Le temps des parkings sous le ciel gris

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La bulle immobiliere s’est degonflee au Japon comme ailleurs. Le Japon avait mis du temps, pourtant, a s’y mettre : il avait fallu reparer les degats causes par la precedente, encore appelee “LA” bulle, バブル. Et puis vers 2005/06, en fait quand je suis arrive, ca s’est mis a construire partout, et en hauteur, et en verre, et en mansion avec vue sur Tokyo. De magnifiques immeubles rompant avec la tristesse de ces immeubles de la precedente bulle, marrons/gris. La gare de Tokyo est desormais entouree de tours magnifiques construites en moins de 5 ans. Je les ai vues sortir de rien, et j’ai meme connu avant, il y a 6 ans, lors de mon premier voyage. C’est incroyable comme c’est alle vite. Le meprisable Roppongi a vu jaillir le tres “elegant/おしゃれ” Midtown et le nouveau musee metroplitain, au design tout en rondeur et transparence. Vers Toyosu a pousse tout un quartier neuf avec ses tours d’habitations pour jeunes cadres superieurs et “poupees Ginza” et son “Lalaport”, grand centre commercial avec vue sur la baie. Odaiba, enfin, est sorti de ses friches. Partout, l’immobilier s’est soudain reveille, a grande vitesse, et Tokyo s’est remis a changer.

Et puis flop ! Crise du credit. Les faillites desormais se succedent. Que va t’on faire de tous ces bureaux dans les quartiers centraux avec leurs gigantesques centres cmmerciaux a peine ripolines ? Yoshinoya, Ten’ya et Donki Hote rempliront-ils les espaces que les Gucci/Chanel et autres Ralf Lauren devaient occuper ? Les etages superieurs resteront ils deseperement vides comme cela commence a se faire ? Dans mon quartier, un immeuble de 6 etages, fini il y a pres de 3 mois : rien, personne.

Ce qui commence a prosperer, ce sont les parkings. C’est qu’on en a demolis, des immeubles, l’an dernier, dans l’espoir de contruire un de ces attire-pouffiasses (les centre-commerciaux remplis de tiffany’s, de boulangeries francaises et de sac Vuitton) et/ou de ces boite-a-jeune-couple de 35 etages avec cuisine a l’americaine en inox et imitation bois, salon avec baie-vitree, parquet et eclairage variable. Remises dans les placards des promoteurs desormais au bord de la faillite, ils sont replaces par ces especes de parking qui poussent comme des champignons, comme c’est le cas vers Kyobashi ou ils sont desormais vastes et nombreux. Dans certains quartiers, ils sont occupes, dans d’autres, il restent desesperement deserts, appelant desesperement la reprise economique qui cacherait ce qui ressemble a une plaie urbaine.

Ce matin, j’avais mon dernier rendez-vous a ハーロワーク/Hello Work , les Assedics japonaises. Je recois ma derniere allocation dans quelques jours. Apres, ben… vogue la galere.
Temps plus que pourri sur Tokyo: vers chez moi, le metro est aerien. On franchit un tres grand pont qui surplomble la 荒川/la riviere Ara d’ou on peut voir la baie de Tokyo et parfois meme au loin, vers Chiba ou quelque ile… Ce matin, la brume etait si epaisse qu’on ne voyait rien qu’une sorte de masse blanche flottant sur la riviere. Dehors, la bruine que pulverisait un vent frais donnait une sensation glaciale tout le long du corp : j’ai renonce a me promener. Je suis alle a Iidabashi rendre un livre a l’Institut : je n’aime guere cet endroit, sorte d’Ilot francais perdu au milieu de nulle part, mais aujourd’hui, avec ce temps et le nouveau parking sur le cote, c’etait particulierement lugubre. J’ai pu voir au passage ce fameux projet d’exposition dont j’avais entendu parle lors d’une visite a la MFJ il y a quelques mois. Le travail artistique est interessant, la photgraphe realisant un travail plastique -des installations en site naturel- qui parlent et racontent des haikus. Que j’aimerais etre un artiste subventionne, bien a l’abris de la recession…
Jun ne va pas tarder.
De Tokyo,
Suppaiku

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