Griezmann et Dembélé, deux bouffons racistes

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Dans la deuxième vidéo, on descend au niveau Michel Lebb et Pascal Praud, c’est à dire dans la fosse septique. On voit les joueurs, mains jointes « à l’asiatique » (et qu’importe si les japonais ne joignent pas les mains, pour nos bouffons, les niaqwés, ce sont tous les mêmes), grimer une sorte de langue bizarre sensée être du « asiatique » (et qu’importe si ça ne sonne pas japonais du tout, c’est du niaqwé saupoudrés d’yeux plissés).

Il y a trois semaines, on allait voir ce qu’on allait voir. Les joueurs de l’équipe de France allaient montrer au monde qu’au pays des Droits de l’Homme, la France, on savait dénoncer le racisme et affirmer sa solidarité avec les victimes des violences policières (ce n’était pas dans le communiqué, mais ça reste le message du genoux à terre aux USA).

Nos joueurs n’ont pas tardé à faire les frais d’une attaque en règle des chroniqueurs de la chaîne réactionnaire du milliardaire Vincent Boloré, CNews, de la radio du milliardaire d’extrême-droite spécialisé dans « l’optimisation fiscale » Christian Latouche, Sud-Radio, ainsi de la très macronienne chaine du milliardaire surendetté Patrice Drahi, BFMTV, ainsi que d’attaque des journaux des mêmes propriétaires relayés à tour de bras sur les réseaux sociaux tant et si bien que le courage de nos footballeurs s’est vite dégonflé.

À toute cette mousse raciste où les interminables attaques et sommations à « rentrer dans leur pays » semblent n’effrayer personne est venue s’ajouter l’humiliation d’une cuisante défaite en Suisse lors d’un « super spreader event » certainement observé à la loupe par les membres du Comité Olympique.

Twitter s’est enflammé, et on a pu apprendre, hormis les nationalités ou origines de certains joueurs, combien ils étaient payés.

Personnellement, les salaires des joueurs de football, tant qu’ils paient leurs impôts, ne m’intéressent guère même si je les trouve profondément indécents.
C’est en tout cas bien plus transparent que les milliards accumulés par les propriétaires de médias spécialisés dans l’invective raciste. Christian Latouche « optimise » via le Luxembourg tout en ayant déménagé une partie de sa société aux USA, Vincent Bolloré doit sa réussite à des montagnes de subventions obtenues grâce à ses relations politiques ainsi qu’à une « optimisation fiscale » particulièrement sophistiquée. Quand à Patrice Drahi, son groupe est tellement endetté que les banques sont obligées de lui en donner toujours plus sous peine que cet empire bâti à partir de rien ne s’effondre. De toute façon, il pratique « l’optimisation fiscale » et est domicilié en Suisse…
La qualité du débat en France est empoisonné par ces spécialistes en « optimisation fiscale » car après ils en profitent bien. Si la population commençait à s’intéresser à leurs fortunes et à leurs liens avec les élus de tout bord, ça ne se passerait pas très bien pour eux.

On avait presqu’oublié ce « genou à terre » que voilà qu’émerge ce weekend une vidéo prise vraisemblablement au Japon il y a deux ans. On y voit l’un des deux bouffons, Griezmann, en train de rire pendant que celui qui filme, visiblement Dembélé, se moque de membres du personnel de leur hôtel venus essayer de changer la langue du téléviseur ou d’une console de jeu.

Bon, les japonais, quand il y a un problème, ils s’y mettent à dix, se posent trois tonnes de questions. Ça, j’avoue, ça m’a toujours fait sourire et parfois agacé. C’est comme ça, et ils ne lâcheront pas l’affaire avant d’être parvenus à trouver une solution. C’est pour ça, d’ailleurs, que quand quelqu’un a un problème, personne ne va l’aider. Si on commence à aider, il faut aller jusqu’au bout.

Mais dans la vidéo les propos tenus n’ont rien à voir avec de l’étonnement face à une façon de faire, ce sont des propos purement racistes.
Un commentaire sur les visages. C’est raciste.
Une mise en doute de l’intelligence des habitants du pays. C’est raciste.
Le tout entrecoupé de rires. Le tout en français. J’aurais bien voulu les entendre, ces bouffons, tenir les mêmes propos en anglais. Mais les racistes, c’est lâche. Toujours. Ça ne se sent fort qu’en meute, et la meute, là, ce sont ces pachas français surpayés traitant des employés venus les aider comme on traite des esclaves. Par le mépris et sans courir le risque de quoi que ce soit.

Dans la deuxième vidéo, on descend au niveau Michel Lebb et Pascal Praud, c’est à dire dans la fosse septique. On voit les joueurs, mains jointes « à l’asiatique » (et qu’importe si les japonais ne joignent pas les mains, pour nos bouffons, les niaqwés, ce sont tous les mêmes), grimer une sorte de langue bizarre sensée être du « asiatique » (et qu’importe si ça ne sonne pas japonais du tout, c’est du niaqwé saupoudrés d’yeux plissés).

J’ai eu honte pour eux.

Qu’un bouffon blanc ayant il y a plusieurs années grimé un joueur de basket noir en se peinturlurant en marron finisse dans ce genre de fange, on serait presque surpris si ça ne lui était pas arrivé.

Mais qu’un autre bouffon, noir cette fois, joue ce jeu là montre à quel point le type est un vrai crétin qui ignore visiblement que dans la « hiérarchie des races » construite par l’Europe au 19e siècle, les noirs étaient juste en dessous des asiatiques.
C’est pour cette raison que la plupart des villes de ces pays avaient été transformées en bordels à touristes, et cela a grande échelle.
Apparemment il ne savait pas que la Chine, vieille de plus de 5000 ans de civilisation, avait été forcée d’importer de l’opium après une guerre féroce livrée par les britanniques, pourrissant la population avant de finir par coloniser « l’Empire du milieu ».

Les arabes étaient considérés comme impies, mais ils ont toujours été regardés comme des humains, moins civilisés certes mais humains.
Les asiatiques, eux, étaient dépeints comme fourbes, cruels, menteurs et leurs femmes serviles, obéissantes, douces et exotiques, tout juste bonnes pour le plaisir de l’homme blanc en mal de dépaysement.
Au vingtième siècle, on a rajouté d’autres préjugés comme le manque de virilité des hommes, supposé une taille ridicule de leur sexe et des habitudes sexuelles étranges. Aucun peuple, hormis les africains, n’a ainsi été réduit à ce point en faire des quasi-esclaves offrant leurs filles à leurs maîtres. Aucun.
Quand à la décolonisation de l’Asie, elle est l’une des pires tragédies du 20e siècle. Napalm, gaz, produits chimiques, guerres interminables et régimes communistes génocidaires inspirés d’idéologies occidentales eugénistes.
Le Japon a échappé à cela, mais dans sa peur d’être colonisé, il s’est converti aux pires travers de l’Occident au point de se livrer lui-même à des guerres coloniales, reprenant à son compte les théories raciales avant de finir par recevoir deux bombes atomiques, les seules jamais lancées.

Le préjudice subi par les peuples d’Asie par l’aventure coloniale de l’Occident est immense, et le racisme anti-asiatique en est le batard ultime: cette façon de regarder les « asiatiques » manifestée par les deux joueurs trouve ses racines dans des préjugés purement français.

Mais le racisme, tout édenté, de Dembélé, n’en est pas moins abject. Cette obsession qu’ont certains indigènes à vouloir se faire plus blancs que les blancs est un naufrage moral intolérable qui doit être dit sans une once de concession.

La plupart des asiatiques, eux, garderont pour eux la violence de toute cette vulgarité, car même si les propos sont adressés à des japonais, les deux compères ont manifesté un racisme adressé à tous les asiatiques.

Cette violence, chaque fois, me ramène en troisième ou en seconde, quand sont arrivées deux jeunes cambodgiennes, dictionnaire sur la table, et s’accrochant pour suivre. C’était en 1980, et le Cambodge se remettait d’un des régimes les plus barbares qui n’ait jamais existé, le régime Khmer rouge, arrivé au pouvoir après que le pays eu subi déstabilisation politique après déstabilisation politique dans le sillage de la guerre au Vietnam.

Je hais le racisme anti-asiatique, je le vomis, parce que je sais qu’ils sont rares, les asiatiques qui montent la voix, parce que se plaindre, en général, c’est mal poli, et puis ça ne change rien, la vraie revanche, elle est dans la réussite que procure le travail laborieux. Ils disent ça, les Cambodgiens, et c’est comme cela que pensent beaucoup d’asiatiques, dans leurs petites communautés de fait un peu fermées, plus discrètes tout simplement parce que c’est comme ça qu’on est. Au Japon aussi, les gens sont comme cela.
Les jeunes asiatiques de France élèvent la voix depuis quelques années, je tenais ici à écrire que je suis avec eux. Tous les discours sur « les asiatiques » sont gavés de préjugés, et les jeunes indigènes sont allés à bonne école, au pays de Michel Lebb, de Sud Radio, de CNews et de BFMTV. Et il faut que cela cesse.

Voilà donc qu’en trois semaines on est passés d’un geste qui aurait pu être courageux à la plus pure manifestation de racisme anti-asiatique et ainsi, ce faisant, en réduisant le racisme à une vulgaire stratégie de communication sans la moindre parcelle de sincérité comme le montre cette vidéo de nos deux bouffons, les voilà qui ne valent pas mieux que les racistes qu’ils prétendaient dénoncer.

Je hais le racisme anti-asiatique.

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