Allez, la Bulle, c’était aussi valable pour les hommes… Encore plus que le look des filles et du chanteur, repérez la “composition géométrique” de couleurs primaires héritée des années 20 et fort utilisée dans les années 80… Mieux qu’une vidéo, un témoignage !
Catégorie : mémoire

WINK
WINK : les vraies ancètres des Morning Musume, mais à 2. Bref, c’est archi-mauvais, mais ça vous signe une époque comme personne. Une bonne grosse tranche de Bulle.
La célèbre “Voyage-voyage” par WINK… Vive la Bulle !

Au risque de me répéter… Ollano feat. Helena, Latitude
Revoilà le week end…
Bonne nuit
De Tôkyô
(une de mes chansons préférées des années 90, définitivement)
Nakayama Miho, Waku Waku, 1990
Je ne pouvais pas résister à vous montrer celle-là… Essence de “La bulle”, Le Japon en 1990, la bourse au sommet! Ça ne se commente même pas, ça se regarde. Les 80’s des 80’s, avec de l’or noyé dans les actions achetées à crédit pour acheter de l’or avec des actions dedans.
BODIKON ATTAK !
Pourquoi “la bulle” ?
“The Moritaka”… 1989, en pleine bulle.
La Bulle, c’est l’éclosion d’une incroyable bulle spéculative dans l’immobilier ainsi qu’à la bourse sans aucune mesure avec les Etats-Unis ou l’Europe à la même époque. Un phénomène plus comparable à ce qui s’est passé dans les années 20. La “Bulle” a ainsi été à l’ère de la dérégulation ce que “les années folles” ont été à la société de masse naissante des années 20.
Au Japon, ainsi, on se mit à s’endetter pour placer en bourse en hypothéquant sa maison dont, théoriquement la valeur devait doubler dans les 6 mois… Ainsi, au bout de 6 mois, on avait non seulement doublé sa mise en bourse mais en plus doublé sa capacité d’endettement. Et ainsi de suite, et tout cela durant 3 ans… La santé florissante du Japon (car ce phénomène dopait la croissance au moment où celle des USA s’applatissait après le krach de 86) aspirait les capitaux en entrainant la survalorisation de la bourse et en surenchérissant le Yen. Début 90, le PIB Nippon dépassait le PIB américain. Du jamais vu.
Autant dire que c’est un sentiment de richesse qui s’est répendu alors à toutes les couches de la société, comme dans les Années Folles. En regardant des photos de l’époque, ce qui me vient à l’esprit est une impression de sublimation extrème des idéaux esthétiques des 80’s. La Bulle, c’est les 80’s dans les 80’s, en quelque sorte.
Ca mérite un blog spécialisé. Non ? (Ce blog a été supprimé en 2008, les articles intégrés, 8 fév. 2008)
Un brin de soleil…
Vous savez quoi, je n’ai pas envie de vous parler du Japon, aujourd’hui… Mon frère m’a envoyé un truc disco ( très mauvais, let’s all chant… enfin, comme si ça pouvait être bon…) alors je me suis lancé dans la quète effrénée vers d’autres horizons disco. Remix 00%, que du vrai, et si possible, avec le craquement de surface du vynil, de ces vynils rouge, rose, bleu ou jaune ou encore avec la photo du chanteur… C’est que j’ai été Disco, moâ, môssieur ! Je devais avoir treize ans, ça a été le moyen de me faire un joli paquet cadeau qui me sert toujours :
– m’habiller gratos en piquant les sapes de mon paternel (années 50/60 garanti, tendance Le Kabyle sappeur qui sortait dans les bals… he he he…)
– ne pas penser que mon père venait d’être licencié de son usine et que la grande pauvreté commençait, que désormais, ce serait mon père et ma mère qui, tous deux, seraient dépressifs… !
– de commencer à penser à mon corp et à ma sexualité, si si…
– de me doter de mon imaginaire à moi !
Bref, ce fut ma crise à moi. J’en suis sorti trois ans plus tard gauchiste, rocker ET gay outé dans tout le lycée. Fallait le faire, pour un fils de prolétaire immigré, complètement inhibé pendant tant d’années, sans réels amis. Ma meilleurs amie (mes amis ne m’en voudront pas que je range Frédérique dans la case “meilleur amie”, cela fait 28 ans qu’on se connait), je l’ai rencontré cette année là. Ma Disco attitude lui sortait par les trous de nez ! Peut être elle avait raison, mais je crois surtout que nous conviendrions aujourd’hui qu’on était tous les deux un peu con… On a le droit d’être con, à cet âge, ce n’est qu’une question de vêtements, de copain et de copine. Plus tard, ce sont des questions d’enfants à garder ou de bombes atomiques : c’est beaucoup plus embêtant…
J’étais Disco. Cette année là, le 31 décembre, comme mes parents ne fêtaient pas (pas de sous, plus d’amis, etc… la coquille qui s’est fermée, allez oust, y’a rien à voir), j’ai regardé la TV. Ce soir là, Mourousi présentait la soirée de Nouvelle Année. Une discothèque immense, des lasers, des gens en tenues paillettes, des gens “déguisés”, et de la musique Disco… A 13/14 ans on est facilement impressionable et pour le coup je le fus, impressionné. Je n’étais plus dans cet appartement que la tristesse tous les jours grignotait un peu plus, non, j’étais au Palace ! Un Palace en noir et blanc, mais que mon imagination nourrissait des couleurs apperçues dans les magazines… Une amie d’enfance, Zozo, y allait, au Palace. Nous n’en avons parlé que l’hivers dernier quand je l’ai revue : elle a 10 ans de plus que moi, mais déjà à l’époque, quand je la croisais, je savais qu’elle n’allait pas dans une boîte ordinaire. Elle m’a raconté qu’elle, la fille d’un Algérien fainéant et asthmatique et d’une Italienne femme de ménage de 5 heure du matin à 10 heure du soir 365 jours sur 365, elle y allait : elle piquait des robes de sa mère qu’elle “réinterprétait” à sa manière, bref, elle rentrait. Ceux qui parlent de videurs, donc, ne savent pas de quoi ils parlent : à cette époque là, ce n’était pas une question d’argent, c’était une question de look.
Pour moi, c’était le rêve… C’est que j’en avais fichtrement besoin, de rêve. C’est que j’avais ma propre dépression à gérer. On en parle bien peu, mais les enfants aussi sont dépressifs ! Moi, comme tous les dépressifs “analysés”, j’ai appris à vivre avec ma dépression, à en reconnaître les symptomes quand ils se manifestent, à relativiser mes sensations. Ca marche ! Je sais pourquoi j’ai tel ou tel symptome, et ça aide !
Je ne m’en plains pas : c’est justement ce profils dépressif qui m’a aidé à sortir de cette coquille fermée qu’était la maison où notre mère nous avait enfermé. Avec l’assentiment, passif, de notre père. Moi, ça a été Disco ! Si j’ose écrire que le Disco m’a conduit à lire (de moi même, sans obligation scolaire) Sartre, Balzac, Madame de Scudérie ou Crébillon, à écouter des musiques anciennes sur instrument d’époque (dès 85/86 : oh, le choc, le premier truc écouté : instruments qui grincent, rythmes accélérés, vite, jeter ce disque, une vraie merde, mais qu’est-ce que c’est que ce truc, et puis, réécoute et là, torrent de larmes, merci monsieur Trevor Pinnock). Si j’osais même aller jusqu’à dire que si je suis au Japon aujourd’hui, c’est parce que j’ai été Disco… ! La tête de ma mère quand j’écoutais Donna Summer, celle de mon père devant ma fascination pour Travolta. Mes parents nourrissaient pour moi de grandes ambitions, à la hauteur de leur représentation de la société et du monde : mon père me rêvait cadre, ma mère se vivait à travers moi, écoutant Frank Pourcel et Maurice Jouvin ou Luis Mariano : je devais en faire autant, forcément… Alors Disco… La politique m’a rapproché de mon père mais la vie m’en éloignait. Quel rupture, donc, Disco ! C’est que moi je ne fais jamais les choses à moitié. Tenez, mon deuxième séjour au Japon : 7 semaines ! Quand je dis ça à mes étudiants, ils hallucinent. 7 semaines, c’est si cher. Ben ouais ! Disco ! que j’ai envie de leur dire ….
J’ai, enfin, réussi à trouver sur le net THE le morceau qui pour moi incarne le mieux cette époque. Et vous savez quoi ? J’ai décidé de vous en faire cadeau : bref, regardez la vidéo…. Peut être 99% d’entre vous ne comprendront pas ce que j’entends dans ce morceau, extrèmement mauvais. Mais je vais encore oser écrire un truc : le jour où on saura refaire un truc pareil comme à l’époque, sans se la pêter dans une époque de videurs à oreillettes, de jetsetteux en jeans, mais, comme à l’époque, avec l’esprit de la fête gratuite, en faisant un effort, c’est à dire, en s’habillant en princes et en princesses d’une nuit, pour rire, Africaines superbes en cheveux blonds, Norvégiennes tout droit sorties d’un Conte des Milles et Une Nuits…, et qu’on ne me dise pas que c’est une question de fric, hein, non, c’est qu’une question de goût, hein, bref, ce jour là, ben, la France sera guérie ! Parce que cet état d’esprit, c’est constructif, ça fait du bien. Aujourd’hui, en France, soit tout est grave, soit tout est cher. Même vos jeans “de d’la night” (Angela, Le Loft) sont chers. Dans ma fête, comme à l’époque “ne me dis pas d’où tu viens, montre moi plutôt ce que tu en fais”… Alors, le dit morceau, c’est çà. C’est mauvais, ça m’a fait rire, de le retrouver, avec ses craquements d’origine… Marcher sur de la musique… Faut vraiment n’avoir que ça à faire…
Bon, je vous laisse… Faut quand même que j’aille bosser… Pour le coup, Disco !!!! Il fait beau !!!!
De Kagurazaka prêt pour aller à Ginza,
Complètement Disco,
Suppaiku
Week end
J’ai mis de la mauvaise musique en fond, enfin, je suis injuste, disons de la “variété”. 宇多田ヒカル/Utada Hikaru. Je crois que j’ai tout, d’elle. C’était mon époque mp3, quand je téléchargeais tout ce qui trainait… Là, c’est カラーズ/colors. Qu’est ce que ça a du être redoutable, ce tube… C’est resté 3 mois à l’Oricon. Pub Toyota. Vidéo clip… tout a concouru à maintenir les ventes et la présence partout… Je l’ai vécu avec 平井堅/Hirai Ken, l’an dernier. Un tube, au Japon, c’est terrible…
J’aurais presque envie de dédier ce jour à Colors, pourtant… Etrange ? Non… C’est une histoire curieuse, marrante, et puis triste, et puis refoulée, et ce n’est aujourd’hui plus qu’une chanson. Je vous laisse juge, je la mets en chargement avec ce titre, si ça vous chante.
Cette chanson, c’est exactement l’époque de ma contamination. Je me souviens avoir téléchargé la pub à mi-janvier 2003 sur le site (génial) de CM Japonaise de Laurent Magnani, avant qu’il ne change sa formule suite à divers piratages. Maintenant, j’avoue, j’y prends moins de plaisir… A l’époque, on pouvait trouver chaque jour de nouvelles pubs. Je le remercie au passage, je trouvais ainsi un peu de ce Japon qui commençait déjà à me manquer très fort. C’est qu’à ce moment, je n’y avais pas encore mis les pieds…
Je bossais beaucoup à ce moment là, entre BNP Paribas le jour et l’INALCO le soir… De vraies journées de dingue. Je relachais donc le vendredi soir et généralement j’arrosais pas mal la soirée et finissais dans tel ou tel bar, entre telle ou telle main. Autant dire que tout attentif que j’ai pu être dans mes rapports sexuels, je n’ai pas été assez vigilant. Mais il faudra tout de même qu’on m’explique pourquoi des mecs décident, eux, de n’en avoir plus rien à faire, refiler le HIV.
(Je suis toutefois très content sur un point, c’est que ce mec n’a pas gagné, malgré ma contamination. Je ne lui ressemble pas, et pour ma part, je suis guéri : je souris sans me forcer, je fais la gueule quand j’en ai envie, et je réécoute Colors… Lui, il doit continuer à de moins en moins être beau, à contaminer comme il peut, bref, à être minable. Je le plains car je sais qu’il va vieillir vite, et qu’il est même déjà assez vieux, un pied dans la tombe… Pas une tombe réelle, non, mais une tombe dans la tête, une pente qui descend, un mauvais karma… Et puis j’ai gagné aussi car je ne m’en veux plus, de m’être fait contaminé, et la médecine est à ce sujet d’un très grand réconfort. Le VIH n’est pas mon histoire, il n’est pas ma vie. Le VIH fait juste parti de mon histoire, il est juste dans ma vie. Avec Ozu, Greenaway, Barbara, Sheller ou Ferré, avec mon IBook G4, avec mon dico électronique de japonais, avec mon voyage au Japon de dans 15jours. Etc. Avec mes amis. Les barebakers n’ont pas dépassé le stade SIDA, le VIH est leur vie, baiser sans capote est comme une activité à plein temps, qui donne un sens à tout le reste. On m’a éjaculé dans la bouche. Après tout, c’est des choses qui arrivent, et en soi, je trouve cela assez cocasse… Mais je ne sais pas si vous me suivez, là… quand je dis cocasse ! Enfin, j’avais rien vu venir, j’étais saoul, j’avais rien demandé à personne, et ça tombais à pic, je sortais d’une angine, avec de jolies petites irritations qui ne demandaient que ça ! Cela étant, d’après le médecin, à la vigueur de ma primo infection, il suppose que le gars était lui même en primo infection… Ah, je vous jure ! Et après je chipote et je ne veux pas voler avec AEROFLOT… Ces mecs, c’est le VIH, qu’ils aiment et qui les fascinent, pas le sexe ! Moi, j’adore le sexe ! C’est ludique, distrayant, et en plus il y a plein de trucs marrants qui font beaucoup de bien, non seulement à soi, mais dans le plaisir et le jeu partagé. Dans un vrai rapport sexuel, il n’y a pas de domination, il n’y a que du plaisir égoïste et partagé à la fois… Voyeurisme, torture, folie des grandeurs, etc, tout est possible ! Je trouve ça sympa… )
Je sortais beaucoup et donc, Colors était le tube du moment. Clip (à regarder si ce n’est encore fait, en chargement sur le titre). Pas que j’aimais la chanson, non. Mais c’était mon nouvel ordinateur IMac G3 600 et le haut débit dégroupé de Free, le téléchargement facile, et puis un vague côté 80’s, minimalisme, géométrie de base, musique répétitive. Il faut avouer qu’Utada Hikaru s’est surpassé à ce moment là. 桜ドロプス/Sakura drops avait déjà été un tube, avec un très joli clip où elle était une de ces Princesses de la lune qui hantent les légendes anciennes de la Chine et du Japon…
Après avoir appris en mai 2003 que j’étais séropositif, je n’ai plus pu entendre ce morceau, comme associé de fait à un bonheur perdu, un monde ancien et désormais inabordable.
C’est qu’avant cela, ç’avait été sympa : l’INALCO m’avait rapproché du Japon, j’y avais rencontré de nouvelles personnes, et puis j’avais repris le travail à BNPP, c’était méga speed, à Opéra, j’avais perdu du poids, j’étais végétarien, j’avais achevé ma thérapie, je m’envolais, quoi ! Je projetais de déménager, partir enfin au Japon, j’avais 2 correspondants là bas… Et alors c’était enfin l’éveil de ma libido après un très long sommeil. Autant dire que la séropositivité, ce fut plus qu’une claque.
Un arrêt brutal, sans avertissement, sans bande d’urgence, avec le monde qui passe à côté, un sentiment d’injustice, une envie de mourir.
Alors Colors…
Je me souviens aussi du générique si triste de l’animé フルーツバスケット/Fruits Basket… とても嬉しかったよ、君が笑えかけっていた… Ca me faisait chialer… On devient con, quand on chope un truc pareil après avoir traversé l’époque qu’on avait traversé. Ces visages qu’on ne voyait plus, le sentiment d’être un survivant…
Je suis parti au Japon comme un soldat va en permission. Heureux mais crispé, conscient des batailles qu’il y aura à livrer. Mon obsession était d’échapper au traitement, de ne pas être malade.
Hum…
L’année qui a suivi est comme un long hivers, entre deux étés : mon voyage en septembre 2003 et mon voyage de 7 semaines en octobre novembre 2004. J’ai fini par lacher l’Inalco, et j’ai même fini par regrossir, arrêter la piscine, remanger de la viande. Mais mon voyage de décembre janvier, voyage surprise, m’a réveillé. Ca a été l’électrochoc total.
J’ai redécouvert l’imprévu, le sexe (Takeshi était un très bon amant, con, mais très bien de ce côté là), j’ai enfin pu tout relâcher. A mon retour, et même si j’ai pris beaucoup de poids, j’ai enfin recommencer à penser en terme d’avenir. A me dire que c’est maintenant ou jamais.
Bref, c’est maintenant depuis mars de cette année.C’est décidé à commencer un traitement que j’ai revu mon médecin fin mai. C’est pour cela que je retourne à l’Inalco plutôt que partir pour Londres, et c’est sûr que je boucle aussi mon année. Même si quand j’écris cela, je n’y crois pas du tout. Mais je sais aussi que ce n’est qu’une question de travail. Et que c’est cela, et seulement cela qui me sortira vraiment de ma torpeur. Qui me remettra dans ma direction.
Et c’est ainsi que désormais Colors devient une chanson souvenir. Une vraie soupe, mais qui me rappelle des souvenirs forts. Tiens, comme deux garçons très différents.
En 2003, en février, je suis rentré un matin avec un très très beau Chinois de Shangai, 22 ans. Vraiment très très beau. On a fait l’amour, c’était très bien. Eh bien, c’était cette nuit là que j’ai fini le chargement du clip… Et puis le 31 décembre, après une soirée chez Stéphane et Véro, vers 5 heures du matin, cet autre petit Chinois tout mignon d’à peine 20 ans, sur un quai de métro, on arrive chez moi, il a flashé sur le clip. Il m’a demandé de lui passer au moins 5 ou 6 fois. Souvenir amusé. Il était assis sur mes genoux… J’ai perdu le premier quand il est parti, j’ai eu du mal à me débarrasser du second… Le monde est mal fait…
Voilà, je vous laisse écouter Utada Hikaru. Et je me dis que j’ai eu quand même beaucoup de chance de ne pas avoir vécu cela au moment de La danse des Canards…








