Auteur/autrice : Madjid Ben Chikh

  • Il a neige sur Tokyo

    Il a neige sur Tokyo

    Hier, il a plu toute la journee, il a fait gris au desespoir. J’ai recu un coup de telephone alors que j’entrais dans le wagon de la Ginza, a Nihonbashi, vers 11 heures. Je me rendais a Kyobashi pour une de mes lecons privees. C’etait Yoriko, de Robert Walters.

    C’est avec Yoriko que j’ai travaille pour Lehman il y a deux ans, presque jour pour jour. J’ai juste eu le temps de lui dire que j’etais dans le metro. Trente minutes plus tard, elle m’envoyais un email, concernant une “exciting opportunity”. Oui, une tres grande banque, en effet, mais une mission de 2 a trois mois…

    Elle m’a rappele vers une heure, alors que je cherchais un restaurant dans le dedale souterrain de la gare de Tokyo. Je me suis finalement transporte vers Ginza. Mais donc, apres qu’elle m’eut explique le poste, le salaire (leger, 1800 yens de l’heure, soit environ 320,000 yens mensuel), j’ai accepte qu’elle soumette mon CV, determine, si j’obtenais un entretien, a expliquer ma situation.
    En effet, s’il y avait des perspectives d’emploi, meme temporaire, ca vaudrait la peinde de prendre le risque de quitter mon ecole. Mais si ce n’etaient que 2 mois, alors, ce serait quitter une situation deplorable -bas salaire, manque d’interet- pour une situation impossible, le chomage.

    Depuis, je suis songeur. Accepter l’offre de Yuriko me permet de gagner du temps et, au cas ou j’avais un entretien, de voir venir. J’ai dors et deja un travail et je ne cours donc pas apres.
    Toujours est il que j’ai contacte un big boss de mon ancien employeur, un de ceux pour lequel, si j’ecrivais son nom, mon ami et ancien collegue Mulgon Melta me dirait que je suis vachement culotte. Mais bon, je n’ai rien a perdre.
    Humeur grise. Hier soir, il a fallu que je boive du cafe en grande quantite, quel idiot! J’ai bien du mettre une a deux heures a m’endormir. Au dehors, j’entendais le ronron feutre de la neige qui tombait. Chaque fois que je parvenais a me concentrer sur ce bruit, je rentrais dans une sorte de demi-sommeil. Et puis il suffisait qu’une idee surgisse pour que je rouvre les yeux. Je ne boirais plus de cafe le soir, ca ne me reussit pas toujours. Et il est vrai que je suis tres soucieux depuis un certain temps.
    Pour chacune des photos, cliquez pour agrandir.
    Madjid

  • Un dimanche a Tokyo

    J’aime bien. Je pense que desormais, je vais cesser de dire que c’est mon nouvel appareil. Dehors, il fait tres beau, et cela dure depuis des semaines, le tout intercale, ici ou la d’un ou deux jours gris, voir pluvieux. Mais l’impression dominante reste le beau temps. Froid, sec, beau. Enfin, je dis froid… la semaine derniere, nous avons frole les vingt degres. Jeudi. C’etait assez drole car dans l’ancienne categorisation des (multiples) saisons (japonaises), jeudi, c’etait Daikan, le grand froid. Bref, traditionnellement, le jour, ou en tout cas, le moment le plus froid de l’annee. C’est rate.

    Les semaines se suivent sans meme que je puisse vraiment voir le temps passer, mais je pense que ca va un peu se calmer. Et merci bien, aujourd’hui, je n’ai pas de lecon particuliere, donc j’ai une journee entiere pour ne penser qu’a moi. Ce n’est pas que je n’aime pas mes week-ends, mais cela fait plus d’un mois que je n’ai pas eu une journee entiere tout seul. Quand on travaille dans un bureau, en fait, on est tout seul, et pour ma part, quand je suis en train de travailler, mon esprit se livre a son exercice favori, penser. Qu’importe si le sujet est impose. Je pense. Mais enseigner, ca ne laisse pas une seconde le temps de penser, c’est le contraire, c’est du temps de parler, c’est du temps de se concentrer, il faut penser pour quelqu’un d’autre, pas pour soi. C’est fatigant au plus haut point, particulierement dans mom genre d’ecole. J’en ai ras-le-bol. Je me suis fait une raison, mais ce n’est pas possible que je me contente de cette situation.
    Enfin, aujourd’hui, je peux reellement me reposer, ralentir la machine, ecrire ce post, regarder les photos que j’ai prises ce week end, le juger.

    Mon appareil est tres loin d’etre du genre facile, meme si je trouve absolument ridicule les commentaires que j’ai pu lire a son sujet dans certaines revues du web. J’en ai lu toutefois de plus elogieuses car le critique ne comparait pas son reve (un compact ultra facile avec une cellule d’appareil professionnel), avec l’appareil lui-meme. La plus realiste, et c’est ainsi que je “ressens” mon joujou, parlait d’un retour aux sources de la photo. Le seul vrai defaut est definitivement l’ecran, mais a ce que j’ai vu, le Pen-e1 et le GF1 ont exactement le meme probleme et il faut donc rajouter 20,000 yens pour le viseur optionnel (sur le mien aussi).
    Je reste toutefois scotche par l’incroyable precision des photos, comme vous pouvez voir sur la photo jointe, prise sans trepied a 1/25e / 200 ISO/ f:4. Pour sur, avec pied et 100 voir 50 ISO, ce serait encore plus detaille… Hier, avec Jun, je me suis amuse a zoomer. 200%, 300%, 400%, etc.
    Le fond, c’est un agrandissement 400%. J’ai mis en bas a droite, le rapport 100%, et en haut a droite, le detail tel qu’il s’insere dans la photo. C’est la premiere fois que je vois un resultat aussi propre, tant en terme d’optique, de couleur (bois et bronze), de matiere (rouille) et de proprete des pixels. Il n’y a pas de bruit.
    En fait, c’est hallucinant, les infos qu’il peut y avoir sur une photographie. Je peux vous assurer qu’au meme exercice, mon Lumix etait perdant d’avance des 200%. Je me souviens une vois, avoir regarde des feuilles a 200%, et m’etre appercu de tout le “bruit”, du peu de details. Hier, j’ai ete assez surpris du resultat! Excusez ma naivete sur la question, mais autant je connaissais bien l’argentique, autant le digital est pour moi une terre inconnue, bien qu’utilisateur depuis longtemps. Je considere donc cet appareil comme un outil de formation (manuel, a priorite ou automatique, mise au point, etc…) faisant de belles photos de qualite professionelle. Pour 34000 yens, et en attendant de pouvoir acheter un appareil a objectifs interchangeables (et qui ne sera vraissemblablement pas un reflex, je les trouve definitivement laids et trop encombrants, mais plutot un des 4/3 qui commencent a sortir). Allez, j’arrete la pour cette histoire d’appareil. J’ai parfois un cote geek qui prend le dessus, c’est insupportable…

    La vieille femme se frottait les mains, soufflait dessus. Il fait si froid… Par moment, je nous deteste vraiment.
    Lors de ma promenade, hier, j’ai ete frappe par le nombre grandissant de pauvres a la rue. La legende du SDF Japonais vivant dans sa tante bleue qui enchante les touristes -” ils sont propres”-, les architectes -“ils reinventent l’habitat”- et les politiciens nationalistes Japonais -“chez nous il n’y a pas de clochards”-, est tristement niee par la realite d’une pauvrete qui s’etend de plus en plus pret des zones de passage : on a croise 2 clochards dans la gare de Tokyo, dont une que je n’y avais jamais vu, peut-etre 70 ans. Elle avait froid aux mains, un petit bout de bonne femme un peu forte, les cheveux blancs. J’ai pense a ma mere, le meme age, un peu la meme corpulence, et j’ai hait nos societes qui donnent des lecons de morale “democratique”, “republicaine” et de “valeurs”, et qui generent tant de misere pour celles et ceux qui ont deja eu a trimer toute leur vie. Cette femme a vecu les bombardemets americains au napalm a 10 ans, elle doit finir sa vie comme une vieille poubelle dont on n’a plus l’utilite. Qu’on me permette juste de penser qu’il est tout a fait valide de juger de la moralite d’une societe a la place que l’on accorde a ses enfants et a ses anciens. Ca m’a fait mal au coeur, la voir se frotter les mains. Il faisait si froid… On en a croise un vers Nihonbashi, il ramassait des megots, et marchait avec des especes de chaussettes. Il devait bien avoir 80 ans. Tout voute. Assez sale. On en a croise deux dans leurs boites de cartons. On en a croise un (dans le blog photo), accroupi dans la position la plus simple du desespoir. J’en croise maintenant de plus en plus dans le metro, et certains ne sentent pas bon. Memes causes, memes effets. Ici, la crise frappe tres fort, et le systeme d’assistance est tres mal fait joue veritablement le role de declasseur social. Allocations chomage ? 6 mois!
    Seule solution ? Un baito! Mal paye et sans protection sociale. Beaucoup de divorces en decoulent. Depuis 10 ans, le nombre de travailleurs pauvres a explose, et ceux-ci vivent dans leurs voitures, Cadres declasses, ouvriers licencies. Avec la tres dure recession de l’an dernier, un plongeon de plus de 6%-, l’interim qui servait de bouee de sauvetage a tous ces travailleurs precaire, a degraisse tres severement. On commence donc a voir des SDF de 30/40 ans en plus des vieux. Au Japon, il n’y a pas de RMI. Et comme je l’ai ecrit, apres 6 mois, plus d’allocation. J’avoue etre tres songeur devant les statistiques du chomage, dont le decompte est totalement fantaisiste. Donne a 5%, il doit en realite flirter allegrement avec les 10/12%. Ou alors, il faudra m’expliquer la raison profonde de cette deflation qui gangrene sans jamais s’arreter depuis plus de 10 ans. Bien sur, il y a la bulle speculative de la fin des annees 80, mais je pense que cette tres forte redistribution a l’envers entreprise par Koizumi, a coup de flexibilite sauvage, cumulee a un vieillissement accelere de la population (plus de 35% des Japonais ont plus de 60 ans), a fait rentrer le pays dans une spirale de declin dont les plus pauvres paient le prix fort, sans que cela ne favorise un quelquonque redecollage de l’economie puisque cette redistribution a l’envers est financee a coup de dettes. Japan Air Lines vient de se declarer en faillite, et ce n’est qu’un debut dans un pays qui ressemble beaucoup plus a une Ponzi economy qu’a autre chose (je reste etonne par le silence feutre autours de la dette japonaise, la premiere au monde, ou l’etat emprunte pour rembourser les interets ET boucler son budget depuis maintenant plus de 5 ans) a une epoque ou c’est desormais impossible de continuer car le credit s’est tari. Ceux qui en font, en feront les frais sont les classes les plus pauvres, mais aussi, de plus en plus, les classes moyennes, puisque les pauvres ont deja ete pressures. Les entreprises etrangeres ne s’y trompent pas, qui quittent le pays les unes apres les autres…

    Bon, a part ca, voir les premieres fleurs de l’annee, les “prunes japonaises” 梅, c’est extremement reconfortant car cela annonce la fin de l’hivers, et ca me fait beaucoup de bien. Mais en meme temps, j’avoue aimer l’hiver Japonais, car il y fait vraiment tres beau. Et la saison des fleurs de pruniers annoncent la saison des pollens de cypres, et c’est beaucoup moins agreable…
    Bonne journée!
    Madjid

  • Premieres photographies avec mon Sigma DP1

    Premieres photographies avec mon Sigma DP1

    J’ai pris cette photo hier, au centre commercial a cote du travail. Fleurs de pruniers… Petite erreur de focale (j’aurais du veiller a fermer la focale), mais je l’ai prise en vitesse.

    Apres avoir subi l’un des pires appareils que j’ai jamais possede, le Lumix FX33, me voici avec un vrai appareil, dont le compte en pixels me renvoie a mon precedent Lumix, mais avec une cellule 7 fois plus grande. La difference est tres tres nette. Sous le soleil, quand on peut utiliser une focale longue (peu ouverte) et une haute sensibilite, c’est vraiment superbe. De nuit, je suis heureux de voir disparaitre les taches que j’ai longtemps cotoyees. Et me voici avec des photos de qualite scan.
    Les couleurs sont pas mal. Certains dans la presse les ont trouve ternes, je ne suis pas vraiment d’accord. D’abord, ca se corrige, ensuite, je ne retrouve pas la terre bleue/magenta ou vert/marron des sols quand il y a de l’ombre, que produisent quasiment tous les appareils compacts et que l’on compense a l’aide du filtre “nuageux” ou “ombrage”, avec le facheux defaut d’oranger a mort les zones ensoleillees. Mon Lumix etait de ce cote une caricature, et je ne vous raconte pas le temps qu’il me fallait pour prendre une photo puis pour la retoucher afin d’obtenir un resultat correct, a peu pres equilibre.
    Sur mon blog photo, ici, j’ai poste mes premiers essais.
    J’ai tout photographie en RAW. C’est un format nouveau pour moi. On peut le considerer un peu comme un negatif. Le fichier est environ 5 fois plus lourd, mais en fait, il est exempt de toute correction, compressions, bref, il se manie tres bien pour apporter des retouches avant de le convertir dans l’habituel format JPEG. Ca demande un peu de temps…
    Pour me faire une idee, et la partager avec vous, je n’ai pas du tout corrige les photos. Au contraire, j’avais utilise le filtre “ombrage” lors de la prise de vue et comme je n’etais pas satisfait, je l’ai supprime. Ce n’aurait pas avec un JPEG, mais ca l’est avec RAW. J’ai une seule fois applique le filtre “fluoescemt” qui etait necessaire. Mais bref, aucune retouche des couleurs, de l’exposition, de la precision, de la nettete. Brut de brut, de RAW a JPEG.
    S’il y a des professionnels qui tombent la dessus, veuillez excuser ce bavardage assez inutile, mais pour moi, c’est nouveau. Et du coup, je comprends ce qui fait la difference entre les deux formats.
    J’ai egalement tente, mais je ne livre pas les photos, une exportation “interpolee”. Le DP1 est un appareil 4,75 mpixels. On a toutefois la possibilite d’exporter les fichiers en 9 mpixels. J’avoue ne pas avoir vu la difference entre les deux mais je vais pousser plus loin.
    Les photos sont tres nettes, l’optique est vraiment excellente. Quand il y a du bruit, ce ressemble plus a du grain d’appareil photo argentique qu’a du bruit digital. Il y a enormement de details. J’ai ete surpris de voir des details d’une lampe en fonctionnement, la ou habituellement ces details auraient ete brules. Sur une autre photo, en grossissant, on voit bien une structure grillagee, pourtant tres loin. On peut lire des truc ecrits pourtant tout petit. Je sais que mon Lumix, avec 2 fois plus de pixels, est incapable de ca.
    Bref, content. La plus grosse critique faite a cet appareil est sa lenteur, mais c’est un defaut qui ne me concerne pas. On verra bien si mon enthousiasme dure, mais pour le moment, je suis tres etonne par la qualite des photographie. Je me sens revenir a l’essentiel du geste de photographier.
    De Tokyo,
    Madjid

    Bonus :
    C’est la lecture de cet article, l’an dernier, qui m’a donne envie de cet appareil. La description de ses defauts me fut completement indifferente, mais le rendu des photos publiees m’avait scotchees. Et la conclusion finale, “L’absence de réactivité du DP1 le condamne à un usage “simple”, où il est possible de prendre son temps, de soigner son cadrage, bref, au paysage, à l’architecture, à la nature morte, à tout ce qui ne “bouge” pas, pour résumer. Si vous faites partie de cette catégorie, Sigma a pensé à vous. De fait, le DP1 est un compact numérique pour promeneurs solitaires. Pourquoi pas, après tout ? C’est une façon comme une autre de s’adonner à la photographie.” : ben, c’est moi! Et j’avoue qu’au prix ou je l’ai paye, j’aurais eu tort de passer a cote de moi.

    Je serai completement exhaustif en mentionnant le site de Karl Ritterfalk, grand fan des DP1, DP2 et SD14 et qui a acheve de me convaincre quand au type d’appareil que je voulais pour un certain type d’usage et dans une gamme de prix realiste. Le site est en lien sur ce blog ainsi que dans ce billet, je vous invite a y aller faire un tour : j’aime beaucoup son travail, extremement simple.

  • Mon nouvel âge photographique ?

    Mon nouvel âge photographique ?

    Acheter un appareil-photo marque chez moi une nouvelle etape. C’est comme ca, je n’y peux rien, je dois avoir une connection secrete avec la photo.

    Il y a eu mon tout premier, un appareil a ma mere, un vieux 6*9 dont j’avais honte, avec son soufflet et qui me valurent des moqueries. Vaccine.
    Il y a eu le 110, achete au puces pour genre 10 francs, et qui m’a servi un ete, mais aux photos pourries. C’est la que j’ai compris que le 6*9 etait un vrai appareil photo. Mais en 1982, developper du 6*9, voire meme trouver des pellicules 620 relevait de la gageure…
    Et puis il y a eu mon premier vrai, achete avec mes sous. Un Praktica. Se sont enchaines les greves de 86, mes virees avec mon copain de l’epoque, mes amis… Il m’a suivi 3 ans, mais a fini par agoniser, a la longue. Je ne le menageais pas.
    En 95, il y a eu un deuxieme Praktika, qui m’a accompagne jusqu’en 2004. Londres, voyage au Japon. Occasion.
    En 2004, il y a eu mon premier digital, un Minolta 2mpix. Neuf. Deuxieme voyage au Japon, et puis mitraillage partout ou j’allais…
    En 2004 aussi, mon Olympus OM1. Occasion. Un appareil de reserve, qui m’a suivi au Japon lors de mes sejours en oct/nov 2004, en janvier 2005. Superbe, mais couteux. Argentique, quoi!
    En 2005, en aout, il y a eu mon Panasonic Lumix F7. Mon digital prefere. Pique, 5mpix. Occasion. Il m’a accompagne jusqu’en avril 2008. Il est tombe plein de fois, et une fois, c’est l’objectif qui a trinque. Je l’aimais beaucoup. J’ai du prendre 20,000 photos avec…
    En 2006, il y a eu mon telephone, le Casio W31CA, de AU. Tres bon appareil, j’aimais l’utiliser en wide. Et en complement de mon Lumix.
    En 2007, le Sony Ericsonn W44SO l’a remplace, en avril. J’ai regrette, mais c’etait trop tard… Et puis je m’y suis fait.
    En avril 2008, il a fallu rempacer le Lumix. Par un Lumix, ai-je pense. Lumix FX33, neuf. Une merde de 8mpix. Je ne sais si c’est l’objectif ou la cellule. Je le deteste depuis le debut. C’est l’annee ou Lehman a fait faillite. Je ne sais pas pourquoi, mais je fais un lien de cause a effet. Je sais, c’est con, mais comme je l’ai achete a l’heure du dejeuner quand je bossais a Lehman…
    En septembre, pour compenser le Lumix, j’ai pris le W64SO de AU, un telephone. Avec un vrai zoom 3 fois. J’ai fait des efforts, mais la, c’est vraiment la cellule…
    En avril 2009, j’ai pris le SO0001, Sony Ericsonn chez AU. Un super telephone, des photos correctes, voire meilleures qu’avec le Lumix. Bien meilleures, meme, en macro…

    J’ai nettoye a fond mon Olympus en decembre. Quelque chose devait se passer.
    Desormais, j’ai un tres bon telephone pour des trucs rapides, on the move. Un Kodak, quoi… J’ai un des meilleurs argentiques qui ait ete concu, pour mes sejours en province ici. Un temple, un jardin. Un portrait.
    Il me manquait un digital. Depuis quelques temps, je revais sur le Sigma DP1. Pas de zoom, un tres grand angle 28mm, que 4,78mpix… Mais a 60,000 yens, c’etait un peu cher. Au dessus, il y a le Olympus Pen, a environ 120,000 yens, vraiment impossible. Ou le Panasonic GF1, dans les memes prix. Tous a objectifs interchangeables sans etre reflexes et tout en etant compacts. Apres, au dessus, il y a le Nikon de Yann, a 300,000 sans objectif… Hier, j’ai trouve un Sigma DP1 a 34,000 yens, d’occasion (avec sa boite, la facture, etc… japonais, quoi!). Je vais rentrer dans l’age du pixel de qualite, moelleux a souhait (Sigma utilise une cellule tres particuliere, a trois couches, comme un film couleur).

    Voici donc, en titre, mon appareil, photographie par mon telephone Sony Ericsonn SO0001 (taille originale, 8mpix, retouche couleur, exposition, lumiere, contraste, couleur)

    Et voici mon telephone, mon Lumix tout pourri pris par mon Sigma DP1, sans retouche, juste converti en jpeg du ficheir Raw original.

  • Un dimanche comme les autres…

    Ce que j’aime beaucoup, ce sont nos promenades du dimanche, quand le temps semble s’arreter et laisser place a la poesie japonaise des petites choses et des plaisirs simples, loin du fatra “a la mode”, de Ginza ou Omotesando. D’ou ces visites dans des temples, des sanctuaires, des jardins. On s’y reconstitue.

    Pas que je n’aime pas Ginza, au contraire. Mais je prefere definitivement les flanneries, comme j’en faisais a Paris. J’aimais ma “promenade du dimanche”, traverser le deuxieme arrondissement jusqu’au Palais Royal, et puis decider de la direction. Rive Gauche? Vers Saint-Germain? Saint-Dominique? Le septieme ou le sixieme? Ou meme le 16e, du cote de La Muette? Ou bien au nord? Opera, Saint-Lazare, Clichy…
    Avec Jun on bavarde, et puis je m’arrete, je prends des photos. C’est mon hommage au silence…
    Dimanche, a Kichijoji, ballade dans un de ces petits bateaux qui me faisaient rire autrefois. Prevu d’y retourner fin mars, au temps des cerisiers en fleurs : le lac en est borde a ne plus savoir qu’en faire…

  • Au cœur de l’hiver. Un billet de peu…

    Au cœur de l’hiver. Un billet de peu…

    Le Fuji vu de l’avion dans un ciel limpide. C’est ca, l’hiver a Tokyo…
    Pas envie d’écrire, pourtant il le faut…
    A Tôkyô, l’hiver ne ressemble pas à l’hivers de Paris. Ici, le ciel est gai. Je me souviens, quand j’ai quitté Tôkyô il y a trois ans, en février, ça a été la première chose que j’ai ressenti, une fois dans l’avion, alors qu’en plein décollage, comme l’avion prenait de l’altitude, par un hasard incroyable, j’apercevais vers chez moi du hublot. Comme le ciel est clair, limpide, transparent, pensais-je. Et puis l’avion prit son premier virage et j’aperçu le Fuji qui domine tout le Kantô. Les quelques nuages sur le ciel bleu ne semblaient avoir été jetés là que pour souligner la limpidité de l’air. Quand j’arrivai à Paris, c’est la grisaille qui me frappa, et qui me déprima alors que je redécouvrais une ville qui se dérobait à moi, où mes habitudes anciennes enchaînaient mes pas. Je regrettai très vite de ne pas avoir choisi de rester à Lille plus longtemps, chez mon ami Stéphane, ou même à Londres que j’ai réappris à arpenter en étranger familier. Comme il faisait froid, et comme il faisait triste. Quand je suis revenu à Tôkyô, quinze jours plus tard, je retrouvais le même ciel bleu et clair. Accueillant. Il faisait presque chaud.

    Lille, fevrier 2007. Temps gris, froid. Hostile…

    Le temps est ici très différent, tout en soulignant la même tendance à multiplier les saisons. Mais ce n’est pas tout à fait agencé de la même manière. Si vous voulez du soleil, il faut venir en Janvier. Mais attendez vous quand même à des températures assez fraîches, surtout la nuit. Et si vous préférez la chaleur, définitivement, c’est en été que vous devez visiter le pays. Soyez toutefois prévenu que vous ne verrez le ciel bleu qu’épisodiquement, et prévoyez des tee-shirts de rechange car l’humidité atteint des records, particulièrement durant les trois premières semaines de juillet. En janvier, il fait très très sec et chaque année je vois ma peau développer les lésions qui vont avec et m’obligent à hydrater mes épaules, mes cuisses, mes mollets et mes côtes. Ça gratte, ガサガサ, gasa gasa.
    En ce moment, c’est vraiment l’hiver, et nous approchons des jours les plus froids de l’année. Il a neigé sur l’ouest il y a deux jours, et le matin, c’est un froid perçant qui règne. Brrrr…
    J’ai un peu regardé les informations, ce matin. Des informations américaines sur MSNBC. Je voulais juste le voir, ce tremblement de terre. Je vous épargnerais le discours sur l’horreur, le désarroi. Il y a des gens payés pour ça qui le font très bien. Les journalistes de MSNBC sont compétents. Je vais me contenter de mettre un lien vers MSF, si vous voulez donner de l’argent. Mais à plus long terme, ça ne résoudra pas le problème de fond qu’Haiti est un pays de hazard, produit de l’esclavage, un pays fier, qui a su se libéré par ses propres moyens, un pays pauvre, l’un des plus pauvre du monde. Et que tout explique pourquoi il y a autant de victimes. Et on peut être assuré qu’une fois les projecteurs éteints et les morts décomptés, on y reconstruira les mêmes maisons vulnérables qui n’attendront que la prochaine secousse pour manifester leur fragilité et la pauvreté de leurs habitants.

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    Nicolas, chez qui j’etais reste, habite un peu en dehors de Paris. La, c’est la bibliotheque ou un truc comme ca. Des arbres etaient en fleurs… 

    Non, moi, à chaque fois, le mot tremblement de terre me ramène à moi. J’habite dans le pays le plus dangereux de la terre, mais c’est un peu comme le VIH, c’est invisible. Et pourtant, la minute qui séparera l’avant de l’après retiendra votre attention pour au moins une semaine, déprimera vos bourses pour au moins un an et fera faire faillite à pas mal de compagnies d’assurances. Sur les images que j’ai vu, j’ai vu ces gens sauter en l’air, véritablement hystériques, pleurant, criant, gémissant, ridicules avec leur téléphone portable à la main, marchant vers rien, hagards, avec de vraies gueules de cons, et j’ai pensé qu’un de ces quatres, tiens, là, maintenant, ou plutôt dans une minute, je pourrais devenir l’un d’eux. Et que je n’aurais pas trop à me plaindre car ça voudrait dire que je ne suis pas mort.

    On a toujours de bonnes raisons dans un choix difficile. J’aime le Japon, que voulez vous… Ici, Kawagoe, un mini morceau d’Edo, garde intact… 

    Des fois, ça me prend, je suis dans le métro, et je me mets à réfléchir un peu trop. Il y a une semaine, juste au moment du démarrage, le train s’est arrêté brusquement, déplaçant dans un sens puis dans l’autre, la masse compacte de l’heure de pointe. À partir de shindô 5 (shindo 7, le maximum : on tombe, le béton explose, les maisons vétustes tombent, la population panique et court de façon irrationnelle), tous les trains freineraient automatiquement. Je préfère ne pas imaginer le machin. En fait, en cas de tremblement de terre, ici, voici les points faibles tels que répertoriés par des rapports de l’Agence météorologique commandités par les gouvernements depuis 50 ans :
    – si un tremblement de terre intervient la nuit, le bilan pourra être assez limité, de quelques milliers de morts à quelques dizaines, un peu comme à Kôbe.
    – En plein jour, les risques sont multiples mais le principal est un très grand incendie comme en 1923, plus particulièrement si le tremblement de terre intervient à midi.
    – Beaucoup d’immeubles construits avant 1981 n’ont pas de fondations suffisantes et risquent des dommages graves mettant en danger la vie des habitants, particulièrement aux étages inférieurs.
    – Beaucoup de terres ont été gagnées sur la mer et les risques de « liquéfaction » sont importants. Dans ce cas, les bâtiments s’enfoncent, les plus hauts pouvant éventuellement « glisser » sur leurs fondations et tomber. Dans le métro, des portes sont prévues pour limiter l’inondation du réseau, ce qui révèle un autre risque majeur : la mort par noyade des usagers aux heures de pointe.
    – Les grands immeubles modernes sont prévus pour résister à un shindô 6 fort, mais rien ne peut prévoir comment les surfaces vitrées résisteront et celles-ci représenteront un des dangers majeur bien après le tremblement de terre, en chutant un peu au hasard des répliques, à un moment où les rues seront pleines d’équipes de sauvetage et de survivants.
    – Si la structure résiste dans les grands immeubles, c’est qu’elle est « élastique ». Mais pour celles et ceux qui seront aux étages supérieurs, la violence des ondulations pourra très bien s’apparenter à un mixer dans les bureaux souvent encombrés d’étagères (cependant, beaucoup de tours récentes isolent les locaux de stockages des bureaux eux-mêmes)
    – Beaucoup de quartiers de la ville sont littéralement tombés aux oubliettes avec la crise. Si les vieilles maisons construites dans les années 50/60 ont bien du charme, leurs structures en bois, vieillies par l’humidité, ne résisteront pas et s’effondreront rapidement. Or, elles sont généralement habitées par des personnes âgées.
    – Dans beaucoup de quartiers du centre, la largeur des rues est telle qu’une voiture y passa à peine. On sait depuis Kôbe que cela ralentira la progression des secours, et en particuliers des pompiers.

    Une maison un peu ancienne, vers Monzen. Les quartiers populaires disparaitront a la premiere secousse… Ca me fend le coeur

    Je pourrais continuer, mais chacun sait ici que le tremblement de terre à venir ne sera pas évident. Vous voyez, la catastrophe de Haiti résonne en moi, comme en chaque Japonais, de façon très particulière, et réveille un sujet sur lequel personne ne s’étend tant on a appris à vivre avec. J’ai repensé à ces 6 bouteilles d’eau que je n’ai pas stockées, à ce jean dans un sac, prêt à être emmené, à des plats tout prêts…
    Je reste persuadé que ce sont les tremblements de terre et les typhons qui ont donné aux Japonais leur personnalité, cette culture que j’aime : ce caractère buté jusqu’à la caricature, cet œil expert attaché à reproduire les gestes avec précision. Et ce caractère triste, « attendant que la vie se passe ». J’assume le Japon en entier. Entre cerisiers et risque de me retrouver un jour, coincé dans un coin, pas beau à voir. Tout à un prix.
    A la memoire des victimes Haitiennes,
    De Tôkyô,
    Madjid

  • Fatigue, le temps passe trop vite…

    Le métro, vers 13 heures cinquante. Un jeudi comme un autre, commencé ce matin vers 9 heures en sortant du lit, enchaîné sur une leçon particulière dans le quartier de Kyobashi, avec Hiromi, et puis là le métro jusqu’à l’école, où je vais travailler de 15 heures trente à 21 heures trente, pour rentrer à la maison vers 22 heures quarante-cinq. Je préfèrerais me lever plus tôt pour rentrer plus tôt…
    Hier soir, j’ai travaillé jusque… ce matin. Le groupe Facebook. Nous allons rivaliser avec le buzz du moment, Haiti. Il y a de quoi, j’ai vu des images, et ce n’est vraiment pas beau, c’est terrible. Dans un pays pauvre, corrompu, à l’histoire violente mais fière, après des pluies qui ont délavé les sols, ce séisme a causé des ravages énormes, à ce que j’ai vu. Magnitude 7,3, plus d’une minute, c’est violent, à 10 kilomètres de profondeur, c’est très violent.Aux dégâts que j’ai pu voir, c’était au moins un shindô 6+…Les images m’ont fait penser qu’ici aussi, un de ces jours…
    J’ai quand même travaillé jusque très tard pour le groupe FB, car malgré tout, c’est une cause urgente, importante : la loi est désormais devant le Parlement et sa discussion est prévue pour la semaine prochaine. J’ai donc créé les instruments nécessaires à la suite, bien persuadé qu’une fenêtre de tir médiatique est ouverte la semaine prochaine. C’est terrible, penser ainsi, pour l’ancien militant que je suis, mais le net est un espace différent, avec une très grande volatilité. Les élections de 2007 ont vu fleurir des blog de partout. Je pense qu’en écumant le net, on peut trouver de ces cadavres modernes, se survivant dans le néant du web, traces ultimes d’une élection marquée par l’émergence d’un « débat de fond » dans la sphère 2.0 si chère à Monsieur Loïc Le Meur, vite retombé après que le verdict des urnes a tranché. Militer sur le net, c’est donc être forcé de faire ce que les militants politiques auraient toujours dû faire (et que j’ai expérimenté avec Spont’Ex et la Section Montesquieu) : prendre les gens comme ils sont, et non comme on voudrait qu’ils soient. C’est être démocrate, et non républicain. C’est composer, et non imposer. Les lecteurs de mon blog savent à quel point je rechigne à me considérer républicain. Mais démocrate, oui, et résolument. Démocrate Socialiste, comme on disait en… 1848. J’ai toujours pensé que pour pouvoir susciter de chacun ses qualités, il faut respecter les choix de chacun. Militer sur le web, je vois ça comme ça. Le principal est la contamination du réseau par une information, une idée, voir des idées, des options, des choix. C’est recomposer une communauté à partir d’un ensemble d’individus. Je me souviens, à Montesquieu, les discussions sur ce sujet, avec Céline, Aurélie, Nicolas et Éric. Je me souviens notre premier tract, qui traduisait déjà cette option « démocrate », un détournement de publicité des années 50. « Comment transformer votre vie en moins de 24 heures ». Nous sommes à l’époque où chacun aspire à être quelqu’un, et c’est ce avec quoi nous devons composer si nous voulons « mobiliser ». Ce n’est ni bien, ni mal : je laisse ce débat aux philosophes, sociologues, ethnologues, linguistes. Moi, je veux que des gens fassent quelque chose pour qu’une loi aux accents génocidaires ne passent pas en Ouganda. Pour cela, je dois faire avec des individus.
    Ça demande en fait autant de temps que le militantisme traditionnel de mon côté. Il faut en fait tout préparer pour offrir une palette de possibilités d’actions et des espaces de visibilité. J’avoue, c’est un continent entier que j’explore, où je pose mes balises au gré des difficultés et des problèmes soulevés. Je crois que ça me plaît autant que la mobilisation elle-même car cela resservira.
    Parmi les dernières informations surprenantes, Pat Robertson, le télé-pasteur, qui a évoqué une punition divine au sujet d’Haiti, car les Haitiens auraient pactisé avec Satan il y a deux cents ans. Je lie les deux sujets car je pense qu’ils sont liés : dans les deux cas, il s’agit de populations fragilisées, à Haiti avec le tremblement de terre, et en Afrique noire avec le VIH. Et dans les deux cas, une ingérence de groupes fondamentalistes protestants américains, dans un cas prêchant la repentance pour un peuple de « pêcheurs » (et dont la seule culpabilité, suggérée implicitement, est de s’être libéré par la force de l’esclavage il y a… 200 ans ; et dans l’autre l’abstinence et la stricte obéissance à la loi divine, la dénonciation d’un complot international homosexuel. Oui, c’est lié, et c’est avec regret que je constate que ça vient des USA. Je plains les « liberals » qui, tels Joe Bageant (lien sur ce blog), constate que malgré le rêve de réconciliation Obamien, la radicalisation religieuse se poursuit, s’exprime, est organisée bien mieux qu’elle n’y paraît. C’est dingue, ce que révèle la loi Ougandaise, et c’est fou, cette confirmation par l’absurde des déclarations de Pat Robertson.

    Je suis dans le métro, c’est le retour. Je vais poster mes billets d’hier et d’avant-hier, malgré leur aspect déprimé. C’est pas de ma faute, je déprime, quand je suis en phase créatrice. Et ce groupe pose des équations que je connais, mais dans une situation que j’ignorais jusque là. Je suis à Tôkyô. Je me retrouve associé dans cette aventure avec quelqu’un qui vit en France, en rase campagne. J’utilise un outil informatique qui est ouvert au monde entier, sur une question de politique africaine dans laquelle les USA jouent leur rôle. C’est dingue…S’y ajoute l’outil qui permet ce miracle d’ubiquité, le net. J’en éprouve une certaine fatigue.
    J’ai travaillé assez peu, mais avec une large amplitude horaire,je suis fatigué. Ce soir, je ne vais pas causer plus : j’ai envie de raconter des trucs sur le Japon, mais la fatigue sera la plus forte, alors je vais vous faire des albums photos, et je vais essayer d’en faire plein.
    De Tôkyô,
    Madjid

  • À vide…

    Métro, comme toujours. Baisse d’énergie hier, sentiment de laisser filer le temps que je ressens en cas de déprime. Agir, agir, la seule solution. J’ai donc inversé l’ordre des priorités par rapport à hier, et je me sens beaucoup mieux, si ce n’est que je n’aurais jamais du manger un guyodon ce midi. Je n’aime pas la viande de bœuf…Je me sens lourd. Enfin, ça passera.
    J’ai bien aimé ces quelques mots de présentation de la revue Minorités, me décrivant avec mon laptop sur les genoux. J’y étais presque, pour le coup. Jolie formule. Oui, il y a un côté écriture en liberté, dans tout ça, et j’aime bien. Je suis parvenu à transformer le temps de transport en temps de travail, qui plus est, en temps de travail personnel, et encore mieux, par le biais de ce blog, ou Minorités, mondial. Car je commence à recevoir des messages du monde entier. Comme Facebook publie chaque post automatiquement, mon compteur ne change pas beaucoup, mais ce n’est pas bien grave…
    J’ai donc inversé l’ordre des priorités. Ce matin, j’ai donc commencé par regarder les annonces, me disant qu’on ne sait jamais. Et il en avait une, juste calibrée pour moi. Pour tout dire, j’aurais presque pu penser que quelqu’un l’avait publié exprès pour me retrouver. Je ne décris pas le travail, un truc chiant. Mais avec un minimum de suspens, et des collègues, des vrais, pas ceux que j’ai à l’heure actuelle. Remarquez, je n’ai rien contre eux, mais des collègues, j’en veux d’autres. Pas avec lesquels je parle de ma vie, comme ceux que j’ai, non. Des collègues avec qui je parle travail, avec lesquels je ne suis pas d’accord, qu’il est question de convaincre, ou qui me convainquent. Ça me manque à un point, vous ne pouvez pas savoir. Et puis un meilleur salaire, là, j’avoue, j’en ai marre…
    J’ai donc aiguisé ma réponse. Et puis je me suis refait une beauté (si si), et j’ai refait une photo pour mes CV en ligne et pour cet email. Ça tombait bien, l’annonce était postée par une agence que je connais bien, puisque c’était celle qui m’a fait travailler à Lehman. On m’a rappelé dans l’après-midi. Ça ne veut rien dire, car en général, les annonces sont essentiellement destinées à sonder le marché, recevoir des CV. Mais en envoyant ce CV, j’ai juste annoncé que j’étais toujours là, et cette fois-ci armé d’un visa valable plus de trois ans.
    C’est seulement après avoir fait cela que j’ai commencé à regarder ce que j’ai à faire pour le groupe FB. Ben il y en a, du travail… Je vais y travailler, justement, et dans le métro, pas plus tard que maintenant.
    De Tokyo,
    Madjid

  • Le temps qui file, et puis…

    Je suis dans le train. C’est le soir. J’ai eu une journée très longue, parti de 10 h 30 de chez moi ce matin, je rentrerai tout à l’heure vers 23 heures. Avec du trajet en transports en commun entre les deux… Mais bon, c’est fait, et demain je n’ai que quatre heures de cours. Je ne vais pas me plaindre. Il y a juste que ce que je fais ne m’intéresse pas. Je n’ai rien contre mes étudiants, il y a juste que je ne ressens pas la part de challenge dont j’ai besoin pour tenir au travail, où que ce soit. Les intérêts de retard, à BNPP, c’était mortel, mais j’y ait vite trouvé mon compte, j’ai plus que redéfini la tâche, ça en était parfois même devenu passionnant, puisque je touchais à tout. J’aimais quand mes collègues me donnaient des conseils, j’aimais en donner, j’aimais trouver des solutions aux problèmes que les autres rencontraient et, mieux encore, j’aimais envisager des solutions aux problèmes que je débusquais. J’ai l’espace de un à deux mois retrouvé ça à Lehman. Ils bossaient comme des cochons, il y avait donc beaucoup de travail pour moi. Et malgré le fait que c’était souvent gavant, il y avait de réelles satisfactions.
    Là, je n’ai aucun défi. Quand un étudiant arrête, client avant tout, il arrête. Il ne dit rien, ou alors deux minutes après la fin de la leçon. Les progrès, on peut parfois les mesurer, mais… Des progrès pour quoi faire. Je n’aime pas le travail, donc, il me faut du mouvement. Où je suis c’est mortel. Je dis ça car je suis fatigué, bien sûr, mais il y a une part de vrai. Ma vie professionnelle est inintéressante, et je suis pauvre. Heureusement, je suis au Japon. Quand j’étais à Paris, je n’étais pas riche, mais je pouvais me payer des trucs. Ici, je dois me satisfaire de vivre au Japon.
    Hier, le magazine gay Yagg a publié une interview de moi. Ça nous a fait rire, Jun et moi. Pour tout dire, c’est la seule satisfaction que j’ai. Elle est énorme, qu’on ne s’y trompe pas. Mais je suis obligé de changer ma situation financière et professionnelle rapidement, maintenant. J’ai le visa, je n’ai plus d’excuse. Et c’est une obligation. Je suis un grand garçon obstiné. Et j’ai pris une décision il y a un an et demi, puis le temps est passé. Bref, j’ai un truc grave à m’occuper, et cela suppose aussi que je gagne plus. Je ne veux pas m’étendre là dessus…
    En fait, depuis la rentrée, la semaine dernière, tout va trop vite. Le travail me bouffe et mes leçons particulières m’achèvent. Je quitte chez moi le matin et ne reviens que très tard le soir, lessivé. Je n’ai pas encore eu le temps de commencer à penser à un autre travail, de réviser mon CV, de décider de la stratégie à suivre. Le seul truc concret que j’ai vraiment fait, c’est changer mon forfait de téléphone pour le moins cher, rien que les mails, gratuits, de AU. Je suis parvenu à livrer un article pour Minorités pour faire le point au sujet du groupe Ouganda. Et donc répondre à des questions de Christophe Martet.
    Je me retrouve dans une situation un peu difficile. Pour faire le rassemblement, nous avons sollicité Act Up. J’ai écrit dans ce blog, puis dans l’article qui reprend mon billet partiellement, ce que je pense d’Act Up. Je suis très sévère. Je ne pense hélas pas que mes critiques soient entendues comme un appel à repenser l’action, le militantisme. Je ne pense pas avoir trouvé la réponse, il n’y a pas UNE réponse. Ce dont je suis en revanche persuadé, c’est qu’il y a la nécessité de réviser tout, tout remettre à plat. Parce que quand on me dit « les gens sont des cons, ils ne bougent pas leur cul », je ne suis pas d’accord, et je ne l’ai jamais été. Je me souviens de jacky Fougeray (Illico) me reprochant d’être élitiste, citant l’épigraphe en tête de tout rédacteur à Télérama, « le lecteur est un con », sous entendu il faut tout lui macher, partir du principe qu’il ne comprend pas, et qu’il ne faut pas le brusquer. Je ne sais pas si c’est vrai. Mais je me souviens bien de la discussion. Je n’étais résolument pas d’accord. Si un lecteur ne comprend pas, si un élève ne comprend pas, c’est qu’on s’y est mal pris. Le lecteur, l’élève présentent d’autres compétences. Ils ne méritent pas ce catalogage. Je pense la même chose en politique. Je suis démocrate, je respecte les gens pour ce qu’ils sont. Mais si je suis persuadé qu’il y a quelque chose qu’ils doivent absolument comprendre, écouter, faire, je ne leur reprocherai jamais de ne pas leur comprendre, écouter, faire. C’est que j’aurai été inaudible, inintelligible. La situation en Ouganda pose la question de la situation des homosexuels dans le monde entier sous son éclairage le plus cru. Voilà ma seule certitude. Pour le reste, je tâtonne. Je vais avoir le temps, ce soir et demain matin, de préparer la suite, dont nous avons parlé, Didier et moi. C’est du temps que je n’aurais pas pour chercher un autre travail.
    Pour prolonger mes doute à l’égard d’Act Up (et mon dédain à l’égard des autres), je vous invite à lire ce très bon article dans Minorités
    De Tôkyô,
    Madjid