Me revoici dans le métro, comme si ces deux semaines n’avaient jamais existé… Et puis en même temps sentiment d’inhabituel. Oui, ces deux semaines ont bien été une petite rupture, un “break”. À Tôkyô, contrairement à Kyôto, très grand beau temps, ciel bleu, air sec. Cela fait un an que j’hydrate ma peau en hiver et cela fait une très sérieuse différence. Ma peau avait en effet tendance à faire mal, tirer, des boutons apparaissaient sans jamais vraiment cicatriser sur mes épaules, sur mes flancs, par moment, de terribles démangeaisons aussi, aux mollets. Incroyable, la sécheresse de l’air en hiver, ici. Je soupçonne également l’eau d’être un peu dure aussi. Il suffit d’hydrater et tout redevient normal, très rapidement. À savoir si vous passez par Tôkyô en hiver.
Le retour du quotidien, après une petite semaine de congés, a toujours quelque chose de frustrant. On a une certaine nostalgie pour les choses que l’on n’a pas faites, et une sorte d’appréhension pour celles qui nous attendent. Le travail, les gens… Je n’ai pas déménagé puisqu’on n’a pas voulu de moi. J’ai renoncé, on verra plus tard. J’ai en revanche utilisé ma carte de crédit pour faire des changements chez moi. Ce matin, j’ai sorti le sofa lit que j’avais acheté il y a un peu plus de quatre ans à Ikea. Mon nouveau lit, installé dans la mezzanine est un vrai plaisir. Un vrai lit, de chez vrai de vrai, avec les ressorts, et le vrai matelas au dessus… Le monter a été un vrai calvaire. Le seul sommier pèse environ 35 kilos, et j’ai vraiment cru que n’allait exploser mon plancher et le plafond de mon voisin du dessous si je le lâchais… J’ai passé ma soirée du mercredi 22 à essayer de le monter tout seul, c’était impossible et je ne détaillerai pas, vous me prendriez pour un malade mental doublé d’un obstiné. Jun m’a aidé le 23 après notre grande promenade de l’après-midi dans Kanagawa, à Sankeien et Yamate. Ça a pris trois minutes. Le problème n’était en effet pas le poids, mais la surface qui rendait impossible le contrôle à une seule personne. Mercredi soir, j’avais cru que je n’en viendrais jamais à bout, que je défoncerais tous les murs et les planchers sans grand résultat… Et voila que jeudi soir, c’était fait sans grand effort. Vendredi, j’ai reçu mes deux gros poufs Muji. Il ne me restait plus qu’à me débarrasse du sofa. Je ne sais pas à Paris, mais à Tôkyô, les encombrants, c’est vraiment très bien organisé. Vous appelez un numéro vert ou vous vous connectez sur le site de votre arrondissement, et vous prenez rendez-vous. C’est tout. Vous achetez des timbres de collecte dans un commerce près de chez vous et le jour où vous sortez vos objets, vous les y collez. Dans mon cas, ça a quand même été compliqué par l’arrivée des vacances, période propice, ici, au grand ménage et donc aux encombrants, avec en plus la période de vacances qui courait du 29 au 3 janvier. J’ai donc pris rendez-vous pour le 4! J’ai sorti le sofa ce matin, j’ai été étonné par son poids, finalement relativement léger.
Je me retrouve maintenant avec un appartement à réaménager car tout est un peu encore en plan. J’ai aussi acheté des étagères et une imprimante car mon ancienne n’imprimait plus. Sans le sofa, toutefois, j’ai aperçu mon nouveau chez moi, et ça me plait bien. Ce matin, la lumière était magnifique. Et puis j’ai un bureau maintenant, je vais pouvoir bien mieux travailler.
Du travail, justement. J’ai déchargé mes photos d’hier ce matin, j’ai exporté les jpeg. Puis, j’ai voulu sortir les photos des autres jours de mon vieil iBook que j’avais emmené pour les mettre dans iMac. Et là, la catastrophe. Mon iBook ne veut pas booter. Comme le disque dur est neuf, ce n’est pas lui le responsable et cela veut donc dire qu’il est peut être possible de récupérer les 900 photos qui s’y trouvent. Je vais essayer divers trucs, on verra bien, et au final il restera l’extraction du disque dur pour le monter ailleurs ou autrement… Je pars du principe que la bestiole est morte, mais il me reste à la vider… J’ai toujours les jpeg que j’avais mis sur Filkr, mais quand même, cela me fait perdre la journée de dimanche, d’autres photos encore et surtout les originaux en RAW que je pouvais travailler. Les photos sous la neige, par exemple, méritent un travail sur l’exposition car elles sont en majorité un peu sous exposées… Enfin. On verra bien.
Le métro arrive à Futako Tamagawa, me revoilà dans ma banlieue. J’aimerais bien retravailler dans le centre…
Allez, j’arrête ici.
On verra plus tard si j’écris encore un peu. Au fait, savez vous que le nouveau skype pour iPhone fait la video ?
De Tôkyô,
Madjid
Auteur/autrice : Madjid Ben Chikh
C’est la rentrée…

Pour tout vous dire, sentiment bizarre…
… au moment où j’écris ces lignes. Nous sommes le matin, c’est lundi 3, et je poste ces images du samedi 1er janvier… Comme ça passe vite. J’ai le sentiment de ne pas avoir vu le temps passer, mais qu’il a passé un peu sans moi. J’ai de nouveau eu cette vilaine inflammation de la colonne nasale qui m’a gêné comme si j’avais eu une crève pendant des jours, et puis on a coupé la climatisation de la chambre il y a deux jours, et voilà que ça va mieux. C’est bête, non… Mais j’ai tout de même de beaux souvenirs, mêlés à ce nez qui coulait violemment parfois, qui éternuait et m’échauffait la tête avant de se calmer après m’être vaporisé les narines d’un spray anti-allergique… Mes vacances ont démarré il y a deux semaines et j’ai passé mon temps à courir pour acheter ceci et cela, installer mon lit, alors ce nez, ça a un peu gâché le repos tant attendu.
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Mais bon, j’ai adoré la neige à Kyôto, les jardin tout blancs, les arbres effacés dont ne subsistait ici ou là que quelques traces noires, cette brume qui donnait au paysage des allures de peinture sumi-e. Je me suis souvenu de mon professeur d’art Japonais, quand elle disait que l’art occidental n’a développé qu’un aspect de la perspective, la perspective mathématique, mais qu’il existait une autre perspective, celle de la lumière, où la forme s’efface à mesure qu’elle s’éloigne. Et dans la neige, c’est incroyablement juste, et le sumi-e le révèle avec justesse.
Je garde un souvenir mitigé de mes trajets en bus. Nous sommes allés à Arashiyama hier, visiter des temples que nous n’avions pas encore visités. Nous y sommes allés en bus et, hormis la longueur et la monotonie du trajet, le retour s’est avéré tortueux : il faisait froid, nous avons pris le premier bus. Je prévoyais un changement mais n’arrivais pas à bien lire les caractères sur la carte, j’ai confié la carte à Jun, qui ne sait absolument pas lire une carte. Il a regardé la destination, le numéro de notre bus, c’était bon, sans s’attarder sur le trajet, à savoir le tour de la ville, au delà du terminus. Interminablement long. Je me suis souvenu d’une mésaventure qui lui était arrivé en France, pour aller à Fontainebleau. Il s’était trompé de train. C’est pourtant facile, Fontainebleau, mais Jun ne sait pas lire les cartes… Très souvent, c’est moi qui aie sauvé des situations difficiles dans les transports car visiblement il ne porte pas son attention sur le trajet, uniquement sur le but. Mais bon, ce n’est pas grave, nous sommes arrivés et nous avons mangé une dernière fois dans notre restaurant de soba, celui qui a été notre cantine pendant une semaine. Simple, bon.
Je vous laisse avec les photos du premier, je vous posterai celles du 2 et d’aujourd’hui plus tard, ce soir, de retour à Tôkyô. Dehors, un magnifique soleil sur la ville.
De Kyôto,
Madjid
Un 31 tout de blanc vêtu…
C’est tout blanc ! Voilà ce qu’a été ma première pensée en regardant les photos hier soir. Oui, c’est tout blanc, comme la neige qui est tombée un peu par surprise hier matin et a recouvert la ville de blanc pour le dernier jour de l’année. Jun et moi, à la lecture de la page météo, la veille, nous attendions à un peu de pluie, puis à un temps gris avec quelques éclaircies avant la neige pour la nuit. Au matin, ce fut donc une très grande surprise de voir ces gros flocons tomber. In y est donc allé mollo-mollo, ne sachant trop si ça allait durer ou pas. Nous avons fait une croix sur une éventuelle visite lointaine. Va pour le Ninna-Ji (仁和寺) dont Jun et moi avions apprécié le jardin en été.
Le transport en bus a été très folklorique : les Japonais ne salent pas les rues et là, pour le coup, c’est vraiment crétin ! Le temple, les jardins étaient magnifiques, comme tirés de ces dessins à l’encre de style chinois sumi-e. Nous avions du temps, alors nous sommes allés revoir le Kinkaku-ji, ce temple rendu célèbre à la suite d’un incendie que romança Mishima, Le pavillon d’or. On peut dire que je suis gentil : je ne photographie pas les foules, ni même les gens. Je ne sais plus trop si c’est parce que je n’aime pas cela ou si c’est parce que je ne sais pas faire ça. Je vous épargne donc les bennes de touristes du monde entier venus s’y déverser et vous pourrez ainsi continuer de goûter l’illusion d’un Japon zen et serein. Je peux vous l’avouer au passage, toutes mes photos sont fausses, il me faut des heures et des astuces inimaginables pour vous éviter ces foules de touristes qui envahissent les jardins, les parcs et les temples que je visite. Et ne garder que la forme abstraite de cette architecture morte, venue du passée, souvent rongée par des mousses et des lickens savamment entretenus par les vrais génies du Japon, ses jardiniers, et que les hordes barbares armées du dernier Nikon ou du dernier Panasonic, ignoreront superbement. Comme toujours, bien entendu, j’ai ma conversation avec un papy photographe, armé de son zoom de 50 cm de long, traquant un oiseau ici (j’ai un élève comme cela) ou une fleur par là. Je les aime bien, mes papys, ils me parlent à toute vitesse, j’ai souvent un peu de mal à suivre, mais j’ai appris à dire oui et à m’étonner au bon moment, comme un vrai Japonais… Le Kinkakuji était donc magnifique, sa couleur or étant finalement la seule touche de couleur dans ce paysage ravagé par l’hiver.
Le bus au retour était une autre manche. Un trajet sans fin jusqu’à Gion où nous sommes allés manger des sobas.
On est rentré à l’hôtel. J’ai vaguement attrapé la crêve… On s’est couché vers 22 heures trente. Et ce matin, on était en 2011…[AFG_gallery id=’156′]

Bonne année / Happy new year / 新年明けましておめでとうございます
Et nous voici dans les années 10 pour de vrai, en attendant les années 20…
Je vous souhaite la bonne année de ce blog car à minuit, je serai en train de dormir… Merci aux billets programmés à l’avance.
Très bonne et très belle année à vous toutes et à vous tous. Je vous embrasse dans un gros nuage de neige avec quelques poussières d’or au dedans…
De Kyôto,
Madjid
Jeudi 30 décembre 2010
Températures en chute libre, mais bien belle promenade encore une fois…
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Deuxième jour à Kyôto, entre nuages et éclaircies
Temps variable mais encore très agréable en ce mercredi 29 décembre… Très belle promenade. Second album photo, développé en automatique avec SPP. J’y reviendrai plus tard pour corriger les couleurs, souvent un peu exagérées.
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De Kyôto,
Madjid
Séjour à Kyôto, premier jour
Départ le matin à 7 heures 30 en Shinkansen, arrivée à 9 heures 51 à la gare de Kyôto.
Jun et moi nous sommes promenés entre Tôfuku-ji et Fushimi Inari Taisha avant de rejoindre l’hôtel dans l’après-midi. Il s’est alors mis à pleuvoir et à violemment souffler : nous avons été très contents d’y avoir échappé. Le soir, on a marché de l’hôtel, situé dans le quartier de Marutamachi, près de Gosho (l’ancienne résidence impériale) jusqu’à Teramachi, la rue commerçante entre Sanjô et Shijô et avons acheté des sandwish à Shizuya. Le midi, nous nous sommes régalés de soba tempura dans notre restaurant habituel près du Tôfuku-ji. Même restaurant, même boulangerie, même hôtel, mêmes visites. Je suis un indécrottable conservateur, en matière de tourisme ! d’ailleurs, je ne suis pas vraiment un touriste, à Kyôto. En additionnant, je dois bien cumuler 5 à 6 mois de résidence, ici. Blasé ! Non, je rigole…
Premier album.
De Kyôto,
Madjid[AFG_gallery id=’153′]

Aujourd’hui était férié et il faisait beau…
Jeudi 23 decembre, de Sankeien à Yamate. Mes deux Sigma DP1 et SD15, developpes dans SPP 4.2 sans retouche histoire de vous les montrer de suite.
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Le métro, le soir, la ligne Hanzomon…
Sigma DP1, cet apres-midi. Tama Plaza Terrasse.
L’approche des congés d’hiver, les changements de temps quotidiens, un jour doux, un jour glacé, un jour ensoleillé, un jour pluvieux… Fatigue.
La semaine a été une semaine vraiment mauvaise. D’abord l’appartement. Ensuite, dimanche, en sortant mon appareil photo (l’Olympus, celui que j’avais acheté en septembre), j’ai découvert que l’écran arrière était cassé… J’étais avec Jun, nous étions à Ueno, à Ameyoko, le marché, où j’achète mon thé, juste avant de continuer la promenade vers Yanaka. Ça m’a un peu cassé même si, par je ne sais trop quel hasard, j’avais pris, avant de partir, mon Sigma. Grace à lui, j’ai pu prendre des photos. Hier, j’ai reçu un email d’un cabinet de recrutement dont je vous livre la réponse après un entretien (nom des sociétés joints, je ne censure rien).
” Dear Madjid,
I hope you are well.
I received feedback from Murex and unfortunately you were rejected for a second interview because they felt that you are too focused on work-life balance and would not be committed to Murex or able to cope with the pace of the industry. I apologise that I am not bringing better news but hopefully this feeback will be useful for you in future interviews. ”
L’entretien avait eu lieu au téléphone, en anglais, à 8 heures du soir. Il s’agissait d’un travail auprès de Murex. Je connais bien l’application car j’ai travaillé dessus pendant 5 ans, j’ai connu la bascule de l’ancien au nouveau Murex, la migration, les plantages et, quand je travaillais au MO à Louis Legrand, les heures supplémentaires pour essayer de trouver une solution ou bien, plus généralement, stopper les opérations et ressaisir à la main 10, 20, 30 ou plus encore de contrats. J’ai corrigé à la main des confirmations, ces documents légaux validant les contrats de swaps avec lesquels mes collègues s’arrachaient les cheveux car Murex ne communiquait pas bien avec d’autres applications. Je me souviens avoir été le seul à travailler un 24 décembre après midi ou bien un 31 parce qu’il fallait finir. Pour ceux qui connaissent, des Straddles, des Amortizing, stoppé des primes car Murex les doublait, une dans chaque sens, pendant qu’on y est… J’ai été deux fois au chômage au Japon, j’ai toujours retravaillé. J’ai deux heures de transport par jour et je travaille pour des clopinettes dans une école avec des élèves paresseux. Bref, le côté “vous êtes un paresseux” est une vraie insulte et un commentaire de salopard. Après 2 minutes d’entretien, je savais que le poste ne cadrait pas avec moi. Le type me pressait sur des questions d’informatique, ma maitrise. Je suis poli, je ne lui ai pas dit que je ne comprenais pas pourquoi il me bousillait mon mercredi soir après m’avoir pris deux jours à penser à cet entretien s’il n’avait pas été capable de lire mon CV.
Alors oui. J’enseigne le français et même l’anglais qui n’est pas ma langue. Pour des clopinettes. Le reste du temps, j’écris. Je fais de la photo et je peux écrire sans mentir que je me débrouille avec Lightroom ou SPP et même CameraRaw. Je lis certainement plus d’information financière que tous les types dans son bureau. Parce que la contrepartie de ce salaire de misère, c’est avoir du temps. Je mange chez moi pour pouvoir payer les à côtés, jongler avec les cartes de crédit. Je suis en interruption de traitement parce qu’au Japon ça coûte cher et que je ne fais que me relever du chômage de la fin 2008, quand je me suis retrouvé sans rien. Heureusement, encore, que je profite de ma “work Life balance”. J’en ai longtemps profité en attendant de trouver autre chose. Parce que je refuse de devenir un de ces vieux chnocks qui pleurnichent en attendant de trouver quelque chose. Alors là, trop, c’est trop! Et je pense que c’était un Français…
Je viens de me censurer! Inutile.
Voilà pour l’entretien. Mais en fait, pourquoi ai-je accepté cet entretien… C’était le midi, il faisais beau. Je visitais l’appartement à Asakusa. J’avais traversé la ville à vélo, j’avais vu le Fuji en traversant le fleuve… Je n’ai eu ni l’un, ni l’autre. Et comme par une sorte de hasard diabolique, j’ai photographié l’appartement d’Asakusa avec l’Olympus.
Traversant Yanaka, j’ai compris mon erreur. Je n’aurais pas été heureux dans cette partie de Asakusa. Mon quartier est définitivement Yanaka, que je visite une fois par mois. Et ce travail n’était, de toute façon pour moi.
Hasard ultime, donc, j’avais emmené mon Sigma DP1 dont je continue à apprécier l’infinie qualité. L’Olympus me plaisait bien pour ses objectifs et le capteur plus grand. Mais quand on a gouté la propreté, le moelleux Sigma…
Pour me consoler, donc, j’ai acheté un Sigma SD15. Et ne me dites pas que 5mpix (en fait 3 x 5mpix), c’est peu pour le prix. C’est MON joujou à moi.
Le capteur Sigma a quelque chose de magique, je veux dire, quand c’est net, c’est vraiment net, les pixels sont invisibles, même dans les noirs, et les contours sont précis, on voit les petites saletés, la poussière ou la rouille dans les recoins. La première fois où j’ai vu ces appareils, j’ai su que c’était pour moi. J’ai fini par acheter le DP1 d’occasion, en janvier et, après avoir souffert pendant 15 jours sur LR et SPP, après m’être bagarré à essayer d’utiliser le bébé en full manuel, j’ai commencé à l’aimer et à me sentir photographe. Le DP1 est un truc unique. En fait, les critiques photo ne testent même plus les appareils Sigma qui leur semblent dépassés. Ainsi, mon Olympus était jugé meilleurs que le DP1 : deux et demi fois plus de pixels, objectifs interchangeables, meilleurs “contrôle du bruit”… Quand j’ai eu fait mes premières photos sur l’Olympus, je n’ai pas eu ce sentiment de “meilleur”. Plutôt un sentiment d’avoir régressé tout en ayant des photos plus grande. Pourtant, le capteur de l’Olympus était généreux, la moitié d’un plein format, ce qui est beaucoup, et presque dix fois plus que sur les compacts. Mais il y avait quelque chose de pas propre dans le fini. En fait, les autres appareils font du digital, quand Sigma fait presque de l’argentique et même, je l’ai lu plusieurs fois et je suis d’accord, des fois, on dirait de la diapositive. C’est incroyablement propre. Ce qui fait la force de Nikon, ce sont ses optiques incroyablement précises, mais pour avoir vu des RAW Nikon plein format, je dois avouer qu’il y a un truc spécial dans le rendu Sigma qui me le fait préférer. Le prochain Sigma, le SD1, a 15 millions de pixel, ce qui veut dire 3 x 15 millions. Sigma produit les seuls capteurs RVB. Les autres font du noir et blanc et recalculent les couleurs. Quand il y a de fines rayures oranges et vertes, ou rouges et jaunes, les meilleurs capteurs commettent des erreurs. Pas le Foveon de Sigma.
Oui, je sais, je suis un vrai geek de Sigma…
Bref, mon DP1 m’a énormément plu. Ce n’est pas comme les autres, il faut apprendre à s’en servir. Et puis à ma grande surprise, il n’a pas peur de la lumière. J’ai re-aimé faire de la photo avec lui, comme avec un argentique. C’est ainsi qu’en septembre, j’ai pensé qu’il était temps d’acheter un truc sérieux dans mes prix. J’ai donc acheté l’Olympus Pen 1, d’occasion, avec ses deux objectifs. Un bon prix. Plein de gadgets, mais que je n’ai jamais utilisé. Je l’ai généralement utilisé en mode manuel. J’ai été content de retrouver un zoom, mais en revanche, j’ai eu l’impression de retourner dans le digital. Des photos détaillées, mais avec ce truc du digital, je ne sais pas… Qu’il casse, dimanche, m’a mi-abattu, mi-libéré, car comme j’avais emporté mon Sigma, j’ai retrouvé le plaisir de m’amuser avec. Jouer avec la lumière, la profondeur (pourtant pas top car il descend à 4 seulement), les cadrages. Je n’ai jamais éprouvé ce côté ludique avec le Pen, pourtant possiblement super facile à utiliser, surtout quand on compare avec le Sigma.
J’ai en revanche de nouveau éprouvé les limitations du DP1, ce qui m’avait poussé à acheter l’Olympus. L’objectif fixe, 28mm, d’abord. Pour photographier des détails, ce n’est pas idéal. Et puis cette focale limitée à 4, c’est faible, surtout au Japon où, passées 16 heures, il fait presque nuit. Enfin, sa terrible lenteur à faire la mise au point, puis, une fois la photo prise, à la rentrer en mémoire. Compter 6 à 7 secondes, avec écran figé. Le moyen âge, quoi. Mais ces photos…
En fait, quand on est à ce point amoureux d’une technologie car on en apprécie les effets, on a tort de s’en séparer. Je ne retournerai pour rien au monde à Windows. Je n’aurais pas du renoncer au Foveon pour aller vers Micro4/3. Ce que je voulais, c’était un appareil comme le Sigma, mais avec des optiques interchangeables et plus de réactivité. En septembre, j’ai joué au radin. Cette fois ci, j’ai donc acheté le SD15 car il a tout ce que j’attendais d’un appareil photo. J’ai mitraillé hier, aujourd’hui, et ma période d’adaptation va être assez longue. Tout d’abord, pas de LiveView, vous savez, la mise au point sur l’écran… Retour au bon vieux viseur… Je n’avais pas calculé ça et, sur le coup, ça m’a refroidi, et puis… Joie de retrouver ce côté tactile, physique de la mise au point. Les écrans sont, en générale, totalement faux. Ce que j’aimais dans le viseur, c’était, muni de toutes les informations, le sentiment de sentir ce qui se passe. Totalement absent dans le LiveView où on regarde la photo comme à la télé. Cela étant, je m’y était fait et j’avais appris à pondérer les informations de l’écran.
Ensuite, la lourdeur. C’est un truc de plus de un kilo, avec son objectif ! Là encore, retour aux sensation argentiques. Pour le reste, c’est trop tôt. Tout comme mes premières photos avec le DP1, mes photos avec le SD15 sont bof bof. Je veux dire par là, je dois réapprendre à ne pas avoir peur de la lumière car Olympus n’aimait pas vraiment la lumière (à relativiser car il se débrouillait quand même très bien, mais…).
Un gros joujou avec lequel je peux dors et déjà m’amuser et qui, le week end prochain, subira son premier baptême du feu, avant de prendre son envol, je l’espère, durant ma semaine de vacance à Kyôto.
J’ai renoncé à déménager, en tout cas pour le moment, et certainement pour un certain temps. À moins qu’une opportunité, un endroit qui me fasse quelque chose… Dans Yanaka. Je veux vivre au pays des chats, entre quelques un de ces temples qui donnent ce charme ancien à ce quartier vallonné en bordure du parc de Ueno, moins touché par les bombardements et le grand tremblement de terre de 1923, où règne une atmosphère particulière. Presque provinciale.Je vais en revanche faire des changements chez moi, parmi lesquels figure l’achat d’un bureau, car je ne peux plus faire sans. Je vais également installer ma chambre “en haut”.
Je vais arrêter mon abonnement sur LinkedIn, et je pense que la page est tournée, et mon profil LinkedIn va évoluer très nettement. Des changements par touche. Et cet appareil photo, qui me coûte cher, évolutif, résolument le point de départ d’une décision que j’aurais du prendre il y a un moment. Je ne travaillerai plus dans une banque, puisque je suis trop porté sur mon “work life balance”. Avec mon bureau, avec mon iPad, avec mon appareil photo, je travaille désormais pour moi. L’école, ce n’est pas mon travail, c’est pour manger.
J’espère que vous aimez la nouvelle apparence de ce blog, elle est partie pour durer.
De Tokyo,
Madjid







