Lundi 16 juin 2008

Le temps passe trop vite. Des fois, j’aimerais l’attraper quelques instants pour pouvoir en partager un petit morceau avec vous, mais il y a bien longtemps que j’ai renonce a pareille illusion. Je garde le peu qu’il me reste, jalousement, pour le donner a Jun. Allez donc savoir pourquoi… Yann me comprend certainement. Gay et etranger au Japon, c’est un peu etre une meduse, a la merci des courants, sans attache. On fait comme on peut. Nous n’avons pas ce profil pathetique de certains etrangers, entiches de « leur » Japonaise autant que de leur reussite sociale a trois francs six sous. On ne sait pas faire. Nous avons la solitude en bandouliere. Autant s’en faire une alliee. Non pas que nous soyons seuls, non, mais ce bonheur que nous pouvons vivre est un bonheur precaire, non reconnu par la loi. Pas de mariage avec « la » Japonaise, le visa et le kimono. Nous sommes des etres gratuits, avec l’autre parce que nous desirons etre avec lui. A Jun je donne beaucoup, autant qu’il me donne. Le temps passe vite alors…
Ce temps qui passe vite, c’est d’abord au travail que je le passe, et que je le perds. Je ne commente meme pas. C’est comme si un piege inevitable s’etait referme sur moi. Du matin au soir, parfois tres tard, la precarite encore, et le salaire qui ne suit pas. J’ecris, la, mais je me sens une ecriture videe, rarefiee, avare et inutile, bavarde. Fatiguee.
J’aimerais vous raconter. Vous raconter quoi…
Allez, je vous laisse, heureux de vous (m’) etre revenu, et de vous avoir offert quelques photos de mes week ends tranquilles et curieux. Pour le travail, j’essairai de trouver mieux un peu plus tard, mais disons que je commence a m’y faire…


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