Vanité

V

Nous sommes incapables de voir ce qui nous attache a ces refugies car nous avons oublie d’ou nous venons

Une de mes etudiantes a recemment visite l’italie. C’est une femme tres bien, pacifiste, « de gauche », tres cultivee, tres interessante, voyageant beaucoup et parlant tres tres bien le francais.
A Milan, traversant la gare, elle a vu des manifestants mobilises pour defendre les refugies qui affluent depuis quelques temps. Dans la ville, elle a en a croise.
Elle m’a dit qu’elle avait ete inquiete, qu’elle avait craint quelque probleme, vol, bagarre a cause de ces refugies. En d’autres termes, que ces refugies ne viennent gacher ses vacances.
Loin de la juger elle, j’ai pense a ce que nous sommes devenus, nous, les gens vivant confortablement dans des pays developpes, transformes en petits bourgeois pretentieux, jugeant ici et la la qualite du service sur les sites de tourisme comme Expedia ou Booking, mangeant de la grande cuisine dans des decors representant notre aisance et singeant le confort molletene de ceux qui goutent cette cuisine loin des regards, chez eux, les grands bourgeois. A l’hotel ou je suis, et bien que celui ci soit de qualite « budget », je nous fois faire la fine gueule sur la salade et tourner autours des croissants, evaluant, pesant ce que nous considerant comme un du par la grace du rapport marchant. Et je nous trouve minables, miserables. Incapables de mesurer notre incroyable fragilite.
Ces refugies qui viennent gacher notre festin ont bien souvent pu venir jusque nos cotes parce qu’ils appartenaient aux classes moyennes avant les conflits en cours dans leurs pays (Libye, Syrie, Iraq), ils avaient ainsi des economies. Leur situation d’extreme precarite nous empeche de voir l’incroyable similitude de condition qui nous attache a eux. Et de comprendre que ce que nous considerons comme acquis, notre soi-disant aisance, notre confort de pacotille, sont en realite des illusions, un moment tres court et que nous sommes a la merci d’une chute des marches boursiers, de decisions eronnees de nous dirigeants politiques nous engageant dans une guerre aux consequences mal mesurees comme ce fut le cas en 1914, et que toutes ces mines pretentieuses de petits bourgeois devant la qualite de tel ou tel service ou de tel produit s’evanouiront dans les gouffres de l’histoire.
Nous sommes incapables de voir ce qui nous attache a ces refugies car nous avons oublie d’ou nous venons. Mon etudiante a ainsi oublie que ses parents avaient traine leurs savattes dans les ruines de Tokyo devastee par les bombardements au napalm de l’hiver 1945, la faim qui les tiraillait, les nuits froides et la chaleur etouffante de l’ete, la crasse et la mendicite partout. Je ne la critique pas, moi-meme, nous tous, sommes encroutes dans ce present que nous regardons dans toute l’eternite de l’instant, aveugles par une aisance que nous ne devons qu’a la dominations de continents entiers qui nous fournissent notre chocolat, notre cafe et nos gadgets electroniques, une domination dont la marque est, parfois, notre ingerance militaire dans les affaires interieures des etats dont la repercution visible dans notre quotidien sont, justement, ces refugies fuyant les guerres que nous alimentons pour que nous puissions faire le plein a bon marche et manger du chocolat pour les fetes de fin d’annee.

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