Quelle chaleur…

Q

Ah l’été. Carmen Maura, La loi du Désir (Almodovar, 1985), Que calor !
Ce matin, un soleil de plomb s’est installé, la luminosité a décuplé, je suis dans mon élément. Mais un léger coup de fatigue nous a fait sortir du lit à 10 heures passée : nous voulions aller à l’exposition PARMES à Ueno. Ce n’est que partie remise…
Nous avons déjeuné tranquilement, et nous sommes sortis tout aussi tranquilement. Quelle lumière, quel soleil… Et puis il y a eu l’après-midi et la soirée au travail, qu’en dire ? Je ne comprends guère cette femme qui se cache du soleil au delà de toute mon imagination, avec son air cadavérique. Comment ce fait-ce que les Japonais n’aiment pas le soleil, qu’ici les crèmes servent à rester blanc(he)s… Cela frise parfois le ridicule, mais bon. En tout cas, faites une journée de grand beau temps et soyez assurés de faire salle comble, salle de classe s’entend…
Certains étudiants m’exaspèrent, d’autres m’enchantent. Ils ne sont pas japonais, ils sont terriblement humains avant tout, mais, disons, des humains du Japon, avec les problèmes qui leurs sont spécifiques. Ici, on doit se marier (“on en est encore là”, excusez ma vision…), on ne peut pas divorcer, les hommes obeïssent à leurs femmes, elles gèrent leur salaires. NOVA est un fantastique champs d’investigation. Ainsi cet étudiant, cadre supérieur, qui passe ses week-ends à apprendre des langues étrangères car sa femme ne veut pas de lui à la maison. On dirait un pauvre type, en France, ici, il est terriblement ordinaire. Il est donc foncièrement dépressif et son comportement est plutôt eratique. Il sort parfois de ces bétises. Il prétend parler le portugnol, s’est plaint des professeurs d’Allemand qui ne parlent pas l’Allemand Bavarois supposé “vrai allemand”, etc… Ou tel autre qui apprend le français car en fait il rêve de tout plaquer, son travail, sa femme et qu’en fait il ne sait pas par quel bout commencer. Un samedi, il a dit qu’il s’était levé tard, vers 9 heures, le professeur lui a dit que le samedi, 9 heures, c’était tôt, et qu’en France on faisait des grâces matinées jusque vers midi. Il ne vient désormais plus le matin…
J’aime bien mes collègues, le temps passe très vite et ce défilé incessant de vies, de visages, de malheurs refoulés mais aussi de joies variées laisse, à l’arrivée, plus de bons souvenirs que de mauvais. Je les connais bien, “mes” étudiants. Mais alors, quel manque étonnant d’imagination. Les Japonais ont l’esprit carré, sans la moindre trace de second degré. Et très souvent (NOVA est une école de conversation), quand on lance un sujet, quand on pose une question, la réponse se limite à un terrible je sais pas. Allez causer, avec ça… Alors moi, j’ai des ruses pour qu’ils causent…
J’ai quitté comme toujours à 21h00 et j’ai filé à Shibuya où Jun m’attendait. Notre quasi-traditionnelle Pizza du samedi soir. Elle est fichtrement bonne, et la traversée, même rapide, de Shibuya a le don de me faire oublier la journée de classes et toutes ces femmes au foyer dépressives, toutes ces bêcheuses quarantenaires de Ginza. À Shibuya, la moyenne d’âge descend dramatiquement, et les styles se téléscopent dans tous les sens. J’adore : ça m’énergise. On est rentré et j’ai fait découvrir Lene Lovitch, Nina Hagen et Siouxsie à Jun. On trouve tout, sur Youtube ! On s’est couché, en fait, super tard. Il faisait chaud…

À propos de moi

Madjid Ben Chikh
Madjid Ben Chikh

Madjid Ben Chikh, auteur, bloggueur. A Tokyo depuis 2006.
Ce Blog, journal d'un solitaire sociable et moderne de Paris et Londres à Tokyo, depuis aout 2004.

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