Allez, au régime, et que ça saute!

A

Le moment est enfin venu, mon corp m’a donné des signaux très clairs. Mon corp est en mesure de perdre du poids. Et n’a enfin plus besoin d’en prendre. Je crois que j’ai eu une envie non assumée de relâcher, de plus me prendre la tête à quelque niveau que ce soit. Et ce depuis ce voyage en 2003. Comme je me trouve beau sur les photos, et mince, et radieux… J’en suis boulversé, de me voir ainsi. J’ai l’impression de voir un être corsté de partout, cerné, cassé en dedans. Je crois n’avoir de toute ma vie jamais été aussi malheureux au fond que cette année là. Etre contaminé par le VIH, à mon âge, était une idée inacceptable. Sentiment de ne pas l’avoir demandé, cette “agression” (j’ai toujours protégé mes rapports depuis très longtemps). Refus de me sentir coupable, car je ne vois pas ce qu’il y a de mal à aimer le sexe, à aimer aussi le sexe anonyme, d’un soir ou d’un moment. Les contamineurs sont, finalement, des croyants refoulés, des gens qui voient le mal partout, à commencer pour eux même.
Je regarde ces photos et je peine à croire qu’il s’agit bien de moi, et je sais que si, mais je connais le drame qui se joue derrière ce visage radieux et souriant. Et je crois que j’ai eu besoin de tout relâcher. Partir au Japon sur un coup de tête à peine revenu l’hivers dernier. Et jeter mon argent par les fenêtres en sortant avec un con, et jouer aussi à l’amoureux. Et puis revenir travailler au même endroit, tellement pratique, cette abdication devant toute ambition. Et puis manger parce que j’en avais envie, du chocolat, des gateaux. Me faire plaisir, me bercer d’illusions -le goût d’un aliment est principalement une illusion, quand on grignotte et qu’on fringale. Collectionner les envies, les satisfaire mais m’éloigner de la satisfaction de moi-même. Grossir, me ramolir. Prendre le visage de ma propre résignation. Je me regarde dans une glace, les autres me regardent et il est enfin visible, cet homme de 40 ans ramoli et avachis. Abattu. Battu.
Je suis enfin satisfait de moi. Je peux reperdre ce poids. Je peux enfin reconquérir l’espace perdu depuis plus de 2 ans, je peux même en gagner encore plus, l’espace vers les autres, cet espace lui aussi oublié.
J’ai commencé un régime ce matin même. Je pèse 83 kilos, ma musculature s’est évanouie, mes épaules avachies ont des rêves de crowl. Mais finalement, ça va, avec moi-même. Je repars au Japon en septembre. Si je dois commencer un traîtement, on attendra mon retour.
Hier, j’ai marché dans la rue sans rentrer le ventre, et je me suis trouvé drôle. Ce qui est bien, quand on est gros, c’est qu’on a un peu un physique de gamin. J’assume. Je reviendrai sur cette expérience quand j’aurai de nouveau un corp d’adulte, et que je sourirai parce que ça me rend beau, pas parce que je me sens obligé de sourire. Etrange expérience… Je m’aime de nouveau. J’ai plus faim, je suis gavé, je ne veux pas me rendre malade, je suis rassasié, et c’est bon, j’ai digéré. Je peux recommencer à vivre…
Mon site est de nouveau en ligne, j’ai restructuré tout ça, qu’est ce que ça prend comme temps, alors, et ce n’est pas terminé, en plus.
Je retrouve de vieux texte (à mettre en ligne), j’ai de nouveau envie de raconter, écrire (d’où mon retour sur ce blog) et ce, sans être à Kyôto. Ouf…
Bon, je m’arrête ici sur mon “point personnel”, et je verrai si je dois revenir ici pour parler d’autre chose.
15 kilos à perdre… Quel con!

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