De mes Lubbie(s) economiques en general, et du travail en particulier

D
Et voilà, j’ai repris mon ordinateur avec moi, et j’écris dans le métro qui me conduit au travail. J’ai laissé en plan plusieurs textes, je devrai les reprendre. Il m’est extrêmement difficile de me concentrer quand j’ai des soucis d’argent, des soucis de travail. C’est familial, c’est comme ça.
Alors j’ai terminé This time is different que j’avais abandonné il y a quelques mois, et puis j’ai lu un livre de prospective de George Friedman, The next 100 years, et je suis revenu à The Ascent of money, de Niels Fergusson. Une envie de me replonger dans l’économie avant de passer à l’écriture d’un truc qui me tient à cœur depuis deux ans, développer ma théorie des cycles économiques courts et longs mis en parallèle avec des marqueurs culturels. J’ai ainsi baptisé un certain nombre d’entre eux. Le Pic (1963/1967). La société de consommation (1967/1971). Le temps des crises (1971/1975). Les derniers feux Keynésiens (1975/1979). La grande glaciation (1979/1982), que suit La grande décontraction (1982/1987). Le moment Européen (1987/1992). Le Printemps (1992/1996). Les années 2000 (1996/2001). Le décollage (2001/2005). Les années babe (2005/2009). Certains vont même de soi, comme Les années folles (1924/1929) et La Dépression (1929/1933) ou Le New-Deal (1933/1937). Ou La guerre (1941/1945). J’ai bien entendu calé mes « jugglar » (les cycles courts sont appelés cycles des affaires et ont été mis en évidence par Jugglar) sur les U.S.A. puisque le monde s’est synchronisé sur les cycles américains depuis la fin de la guerre de 14. Mais on trouve des cycles plus européens auparavant. Ils sont parfois un peu en décallage (un an tout au plus) des jugglars communément admis. Je les ai en effet calés sur des phénomènes culturels. Par exemple, si on se penche sur le cas le plus récent, même si Madame Guetta est célèbre depuis près de 20 ans, il faut avouer que son allure vulgaire de nouvelle riche qui porte de la marque, qui parle comme Jacky Sardou et a autant de culture qu’un champ de pomme de terre, son côté « Angela », la serveuse de « d’la naït’ » du premier Loft, s’est généralisé à l’époque de la bulle CDO-CDS qui a emporté Lehman Brothers et Bear Stearns en 2008, avec toutes ces vidéos de filles gonflées aux silicones à moitié à poil tordant leurs culs sur des “musiques” standardisées, trop “délire”. Je trouve qu’elle représente bien cette époque d’argent facile, moi, la Guetta. En fait, on pourrait presque appeler le cycle long de 25 ans, les années Guetta, ce triomphe personnifié de la culture Thatchérienne mêlant argent décomplexé, égo roi, silicone et décontraction cool. L’égoïsme social, « mes lunettes, c’est des Dior, et je t’emmerde, parce que tu vois, moi, j’m’éclate ».
Les cycles longs, alors là, j’innove. Généralement, on se réfère à un économiste d’un pays sous-développé blanc, donc considéré comme développé, la Russie Soviétique, Nikolai Kondratieff. Kondratieff, tout en se réclamant du marxisme, a basé sa théorie des cycles longs sur les prix, ce qui le rapproche des monétaristes. Il est donc devenu bien contre lui la coqueluche des millenaristes chretiens Americains qui hurlent a la dette en ce moment, des monetaristes qui voient Obama comme un agent du Nouvel Ordre Mondial et de tous les types qui conseillent d’acheter de l’or. Qu’il y ait de l’inflation, et c’est « l’été », que les prix ne montent pas, et c’est « l’hiver ». Pour les fans de Kondratieff, en ce moment, c’est l’hiver, par exemple, et la crise révèle la fin du cycle. En revanche, 1929, c’etait l’été, et l’économie avait surchauffé. Enfin, ça, c’est ce qu’ils pensent.
Quelle bande de crétins. Appliquer une théorie des prix, la théorie classique, née à l’époque d’une économie agraire et dépendant des ressources, à l’économie des sociétés industrielles… Moi, je suis un marxiste de base : dans une société capitaliste, ou le profit est le moteur, aucun doute, un cycle économique se défini sur le plus ou moins de capacité à creer/generer/gagner de l’argent. Et là apparaissent des cycles qui me semblent bien plus intéressants. J’avais « prédit » une onde longue de prospérité en 1991 (je me rappelle très bien la conversation), et j’ai écrit fin 2008 dans ce blog que dès la fin 2009, on commencerait à réviser les prévisions de croissance à la hausse, et ça n’a pas manqué. Je ne suis pas un génie, je suis un passionné d’économie, qui au passage maîtrise bien la généralisation de la finance (je sais comment fonctionne les dérivés, j’en ai vu tout plein !) et Marx m’a convaincu sur un point : dans un système basé sur le profit, la crise, c’est quand le profit baisse de façon structurelle. En 2008, les profits n’ont fait que baisser conjoncturellement, il n’y a qu’a regarder Apple, Microsoft, Google… Par contre dans les années 70, les profits étaient vraiment à la traîne.
Mes cycles à moi, je les nomme à partir de la technologie qui a permis de réaliser des gains de productivité, donc générer du profit. Ils naissent en général dans le cycle précédent. Ca donne ainsi, de 1913 à 1938 l’âge du pétro mécanique; de 1938 à 1965, l’âge électrique ; de 1965 à 1991, l’âge électronique ; depuis 1991, l’âge informatique. Du retournement de cycle court qui s’amorce devrait naître ou s’épanouir la technologie du prochain cycle. Il est fort à parier que ce sera quelque chose qui permettra de réduire la consommation d’énergie. Voilà ce qui m’a fait conclure dès 2008, alors que Lehman venait d’être emporté, que le prix des matières premières atteignait des sommets et que tout le monde chantait l’apocalypse, que ce serait dur, violent, mais que ça ne durerait pas longtemps. Je constate au passage que Georges Friedman, dans The next 100 years, pense exactement la même chose et rappelle que la récession de 1979/1982 a été bien plus violente. Ce que j’ai toujours pensé puisque la récession du tournant des années 80 correspond en gros à la grande dépression, l’amorce de la fin d’un fin de cycle, et donc la mise en place des mécanismes de régulation du nouveau cycle. En 1933, la mise en place d’une politique « socialisante » par Roosevelt qui inaugure l’époque « socialiste » et «social-démocrate ». Et entre 1979 (Thatcher) et 1981 (Reagan), la mise en place d’une régulation par la quantité de monnaie en circulation, le monétarisme et son corollaire, la libéralisation des flux financiers. Le New Deal, et ce que j’ai appelé La Grande Glaciation. Pour casser l’inflation, les néo-conservateurs ont gelé l’économie à coup de taux d’intérêts historiquement très hauts. 30%, voire 35%. Il y a eu 4 millions de chômeurs en Angleterre, 15 millions aux USA. La question ici n’est pas de dire si ce fut bien ou pas, mais c’est ce qui fut. Qui se souvient de British Leyland, le fabriquant de voitures ? Disparue entièrement. Qui se souvient qu’en France on pouvait acheter des voitures Simca. Je pourrais continuer la longue liste de ces pans entiers de l’industrie qui ont disparu.
D’ailleurs, on parle d’inflation pour les années 70, or, les années 70, c’était en fait une réelle déflation, mais en environnement keynésien, avec un soutien de la consommation. Avec des hausses moyennes de prix de 12% en France, mais seulement 7% pour l’industrie, et des hausses de salaire de 12 à 15%, comment ne pas appeler cette baisse réelle des prix si ce n’est par son vrai nom, une déflation. Une baisse de la valeur réelle des choses. Deflatez les indices boursiers, les prix de l’immobilier, et vous verrez : ca baisse…(je livrerais ces indices dans les articles). Voilà pourquoi les entreprises fermaient les unes après les autres. Coincées entre une concurrence féroce à l’international, et un niveau de hausse des salaires soutenu destiné à « soutenir la demande ». En 1975, on a fait plus de 4% de croissance grâce à la « relance Chirac », mais cela n’a pas empêché le triplement du chômage, de 300,000 fin 1973, à plus de 1 millions début 1976.
Qui se souvient qu’a l’epoque “socialiste”, il n’y avait que 100,000 chômeurs en France… ?
La solution Thatcher a été une solution, d’autres auraient été possibles certainement, il y a juste qu’elles n’ont pas été pensées car la gauche avait décidé de fusionner avec le keynésianisme. Et la droite, généralement soucieuse de paix sociale, avait fini par abandonner dans ce sens. Mais ça ne marchait plus.
On évoque souvent les années 20, au contraire, comme une période prospère. En fait, la dépression est rampante tout au long des années 20. L’Allemagne en est une caricature, mais les campagnes américaines où le besoin de consommation des villes conduisit les paysans à s’endetter fortement, dévoilent une situation de plus en plus désespérée : les campagnes ont été frappées par le krach de Wall Street dès la fin 1929 avec des expropriations spectaculaires qui ont mis des millions de personnes sur les routes, comme le racontent Les raisins de la colère. Les années 20, c’est d’abord un après-guerre où on a voulu oublier la plus grande boucherie du 20ème siècle. Un peu comme les années 70 ont été la grande éclate des enfants du baby boom, marginaux ici ou cadre urbain là. Les uns explorant la planète, défricheurs des possibles de l’hédonisme, les autres s’installant dans une culture nouvelle, « moderne ». Giscardienne. Avant de devenir Mitterrandienne ou Thatchérienne quand ces deux branches du baby-boom fusionneront pour donner naissance au trentenaire post-moderne de Lipovetsky aux temps de La grande glaciation.
Ce qui m’intéresse, c’est une lecture sociétale, c’est de retrouver la trace visible de modifications économique, c’est la relation entre ce que Marx appelait superstructure et infrastructure. Sur ce point, force est de constater qu’il avait incroyablement tort car il sous-estimait les « dynamiques ». Edgar Morin, appelant a une pensee de la complexite. Quelque choses qui rendrait compte des interractions, des dynamiques internes et exterieures. La vision de Marx n’était pas fausse pourvu qu’on y ajoute de la dynamique, de l’interaction réciproque et surtout de la dynamique propre à chaque champ. Quand Thatcher a laisse les syndicats négocier des hausses de salaires de 25% en 1980 – là où les travaillistes tâchaient de contrôler pour juguler l’inflation-, il était entendu dans sa tête que pour défendre la monnaie elle pousserait les taux d’intérêts à 30%. En 1981, les taux étaient à 35%, mais avec un chômage à déjà plus de 3 millions de personnes lié à la faillite de milliers d’entreprises étranglées par le coût du crédit et incapables de se procurer des liquidités, les prix se sont mis à baisser. Vers 1982, l’inflation était vaincue en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Mais ce qui est intéressant à noter, c’est que ce changement purement économique a entraîné le second changement : British Airways était en 1982 en quasi-faillite, accumulait les pertes. Thatcher a privatisé. Un vrai coup de génie, en fait, car des 1982, les taux ont commencé à baisser. Ceux qui avaient été épargnés par la purge et qui au contraire avaient des économies recevaient des taux annuels de 15% encore en 1982 malgré une inflation nulle. La privatisation a offert un nouveau débouché à cet argent tout fraîchement créé. La suite, on connaît… Bref, les dynamiques s’alimentent et les évolutions influencent d’autres champs en s’influençant elles-mêmes. C’est d’ailleurs comme ça que la Suède a bâti son « modèle ».
L’originalité, donc, au delà de l’économique, ce sera « voir » le changement à travers des créations artistiques, à travers la culture. C’est mon joujou depuis des années… Et Youtube m’apporte 115 ans d’images…
Je vais poster tout cela dans mes « Lubbie(s) » en haut. Si vous me suivez sur Facebook, je posterai des vidéos, également, répertoriées par phase de cycle. Comme ceci :
L’âge électronique (-) / La Grande Glaciation (-), 1981
Ou bien comme cela
L’âge informatique (+) / Le Printemps (+), 1994

En donnant ma lecture de ce que je donnerai a regarder. Il y a des fois, c’est extremement emouvant, voir le neuf jaillir au milieu de l’ancien. J’avoue en ce moment etre fascine par la publicite du Parti Conservateur en Grande Bretagne, car elle rompt avec enormement de visuels des 15 dermieres annees. Les annees Blair…

Et puis…
J’ai commente un lien d’un ami de longue date retrouve recemment sur Facebook. Je parle de lui, d’ailleurs, dans une des nouvelles postees sur ce site. Son lien, c’etait une declaration de Cope sur les chomeurs. Une de plus. C’est normal, apres avoir eponge les centaines de milliards de pertes des banques, il faut bien remettre les pauvres a leur place… Je poste ici mon long commentaire, que Xavier a lui-meme poste sur son mur. Et je poste un second commentaire que je n’ai pas pu poster et qui complete et termine le premier apres que quelqu’un ait commente que j’avais bien de la haine contre le systeme.
En fait, et ca recadrera le sujet, le fond, en fait, c’est qu’en France, IL N’Y A PAS DE TRAVAIL. Il y a un sous emploi structurel d’environ 5 million de personnes (les 3 millions, plus les 1 millions de RSA/RMI sortis de la statistique, plus les CES/emplois bidons/ stages egalement sortis de la statistique, plus les interimaires egalement sortis). Voila la realite.
L’economie francaise a souffert de sous investissements massifs des la fin des annees 60, les patrons preferant garder les profits, voire meme, dans le cas de la machine outil et de la siderurgie, l’etat subventionnant des branches et les actionnaires empochant les subventions (leur nationalisation a coute 1 franc pour cette raison).
Le resultat est qu’on n’a pas pu, comme l’Allemagne, garder de l’industrie. En France, on fabrique cher, des trucs ordinaires que d’autres produisent pour bien moins cher. Le resultat est que les gens ayant peu de qualifications ne trouvent plus les travaux qu’ils pouvaient trouver avant. Pour resumer, les capitalisme a vide les campagnes. exploite ses enfants deracines, et maintenant, n’en a plus besoin.
Comme ca coute cher, et que l’ideologie dominante, resoluement anti socialiste (meme chez pas mal de “socialistes), est aux “baisses d’impots”, on assiste dans tous les pays developpes depuis 20/30 ans, a une hausse progressive des deficits et des dettes (parfois, ca baisse, mais a chaque recession liee a cette deregulation, ca remonte plus haut) qui “justifie” de faire des economies quelque part.
Ou ? Les services sociaux, l’etat providence.
Tout le discours sur l’emploi est du bidon.
Il y a des gens qui font des stages depuis 20 ans sans jamais trouver de travail. Parce qu’il n’y a pas assez de travail, et que par consequent les recruteurs selectionnent et excluent les gens au profil trop “stagiaire”. Ou alors ne les “pre-embauchent” qu’a l’aubaine d’une pre-embauche de 2 ans, exoneree de charge et au salaire pris en charge a 50%. Un travailleur a moitie prix, ca c’est trop cool. Ca coute 3 fois plus cher qu’un chomeur a l’etat, mais apres tout, ca satisfait Parisot.
Il faut se faire a l’idee que la France a perdu son industrie, que la structure meme du financement de la protection sociale nuit a l’artisanat, aux petites boites mais pas aux grosses et que la seule solution constituera pour la gauche a fiscaliser la protection sociale et supprimer les cotisation : taxer les profits et pas le travail. Mais FO est contre… Il faudra donc egalement resonger a baisser le temps de travail de facon importante, apres avoir eu le courage d’expliquer qu’il y a mieux que de tres hauts salaires, bouffes par les bulles immobilieres et les recessions, il y a le temps de vivre et de s’occuper de ses enfants, de son quartier et de sa vie. Oui, je sais, c’est socialiste.
Et en attendant, il faut arreter de culpabiliser les chomeurs. Une societe plus juste devrait d’abord distribuer une allocation decente sans contrepartie.
Il n’y a pas de travail, et ces systemes de flicages bouffent les gens. J’ai vu des gens chialer, se rouler par terre car ils n’en pouvaient plus, a la CAF, parce qu’on leur avait coupe un RMI sans prevenir parce que “ils n’avaient pas remplis les objectifs de leur contrat d’insersion”. Au passage, je haie les employes de CAF et des ASSEDIC/ANPE/POLE EMPLOI, qui sont de vrais flics. Une fois, je me suis fait taner par une connasse qui voulait me faire faire un stage alors que je bossais en interim de facon continue depuis 5 ans, et n’avais jamais reclame mes allocs dans les periodes de chomage de 1 a deux mois. Elle m’a menace de je ne sais quel penalite. Je la voyais qui faisait son touche par touche sur le clavier, comme une grosse conne de la CAF et des ASSEDIC/ANPE/POLE EMPLOI qu’elle etait. Je lui ai dit que je gagnais 2000 euros par mois, que je parlais anglais, allemand et japonais, que je lisais l’arabe, que comme j’etais interimaire, je passais des vacances de 2 mois au Japon tous les 1 ans et demi (les fameux 18 mois maximum…), que j’utilisais Excel, Word, Access et Powerpoint, que j’etais Windows et MacIntosh, que j’etais qualifie pour daire des Swifts et que je maitrisais une vaste gamme de credits derives puisque j’etais specialise en controle et reconciliation, que j’avais des bases en comptabilite financiere “a double entree”, mais qu’egalement je maitrisais assez bien la fiscalite du patrimoine. Enfin, comme je suis diplome en histoire, j’avais une tres bonne technique des prises de notes et redactions de notes de synthese, et que c’etait grace a ca que je m’etais retrouve a faire de l’interim en finance. Mais que j’etais pret a accepter un stage, “qu’est-ce que vous avez a me proposer?”.
J’en ai rajoute autant que j’ai pu, je crois, je jouissais. C’etait une comme elle qui avait dit a mon pere qu’il n’y avait plus de travail en France et qu’il devrait “rentrer dans son pays” et que son titre de sejour pouvait etre suspendu. Mon pere s’est tape des mois d’insomnies. C’est une comme elle qui a appele les flics en menacant de porter plainte pour vider mon frere de leur bureaux parce qu’il demandait des explication depuis qu’ils avaient perdu son dossier et donc stoppe les versements pendant 5 ou 6 mois (il a recu l’argent, il avait deja repris un travail). Ce sont des comme elles qui denoncent les etrangers aux CAF quand ils n’ont pas de papiers. Ce sont des comme elles qui suspendent des allocations sans prevenir, parce que c’est leur travail. Ce que j’ai vu aux CAF quand j’etais RMIste (de 1992 a 1994, l’autre big recession) m’a fait gerber. Ce sont des gens comme eux qui ont balance les juifs en 42. Ce sont des gens comme eux qui ont vu des algeriens se faire balancer dans la Seine et se sont depeche de rentrer chez eux. Alors oui, c’etait jouissif de la traiter de grosse conne illetree, c’etait comme si dans ma bouche on avait ete des millions a redresser la tete. Je sais bien qu’elle n’y est pour rien, que ce n’est qu’une grosse conne de la CAF et des ASSEDIC/ANPE/POLE EMPLOI, mais je crois aussi qu’elle n’y pense meme pas, qu’elle ne pense qu’a son canape IKEA qu’elle va acheter avec sa carte COFINOGA. J’en ai rencontrer, parfois, qui savaient ce que c’etait, “qu’est-ce que vous voulez que j’ecrive?”. Mais la plupart, ce ne sont que des flics.
Les allocs ont ete faites pour soutenir les gens. Ca, c’etait a l’epoque socialiste, apres la guerre. Depuis Thatcher, c’est fait pour leur demander des comptes. Et qu’importe si les pauvres paient de la TVA a fond, qu’ils ne vont jamais se faire soigner, qu’ils ne profitent pas du theatre, de l’Opera subventionne. Ils doivent payer. Alors, on les culpabilise, on les traque, on les flique. Et quand ils se tirent une balle dans la tete, on parle appitoye du “drame du chomage”. Et quand par megarde on se retrouve assis a cote de l’un d’eux qui a decroche parce qu’il n’en pouvait plus, et qui pue parce que ca fait des mois qu’il est a la rue, on a le coeur qui se sert en etant bien content de ne pas etre a sa place, juste avant de changer de wagon, “il pourrait quand meme se laver”.
Les propos de Cope n’ont rien d’originaux, ils participent du meme discours qui s’est mis en place depuis qu’on a decide de baisser les impots de ceux qui empochent les dividendes des actions des societes privatisees. Ca va empirer avec le mega gonflement de la dette car il sera hors de question de toucher au bouclier fiscal. Depuis Thatcher, ce sont toujours les pauvres qui paient. Ils n’ont qu’a travailler!
Ce qui me rend le plus dingue, c’est que je peux apparaitre comme un gros gaucho… au PS, j’etais “rocardien” (bon, ok, le flan gauche…). C’est incroyable comme l’ideologie dominante de la societe a glisse a droite. Au PS, plus personne ne parle comme ca. Quand j’y etais, meme les fabiusiens parlaient de taxer les plus riches pour financer le chomage et les retraites… et traitaient les rocardiens de droitiers! Eux aussi, disent que les chomeurs doivent montrer qu’ils cherchent du travail… Y EN A PAS!
Je n ai pas de haine contre le système, parce qu en démocratie il n y a pas de système il y a ce qu on accepte ou pas. Il y a 30 ans Mitterrand parlait comme j écris! C est nous qui nous sommes habitues a être meprises… Dans Marius et Jeannette, guedeguian glisse un truc très juste. “autrefois, on était pauvres, mais on dressait la tête”. Mon père était un simple immigre, ouvrier, militant FLN, militant CGT puis CFDT, délègue de son atelier avant d’ être vide avec les autres en 1978 comme une vieille chaussette. Il m a appris a pas baisser la tête… J ai eu la chance de faire partie des 1% des enfants de ma classe sociale a recevoir de l éducation supérieure. Je n oublie pas d’ ou je viens et même si j en suis sorti je regarde ceux qui y sont encore avec les yeux de mon histoire. Mes parents ont ramasses les fruits et les légumes a la fin des marches. Comme des millions d’ autres a qui regulierement des ministres demandent des comptes… J en ai eu honte quand j étais jeune j en suis maintenant très fier car c est une preuve d’ affection. C est Grace a ça que j ai pu jouer le petit bourgeois parisien…
Je ne parlerai jamais des pauvres en les plaignant car c est leur retirer toute dignité. J ai exprime avec violence ce que j en pense car c est une violence qui nous est faite et que c est une violence tue, muette. Et elle mérite d’ être dite. Des gens comme Cope parlent comme ça car personne ne raconte le vécu des vrais gens, ces 15 millions qui bouclent pas leurs fins de mois que les médias viennent de découvrir. Autrefois, il y a avait Prevert et Carne et Gabin, Renoir et Arletti, Sartre et beaucoup d’ autres pour nous inviter a exister.
Une allocation est un droit. A la société de s organiser pour créer les activités économiques nécessaires. Mais culpabiliser les pauvres, c est simplement immorale, car c est tellement facile…
Bref, comme le disais Beauvoir, je ne prône pas la révolte! Je raconte la situation comme elle est vécue en espérant communiquer une urgence. Il faudra bien un jour que chacun s interroge sur sa propre responsabilite. Les agents des services sociaux en premier… comme la police de 42 ou octobre 61…
Allez, au travail !
De Tokyo,
Suppaiku

À propos de moi

Madjid Ben Chikh
Madjid Ben Chikh

Madjid Ben Chikh, auteur, bloggueur. A Tokyo depuis 2006.
Ce Blog, journal d'un solitaire sociable et moderne de Paris et Londres à Tokyo, depuis aout 2004.

commentaires

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  • Chouette analyse, excellent moment de lecture. Ça me fait regretter plus encore le temps où j'avais le temps de lire autre chose que de la doc.
    Je hais les employés assedic etc. de même — je rajoute juste sur le gâteau le racisme anti-blanc de leur brigade du XIXe.

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