Sur pied !

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小石川後楽園, dimance apres-midi. Cette poussee de rouge ne dure que quelques jours. Tres rapidement, la couleur s’oxyde, vire au brun/mauve et tombe. Parfois, la feuille se recroqueville un peu avant. En quelques jours, ce flambloiement cede la place a la grande desolation de l’hivers…

Qu’est-ce qu’il y a comme expressions sollicitant le pied…
Bon pied bon oeil, prendre son pied, au pied leve, pied d’estale, etre sur pied, se lever du pied gauche, a pied leve… J’en oublie certainement. C’est assez normal, car finalement, cela veut d’abord dire etre debout. Bref, me concernant, ma foulure est globalement guerie. Il ne me reste plus qu’une vilaine sequelle, celle d’une blessure au menisque il y a dix ans : j’ai alors eu quelques problemes de circulation sanguine dans le genoux gauche et fait ma premiere varice; celle-ci se rappelle a moi depuis quelques jours. Ce n’est pas vraiment douloureux. J’oserais presque dire que c’est pire. C’est lancinant et, cette nuit, cela m’a reveille et empeche de me rendormir. La douleur n’est pas localisee, elle est un peu ici, un peu la et, quand elle s’endore la, ce n’est que pour revenir par ici. Ou alors, elle ne revient pas mais le souvenir, la crainte qu’elle puisse revenir m’eloignent du sommeil…
Depuis un peu plus de quinze jours, mon activite est fortement ralentie. Cela n’empeche pas quelques promenades, comme samedi a Kasai Rinkai Kouen, ou bien dimanche a Koishikawa Kourakuen. Pour la premier fois, j’ai vu les erables totalement rouges, bien plus rouges que ce que j’avais vu a Kyoto il y a trois ans.

Les jardins japonais differrent de nos jardins a tous egards. Tout d’abord, il n’est pas rare qu’on s’y sente comme au milieu d’une foret, avec des chemins tordus et des arbres entourses de broussailles, de mauvaises herbes et de futaies. Ces mini neo-forets sont composees de plusieurs varietes d’arbres; ausi, en toutes saisons, les teintes sont variees, d’une tres grande richesse. A 小石川, il y a un paysage de printemps, avec ses cerisiers en fleurs et peu de feuilles, un paysage d’ete, d’une infinite de verts, un paysage d’automne ou chaque espece tirera plus ou moins vers le roux, le rouge ou le jaune. Et puis un paysage d’hivers ou ce seront principalement les pains et les camelias (椿/tsubaki) qui apporteront un peu de vert et de couleurs au milieux des arbres decharnes.

紅葉. Dites “momiji” (erable) ou “kouyou”, l’epoque ou les feuilles rougissent. C’est le pendant automnal de 花見, hanami, la saison des cerisiers. A la nuance pres que les Japonais celebrent reellement l’arrivee du printemps a coup de pic-nics arroses de sake et de biere,, de “sakura mochis”, mais ne font que constater l’arrivee de l’hiver en arpentant parcs et jardins aux feuilles multicolores. Ce moment est un moment rempli de nostalgie, la nature jete ses dernieres energies avant de s’engourdir puis s’endormir au detours du 正月, vers les 30 et 31 decembre. Plus tard, quand l’annee aura bien avance, on observera les premieres pousses des pruniers, cette annonce du lent reveil de la nature dans le froid percant de fevrier.

Dimanche, nous avions prevus d’aller a Kamakura (enfin, j’avais soutenu que je serais capable d’y aller), mais j’ai renonce dans la soiree de samedi apres notre promenade a Kasai Rinkai : mon pied fatiguait fort apres a peine une heure de marche. Cela etant, depuis vendredi, je pouvait reposer mon pied normalement sans avoir cette position de “pointe” que l’on a quand on a le pied foule.
On a bien fait de ne pas y aller. Je l’ai compris des le premier escalier a Koishikawa! J’ai senti toute la fragilite de ma cheville et j’ai passe mon temps a avoir peur de me refaire mal. Un rien reveillait les douleurs de ce pied encore convalescent. J’ai toujours ete adepte de guerir le mal par le mal, mais meme si la promenade fut extremement agreable, c’est avec une certaine satisfaction que je retrouvai la maison. A Kamakura, j’aurais vecu l’enfer tres rapidement, et j’aurais certainement partage avec Jun -nous nous sommes donc epargnes ca!


On regarde pas mal de videos pour s’occuper. J’ai ainsi montre a Jun 秋刀魚の味/Le gout du sake (en fait, ce n’est pas du sake, mais d’un poisson que l’on mange grille quand arrive l’automne), de Ozu. Et puis nous avons regarde Paris je t’aime, ce film sorti en 2006 et compose de courts metrages sur Paris, tel que je l’ai quitte l’an dernier. Dans un mois, j’ecrirai “2 ans”… Comme le temps passe… Stephane et Vero seront bientot de nouveau parents et Helena, leur fille ainee, qui ient de feter ses douze ans, sera de nouveau confortee dans son role de grande soeur tandis qu’Emilie pourra enfin jouer la grande avec le petit garcon qui s’annonce. Nouvelles familliales. C’est un peu ca, Ozu, le temps qui ne s’arrete pas et les etres qui avancent dans le chemin de leur vie. Stephane qui nous ecrit que “Héléna vient de fêter ses douze ans, je me rappelle très bien qu’avec Nico et Suppaiku vous étiez parmi les premiers à lui rendre visite, son gros nounours est toujours dans sa chambre.” et Nicolas de repondre que “Oui c’est rigolo que tu rappelles ce moment, je me rappelle que le jour de la naissance d’héléna on a bu quelques (!) kirs au “ponch bar” avec madjid et que j’étais (une fois de plus) en plein chagrin amoureux et il y a quelques jours en me baladant dans ce quartier j’ai fait un petit détour pour revoir ce lieu. J’ai hésité à entrer boire un coup mais finalement… non.”… Ah, le Punch-bar, a Parmentier, un bar d’angle sans nom derriere une grande devanture noire, un patron qui ressemble un peu a Robert Smith, un grand piano de cabaret recouvert de petits miroirs, dans ce quartier qui vers 94/95 etait en pleine mutation, juste avant la mode. Le patron, je l’ai croise a l’enterrement de Barbara, ben oui, c’etait il y a douze ans. Il y avait aussi Higelin et Brigitte Fontaine avec de grosses lunettes noires. Peut-etre qu’elle pleurait. On etait une centaine. J’ai entendu chanter le patron, ma plus belle histoire d’amour ou autre chose, je ne sais plus bien, j’ai compris, alors, le piano, l’endroit. Il a quitte l’endroit peu de temps apres. On a longtemps regrette notre bar sans nom, notre punch-bar. Parce qu’il y avait des punchs pas chers, et qu’on etait fauches.
J’ai commece la grand menage d’hivers, j’ai jete des tonnes de ces prospectus qu’on vous refile quand vous allez au musee, ici, et que je gardais par je ne sais quel fetichisme. J’ai garde les tickets; mais ca prend beaucoup moins de place… Mon “loft” est redevenu habitable : c’est tellement petit qu’un rien l’encombre.
J’ai aussi retrouve le “debat” Segolene/Sarkosy. Ca meriterait une redifusion : la competence etait du cote de Segolene. J’en ai ete vraiment tres surpris. On en garde le souvenir d’une personne qui ne savait pas ce qu’elle disait mais a l’arrivee il n’y a pas photo.
Derniere journee de convalescence aujourd’hui.

commentaires

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  • Tiens c’est drole , j’ai fredonne l’aigle noir toute la journee …et je recommence maintenant .

    Paroles et Musique: Barbara 1970
    © Warner Chappell Music France
    autres interprètes: Patricia Kaas, Florent Pagny, Thierry Amiel (2003)

    ——————————————————————————–

    Un beau jour, ou peut-être une nuit,
    Près d’un lac je m’étais endormie,
    Quand soudain, semblant crever le ciel,
    Et venant de nulle part,
    Surgit un aigle noir,

    Lentement, les ailes déployées,
    Lentement, je le vis tournoyer,
    Près de moi, dans un bruissement d’ailes,
    Comme tombé du ciel,
    L’oiseau vint se poser,

    Il avait les yeux couleur rubis,
    Et des plumes couleur de la nuit,
    A son front brillant de mille feux,
    L’oiseau roi couronné,
    Portait un diamant bleu,

    De son bec il a touché ma joue,
    Dans ma main il a glissé son cou,
    C’est alors que je l’ai reconnu,
    Surgissant du passé,
    Il m’était revenu,

    Dis l’oiseau, ô dis, emmène-moi,
    Retournons au pays d’autrefois,
    Comme avant, dans mes rêves d’enfant,
    Pour cueillir en tremblant,
    Des étoiles, des étoiles,

    Comme avant, dans mes rêves d’enfant,
    Comme avant, sur un nuage blanc,
    Comme avant, allumer le soleil,
    Etre faiseur de pluie,
    Et faire des merveilles,

    L’aigle noir dans un bruissement d’ailes,
    Prit son vol pour regagner le ciel,

    Quatre plumes couleur de la nuit
    Une larme ou peut-être un rubis
    J’avais froid, il ne me restait rien
    L’oiseau m’avait laissée
    Seule avec mon chagrin

    Un beau jour, ou peut-être une nuit,
    Près d’un lac, je m’étais endormie,
    Quand soudain, semblant crever le ciel,
    Et venant de nulle part,
    Surgit un aigle noir,

    Un beau jour, une nuit,
    Près d’un lac, endormie,
    Quand soudain,
    Il venait de nulle part,
    Il surgit, l’aigle noir…

    Tu l’as chantee aussi ?

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