“C’est le monsieur du blog… !”, que j’ai entendu…

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Temps variable mais lumineux et clément. Je décide d’aller me promener au parc Yoyogi, 代々木公園。
Le parc est accessible de Harajuku、原宿、 jusque Yoyogi、代々木. Il est immense et inclus le sanctuaire Meiji、明治神宮, celui où je suis allé pour la nouvelle année il y a un peu plus d’un an. A l’entrée du parc vers Yoyogi, on apperçoit ma grande copine la Tour Docomo.


L’entrée est des plus classique : c’est un parc, mais c’est aussi un sanctuaire. Je ne sais pas pourquoi, je pense à Tottoro !
Je gare mon vélo. Je suis content, le lieu est assez désert, la promenade sera agréable. Parmi les visiteurs, les inévitables touristes venus voir le sanctuaire. Toujours je me pose la question : mais que pense un Américain devant un sanctuaire Shintô… Voit-il le diable ?


C’est exactement ce que je recherchais. Cette odeur de…
Je marche. Il ya des arbres, des lanternes. Surprenant. Je suis entre le plus gros noeud ferrovière au monde, Shinjuku, à une station de train, à 30 minutes à pied en prenant son temps, et le quartier le plus “djeunz” du Japon, Shibuya, avec ses filles aux maquillages métalliques et aux cheveux blonds, ses gars coiffés à l’identique, blond, gonflé/crêpé, leurs pantalons qui trainent par terre…

…cette odeur de… cette odeur que je connais tant…
Ici, je suis entouré de chênes immenses et de variétés d’arbres que je ne connais pas. Je m’en veux immédiatement de n’être venu me promener à Yoyogi. Tout cet oxygène me fait du bien, et ne plus entendre les voitures me repose. Seuls les corbeaux, nombreux, énormes, rompent le silence.


…cette odeur, c’est l’odeur de Kyôto, l’odeur du Japon ancien, l’odeur du bois, des arbres, des feuilles en décomposition dans la moîteur de l’été. Et je me rends compte soudain que j’ai chaud.
J’arrive à l’entrée du sanctuaire Meiji. Je suis en terrain connu, au milieu de mes amis. Ici, je suis entouré de la forêt. Et même si la ville n’est pas loin, elle sait se faire petite, elle sait se faire oublier.


Le corp central du sanctuaire est immense. Je m’y dirige tranquilement. Je suis ici chez moi.
Le temps de dire un petit coucou aux esprits qui habitent ces lieux, je repars que, “oh, c’est le monsieur du blog”. C’est la première fois que cela m’arrive. Ca méritait bien le titre de cette journée, non ? Ca fait plaisir, en tout cas…


Je ne peux jamais résister à l’éternel auto-portrait que je dédie, comme toujours, à mes amis. Je vais bien, comme vous pouvez le voir !


Alors que je vous écris, dehors, une pluie battante se déchaine sur Tôkyô. Je suis rassuré sur un point : si je reste longtemps au Japon, je risque plus de mourir d’un violent tremblement de terre qu’autre chose et en tout cas, je ne mourrai pas de soif comme cela pourra être la cas en Europe de l’Ouest…
Joke ! Mais je peux vous garantir qu’au Japon, la pluie, ben… c’est vraiment la pluie !


J’ai quitté le sanctuaire tranquillement.
Il faisait bon, je me suis dirigé vers une allée qui me conduirait à l’entrée du Parc, à Yoyogi.

Dehors, la pluie vient de s’arrêter, un soleil vif a percé quelques secondes. Il doit bien faire 21/22°. Je viens de sursauter : ça vient de secouer assez fort, j’ai même cru que c’était un gros tremblement de terre. Faut que j’arrête de faire des blagues avec ça…


Oui, c’est vraiment étonnant, un tel parc, à côté de Shinjuku…
J’en suis sorti en pensant à Kyôto. Il y a quelque chose à Kyôto qui me manque terriblement ici, c’est la présence de la nature, sa force. Son odeur. Et les maison en bois.


Ce portique, torii, est le plus grand du Japon. Comme tous les torii, il délimite un espace réservé aux “divinités”, un espace du sacré. Il est en cyprés du Japon, 猪木, même si l’arbre, vieux de 1500 ans, a été importé de Taiwan. Il a été élevé en 1979 et est une réplique du Torii élevé en 1920 pour ce sanctuaire dédié à l’empereur 明治, Meiji.
Deux américaines, que l’on voit arriver, me demandent de les photographier.
Deux Chinois, ou Taiwanais je ne sais, me demandent aussi. Je suis un gentil garçon, utile.


Le divinités du Japon aiment l’alcool, on leur en offre donc de grandes rassades afin de les satisfaire.
Bon, la secousse de tout à l’heure, c’était à Ibaraki.
De plus en plus de ciel bleu…
J’ai quitté Yoyogi vers 18h30 : Jun passait à la maison vers 19h45…

Special note : Je me suis pas mal occupé de vous, hier, et je vous ai ainsi rédigé mon blog mardi, mercredi et aujourd’hui encore ! Je plains celui et/ou celle qui voudra un jour tout lire dans ce journal.
Tout d’abord un petit bonjour à Nicholas qui m’écris je pense pour la deuxième fois du Texas. Et puis un autre bonjour à tous ceux qui me lisent souvent, épisodiquement, à tous les coins du monde et même, comme je l’ai découvert, en Algérie ! Je suis très surpris d’être si lu des Etats-Unis car j’écris en français mais je tiens à saluer tous ceux, celles qui de ce pays dont j’admire tant la constitution et l’esprit de liberté qui l’anime, qui me lisent. Thanks to all of you. I hope you can enjoy my site, writen in french.
Pour les autres, je me contenterai du français. Et je les remercie.
De Tôkyô,
avec gratitude,
Suppaiku

commentaires

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  • 10 lignes de compliment: Si ce blog est aussi lu c’est sans doute parce qu’il est tres bien ecrit, autant en terme de style que de justesse. Les blogs d’occidentaux sur le Japon me laissent generalement perplexe parce que je ne sais pas de quoi ils parlent. Ce pays dont ils parlent est-il le meme que celui dans lequel je vis depuis 4 ans? Je n’y reconnais rien d’autre que ce que j’ai pu moi aussi voir a la tele. Ici la distance est bonne. Ce blog me touche parce qu’il parle de ma vie,comme a 20 ans une chanson des Smiths (oui j’exagere). Voila, Suppaiku est le Morrissey des bloggers francais au Japon!

  • … Ben… merci, je suis touché… J’en demandais pas tant… “Le Morrisey des bloggers français au Japon”… ch’uis ému ! J’adorais les Smith, quand j’avais 20 ans… Ben merci… Je suis vraiment touché !
    Même avec exagération, une telle image…
    Bon, à part ça, ben, disons que mon blog, c’est d’abord ma vie, et comme je suis au Japon, ben, c’est ma vie au Japon. Raconter les konbini ou le dimanche à Harajuku, je pense en effet que ça a été fait, refait, et rerefait. Bref, à moins qu’ils ne m’y arrive quelque chose d’exceptionnel, je ne raconterai pas les konbini, Harajuku, etc…
    Le Morrisey des Français au Japon, juste le jour où j’ai une chemise à fleurs…

  • Parce que la realite du Japon/de Tokyo est justement dans la lumiere des kombinis ou d’un dimanche a Ginza (la je me desolidarise completement). Je trouve tres bien de parler autant de l’emerveillement que du systematisme de ce Pays, de l’envie qu’il provoque comme de l’ennui qui suit, de l’exces de tout et de la tranquilite qu’il offre.

  • Merci du nouveau commentaire. Un pays, c’est d’abord du banal (et c’est pour ça qu’on peut s’y piquer une terrible blues du pays). Ah, la lumière des konbini !!! Pour le coup, je préfère quand même Ginza… 😉
    Moi, le truc qui me fascine le plus au Japon, c’est la rouille !… partout, il y a de la rouille ! Et la plupart du temps, elle s’intègre au paysage, on ne la discimule pas… Ca me fascine vraiment…

  • a cette rouille brune j’associe toujours le bleu ciel. si tu te promenes downtown, dans “shita-machi”, les plaques de tole qui rafistolent n’importe quoi sont toujours de cette couleur. Toujours bleu ciel. On m’a explique que c’est la couleur la moins chere… Je trouve terrible et poetique en meme temps l’idee d’une hierarchie dans les couleurs. C’est drole mais J’ai tout de suite cherche un tshirt de cette couleur de la meme facon que je revendiquais 15 ans plus tot mon tshirt “Meat is Murder”,

  • J’ai découvert la rouille à Kyôto/京都, où elle est présente absoluement parttout même dans les quartiers résidentiels au nord de Gosho/御所. Mais c’est vrai qu’elle envahit véritablement le quartier au sud de la gare, où sont les burakumin/部落民(les gens des ruelles, ceux qui travaillent la viande, bouchers, cordonniers… décrétés impurs sous le bakufu/幕府 des Tokugawa/徳川). A Tôkyô aussi on la retrouve, partout, et pas uniquement dans la Shitamachi – même si c’est là qu’on aura le plus de ces vieilles baraques rafistolées de taules…). Bref, j’associe, moi, la couleur rouille à ces divers teintes brunes des robes des femmes d’un certain âges, à Kyôto, et je pense même que la rouille est un retour du minéral au Japon, c’est la couleur du bois… Donc, finalement, c’est une teinte qui ne choque personne. Ici, on ne masque pas la rouille… Juste peut-être chez certains “prout-prout” snobs de l’ouest de Tôkyô…
    Je photographie la rouille…

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