Billet d’il y a une semaine

B

Ce n’est pas que ça change tout, c’est juste que soudain la vie s’ouvre, que des choses deviennent possible à long terme, qu’elle n’est plus une succession de quotidiens, mais qu’elle vaut la peine qu’on s’y engouffre encore plus….

Billet écrit il y a une semaine.

« Cette année, le temps est très changeant. Nous avons eu un hiver froid mais moins que les autres années. Surtout, les températures ont rechuté à plusieurs reprises, empêchant beaucoup de fleurs de fleurir: la floraison des camélias a ainsi été très désordonnée, et celle des cerisiers a été incroyablement brève. Avec les pluies et le vent, les pétales n’ont pas tenu longtemps. La semaine dernière, jeudi, il a neigé dans certains endroits autours de Tôkyô, et aujourd’hui il pleut. Triste printemps.

Dimanche dernier, j’ai profité de ce temps pourri pour faire du rangement, commencer un grand ménage de printemps. J’ai pas mal utilisé l’air conditionné cet hiver, il y avait beaucoup de poussières sur les livres, les étagères.

Dans deux semaines, ce sont les vacances. Une longue semaine. Sentiment qu’elles sont bien méritées.

J’ai laissé filer l’hiver sans trop écrire, je reviendrai là dessus dans un autre billet. J’ai eu pas mal de travail. Et pas mal de soucis d’argent aussi. J’étais en retard d’impôts locaux et de sécurité sociale, la mairie a bloqué mon compte en banque du jour au lendemain. Comme c’était fin février, c’est tombé avec la facture du voyage en France… Pas de carte de crédit pendant trois semaines car la société de crédit n’a pas pu me prélever. Compte en banque bloqué. J’ai du faire pas mal d’aller-retour à la mairie. C’est désormais réglé avec la carte de crédit et la mairie. J’ai été prélevé d’une énorme somme par la mairie, et j’ai un échéancier pour le reste. J’avais pris l’habitude, depuis le séisme, de tout payer en retard. Au cas où… Je dois quand même lâcher un équivalent de 3000 euros. J’ai donc décidé de mensualiser pour l’an prochain. C’est à dire à partir de juin. Ça a été très violent je dois dire, mais c’est comme le reste, on s’en en remet.

Les week-ends ont été assez terribles côté météo. Beau temps en semaine, pluie le dimanche. Je ne suis pas allé à Kamakura depuis février.

Côté vie sentimentale, je commence à mieux comprendre mon ami Yann, ce qu’il me racontait de ses amants, des mecs qu’il rencontrait. J’ai depuis un certain temps découvert un monde que je ne connaissais pas… Les applications de drague, ça m’était un territoire totalement inconnu. Je connaissais de façon abstraite, mais c’est assez différent quand on les vit. Me voilà donc passé au monde 2.0 … Ça fera des souvenirs!

Il y a eu ce mec qui m’avait branché sur Jack’d mais que je n’avais pas rencontré, et qui m’a abordé un soir où j’étais de sortie dans ni-chôme en juillet l’an dernier. On a bavardé ce soir là, échangé nos identifiants Line, et puis c’est tout.

Qu’est-ce que j’avais bu… Des gin tonics et encore des gin tonic. J’avais rencontré un Coréen américain, il avait passé la nuit à la maison, on avait bu le champagne que j’avais acheté pour boire avec Nori puis une bouteille de vin. L’après-Nori, autant dire que ces quelques jours de juillet ont été des jours de libération… Le lendemain, il devait rencontrer des amis à Shinjuku, alors il m’a envoyé un message pour que je le rejoigne. J’ai sauté dans un taxi, et me voilà dans un bar club de ni-chôme, et il est saoul, et il me conseille de picoler pour le rattraper. J’ai alors commencé à beaucoup boire… On est allé dans un autre club, j’ai pas mal dansé. Pendant au moins deux heures, gin tonic sur gin tonic. La musique était nulle, mais c’était amusant, et j’avais une incroyable envie de tourner une page…

Ce soir là, j’ai donc fini par rencontrer le type qui m’avait branché sur Jack’d, 27 ans mais la tête d’un gars qui n’a pas d’âge, plus vieux, quelque chose de trop sérieux, d’usé, le sourire email diamant. Il est parti trois mois aux États Unis. Je savais qu’il travaillait à Tôkyô à Disney et qu’il allait visiter les parcs Disney là-bas, mais je ne pouvais pas imaginer qu’il était à ce point un fan. À 27 ans… Quand il est revenu, on a passé une soirée ensemble. Il m’a embrassé, j’ai eu l’impression d’embrasser Mickey, et je peux vous garantir, c’est un truc qui coupe absolument toute envie, en tout cas chez moi.

Il y a ceux qui vous contactent et qui tchattent. Et qui tchattent. Et qui un jour pour telle ou telle raison vous font un reproche sur un truc que vous avez écrit, vous répondez assez surpris, et ils concluent par un oyasumi, « bonne nuit ».

Il y a ceux que vous rencontrez une fois, ils sont sympa. Ils ne vous donnent plus de nouvelle après, puis vous re-contactent avec une demande particulière. Par exemple, un truc à trois. Ça m’est arrivé déjà deux fois quand même… Comme ça ne m’intéresse pas, hop, zap, plus de nouvelles…

Mais ce qui caractérise le plus le « local » ici, en tout cas si vous rencontrez des jeunes, c’est le côté « survivant » de la plupart, je veux dire, avant l’heure. Et les super égocentriques pour les autres.

Les égocentriques ont des parents qui ont de l’argent. Pour eux, rencontrer un étranger, c’est synonyme de voyage, de bons restaurants bref, d’une sorte de privilège. Ils ont en général beaucoup de choses à faire, collectionnent les amis à l’université ou au travail et vous contactent quand bon leur semble. Les survivants, eux, doivent travailler pour payer leurs études. Ici, une année d’université peut facilement coûter 8.000 euros. S’ils sont originaires d’un autre pays asiatique, ils enchaînent les shifts avec leurs écoles ou leurs universités car en plus des cours ils doivent payer un loyer. Dans ce cas, ils sont trop occupés pour vous rencontrer. Mais ils tchattent avec vous comme s’il y avait une relation…

Si vous rencontrez des garçons un peu plus âgés, autours de trente ans, le travail bouffe une grande partie de la semaine, mais c’est aussi comme si on forçait le quotidien d’un vieux garçon. J’ai rencontré un mec très sympa l’été dernier, qui travaille dans la restauration, et qui a un peu étudié en France, il parle donc un peu le francais. On passe une soirée ensemble. Pour se revoir, c’était trois semaines plus tard. Là, je ne comprends plus très bien… un peu comme si tout était calculé, qu’il ne fallait pas trop donner, pas trop recevoir. Je précise, platonique… Je l’ai revu une fois, il m’a pris la main dans la rue, et m’a proposé de se revoir dans deux semaines… Le plus drôle est qu’il est en permanence sur des applications. Ça cadre mal. Non? Il cherche quoi, au juste?

Il y a les chinois qui vous contactent et qui, à la troisième réponse vous demandent si, vraiment, vous avez un gros machin. Intéressant de devenir un objet exotique…

Il y a ceux qui vous font des reproches par mail si vous leur dites un truc mal écrit, qui vous font des reproches en japonais. Gare aux malentendus avec les SNS, et avec cette langue capable de cumuler dans la même phrase un sujet sous entendu, un sujet objectivé et un verbe à la forme passive… D’un seul coup le type devient pointilleux. Mieux, d’un seul coup on passe d’un mode de langue parlée au keigo, c’est à dire la langue ultra-formelle, manière de créer un distance, avec un effet irrespectueux garanti…

La nuit dernière, j’ai branché un garçon de 27 ans qui vit dans Chiba. Et je lui dis qu’il a qu’à venir me réveiller le matin. On a blagué un peu, on est passé sur Line. Et il l’a fait. Le réveil à 5 heure a été étrange et un peu brutal quand l’alarme Line a sonné à la réception de son message “je suis réveillé, je prends le train”, mais il est bien arrivé. On a passé la matinée ensembles. On s’est recouché, on a déjeuné ensemble. Il m’a distrait, on a beaucoup bavardé. Premier mec normal rencontré depuis des lustres, qui ne passe pas trois semaines à évaluer, peser et discuter dans tous les sens. Bon, bien sûr, il est originaire d’Osaka, ça doit être l’explication. Les gens d’Osaka, tout comme les provinciaux de l’ouest, sont gentils, plus naturels. Je ne m’étends pas sur la possibilité de le revoir ou non. Ça ne me déplairait pas, cependant.

Ça peut paraître un peu futile, limité, comme sujet, mais en réalité, je pense que c’est plus important qu’il n’y paraît. Je veux dire à mon niveau. C’est une autre façon de s’installer, c’est à dire de se faire des souvenirs ici. C’est quelque chose qui m’a manqué. Être futile, bavarder, découvrir un autre aspect du Japon et, pour le coup, un aspect essentiel, à savoir être pédé, ici, qu’est-ce c’est? Avec en tête la perspective dans moins d’un an de demander un visa permanent. Toujours non résolue cette question de mon avenir ici, mais c’est vrai que le visa permanent changerait beaucoup de choses puisque j’aurais accès à n’importe quel profession. Vu l’état de la France, ce n’est pas irraisonnable de se penser un avenir ici. C’est un peu comme la possibilité de se marier quand on est homosexuel. Ce n’est pas que ça change tout, c’est juste que soudain la vie s’ouvre, que des choses deviennent possible à long terme, qu’elle n’est plus une succession de quotidiens, mais qu’elle vaut la peine qu’on s’y engouffre encore plus.

Il y a beaucoup de choses qui me déplaisent ici, mais il en va de même partout. Il y a ce qui ne va pas du tout, et il y a ce qui marque la différence entre ce qui m’est habituel et la réalité du Japon. Les étalages de nattô, de tôfu et autres dans les supermarchés. Le manque de parfums de glaces, de variétés de fruits, un sentiment d’abondance absente. Les pénuries de beurre. Le côté cucul de la culture officielle, ces filles et ces femmes pincées en costumes beiges pâles pastels rigides au point qu’on dirait qu’elles sont droit sorties d’une église catholique intégriste mais qui peut-être travaillent dans des bars à hôtesses, ces salariés ivres morts le soir dans le train prêts à vous vomir dessus. Il y a aussi la perspective d’un gros tremblement de terre, il y a la perspective d’une banqueroute de l’état sous le poids de la plus grosse dette au monde et de l’utilisation de la planche à billets. Il y a ce conformisme politique, ce nationalisme médiocre, cette télévision glorifiant une exception japonaise, ces manifestations d’extrême-droite, bruyantes en toute impunité et le contrôle, ce flicage de tout ce qui vient de la gauche. Ce n’est pas un hasard si je suis de plus en plus sensible à cette république autoritaire qui s’installe en France. La liberté n’est pas un acquis et ne doit rien ni à une tradition, ni à une culture. La liberté est un combat, et au Japon, c’est un combat qui a été perdu.

Mais il y a aussi des choses que j’aime bien ici, et qui me procurent un incroyable sentiment de sérénité. J’ai relu de vieux billets de ce blog, je devenais aigri, et réactionnaire, et con, en France, comme tout le monde, car la France est comme beaucoup d’autres pays devenu un pays très violent, fermé au monde, nombriliste, recroquevillée sur une pseudo-intelligencia qui ne connait rien du monde que les pressupposés qu’ils s’en font, la société reproduisant la violence sociale et la violence économique que les gouvernements ont progressivement introduits.

C’est Thatcher, qui est au pouvoir. Or, s’il y a bien un pays où le thatchérisme est incompatible, c’est bien la France. La France, c’est un pays où on va au café, on prend un expresso, et on peut rester sans rien consommer d’autre pendant des heures. C’est un pays où pour le prix d’un café, les terrasses s’offrent tout l’après-midi. C’est un pays où la boulangère offre une chouquette ou un bonbon au gamin qui vient chercher le pain le dimanche matin. Comment la France peut elle ne pas devenir violente quand on lui plaque dessus cette boulimie d’argent, de concurrence entre des individus que plus aucune société ne vient protéger? La réponse policière est la seule réponse possible, c’est le cours actuel, mais alors c’est à l’opposé de toutes mes convictions, de tous mes combats.

La société japonaise est une société calme, de voisinage, incroyablement facile à vivre. Peut être aussi facile que la France après les grandes révolutions qui ont traversé son histoire. Mon père me racontait l’incroyable fraternité entre travailleurs français et immigrés après mai 1968. Rien à voir avec la grève étudiante, mais l’expérience d’une lutte commune des travailleurs et donc d’un destin commun. On en est bien loin.

Ici, on pose son téléphone dernier cri sur la table au Starbucks pour réserver sa table, et quand on revient, il est toujours là. Ici, on dit pardon, merci, désolé. Ici, on lave, on époussette, on relave. On enlève ses chaussures à la maison, on se lave avant de dormir. C’est peut être pour cela que le baril de lessive coûte même pas deux euros. C’est pour cela que régulièrement je fais des grands ménages, pousser les meubles, épousseter les livres, javelliser les éviers. Tout le monde fait ça. Ici, il y a des arbres fleuris au printemps un peu partout, cerisiers, abricotiers, pruniers… Visiter des toilettes, ça sent bon, et c’est propre. C’est d’ailleurs la chose que les japonais aiment le moins à l’étranger. La saleté des toilettes. Je javellise les miens régulièrement, j’y brûle de l’encens, et je les nettoie presque tous les jours.

On a créé le mot « tatamisé » pour parler des français qui après un long moment ont adopté beaucoup d’habitudes japonaises. Tatamisé ne traduit pas la transformation qui s’opère, c’est trop superficiel. Je n’ai pas de tatami chez moi, je ne dors pas sur un futon, et je n’ai pas banni le beurre de mes habitudes alimentaires.

Par contre, je suis devenu accroc à la propreté, aux fleurs et aux plantes vertes, les arbres et les oiseaux me parlent beaucoup plus, je m’extasie devant un chat qui dors dans la rue, la propreté est une sorte d’habitude banale pas seulement chez moi mais dans mon quotidien, je suis bercé par les gestes calmes et polis des caissières au supermarché, je dors dans le train et dans le métro, je n’ai ni peur d’être volé ni agressé.

En me relisant donc, j’ai découvert à quel point le climat qui règne en France avait fini par m’aigrir. Me rendre pessimiste. Or, c’est quelque chose dont je m’aperçois maintenant, ce pessimisme a totalement disparu. Pas mon pessimisme philosophique. Je parle de cette négativité qui règne en France. Je suis heureux de ne pas regarder du tout la télévision française ici, de me contacter de lire la presse sur le net. Cette distance me coupe des passions négatives, et le calme qui m’environne m’a ressourcé. Autours de moi, les feuilles sont vertes et je sais que dans deux semaines, sous le soleil de la Golden week, toute cette explosion de verdure me régénérera.

Je suis devenu un vrai français du Japon. Je ne compte pas rentrer de sitôt dans un pays qui n’a d’autre choix à me proposer que le chômage, le RSA et les discriminations devant mon nom dans un environnement où une part de mon identité est suspectée de toutes les incompatibilités et de toutes les violences et de tous les maux de la société.

Je suis redevenu moi-même loin de tout cela, libre. Le décalage entre cette claustration sécuritaire cocardière « républicaine » et mon esprit profondément libertaire est immense. Et stimulant, croyez-moi. L’aigreur, le pessimisme ont disparu. Politiquement, j’ai 15 ans, et j’ai découvert sur le net celles et ceux qui au delà de leur âge, ont comme moi politiquement une quinzaine d’années. Nous bâtissons un siècle nouveau.

« Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi! ».

Billet écrit il y a une semaine.

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  • Je n’ai jamais utilise les applis modernes, et me suis arrêté aux sites web d’il y a une dizaine d’années, qui sont aujourd’hui relativement désertés au profit des applis Smartphones. Je ne suis donc peut-être pas tout a fait a jour sur ces domaines-la, mais certains points que vous décrivez me rappelle ce que j’ai bien connu. Les rencontres ne sont jamais vraiment aisées, mais avec les homos japonais, certaines choses compliquent la donne, notamment avec les occidentaux (et a fortiori les français). Pour les jeunes, rien a rajouter. Pour ceux qui travaillent, ce que vous évoquez, l’idée de se voir une fois, et de se revoir deux ou trois semaines plus tard est quelque chose qui a arrêté de m’étonner aux bouts des premières années ici. Beaucoup de japonais qui travaillent en tant que seishain ont du mal a prévoir un rencard, car au boulot, ils se retrouvent fréquemment coinces et finissent plus tard qu’ils ne l’auraient voulu. Leur weekends ou jours de repos (parfois un seul par semaine, cf. cuistots!) sont souvent des moments de récupération (dormir presque tout le samedi) ou de visite a la famille et/ou amis qu’ils font passer en premier. Une rencontre initiale mettra beaucoup de temps à devenir un peu plus prioritaire pour eux. Mon idée, qui n’engage bien-sur que moi, c’est que le fait qu’une bonne partie des occidentaux est la de façon temporaire, souvent dans le cadre de l’enseignement des langues (une des rares façons d’obtenir un visa de travail en ce moment, puisque les homos n’ont par définition, pas accès au visa marital…) rend les japonais extrêmement prudents. Ils ont par exemple la flemme de s’investir sur un début de relation pour s’entendre dire à la fin du séjour, “Merci pour tout et au revoir!” Car souvent, le manque de stabilité qu’offre le secteur des langues fait que même une partie de ceux qui aimeraient rester choisit de repartir. Souvent aussi, le fait pour l’occidental d’avoir bien plus de temps libre que son copain japonais lui donne l’impression que son mec ne s’intéresse pas assez a lui, et accélère une décision de quitter le Japon. Beaucoup de japonais ont eu cette expérience ou vu des amis l’avoir. J’ai eu un yaritomo pendant plusieurs années, avec qui ça marchait très bien, mais qui a toujours refuse de passer au cap supérieur, en me disant “de toute façon, un jour tu partiras, donc ça ne sert a rien qu’on se mette ensemble”. Du coup c’est moi qui ai du lâcher l’affaire, alors que j’aurais vraiment voulu construire quelque chose avec lui (et qu’il reconnaissait clairement que ca marchait très bien.
    Le fait d’y aller très / trop doucement dans les débuts de relation est donc a mon avis une façon de se protéger, le fait que beaucoup d’entre eux continuent a utiliser les applis les soirs n’est pas paradoxale, ils tentent simplement de ne pas mettre tous leurs œufs dans le même panier. De plus l’immense majorité est aussi connecté pendant son trajet de retour, histoire de tuer le temps. Dans le cas des français, notre sens du temps libre et de la vie de famille et l’importance qu’on y apporte sont particulièrement handicapant pour construire du long terme avec l’employé Japonais typique. Je me souviens d’un numéro de “Close up Gendai”, émission de NHK sur la campagne de 2007 Sarko/Royal. Lors d’un reportage chez une famille française les journalistes étaient complètement estomaqués par quelque chose qui est fondamentalement différent entre nos deux cultures: le soir, la famille se retrouve à table pour dîner, papa compris, même en région parisienne. Au Japon, si c’est encore le cas dans certaines zones rurales, l’immense majorité des seishain ne peut dîner le soir avec sa famille, et arrive souvent une fois que les enfants sont couchés ou sur le point de l’être. C’est la même chose pour les couples homos. Je ne compte pas les vendredi soir ou je poireaute a la maison en attendant mon compagnon, qui arrivera au final vers 23 heures pour continuer un diner que j’ai termine plusieurs heures auparavant. Les samedis ou l’on ne fait rien parce qu’il a passe le gros de la journée à dormir. J’ai vécu et vu d’autre vivre ce genre de situation tant de fois par le passé, qu’avec mon compagnon actuel, j’y suis allé en toute connaissance de cause, ce qui a économisé bien des prises de tête !

    • Merci beaucoup pour ce commentaire. C’est aussi ma conclusion, difficile de s’investir quand on songe a etre un jour “celui qui reste”…

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