qui en aurait été changée. Le Sommeil selon Saint Jean, de Bach. Le sommeil selon Saint Matthieu. Le Christ en son lit. Le Très Saint Lit. La Sainte Seringue. Que serait devenue la Passion ? Le Calvaire ?
Allez, je dis ça mais je suis très heureux de ne pas souffrir de commencer un traitement aussi lourd.
Il fait très chaud depuis quelques jours, c’est merveilleux. Je suis resté bien tranquilement à l’ombre, chez moi, samedi après midi, et j’ai treminé mon moyen métrage “Jours tranquiles dans le Kansai”. 40 minutes et quelques d’images de Katsura (la ville), Heian Jingu, et un dimanche après midi à Nara. C’est très maladroit mais le résultat me plait bien. J’ai ensuite fait un vrai DVD avec menu. Très très pro !
J’ai retrouvé Alain samedi en fin d’après midi, nous sommes allés prendre un verre vers le Canal Saint Martin. Il revient de Barcelone, il partait en Normandie. On se reverra à Londres, maintenant.
A ce sujet, je pense demander s’il y a une place pour moi là bas.
Allez, je file, j’ai rendez vous avec Carlos : nous allons voir du Noh à la MCJP.

Vous voyez, aujourd’hui, grande forme ! Mon deuxième post… pour vous faire partager mon retour de chez Maria, en passant par derrière chez moi, sur le Canal Saint Martin où il y avait une brocante. Il a fait très beau, ce dimanche. Je me suis arrêté plusieurs fois, ai pris mon temps.