Auteur/autrice : Madjid Ben Chikh

  • En passant par Roppongi

    De Roppongi Hills, la Tour de Tôkyô

    Deuxième jour de week end. Il fait frais et depuis une heure il pleut. Hier, c’était repos, et ce fut le même temps. Toujours la même sensation de pré-angine depuis hier après midi. Cela étant, je sens la différence avec il y a un an : il y a un an, j’aurais eu la fièvre du siècle et la total rhino…
    Là, comme avant… 37,2 ce matin, hier soir 37.5, la gorge “mâte” si vous voyez ce que je veux dire, un peu faible. Si je ne fais pas de bétise, c’est fini dans trois jours, quoi ! J’ai chopé ça en courant comme un dingue, lundi, pour aller au travail… J’ai transpiré comme un fou ! J’aurai du en arrivant boire un truc chaud et prendre un cachet d’Ibuprofène. L’un pour réhydrater, l’autre pour aider à rétablir la température du corp… Bon, pas grave…

    Je ne vous ai pas raconté le coup du ticket ?! Mardi, on me demande de donner un ticket de transport pour justifier du prix et être remboursé. Le travail fini, je vais à la station Yûrakuchô, celle où j’arrive tous les jours pour aller à travailler à Ginza (en fait, c’est la station de train Ginza sur la Yamanote). Je vais voir le guichetier, je lui explique tant bien que mal, il va demander. Non, ce n’est pas possible qu’il me donne un justificatif. Je lui demande, alors, si j’achète un ticket , je le poinçonne ? Non, il ne peut pas, il est “totalement et aboluement désolé”, son visage porte la marque de la sincérité qui correspond à l’expression de politesse employé : je suis écrasé par tant de sollicitude impuissante à mon égart : je le remercie de son aide, il s’excuse encore en me suggérant de demander le justificatif à ma station.
    Je lui explique que j’ai besoin de ce justificatif ce soir même. Il remet une couche d’excuse et m’explique que c’est vraiment difficile. Je le quitte en le remerciant du mieux que je peux. Que faire ? Me vient alors une idée que je n’aurais jamais eu en France. Tant de politesse fini par vous écraser tant et si bien que d’un seul coup la lumière jaillit et on “ganbaru” alors de toutes ses forces : je vais vaincre ! J’achète d’abord mon SUICA (le Navigo du Japon) pour le mois à venir. A noter que les Japonais sont pas bètes : quitte à faire un Navigo, ils l’ont également doté de la fonction de porte monnaie électronique ! Puis, ceci fait j’achète un billet pour… Iidabashi, et voilà que je prends le train pour un aller retour éclair destiné à remettre ce soir même mon ticket de train ! Je suis revenu une heure plus tard au travail, j’ai donné mon ticket, et je suis reparti. Ouf !

    Hier soir, j’ai retrouvé Jun, nous avons mangé rapidement un ramen à côté de chez moi puis on a pasé trois heures ensembles. Il habite Chiba-ken, à Matsudo. Il est reparti vers minuit, je l’ai raccompagné à son train. En rentrant je me suis acheté un gateau au fromage blanc, somme tout à l’heure. Quand je suis patraque, je mange sucré.
    Ce matin, levé à 9h30, je me suis préparé express car j’avais décidé d’aller enfin me faire faire ma carte consulaire. Vite, je file à Hiroô. Quartier tranquille. Je cours à l’ambassade. Un calme, à l’intérieur… Je ressors ver 12h10, ce fut rapide. Je me suis balladé dans le quartier Azabu et en deux heures j’avais le choix entre Shibuya et Roppongi.

    Va pour Roppongi ! Ici, la célèbre Tour Mori

    Roppongi a mauvaise presse sur le Forum du Japon.org. Moi-même, il y a trois ans, alors que je venais de Ginza à vélo, me dirigeant vers Shibuya en passant au sud du Palais Impérial (Ginza, Shinbashi, Hibya, Roppongi, Shibuya), pédalant à en perdre mon souffle dans la grande montée qui y conduit quand on suis la bretelle autoroutière, j’avais découvert ce quartier bruyant comme les autres mais qui prit l’emprunte indélébile d’un couple improbable composé d’un homme de 50 balais, occidental, gros, tenant la main d’une Japonaise d’à peine 18 ans…
    Je savais que Roppongi était très occidental, mon imagination le mit au niveau de Pataya ! Je passais mon chemin pour ne plus jamais y remettre les pieds.
    Ce qui est crétin de ma part. Et comme j’ai décidé de ne plus être crétin, je me suis décidé à aller jeter un coup d’oeil de jour à ce quartier qui a avant tout la réputation d’être le plus cosmopolite de Tôkyô.

    La bretelle autoroutière déchire la paysage sans pour autant en casser l’unité. On voit ici un écran de télé qui trône sur une agence Citibank. De l’autre côté, une immence agence Vodafone. Bienvenue à Gainérica Land

    Tout d’abord, Roppongi, ça ne veut rien dire, comme tous les quartiers au Japon. Seul le caractère “cosmopolite” peut être, donne son unité à un quartier qui pour ma part me semble être avant tout un quartier en profonde restructuration.
    La Tour Mori, du côté de Roppongi Hill, organise autours d’elle un immense centre commercial, un musée ainsi que le siège de Asahi Télévision (où je suis allé voir la boutique et où j’ai pu feuilleter les ouvrage du grand professeur Ueda, notamment son très controversé “Why don’t you do your best”…
    Je regrette que Yamada Naoko n’ai pas elle même développé ses propres talents en écrivant, par exemple, un ouvrage de cuisine destiné à remplir les ventres vides… Private message pour les fans de Trick 1, 2 et 3 ainsi que du special de novembre dernier). Il y a également un jardin “traditionnel” qui m’a conduit à cette étrange réflexion : le calme de Kyôto me manque… photo en fin de post

    De l’autre côté de la bretelle autoroutière

    C’est par là que sont les “marques” : Christian Lacroix, Yoji Yamamoto, Louis Vuiton… Ca doit grouiller de monde le soir. Il y a des restaurants de pris intermédiaires. Il y a des touristes. Mais l’endroit est comme coupé du reste du quartier.
    C’est une plateforme où il faut monter, c’est très futuriste, une sorte de mini La Défense dans un quartier pavillonnaire plus ancien voire parfois un peu délabré. Plus loin, dans Azabu, c’est presque une ambiance de banlieue dortoir, 住宅地/jûtakuchi, comme on dit ici.
    Je quitte Roppongi Hills et me dirige donc vers “la bête”, j’ai nommé Roppongi itself.
    C’est difficile de juger un quartier japonais de jour, pour tout dire. Cela étant, si Shinjuku ne cesse de me faire penser à la Place Clichy -avec des guillemets surgraissées-, si Shibuya pourrait être un mix des Halles et de Saint Michel, Roppongi me laisse pantois. Ebisu, non loin de là, est beaucoup plus peiplé à 3 heures de l’après midi que Roppongi. Shibuya et Shinjuku, je ne vous raconte même pas…

    Ambiguité de Roppongi : j’y cherche ce que personne n’y cherche, une ville, un boulevard, une articulation, et voilà que je trouve cette artère délicieuse qui le soir doit être agréable à traverser, main dans la main

    Roppongi, dans l’après midi, ce sont des Américains dans des MacDo, des Américains dans des Starbucks, des Américains rabateurs de pizzéria…
    Ici, je suis enfin le bienvenue. Roppongi, l’après-midi, c’est un quartier sans paillette et délabrée, un peu comme une pute d’un certain âge qui vient juste de se lever, la tête dans le choux de nuit précédentes. Les passants ont la trentaine et sont défraichis à l’image des immeubles que je vois.
    De petites rues adjacentes avec des immeubles de deux étages et partout ce qui doit être des bars quand vient la nuit. Un immense Don Quichotte, ces magasins d’articles importés du monde entier et moins cher qu’ailleurs. Dans le 100Yen Shop, on parle anglais.
    Au Carrefour, de toute façon, Citibank et Vodafone annoncent la couleur. On construit aussi un immense complexe de 3 tours dont une est très haute, la Tokyo Midtown, si je ne me trompe pas.
    Ce quartier a du finalement être investi de toute part pour son ouverture à une époque, et le voilà qui se prépare à une transformation radicale à la japonaise…
    C’est que le Midtown pourra bien à lui seul accueillir ses centaines de boutiques…

    Quai de métro, une publicité. Bientôt, Osaka à une heure de Tôkyô, soit 550 km/h… Voici venue l’ère du train à sustention magnétique…

    J’ai quitté Roppongi sceptique : je doit y revenir un soir pour voir, quand les lumières sont allumées, quand le fard est mis, quand la vieille pute s’est maquillée, qu’elle a remonté ses seins et qu’elle fait son show pour le portefeuille du Ricain qui sait pas causer mais qui boit bien et qui demande que ça.
    Je serais curieux de savoir si les gamins de Shibuya descendent jusque là… Je connais encore bien mal Tôkyô. Mais bon, à vue de nez, Shinjuku continue de me plaire et j’aime bien le labyrinthe de Shibuya.

    Le métro jusque Shinjuku. Je suis allé manger dans une petite gargotte où j’avais été avec Maruchan l’été dernier. Ce n’était pas prémédité, je me dirigeais vers un restau de curry, mais en passant, la patronne retournait ses sobas sur la plaque… pas pu résister !
    Moi, les yakisobas, je ne peux pas résister, je suis rentré, le restau était plein, je me suis assis, et j’ai pris également des gyôza. J’en ai eu pour JPY700, ce qui fait du EUR 5 !

    Je vous écris allongé, bien au chaud dans mon lit. Comme je vous l’ai dit, j’ai repensé à Kyôto en voyant ce jardin… Il ya de beaux jardins à Tôkyô, aussi. Il va être bientôt temps de commencer à faire du tourisme à Tôkyô. Derrière chez moi, il y a le ishigawakôrakuen, pas très loin Yoyogigoen, et puis pas très loin non plus Meiji Jingu. J’ai des horaires idéals pour me promener.

    De Tôkyô, bien au chaud,
    Suppaiku

  • “Week-end” de mercredi/jeudi pluvieux

    Temps un peu frais mais surtout pluvieux sur Tôkyô. Quelques améliorations en vue, surtout du côté des températures. Je pense qu’aujourd’hui est la pire journée à venir : on m’avait mis en garde : février est froid à Tôkyô. C’est pas grave, ce peut être un moment pour me reposer et penser un peu à moi. C’est bien, penser à soi, vous ne trouvez pas?
    J’ai envie de ne rien faire. Hier soir, j’ai envoyé un long mail a mes amis Freddie, Nicolas, Alain, Stephane et Tarikavalli. A Tarika qui se plaignait la semaine dernière de ne pas recevoir trop de mes nouvelles j’avais déjà écrit très longuement. J’apprends à vivre avec la distance qui me sépare d’eux. Aucun manque : un mois (nous sommes en mars), c’est si vite passé, et il me sont arrivés déjà tant de nouvelles choses… Imaginez un peu, dans ma tête, c’est en même temps comme si j’avais quitté la France hier et comme si j’étais ici depuis des siècles… Il y a 3 semaines, je finissais de vider mon studio, mon frère passait à la maison et je filais chez Atomicdog car déjà je n’habitais plus à Bonne Nouvelle. Il y a eu le lundi, il y eu le mardi. Roissy avec Alain, Nicolas et Atomicdog. Je n’ai pu revoir Tarika, alors en déplacement en Allemagne, mais j’ai pu revoir Freddie une dernière fois le lundi après-midi et le soir je retrouvais Carlos et TB à qui je remettais mon stock gigantesque de doramas… Comme le temps passe…
    Je suis arrivé à Tôkyô le 8, ça a été 12 jours de vacances, il y a eu ma “rentrée”, c’était il y a 10 jours… Waouw… Je sens que déjà je m’emmèle dans les dates, j’ai envie d’écrire que je suis arrivé le 3 ! D’ailleurs, j’ai déjà failli écrire “3 octobre”… Un peu comme si j’étais ici comme dans une suite de ce long séjour à Kyôto il y a un an et demi… Il y a peut être de ça, ou alors ne fais-je finalement que commencer l’entrée dans une nouvelle étape à la fin de mon travail chez BNP Paribas… ? Un peu des deux, certainement.

    Nagata Hisayasu s’excuse hier devant les journalistes. J’ai cru comprendre qu’il serait en fait désormais hospitalisé pour dépression nerveuse… photo Asahi Shinbun

    Le Japon… Tout d’abord, je ne peux qu’être énervé par les derniers évènements politiques. L’autre tétard de Nagata Hisayasu du Minshuto qui accuse Tanaka de corruption active avec un mail bidon, franchement, ça frise la crétinerie à un point… ou alors, il y a vraiment eu un mail compromettant, mais des pressions habiles ont conduit Takeda à se dédire finalement, auquel cas c’est tout aussi crétin car il aurait du immédiatement livrer les noms compromis par le mail… Ridicule. En 2 mois, le Jiminto, parti au pouvoir, est plus ou moins impliqué dans deux scandales majeurs, fondamentaux, l’un pour des permis de construire peu scrupuleux en matière de norme anti-sismiques et l’autre surtout (Livedoor) qui a touché le patron montré en exemple par ledit Jiminto durant la dernière campagne… et c’est le Minshuto qui se retrouve dans le box des accusés ! Mon père avait le même jugement que Mitterrand au sujet des socialistes : ce sont des crétins !!!
    L’affaire : il y a 15 jours, en pleine assemblée, Nagata exhibe un mail “prouvant” que le Jiminto avait reçu 300 millions de Yen de Takafumi Horie, ancien PDG de la société Livedoor aujourd’hui en prison pour escroquerie, falsification de bilan et création de sociétés fictives dans le but de manipuler les cours de bourse. A noter que la révélation à la presse du scandale Livedood a fait s’écrouler la bourse japonaise il y a un mois tant le scandale est important et implique de personnalités.

    les excuses : humiliant… photo Mainichi yomiuri shinbun

    Des crétins finis !!! Mais quelle idée, aller foutre le bordel au sujet d’un mail, accuser la droite de corruption généralisee, brandir un mail dans l’hémicycle pour finir lamentablement la semaine d’après par s’excuser en direct, à la japonaise bien sûr, devant les caméras de télévision. Des nuls ! Ca me révolte vraiment : soit il y avait preuve et il fallait les donner de suite avant de recevoir, par exemple, un courrier blindé de photos obsènes (spécialité de la vie politique et économique nippone); soit franchement, il faut excuser le “pauvre” Nagata et le renvoyer dans sa province cultiver les bonzai… Le pire est que maintenant non seulement le Minshuto s’est excusé, mais en plus cela ne satisfait pas la droite ! Ces gens qui autorisent dans le grand Tôkyô que l’on puisse construire des immeubles de 15 étages dont le mètre cube de béton pèse le tiers du poids nécessaire pour résister à un tremblement de terre de force 7.5, qui ont batit au cours des 50 dernières années des alliances connues et avérées avec le grand banditisme, qui vénèrent des criminels de guerre de classe A condamnés au tribunal de Tôkyô en 1946, ces gens qui ont lors de la dernière campagne électorale montré en exemple un gars qui a créé des sociétés écrans qui géraient d’autres sociétés écrans pour racheter les titres que d’autres sociétés écrans se vendaient les unes les autres afin de faire monter les cours et empocher les différences à chaque fois, ces gens en veulent plus du Minshuto. Sont pas bêtes au Jiminto ! Il leur faut des têtes. Je trouve remarquable le silence de Naoto Kan à ce sujet. Naoto Kan est le créateur/ fondateur du Minshuto. Il a été évincé il y a 6 mois par les jeunes loups du parti, menés par Maehara Seiji, que je classerais “centre-centre gauche” si vous voyez ce que je veux dire. Naoto Kan vient de la gauche syndicale, je le rangerais donc lui dans la famille du travaillisme, c’est à dire des gens issus des associations, des syndicats et qui viennent à la politique pour faire avancer leurs revendications. Il a été ministre de la santé, apprécié pour sa gestion du problème su sang contaminé (eh oui, au Japon aussi…), quand la gauche a dirigé le Japon en grande coalition vers 1995. La droite l’a dégommé en prouvant que quand il était ministre, il ne s’est pas acquité de ses cotisations sociales. Malgré le fait que la presse ait révélé alors que 80% des politiques Japonais ne paient pas leurs cotisations, que Kan était peut être le plus vertueux, 9 mois seulement quand d’autres affichaient des années et des années, Kan a démissionné de son poste de leader du Minshuto arguant qu’il ignorait ne pas avoir payé ses cotisations mais qu’il en tirait les conséquences. Chapeau bas. Koizumi a sacrifié pour la forme un de ses ministres “mauvais payeurs” qu’il s’est empressé de recaser ailleurs par la suite…

    Nagata s’excuse. Au premier plan, Maehara Seiji. Photo Kyodo news

    Oui, donc je suis admiratif devant le flegme de Naoto Kan. Il a je pense bien compris que si la droite a la peau de Nagata ET de l’actuel chef Maehara, le parti va se déchirer pour la succession entre tendances rivales et ce sera la fin de ce parti qui est une fusion récente de 7 organisations différentes et que les déboires électoraux récents n’empêchent pas d’être une formation montante qui menace vraiment la droite japonaise. Je pense que, comme moi, Naoto Kan doit être révolté par cette histoire de mail à 2 balles… Mais qu’il faut faire le dos rond, attendre que ça se passe, surtout ne pas dégommer Maehara Seiji. Un leader affaibli vaut mieux que pas de leader du tout… Révolté !

    Bon, je vous laisse à vos volailles grippées et je passe à autre chose.
    De Tôkyô,
    Suppaiku

  • Vivre au Japon

    vidéo, O-Daiba, non, ce n’est pas Florence, c’est Tôkyô, un centre commercial… Le Japon et la post-modernité, c’est pareil… ici, les signes se réinventent, s’interpénètrent, s’échangent et se régénèrent, c’est O-Daiba, mais c’est aussi Florence, donne-moi la main, comme c’est romantique, la promenade sous ce ciel synthétique… (lien casse, 6 fev. 2016)

    Je passais par là, je me suis dis, allez, pas besoin de frapper, ils dorment tranquillement, ici, il est midi, j’ai quelques minutes avant de partir travailler… Tiens, à ce propos, je me suis fait hier la frayeur de ma vie ! J’avais du temps, je travaillais sur les albums photos sur lesquels je vous invite d’ailleurs à cliquer quand, d’un seul coup, hop, mince, déjà la demi ! Sapristi ! Et hop! que j’enfile ma veste, les chaussures, zut, les lacets, oh la la… je vais être à la bourre, zut ! Et de courir, et de prendre mes clefs, oh la vache déjà moins vingt, j’y serais jamais à l’heure, merde ! Et de fermer la porte de ma chambre, et de fermer celle de la maison, et courir, les petites rues, et puis Kagurazaka, et puis un feu rouge piétons, attendre, et recourir enfin, ça monte, ouf! ça commence à descendre, encore courir, le grand carrefour devant le MacDo de Iidabashi, oh la la, presque moins dix, c’est plié, je suis en retard, oh la la… ça la fout mal… Le ticket, vite, le ticket, l’argent, la machine, mince, mon train qui part… l’autre est à 54, j’y serais jamais à l’heure, j’appelle ? Le passage, le couloir, ichi-ban sen ni, mamonaku, Hachiôji-yuki densha ga mairimasu… c’est pas le miens, je file vers la tête du quai, ce sera toujours ça de pris… Et comme ça, jusqu’à Yûrakuchô ! J’ai appelé bien sûr, mais finalement je suis arrivé avec 5 minutes d’avance. En sueur mais en avance ! Il y a eu les cours, ces visages qui se succèdent, souvent souriant, attentifs, parfois étonnés quand ils ne me comprennent pas… J’aime ce que je fais, je tâche de le faire honnètement. Tant vis à vis de mon employeur que vis à vis de mes élèves. Bref, je suis heureux. Je m’imprègne d’une banalité nouvelle, je me sens libre. Fini les claviers, l’ordinateur. Pour la première fois, je sors du travail reposé, détendu, ma journée est terminée mais j’ai aimé retrouver ces gens qui cherchent un petit peu de la France lointaine, à taton, maladroitement, comme ils peuvent, avec la petite part de rêve et d’espoir que je leur dispense. J’ai été comme eux moi aussi, maladroit, timide mais terriblement en quète d’un Japon que je trouvais lointain, inabordable. Alors, je ne peux pas être malheureux au travail, au contraire. Je rentre en salle le sourire sur le visage, j’en sors avec un grand sourire. Et ce sourire n’est pas feint.
    C’est mon moyen de leur dire merci.
    De Tôkyô, avant d’aller travailler,
    Suppaiku

  • Bonjour à tous

    Cela faisait longtemps, toutes mes excuses.
    Ce blog va subir quelques modifications, tout comme mes pages personnelles, que je réorganise.
    En attendant, j’ai rajouté sur le côté deux nouveaux liens :
    – mes anciennes photos du Japon, prises en août/septembre 2003, avec celles de octobre et novembre 2004, celles de janvier 2005, celles de août septembre 2005
    – un nouvel album, avec des photos prises depuis le 3 février 2006, date de mon départ.
    Je vous abandonne sur ces quelques mots. A bientôt,
    de Tôkyô,
    Suppaiku

  • Très bonnes soirées


    Il est tard, je bloguerai demain. En attendant je sais maintnant que je sais toujours faire rire les garçons… Celui là, derrière un aspect provincial assez prononcé (son look a failli me faire rebrousser chemin, vraiment de chez vraiment… On a beau être au Japon, il y a des limites, quand même… Eh bien, non seulement il est très gentil, très calme, mais en plus il est extrèmement cultivé au point de connaitre la généalogie des rois de France, celle des Shoguns Tokugawa, mais en plus, d’apprécier la musique baroque et les peintures de Boucher !
    J’ai donc passé de très bons moments, à me grande surprise, et je le retrouve maintenant en espérant qu’il aura mis un bémol vestimentaire…
    Il s’appelle Jun et on a quand même eu le temps d’aller au restau manger des crèpes bretonnes au sarazin, passer la nuit ensemble, prendre le petit déjeuner, aller au musée Edo-Tôkyô (au moins trois heures trente de visite, aller diner, aller au Karaoke…

     

    Edo Tokyo Bijutsukan

  • Absence, passe temps (cliquez sur l’absence)

    Une vraie bonne nouvelle, et une première : LES AVENTURES DE BARZADOR SONT DÉSORMAIS EN COULEUR !!!
    Non, je vais pas vous le faire triste… voyons, je ne me permettrais pas. On a beau être sous la pluie aussi, ici, et j’ai beau devoir aller chercher mon vélo surpris pas une averse hier soir du côté de Shinjuku, je suis quand même à Tôkyô, et puis en plus je n’ai pas passé la nuit tout seul, mais avec une rencontre de hazard qui passait par là… Mais bon, hein, Camille a eu beau chanter le mois de septembre, février n’est pas mal non plus, pour les coeurs esseulés. BOOOOOOOUUUUUUUUUUUUUHHHHHHHH…. Ce qui est le plus drôle dans cette rencontre de hazard au demeurant très agréable, c’est qu’il fasse le même métier et qu’il ait à un an près le même âge que l’aiguille de ma botte de foin. Mais alors un goût musical qui frôle la demande de divorce avant même de se marier. Un gentil garçon qui voulait se faire un gaijin, quoi, et travailler son anglais par la même occasion. Ca tombait bien, j’avais justement envie de me faire un mec et de travailler le japonais (surtout, éviter cette faute courante qui conciste à mettre des majuscules partout… ici, cela créerait un sens qui n’est pas du tout dans mes intentions…). J’ai ainsi pu causer pendant des heures avec ce garçon dont Maruchan aurait dit qu’il s’agissait d’un bouseux : eh ouais, il y a aussi des gays dans Saitama-ken !

    Promenade dans la Shitamachi, hier, vers Asakusa-bashi, ici, la Sumida-gawa
    Je continue d’avoir quelques contacts suite au dépôt de mon profil sur un site gay. Marrant ! J’ai également commencé à poster mon blog en japonais sur un site appelé MIXI et sur lequel on est invité par d’autres membres… Vous le voyez, je mets tous les atouts de mon côté pour causer et écrire. Faut dire aussi que j’ai le temps puisque je suis encore en vacance. Demain soir, je devrais en rencontrer un. Mais je vous avoue qu’il y en a un qui est pas mal dans le lot, peut être deux. Le mieux a la trentaine jeune, extrèmement beau, j’ai franchement le sentiment de viser trop haut, donc, je continue ma correspondance avec lui. Il est coiffeur, mais dans le genre haut de gamme… Pour ceux qui ne sont pas encore au courant, je fantasme sur les coiffeurs et pour être plus exact, j’ai toujours ressenti une sensation très proche de celle que ressent Jean Rochefort dans Le mari de la coiffeuse, de Patrice Lecomte. Bref, comme il est très beau, et malgré le fait qu’il ait l’air encore plus PD qu’un type qui n’a jamais quitté le Village à New York de sa vie et a passé tout son temps entre les clubs de gym, les clubs et les voyages internationaux, je m’en tape, je le trouve craquant et je corresponds. Je trouve ça rigolo.

    Le hazard ! Voici Jean Baptiste avec qui j’ai suivi des cours à l’INALCO il y a deux ans, et qui m’a contacté car il avait trouvé ma trace grace à ce blog… marrant, non ? Nous nous sommes donné rendez vous vers Ueno et avons passé un bon après midi, de cafés en sushis, dévocation de carte American Express en keitai plus ou moins “gaijin” (Vodafone) ou “jeune” (AU)… mon tel est AU !!! 

    Benjamin est le coloc de Jean Baptiste. Aventure un peu différente, mais beau tandem de copains qui s’aventurent sans hésiter dans Tôkyô, dans “tout” Tôkyô. C’est hétéro mais de très bonne facture également et ne peux que les encourager à écrire un blog, si possible en duo car ils “fonctionnent” bien tous les deux. Salut les amis !

    Je continue mes séries de photographies “urbaines”. Cette ville est fascinante…

    Fin de journée hier soir, le bar gay “Advocates Bar”, en 2ème sous-sol… Faut pas voir peur des tremblements de terre ni des américains qui tirent une gueule de 4 mètre de long dans ce genre de bar !

    De Tôkyô sous la pluie,
    Suppaiku

  • En photos

    Les photos ont été prises avec mon téléphone, pardonnez la très mauvaise qualité ainsi que le format bizarre, genre 16*9…
    Si vous cliquez sur chaque photo, elle apparaitra en un peu plus grand, comme toujours… Je fainéante, donc je n’écris pas.
    Bonne journée. D’Iidabashi,
    Suppaiku
    Très beau temps, très grande forme

    Le jinja derrière chez moi. bonjour à mes amis les divinités du Japon

    Ce nikuman-ya est merveilleux. Vous savez, ces brioches chinoises fourrées… ici, variété des fourrages, taille gigantesque. Le soir, plus de 20 m de queue…

    Costumes d’écolier, c’est la sortie des classes à Iidabashi

    Mon plus fidèle ami n’est ni un chien, ni un cheval, ni un homme. Pour le moment, c’est un vélo

    Le soir, Akihabara, c’est très flashy. Je vous épargne le bruit

    Le soir, Ginza. Hier, c’était le jour du chocolat. Comprenez, la Saint Valentin “à la japonaise”. Les femmes offrent des chocolats à tous les hommes de leur entourage. Ici, devant Dalloyeau

    Début de lune descendante, je fais un voeux

  • Ma vie à Tokyo / 東京に生活

    Ici, temps magnifique. Chez vous, il pleut. Ici, dans la journée, il fait très frais mais le soleil nous réchauffe un peu. Chez vous, la pluie. Comment allez vous ?
    Samedi, je n’ai rien fait du tout, hier dimanche je me suis levé moins tard, quelle heure était-il, déjà ? Peut être 9h30, peut être même moins. J’ai posé la vieille au soir mon profil sur un site internet et j’ai échangé quelques mails avec un jeune gars de 27 ans, qui s’appelle Nori. Je l’ai retrouvé hier après midi, à Shibuya, il était environ 17heures. Sympa… Mais avant, j’ai fait un grand ménage chez moi, il fallait trouver une place à tout ce petit fourbi dont on ne sait jamais quoi faire, ranger les papiers, etc. J’ai eu fini vers midi. J’ai envoyé quelques mails, à Megumi, Noriyuki de Kyoto, Tomo, Maruchan, etc. J’étais relativement prêt vers 14heures, alors j’ai pu enfin prendre une douche, aérer mon studio, passer l’aspirateur. Tout frais, tout beau et tout propre sous le soleil de février. Le matin, comme c’était un dimanche, je suis allé m’acheter un pain dans une boulangerie appelée Little Mairmaid, il y est assez bon. Avec le café, de la confiture, c’était vraiment un dimanche. A Tôkyô… C’est donc vers 15H que j’ai proposé à Nori de se retrouver. J’allais sortir quand je vois un jeune homme parler avec la propriétaire : un ancien élève de l’Inalco, Antoine ! Quelle surprise, le monde est vraiment minus, non ? Mais le plus surprenant a été la réception d’un message de Machida-chi, un “posteur” du japon.org me disant qu’il colouait avec ledit Antoine vers Takadanobaba…
    Là, chapeau bas ! Je m’incline, Tôkyô m’a définitivement vaincu, je me rends. Je ne cherche plus rien puisque tout s’y présente comme ça, comme sur un plateau. Tiens, rien que l’avion. Avant de les quitter, je dis à Alain, Atomicdog et Nicolas que j’aimerais bien voyager dans un JAL aux nouvelles couleurs, particulièrement le Yokoso Japan. Et hop, toc, mon avion est le Yokoso Japan… C’est rare, à Paris, sur Tôkyô, les nouvelles couleurs de la JAL… Hier soir, je regardais la lune alors que je traversais Tôkyô, et je pensais très fort, mais vraiment extrèmement fort qu’il y a bien une aiguille dans cette botte de foin de 30 millions d’habitants que je retrouverais bien, mais je m’incline devant la difficulté de la tâche et il n’y a bien que la lune, le renard malicieux et le regard amusé d’un certain prètre Shintô, peut être aussi l’arc en ciel, qui sait mon ami le cheval, tous réunis, qui pourraient m’aider dans cette lourde tâche… Cela étant le simple fait de marcher ou rouler dans Tôkyô éveille mes sens, vous ne pouvez pas imaginer. Certains Japonais sont extraordinairement beaux et, contrairement aux chinois, ils ont une sensualité, une gracilité féminine extrèmement charmante. Et le plus étonnant, c’est que cette gracilité qui disparait avec l’âge derrière cette face rigidifiée par les codes, se libère après deux ou trois verres et il n’est pas rare de retrouver ce charme particulier du jeune homme dans quelque vieillard aviné aux traits burinés par les ans. Je dis cela des hommes, mais cela s’applique aussi aux vieilles femmes qui quand elles sourient vivement retrouvent un charme qui est un charme propre au Japon. Bref, imaginez moi, sur mon vélo, après avoir testé un raccourcis qui m’a bien rallongé de 10 mn qui côté de Minato-ku, imaginez-moi, bombant, arrivant sur Harajuku, entouré de tous ces gars, de tous styles, marchant nonchalant sous le beau soleil, et soudain cette pensée :
    MAIS QU’EST CE QUE JE SUIS BIEN ICI !!!!

    Justement, alors que j’étais à moitié paumé, mais je dis bien, à moitié seulement, je me suis retrouvé sur une sorte de boulevard qui m’a fait pensé à un de ceux que l’on voit dans Hana-bi, de Kitano Takeshi. Une longue avenue bordée d’immeubles de 5/étages, qui monte, surplombée de panneaux de signalisation, assez grise, anonyme et très américaine au premier regard, mais qui, plus on la regarde, que l’on gagne en confiance, se fait plus parisienne et ressemble à s’y méprendre à certaines de ces avenues que l’on a dans la première couronnes aux portes de Paris, comme à Saint Mandé, à Vincennes. Des immeubles récents, quelques espaces verts, des arbres, des commerces. J’aime bien Tôkyô et ne m’y sens pas si dépaysé. Mais alors, quel sentiment de liberté, la ville est immense. J’en ai au moins pour 10 ans, avant de m’en lasser. Imaginez, je n’ai toujours pas été à O-Daiba, et n’ai apperçu le Rainbow bridge que de mon bus, il y a 4 jours !
    Il était donc environ 17h quand j’ai retrouvé Nori. Shibuya grouillait de monde. Le garçon est charmant, du charme particulier des garçons de son âge. Je crois qu’un homme est extrèmement attachant autours de cet âge. Avant il est très jeune, trop jeune même, un peu foufou, et c’est légitime. Après, vers la trentaine, il se fossilise souvent. Ca peut être le moment où il rêve de se pacser et acheter un appartement, se contenter des petites choses. Mais avant, il y a encore les rêves, les désires lointains de la jeunesse, et la vie ne s’est pas encore occupé de tout raboter, d’user ces espoirs. Bref, malgré la lassitude qui pointe (c’est d’ailleurs certainement biologique puisque c’est à cet âge là que l’on commence à ne plus croître et que l’on diminue son métabolisme…), il y a encore de l’énergie. Dans mon cas, malgré que je commençais mon analyse à ce moment là, loin de me résigner, j’y ai retrouvé force et confiance en moi et, du garçon dépressif que j’étais, je suis en un an redevenu un jeune homme dynamique qui non seulement reprenait ses étude mais se surpris également à haranguer les foules, créer, vivre, quoi. J’y ai trouvé une énergie qui m’a donné de la vie pour au moins cinq à six ans… et dont le résultat final est ici, à Tôkyô.

    Barzador est un joyeux drille, surtout sur la montagne russe du Tôkyô Dôme en novembre 2004… sacré Barzador, va !
    Non, je n’ai pas renoncé à mes désirs profond, et s’il est un peu tard, il n’en est pas moins pas trop tard. Il y a juste qu’Arnantulfe Blazor, hégérie mythique du non moins mythique Spont’Ex a cédé la place au très timide, en cette époque là, Barzador. J’ai toujours préféré Barzador, plus calme et plus “graphique”, mais Arnantulfe lui a rendu son énergie avant, enfin, de lui céder toute sa place. Bon, je concède, c’est trop private, tout ça, mais certains lecteurs comprendront car ils ont très bien connu Arnantulfe Blazor.
    Avec Nori, un café, puis un autre, un restau. J’ai eu par moment un certain type de démangeaison qui m’aurait bien conduite à proposer autre chose, mais quelle idée de donner RDV à Shibuya, alors !!!! Un monde !!! Une foule !!! A Paris, c’est simple, quand on sent ces trucs là, on peut toujours s’arranger pour emballer le gars, mais à Tôkyô, je ne suis pas très famillier. On peut m’aider ? C’est pas pour dire mais en plus, avec l’âge, je prends la tournure du French Lover sans aucune difficulté (à Londres, la dernière fois, j’ai été épaté par mon succès… à mon âge, vous rendez compte ?). Dans le même bar où Tomo m’offrait du champagne l’an dernier, j’ai commandé après avoir expliqué la recette, des grog. Boire un grog dans Tôkyô, avec un beau garçon, c’est pas le paradis ? Ensuite, on a attéri dans un restaurant Italien très correct, meilleurs qu’à Paris, d’ailleurs. J’y ai mangé un rizotto, délicieux, poivré, très gouteux. Etonnant. Décoration Post-moderne : fontaine, patio de style acienda… au 2ème sous sol bien entendu. On a beaucoup causé, un peu bu aussi, très sympa tout ça. Enfin, bref, on s’est quitté vers 22heures, j’ai alors retraversé Tôkyô à vélo. Il faisait froid…. Je suis étonné, à mon âge, de continuer à regarder les gars avec les mêmes yeux qu’à 20 ans, mais avec juste le petit détachement de l’âge, une sorte de j’m’enfoutisme nonchalant que je n’avais pas quand j’étais plus jeune. Sur mon vélo, j’ai regardé la lune, comme si j’étais encore sous l’emprise de cette lune magnifique de septembre, à Nara. Je déteste ça, mais je crois qu’en moi veille un très grand romantique… OOOOUUUUUUUUUUUUHHHHHHHHHHHHHH !
    Je suis rentré après être passé par Harajuku, Shinjuku, Yotsuya puis, tout droit jusque Iidabashi. Là, ça monte raide ! Je suis arrivé à la maison, enfin. Ouf !
    Ce matin réveil tardif vers 9heures trente mais léver vers 11heures ! JetLag + vacances = je m’en moque, j’en profite. Reçu un mail de Megumi.
    Là il est 14 heures 15 et je ne vais pas tarder à sortir.