Pot pourri pour la Saint Louis

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Le 25 août est la Saint Louis. Je le sais, car le second prénom de ma mère est Louisette. Petite Louise.
Louis était le prénom de mon grand-père, et ma mère aurait aimé que je me prénomme Louis, ce dont il fut hors de question pour mon père. Lui aurait aimé que je me prénomme Muhammed, mais la perspective d’avoir un fils prénommé Mohamed (c’est la transcription française de ce prénom, vous noterez la très sensible différence) avait véritablement effrayé ma mère. Ils se mirent donc d’accord sur Madjid (le magnanime, une des 99 qualités de Dieu), et ma mère demanda à mon père d’inscrire Louis en deuxième prénom. Mon père, évidemment, ne s’exécuta pas.
Il suivit en cela la tradition familiale. Il se prénommait Mohand Ouidir (Mohand est Muhammed en Kabyle et signe ici l’origine religieuse et maraboutique de ma famille, et Ouidir est un prénom typiquement Kabyle, vous connaissez tous le chanteur Idir, il s’agit du même prénom, écrit en pur berbère et donc ne comportant pas la prononciation à la Kabyle que l’on retrouve, si savoureuse à mes oreilles, dans Ouidir). Mais ma grand-mère, elle, avait choisi un autre prénom. Akli. Et ainsi, toute sa vie, mon père fut ainsi appelé Akli, démonstration s’il en était besoin de la profonde survivance des structures matriarcales méditerranéennes dans les mentalités, en Kabylie, et cela bien que son prénom officiel fut Mohand Ouidir. Ma mère, française, n’eut pas cette chance car la France est depuis longtemps profondément imprégnée de valeurs patriarcales. Et donc jamais on ne m’appela pas Louis.
J’aime mon prénom, et je remercie mon père d’en avoir choisi un si joli à la signification si forte, si exigeante.

Premier billet donc pour un nouveau cycle. Je me revois, il y a 7 ans, devant mon eMac, écrivant mon premier billet. Hésitant.
L’idée de départ était assez simple, en fait. Je préparais mon départ pour Kyôto, et j’avais entendu parler des blogs, j’en avais vu quelques uns, cela me semblait l’outil idéal pour raconter mon voyage. Et puis, je voulais aussi raconter un peu plus, il fallait que ça sorte, comme on dit. Non pas que je voulais me libérer de quoi que ce soit, mais plutôt parce qu’il me semblait évident que raconter le plus à mon sujet m’aiderait à mieux raconter ce qui m’entourait, et que mes lecteurs ne s’offusqueraient de rien. J’avais donc dés le départ défini un cadre, celui d’une subjectivité honnête, et je crois m’y être astreint avec succès. Je n’ai jamais menti, jamais dissimulé, juste parfois arrêté à une borne qui me semblait pertinente.
Les journalistes devraient réfléchir à ce type de limite : raconter qu’il y a eu un accident de train ayant fait une centaine de victimes et qu’une autre centaine semble encore piégée dans les taules des wagons est amplement suffisant. À quoi servent les images ? Elles ont beau être « vraies », elles mentent, elles manipulent, elles effraient, elles produisent un mal supplémentaire, inutile. L’exemple est extrême, mais voilà pourquoi je pense que le vérité est avant tout une question d’honnêteté avant d’être une question d’objectivité, de « transparence ».

Aujourd’hui, l’air est humide, moite, lourd. Jun, ce matin, s’est réveillé en sursaut à cause de la foudre. Le temps a été visiblement plus calme par chez moi, mais il n’est est pas moins orageux. L’été se termine de façon presque normale, quand il avait commencé de façon soudaine, écourtant la saison des pluies.
Si l’automne, au Japon, commence bien fin septembre, il y a un avant-automne, fait de typhons, d’orages, de soudaines montées et descentes des températures, qui s’étale de la seconde moitié du mois d’août à la fin du mois de septembre. Ensuite, tout devient beaucoup plus stable et ne va pas sans évoquer le printemps ouest européen : les températures se font chaque soir un peu plus fraiches, mais douces, le ciel est presque invariablement bleu, même si sa couleur, insensiblement, se fait chaque jour un peu plus pâle.
Et puis, on se surprend à guetter la couleur des feuilles.
Quand les érables rougissent, nous sommes aux portes de l’hiver et la mélancolie qui sommeillait en nous depuis la fin du mois d’août redouble. On est un peu triste, car il va bientôt faire froid, et l’année va se terminer. Chaque année, j’éprouve un peu plus ces sentiments qui font le fond de l’âme japonaise et avec lesquels je communie.
Cette année, on aura en plus, au fond du coeur, le désir secret de passer à l’année prochaine.

Couleurs d’automne

C’est étonnant, le Japon. Autrefois, je trouvais cela un peu étrange, cette précipitation à penser à la saison prochaine. Et me voilà qui, chaque année un peu plus, ressens la même émotion.
Mon coeur est définitivement du côté de l’automne, et cette particularité japonaise satisfait ma nostalgie de l’enfance, quand la rentrée était au début du mois de septembre, annonçant l’automne, mon anniversaire et l’odeur des feuilles de platanes tombant dans la cours de récréation.
Le Japon me ramène, souvent, du côté des sensations de mon enfance, et c’est une sensation agréable.

J’ai donc, vous le découvrez maintenant si vous ne l’aviez pas vu un peu plus tôt hier en soirée, changé l’apparence de mon blog. Et je l’aime comme ça.
C’est moi. C’est le niveau zéro, le départ, la base. Aucune fioritures.
J’ai juste mis une petite horloge sur le côté, trouvée sur le site De tout pour faire un monde, un gadget du distributeur Uniqlo, pas parce que j’aime Uniqlo, mais parce que j’ai trouvé l’idée bien, simple elle aussi, et puis c’est filmé un peu partout dans le monde, et ça ressemble à mon voeux pour ce pays, s’ouvrir de nouveau au monde, partir à l’aventure. Et puis c’est aussi très simple, très « Muji », très scandinave. On en oublie que c’est Uniqlo pour ne voir que des danseurs dans une vidéo contemporaine, pas au sens « avant gardiste », concept totalement dépassé, mais juste « de notre temps ». Ma façon de dire, moi-aussi, 頑張れ日本!

Le gouvernement, la semaine prochaine, devrait changer. Maehara Seiji devrait devenir le prochain premier ministre. Il est de droite, comme les autres, mais il a quelque chose que j’aime bien. Je ne sais pas trop quoi… Essayons de comprendre.
Peut être, d’abord le fait que, malgré ses 49 ans, âge incroyablement jeune dans la politique japonaise, et française aussi, il n’est pas marié. Yoshinobu, qui vient d’Osaka, m’avait dit que « tout le monde », dans le Kansai, savait qu’il était homosexuel. Je ne sais pas si c’est vrai, mais il en a toutes les apparences : il est soigné, dégage une élégance sobre et puis, avouons-le, c’est le plus beau des hommes politiques japonais actuels, les autres sont tellement vilains.
Ensuite, et cela est certainement la vraie source de ma sympathie pour lui, il est le député de la seconde circonscription de Kyôto. En se promenant dans la ville, partout, on voit son visage. En 2005, je l’ai même filmé, devant le temple Chion-in, vers Gion.
Les élections arrivaient, ce fut un ras de marée pour le parti conservateur LDP, et le leader du Parti Démocrate DPJ, Okada, donna sa démission. Quand je quittai le Japon, alors que Hamasaki Ayumi dominait les charts, que son poster en kimono de 30 mètres de haut dominaient la grande artère centrale d’Osaka pour les appareils photo Lumix, effaçant sa longue traversée du désert entamée en 2002, alors que le premier ministre ultra-conservateur et ultra-nationaliste Jun’ichiro Koizumi semblait inamovible et renforcé par la victoire électorale de son parti, Maehara Seiji, élu de Kyôto, fut désigné nouveau président du Parti Démocrate DPJ.
En France, les mois suivants, je pus suivre ses efforts pour déstabiliser Koizumi en tapant là où le bilan faisait mal. L’appauvrissement des classes moyennes, le socle électoral urbain du parti conservateur LDP. Son équipe, aussi, contrastait par sa très nette féminisation, assez inhabituelle, ainsi que par une moyenne d’âge nettement plus jeune. J’en garde comme une note d’espoir, et la façon dont il fut amené à démissionner à la suite d’une obscure machination me conforta dans ma sympathie. Je lui dédiais un billet, en avril 2006.
L’histoire. En février 2006, un de ses proches révéla à la presse posséder un email prouvant l’implication du premier ministre dans une histoire de corruption. Il le tenait d’un informateur anonyme. Maehara soutint ce proche. Le mail, très rapidement, s’avéra être un faux, la presse se déchaina contre Maehara, il y eu une fronde dans le Parti Démocrate, menée par Naoto Kan, l’actuel premier ministre, et Ozawa Jun’ichiro, le politicien le plus véreux de toute l’histoire japonaise des 20 dernières années.
Maehara démissionna, Ozawa lui succéda.
Je reste persuadé que ce mail était une machination fomentée par Ozawa.
Ozawa, lui, dut démissionner trois mois avant les élections de 2009 qui virent le Parti Démocrate gagner, accusé dans une histoire de faux en écritures et de dons d’argent, des montants astronomiques. Il fut remplacé par un de ses proches, Hatoyama Yukio, fils d’une riche ancien premier ministres, à la tête du parti. Les élections remportées, Hatoyama devint premier ministre, permettant à Ozawa de revenir à la tête du Parti Démocrate.
Hatoyama se révéla un premier ministre faible, à la tête d’une coalition vaste aux ambitions réformatrices ambitieuses, mais aux orientations souvent contradictoires. Il ne sut pas s’imposer, et très rapidement, la presse souligna ses liens avec un Ozawa qui tirait les ficelles.
Maehara Seiji figurait dans ce gouvernement et manifesta un réel courage en coupant des budgets clientélistes, principalement dans les travaux publics. L’idée était de couper dans le béton, pour distribuer dans l’humain (un des slogans du PDJ). Toutefois, le premier ministre s’enlisa dans l’histoire des bases américaines d’Okinawa, où son caractère indécis permit à l’administration américaine de gagner du temps sans bouger d’un pouce. Naoto Kan le remplaça, et l’un des alliés de la coalition, le petit parti social-démocrate, faisant du départ des troupes américaines un préalable à toute poursuite, se retira : Kan était décidé à s’aligner sur la position américaine. Maehara Seiji devint, lui, un assez pitoyable ministre des affaires étrangères.
Un scandale le rattrapa. Pour sa campagne de 2009, il reçut 200.000 yens d’un commerçant Coréen chez qui il avait l’habitude d’aller. Pas que le don, en soit, fut illégal, puisqu’il était déclaré, mais les dons d’étrangers étant interdits, Maehara déclara qu’il ignorait la nationalité du commerçant, s’excusa, et démissionna, une semaine avant le séisme.
Sa popularité n’a depuis cessé de monter.
Lentement, mais progressivement. Il est modeste, sobre, parait honnête. Il plait aux femmes d’un certain âge: un samedi matin, aux informations, un panel de femmes âgées était invité à dire qui elles voudraient comme prochain premier ministres, Naoto Kan, en raison de sa gestion calamiteuse du tremblement de terre et de ses liens trop étroits avec le lobby du nucléaire étant descendu dans des abîmes sans fond d’impopularité. Le bof dominait pour tous les prétendants, mais quand vint le nom de Maehara, ce fut un très étonnant かっこいい, littéralement “qu’il est mignon” qui leur vint à la bouche! C’est à des petits détails comme cela qu’on nous reconnait. On plait aux femmes…
Sa nomination comme premier ministre, pas encore acquise, serait pour moi synonyme de bonheur.
Ce n’est pas que j’ai un quelconque espoir, mais vivre dans un pays avec un premier ministre qui n’a pas une tête de malfrat (Aso), de crétin (Kan), de vieille baderne (Ozawa), de chiasse (Abe), de vieillard marathonien (Fukuda), mais un profil plus classique, un peu comme Hatoyama qui, malgré son coté fifils à sa maman, avait une épouse présentable et non un cageot permanenté en kimono beige pastel, ou Koizumi qui, malgré le profond désaccord politique qui m’y oppose, reste à ce jour le seul premier ministre normal que j’ai pu voir dans ce pays.

Seiji Maehara, que les forces de Fushimi soient avec toi! 🙂

Parmi les petites histoires dont je voulais vous parler, il y en a une qui me permettra de faire la transition, et de conclure cette parenthèse sur la vie politique japonaise. Car je vous ai parlé d’une de ces histoires de corruption qui vont et viennent en permanence, sorties par les médias jusqu’à plus soif.
Samedi dernier, j’étais au défilé bon odoori à Ootsuka, un 盆お通り. À côté de nous, en bordure de la grande avenue où devaient passer les groupes, de grandes bâches bleues étaient disposées pour permettre à leurs propriétaires de s’assoir. Rien de spécial, ici, c’est une pratique courante. Les Japonais ont un rapport très particulier avec le sol.
Ils ne s’accroupissent pas comme on le fait en France, mais exactement comme je l’ai vu faire en Kabylie, où on vit également traditionnellement au niveau du sol : les Japonais s’accroupissent talon au sol. Ou bien, bien entendu, ils se mettent sur les genoux. Le tailleur est assez peu fréquent. Mais surtout, une fois au sol, sur une grande bâche, ils ont une incroyable facilité à « meubler », à occuper cet espace, et très souvent, j’ai vu ces femmes qui en deux temps trois mouvement transformaient une simple aire de picnic en une pièce habitable, en plein air certes, mais où chaque chose trouvait sa place, avec les chaussures ici (on est pieds nus sur la bâche, bien entendu), une table pliante, un coin pour les boissons, les vestes par là, bien rangées, etc…
Nos voisins avaient donc bien agencé leur espace, ils y avaient disposé des coussins, ce qui est, en revanche, très inhabituel. En jetant un coup d’oeil aux dits voisins, beaucoup d’hommes, quelques femmes encore jeunes mais au visage un peu défraichi. Par l’alcool ou la fatigue. Et puis pas mal de place encore libre.
Et soudain, un mouvement de foule, des types qui se mettent à genoux. Et trois autres, âgés, en pantalon et veste beiges, bagues aux doigts.
Des yakuzas.
Il y avait le chef, entouré de deux espèces de valets en uniformes kakis, à genoux la plupart du temps et faisant des « Hha’ » pour dire d’accord en se prosternant, passant leur temps à courir sur leurs genoux pour servir des glaçons, du thé, de la bière, donner des serviettes chaudes, ou froides, éponger le front du chef. Incroyable. Et le chef, lui, léger, dédaigneux, indifférent à tant de sollicitude. Un vieux, aussi, donnant des instructions. Je regardai sa main : le premier os du mineur était absent, preuve ultime de qui j’avais à faire.

J’ai toujours entendu dire qu’une telle exhibition était interdite.
Mes voisins debout regardaient, comme moi, de temps en temps, feignant de ne rien voir. Jun me dit que c’était la première fois. La police n’a demandé à personne de bouger, de se faire plus discret. Trop peur, les policiers, que ces braves types aux mines si joviales ici ne se présentent un soir, au détour d’un chemin, avec des têtes bien moins avenantes. Et puis l’un des comédiens de Gokusen, un type qui passe très souvent à la télévision, est arrivé, s’est prosterné, a été pris en photo ici, là, avec tout le monde, et a reçu du cash pour cela, aux sus de tout le monde. Il m’a vu le prendre en photo mais, privilège de l’étranger, il ne m’a rien dit.
Je suis sûr que cela aurait été plus difficile si j’avais été Japonais.

Ici, beaucoup de stars de la chanson, de la télévision ont des liens avec le milieu. Et quand ils n’en ont pas, c’est la même chose : l’image de Hamasaki Ayumi est utilisée depuis peu, sans son autorisation, par des salles de jeux d’argent. Elle a protesté, mais sa maison de disque, Avex, a négocié de l’argent. Impossible de refuser, si elle l’avait fait, elle aurait, comme d’autres avant elle, été virée de sa maison de disque, elle aurait été boycottée par la télévision, voire même lynchée pour une raison bidon comme cela arrive parfois. Qu’un feuilleton comme Gokusen, présentant les yakuza comme des gens très respectable soit un feuilleton phare de la télévision en dit très long…
Je ne dis pas, Gokusen m’a fait rire, mais Jun, qui est Japonais, lui, ne trouve pas cela très drôle. Et c’est lui qui a raison. En comparaison, les syndicalistes, les communistes, les socialistes du Parti Social-Démocrate ne passent jamais à la télévision, et pas un seul feuilleton, pas un seul film ne présente d’étranger, de couple mixte. Ah, si, un, Mon chéri est un étranger, une tarte à la crème sur la problématiques des différences culturelles. Les homosexuels sont inexistants, ceux qui ont été outés ont été boycotté par le système médiatique. Hirai Ken, chanteur pourtant très célèbre, ne l’a jamais dit, alors que tout le monde sait. Les médias préfèrent les « okama », travestis, certains parmi eux étant de véritables transexuelles non opérées comme Miwa, ancien amant de Mishima Yukio. Mais d’hommes, à l’allure masculine, aucun, ce serait trop « indécent ».
Pas d’étrangers (ou si, des étrangers cantonnés à un rôle d’étrangers, et jamais dans les feuilletons), pas de pédés, pas de contestataires, pas d’opposants au nucléaire ni de victimes d’irradiations élevés des départements d’Ibaraki, Miyagi ou Fukushima.
Mais des yakuzas, oui.
Des acteurs corrompus, se mariant en grande pompe, divorçant éventuellement un an après en faisant des excuses interminables, et dont on apprend par la suite les moeurs corrompues, comme ce fut le cas du comédien de kabuki Ebisô, courant les bordels, alcoolique, jouant, ayant des fréquentations dans le milieu, mais qui se maria devant tout le gratin, oui. Ebisô, ainsi, fit des excuses après une sordide histoire de bagarre. Et est depuis de retour. Les médias, en revanche, ne se privèrent pas d’accuser un de ceux avec qui il se battit, un métis japonais-brésilien, forcement mauvais. Mais Ebisô, rien.
On pourrait continuer la liste, l’étendre jusqu’à ces animateurs télé ventant la totale sécurité des produits venant du département de Fukushima ou Ibaraki…

Alors, les 200.000 yens, légaux, de Maehara, nous rappelant au passage l’importance en nombre de la communauté coréenne et son intégration, de fait a défaut d’être “légale”, dans la société japonaise…

De Tôkyô,
Madjid

commentaires

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  • 7 ans deja, bon anniversaire !
    Il y a 7 ans, en 2004 donc, aurais-tu passe quelques jours au New Koyo (Minowa) ? Je me demande si ce n'est pas ce jour que tu as achete un velo d'occasion (ou neuf) avec cette forte envie de te balader dans tout Tokyo. Je crois qu'on etait passe te voir avec un pote, Charles…

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