Elections, soleil, blablabla

E

Drole de semaine, ou lassitude, beau soleil et nouvelles decouvertes se sont melees. D’ou mon absence de ce blog…
Passage a vide ce week-end, entre perte de mes photos et habituelle depression du touriste. Je suis arrive a ma 5eme semaine ce lundi. Ca fait beaucoup, non ? Resultat, un lundi flasque, je ne vous raconte pas. Je suis sorti le matin, j’ai un peu touene en rond, dejeune rapidement le midi. On ne peut faire plus flasque, non ? Que faire ?
Pour tout vous dire, je deteste le tourisme… Pourquoi doit on etre oblige de “faire” quelque chose ? J’ai visite en un mois plus de temple, de sanctuaires et de jardins, de musees que je ne l’ai fait dans tout ma vie en France pour les chateaux et les differentes regions… Bref, lundi matin, j’ai commence le troisieme tome de la Recherche, “Le cote de Guermante”. La langue francaise est une langue magnifique…
Vers 13h00, quand meme, je me suis dit qu’il fallait que je “fasse quelque chose”, pour sortir de cette lethargie. Alors je suis alle a Kobe. En teuf teuf bien lent (55 minutes), le temps necessaire pour regarder les paysages… Et on apprend beaucoup de choses.
Par exemple, que Kyoto, bien que reliee a la la grande route Osaka/Tokyo par le Shinkansen, ne fait pas vraiment partie de la Panurbation generale est Ouest, ou plutot qu’elle est un noeud de type vide. En effet, le vide se fait autour de Kyoto et fait apparaitre cette vide progressivement, la faisant disparaitre de la meme maniere.
Point de cela pour Kobe et Osaka, ou regne comme une continuite, et il est difficile de dire que finalement ce n’est pas la meme ville : il y a un cote “Tokyo”, avec une multitude de centres villes, finalement, intercales d’espaces moins denses, ou plutot moins haut.
Je ne suis reste que sur le port, a Kobe, Harbourland. Et j’ai ete hallucine par l’aspect “futuriste” du lieu, tout batit en hauteur. J’ai fait un tour sur la grande roue rouillee qui ressemble a un reste de “la bulle”, mais qui a une jolie vue sur la mer, les montagnes toutes proches. Et puis j’ai marche, pris un cafe avec une vue magnifique et vu le soleil se coucher sur la baie. Un ami m’a telephone, nous avons parle longuement, et ca m’a fait beaucoup de bien. Ouf, le monde continue de tourner.
J’ai un peu marche par la, sous ces cordes d’autoroutes superposees, entre ces centres commerciaux, et je me suis dit que si les villes nouvelles autours de Paris etaient comme cela, ce serait tres habitable.
J’ai pris mon train vers 18h00/19h00. Il faisait bon. Je suis alle a Osaka d’abord en lisant Proust, et d’un seul coup je me suis senti terriblement vivant, au milieu des gens, avec 3 semaines encore a les regarder vivre et a vivre parmi eux.
J’ai passe une soiree des plus simple, dine dans une cantine tres simple d’un set compose d’une soupe Udon et d’un Katsudon. De veilles dames passant par la ont eu un peu peur de moi, sont allees s’assoir plus loin. Les salariman sont plus indulgeants… Et puis apres une promenade rythmee de photographies, je suis rentre a Kyoto. Je suis passe a cote d’un bar gay americain avec pignon sur rue. Je ne sais pas ce qu’en pensent les gens mais, alors que je prenais des photos d’une bretelle routiere multiple agrementee d’un pont pour les pietons, j’ai constate que ce n’est pas du gout non plus des gays japonais, qui regardent dedans, et font demi tour…

Le mardi, ballade dans la ville, lecture, tres simple. Et puis vers 3h00, je suis parti pour Osaka. La, j’ai fait une exploration plus approfondie, preparee d’abord sur le net. J’ai pris pas mal de photographie de ces ponts/tobogans/routes/chemins de fer hallucinants qui se chevauchent et forment des boulevards hallucinant. On pourrait s’en inspirer pour nos hideux peripheriques. Hideux parce que deserts, pas assumes. Ici, les commerces donnent de la vie a ces espaces routiers rapides empiles les uns sur les autres. C’est pareil a Tokyo, d’ailleurs. Et puis toute une foulles de petites rues, avec des boui-boui, des prostituees coreennes, des restaurants, c’est tres amusant… Et contrairement a Paris, c’est tres propre. Ca sent juste la cuisine de ces quartiers la (brochettes au charbon, ramen), et c’est tres agreable, ca ouvre l’appetit. Et puis soudain, au gre de la marche, on butte sur une grande avenue, coloree, bruyante, avec se foule de l’apres midi, femmes aux sacs en papier cartonnes de grandes marques, ou de marques, salaryman ayant termine leur journee et dont le flot va grandissant, accompagne de ces cohortes d’offices ladies aux chaussures basses et arrondies qui contrastent tant avec les 10cm aiguille, a bout pointu sur botte moulante tres en vogue en ce moment, revisant les proportions des jambes des jeunes femmes : le pied devient immense, la cheville est emmitouflee dans un tube de cuir flou, bouchonnant MAIS moulant puis la jambe suit, gainee de cuir. Sur une japonaise de 1.40, l’effet est des plus etrange… surtout que la mode est a la mini-jupe tres courte, aux cheveux ondules/ballonnes, aux details vestimentaires roses… Oui, effet garanti : le petasse japonaise s’assume. En blond, bien entendu.
Marche longuement vers Dotonbori, encore, remonte. A chaque fois, j’elargis le cercle, mon but n’etant pas de tout voir (demarche absoluement inutile a mes yeux), mais de me promener, saisir comment “ca marche”, tenter une rue, parfois meme un peu coupe gorge, retrouver un axe deja vu precedement, et puis soudain avoir marche longtemps en des terres inexplorees par mes pauvres jambes fatiguees. Alors je pousse (ou je tire, ou je glisse) la porte d’un restaurant, comme ce soir la ou j’ai mange okonomiyaki, avec 2 namabiru (bieres). Vers 23h, enfin, je me suis dirige vers un quartier dans le genre qui n’existe pas en France, un vrai quartier chaud, mais vraiment, avec des gars louches en bas des immeubles, pas mal de prostituees… et des restaurants, aussi. J’avais trouve sur internet l’adresse d’un bar. Arrive devant l’immeuble, “j’y vais ou j’y vais pas?”. Finalement, bien sur que j’y suis alle. Au cinquieme etage. J’avoue que cela fait parti de mes plus grandes apprehensions, au Japon. Aller dans un endroit sans pouvoir “regarder” avant.
A tout casser, 10 metres carres pour les clients, le long d’un bar ou regne le serveur, sorte de mama-san de 35 ans bodybuilde. En video, un film americain. En musique, je ne sais pas trop. Mince, un americain est la… Bon, ca ne m’a pas empeche de parler japonais. L’americain est rapidement parti (meme si je devais le recroiser sur le quai de la gare Umeda, un peu plus tard). D’autres clients sont arrives, intimides par ma presence mais rassures par quelques mots du serveur. Le fait d’etre francais adoucis un peu. Et puis finalement, quand je parle japonais, je constate qu’apres 15/20 minutes je parviens a m’exprimer. Mais il ne faut surtout pas que l’on me parle anglais ou francais, ca casse tout. Sinon, les Japonais nous prennent tous pour des americains. Alors etre francais a quelque chose d’un peu exotique. Je suis parti vers 00h15 pour attraper mon dernier train. J’ai du retraverser le quartier en question. Apres les quelques bieres, je devais avoir un sourire jusqu’aux oreilles… Parler, parler japonais m’a fait tres plaisir. On m’a invite a revenir quand j’ai dit que je restais encore 3 semaines. Ils (le serveur, les clients) n’ont pas dit ca a l’americain dont le pietre japonais (alors qu’il est la bas depuis un an) et le debut de conversation sur George Bush n’ont pas tellement plus. Comme l’a dit un client, un bar n’est pas fait pour parler politique et religion. Au fond de moi, je me disais qu’en effet, dans 10 metres carres, une bagarre …. Dans le train (on s’est retrouve dans le meme train pour Kyoto), l’americain m’a dit qu’il n’y retournerait pas, qu’il l’avait trouve comme moi sur le net. Moi, je pense faire un saut, histoire de causer un peu. Et m’en trouver quelques autres. Aller dans un grand cafe design comme il y en a Paris et boire mon verre tout seul, c’est nul, non ? Me retrouver dans ces petits bars, c’est bien plus rigolo. Non ?
Mercredi, gueule de bois, elections americaines. J’ai regarde le desastre en direct et ne me consolais qu’en pensant que ce sera bon pour Hilary en 2008. Mais vraiment, quand j’ai consenti a quitter ma chambre vers 17h00, les americains que je croisais, je les detestais. Vraiment. Et que vraiment, pour moi, a part la cote ouest et la cote est, l’espece de machin analphabete, bouseux, ignard et puritain du milieu, je le deteste vraiment, avec leurs troupaux de boeufs transgeniques, leurs puits de petroles, leur KluKluxKlan et leurs lecons de morale a la mort moi le noeud de porteurs de santiags………………………………………………. Mais le mieux c’est quand on les croise en vacance. Ici, c’en est truffe. Comme cette espece de face de vieille ricaine liftee et son accent de l’oregon ou de l’arkansas qui me disait que le Japon c’est joli, mais qu’elle cherchait deseperement un endroit ou elle pourrait manger quelque chose de convenable, d’autant que “ces gens” ne parlent pas un mot d’anglais (entendre : d’americain). J’ai eu envie de lui envoyer son pot de creme hydratante Q10 aux enzimes autobronzants anti-age a la figure, je me suis contente de lui indiquer un petit restaurant que j’aime bien mais ou le gout des soupes a du lui sembler monstrueux (miso-soba/miso-udon). C’est pas grave pour elle, il y a aussi des MacDo au Japon pour les gens comme elle. Elle aussi a du voter pour Bush, dans le finfond de son Wyoming ou de son Oklahoma pour se venger du Francais qui lui avait indique une si pietre adresse, c’est qu’en plus c’etait un feneant qui a plein de vacances, non mais regardez-les !
Bon, jeudi je suis alle a Tokyo toute la journee. Shibuya, Harajuku, Shinjuku, promenade ordinaire. Un cafe vers Harajuku dans une espece de bicoque branlante, ou apres avoir monte un escalier en ferraille en colimacon, on a ses 10 metres carres. Cafe delicieux, jazz en fond sonore issus de la collection impressionnante de vinyls qui s’empilent sur des etageres. Des photos encore, argentiques et numeriques. Rentre tres tard a Kyoto. Le matin, tres belle vue de Fuji-san.
Ce matin, leve plus tard, 8h00. Et je compose tranquilement ce blog pour votre plus grand plaisir.
Je “voulais” aller a Tokyo, ou Hiroshima, ou… mais j’en ai marre de faire le touriste. Je ne veux plus rien faire. Et puis il fait vraiment tres tres beau, et a Kyoto, ce temps est regenerant. Alors je ne me force pas. Tokyo, ce sera pour un autre voyage, pour faire autre chose. Aujourd’hui je reste ici, et je veux qu’au milieu de toute cette verdure, entre deux temples, ressentir le soleil et l’air pur qui me manqueront tant de retour a Paris.
Bye bye.

À propos de moi

Madjid Ben Chikh
Madjid Ben Chikh

Madjid Ben Chikh, auteur, bloggueur. A Tokyo depuis 2006.
Ce Blog, journal d'un solitaire sociable et moderne de Paris et Londres à Tokyo, depuis aout 2004.

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