Le « buffet », c’est la mentalité UBER © avant UBER ©
Étiquette : petite chose

2020 moins trois
Tôshokudai-ji le matin, ShinYakushi-ji cet après-midi, beaucoup de marche et de lieux calmes, la forêt derrière Kasuga Taisha, des biches, et encore des biches.

Back to Black
Au point de départ, chez moi, à la base et sur mes solides fondations, il y a le noir, le blanc, il y a le contraste d’où jaillit la lumière, il y a l’angle tranchant, brutal.

Milieu d’automne
Ne croyez pas que je délaisse ce site. Non. Je l’ai optimisé, j’ai actualisé les photographies de la page d’accueil, j’ai décidé d’un retour au noir et blanc, et puis je me prépare à enfin faire de la vidéo. J’ai donc acheté un petit enregistreur Olympus qui me permettra de prendre le son en meilleure qualité que jusqu’ici. Je me contenterai de mon appareil photo actuel, mon Olympus OMD-EM5 MarkII pour la vidéo, bien qu’il ne fasse pas la 4K et que ses débits ne soient pas très élevés, ce dont pour le moment je n’ai pas besoin. On verra à l’usage si j’ai besoin d’autre chose, ce n’est pas une priorité.
Pour ce qui est de l’écriture, j’ai écrit, mais je n’ai pas mis en ligne. Je suis comme je l’ai écrit le mois dernier “in between”, j’attends une date à venir qui changera ma situation de manière significative. Le 10 décembre, je n’aurai plus de dette, et c’est comme si je retenais mon souffle en attendant ce moment, et cela depuis des mois. Passé cette date, il y aura un chemin ouvert, une respiration que je retiens depuis je ne sais plus combien de temps. J’aurai alors pas mal à publier.
J’ai fait un rêve très étrange qui m’évoque bien ce que je ressens. J’étais à une fête, je pense que c’était à Londres, il y avait beaucoup de monde et peut-être pas mal de gens que je connais, et puis j’envisageais de déménager à Paris. J’étais avec Jun. Ce rêve a laissé une très forte emprunte à mon réveil, un sentiment de ne pas être seul à l’avenir, et d’avoir comme une route toute tracée. C’est un peu ce que je ressens de toute façon, même s’il reste comme une appréhension, et cette appréhension est toute dans cette date du 10 décembre où mon compte en banque se videra de la somme nécessaire à ma liberté retrouvée.
J’ai des envies d’achats que je regarde en observateur et dont je me guéris l’une après l’autre, non sans mal. J’ai acheté deux paires de chaussures, il y avait un prix, j’aime les chaussures, et les chaussures, c’est utile. Et puis pour tout dire, j’achète très peu de vêtements, j’ai toujours pensé que les chaussures étaient le plus important. J’ai acheté ce petit enregistreur, cela faisait longtemps que j’en voulais un. Il n’était pas très cher de toute façon. Et puis c’est tout. Pourtant, en remboursant mes dettes, un montant dont j’ai honte maintenant, je me retrouve avec mon salaire intégral et donc la possibilité de dépenser.
Mais c’est le contraire qui se produit. Je veux garder mon argent. J’ai renoncé au voyage en France, ce truc qui chaque fois m’ampute de deux à trois mille euros, et j’écris amputer car j’ai souvent financé mes voyages en recréant de la dette. C’est le piège de ces saloperies de revolving dans lequel je suis tombé et que de chômage en séisme j’ai vu gonfler pour la plus grande joie des actionnaires de ma banque.
Je vais désormais être en mesure de “mettre de côté” pour affermir cette confiance en moi que j’ai gagné au fil des ans et en effet envisager de rentrer en France sans trop me soucier de la suite. J’ai écrit le texte où je raconte tout ça.Parmi les choses que je dois vraiment faire, j’ai un très gros travail de passage au https, c’est à dire à la sécurisation du site. Un vrai calvaire car étant perfectionniste, il est hors de question que je le fasse à minima. C’est un travail titanesque qui revient à recréer entièrement le site pour que les pages http deviennent toutes https, même les photos liées. Il y a des trucs qui aident à le faire mais il n’en reste pas moins qu’il y a un peu de mains dans le cambouis. Mais à l’arrivé, vous aurez un joli petit verrou vert dans la barre d’adresse qui vous confirmera que votre connexion ainsi vos données si vous vous abonnez sont totalement en sécurité car tout sera crypté. Bon, je ne dis pas qu’il y a un risque mais c’est désormais la règle sur le net et depuis 2017 Google n’indexe quasiment plus les sites non sécurisés. La perspective de ce boulot me donne mal au ventre tellement c’est du boulot, sans compter la peu de perdre des trucs en route voir que mon site ne fonctionne plus pour x raison.
En attendant, ici les températures ont flanché, il va pleuvoir pendant une semaine et j’ai beaucoup de travail, mais je me porte bien. Et je vous promets plusieurs articles déjà écrits ainsi qu’une reprise en main ainsi qu’une actualisation de mes “cycles” en ce moment hors ligne.
Amitiés.

Hmmm
Déjà le 10 juillet. Les jours raccourcissent insensiblement et bientôt ce sera l’hiver. Chaque année, je ressens cela début juillet d’abord, et puis encore en septembre. Et puis je m’y fait. Parce qu’il faut bien s’y faire.
Alors quoi de neuf dans ma vie…
Cette année, je me suis promis durant le mois de Ramadan de garder vivantes ses sensations particulières, de les maintenir en vie en continuant un effort sur moi-même et en tâchant si cela m’était possible de les prolonger, de les amplifier. Réaliser tout le gâchis qu’il y a à se priver puis à revenir à la vie « normale » comme si rien ne s’était passé. Or, pour moi, jeûner a été un acte volontaire et réfléchi, et me limiter à ne pas manger durant un mois est vide de sens si je ne garde pas dans mon quotidien la marque de cet effort pour, qui sait, l’an prochain, approfondir encore quelque chose qui m’est jusqu’ici insoupçonné. Pour moi, il s’est bien passé quelque chose.
Garder mon cœur ouvert autant que je le peux. Garder cette lucidité sur moi, sur ma vie pour me rappeler constamment à la modestie de mes actions et à la vanité des grands gestes ou des grandes déclarations. Ici et là, j’ai donc modifié des habitudes.
La première et non la moindre, j’ai repris une activité sportive. Fin mai. Je n’en ai pas parlé jusqu’aujourd’hui car je doutais un peu, mais non, je m’y tiens. Je nage trois fois par semaines. Je me suis inscrit dans un club de sport. Peut-être à terme parviendrai-je à nager tous les jours, qui sait, mais trois fois par semaine, c’est bien. C’est une sorte de domaine secret, un moment à part dans ma journée avant de rentrer chez moi, le soir. La piscine est presque vide et je nage pendant environ 30 minutes, un kilomètre de brasse, et puis deux ou trois cents mètres de crawl. Je me suis donné trois mois pour passer à un niveau supérieur. Lequel, je ne sais pas trop encore, mais si je pouvais passer à un kilomètre de crawl, ce serait bien. On verra.
J’aime beaucoup ce rendez-vous avec moi-même. Presque deux mois désormais.
Côté alimentation aussi, j’ai repris le contrôle que j’avais perdu à l’automne dernier. Je m’étais mis à manger n’importe quoi. Désormais, je suis en contrôle, vraiment. Mes courses sont réfléchies, ce que je mange l’est aussi. Ce n’est pas parfait et je suis encore très loin d’être parvenu à l’alimentation à laquelle je tends mais c’est engagé, et d’une façon à mon avis beaucoup plus intelligente que ces dernières années. C’est un processus long, ne pas céder à la cuisine facile. Le résultat est que je dépense moins, et ça paie le club de sport, et même plus. J’aime ce lien invisible entre dépenser moins et se dépenser plus. Et puis faire la cuisine, c’est aussi un moyens de se désintoxiquer de la nourriture industrielle.
Il reste cette avalanche de plastique ici quand on fait les courses. C’est le Japon. Il reste ces fruits et légumes trop beaux pour être vraiment naturels, mais c’est précisément le fait de me faire à manger qui m’y fait penser. C’est lié.
Le résultat, c’est que malgré l’abonnement au club de sport je dépense beaucoup moins d’argent.
C’est une question importante car je suis très endetté. Depuis des années et aussi à cause de mes achats débiles durant des années. J’ai toutefois liquidé une dette et j’utilise cela comme une opportunité pour accélérer le remboursement d’une seconde. Le fait de dépenser beaucoup moins va rendre cela plus aisé. J’espère en venir à bout le plus rapidement possible. Aussi, contrôler mon alimentation, manger mieux et me dépenser au lieu de dépenser, c’est lié, et cela devient une question de contrôle de soi.
Et cela, c’est une expérience que je retiens de ce mois de jeûne. On la ressens en soi, en dedans et on apprend à en faire un quotidien vivable durant un mois, le plaisir instantané se trouve remplacé par un bonheur à venir, un bonheur mérité. On oublie cela dans notre civilisation et le mois de Ramadan nous donne l’opportunité fantastique de s’en souvenir. Il y a quelque chose de fantastique dans la frugalité. J’en suis encore très loin, mais c’est la route que j’ai choisi.
Le sillon est profond. Je peux m’en détourner, je m’en détournerai certainement, mais je tente de garder en moi la régularité de l’effort et la mémoire du mois de jeûne. Alors j’y reviens. D’ailleurs, ce sillon profond, il a toujours été là et il m’a protégé bien souvent. C’est une éducation d’abord, quelques principes forts, et puis ce sont des rencontres avec des livres, avec des amis, avec des personnes qui chaque fois m’ont rendu plus stable.

© Reuter J’en ai mis, du temps, à trouver une certaine forme de paix intérieure. Je crois toutefois que le séisme en 2011 a été le tournant le plus important de toute mon existence, quelque chose qui a ouvert mes yeux sur l’incroyable fragilité de tout ce qui nous entoure. Je garde au fond de moi l’image de cette jeune fille au milieu de son quotidien ravagé après le tsunami. Je ne peux m’empêcher de la voir un jour plus tôt, avec son téléphone dernier cri, après être allée chez le coiffeur pour se faire onduler les cheveux, avec des vêtements à la mode, riant avec ses copines. Il n’a fallu que quelques minutes pour emporter toute cette futilité et la ramener à l’évidence, que tout ce qui nous entoure est périssable, précaire et n’est en rien ni éternel, ni donné. Quelle tristesse…
Ça ne veut pas dire que je suis opposé à l’art, à la futilité, au contraire. Mais cela veut dire que j’ai compris profondément que l’art ou la futilité n’étaient pas la vie, qu’ils n’étaient qu’un emballage, qu’un petit quelque chose en plus. Et que ces objets du quotidiens qui nous envahissent et sont sensés faciliter notre vie ne sont que l’ultime forme de la futilité, de celle qui nous détourne de la réalité de la vie, et qu’un rien peut nous en priver.Alors autant être modeste et regarder le monde sans les artifices. Je garde dans mon coeur ces millions d’étoiles qui m’entouraient durant mon incroyable marche de nuit sur les petites routes de la Sarthe, en mars. Cette marche, elle était tout, sauf futile. Elle était essentielle. J’étais une part du néant qui nous entoure et ce néant trouvait sous mes yeux toute sa vérité, toute son intensité. Et maman qui venait de partir trouvait soudain toute sa place puisque je ne devais ce spectacle magnifique d’un ciel clair qu’a son ultime départ.
Ce ciel, il m’a procuré bien plus de plaisir qu’aucun téléphone portable, qu’aucune pâtisserie. Et pourtant la route était longue, imaginez, 14 kilomètres en rase campagne, dans le noir, une lampe torche à la main pour ne pas me faire écraser par les rares voitures qui roulaient parfois à toute vitesse, et même des camions. Une route qui n’en finissait pas et que je ne connaissais pas car j’avais voulu essayer un raccourcis, quel idiot!
Mal aux pieds, j’avais déjà fait 13 kilomètres le midi dans le sens inverse, sous le beau soleil, et ça m’avait paru rapide, j’avais fait plein de photos. Mal aux pieds, fatigue, mes courses au supermarché qui à chaque pas me semblaient plus lourdes, virages trompeurs que je semblais reconnaitre et qui s’avéraient des mirages donnant sur des chemins inconnus, et quand j’arrive enfin à un endroit connu, après avoir traversé une forêt, des champs, une nationale, une zone industrielle, je m’aperçois que mon raccourci m’avait rallongé de cinq kilomètres.
Fatigue et lassitude, découragement aussi. Et par moments de grands fou rire, tout seul sur la route, des chansons que je hurle à tue tête,
Je frappe au numéro un, je demande Mam’zelle Angèle, la concierge me répond, mais quel métier fait-elle, elle fait des pantalons, des jupes et des jupons, et des gilets de flanelle, elle fait des pantalons, des jupes et des jupons, et des bonnets de coton, ah ah ah, je ne connais pas, ce genre de métier, allez voir à côté… Je frappe au numéro deux, je demande Mam’zelle Angèle, la concierge me répond, mais quel métier fait-elle, elle fait des pantalons, des jupes et des jupons, et des gilets de flanelle, elle fait des pantalons, des jupes et des jupons, et des bonnets de coton, ah ah ah, je ne connais pas, ce genre de métier, allez voir à côté… Je frappe au numéro trois, je demande Mam’zelle Angèle, la concierge me répond, mais quel métier fait-elle, elle fait des pantalons, des jupes et des jupons, et des gilets de flanelle, elle fait des pantalons, des jupes et des jupons, et des bonnets de coton, ah ah ah, je ne connais pas, ce genre de métier, allez voir à côté…
Je ris, je danse aussi, et au dessus de moi des millions et des millions d’étoiles que je contemple reconnaissant de ce spectacle magnifique, et je continue ma marche. Elles me rassurent, les étoiles, et je les trouve superbe, elle me donnent leur énergie, ou disons plutôt l’énergie pour continuer à marcher. Je sais que je suis en train de vivre un moment fort, et beau, et amusant à la fois. Je m’amuse de moi, de cette marche, de cette idée de raccourci. Un moment unique, une bêtise de gosse.
Il est toujours là, et il m’a modifié, il m’a encore plus ouvert à ce qui m’entoure. Il est infiniment plus beau que toutes les choses. Et avec lui le mois de Ramadan est lui-aussi en moi.Quand je nage, et malgré toute l’absurdité qu’il y a nager dans de l’eau chorée au dessus d’une gare centrale, je mène une sorte de bataille en moi pour mieux bouger mes bras, pour mieux respirer, pour mieux bouger mes jambes, pour finir ce kilomètre que je me suis fixé d’avance comme une distance minimum, même quand après la première longueur je suis tenté d’en faire moins. Quand je me fais à manger, c’est la même chose, et quand je fais la vaisselle sans attendre, c’est la même chose, et quand je range ce qui doit l’être c’est la même chose.
Et là, en écrivant, c’est la même chose.
J’ai recommencé à lire « projet X » (on va l’appeler comme ça) et cette fois, je sais exactement ce qu’il me reste à faire, et je vais le faire.
Plus ouvert sur les autres et sur ce qui m’entoure, le spectacle du monde et de la politique m’effondre. J’écris spectacle car c’est comme la mise en scène d’un récit écrit d’avance par des auteurs fous, et nous y sommes réduits à l’état de braillards débiles assis derrière nos claviers ou pire, sur place, reporter, militant ou humanitaire, nous confrontant tel Sisyphe à la reproduction d’un même se détériorant chaque jour un peu plus dans l’apathie médiatique de nos démocratie confortables.
Je ne suis pas triste, mais si j’ai quelque talent pour écrire, alors, si je n’écris pas, oui, alors, je deviens un salaud. Et je ne doute pas un instant que je le suis, un salaud. Mon seul salut, là où je suis, c’est écrire. Raconter. Raconter la commune humanité sous la voute étoilée malgré les bombes au Yemen ou en Palestine occupée, malgré la maigre pitance quand on vit avec 1000 euros par mois dans la sixième puissance mondiale, raconter le SIDA comme il nous a fauchés, raconter la solitude d’être vieux, d’être isolé, de perdre son emploi et de se faire remettre à l’ordre par une employée de Pôle Emploi inculte et crétine qui appelle les vigiles à la moindre question insistante, raconter la détresse quand il pleut et qu’on n’a qu’une couverture mouillée pour se protéger du froid quelque part du côté de La Chapelle après avoir traversé à pieds ou dans un camion frigorifique surchauffé avec des dizaines d’autres des milliers de kilomètres en espérant trouver autre chose, raconter les algériens qui meurent noyés sur une barque dans la Méditerranée après avoir assisté pendant des années à l’absurdité profonde de leur vie sans sens et sans avenir, et raconter les espoirs aussi. L’espoir dans la barque, l’espoir dans le wagon frigorifique où on étouffe, raconter l’espoir d’un coup de chance le corps recroquevillé dans la couverture mouillée. Raconter n’importe quoi, le monde est un spectacle tragique qui doit être dit pour ne pas se transformer en une farce absurde.
L’absurdité, c’est le mec qui habite chez mon voisin depuis trois mois. Un vlogueur américain qui appartient à la catégorie des glandeurs qui bavardent sur Youtube, toujours des mêmes histoires à la con, le Japon réduit à une entité particulière à scruter, lui, venant de sa centralité blanche de la première puissance mondiale, lui, demandant de lui donner de l’argent sur toutes les plateformes de dons, avec ses sponsors commerciaux. Il ne peut pas s’empêcher de ponctuer chaque phrase d’un fuck, d’un fuckin’, d’un mother fucker, d’un anyway, pour raconter des banalités confondantes qui lui assurent ses fins de mois. Les Vlogs, des fois, c’est le triomphe de tout ce qu’il y avait pire dans Le Loft, une sorte de voyeurisme vulgaire cool où n’importe quel crétin sans culture assure ses «15 minutes de célébrité », c’est Loana et Jean-Edouard sans la scène de cul de la piscine. Tous ces touristes occidentaux blancs qui voyagent un peu partout en Asie et font la manche pour se payer leur voyage ou bien font des cagnottes sur Tipee et se baladent avec des GoPro à la con. La version internet des blancs à jumbe en dreadlocks. Des fois, je voudrais que les bourses dégueulent de 90% histoire d’être sûr qu’aucun n’en réchappe. Je les hais.
Mais bon, « il ne faut pas souhaiter le malheur des gens ». Je me contenterai de les ignorer. Lui, c’est quand même difficile de l’ignorer quand il passe son temps à parler et à dire fuck ou anyway en permanence… J’ai regardé une de ses vidéos et c’est simplement affligeant.
J’en parle là en passant, mais bon, ce n’est pas grave. En fait, il n’habite là que depuis que mon (vrai) voisin a été arrêté pour un truc qu’il n’avait pas fait. Ça, ce n’est pas juste. Mais bon, mon voisin ou un autre m’ont affirmé que le système judiciaire japonais ne fonctionnait pas, et là, venant d’américains blancs, ça a failli me faire rire, ce genre de réflexion, parce qu’aux USA, quand on est noir, on se fait carrément buter et si ça n’arrive pas, après s’être fait tabasser, on atterrit dans une prison privée où on doit payer le moindre bout de savon. Et bien entendu comme les prisons sont privées, on a tendance à les remplir de gens qu’ont rien fait… Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à ce gamin noir buté par des policiers devant chez lui alors qu’il jouait, les voisins avaient appelé pour se plaindre. Ou cette gamine qui avait invité ses amis de l’école et la police avait raflé tous les gamins parce que bien sûr, des noirs qui se rassemblent, c’est forcément des dealers… Alors les white tears sur le système judiciaire japonais, j’avais envie de rire. Et cela malgré le fait, ou plutôt à cause du caractère absolument arbitraire de cette arrestation. Quand à un de ses amis allemands, il m’a dit que « tu vis dans une bulle » parce que je lui faisais remarquer qu’il n’y a pas qu’au Japon et qu’en France également on arrête les gens de façon parfois un peu arbitraire malgré la présomption d’innocence, et je ne voyais pas ce que je pouvais faire pour aider mon voisin (dont il est super copain, et moi, ben quelque part, j’en ai pas grand chose à faire), là, je l’ai regardé et je lui ai dit « ciao, je retourne dans ma bulle », provoquant chez lui une colère incroyable, il m’a insulté, traité de lâche… Un joli feu d’artifice de straight male middle class white tears qui découvre l’injustice du monde…
Côté vie privée, j’ai fait une jolie rencontre il y a quelques semaines, il a 27 ans mais il ne reste pas au Japon. Il a quitté Tokyo il y a deux semaines pour Aomori, il y reste jusque mi-août avant de partir pour l’Angleterre. Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu de crush réel, entendre par là me dire que j’aimerais bien faire quelque chose avec quelqu’un.
Bon, il m’a vite dit qu’il partait, bref, j’ai compris que c’était pas possible, mais j’ai continué à chatter avec lui, je ne sais pas, le futur est toujours ouvert, et puis je trouvais ça gentil, on n’est pas des sauvages, hein. Hier soir, on chattait, et puis il me dit que son goal est de trouver un boyfriend là-bas. Je n’ai pas répondu, je ne répondrai plus: quand on s’est rencontré, il m’a demandé si j’avais un copain, j’ai répondu que non, et il m’a dit que si ça avait été oui, ce n’était pas possible. Eh bien ça m’a fait comme une sorte de retour sur ses propres mots, entendre que son goal était d’avoir là-bas un boyfriend.
Le sujet est arrivé comme ça, alors qu’il me demandait mon avis sur un boulot qu’il avait peut être trouvé. Dans le Kent, en pleine campagne. Je lui ai recommandé d’être prudent, que si le boulot ne lui convenait pas, il serait coincé au milieu de nulle part. Il m’a demandé si je pensais qu’il lui serait possible de rencontrer un mec dans le Kent. J’ai répondu, ironique, que je n’étais pas un match-maker et que ma remarque ne concernait que le travail. Et je lui ai donc demandé si finalement il n’allait au UK que pour se marier.
Qu’il se trouve un mec au UK, je ne suis pas débile, c’est la vie, et c’est tant mieux pour lui. Mais c’est la façon dont il l’a dit, ça a été comme si le naturel sortait, ça a cassé tout le charme. « That is my goal ». Merci pour moi, j’ai pensé.Comme 90% des japonais qui partent comme lui, il rentrera au Japon dans deux ou trois ans, la queue entre les jambes, après avoir eu sa dose de queues de blancs, après avoir eu quelques boyfriends, des ruptures, découvert les dépression d’hiver et la vie chère, les amis qui manquent. On en rencontre plein sur les applications de drague, de ces japonais qui ont voulu aller à Gaijinland et qui rentrent passés 30 ans, après plusieurs séparations, des expériences de travail pas toujours marrantes, et qui passent leur temps de mecs en mecs, désillusionnés, voulant repartir mais n’en ayant plus trop l’énergie, reléguant leurs rencontres à des pédés blancs interchangeables. J’en ai rencontré et c’est précisément pour cette raison que je me suis toujours méfié du gaisen (japonais qui ne rencontre que des blancs) moyen. Incroyablement désabusés.
Je ne leur en veux pas, quand on quitte son pays, c’est toujours avec une bonne dose d’illusion, et je n’échappe pas à la règle. Me concernant, j’ai eu l’incroyable chance de ne pas venir au Japon pour me taper des mecs. J’avais eu ma dose. Je les plains. Pour un heureux, il y en a pas mal qui vivent des trucs pas marrants. J’avais rencontré un gars de 28 ans, une fois, très gentil. Il revenais d’Australie où il était parti après avoir tout quitté pour retrouver son mec… qui l’avait plaqué après deux semaines. J’ai eu l’impression d’être une petite cuiller. Un autre, qui avait rencontré un mec à Tokyo, s’était marié avec lui après avoir quitté le Japon et qui était rentré au Japon après avoir divorcé, et s’être aperçu qu’il n’avait rien à voir avec le type. Un autre, très sympa que je rencontre de temps en temps, il est parti deux ans en Australie et n’a rien rencontré d’autres que des mecs d’un soir. Lui, il s’en sort assez bien, il est encore jeune, mais…
Dans le quartier de Nichome, le quartier gay le plus populaire, les bars ouverts aux étrangers sont remplis de ces garçons qui ne veulent rencontrer que des étrangers. Et d’étrangers qui acceptent ce statut. Une fois où j’y passais, je me suis fait l’impression d’être entouré de mecs qui avaient tous couché ensemble, j’ai trouvé ça dégoutant et très peu flatteur puisque c’est uniquement la couleur de peau et la nouveauté qui fait le travail. Autant dire que je n’y vais pas.
En attendant, cette rencontre était très gentille et je suis heureux d’avoir encore en moi la capacité d’aimer, de m’attendrir mais aussi de ne rien sacrifier à moi-même ni à ce sillon que je tente d’approfondir. Ce sera mieux la prochaine fois, et si ce n’est pas le cas, tant pis. Ce n’est pas grave.
Cette rencontre me ramène à la question de mon avenir ici. Et je crois avoir enfin la réponse. Et je pense que vous savez parfaitement laquelle elle est. J’ai plusieurs choses à boucler, parmi lesquelles ces dettes dont je vous ai parlé, mais il se rapproche, le moment où finalement je vais quitter ce pays. Et sans trop m’avancer, cela peut être plus proche que je ne le prévoyais.
En attendant, j’ai beaucoup de travail.

Mes bébés…

De gauche à droite: Olympus OMD-EM5 MarkII, Sigma DP1 et derrière DP2, Sigma DP2M, macro lense J’ai plein d’appareils photos. Cela fait maintenant trois ans que je suis stabilisé avec l’Olympus OMD-EM5 MarkII et que j’en suis totalement satisfait, mais auparavant, ça n’a pas été très facile de trouver, de rencontrer l’appareil qui fournirait les bons compromis.
Car autant dire qu’un appareil photo, si on s’en sert souvent, c’est un peu comme un partenaire, il faut trouver des compromis. Il n’y a pas d’appareil parfait, enfin, tout dépend des critères.
Jusque 2009, je me servais d’appareils photo compacts. J’en ai eu trois.
D’abord un Minolta ultra compact, acheté en 2004 avant mon deuxième voyage au Japon. Deux millions de pixels… Quand je regarde les photographies aujourd’hui, je suis effaré par la très pauvre qualité: il y a beaucoup de bruit, c’est sur-lissé et la netteté est poussée au delà de l’acceptable. Cela étant, c’est suffisant pour internet.
En 2005, j’ai acheté mon compact préféré. Un Panasonic Lumix F7. D’occasion. Petit, rapide, avec 5 millions de pixel, même aujourd’hui les photos prises en plein soleil sont, disons, correctes. Il y a du bruit, c’est trop lissé et la netteté est un peu trop poussée mais quand je me souviens la taille, c’est acceptable et tout à fait suffisant pour le net. Je me suis beaucoup amusé avec lui. Jusqu’en 2007, quand il est tombé et que le zoom a commencé à bloquer. J’ai eu beaucoup de chagrin mais je suis parvenu à le faire durer jusque l’été 2008.
C’est le moment où j’ai acheté un autre Lumix, le F9, avec 8 mpix. Et là, j’ai été vraiment déçu. Ce n’était pas le même rendu des couleurs, et puis et surtout l’optique était flou. Et puis les couleurs, par temps de pluie, étaient encore pires qu’avec mes téléphones portables.
Alors j’ai commencé à penser à acheter un autre appareil. J’ai fait des recherches sur internet et j’ai enfin compris ce qui faisait la différence entre un appareil compact et, disons, un appareil professionnel.
J’ai découvert ce qu’était un fichier « jpeg », à savoir un fichier assez fortement compressé, ayant perdu beaucoup d’information et que donc on ne peut pas vraiment corriger. J’ai découvert l’importance de la taille du capteur, vraiment minuscule dans un appareil compact, et donc de la quantité de lumière qu’il peut recevoir.
J’ai révisé mes bases de photographie, en fait. Et dans ces bases, la base la plus importante. Une photo, c’est de la lumière. C’est pas de la couleur, non, c’est avant tout de la lumière. Et c’est justement pour cela que la taille du capteur est primordiale, un grand capteur captera plein de lumière et donc il y aura beaucoup moins de bruit, ces espèces de grains qu’on voit apparaître dans les photos de nuits et que les processeurs qui opèrent la compression jpeg essaient de gommer, cette fameuse « réduction de bruit » dans les logiciels.
De la photo, j’en avais fait naguère avec mes appareils a film, mon Praktica, puis avec un Olympus OM1. Je ne m’étais jamais posé la question de la transition au digital, de ce que cela signifiait.
Après des mois et des mois, je suis tombé sur un article au sujet du premier vrai compact à grand capteur, 20,7 x 13,8 mm. Pour parachever le truc, c’était un appareil doté d’un capteur unique au monde.

Les appareils photos digitaux captent la lumière sur des micro-capteurs qu’un filtre ensuite converti en couleurs. Ça s’appelle le système Bayer. Un appareil de 16 millions de pixel a donc un capteur de 16 millions de micro-capteurs qui enregistreront chacun la lumière, puis le filtre dédicacera à chacun une fréquence lumineuse, bleue, rouge ou verte. C’est un système bien rodé et tous les appareils possèdent de tels capteurs.
Il a comme inconvénient que le filtre s’emmêle un peu les pinceaux pour de micro-informations, comme des rayures sur une chemise, il tendra à mal interpréter la lumière et cela créera des espèces de stries.
Bon, ça n’a aucune importance, surtout pour publier sur le net, mais quand on est curieux des babioles, c’est le genre de truc qui fait tilte. Et puis, je voulais ce qu’il y avait de mieux après l’expérience avec mon dernier Lumix.
Je voulais un compact. Hors de question de me balader avec un truc de un kilo au cou. Mais je ne voulais pas d’un mini capteur comme tous les compacts.
Et voilà comment j’ai rencontré Sigma. J’avais raconté ça dans un billet il y a sept ans.
Mon DP1, je l’adore. Une relation amour haine. Il est lent. Il est ingrat. Quand on le met en route, il met trois secondes à ouvrir l’objectif à optique fixe. Pas de zoom. Et quand on prend une photo, la mise au point est d’une lenteur que vous ne pouvez pas imaginez, on entend l’optique qui grince, et puis on prend la photo et là, l’appareil freeze pendant au moins cinq secondes durant lesquelles on ne peut pas prendre de photo.
Et pourtant…

Tout d’abord, son capteur est différent. C’est un capteur Fovéon. Un capteur en trois couches, chacune spécialisée pour une couleur. Plus de filtre, et des chemises à rayures sans erreur. Quand on photographie un jardin avec de l’herbe, chaque brin se sépare sans difficultés. Et pourtant, mon DP1 n’a que 4,6 millions de pixels. Trois fois.
Le capteur est grand, mais surtout les pixels ont plein de place, ce sont de gros pixels fait de trois couleurs. Le rendu est unique. La peau a vraiment se texture, le capteur prend toutes les micros informations, et si vous photographiez par temps ensoleillé, il y a un réalisme incroyable qui rappelle les diapositives.
Il est petit, on peut le promener comme on promène un compact ou son appareil photo. Mais la qualité est celle d’un gros appareil. Ou même mieux, à mon avis.
Il faut juste supporter le côté usine à gaz. Mais jamais je ne me suis autant amusé avec un appareil. Je l’ai toujours et, parfois, je le ressors.
Et ce qui ne gâche rien, son design est simplement unique. Il est simplement beau.

J’ai aussi toujours un DP2. C’est le même, il y a juste que l’optique est différente. Le DP1 est un 14mm, ce qui en fait un équivalent d’un 21mm en plein format. Le DP2 est un 28mm, ce qui en fait un 41mm, ce qui est bien pour les portraits quand le DP1 se débrouille bien pour les jardins, les paysages.
Je les ai toujours comme vous pouvez le voir sur la photo de couverture. J’ai doté le DP1 de son viseur séparé, juste pour le look, mais en real life, je ne l’utilise pas, et je le retire.

Comme je l’avais raconté dans mon billet 2012, j’avais fini par acheté un (énorme) SD15, toujours 3×4,6 mégapixel, mais j’avais fini par le revendre. Trop gros, et là, sur un appareil de cette taille, les lenteurs de traitement, c’était vraiment lourd. Et puis c’était un vrai DSLR, un « reflex » à miroir, et l’objectif, malgré un recalibrate en usine, souffrait de « front focusing », c’est à dire une tendance à faire la mise au point un peu trop courte de quelques centimètres. Je l’ai revendu.
Avec l’argent, je suis passé au DP2M que j’ai acheté en occasion. Un appareil incroyable doté cette fois d’un capteur un tout petit peu plus grand et surtout de ses trois couches de 16 millions de pixel. Exactement comme le DP1 et le DP2, il n’a pas de zoom et n’est doté que d’une optique fixe d’une qualité incroyable.

Comme tous les Sigma, la qualité de son capteur en font un champion pour le noir et blanc. Jamais vous ne verrez, même avec un Canon ou un Nikon, une qualité de N&B pareille. C’est détaillé, et le léger grain a quelque chose qui rappelle l’argentique. Le DP2M est un appareil unique, et quand on photographie en couleur, avec un peu de post-processing, on obtient des images simplement remarquables.
L’appareil est beaucoup moins lent, pas dans le traitement, mais disons que la lenteur du traitement (il faut environ 7 secondes pour que la photo soit enregistrée dans la carte SD) est compensée par la possibilité de prendre des photos, ce qui n’était pas le cas avec le DP1. La vitesse de mise au point est elle aussi très lente.
Je les ai toujours tous les deux.
Le DP1 est un appareil de ville, peu rapide mais vraiment petit, c’est un joujou qui fait des photographies incroyables avec un aspect « 3D » du à ces 3 couches de couleurs. Le DP2 est un appareil pour tout photographier à partir du moment où on a un peu de recul car un grand angle, c’est un peu court, mais qui a aussi ce fini « 3D » unique. Si je me souviens bien, les pixels de la série DP1/DP2 était de 7.8 µm, ce qui est très grand: votre iPhone a un capteur d’une taille si petit que chaque pixel fait 1.22µm. Et comme le capteur Sigma possède trois couches, chaque pixel est en fait composé de cette combinaison de trois pixels d’une taille généreuse. Le rendu est moelleux, on ne voit aucun grain du tout, les textures lisses sont vraiment lisses.
4,6 pixels reste très peu, surtout pour le net où posséder un truc de 50 pixels est un peu comme dégainer sa bite pour un gros beauf alcoolisé, mais en réalité c’est suffisant pour faire des tirages A4 voire même A3…

Le DP2M, lui, est un appareil un peu batard. La taille de ses pixels est un peu plus petite, normal, car bien que le capteur soit plus grand, il en comprend beaucoup plus: 5,1 µm. Les images sont très finement grainées, un peu comme avec une pellicule. C’est un beau rendu mais on perd ce côté lisse, quasi-diapositive, « 3D », de l’ancien capteur.
C’est un appareil de philosophe, on regarde, on contemple, et puis on fait la photographie. J’ai pris des photos magnifiques avec lui. Comme pour les autres Sigma, au post traitement, je supprime toute correction de bruit et bien que pour le DP2M il y ait un fin grain, le rendu des détails est incroyable, l’herbe est vraiment de l’herbe, un résultat que l’on n’obtient qu’avec de très grands capteurs d’appareils coutant 4 fois plus cher ou encore plus. Et jouer avec le noir et blanc avec ses fichiers est un plaisir incroyable.

Je l’ai toujours.
Il y a eu d’autres appareils, que j’ai tous revendus. J’ai été un malade des appareils, un débile de la surconsommation, un truc facilité par l’incroyable facilité à acheter d’occasion et revendre.
Mais aussi parce que je ne veux pas un gros appareil, je veux un truc compact, sans pour autant me priver d’une photo qui me plaise, que je puisse arranger, recadrer.
Et le problème des Sigma, c’est la lenteur, l’incroyable lenteur…
Vers 2009, alors que Sigma lançait le DP1, Olympus et Panasonic lançaient le système micro-four third. Un capteur de taille intermédiaire. Le capteur du DP1 était un peu plus grand que la moitié d’un plein format (24-36), le m4/3 correspond à un quart.
Le m4/3 se voulait au digital exactement comme le 24/36 avaient été pour le film. Un standard pratique permettant d’obtenir une bonne qualité (entendre prendre suffisamment de lumière) dans une taille compacte rendue possible par la suppression du viseur à miroir, remplacé par un écran LCD. Pour le reste, exactement comme les gros appareils, une optique interchangeable.
Je suis passé au m4/3 de façon alternative. J’ai eu un Olympus Pen 1, un appareil non abouti que j’ai cassé je ne sais pas comment… J’ai acheté plus tard un Pen 3 pour un prix ridicule. Ces appareils avaient 12 mpixels d’une taille de 4,3 µm.

Le capteur est plus petit, il n’y a plus ce fini lisse, « 3D », l’herbe d’une pelouse est pâteuse et floue, il y a ce filtre Bayer qui recrée la couleur et qui se trompe. Mais l’appareil est rapide et de toute façon c’est une sorte de couteau suisse destiné à faire de la photographie en toute circonstance.
En 2015, j’ai upgradé pour le Olympus OMD-EM5 Mark II, sur la photo ci jointe, l’appareil que j’utilise le plus maintenant. Avec un bon objectif, il donne d’excellents résultats avec une taille qui reste raisonnable. Il possède 16 mpixels de 3,75 µm. Oui, il y a du grain et le système micro 4/3 n’a pas toutes les qualités dites « professionnelles ». Ses fichiers n’en restent pas moins très souples et le résultat dosera votre iPhone à plate couture quand pour plus de 90% des situations vous ne verrez pas la différence entre un tirage papier d’un gros Nikon et de cet Olympus. C’est juste pour les photos de nuit qu’un plein format, captant beaucoup plus de lumière, montrera toute sa supériorité. À moins que vous n’utilisiez un trépied, et alors l’Olympus sera quasiment aussi bon.
Mais qu’est-ce que c’est que ces qualités…
J’ai mis des années à me relaxer sur tout ça. En fait, en assouvissant mes fantasmes de consommation avec des appareils photos, je m’en suis désintoxiqué. J’ai mon OMD depuis presque 4 ans, et je l’adore. J’ai retrouvé avec lui la même familiarité qu’avec mon ancien Lumix, tout en pouvant faire des trucs qui me plaisent, que je veux retravailler, recadrer, et sur lequel je peux utiliser des optiques différentes. Jamais je ne l’échangerai contre un plein format, deux fois plus lourds, avec des optiques également deux fois plus lourdes. Parce que je ne suis pas un photographe professionnel, que je ne vis pas de la photographie. Pourquoi achèterais-je un appareil quatre fois plus cher pour fixer des souvenir et en partager une partie sur le net? Non.

Et puis j’ai toujours mon DP2M. Si je voulais jouer au Bresson de Service, au Doisneau de gouttière ou au Lartigue de boulevard, je pourrais toujours le prendre et faire de ces photos noir et blanc finies, détaillées, aux ombres tranchantes et profondes parce que cet appareil recèle de qualités uniques, d’une optique inégalée dans son genre et qu’il rendra plus de détails qu’un plein format. Si si. Maintenant, il faut vraiment faire de la photo car il est lent et surtout il n’a pas de stabilisateur, et un bouger est donc très vite arrivé.
J’ai mes joujoux, enfin, mes vieux DP1 et DP2. Petits et tout mignons, des dinosaures en terme de lenteur mais amusants et tout jolis, et produisant des photos sont à mon avis bien plus belles que celles de mon Olympus malgré leur peu de pixels.
Au fil des ans je me suis calmé. Je ne suis plus du tout à croc aux dernier trucs et je ne fais plus d’achats compulsifs. C’était un truc de l’enfance, quand on était privés de tout. C’est passé. Même l’an dernier, quand je me suis acheté mon nouvel iMac, j’ai culpabilisé. Et pourtant mon vieux MacBook Pro de 2012 avec ses concours de ventilateur pour un oui pour un non et rapide comme une limace quand j’ouvrais Lightroom, et qui avait déclaré la guerre à Photoshop, j’avais vraiment besoin de le remplacer. J’ai profité d’un crédit 0%, donc en fait ce n’est pas une tragédie, et je ne me suis pas fait avare, j’ai acheté un iMac évolutif, avec un super écran. Mais non, j’ai culpabilisé à fond.
Juste parce qu’avec ces achats d’appareil-photos, je me suis rendu compte que j’assouvissais un fantasme, que je me désintéressais progressivement de la photo elle même pour devenir un mix de pixel-peeper et de néo-geek. Un consommateur. Cela fait trois quatre ans que c’est fini, je n’achète plus grand chose.

J’ai sur mon ordinateur plein de photographies à partager. C’est à cause de mon ancien ordinateur que j’ai progressivement perdu l’habitude de faire des albums. C’est dommage… Mon iMac est vraiment très bien. Ça va à une vitesse… je l’ai gavé de mémoire, sa carte vidéo est rapide. Bref, en m’organisant bien, je devrais pouvoir partager de plus en plus de photographies et faire revivre ce site comme je ne le fais plus beaucoup, ce qui est dommage quand on sait ce que ça me coûte.
Maintenant je me pose la question de comment utiliser ces appareils-photos, chacun à leur façon.
Et puis aussi, je commence à me poser la question de ma vie après mon Olympus parce qu’un truc vient de se passer.
Panasonic vient d’entrer dans le monde du plein-format, et il semblerait qu’ils ne vont plus développer beaucoup de micro4/3, et cela est un problème à moyen terme car si Olympus décidait aussi d’abandonner, cela voudrait dire que les objectifs ne vaudraient plus rien le jour où je changerais d’appareil… Ce n’est pas pour demain bien sûr, mais c’est un changement du marché en cours.
C’est que désormais, c’est l’électronique qui compense les faiblesses des capteurs, la taille minuscule de leurs pixels, notamment sur les téléphones mobiles. Et le marché des appareils photos s’effondre année après année. L’opération dernière chance des grands fabricants, c’est le plein format, les grands capteurs. Des appareils gros, de qualité professionnelle mais sans miroirs, donc plus compacts que les grands capteurs produits jusqu’ici. Sony a ouvert la voie et désormais Nikon, Canon et enfin Panasonic viennent d’y entrer en formant une alliance avec Sigma a annoncé un nouvel appareil pour l’an prochain. Sigma en a même profité pour annoncé que son prochain capteur plein format sera un retour à l’ancien capteur, avec seulement 20 millions de pixels. De gros pixels donc, et on est nombreux à vouloir voir le résultat…
On me demande souvent « quel appareil tu me conseilles? », et je suis incapable de répondre. Pour plein de monde, un simple demi-format APS-C suffit. Je conseillerais sans miroir et avec un viseur électronique. Je conseillerais aussi avec un bon stabilisateur monté dans l’appareil. En gros, je conseillerais volontiers un Olympus micro4/3 quelconque. Pour ceux qui voudraient vraiment s’investir en vidéo, je conseillerais un Panasonic micro4/3. Et pour ceux qui se contentent de leur smartphone mais voudraient un truc particulier, je conseillerais un Sigma d’occasion, histoire d’apprendre à regarder, à composer, à prendre son temps puis prendre le temps de developer le fichier et au final, et malgré la taille réduite, faire « wouah… »
Pour tout dire je serais incapable de conseiller. Parce que ça dépend ce qu’on veut faire.
Voilà pourquoi je n’achète plus d’appareils, pourquoi je ne veux plus en acheter. Ce qui compte avant tout, c’est d’utiliser les possibilités de l’appareil, de s’amuser avec et d’apprendre à s’amuser après sur Lightroom ou tout autre logiciel. C’est ne pas se forcer à avoir l’appareil avec soi, mais aussi apprendre à toujours l’avoir avec soi si on veut s’amuser tout le temps.
Mes quatre appareils sont un peu devenus mes bébés. Je les aime chacun d’une façon différente, ils racontent un peu à leur façon comment je suis passé du compact à une obsession pour une technologie simplement parce que je pouvais me le permettre avant d’arriver à une utilisation exclusive de l’appareil le plus pratique, sans pour autant nier ce que les autres m’ont apporté.
Allez, c’est écrit. Emballé. Pesé.


Juin…
Nous voici donc au mois de juin. Déjà. Le temps est passé très vite et ce mois de Ramadan n’a pas été moins rapide que celui de l’an dernier, bien qu’il fut cette fois très diffèrent. J’ai été pris cette année dans un mouvement intérieur d’introspection, de solitude avec un puit de tendresse incroyable dans mon cœur, je veux dire vraiment, un peu comme un gamin de quinze ans qui découvre le monde et l’amour. Saurais-je garder mon cœur ouvert? Je n’en sais rien. Je ne célèbre pas la fin du mois de Ramadan, je veux méditer dessus, je veux l’utiliser comme une arme intérieure pour être plus fort et marcher droit sur ma route sans dévier, exactement comme je l’ai fait durant ces trente jours en cuisinant chaque soir, en prenant le temps, en ne cédant jamais à la facilité d’un grignotage ni en découvrant que la faim était en partie une illusion née de l’habitude qu’on en a. J’ai déjeuné ce matin mais j’ai réduit les quantités, je n’ai pas, en revanche, hésité à boire beaucoup, énormément d’eau. La soif est quelque chose de très vicieux, on ne la ressent pas, mais on la ressent quand même, très profondément. J’ai perdu 3/4 kilos.
Et puis cette fin de Ramadan, confuse, entre une quasi-unanimité à interrompre le jeûne mardi, et la Malaisie qui décide pour mercredi. Je me suis aligné sur la Malaisie. Quand on fait quelque chose volontairement, on ne peut pas tricher, je ne pouvais pas célébrer l’Aïd le mardi car c’eut été un peu comme me débarrasser du Ramadan puisque le lundi soir, ici, il était certain que ce serait mercredi. Confusion certes autours de moi, mais pour moi, en moi, un roc.
J’ai mercredi matin fait un grand ménage sur ce site, supprimé plein de plug-in que je n’utilisais pas ou qui ne marchaient plus et ralentissaient mon site. J’ai aussi mis à jour le mois, et voici donc ce site parfaitement au point. En fait, j’ai passé un mois à revoir mes priorités dans ce que je fais et dans comment je le fais. Mon appartement est ainsi bien mieux rangé, bien plus propre. Pas qu’il ne le fut pas avant, mais j’ai jeté des choses inutiles et tout est bien plus accessible et pratique qu’avant. Je crois que c’est aussi cela, ce mois. En donnant de l’importance à un mois en particulier, on apprend à regarder sa vie, ce qui nous entoure, comment on vit. Il y a eu une semaine remplie de regrets, où je me suis jugé très sévèrement, et puis vient le moment des solutions pratiques. J’ai en un mois beaucoup avancé.
Alors voilà le mois de juin, les températures sont désormais très agréables et nous entrons dans le 梅雨, la saison humide (je vous ai déjà expliqué pourquoi je n’aime pas le terme de « saison des pluies » qui ne colle pas du tout au Japon). On en ressent déjà les premiers effets mais visiblement, la pluie est arrivée.
J’arrête ici ce billet qui sera donc très court, je voulais juste dire bonjour et célébrer avec retard, d’une façon très modeste et très discrète l’Eid el Fitr. Car comme je vous le disais, je suis désormais dans la perspective de reprendre tout de zéro. Pas recommencer, pas supprimer. Non, reprendre de zéro en utilisant tout ce chemin parcouru, tout ce qui a été construit, sur ce blog et dans ma vie. Quelle plus belle occasion que cette nouvelle journée après un mois de jeûne et d’introspection que de reprendre une route, modestement, sans clinquant. Mais solidement. (billet écrit mercredi matin, légèrement retouché)
Bonne journée.

Un billet ordinaire

Autoportrait. Boutique Serge Lutens, jardin du Palais-Royal, Paris. 1er janvier 2019.
(suite…)Je ne cherche pas à plaire, je raconte et je partage.






















