Depuis dix jours, j’ai 60 ans. Durant des dizaines d’années, je n’osais y penser, durant la dernière dizaine, je pensais m’y être préparé, et puis voilà. J’ai 60 ans. Le milieu de l’automne de ma vie.
L’âge ne me fait pas peur, je suis en pleine forme et pour le moment, mon corps ne m’empêche de rien. Je ne ressens pas la fatigue, je peux continuer à ne dormir que cinq à six heures par nuit et me lever en pleine forme. Je peux marcher plus de 15 kilomètres sans aucune difficultés.
Il y a juste ce sentiment de vertige. La vie est vraiment éphémère, à 20 ans on la brûle par tous les bouts, certain d’avoir devant soi une éternité. À soixante, on est conscient qu’il ne reste plus grand chose, que ça passera encore plus vite et qu’un jour le monde s’engloutira avec nous – que l’on croit en un après ou pas, qu’importe puisque cette réalité du présent disparaitra.
Cela pourrait être un objectif intéressant, pour ce blog. Écrire au quotidien l’avancée irréversible vers la fin de ma vie. Il faudra que je le double d’un Google blog histoire qu’une fois parti il ne disparaisse tout de suite. Le site que vous avez devant vous, je le paie, et son nom de domaine, et l’hébergement, et c’est de plus en plus cher. Alors quand je ne serai plus là il y aura le jour où ce blog disparaitra. C’est dommage.
Bien, on va dire qu’octobre, ce sera un mois que je consacrerai à remettre à plat ma présence dans le monde.
J’avoue, quand je pense aux années qui viennent, des questions béantes surgissent et je ne vois pas trop comment les appréhender. Rentrer en France, mes moyens de subsistance, où vivre, etc etc Je serai resté un post boomer, un « X » jusqu’au bout… ça aussi, c’est un sujet intéressant, car cela me rapproche des « Z ». Les boomers ont eu le privilège d’avoir un surnom et d’être scrutés. Nous, les « X » ou les « Z », on est juste affublés d’une lettre de fin de parcours comme des espèces de zombies venus après la partie. Des party pooper.
À suivre…
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Premier octobre

2025, page blanche

(suite…)2025, donc, sera donc pour moi une page blanche. Le passé est le passé. Pour l’avenir, je ne sais pas. Bonne année à vous toutes et tous.

120 battements, un commentaire

1er décembre 1991 Matoo, le président des pédés himself, a laissé un commentaire au sujet de mon billet sur 120 battements par minutes.
J’ai visité son blog où il avait publié un billet au sujet du film en 2017, et j’y ai laissé un commentaire.
Dans la plus grande tradition de mon blog, je mets en ligne cet échange car de son côté, lors de la sortie, il avait apprécié le film malgré ses faiblesses.
Voici le commentaire qu’il a laissé:Tu sais bien que c’est impossible d’apprécier un film qui parle d’un truc qu’on connaît trop bien. On trouvera toujours pas ça à la hauteur de sa propre perception. Donc je ne suis pas étonné de ton opinion très étayée là-dessus.
Le truc, selon moi, c’est que le film n’est pas du tout un documentaire, et pas non plus un film totalement fictionnel, et pas non plus une allégorie complètement abstraite, et c’est là où le bât blesse, à mon sens, il a le cul entre plusieurs chaises. Et même si je lui trouve plein de qualités formelles, et au moins le mérite d’évoquer ces sujets importants, bah j’ai aussi été un brin déçu (alors que je ne connais en rien ACT-UP de mon côté).
J’aurais aussi adoré un vrai rappel de la vibe LGBT de l’époque (fringues, danses, musiques, bars), mais encore une fois le film est à la croisée des chemins dans sa forme, et c’est son défaut. Mais c’est aussi peut-être ce qui en fait un *bon* film, pas ouf, mais correct pour instiller des éléments pertinents et une bonne histoire, sans verser dans la peinture hyper précise, le documentaire ou la biographie d’une asso.
Et voici ce que j’ai répondu:
Bonjour Matoo Watoo,
Tous ces commentaires, cet article, datent de 2017, et il est fort possible que je me serais laissé happer par le film si je l’avais vu à cette époque, mais il m’a été totalement impossible de le voir. Je pouvais pas.
Au fond de moi, il y a eu une résistance, une envie d’oublier ces années où il faisait gris tous les jours, même quand il faisait beau. Ces années glauques qui me laissent la sensation d’avoir sombré avec le Titanic. L’insouciance et la légèreté, l’innocence des années 80, tous ces bars, ces boîtes et ces lieux, et il y en avait plein, nos amitiés, tous ces garçons amants d’un soir, d’un jour ou d’une vie, jeunes, tout sourire, avec nos looks et nos musiques, et puis tout se retrouve emporté avant même qu’on s’en aperçoive, exactement comme le Titanic, certains parmi nous tentant encore de s’amuser comme ils le peuvent avant que le bateau ne sombre et qu’il ne reste que… ACT UP pour hurler, et nos larmes pour pleurer.Et puis un jour, les trithérapies arrivent, voilà, la lame est passée, et on a pris dix ans. Même à trente ans, au fond de nous, on en a quarante et même soixante.
Personne ne veut revivre un tel naufrage.En 2017, je n’étais pas prêt à affronter ces souvenirs.
Vu pour la première fois il y a un mois, donc, je n’ai pas aimé du tout, le film est mal construit – ou peut-être porte-t-il la marque d’un certain “cinéma d’auteur” dans sa pire acception. Les personnages n’ont aucune profondeur, il n’y a aucune temporalité, et il ne fait aucun doute que les jeunes qui ont adhéré à ACT UP après avoir vu le film ont dû être terriblement déçu parce que pour obtenir les résultats d’ACT UP, il a fallu des années et un boulot monumental, ce que le film ne narre pas puisque le temps y est totalement inexistant, narrant l’histoire d’une association imaginaire faisant un zap après l’autre… Comme si…
Je n’ai pas aimé It’s a sin, mais la série m’a beaucoup plus touché car pour le coup, Davies a essayé de retranscrire l’époque. Le résultat est très maladroit car, comme je l’écris plus haut, il est très difficile de vraiment investir nos propres souvenirs sans raviver une douleur profonde, mais les personnages “racontent” quelque chose qui les dépasse, quelque chose que nous avons toustes vécu.
Bises
Voilà qui complètera le billet de jeudi dernier.

Situation (Yazoo, 1982)
(suite…)Blue eyed dressed for every situation
Moving through the doorway of a nation
Pick me up and shake the doubt
Baby, I can’t do without
Ça va (où?)

(suite…)Non seulement je me suis retrouvé dans la situation de subir l’influence d’un voisin au point de m’empêcher de faire quoi que ce soit de mes mâtinées, mais cela a révélé tout ce que je ne pouvais pas faire, faute de me concentrer sur moi. Début septembre, j’en étais à vouloir faire des listes des choses que je devrais faire pour améliorer ma situation.

Bavardage de pédé
(suite…)Un bavardage de pédé en passant pour vous parler de ce que je fais en ce moment et vous montrer le journal que j’ai écrit entre 1992 et 2005

Ma page « à propos »

Londres, 31 décembre 1999 vers 21 heures – 34 ans
(suite…)Madjid Ben Chikh. Parisien et blogger habitant à Tôkyô depuis février 2006. J’enseigne le français. Voilà, ça suffit. Non?

Je cherche un taf, et ça urge!

(suite…)Je cherche un taf, et ça urge! Si vous êtes au Japon, que vous entendez parler de quelque chose, je suis ouvert. Tout est option.










