Auteur/autrice : Madjid Ben Chikh

  • Prise de sang et de photos (zeugme)

    Ce matin mardi, prise de sang ! Youpiiiii !

    Je suis sorti de chez moi vers 9 heures

    9hdumat

    puis j’ai pris le métro,

    metro

    et le RER dont j’ai bien fini par sortir…

    rersortie

    Il y a d’abord eu la salle d’attente car il y avait une petite intervention en cabinet d’infirmières,

    attente

    mais j’ai vite été reçu

    hosto

    dans cette petite pièce annexe. Hélas, Marlène (je crois me souvenir que c’est son prénom, a oublié un tube, il a donc fallu repiquer, mais cette fois au local des infirmières,

    sang

    Tout est bien qui fini bien, je ne suis toujours pas mort, ouf

    fini

    J’ai marché jusque Les Halles, fait plein de photos que j’ai donné à développer au Photo Service des Champs Elysées. Là, une terrasse et des photos encore. Il faisait très beau…

    terrasse

    Je suis rentré, il devait être 14. J’ai reçu un SMS de “l’Autre” (ça me gène de dire son nom ici, et puis j’aime bien dire qu’il est l’Autre… Beauvoir, peut être). Ca m’a fait plaisir même si la teneur était un peu ésotérique…

    Qu’est ce que tout est compliqué, alors…

    Bon, je vais à la piscine.

  • C’est joli, Paris…

    … même quand on a le mal de vivre que je ressens aujourd’hui… et qui me file de ces envies de chialer… boooouuuuh…
    L’Autre, il m’a envoyé des SMS pas chaleureux du tout… pas facile. Mais je suis content, j’ai achevé une première mouture de mon site qui me plait bien.
    Allez, cadeau!

    bistrot

    C’est vraiment joli, Paris. Et il va falloir que j’apprenne aussi, comme à Kyoto, à être seul, à m’y promener seul, à y trouver un intérêt en soi, pour moi seul. Je comptais un peu sur lui, oh en copain m’aurait bien suffit ;-), pour trouver un peu de sens. Je ne sais pas, j’ai du me montrer un peu sec lundi dernier -la fatigue, et puis mon humour des fois cassants, avec les 3 tonnes de café… J’étais pourtant très heureux de le retrouver. Il avait d’ailleurs lui même l’air content, puisqu’il s’était empressé de me répondre.

    291104aumiroir
    Et puis depuis, c’est comme s’il avait voulu m’éviter. Est-ce une impression ? La réalité ? La fatigue, l’approche de mes examens… Je sais plus trop.
    Rigolo, écrire ça sur un blog. Vous lirez ces lignes que je serai passé à autre chose. Enfin, je l’espère… Promenade, l’après-midi,
    Ah, pas été à la piscine le soir : il y avait une manif pro-palestinienne devant chez moi… Déprimé, je voulais pas ressortir et me retrouver nez à nez avec la manifestation et les CRS. Eu des nouvelles de Carlos. Pris un verre au Marly cet après midi avec Alain, un café pêteux et surfait. Mais être à côté du Louvres, c’est sympa. Et puis marché 5 minutes avec une jeune provinciale perdue qui recherchait son chemin.

  • Et c’est lundi, et demain…

    291104moi2

    Pas la forme, demain, j’ai des examens… Ras le bol… Je me sens fatigué, bien sûr… et l’autre qui me téléphone pas… Mais pourquoi je me prends la tête comme ça pour quelqu’un qui s’intéresse pas à moi. Franchement…

    Eté à la piscine encore hier. Ca me fait du bien…

    Ce matin, courses de bonne heure au Monoprix. Alors que je prends la “Carte Monoprix”, je constate :

    monop

    Il y a une carte principale : un homme. Et 3 mini cartes, femmes et enfants… Intéressant, non ?

  • Un dimanche de pluie, c’est Paris

    Voilà, c’est dimanche, un vrai dimanche de vie quotidienne, plat et banal.
    lavo

    Le dimanche, c’est lavomatic. Croisé le même petit pd du Beit Haverim que j’y croise le dimanche matin depuis belle lurette, mais seul… De nouveau célibataire ? Par hazard, j’étais tombé sur une petite annonce qu’il avait passé. Il y a avit une photo de lui à Tel Aviv, il était mignon comme tout… Par la suite, je le voyais accompagné à la laverie. L’amour c’est comme les feuilles des arbres, il y a toujours un temps où il n’y en a plus. Mais il y a aussi les arbres qui gardent leurs feuilles et nous rassurent, le long des longs hivers… Son ami devait être un simple érable de boulevard. Il s’habillait comme david du Loft…

    champ

    Hier soir, Nicolas fêtait son anniversaire. Quelques cadavres subsistent, pathétiques. Je réclame une photo de cendrier, en vain…

    orange

    En rentrant, quelques photos vite fait,

    pieton

    rouge

    vert

    voiture

    brouillard2

    mais le profond regret de n’avoir pas eu mon Olympus jeudi soir, lors de ce soir glacial de brume, si rare et si fort.

    brouillard

    Hier je suis allé nager, et je suis parvenu à faire 1,6 km bien que cela m’ennuyât un temps, mais après le kilomètre, la sensation de bien être l’emporta.

    Je suis encore dans le gaz de ma soirée d’hier soir, mais je constate que le jetlag est maintenant histoire ancienne. Ouf !

  • Comme ça fait longtemps… 久し振りね!!!

    Et voilà, le voyage est passé de l’autre côté de ma vie, dans le passé…

    Bon, on ne peut pas dire que je fus très constant avec cette page, mais mon blog japonais est très encourageant. Alors je reprends ici, à la suite de ce terrible moment de déprime, après des analyses de sangs peu encourageantes mais qui se sont révélées exceptionnelles et sans suite. Mon bilan de fin septembre était bon, je suis revenu vers 48 000 répliques du virus (mi aout 108 000) et j’ai encore tout de même plus de 450 T4 (mon “record” l’an dernier est de 550). On traite à partir de 200 000 / 200 car on estime la probabilité de tomber malade plus forte sous ce seuil. Toutefois, il faut descendre à moins de 100 / 150 T4 pour courir des risques majeurs (pneumonie, etc). Je suis parti très tranquille au Japon, et il ne m’est rien arrivé. Ainsi, depuis le début de la semaine, je me réveilles à des heures pas possibles (ce matin, 5 heures 30, me parait presque une victoire, surtout que je me suis couché pour la 1ère fois après minuit… à l’exception de lundi où j’ai retrouvé Shogo et 2 amis à lui, mais je crois que j’étais un véritable zombie ce soir là!).

    CÔTÉ BONNE SURPRISE, J’AI ENFIN MA FREEBOX !

    Mais à quoi me sert, je reste célibataire… ça m’a semblé terriblement évident qu’il manquait quelque chose à ma vie, au Japon, et que ce quelque chose était tout simplement de l’amour… eau de rose, eau de rose, mais j’assume pleinement. C’est beau, être amoureux, non ? Ma nouvelle “excuse” est ma séropositivité, comment le dire, donc je le dis pas, donc si le mec me plait, j’insiste pas… donc il ne se passe rien. Nul, quoi. Pas facile d’être séropositif, toutefois, peur de pouvoir un jour contaminer l’autre, d’autant que c’est encore récent pour moi, et que je n’ai pas franchement cherché à l’être… Mais je m’apperçois qu’en plus d’être prudent en ce genre de chose, il faut aussi faire attention. Finie, l’époque où les gays étaient prévenant, gentils, solidaires sur ce sujet. Maintenant, c’est l’époque de la Gay Pride, de Pink TV et des émissions gayfriendly, l’époque du Titanic, pas grave si le bateau coule parce qu’on a bien chargé la barque. Je délire ? Non ! Les mecs “apprécient” de plus en plus s’il faut utiliser une capote, éjaculent sans ce soucier si ladite éjaculation est safe – fellation… mes pauvres gencives n’attendaient que cela, et je vous raconte pas la taille des amygdales pendant les 6 mois qui ont suivi… Epoque de nases, et ou ailleurs on continue, dans le fin fond d’une France frileuse et reculée, à brûler les gays et où le vacarme médiatique n’a d’égal que le silence et l’absence de réaction chez les homosexuels, à ce moment là peut être trop occupés à tester les nouveaux produits -qui puent vraiment- pour homme de chez Monoprix.

    D’ailleurs, l’année 2004 aura été une année fort généreuse pour les “gays” : Noêl Mamère et le mariage de Bègles, vacarme médiatique sur la tentative de meurtre du nord, loi sur les discréminations soutenues jusque par la droite, PinkTV, Sarkosy pour l’égalité des droits, SIDA grande cause selon de voeux de Jacques Chirac… Mais qu’est ce que LES HETEROS NOUS AIMENT, ALORS ! On doit “acheter” et “voter”, à mon avis pour déchainer tant de sympathie… Et les homosexuels, eux, ils font quoi ?

    Enfin, il y a eu la création du groupe WARNING qui rappelle que tout le monde n’est pas si gentil au pays des gays et adopte des positions intelligentes… mais bon. Ils ont aussi comme grand mérite d’analyser, et critiquer, ACT UP, une association qui me sort parfois par les tous de nez depuis un bail, une association de petits bourgeois blancs des grandes écoles majoritairement hétérosexuels et séronégatifs socialistes honteux compatissant à toute la misère du monde, qui aiment bien taper sur les élus socialistes, mais n’ont jamais zappé pour de vrai les bars bordels, les écrivains barebaker et refusent tout débats sur les problèmes de contamination volontaire, attendant peut être que ce soit Sarkosy qui s’en charge… Je peux pas m’empêcher de penser à les associer à cette grosse conne multiliftée ringarde de droite appelée Line Renaud. Je sais j’abuse, mais on ne se refait pas… Celle là, quand je la vois, j’peux pas ! Comme Régine. Toutes les 2, avec Angela et “Doudou”, du Loft, incarnent bien ce que je pense de notre époque, d’ailleurs : “on en est là”. C’est mon côté Houellebecq. Ou plutôt mon côté Sartre : il y a beaucoup de boulot !

    FIN DE PARENTHÈSE

    AUTRE BONNE NOUVELLE, J’AI UN NOUVEAU TÉLÉPHONE

    Eh oui, j’ai craqué sur le n401i, pas qu’il soit 3G, et blablabla, mais pour moins de EUR100, il a une bonne tête et une jolie couleur bleue, fait des vidéo, des photos pas mal du tout… Bon, c’est pas un W21CAS Au by KDDI, avec ses 3mégapix, etc, et la jolie Nakama Yukie pour vendre le tout… mais c’est très correct, et avec les sous que je n’ai pas dépensé pour avoir un téléphone visio qui ne me sert qu’à moi puisque personne n’a encore la visio – mais qui sert à frimer à fond en disant que ON PEUT faire de la visio-, eh ben je prépare mon prochain retour au Japon…

    C’EST DINGUE, ETRE A PEINE ARRIVE EN FRANCE ET VOULOIR REPARTIR AVEC LE SENTIMENT QU’IL S’AGIT EN FAIT DE RENTRER CHEZ SOI… Et pourtant, ils ne sont pas faciles tous les jours, les Nippons… Mais mon Katukare chuukara, mon udon minisetto avec unagidon, le tempura… Ca me manque….. et puis ils ont parfois beau être bizarre, avec tout ce temps passer à écrire sur leur keitai, ou a dormir, eh ben, qu’est ce qu’on se sent bien, à tel point qu’on fini par faire comme eux. Ils ont bien raison, et ici aussi, je vais pas me priver de m’avachir dans le bus, le métro, le restaurant… Je comprends, maintenant, cet aspect guindé qu’ils ont ici, dans les lieux publics. Pas dormir, pas manger. Dur !

    A PART CA, je passe le JLPT dans une semaine. Le décallage horaire et la fatigue m’ont rendu un peu parano par rapport à quelqu’un (celui par qui je me suis apperçu en septembre que je pouvais ENCORE être amoureux, et que ça m’a beaucoup interpelé, troublé, attristé… bref, je n’ai même pas cherché à ne serait-ce que l’embrasser, quel idiot, alors ! Mais ça y est, ma petite crise est passée. Ca sert, faire son deuil de près de 500 photos de Kyoto, de Tokyo, de Toshiko, de Megumi, de gens rencontrés au hazard des visites… On s’apperçoit que le plus important, c’est soi, soi d’abord, ce que l’on créé, ce que l’on aime. Alors je ne regrette plus rien, maintenant, je laisse passer le temps, et alors je lis, je partage avec vous des photos, mon journal.

    ET JE RETROUVE UN VERITABLE AMOUR : LA MUSIQUE DE VIVALDI, et l’un de ses serviteurs, Fabio Biondi…

    En fond, depuis tout à l’heure, le très connu Il Cimento dell’ Armonia e dell’ Invention, Op 8, une ensemble de 12 concertos dont les plus connus sont bien entendu les concertos 1 à 4 Il Quattro Stagioni , Il Primavera RV269, L’Estate RV 315, L’Autunno RV 293, L’Inverno RV 297, plus généralement appelés ici “4 saisons”. J’aurais pu écouter l’Opus 3, 12 concertos L’Estro Armonico, ou l’Opus 4 La Stravaganza ou bien encore de ces concertos pour basson, ou pour flute Opus 10, ou encore pour mandoline, ou pour violons et instruments variés, ou encore un des nombreux opéras que l’on redécouvre seulement depuis une dizaine d’annéee… Mais je vous avouerai que l’enregistrement de Fabio Biondi et Europa Galante est vraiment au sommet. Ainsi, les 6 concertos du 2ème CD, ceux que j’écoute en ce moment, forment un programme d’une grande cohérence et ne souffrent pas de l’habitude que l’on ressent à l’écoute des “saisons”. Et pourtant, ces saisons, plus encore que lors du précédent enregistrement de 1992, que celui de Onofri et Estro Armonico en 1993, dosant littéralement les Harnoncourt, Hogwood, Pinnock, et indépassable même par un Rinaldo Alessandrini qui s’y est collé il y a un an, eh bien ces saisons sont magiques et étonnantes. A la grace de 1992, Biondi rajoute la virtuosité, et dépasse Onofri en terme de bruit, n’hésite pas à se faire plus sale qu’Harnoncourt, trouve parfois la grace et le moelleux de Hogwood, mais surtout joue des tempos et des rythmes de danse que naguère Pinnock avait le premier révolutionné en accélérant le tout et faisant passer l’interprétation des 4 concertos de 45 à 35 minutes… Le vrai luxe de cette version, c’est quand il prend le parti de ralentir le tempo, ou oser une très brève cadence. Inégalé. Alors ces 6 autres concertos du 2ème CD, je les écoute très rarement comme tous mes disques -surtout ne pas s’y habituer!-, mais quelle écoute ! Là, c’est une hérésie: j’écris avec cette musique “en fond”, mais rassurez vous, je fais des pauses, tout simplement émerveillé par le génie, la propension à la mélancolie ou à l’humour de ce musicien que j’oublie souvent, que je délaisse et que je “trompe” mais vers lequel je reviens toujours car il incarne le mieux cette époque que j’aime. Et le charme de ces petites musiques pour moins de 10 instruments ne s’épuise pas, j’entends toujours ce petit quelque chose “qu’il avait pas le droit de faire”, ce basculement vers l’inconnu -une autre tonalité, un emballement, etc- au coeur d’une mélodie pourtant si “répétitive” au premier abords mais qu’il travaille au corps comme un champs de bataille, bref un quelque chose de quelques secondes d’incertitudes, et qui souvent m’arrache des larmes à foison…

    Je vous laisse. J’inaugurais ce retour d’une longue prose que vous me pardonnerez. Je ne serai pas toujours aussi long.

  • Exposition à la maison du japon

    Exposition à la maison du japon

    パリ日本文化会館、新しいプログラム。

    Très belle exposition pour qui aime les porcelaines. Ce n’est pas trop mon truc, mais il y a toutefois de belles pièces, comme cette carpe.
    Jusque l’an prochain.

    J’ai repris le goût des visites au Japon…

  • Au revoir, nous etions bien ensembles, mais ce soir…

    Eh oui, il fallait bien que cela arrive un jour : je pars demain.
    Ces derniers jours ont ete vraiment bien, vraiment intenses et inoubliables, malgre la pluie avant hier et la grisaille hier. Aujourd’hui, toutes les Divinites du Japon se sont alliees pour faire de cette journee une journee ensoleillee. Merci…
    Bon, je me suis beaucoup promene, et je suis alle revoir de endroits qui me sont maintenant familiers, comme Chion In, Kurodani, Yasaka Jinja, Nanzenji, etc. J’ai revu la Kamogawa et m’y suis promene. Sensation etrange, que le retour vers des lieux deja vus, revus, et portant en eux la marque du temps… L’hivers s’installe tous les jours avec plus d’insistance.
    J’ai enfin compris ce que sont ces saisons au Japon. Ce n’est pas la saison reelle, que l’on observe, que l’on guette, non, c’est la saison ressentie. Et cette saison ressentie est attendue, elle porte en elle a chaque fois son fruit. Ainsi, pendant tout mon sejour, tout, les magasins, les bentos, tout etait “momiji” (erable, dont les feuilles rougissent en novembre), mais les feuilles etaient toujours vertes. Mais voila que depuis une semaine le rouge envahit les jardins, les rues, et avec lui le sentiment que l’automne s’acheve. A quel autre moment prend on conscience de ce que l’on a si ce n’est quand on le perd, semblent dire les saisons… Je suppose maintenant que des mi fevrier le Japon est envahi des fleurs de cerisiers en plastique, que les bento sont “hanami”… mais il faudra attendre avril pour que la floraison reelle des arbre eveille enfin ce peak sentimantal que les Japonais affectionnent. Les fleurs a peine tombees, ils savent bien que l’ete, et donc les pluies arrivent. Alors, sous le soleil de mai, on se preparera aux grosses chaleurs de l’ete et ce sera la saison de “semi” et “hanabi” qui commencera, bien que ces 2 phenomenes soient de Juillet…
    En ce moment, Kyoto est “light up”, ライトウップ, c’est a dire que des temples sont allumes la nuit et ouverts au visiteurs… J’ai donc, moi aussi, fait “light up” a Chion in et a Kyomisudera… A Chion In, en fond, la musique de Gagaku jouee par les moines sous la grande porte… Magique… A Kyomisudera, la visite rare des Jardins prives, magnifiques… Le matin, j’etais a Kurodani qui presente aussi en ce moment ses tresors… Mes jambes etaient tres fatiguees hier soir, mais j’etais heureux de partir reconcilie avec Kyoto, qui a sa maniere m’apprivoise et m’apprend decidement beaucoup de choses sur le Japon, mais aussi sur moi meme. J’aime son calme, definitivement. Et quelles beautes se cachent partout dans cette ville… Vraiment oui, j’aime Kyoto. Et ce n’est pas facile, me dompter, mais la ville y arrive…
    En traversant Gosho, il y a 2 jours, j’ai pense que j’avais enfin “retrouve le temps…”, que pendant longtemps, j’avais cherche a “arrete le temps”, a “avoir le temps”, a “trouver le temps”, et a ne jamais etre tout a fait dans le temps reel, a ne pas me vivre comme moi meme le propre acteur de mon propre destin, a ne pas etre vraiment la. Le Jardin autours de moi m’etait a ce moment la tres reel, sous la pluie, et je le revoyais sous le soleil, comme cet apres midi ou nous attendions un typhon qui nous contourna, et ou il faisait si chaud. Ou comme ces fois innombrables ou j’y ai gare mon velo… Le retour a Heian Jingu a ouvert la boite aux souvenirs, ceux de moments intenses et reels, vecus pour eux meme. Je suis heureux d’avoir pris mon temps, de ne pas courir, j’ai imprime la marque du temps, la couleur verte a mon arrivee, le gris moite des typhons, et puis cette desolation qui enveloppe la ville et ses jardins. J’ai encore a l’oreille le chants de toutes ces varietes d’oiseaux, le bruit des feuillages, et le coassement permanent des corbeaux.
    Hier aussi, grande promenade sur le chemin de la philosophie, tetsugakudou, 哲学道. Cela m’a conduit vers la Sanmon du Nansen ji… Et toujours cette foret en fond, le chant des oiseaux… Le soir, au hasard, la bonne odeur des restaurants. Vers Kyomisudera, le quartier etait plein : c’est que momiji, les light up et la presentation des tresors drainent une foule nombreuse de touristes Japonais a Kyoto. J’ai pense “ben voila, moi aussi, je fais Momiji, cette annee. J’ai trouve ca rigolo…
    Aujourd’hui je suis retourne a Fushimi, il faisait tres beau, c’etait exactement le souvenir qu’il me fallait : escalader la colline, passer sous les torii, ca monte, ca monte, dire bonjour a Kitsune, decouvrir mon grand ami le Kami Cheval, revoir encore et partout kitsune. Au hazard, on croise des enfants en habits anciens qui font leur 7/5/3.
    Vers Teramachi, sur Shijo, les filles en mini jupes plissees, une casquette sur leurs cheveux blonds gonfles marchent, presques arrogantes, perchees sur des bottes a haut talons aiguilles, au bras de leur copains fluets, chatains avec des meches, une veste trop grande a 2 boutons, un bonnet ou une casquette, et tous bavardent en pianotant d’une autre main leur keitai megapixel de 3eme generation…
    D’autres filles, plus discretes, aborent ces looks du Kansai, chaussettes noires a mi mollet, couleurs brunes et ternes dominantes, cheveux lisses. Des hordes de “chimpira” (petite bite) chatains a ray ban, en costumes noirs trop grands pour eux, essaient de rabattre les filles vers des jobs remunerateurs… plus tard, ce sont les messieurs qu’ils rabatent… D’autres, invisibles, passeront leurs nuits a “irassaimase”, “arigatou gozaimashita”, “sanbiaku nijuhachi en ni narimasu”, etc, a servir des clients dans les konbini (petites boutiques).
    Moi, demain, a cette heure la, je reverai a la delivrance de mes jambes piegees dans un avion Japan Air Lines, on approchera de Londres et j’en aurai encore pour 4 heures d’attente avant d’arriver a Paris… Cela etant, j’ai paye mon billet EUR 695, sur le ticket il y a le “vrai prix”, EUR 1980, donc je ne me plains pas trop…
    Allez, il est tard et demain, ce n’est pas le plus agreable du tout. Leve de bonne heure, aeroport, avion, Londres, avion. Paris. Je remercie Nicolas et Stephane, 2 amis, de bien vouloir venir me chercher a Roissy. Je remercie egalement Nicolas d’avoir pris soin de mes plantes et mon courrier durant mon absence.
    Je vous remercie d’avoir lu ce carnet de bord incomplet, auquel je rajouterai bien entendu des photos ainsi qu’un appendice sur le pays du Bento. Ah, oui, je revien a Paris fou-mordu des yakisobas, pas encore vaccine du Tonkatsu-Raisukare. Je peux me passer de Ocha pour un moment, et les glaces matcha en octobre novembre, ca ne l’a fait qu’une fois. Je vous prie aussi de ne pas me faire de cadeau a base de chou a la creme (shuukuriimu), j’ai ma dose. En revanche, croissants et baguettes du Japon, autant que vous voulez… Je vais reprendre l’entrainement pour Okonomiyaki.
    L’an prochain, je serai sur Tokyo, mais je pense quand meme repasser par Kyoto. Kyoto est une matrice, dans ma perseption du Japon.
    Enfant, c’est a ce Japon qui existe encore ici que je revais, celui des temples, du koto, des femmes en kimonos. Je crois qu’il m’est essentiel. Et puis Kyoto change tres vite. Il y a par exemple beaucoup d’information sur les risques d’incendie. Et puis les gens veulent vivre dans des manshon, des appartement. Bref, le beton progresse tres vite et on prend conscience des degats occasionnes quand on va au sud de la gare. La, les maisons sont encore en bois. Quel enchantement, alors, a Katsura, ou a Nara, ou a Kurama… Mais qu’en sera t’il dans 20 ans…
    Mais bon, passes mes 15 jours a Kyoto, c’est a Tokyo que je serai. Le defis que je me lance : reussir a aimer suffisament Paris de nouveau pour bien affronter Tokyo. Vaste defi… mais la, c’est une autre histoire…
    0h22, reveil a 6h00, envol a midi. Au revoir.

  • Meditations variees

    Eh oui, il fallait s’ attendre… avec le temps, on se fait a tout, meme au calme ronronnant d’une petite ville de province comme Kyoto… Je vous livre en bloc les deux derniers mails envoyes a quelques amis…
    Ainsi le 16 novembre,
    “Retour a mes vacances. Et j’aime de nouveau Kyoto, son rythme lent et sa multitude de surprises, toujours plus belles. Et a ma grande surprise je me dis que je pourrais meme y vivre. Cet apres midi promenade dans un sanctuaire a flan de montagne et entoure de foret. Hier achats de CD catastrophiques chez book off (occas’ a des prix giga bas). Vie quotidienne, quoi. Et comme un debut de blues a l’idee de quitter Kyoto. Et excitation a l’idee d’un long voyage a venir, a celle de retrouver Paris, a tout ce qui m’attend: j’adore ma vie. Il n’y manque qu’une seule chose et je sais enfin de quoi il s’agit. A la tv un super Godzila.”
    Et puis celui la tout a l’heure,
    “Je ne vais pas quitter Kyoto. Je vais m’en arracher. C’est vrai, en soi pourquoi devrais-je partir? Ici le quotidien est d’une douceur tres rare. Si j’y bossais j’aurai cette douceur en plus… Mais bon la vie est ainsi faite. Attendez vous a me voir courir les jardins cet hivers, meme et surtout sous la pluie. Le temps de retrouver la melancolie melee de tristesse que je ressens, la, juste a cet instant, dans ce jardin qui semble pret a s’abandonner a la desolation de l’hiver. Lui si rayonnant il y a un mois encore, et aujourd’hui en proie a l’engourdissement qui gagne progressivement la nature. Il y a encre beaucoup de vert, mais certains arbres virent au jaune, d’autres sont rouges. Enfin il y a ceux qui n’ont plus de feuilles. Il fait frais. Il fait nuages. Pourquoi vais-je etre prive du spectacle de sa renaissance? Et je regarde de nouveau ces touristes qui filent au pas de course et je ne comprend toujours pas. Sanctuaire Heyan Jingu. Deja mercredi apres midi… Un vacancier ne doit jamais retourner sur ses pas a moins d’etre pret a affronter le spectacle du temps. Je revois ce voyage et comme tout me semble loin… Ici c’est shichi-go-san,7(filles)-5(garcons)-3(filles), la fete des enfants de ces ages la. On croise des familles encadrant un enfant en kimono. Devant moi l’une d’elle dont le garcon, tres locasse, a donne a manger aux koi (carpes), toujours voraces mais vraiment tres beaux (rouges et blancs, parfois jaunes, tacetes de noir…). Bon, je reprends ma route.”
    Non, je n’ai pas le cafard, rassurez vous. Je suis meme assez content de rentrer, revoir mes amis, revoir Paris, mon quartier, que j’aime bien en hivers… avoir un nouveau travail… Preparer mon prochain sejour, revoir mon ami Shogo… Non, ce n’est pas ce que je retrouve qui me gene, c’est ce que je quitte. Une langue, des lieus, et un quotidien qui me plait bien et ou il ne manquerait qu’un travail pour etre un vrai quotidien. Enfin, mon humeur s’accorde bien a la saison et je vais retrouver Paris pret a affronter l’hiver : ici, il arrive tres rapidement, il fait de plus en plus froid, les feuilles tombent d’autres rougissent, et puis les looks ont change presque subitement. Ce n’est plus tout a fait le meme pays, la meme ville… Ici, tout s’accorde a la saison, quelque chose qu’helas nous avons oublie par chez nous.
    Je vous envie car vous allez gouter le Beaujolais. Veinards.
    Sanctuaire de Takano hier, un petit coucou au maitre des lieux, un Cerf, et puis bien sur Kitsune le renard, freles batiments de bois si petits qu’ils semblent batis pour des enfants. Comment photographier le son de tous ces oiseaux qui chantent et dont la voix n’est couverte que par le vent qui traverse le feuillage d’une multitude d’arbres d’essences et de teintes differentes… Quelle jolie foret. On arpente les chemins et, tout en haut, des clairieres amenagees pour contempler “Daimonji”, 大文字, ce grand DAI 大 qui s’illumine en ete et qu’il faudra bien que je vois un jour. Le versant de cette montagne est couvert de teintes variees, jaune, vert et debut du rouge des erables… Quelle region. Belle promenade. Et puis aujourd’hui, retour a Heian Jingu sous les teintes tristes d’un hivers qui nous rattrappe… Et retour sur moi, sur ma vie, sur ce voyage, sur ces quarante quatre jours… Le Christ a eu bien raison de s’eloigner 40 jours. Malgre la lassitude, malgre les tentations de la ville avec son bruit, ses magasins, ses bars, c’est au calme que je suis revenu. Je suis parvenu a departager le temps, celui du futile, de l’illusoire, qu’il sera bien temps de retrouver a Paris, et celui du repos, de la quete de sens et de soi, que je suis parvenu a preserver. Franchement, je me sens bien, avec ma tristesse pour moi et le sentiment d’avoir vu des choses rares en leur donnant tout leur temps. Apres, bien, il y aura Paris, le monde et le bruit qui passe, bien sur. Et les cuites ici, les soirees la, leurs indigestions. Mais quelque part aussi un quelque chose inebranlable, une couleur verte qui ne s’eteind pas, illuminee par un soleil tetu, et que rien, ni les jishin, ni les taifu, ni les tunami, ni meme 2 bombes atomiques ne sont parvenus a ebranler. Car le soleil finit toujours par se lever au Pays d’Amaterasu et de Kitune…
    On voit ca aussi, au Japon. La force de la vie qui continue, avec le sourire, meme s’il n’est que de facade, parfois. Le vrai sourire merite un peu plus d’intimite, on l’entre appercoit des fois, et il rechauffe le coeur. On voit cela aussi, au Japon.
    Alors, rentrer a Paris ne me fais pas peur… ce n’est que pour mieux rentrer chez moi, c’est a dire, ici.
    A plus tard…